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Discours de Nathalie Arthaud à la fête de Presles, le 24 mai 2010

Travailleuses, travailleurs, camarades et amis,

La crise actuelle montre, malheureusement par la négative, à quel point l’économie mondiale est un tout, à quel point les destins des peuples sont étroitement liés.

La crise n’est pas nationale. N’en déplaise aux savants imbéciles, des économistes aux ministres, la crise financière n’est pas restée cantonnée aux Etats-Unis, comme ils ont essayé de nous en convaincre dans un premier temps. Aucun pays n’y échappe. Nous sommes tous dans le même bateau.

En cette troisième journée de fête, que nous consacrons traditionnellement à saluer nos camarades qui militent dans d’autres pays, nous tenons à réaffirmer qu’être communiste, c’est être internationaliste. Notre internationalisme n’est pas fondé sur de simples sentiments de solidarité, mais sur le constat que l’économie mondiale formant un tout, l’humanité ne pourra se débarrasser de l’organisation capitaliste de l’économie qu’à l’échelle du monde.

La nature elle-même contribue à mettre en lumière cette réalité. Il a suffi de l’éruption d’un volcan, dont le nom Eyjafjoll n’était pas connu en dehors de l’Islande, pour que le trafic aérien soit bloqué pendant plusieurs jours, non seulement à l’échelle de toute l’Europe mais aussi du monde entier. Car les avions qui n’ont pas pu partir de Londres, de Paris ou de Francfort, n’ont pas pu atterrir, bien sûr, à Tokyo ou à Johannesburg.

Les progrès dans les techniques de la communication, de l’informatique sont formidables. Ils permettront des miracles pour l’humanité de demain, débarrassée de l’exploitation. Mais, pour le moment, ils permettent surtout de transmettre instantanément les ordres d’achat et de vente d’actions en Bourse.

On disait naguère de l’empire de Charles Quint que le soleil ne s’y couchait jamais. Eh bien, aujourd’hui, on peut dire que la spéculation ne s’arrête jamais car, de Tokyo à la côte ouest de l’Amérique, il y a toujours quelque part une Bourse ouverte.

La crise économique a déjà provoqué des dégâts un peu partout sur la planète. Faut-il rappeler qu’une de ses premières phases a été la crise alimentaire ? La spéculation qui s’est jetée massivement, en un moment donné, sur les produits alimentaires de base, le blé, le riz, en en faisant grimper les prix, a ainsi condamné à la famine des centaines de millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui, déjà en temps ordinaire, ne mangent pas à leur faim !

Dans un tout autre domaine, la crise est en train de faire de nouvelles victimes : l’Union européenne et l’euro.

Le morcellement de l’Europe entre une multitude d’États est un anachronisme depuis, au bas mot, un siècle. La rivalité entre les vieilles puissances impérialistes du continent a été à l’origine des deux guerres mondiales. Et le morcellement de l’Europe constitue, même en temps de paix, un handicap pour les classes capitalistes d’Allemagne, de Grande-Bretagne ou de France, irrémédiablement distancées par les États-Unis.

Les dirigeants politiques des plus grands pays européens se glorifiaient d’avoir surmonté ce morcellement par la construction de l’Union européenne. Ils ont mis un demi-siècle à parvenir à ce que l’Union européenne existe telle qu’elle est aujourd’hui, avec toutes les simagrées d’un véritable État, du Parlement au pseudo-gouvernement de la Commission européenne. Ils ont mis également plusieurs années à mettre en place une monnaie unique, l’euro.

Eh bien, il a suffi de quelques semaines de spéculations pour que la zone euro comme l’Union européenne tremblent sur leurs fondations !

Contrairement aux stupidités véhiculées par des nationalistes de tout acabit, l’unification des différents pays d’Europe est une nécessité. Mais ce qui se passe en ce moment illustre à quel point la bourgeoisie est une classe trop réactionnaire pour être capable de réaliser une véritable unité de l’Europe. Elle n’a su créer que le Marché commun.

