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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Préparons une mauvaise année à Chirac, Raffarin et au MEDEF.

À partir du 1er janvier entrent en vigueur un certain nombre de mesures antisociales, dites « réformes » du gouvernement Raffarin. A La Réunion, 5000 chômeurs sont d’ores et déjà privés de l’indemnité que leur versait les Assedic. D’autres vont voir en cours d’année leurs allocations être fortement diminuées. Pire encore, l’accord signé entre le Medef et des dirigeants syndicaux comme Chérèque de la CFDT va aboutir à l’exclusion de 25 000 chômeurs d’ici 2005 à La Réunion qui, du coup, disparaîtront de la liste des chômeurs officiels. Nombre d’entre eux iront rallonger la liste des pauvres, des sans-toit, pour qui il n’existe pas de statistiques officielles, mais qu’on retrouvera plus nombreux dans les rues. Voilà le « cadeau » que leur offrent le Medef et les syndicalistes cogestionnaires de l’Unedic.

Pour ceux qui ne perdront pas tous les droits, il leur restera peut-être comme planche de « salut » le RMI ou l’ASS, suivant leur situation. Mais là encore, le gouvernement a frappé fort en réduisant la durée de l’allocation spécifique de solidarité à deux ans.

En plus de cela, comment oublier l’offensive contre les retraites qui va se traduire par l’obligation pour tous les salariés de cotiser 40 ans, puis 42 ans, pour avoir une retraite « à taux plein » ?

Toutes ces mesures sont d’autant plus ignobles qu’elles accroissent les difficultés dues à un chômage croissant, aussi bien en France qu’à La Réunion.

Par contre, pour les patrons et les riches 2003 n’a pas été une année noire. Ils ont profité de la baisse de leurs impôts. Et étant donné ce qu’ils gagnent, cela leur a fait de bonnes étrennes, auxquelles se sont ajoutées subventions et exonérations de toutes sortes.

Pour 2004, le gouvernement n’a pas l’intention de freiner ses largesses vis-à-vis du patronat qui ici bénéficie d’un traitement spécial avec l’application de la Loi Programme, une version de la Loi d’Orientation pour l’Outre Mer (YYYOM) que la droite a eu du mal à améliorer tant la gauche avait déjà bien fait les choses pour le patronat local.

Grâce à la loi programme, toutes les entreprises bénéficient dorénavant d’une exonération totale des cotisations sociales patronales dans la limite de dix à cinquante salariés suivant les secteurs, voire pour la totalité des salariés lorsqu’il s’agit des patrons de l’industrie de la restauration ou du tourisme.

Et puis, la cerise sur le gâteau c’est le Titre de Travail simplifié (TTS) déjà imaginé sous la gauche plurielle. Les entreprises de moins de onze salariés peuvent, grâce à lui, embaucher des salariés pour cent jours au plus par an, consécutifs ou non, sans contrat de travail, sans bulletin de salaire, sans même que ces derniers soient considérés comme faisant partie de l’effectif et ce, uniquement en retirant un « chéquier » au Trésor Public, à La Poste...

Si ce n’est pas là de la précarité poussée à l’extrême, qu’est donc ?

Pour ne pas faire de jaloux, Raffarin se propose de l’étendre au reste de la France sous le nom de « Chèque Emploi Petite Entreprise » !

Mais tous ces messieurs auraient tort de croire que leur horizon restera éternellement sans nuage. Raffarin, Fillon et leur patron Chirac, ont pu constater en mai-juin que leurs mauvais coups à répétition ne passaient pas aussi facilement qu’ils se l’imaginaient. Les grèves n’ont pas pu empêcher la remise en cause des retraites mais elles ont malgré tout inquiété ce gouvernement. C’est loin d’être suffisant, mais c’est un avertissement !

2003 est enterrée. Faisons de l’année 2004 l’année de l’enterrement des mesures anti-ouvrières de l’équipe Chirac-Raffarin-Seillère.


 

 
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