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16 000 postes supprimés, des nouveaux jeunes enseignements parachutés sans aucune formation préalable devant des classes de tous niveaux, la disparition des demi-groupes, des classes surchargées et d’autres supprimées : voilà ce que le ministre de l’Éducation a appelé, lors de sa conférence de presse, une rentrée « particulièrement riche en nouveautés ».
Ce cynisme montre que pour ce ministre, dont le travail principal est de réduire constamment le budget de l’Éducation nationale, l’éducation de la jeunesse est bien le dernier de ses soucis. Alors, les raisons pour les enseignants de faire grève le 6 septembre puis le lendemain, 7 septembre avec les autres salariés, ne manqueront donc pas.
Au premier trimestre de cette année, les 40 plus puissantes entreprises françaises ont fait près de 41,5 milliards d’euros de bénéfices, en augmentation de 85% par rapport à la période précédente.
Évidemment, le gouvernement n’imagine pas toucher à cet argent. Il préfère faire les poches de la population, s’en prendre aux pensions des retraités et démanteler les services publics.
Et quand on sait à quel point ces bénéfices sont gonflés par les aides étatiques, qu’est-ce que c’est sinon « prendre aux pauvres pour donner aux riches » ?
Le ministre du Budget, François Baroin, a adressé un courrier aux députés expliquant qu’il fallait trouver de nouvelles recettes fiscales, et a mentionné l’augmentation, pour 2013, des impôts directs ou indirects comme la CRDS.
Le faux débat avec lequel les politiciens cherchent à embrouiller la population, c’est de savoir s’il faut augmenter les impôts ou bien réduire les dépenses publiques. En réalité, tout ce bla-bla n’est qu’un écran de fumée. Pour les classes populaires, le gouvernement fait les deux : il réduit les budgets des services publics et augmente les impôts. Pour les capitalistes, c’est l’inverse : il baisse l’impôt sur les bénéfices et il arrose de subventions comme jamais.
Éric Woerth, ministre du Travail mais aussi un des protagonistes principaux du feuilleton de l’été, l’affaire Bettencourt, ne cesse de répéter que tous les liens qu’on lui prête avec la richissime Liliane Bettencourt et son entourage sont inventés, et que la presse voire la justice s’acharnent injustement contre lui.
Par exemple, Éric Woerth avait juré la main sur le cœur qu’il ne connaissait pas personnellement Patrice de Maistre, l’homme de confiance de Liliane Bettencourt. Or, la presse vient de révéler l’existence d’une lettre d’Éric Woerth à Sarkozy, lui demandant de décorer de la Légion d’honneur Patrice de Maistre.
Au bout du compte, tout cela n’a rien d’étonnant, et il n’est pas surprenant de voir un politicien au pouvoir être l’obligé de quelqu’un représentant une des plus grosses fortunes du pays. Le croustillant de l’affaire Bettencourt, c’est juste que pour une fois, une petite partie de tout cela est mise sur la place publique.
Il y a un an l’Élysée annonçait la création d’un RSA jeune. Déjà alors, sur les 5,5 millions de jeunes entre 18 et 25 ans, dont près d’un quart sont au chômage et un cinquième vit sous le seuil de pauvreté, seuls 160 000 devaient le toucher.
Mais le gouvernement a assorti cette allocation de conditions encore plus draconiennes. Il faudra avoir travaillé l’équivalent de deux ans sur les trois dernières années : autant dire que c’est quasiment impossible quand on alterne stage-bidon, contrat en alternance et petits boulots. L’objectif des ministres est réussi, moins de 20 000 jeunes y auront droit.
20 000 sur 5,5 millions, ça fait 0,3% de bénéficiaires. Toucher le RSA jeune sera presque aussi impossible que de gagner au loto.
Prendre ses distances vis-à-vis de la politique de Sarkozy sur les Roms semble actuellement en vogue parmi certains membres du gouvernement. Bernard Kouchner, ministre des Affaires Étrangères a dit avoir pensé à démissionner, Edgar Morin, ministre de la Défense, a critiquer les discours « de la haine, de la peur et du bouc émissaire », et Fadela Amara, secrétaire d’État chargée de la politique de la ville a rappelé qu’elle était « contre les expulsions des Roms » et que « l’insécurité n’a pas de couleur de peau ». Jusqu’au premier ministre François Fillon qui a parlé de la « surenchère » de certains sur la politique sécuritaire du gouvernement. Évidemment, plus faux-jeton, tu meurs.
Mais lors du prochain remaniement ministériel, ils pourront toujours prétendre être victimes de leur franc-parler !
Empêtré dans l’affaire Bettencourt, principale actionnaire de l’Oréal, Éric Woerth a laissé sa place de trésorier de l’UMP au député-maire d’Aix-les-Bains (Savoie), Dominique Dord. Le piquant de l’histoire est que ce dernier a été… directeur de produits pour l’Oréal de 1985 à 1987.
