Au lycée Oasis du Port, un élève de quatorze ans a menacé d’un couteau un professeur qui l’avait mal noté. L’incident n’est pas isolé, la violence faite aux personnes, devant ou dans les établissements scolaires, est un phénomène qu’on ne peut nier, tout comme l’augmentation des actes d’incivilité.
Ces incidents condamnables sont souvent l’aboutissement d’une longue dérive de jeunes ayant perdu tout repère social et familial. En ce domaine l’éducation ne peut pas tout. Elle ne peut pas modifier les tares majeures de la société et en particulier résoudre la question du chômage, le manque de moyens pour une vie digne ; terreau sur lequel peuvent prospérer bien des comportements où dominent l’individualisme et l’impulsivité, et qui conduisent parfois à des actes délictueux.
De cela, c’est bien la société actuelle, injuste et inégalitaire qui en est responsable. C’est pour cela d’ailleurs que ceux qui la dirigent sont incapables de protéger les victimes de ces agressions, quand ils ne s’en contrefichent pas tout bonnement.
Les professeurs du lycée l’Oasis qui se sont mis en grève deux jours pour protester contre l’agression de leur collègue rappelaient d’ailleurs que dans leur établissement les conditions d’enseignement étaient dégradées, ce qui n’aidait pas à la transmission des savoirs et du respect. Avec des postes d’aide éducateurs supprimés et une dotation par élève passant de 40 à 1 €, comment espérer que l’école puisse apporter une aide efficace aux élèves les plus en difficulté.
Il fut un temps où le premier poste budgétaire était, et de loin, celui de l’Education. Aujourd’hui il est en passe d’être supplanté par celui du remboursement de la dette, celle qui profite en premier lieu à la classe capitaliste.
Alors, exploitation, spéculation d’un côté, éducation de l’autre, il faut choisir.
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