Le lundi 7 juillet, parce que leurs salaires n’avaient pas encore été versés, les 41 salariés de Paris-Brest, une boulangerie industrielle située à la Mare, se sont mis en grève. Cela faisait d’ailleurs plusieurs mois que les salaires étaient versés avec plusieurs semaines de retard. La réponse de la direction ne s’est pas fait attendre puisque le lendemain, les travailleurs étaient informés que les actionnaires, réunis à Paris, avaient décidé de liquider l’entreprise.
Tout était donc préparé d’avance. Le bilan a été déposé le jeudi 10 juillet au Tribunal de commerce. La semaine suivante le tribunal prononçait la liquidation.
Les travailleurs ont alors décidé de se réunir régulièrement dans l’enceinte de leur entreprise pour montrer leur volonté de ne pas quitter les lieux. Puis ils ont étudié diverses pistes leur permettant de ne pas perdre leur emploi, soit en créant une Scoop, soit en trouvant eux-mêmes un ou plusieurs nouveaux investisseurs. Mais alors que plusieurs investisseurs disaient vouloir reprendre l’activité, le mandataire liquidateur a fait trainer les choses, prétextant la non disponibilité des uns et des autres pour cause de vacances. Or, le matériel frigorifique et les fours qui se trouvent dans les locaux de l’entreprise risquent de se dégrader rapidement si l’activité, au moins de maintenance, n’est pas reprise rapidement.
Dans la réalité, les actuels actionnaires de Paris-Brest ont attendu le mois de juillet pour prendre la décision de liquider l’entreprise, ceci afin de pouvoir encaisser le montant de la défiscalisation sur les investissements, qui est de 110 % de l’investissement pour les usines de production. Pour eux, la fermeture n’a donc aucune conséquence financière.
Les salariés de Paris-Brest restent mobilisés. Ils veulent une reprise de l’activité industrielle, en gardant le maximum de postes. Ils sont dans leur droit car il n’y a aucune raison que les travailleurs trinquent alors que les actionnaires empochent.
-