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Négociation sur l’emploi : un accord qui comble les vœux du patronat

Gouvernement et patronat sont donc contents : CFDT, CFTC et CGC ont signé un accord avec le Medef, et Hollande, qui avait fait du « dialogue social » son objectif, s’en félicite.

Mais si le patronat est satisfait, c’est que les travailleurs n’ont aucune raison de l’être. Les accords de compétitivité ont été rebaptisés accords de « maintien de l’emploi », mais le contenu est le même : dans chaque entreprise, les travailleurs pourront être soumis au chantage suivant : des baisses de salaire, des mutations à l’autre bout du pays, un allongement de la durée du travail ou… le licenciement. Et rien ne dit que, même quand les travailleurs accepteront des concessions, leur emploi sera ensuite maintenu.

Pour licencier encore plus facilement, le patronat a également obtenu que les « plans sociaux » – c’est-à-dire de licenciements – soient à la fois facultatifs et moins coûteux pour lui, sans risque d’être attaqué en justice. Quand le patronat dit que cet accord « diminuera la peur de l’embauche », c’est qu’il pourra licencier encore plus facilement, alors qu’il y a déjà 5 millions de chômeurs, et 1 500 de plus chaque jour.

Les autres dispositions sont à l’avenant. Que la CFDT ait signé montre sa docilité à l’égard du patronat et du gouvernement. Les contreparties offertes aux syndicats, comme la taxation symbolique et compensée des contrats courts, ou la présence de salariés dans les conseils d’administration, sont dérisoires. Elles servent de feuille de vigne pour un texte qui répond aux attentes des capitalistes : plus de moyens de pression sur les salariés, plus de précarité et d’exploitation.

Pour se défendre, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Patrons et dirigeants syndicaux peuvent s’entendre sur leur dos autour du tapis vert, mais ils ne pourront empêcher que, tôt ou tard, la colère éclate face à la dégradation des conditions d’existence, et que le monde du travail rende les coups.

Nathalie Arthaud


 
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