Chers camarades et chers amis,
Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue à notre fête annuelle qui se déroule à quelques semaines maintenant des élections présidentielles.
Aussi, avant de passer au repas, je voudrais vous dire quelques mots sur la situation politique et sociale et sur la candidature de Nathalie Arthaud qui portera les idées du courant communiste et révolutionnaire, les idées de Lutte ouvrière défendues dans les précédentes élections présidentielles par notre camarade Arlette Laguiller.
La situation sociale est marquée par l’aggravation du chômage. Tous les jours, dans ce pays, mille travailleurs de plus se retrouvent à Pôle emploi.
Mille nouveaux chômeurs tous les jours, voilà le résultat et la conséquence de la crise provoquée par les folies spéculatives des banquiers et des capitalistes.
Il y a une véritable hémorragie d’emplois. Alors quand il y a une hémorragie, il y a deux choses à faire : d’abord poser un garrot pour que la société arrête de se vider de son sang, c’est à dire se vider de ses emplois. Cela veut dire interdire toute nouvelle fermeture d’usines et tout nouveau plan de licenciements.
Ensuite, il faut faire une véritable et importante transfusion… mais d’argent. Oui, il faut utiliser les profits accumulés par les entreprises pour maintenir les salaires de tous en répartissant le travail entre tous les travailleurs. C’est la seule façon d’éradiquer le chômage qui est un fléau qui pèse sur toute la société.
Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se fait.
Non seulement les pouvoirs publics laissent faire l’hémorragie et y contribuent largement en supprimant des emplois dans tous les services publics, mais, pire, ils font une transfusion d’argent public au patronat et aux banques, ce qui a provoqué l’endettement considérable des États.
La crise est réelle, mais il n’y a que le monde du travail qui en paye la facture. Alors ce que nous défendrons dans cette campagne, c’est que, oui, les travailleurs n’ont pas à payer pour une crise dont ils ne sont en rien responsables.
(applaudissements)
Ce qui se passe chez ArcelorMittal, dans la sidérurgie, est bien significatif de ce qui ce passe dans tout le pays et de l’attitude des différents partis politiques vis à vis du drame du chômage.
ArcelorMittal, numéro un mondial de l’acier, a accumulé des milliards de profits. Il racheté des usines et des mines aux quatre coins du monde. Et maintenant il ferme les installations qu’il juge les moins profitables pour faire tourner à plein régime les usines du bord de mer jugées les plus rentables.
ArcelorMittal a annoncé la fermeture des hauts fourneaux de Liège.
Mais les hauts fourneaux de Liège n’étaient pas en déficit, pas du tout. L’an dernier, ils ont rapporté le plus gros bénéfices de leur histoire : 35 millions d’euros. C’est dire que, même si selon les propres chiffres d’ArcelorMittal, la production de fonte coûte plus cher à fabriquer à Liège qu’à Dunkerque, elle lui rapporte quand même de l’argent. La seule raison de la fermeture de ces installations est de permettre à ArcelorMittal de faire encore plus de profits. Et ArcelorMittal a prévu de supprimer plus de 6 000 emplois sur le continent européen cette année.
Alors il n’y a aucune raison, non aucune raison, d’accepter de voir des trusts richissimes fermer des usines avec autant de légèreté qu’on claque la porte de son frigo.
Quant à l’avenir de Florange, il est plus qu’incertain et l’attitude de la plupart des candidats à la présidentielle est bien significative de comment ils voient la lutte contre le chômage. Ils ne la voient qu’à travers de nouvelles subventions au patronat.
Ainsi le gouvernement vient d’accorder 1,2 million d’euros à ArcelorMittal pour financer le chômage partiel. Mais pourquoi donc un trust qui a fait 2,6 milliards de dollars de bénéfices au premier semestre 2011 a-t-il besoin des fonds publics pour payer les salaires alors qu’on nous dit que les caisses de l’Etat sont vides !
C’est à ArcelorMittal de prendre en charge l’intégralité des salaires pendant le chômage, non seulement des travailleurs du groupe mais aussi des sous-traitants et des intérimaires.
Tous les candidats à la présidentielle sont venus défendre la cause du maintien des hauts fourneaux, tous plaidant pour que de nouvelles subventions soient accordées à ArcelorMittal.
