Monsieur Vergès,
J’ai bien pris connaissance de votre courrier du 16 mars 2007, accompagnant vos « Propositions pour la nouvelle étape de développement de La Réunion », adoptées le 11 février dernier.
Il n’est pas dans mon intention de répondre point par point au long développement que vous soumettez, non pas à cause du caractère répétitif et fastidieux que prendrait un tel exercice, mais parce que les propositions qui y sont contenues sont à mon sens tellement éloignées d’un programme de défense des intérêts politiques des travailleurs qu’il m’est difficile de les discuter.
Contrairement à vous, Monsieur Vergès, mes camarades de la Réunion ne rechercheront jamais « l’effort des réunionnais rassemblés ». Pour eux comme pour moi, le peuple réunionnais, comme tous les autres peuples du monde d’ailleurs, n’échappe pas à l’opposition entre une minorité de possédants qui monopolisent les richesses et la classe qui n’a que son travail pour vivre. Fort de cette conviction, de cette évidente constatation devrais-je même dire, j’entends, dans cette campagne électorale, faire prévaloir les intérêts politiques et matériels de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, même si l’organisation sociale actuelle les en a privés. Le chômage, les licenciements, la précarité, la dégradation des conditions d’existence que je dénonce concernent évidemment le département de La Réunion, autant et plus même que ceux de la métropole car le chômage y est plus élevé, la précarité plus générale, les salaires de la plupart des catégories sociales plus bas.
Le programme que j’avance dans ces élections, personne d’autre ne le défend. Tous parlent des intérêts de la France ou de ceux de La Réunion en omettant volontairement de dire que la France ou La Réunion ne sont pas des entités indifférenciées. Ni en France ni à La Réunion, on ne peut mettre sur le même plan les grands capitalistes et l’ensemble des travailleurs, en laissant croire que les uns et les autres pourraient avoir des intérêts sociaux communs. Ce n’est jamais le cas, et c’est ma responsabilité de communiste d’être claire sur ce point.
J’ai évidemment transmis votre courrier à mes camarades de La Réunion qui m’ont fait part de leur avis et de leurs remarques, avec lesquels je suis en parfait accord. Ces avis et ces remarques je vous les transmets, en vous adressant, Monsieur Vergès, mes salutations toujours et sincèrement communistes.
Arlette LAGUILLER.
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