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>BrèvesIl n’y a toujours pas de cours au lycée Chérioux de Vitry (Val-de-Marne), après la grave agression d’un élève et malgré les menaces du ministre Chatel. Les enseignants et les autres personnels n’acceptent pas, eux, de faire comme si de rien n’était et de reprendre le travail tant qu’il n’y a pas un minimum de moyens humains pour la sécurité et la tranquillité de tous dans l’établissement.
Ils exigent le doublement des postes de surveillants. C’est bien le moins !
Les ministres et les commentateurs des pays riches n’ont pas eu de mots assez durs contre l’Etat grec, coupable d’un surendettement qui menacerait toute la zone euro et ferait peser la menace d’un krach mondial. L’Espagne et le Portugal sont aussi dans le collimateur.
Par contre, la dette des pays du G7 – quelque 30 000 milliards de dollars, qui ont finalement servi à alimenter la spéculation – fait couler moins d’encre. C’est pourtant celle-ci, et toute la spéculation, qui menacent l’économie capitaliste d’un effondrement général.
Christine Lagarde s’est félicitée de la chute de l’euro, qui dévisse en raison du surendettement des Etats de la zone. Quand l’euro était fort, elle s’en réjouissait aussi. Quand la banque Lehman Brothers s’est effondrée, déclenchant un krach mondial, elle disait que la crise était derrière nous. Il faut dire qu’elle a même trouvé que le froid du Grand Nord canadien donnait un « air chaleureux » à la réunion du G7 ce week-end.
Ah, tout va bien, Madame la Marquise !
C’est Ianoukovitch qui a gagné l’élection présidentielle ce week-end. Ce bureaucrate a déjà été au pouvoir de 2002 à 2004 en tant que 1er ministre, et surtout en tant que protégé d’un clan de milliardaires qui pillaient les richesses du bassin industriel et minier du Donetsk.
Les perdants sont l’autre clan de politiciens affairistes au pouvoir depuis 6 ans. Leur langage « démocratique » était destiné à plaire aux puissances occidentales. Mais la pauvreté dans laquelle vit la majorité de la population explique leur désaveu dans les urnes.
Les travailleurs n’ont rien à attendre de tous ces politiciens qui gouvernent uniquement pour les riches.
Sarkozy a annoncé à la télévision que le chômage allait baisser. Sans doute est-ce parce qu’en 2010, un million de chômeurs vont se retrouver en fin de droits et que presque les deux tiers ne vont plus rien toucher et ne seront plus comptés ? Il est urgent de partager le travail entre tous, sans diminuer les salaires et pour en assurer un à chaque travailleur, en prenant l’argent dans les coffres du patronat.
Le nouveau PDG d’EDF, Henri Proglio, ne voulait pas travailler pour moins de 2 millions par an. À cause du scandale médiatique, il a été contraint de renoncer au salaire de 450 000 euros annuels chez Veolia.
Mais Henri Proglio a plus d’une combine dans son sac : la presse vient de révéler que Proglio fera valoir sa retraite de cadre chez Veolia, plus d’un million d’euros par an. Cumulé avec son salaire de patron d’EDF de 1,6 millions d’euros annuels, cela lui fera un revenu de 2,6 millions d’euros par an.
L’actualité met parfois un coup de projecteur ponctuel et très limité sur ce qui se passe au sommet des grands groupes. Il n’y a qu’un contrôle réel des travailleurs sur l’économie qui permettrait d’y voir clair.
Le nombre de « ruptures conventionnelles de contrat » est en forte augmentation : plus de de 191 000 ont déjà eu lieu en 2009. Ce dispositif a été mis en place en 2008 par le gouvernement. Il permet aux patrons de se séparer de salariés sans avoir recours à des plans sociaux, donc plus facilement et à moindre frais. C’est ce que le gouvernement et les patrons présentent comme une « rupture de contrat à l’amiable ».
Dans la guerre entre les patrons et les travailleurs, les lois du gouvernement sont une arme du côté des patrons.
Le gouvernement veut créer un dispositif appelé « service civique » qui donnerait lieu à l’embauche de jeunes de 16 à 25 ans dans des associations, des collectivités territoriales, ou des établissements publics pour 600 euros mensuels.
Ce n’est pas vraiment original, après les Contrats d’aide à l’emploi, les assistants d’éducation, les assistants pédagogiques dans les écoles, les contrats précaires financés par l’Etat sont nombreux.
Tandis que l’Etat supprime des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, il cherche à faire diminuer le nombre de jeunes chômeurs en les faisant travailler pour des salaires au rabais.
