L’accident mortel survenu sur le chantier du basculement des eaux à la Rivière des Pluies a été présenté comme une fatalité. Celui-ci a d’ailleurs été suivi quelques heures après par un autre accident sur le même chantier, soulignant ainsi les risques que les employeurs font prendre quotidiennement aux ouvriers sur ce site. Par la suite, on apprenait que l’engin qui s’était renversé sur le conducteur de 28 ans présentait un défaut de freinage et qu’il n’avait pas été révisé. Sur le chantier il n’y avait pas de CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail), pas de coordonnateur de sécurité et prévention santé, pourtant obligatoire sur un site où interviennent plusieurs entreprises à la fois. Il n’y avait pas plus que de trace d’un document unique d’entreprise, où doivent être consignés les accidents de travail.
Ainsi, les entreprises privées qui ramassent des millions d’euros sur ce chantier ignorent sciemment, comme bien d’autres d’ailleurs, leurs obligations en matière de protection des travailleurs.
Plus récemment, le 17 octobre dernier, un grutier travaillant sur un chantier du quartier Bellepierre à Saint-Denis, a lui aussi trouvé la mort après avoir fait une chute, alors qu’il se trouvait sur une passerelle qui s’est effondrée.
Les travailleurs du bâtiment paient un lourd tribut sur l’autel du profit. La productivité du travail passant avant toute chose, les règles de sécurité sont souvent peu ou pas respectées. Et quand survient un accident, il n’a rien à voir avec la fatalité mais est plutôt dû à la rapacité des capitalistes du bâtiment.
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