Les cheminots, les agents des transports publics parisiens, ainsi que les travailleurs d’EDF-GDF seront en grève à partir du mardi 13 novembre au soir. Les principaux syndicats proposent donc une suite à la journée du 18 octobre qui fut un réel succès.
Les travailleurs savent que l’attaque contre les régimes spéciaux sera suivie par d’autres concernant le régime général : 42 ans de cotisation pour tous et l’âge de la retraite repoussé à 62 ans, voire à 65 ans. Et pour ceux qui n’auront pas le nombre d’annuités nécessaire, quelle qu’en soit la raison, cela annonce des retraites amputées qui permettront tout juste de survivre, mal, après une vie de travail.
Mais la démolition des retraites n’est qu’un des fronts sur lesquels le patronat et le gouvernement attaquent l’ensemble du monde du travail, pour permettre à la classe riche d’accaparer, directement ou avec l’aide de l’État, toujours plus d’argent au détriment des salariés. Il y a tout le reste : le blocage des salaires alors que les prix augmentent, à commencer par l’essence et le fioul ; la généralisation de la précarité et la paie aléatoire qui va avec. Il y a aussi toutes ces mesures comme les franchises médicales, les déremboursements, le forfait hospitalier, qui font que les assurés sociaux cotisent de plus en plus pour être de moins en moins remboursés et de plus en plus mal soignés.
Sans parler de l’aggravation de l’exploitation au quotidien, de l’augmentation du rythme de travail, la pression permanente pour faire faire plus de travail avec moins de personnel, en supprimant des emplois.
Il n’y a pas que sur les retraites que les travailleurs réagissent. Les hôtesses et les stewards d’Air France ont pratiquement bloqué cette compagnie aérienne pendant cinq jours. Même si la grève s’est limitée à une seule catégorie, les revendications n’ont rien de catégoriel, pas plus que le sont les raisons de leur mécontentement. En se révoltant contre l’insuffisance de leurs salaires, les hôtesses et les stewards soulèvent un problème qui concerne tous les travailleurs. Tous subissent les hausses de prix et la multiplication des prélèvements, alors que les salaires n’augmentent que peu ou pas du tout.
Si le pouvoir d’achat baisse, c’est parce que les patrons ne payent pas le salaire qu’il faut pour faire face aux dépenses nécessaires, à commencer par le loyer d’un logement convenable. Le seul moyen pour les travailleurs d’augmenter leur pouvoir d’achat, c’est de contraindre le patronat à prendre sur ses profits de quoi augmenter les salaires.
Les travailleurs sentent par la dégradation de leurs conditions d’existence, dans leur chair, que cela ne peut pas continuer ainsi. Or, si cela ne dépend que du patronat et du gouvernement à sa botte, cela continuera, pour que les capitalistes puissent dégager toujours plus de profit, qu’ils gaspillent dans des spéculations financières, sans créer d’emplois.
La seule façon d’y mettre un coup d’arrêt est que les patrons et le gouvernement se heurtent à l’ensemble du monde du travail, décidé à ne pas se laisser réduire à la pauvreté. Tout le passé prouve amplement que c’est lorsque les patrons ont craint pour leurs profits, et craint vraiment, qu’ils ont incité leurs laquais au gouvernement à céder devant les revendications des travailleurs.
Nombreux sont, certes, les travailleurs qui ne croient pas encore aujourd’hui à la possibilité d’une lutte large, et encore moins à ce qu’elle puisse être victorieuse. Mais l’exemple de la préparation et de la réussite du 18 octobre, l’exemple de la grève à Air France montrent que le climat, cela se change.
L’offensive générale du patronat et du gouvernement aggrave les conditions d’existence de tous les travailleurs, retraités et chômeurs. Il ne faut pas les laisser faire. La contre-offensive doit être celle de l’ensemble du monde du travail !
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