Depuis lundi 1er février, des établissements de Seine-Saint-Denis sont en grève. Les raisons de ce mécontentement sont simples, un immense ras-le-bol : conditions de travail qui se dégradent, impossibilité de dispenser un enseignement de qualité, salaires bloqués, non-remplacement des professeurs et des agents malades.
À cela s’ajoute le refus des 16 000 suppressions d’emplois dans toute l’Éducation nationale à la rentrée prochaine, alors que l’on estime à 45 000 le nombre d’élèves supplémentaires. L’État est donc le plus gros licencieur du moment. Et la dernière attaque en date, la réforme des lycées, va aggraver considérablement les conditions de travail des enseignants et d’études des élèves.
Les grévistes qui, le lundi, étaient inquiets sur les chances d’entraîner un ou plusieurs établissements dans la grève, ont d’ores et déjà la satisfaction d’y être parvenus. Mais tout reste encore à faire.
Les Bourses mondiales flanchent encore une fois. Ce coup-ci, ce sont les dettes d’États comme la Grèce, le Portugal voire l’Espagne qui angoissent les spéculateurs. Apparemment, le baratin de tous les gouvernements des grandes puissances cherchant à rassurer sur « la reprise qu’on voit poindre » ne fonctionne pas avec ces gens-là.
En réalité, les promesses sur « la sortie de crise prochaine » sont pour les travailleurs que les gouvernements cherchent à anesthésier car ils en craignent les coups de colère.
Après le rapport de la fondation Abbé-Pierre qui dénonçait le manque criant de logements sociaux, le gouvernement, par la voix du secrétaire du secrétaire d’État au Logement, Benoist Apparu, a annoncé que l’État allait débloquer 4,7 milliards d’euros.
Cette annonce en fanfare s’avère une fois de plus un écran de fumée qui cache un désengagement de l’État. Selon le président de l’Union sociale pour l’habitat, l’organisation professionnelle qui regroupe les 800 organismes HLM, le logement social recevra moins d’argent en 2010 qu’en 2009 : 620 millions d’euros au lieu de 680 millions.
Face aux problèmes aggravés par la crise, ce que fait le gouvernement en faveur des classes populaires, ce sont que des annonces qui sonnent creux.
Selon une enquête, les gardes à vue ont augmenté de 67% par rapport à 1996. À la suite de cette révélation, le Premier ministre François Fillon s’est dit « choqué » par ce nombre et la manière dont elles « sont utilisées comme des moyens de pression ».
Comme les derniers ministres de l’Intérieur sont Hortefeux, Alliot-Marie et Sarkozy, trois comparses avec lesquels Fillon gouverne, on mesure à quel point l’indignation de Fillon est feinte.
Fillon a montré à plusieurs occasions qu’il était croyant, catholique, ami du pape. On a envie de rajouter qu’il est aussi hypocrite comme un jésuite !
L’ancien Premier ministre britannique travailliste Tony Blair comparait devant une commission d’enquête. Il lui est reproché d’avoir produit en 2003 un rapport mensonger sur la présence d’armes de destruction massives en Irak afin de convaincre le Parlement et l’opinion publique de la nécessité de la guerre.
Pour entraîner leur pays dans la guerre, les gouvernements des grandes puissances ne se gênent pas pour tricher et mentir. Leur conception de la démocratie, c’est tromper leur propre peuple pour les intérêts des puissants.
Faisant mine de découvrir que près de 30 000 mineures tombent enceintes contre leur volonté chaque année, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, annonce qu’elle « va mettre le paquet » sur l’information sur la contraception dans le milieu scolaire. Roselyne Bachelot aime se donner des intonations volontaires, à la mode Sarkozy.
Mais, derrière l’effet d’annonce, la réalité, ce sont des centres du Planning familial qui ferment faute de moyens, une centaine de centres d’IVG fermés en 2009, et de toute façon, jamais rien qui pourrait aller à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques, comme rembourser à 100% toutes les pilules contraceptives, quitte à imposer des prix bien plus bas à ces laboratoires pharmaceutiques.
L’annonce de la fermeture de la raffinerie Total de Dunkerque est repoussée de quelque mois. L’annonce des 8 milliards de bénéfices pour l’année 2009, elle, devrait avoir lieu bientôt. Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Industrie, Estrosi, a fait mine de réagir en déclarant que le gouvernement « poserait ses conditions » à cette fermeture.
En réalité, il s’agit d’un cinéma que les media répercutent sans rechigner. Il en sera pour la fermeture de cette raffinerie comme pour l’aciérie de Gandrange : le gouvernement ne fera rien. Ses gesticulations ne sont là que pour aider à faire passer la pilule aux travailleurs. Quand ceux-ci la recracheront, il se la prendra en pleine figure.