

Samedi 4 septembre 2010
14 heures - Place Bellecour
Une quarantaine de partis et associations appellent, à Paris et dans un certain nombre de villes, à une manifestation ou à un rassemblement le samedi 4 septembre, pour protester contre la campagne xénophobe du gouvernement.
C’est la moindre des choses qu’une protestation s’élève contre les discours de Sarkozy et de son équipe, attisant les pires préjugés à des fins bassement électoralistes. Lutte Ouvrière y sera présente.
Un certain nombre des initiateurs de cet appel veulent mettre cette manifestation sous le patronage de la IIIe République, dont ce sera ce 4 septembre le 140e anniversaire, République qui symboliserait, laissent-ils entendre, une ère de liberté, de fraternité, d’égalité.
Curieuse référence historique. C’est oublier, par exemple, que le premier président de cette République n’était autre qu’Adolphe Thiers, le massacreur des communards de 1871. C’est omettre de rappeler que sous la IIIe République se réalisa l’expansion coloniale française, synonyme de massacres et de spoliation de peuples entiers. C’est passer sous silence l’affaire Dreyfus. C’est ne pas parler des grévistes assassinés par la police sous les ordres de Clemenceau en 1910. C’est cacher le triste rôle des dirigeants politiques de tout bord, droite et gauche confondues, dans la préparation et le déroulement de cette boucherie que fut la Première Guerre mondiale. C’est se taire sur ce que fut le Parlement de cette République, élu en 1936, qui en 1940 remit les pleins pouvoirs à Pétain. Voilà quelques hauts faits parmi les plus marquants de cette République.
Alors, pour protester contre la campagne raciste et xénophobe du gouvernement, nous serons présents, mais en faisant référence, non pas à la IIIe République, mais à la solidarité des travailleurs.
Jeudi 19 août, la police démantelait à Saint-Martin d’Hères un pauvre campement de Roms. Le ministre de l’Intérieur s’est vanté d’avoir démantelé 40 camps de Roms en deux semaines, et en a rajouté en parlant d’expulser une partie de leurs habitants.
S’attaquer aux miséreux pris comme des boucs émissaires pour faire oublier les horreurs du capitalisme, c’est bien là la politique crasseuse des nantis de tous temps. Cela rappelle fâcheusement la chasse aux juifs et aux tziganes à l’époque de Pétain et de Vichy.
A bas le racisme, les frontières et le nationalisme. Vive l’internationalisme, la solidarité de tous les travailleurs du monde.
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