De plus en plus, de voix s’élèvent pour réclamer la mise en place d’un observatoire des prix et des revenus à la Réunion. Si sa création a été votée dans la loi d’orientation pour l’outre-mer en 2000 par le gouvernement Jospin, le décret d’application, lui, n’a jamais été publié.
Le PCR, la CGTR et des associations comme Agir Pou Nou Tout réclament à l’Etat un tel organisme qui, selon eux, per-mettrait d’étudier la formation des prix et des revenus à la Réunion. Le PCR et la CGTR ajoutent que ce serait là un outil pour les travailleurs, qui leur permettrait de justifier leurs revendications.
Seulement, pour qu’un observatoire soit utile et puisse aider les travailleurs, il faudrait qu’il soit bien différent de celui qui est proposé. D’abord, il faudrait que son champ d’action ne se limite pas aux prix et aux revenus mais inclut également les profits, car les prix pratiqués ne sont jamais indépendants des profits réalisés.
Mais surtout, pourquoi doit-on demander au gouverne-ment de mettre en place un tel observatoire ? Les associations, les partis qui se réclament des travailleurs, les syndicats, au-raient les moyens matériels et surtout humains de mettre en place un tel organisme et de faire en sorte qu’il fourre son nez partout où des décisions pour-raient être prises qui concerne-raient les travailleurs et la population. Ceux qui aujourd’hui s’agitent autour de l’observatoire veulent-ils vraiment cela ? Pas vraiment. En demandant au gouvernement de le mettre en place, ils acceptent par avance que sa composition soit tout autre, qu’il ne soit en fait qu’un organisme paritaire de plus, s’ajoutant à bien d’autres organismes aussi inutiles qu’inef-ficaces.
Pourtant, il pourrait en être autrement. Un observatoire utile aux travailleurs devrait être un organisme composé par les travailleurs et la population, se donnant pour tâche de contrôler tous les aspects de la vie sociale, tant dans le domaine du travail et de la production que dans celui de la consommation ou encore de la santé. C’est alors que l’on verrait par exemple comment la grande distribution, l’import-export, s’engraissent sur le dos des consommateurs, quitte à priver une partie de la popula-tion de certains produits y compris ceux de première nécessité.
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