Mélenchon, voulant se donner un air plus radical, et plus nationaliste, affirme lui que Mittal n’a qu’à nous laisser l’usine de Florange et que, en substance, nous les gaulois, on fera de l’acier.
C’est bien sûr complètement ridicule tant il est vrai qu’il existe aujourd’hui un marché mondial de l’acier et que ce n’est pas au marché d’Hayange ou de Thionville que pourra se vendre l’acier produit à Florange.
Comme est ridicule – et dangereux pour les travailleurs – la propagande chauvine et nationaliste de Le Pen qui reproche la vente d’Arcelor à un indien, Mittal, comme si le problème était la nationalité du capitaliste exploiteur.
Mittal n’est ni mieux ni pire que ne l’ont été les de Wendel. Tous ces gens là sont des capitalistes et leur âpreté au gain n’est pas liée à leur nationalité ou à la couleur de leur peau mais à leur appartenance à la classe bourgeoise.
Les hommes politiques qui répétent qu’il faut produire français, acheter français, qu’il faut instaurer le protectionnisme, le contrôle des frontières voire qu’il faudrait dé mondialiser, trompent les travailleurs. Ils placent la réponse à la crise non pas sur un terrain de classe, mais sur un terrain national. Ils détournent, chacun à leur façon, les travailleurs de la claire conscience que leurs ennemis, ce sont les patrons, et leurs amis, les travailleurs du monde entier.
Dans tous les pays d’Europe et du monde, on entend des démagogues réactionnaires pointer du doigt qui l’euro, qui le pays d’à côté ou bien la minorité nationale et les immigrés. Rappelons nous qu’après la grande crise de 1929, cette même démagogie nationaliste et chauvine a conduit à la guerre onze ans plus tard.
Les travailleurs ne doivent pas se laisser entrainer sur ce terrain du nationalisme, c’est un piège mortel pour eux et pour toute la société.
Nos concurrents, nos adversaires, ce ne sont pas les ouvriers allemands ou chinois comme voudraient nous le faire croire le patronat et les politiciens à leur service, ce sont les grands groupes capitalistes qui suppriment des emplois ici et là-bas et exploitent la terre entière au seul bénéfice de leurs actionnaires.
Nous avons les mêmes intérêts à défendre que nos frères, les ouvriers chinois, roumains ou polonais. Nous avons les mêmes exploiteurs en face de nous et ce dont nous devons nous protéger c’est de la rapacité d’une classe bourgeoise qui n’en a jamais assez.
(applaudissements)
On assiste aujourd’hui à une véritable campagne contre les travailleurs à travers la mise en cause du coût du travail qui poserait un problème de compétitivité et qui serait responsable des fermetures d’usines.
Autrement dit, selon des experts évidemment bien payés, si les patrons ferment des usines, c’est parce que nous les travailleurs, nous leur coûtons trop cher. Ils sont tout de même sacrément gonflés ces patrons.
D’abord parce que pendant que nos salaires sont bloqués, ceux des PDG des grosses sociétés a continué d’augmenter.
Le PDG de PSA Peugeot-Citroën qui tient ce discours sur le coût du travail gagne, lui, 9 000 euros… tous les jours ! La moyenne des salaires des PDG des grosses sociétés a ainsi augmenté de 34 %, tandis que la moyenne des dividendes versés aux actionnaires des sociétés du CAC 40 a augmenté de 31 %. Et ce serait nous, dont les salaires sont bloqués, qui couterions trop cher ? Mais de qui se moque-t-on.
Et puis, sur le fond, parler du coût du travail est une réelle absurdité. Le travail ne coûte pas, il rapporte ! C’est même la seule chose qui rapporte ! Le travail des salariés, c’est lui qui créé toutes les richesses des entreprises, toute la richesse de la société.
Alors ceux qui coûtent cher dans la société, ce sont les parasites, les gros actionnaires, le grand patronat qui se servent des milliards de dividendes et s’il y a un coût à baisser dans les entreprises c’est bien celui-là.
(applaudissements)
En ce qui nous concerne, travailleurs, retraités ou chômeurs, il faut augmenter les salaires, les pensions ou les allocations. C’est une urgence quand on voit que tous les prix grimpent et qu’ils vont encore grimper avec l’annonce de l’augmentation de la TVA de 1,6% pour le taux à 19,6%.
