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Le mensuel de La Réunion
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PROCÈS DE GHISLAINE JOACHIM-ARNAUD : UN PROCÈS CONTRE LES TRAVAILLEURS ET LE PEUPLE MARTINIQUAIS

Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGTM (Martinique), membre de la direction de Combat Ouvrier et l’une des dirigeantes du K5F, collectif à l’origine de la grève de février-mars 2009 en Martinique, est citée à comparaître par le procureur de la République de Fort-de-France, le 15 décembre, sur plainte d’un certain Jean-François Hayot au nom de l’association « Respect DOM ». Il lui reproche d’avoir repris, lors d’une émission diffusée par la chaîne publique ATV, le slogan lancé par des dizaines de milliers de manifestants lors de la grève de 2009 : « Matinik sé ta nou ; an band béké, profitè, volè ; nou ké fouté yo déwò ! Komba ta la fok nou kontinié » (La Martinique est à nous ; une bande de béké profiteurs, voleurs ; on va les foutre dehors ! Ce combat-là, nous devons le continuer »). Elle aurait ainsi, selon ses accusateurs, « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes, en l’occurrence les békés ».

C’est un comble que le lobby béké ose attaquer pour racisme la dirigeante de la CGTM ! Les békés, descendants des propriétaires esclavagistes, sont toujours les maîtres de l’économie de la Martinique.

Il y a peu l’un d’entre eux déclarait : « Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous les békés, on a voulu préserver la race », ajoutant : « Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage, et c’est regrettable. » Et les représentants du lobby béké, dont la richesse a été bâtie sur l’exploitation des esclaves, qui ont continué à s’enrichir sur le dos des salariés, descendants de ces esclaves, osent aujourd’hui se plaindre de « discrimination » !

Aujourd’hui, les capitalistes békés, qui représentent à peine 1 % de la population, possèdent l’essentiel de l’import-export, de la grande distribution et 65 % des terres agricoles de Martinique. De ce point de vue, la famille Hayot est un bon exemple, puisque le groupe Bernard Hayot réalise un chiffre d’affaires de plus d’un milliard et demi, principalement dans la distribution alimentaire et non alimentaire, et la distribution automobile. Ce groupe exploite notamment six hypermarchés Carrefour, et la liste de ses participations dans une douzaine de pays ou de DOM-TOM dont la Réunion est longue, allant de Michelin à Danone, de Chevrolet à Décathlon, en passant par Audi, Caterpillar et Europcar.

Ces gens-là n’ont pas supporté de voir, durant la grève générale, leurs commerces, leurs affaires, dérangés par des milliers de manifestants d’origine africaine, indienne et même... blanche. Ils cherchent aujourd’hui à se venger en prenant pour cible l’une des principales dirigeantes du mouvement en Martinique.

D’autres militants de la CGTM ont également été convoqués par la police, et Élie Domota, l’un des dirigeants du LKP et de la grève générale de 2009 en Guadeloupe, a subi les mêmes attaques.

Lutte Ouvrière s’associe à la CGTM et invite à envoyer des motions de soutien à Ghislaine Joachim-Arnaud, à signer et à faire circuler les pétitions en sa faveur.

Adresse : Ghislaine Joachim-Arnaud, Maison des syndicats, Fort-de-France, 97200 Martinique. Email : gja972@wanadoo.fr ou menendez@wanadoo.fr

Communiqué de presse de LUTTE OUVRIÈRE du 13 décembre 2010


 

 
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