Trouver un politicien proche du pouvoir qui n’est pas lié d’une manière ou d’une autre à la grande bourgeoisie, ce n’est pas une mince affaire.
Pour le cinquième mois consécutif, le taux de chômage de la zone euro atteint les 10% de la population active, ce qui est le plus haut niveau atteint depuis la création de la zone euro. Et derrière cette moyenne, des pays comme l’Espagne atteignent des pics à plus de 20%. Et partout en Europe, comme en France, les chiffres du chômage annoncé par les gouvernements est évidemment inférieur à ce qu’il est dans la réalité, et cette sous-estimation est sans doute plus importante encore dans le cas des pays les plus pauvres, comme la Lettonie ou la Lituanie, où la définition du chômage doit être encore plus éloignée de la réalité.
Alors où est la reprise économique dont se vantent les gouvernements ? Leurs phrases à ce propos ne visent qu’à endormir les populations pour faire passer leurs politiques d’austérité.
Un récent rapport vient de dénoncer les pratiques des bailleurs privés vis-à-vis des étudiants : hausses abusives, entretien des logements financé avec les dépôts de garantie non rendus, interdiction d’hébergement d’un ami, etc. Ces propriétaires « vautours » profitent de l’insuffisance des chambres à loyer modéré dans les cités universitaires et du manque de logement en général pour racketter les locataires.
Il faudrait lancer un grand programme de construction de logements à prix coûtant, construits par des entreprises publiques, et d’ailleurs pas seulement pour les étudiants.
Une épidémie de dengue sévit en ce moment aux Antilles avec plus de 60 000 personnes touchées et près de 20 morts. Devant les protestations de la population face à la lenteur des réactions de l’État, les ministres de la Santé et de l’Outre-mer sont venus en Martinique annoncer des mesures bien dérisoires : le remboursement des examens de dépistage et le déblocage de 200 000 euros.
La réaction de l’État face à cette épidémie qui est meurtrière, c’est de dépenser le minimum et attendre cyniquement que ça se passe.
Au Pakistan, les récentes inondations ont fait des ravages. La superficie totale des zones inondées est équivalente à celle de la Belgique, de la Suisse et de l’Autriche réunies. Selon l’Unicef, 72 000 enfants sont menacés par la malnutrition, la déshydratation ou les épidémies de dengue ou de malaria. Et il est crucial de déblayer les terres arables le plus rapidement possible avant l’hiver.
Mais l’aide des pays riches se fait attendre. Et tous les dirigeants des grandes puissances qui se réunissent régulièrement ces dernières années pour discuter, l’air grave, des inondations attendues dans l’avenir à cause du réchauffement climatique, que font-ils aujourd’hui face à ces inondations dévastatrices ?
Le groupe français Sanofi veut racheter le groupe américain Genzyme et est prêt à mettre au moins 18,5 milliards de dollars sur le tapis. Quand les grands groupes fusionnent ou se rachètent les uns les autres, on voit régulièrement apparaître des sommes fantastiques.
Les comptes de ces multinationales renferment des trésors de guerre accumulés au fil des ans sur les dos des travailleurs. Et en cette époque de crise, alors que l’État et le patronat veulent nous imposer toujours plus de sacrifices, il faut rendre ces comptabilités transparentes. On verrait bien alors où est l’argent.
On commence à en savoir un peu plus sur le projet de loi de Besson et Hortefeux visant à retirer la nationalité française à un certain nombre de délinquants. La liste des crimes et délits pouvant aboutir à cette déchéance de la nationalité semble particulièrement longue.
Enlever la nationalité française à un délinquant, cela revient à faire croire que lorsqu’on est « Français », on est forcément vertueux et respectueux des lois. Si ce n’était pas aussi nauséabond, cela prêterait à rire. Le gouvernement va-t-il déchoir de leur nationalité tous les délinquants en col blanc, de Chirac à Woerth en passant par Bettencourt ? Tous les tortionnaires en retraite de la guerre d’Algérie ? Tous les spéculateurs et les affameurs de l’Afrique qui siègent dans les conseils d’administration ?
Probablement pour essayer de se donner un visage un peu plus « social » avant la grande journée de manifestations du 7 septembre, Sarkozy a annoncé qu’il retirait la scandaleuse mesure obligeant les parents d’étudiants à choisir entre l’APL et la demi-part de l’impôt sur le revenu.
Tant mieux pour les étudiants modestes. Mais si Sarkozy espère que cela va suffire à décourager les gens de manifester massivement le 7, il se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude.
Aux universités d’été du PS à La Rochelle, on discute beaucoup de ce que François Hollande a appelé, excusez du peu, « l’affaire la plus importante pour la gauche et pour les pays. » De quoi parle-t-il donc ? du chômage ? des retraites ? des salaires ? de la journée de grève du 7 septembre ?
Non. De la date des primaires au Parti Socialiste.
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