La Loi d’Orientation pour l’Outre Mer votée en 2000 prévoyait la mise en place d’un Observatoire des prix et des revenus à la Réunion. Six ans plus tard, cette structure n’existe toujours pas.
Récemment, et sans que l’on en perçoive très bien l’intérêt, Agir Pou Nout Tout a lancé une campagne de pétitions pour exiger sa mise en place.
Rappelons tout de même que ceux qui avaient réclamé en 2000 qu’un tel observatoire voit le jour, le PCR entre autres, mais aussi certains syndicats n’avaient pas agi par amour des statisti-ques. Leur but, plus ou moins avoué, était de démontrer que les fonctionnaires ont des salaires trop élevés, et qu’en conséquence, l’équité voudrait que leurs salaires soient baissés par la diminution, voire la suppression de la prime de vie chère.
Une telle politique, fausse et choquante, ne peut que diviser les salariés. S’il y a une chose à revendiquer, c’est que tous les salaires soient alignés par le haut et non par le bas... comme le souhaitent les patrons.
Et puis, méfions-nous des enquêtes et autres études demandées par les autorités. Elles ne sont jamais neutres et sont souvent proposées pour justifier une « réforme » néfaste pour les travailleurs.
Des chiffres et des statistiques, il en existe publiés par UFC Que choisir et l’INSEE. Ils montrent que l’écart des prix entre la France et la Réunion varie entre 25 et 57 %. Alors, à quoi bon réclamer à cors et à cris un Observatoire des prix, il vaudrait mieux exiger un observatoire des profits et la possibilité pour les travailleurs d’avoir accès aux comptes des entreprises. Et là, on verrait vraiment qui profite réellement des prix exorbitants pratiqués dans l’île.
Et puis, tout cela ne doit pas nous faire oublier que si les familles ont de plus en plus de mal à subvenir à leurs besoins, c’est que bon nombre d’entre elles vivent uniquement du RMI, des indemnités de chômage ou des bas salaires.
Un emploi, des salaires décents, voilà ce qu’il faut pour vivre correctement.
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