Entre le 21 et le 28 janvier, la CAF de la Réunion a fermé ses portes aux allocataires au motif de devoir rattraper des retards dans le versement des allocations. Ces retards avaient soi-disant pour cause la mise en place d’un nouvel outil appelé « RNB » (Répertoire national des bénéficiaires), qui n’est autre qu’un dispositif musclé de lutte contre la fraude. Cette fermeture a bien sûr pénalisé les allocataires, d’ordinaire nombreux à se rendre dans les agences pour constituer leur dossier.
Depuis dix ans le nombre de dossiers quotidiennement traités par la CAF est en constante augmentation, suivant en cela le nombre d’allocataires qui est passé de 167 799 en 1997 à 215 825 en 2007. En revanche, le nombre d’agents qui traitent les dossiers stagne depuis plusieurs années à environ 555. Si bien que l’on aboutit à cette situation où le stock de « pièces » à traiter dépasse les 70 000, soit dix fois plus que la « normale ».
Et cette situation n’est pas près de s’améliorer puisque la CAF n’a pas l’intention d’embaucher du personnel supplémentaire. Le service rendu au public va donc de mal en pis. Les agents sont obligés de produire plus et plus vite avec pour risque la multiplication d’erreurs dans le traitement des dossiers. La CAF a mis en place un service public à « plusieurs niveaux » selon l’importance des demandes. Par ailleurs, le temps d’accueil de l’allocataire, c’est-à-dire le face à face avec l’employé, est limité à 15 minutes maximum. Mais l’allocataire doit tout de même passer un temps fou dans les locaux de la CAF, ne serait-ce que dans les files d’attente.
Dans le contexte de crise, où les licenciements se multiplient, il est à craindre que de nombreuses personnes soient contraintes de rejoindre toutes celles qui n’ont pas d’autres sources de revenus que les prestations versées par la CAF. Elles devront s’armer de patience à moins d’exiger, aux côtés des employés, des moyens supplémentaires pour un service digne de ce nom.
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