Cette semaine, la fondation Abbé Pierre a publié les chiffres du mal logement, un mal logement qui touche 10 millions de personnes dans le cinquième pays le plus riche de la planète. Les prix du logement ont explosé. En dix ans, alors que la hausse des prix a été de 19%, la hausse des loyers HLM a été, elle, de 29%, celle des loyers privés de 47% et celle de l’achat d’un appartement de 107%.
Les prix ont flambé, enrichissant les propriétaires immobiliers, les banques, les grosses sociétés du BTP.
Pour les classes populaires, ce ne sont plus les fins de mois qui sont difficiles à boucler, mais c’est pendant le mois entier qu’on n’arrive plus à joindre les deux bouts. A tel point que 3,8 millions de personnes sont en état de précarité énergétique, autrement dit n’ont pas les moyens de se chauffer correctement même si elles ont un logement.
Car tout a augmenté : le gaz, les carburants, les assurances, les mutuelles, les frais de santé… alors ce qu’il faudra imposer c’est l’indexation automatique des salaires sur les prix et une augmentation générales des salaires, des pensions et des indemnités afin de rattraper le pouvoir d’achat perdu.
Les élections présidentielles à venir se déroulent dans un contexte particulier marqué par la crise de l’économie capitaliste. La responsabilité des spéculateurs et des banquiers dans le déclenchement de la crise est si évidente que même Sarkozy a repris à son compte l’idée de la taxe Tobin, cette taxe ridiculement basse sur les transactions financières.
Hollande n’est pas en reste dénonçant la finance, les stock-options et déclarant la main sur le cœur qu’il n’aime pas l’argent.
Bref, il se trouve beaucoup de monde dans cette campagne pour faire mine de dénoncer les méfaits du capitalisme et la responsabilité des banques dans la crise actuelle, une responsabilité qui est écrasante.
La crise du capitalisme a démarré depuis 40 ans. Depuis 40 ans, de crise en timide reprise, le monde s’enfonce ici dans le chômage et la misère, là dans la famine et les guerres.
Si le monde est en crise, c’est parce que le système capitaliste n’est pas un système viable. Voilà déjà 160 ans que Karl Marx en faisait le constat et dressait la perspective d’une société communiste.
Le capitalisme est une société où ceux qui détiennent les capitaux ne les utilisent que si cela leur rapporte du profit, toujours plus de profits, toujours plus rapidement. On en arrive à cette aberration où c’est l’accumulation de richesses dans les poches de quelques uns qui provoque la crise.
Tandis que les travailleurs dans les usines, les ateliers ou les bureaux subissent des rythmes de travail de plus en plus fous, des millions de travailleurs se retrouvent au chômage.
Tandis qu’on met des terres en jachère pour maintenir les cours des matières premières alimentaires, la faim progresse dans le monde.
Tandis que les particuliers, les artisans, les petits commerçants n’arrivent pas à avoir de crédit, la banque centrale européenne vient de débloquer du crédit illimité aux grandes banques à un taux qui n’est pas celui de Cetelem. La BCE a débloqué 500 milliards d’euros aux banques avec un taux d’intérêt de 1%. Et les banques les ont replacé sur les marchés financiers à des taux bien plus avantageux.
Alors nous ne dénonçons pas seulement les méfaits du capitalisme. Nous ne dénonçons pas seulement les méfaits de la politique de Sarkozy qui a gouverné pour les plus riches, nous dénonçons au nom du communisme le fonctionnement capitaliste de la société.
Les élections ne peuvent pas servir à changer à la société. Aucune élection n’a ce pouvoir-là. Tous les politiciens qui aspirent à gouverner disent voter pour moi et ça changera. C’est une tromperie, cela ne changera pas car le pouvoir dans la société n’est pas aux mains des ministres, il est aux mains des capitalistes.
Si Juin 36 évoque quelque chose dans la mémoire collective, c’est parce que les travailleurs sont entrés en lutte, ont fait grève, occupé les usines et imposé au patronat et au gouvernement de gauche fraichement élu des revendications qui n’étaient pas du tout dans son programme comme les 40 heures et les congés payés.