Même une monnaie unique, condition indispensable pour un marché un tant soit peu unifié, n’a été réalisée que dans une zone restreinte dont ne fait même pas partie une des principales puissances économiques de la région, le Royaume-Uni. Et cette zone euro est une juxtaposition de 16 pays, avec 16 bourgeoisies, 16 États qui tirent à hue et à dia, car chacune est surtout préoccupée de défendre ses intérêts particuliers contre ceux des autres.

Derrière l’euro, il n’y a pas un État unifié, avec une politique économique et fiscale unique. Il n’a pas été difficile pour les spéculateurs de jouer les Etats les uns contre les autres, ou plus exactement de parier sur les uns et contre les autres.

Il y a encore quelques semaines, évoquer la disparition de l’euro paraissait complètement incongrue. Et aujourd’hui, ce sont les grands experts économiques, les chefs de gouvernement, qui en discutent sérieusement.

Les travailleurs n’ont rien à gagner à un éclatement de l’euro. Ce serait un recul. Un choix fait par les différentes bourgeoisies d’Europe, en particulier les plus puissantes, de se réfugier derrière leurs frontières, leur monnaie, leur richesse. Ce serait le retour du protectionnisme et un facteur d’aggravation de la crise.

Et puis, l’attitude des bourgeoisies les plus riches d’Europe face à la crise en Grèce et le diktat imposé à ce pays mettent en évidence les rapports de domination au sein même de l’Europe entre les pays impérialistes et leurs semi-colonies d’antan. A vrai dire, ces rapports de domination n’ont jamais disparu. Ils ont été cachés par tout un décorum démocratique avec un Parlement européen, des traités qui prétendaient mettre tous les pays sur un pied d’égalité.

Eh bien, aujourd’hui, ces rapports apparaissent de domination dans toute leur brutalité.

Les bourgeoisies allemande et française sont intervenues non pas pour « sauver la Grèce » mais pour sauver les intérêts de leurs banquiers. Elles ne laissent aux dirigeants de l’État grec que la liberté d’obéir aux mesures qu’elles leur imposent. Et les dirigeants grecs, tout socialistes qu’ils soient, sont des victimes d’autant plus consentantes des diktats de Berlin et de Paris que les mesures d’austérité imposées aux classes populaires en Grèce correspondent également aux intérêts de la bourgeoisie grecque.

Partout en Europe, la seule solution proposée pour rétablir ce que les dirigeants appellent la « confiance des marchés financiers » a été de s’engager dans des mesures d’austérité frappant la majorité de la population.

Après la Grèce, cela a été au tour du Portugal et de l’Espagne de s’engager dans une politique d’austérité. L’Irlande l’appliquait depuis quelque temps déjà. Sans parler des pays de l’Est européen. La France, le Royaume-Uni y viennent à leur tour. Tout le monde y passera.

Dans tous les pays, ceux qui gouvernent chercheront à faire payer à la majorité de la population, avant tout les classes exploitées, les dettes faites au profit des capitalistes et des banquiers.

Bien plus que tous nos discours, ce sont leurs mesures qui entraîneront tôt ou tard des réactions. Des réactions de désespoir et d’abattement peut-être, au début. Mais les réactions de colère viendront inévitablement.

Pour désamorcer les réactions des travailleurs contre les mesures d’austérité, pour les empêcher de devenir explosives, la bourgeoisie comptera sur les illusions propagées par les grands partis. La bourgeoisie comptera aussi sur les appareils syndicaux, sur leur capacité à canaliser les luttes pour les réduire à de simples manifestations de force, destinées à favoriser les négociations entre gouvernement et directions syndicales. Mais, parallèlement à cela, la bourgeoisie recourra, et recourt déjà, à de vieilles ficelles pour affaiblir le monde du travail en essayant de dresser les unes contre les autres ses différentes composantes.

