Une délégation des patrons réunionnais emmenée par le président de la Région, Paul Vergès, a été reçue par les autorités mozambicaines.
De ce pays 200 000 esclaves avaient été enlevés pour venir défricher la terre réunionnaise, planter la canne à sucre et ainsi permettre aux blancs français de faire fortune.
Le Mozambique est aussi un pays qui a subi pendant plusieurs siècles l’occupation coloniale portugaise. Ce n’est qu’au bout d’une longue et sanglante guerre de libération que le peuple mozambicain a recouvert son indépendance en 1975. Mais à la guerre d’indépendance a succédé une guerre civile entre le Frélimo, le parti qui a mené la guerre d’indépendance, et la Rénamo, mouvement soutenu par le régime raciste de Prétoria jusqu’au début des années 90.
Aujourd’hui le Mozambique est un pays épuisé et appauvri. L’espérance de vie y est de 40 ans (contre 75 ans à la Réunion) et les Mozambicains ne dispose en moyenne que de 60 centimes d’euro par jour pour vivre !
C’est dans ce pays aux salaires de misère que se tournent aujourd’hui les regards intéressés des Goulamaly (aquaculture), Apavou (hôtellerie), Cerisola (volailles) et autres Patrick Martin (acconiers) pour ce qui est la bourgeoisie réunionnaise, ou du groupe Péchiney (aluminium) pour la bourgeoisie française.
Bien sûr il ne s’agit pas pour ces gens-là d’établir de quelconques « relations fraternelles » avec le peuple mozambicain ou de réparer la dette que les colonialistes français ont vis-à-vis de lui, mais de l’exploiter à leur profit à nouveau.
Et la présence d’un Vergès dans leur délégation n’y change rien, elle ne fait que cautionner l’opération.
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