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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Qu’il retourne à ses livres.

C’est fou comme certains hommes politiques peuvent perdre la mémoire quand il s’agit pour eux de gagner quelques voix.

Parlant de la France, Sarkozy n’a pas été gêné d’affirmer que « son inclination naturelle (celle de la France) l’a bien plus souvent porté vers la défense de la liberté et les droits de l’homme que vers des choix moins honorables ».

C’est oublier que lors du second conflit mondial, la France a eu des camps sur son territoire, comme à Argelès, où elle a parqué en 1939 les réfugiés de l’armée républicaine espagnole qui fuyaient Franco. Elle a eu aussi des camps de concentration en Indochine, comme le tristement célèbre bagne de Poulo-Condor. Elle a eu de tels bagnes dans d’autres pays, en Afrique et à Madagascar, moins grands, moins célèbres, mais qui existaient quand même. En Afrique noire, il y a eu aussi le travail forcé, ne serait-ce -et ce n’est pas le seul cas- pour la construction du chemin de fer Congo-Océan. André Gide, un écrivain français, avait écrit que le matériel utilisé sur cette ligne avait coûté « une traverse, un nègre, une traverse, un nègre, une traverse, un nègre... » tellement il y a eu de morts !

La France a été esclavagiste pendant des siècles et les fortunes qu’ont légué les grandes familles nantaises, bordelaises, antillaises et réunionnaises, leurs descendants ne les ont pas reniées. Ils n’ont peut-être pas tous revendiqué l’héritage, mais ils l’ont gardé. Nos fabricants de pneus ont créé de véritables bagnes de travail forcé dans leurs plantations d’hévéas en Indochine. Les grands planteurs de la Réunion n’ont pas été plus tendres avec les esclaves ou les engagés qu’ils exploitaient. Alors, Sarkozy ferait bien de réviser les livres d’histoire dont il parle.

De la solidarité et des devoirs, nous devons en avoir entre nous, et vis-à-vis de tous ces peuples qui ont été opprimés par le colonialisme et l’impérialisme français.


 

 
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