Monter les unes contre les autres différentes catégories du monde du travail, essayer d’opposer secteur public et secteur privé, travailleurs en activité et travailleurs au chômage, jeunes et anciens est une politique habituelle.

Une des façons les plus abjects de dresser une catégorie de travailleurs contre une autre est de le faire en fonction de la nationalité ou des origines. C’est le jeu traditionnel de l’extrême droite mais qui s’appuie sur des préjugés largement propagés par d’autres forces politiques de la bourgeoisie, y compris à gauche. Tout cela affaiblit le monde du travail et le rend moins conscient de ses intérêts de classe.

Voilà pourquoi être du côté des travailleurs immigrés est pour nous plus qu’une question de solidarité. Par-delà les origines et la nationalité, la classe ouvrière constitue une seule et même classe sociale qui ne peut changer le rapport de forces en sa faveur dans la société, dans l’économie capitaliste, qu’à condition de mettre en avant ses intérêts de classe. C’est, forts de cette conviction, que nous revendiquons aussi la régularisation de tous les sans-papiers.

Les politiques d’austérité en s’aggravant toucheront inévitablement différentes catégories de la petite bourgeoisie : des petits paysans aux médecins, des producteurs de lait aux commerçants en passant par les routiers et les céréaliers. Ces différentes catégories sauront-elles se battre contre les véritables responsables de leur malheur : la grande bourgeoisie et l’économie capitaliste ? C’est la question décisive pour l’avenir. Parce que si la bourgeoisie se sent menacée, elle cherchera à dresser les unes contre les autres les diverses catégories populaires victimes de son économie.

Mais cette politique trouve aussi sa traduction dans le domaine des relations entre États. Pour le moment, lorsqu’il s’agit de pays impérialistes d’Europe occidentale, cette option classique de la bourgeoisie de rejeter sur d’autres la faute des difficultés économiques et des mesures de sacrifice imposées à la population se manifeste encore de façon discrète.

Que l’on se souvienne des phrases serinées ici, en France, par les commentateurs sur la population grecque qui « vivait au-dessus de ses moyens » ! Au-dessus de leurs moyens, les travailleurs, les chômeurs, les retraités grecs ? Le prétendre, ce n’est pas seulement une stupidité, c’est aussi une façon de rejeter la responsabilité de la crise sur le dos des victimes grecques des banques qui sévissent dans ce pays, parmi lesquelles il y a une majorité de banques françaises.

Mais cette façon méprisante de traiter les classes exploitées d’un autre pays n’est qu’un début, qu’une préparation des esprits. Dans les pays de l’Est de l’Europe, les choses vont déjà plus loin, avec la montée de l’extrême droite, sa propagande haineuse contre les nations voisines ou les minorités nationales, à commencer par les Roms.

L’histoire chaotique de cette région, les affrontements du passé entre populations souvent entremêlées et, plus encore, les interventions des grandes puissances impérialistes dans la vie de ces nations ont laissé une multitude de contentieux et de territoires disputés. Il est facile pour l’extrême droite de sortir des poubelles de l’histoire des revendications territoriales susceptibles de monter les populations les unes contre les autres.

Cela n’en est pour le moment qu’à la propagande, à une agitation politique nauséabonde où la politique nationaliste ou xénophobe d’un de ces pays alimente la xénophobie des dirigeants de l’autre. Mais rappelons-nous avec quelle rapidité la démagogie nationaliste des dirigeants a conduit, dans cet ex-pays européen qu’était la Yougoslavie, à des affrontements entre peuples aussi sanglants que stériles.

Alors, il est vital pour l’avenir de prendre le contre-pied de toute propagande destiné à opposer les peuples les uns aux autres. Et cela commence par tous les préjugés qui prétendent rendre un autre peuple responsable des malheurs causés par la bourgeoisie, par la crise de son économie.

