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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
Un salaire digne pour les coupeurs de cannes !

La campagne sucrière à peine commencée (le 5 juillet dans les bassins canniers du nord et de l’est et le 12 juillet dans ceux du sud et de l’ouest), les planteurs de cannes ont bloqué les plateformes de réception pendant une semaine, paralysant de fait le fonctionnement des deux usines.

Ils ont obtenu satisfaction sur leur principale revendication qui était le retrait des observateurs postés par les usiniers sur toutes les balances pour contrôler le percement des chargements de cannes afin de déterminer la teneur en sucre. Ceux-ci seront dans l’avenir remplacés par des appareils automatiques.

Ce travail de contrôle étant fait cette année par des travailleurs saisonniers, leur réembauche l’année prochaine risque d’être incertaine, car même si la plupart des saisonniers sont en général repris d’une campagne à l’autre, cela n’est pas systématique.

La précarité accompagnée des bas salaires sont le lot de tous ces travailleurs.

Mais si peu enviable que soit leur sort, celui des coupeurs de cannes est pire.

Aujourd’hui la plupart des planteurs ne coupent pratiquement plus leurs cannes eux-mêmes. Ils font appel à des coupeurs qui sont le plus souvent payés au noir. Leur nombre avoisine les 2700.

Sur les 1 906 464 tonnes de cannes broyées en 2009 moins d’un quart a été coupé à la machine ; le reste, soit 1 573 214 tonnes a été coupé à la main. La coupe mécanique progressera un peu plus cette année mais n’aura pas encore d’effet notoire sur le nombre de coupeurs de cannes.

Depuis des années le salaire de ces travailleurs saisonniers a peu augmenté. Avant le passage à l’euro un coupeur était payé entre 50 et 70 francs la tonne coupée.

Aujourd’hui, il est payé entre 13 et 15 euros. Cette année les planteurs ont accepté d’augmenter la tonne de cannes coupées de un euro.

Ils pouvaient bien se le permettre puisqu’ils ont commencé à toucher la prime bagasse qui est de 11,70 euros la tonne de cannes livrées. Un coupeur de cannes perçoit en moyenne 3400 euros de rémunération pour les six mois que dure la campagne : à peine la moitié d’un Smic par mois !

L’exploitation de la main d’œuvre à bon marché n’est pas seulement dans les pays voisins, elle est aussi dans nos champs.


 

 
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