Il n’y a que les luttes massives, déterminées, puissantes qui peuvent changer les choses pour les classes populaires. Nous ne savons pas quand il y en aura. Mais nous pouvons faire confiance à la bourgeoisie et à ses valets politiques pour prendre la mesure de trop qui précipitera les travailleurs et la jeunesse dans la rue.
Les travailleurs doivent défendre leur droit à la vie, c’est à dire le droit à un emploi et à un salaire qui permette de vivre dignement.
Pour mettre fin au chômage, il faut imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous avec maintien des salaires en puisant dans les profits accumulés. Il est vital d’interdire à des trusts comme ArcelorMittal, PSA et tant d’autres de fermer des sites industriels. Il faut les obliger, en prenant sur les bénéfices accumulés, à maintenir tous les emplois, fixes, intérimaires ou sous-traitants.
Pour maintenir notre niveau de vie, il faut une augmentation générale des salaires et des pensions ainsi que leur indexation sur les prix.
Enfin, et c’est vital, il faut mettre fin au secret des affaires, au secret commercial et au secret bancaire. Aujourd’hui un salarié qui apprend que des sales coups sont en préparation est contraint de se taire sinon il peut se retrouver à la porte ou devant les tribunaux.
C’est vrai pour les plans de fermeture d’usines mais c’est vrai aussi pour les scandales sanitaires, et, de l’amiante au Médiator en passant par les prothèses mammaires, on a vu quels dégâts provoquaient l’âpreté au gain des capitalistes.
Il faut donc abolir les lois qui protègent le secret des affaires et imposer un contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises, leurs choix et leurs projets. On ne peut plus laisser aux mains de capitalistes pour qui seule compte la rentabilité à court terme le soin de décider seuls et dans l’ombre.
Voilà le programme de lutte que notre camarade Nathalie Arthaud défendra dans cette élection.
Nathalie Arthaud sera la seule candidate communiste aux présidentielles, la LCR ayant abandonné toute référence au communisme en se muant en NPA et le Parti communiste ayant choisi de se ranger derrière la bannière d’un ancien ministre socialiste qui fut pendant 30 ans à la direction de ce parti sans rien trouver à redire, hier comme aujourd’hui, aux plans aciers de Mitterrand ou aux privatisations de Jospin.
Il est important que se fasse entendre une voix communiste dans cette campagne et que des travailleurs l’approuvent le plus nombreux possible.
Le vote pour Nathalie Arthaud signifiera un rejet absolu de la droite et de l’extrême droite. Et même minoritaire ce vote sera bien plus utile pour l’avenir qu’un simple vote de rejet de Sarkozy en faveur de Hollande. Car Hollande mènera fondamentalement la même politique peut-être en moins méprisante celle que lui dictera la bourgeoisie.
Ceux qui sont le plus proches de nous veulent surtout se débarrasser de Sarkozy et nous partageons leur rejet de cet ami des riches. Mais si le style Hollande est différent, il ne promet rien aux travailleurs. Hollande lui aussi place le remboursement de la dette au premier rang de ses objectifs.
Alors, amis et camarades, aidez nous à faire entendre une voix communiste et révolutionnaire dans cette élection, aidez nous à faire campagne, aidez nous à populariser le programme de lutte de Nathalie Arthaud. Il reste du temps d’ici le 22 avril pour convaincre autour de soi qu’il est important que les travailleurs votent consciemment, qu’ils votent pour le camp des travailleurs et ne donnent pas un chèque en blanc à Hollande pour qu’il nous fasse payer ensuite la dette creusée par Sarkozy pour tirer d’affaire ses amis les banquiers.
Au delà du nombre de suffrages que recueillera la candidature de Nathalie Arthaud, notre présence dans cette élections s’inscrit dans notre combat de tous les jours pour une autre société.
Si nous voulons que le monde change, il ne suffira de s’indigner. Il faudra que renaisse un parti ouvrier, communiste et révolutionnaire, un parti qui renoue avec l’idéal socialiste porté il y a bien longtemps par le Parti socialiste et avec l’idéal communiste porté en son temps par le Parti communiste après la révolution russe d’octobre 1917. Aidez nous aussi à cela !
Pour conclure, je vous propose de reprendre le chant de lutte des travailleurs du monde entier, je vous propose de chanter l’Internationale.
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