L’histoire ne se répète certes jamais, en tout cas jamais à l’identique. Mais la dernière grande crise de l’économie capitaliste, la crise de 1929, s’était traduite partout par la montée des idées et des politiques nationalistes et xénophobes, la mise en place de régimes autoritaires qui cherchaient à compenser leur impopularité par un langage guerrier à l’égard de la nation voisine. Et tout cela avait constitué des jalons qui allaient déboucher sur la Seconde Guerre mondiale.

Car lorsque la bourgeoisie est aux abois devant les dégâts de sa propre économie en crise, lorsqu’une fois son peuple brisé, elle se sent en capacité d’élargir son marché par la conquête militaire, elle n’hésite pas devant les pires politiques, même celles qui conduisent à la barbarie.

Il existe un peu partout dans le monde des foyers de tension. L’oppression du peuple palestinien par l’Etat d’Israël soutenu et armé par l’Occident contribue, depuis 50 ans, à faire de tout le Moyen-Orient une poudrière. Et des bombes à retardement, il y en a bien d’autres.

En réalité, à aucun moment depuis la Deuxième Guerre mondiale, la planète n’a connu une période de paix. Même lorsque les troupes impérialistes n’y sont pas directement impliquées, comme en Irak ou en Afghanistan, l’impérialisme, lui, l’est toujours.

Combien de guerres dites ethniques en Afrique, derrière lesquelles il y a les rivalités entre entreprises capitalistes d’Europe ou d’Amérique pour piller les richesses minières ? La presse rapporte de temps en temps des récits d’atrocités qui semblent des survivances d’un passé barbare mais où, en réalité, les armes sont le dernier cri en la matière et où, derrière les trafiquants d’armes, il y a de grands trusts et des dignitaires politiques de grands pays impérialistes.

Et nous ne devons jamais oublier le rôle infâme joué par notre propre impérialisme, principale puissance coloniale sur ce continent il n’y a pas longtemps, et qui aujourd’hui encore est derrière la plupart des régimes autoritaires en place.

Les manifestations à Cannes contre la projection d’un film qui évoque les massacres de Sétif en Algérie montrent la persistance ici, en France, de courants réactionnaires qui ont encore la nostalgie du « bon temps des colonies ».

Mais même la repentance de quelques dirigeants politiques pour ce passé colonial, pour le trafic d’esclaves et pour le pillage du continent, n’est qu’hypocrisie. Car le passé se prolonge aujourd’hui. Le colonialisme est fini, mais la domination impérialiste sur ces pays se perpétue.

Les trusts occidentaux ont mis la main sur tout ce qui a de la valeur et qui peut rapporter des profits. En obligeant les peuples d’Afrique à rembourser la dette contractée par leurs dictateurs successifs, l’impérialisme a trouvé les moyens de piller ce continent aussi efficacement que par les méthodes coloniales du travail forcé.

L’Afrique continue à être vidée de son sang comme au temps des colonies. C’est cette réalité que défendent les troupes françaises en Côte-d’Ivoire, au Tchad, à Djibouti ou ailleurs. La revendication de retrait des troupes françaises du continent africain est une revendication de solidarité élémentaire. Mais seule la destruction de l’impérialisme peut sauver l’Afrique d’un développement permanent de son sous-développement. Il va de soi, aussi, que les troupes françaises n’ont rien à faire en Afghanistan.

Beaucoup de ces zones de tension, beaucoup de ces conflits pourraient devenir le point de départ d’une guerre généralisée. « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait en son temps Jaurès. Cela reste toujours vrai, surtout en période de crise.

Oui, en bouleversant les rapports économiques, la crise va inévitablement remuer et peut-être bouleverser les rapports sociaux. Elle risque d’entraîner des soubresauts politiques et des affrontements. Elle intensifiera la lutte de classes et, suivant l’issue des épreuves de force entre la bourgeoisie capitaliste et les autres classes sociales, elle peut entraîner des évolutions comme celles qui, à partir de l’année 1929 où la crise s’est déclenchée, ont entraîné l’humanité en une petite dizaine d’années seulement vers une guerre généralisée.

L’histoire de notre futur n’est pas encore écrite. La bourgeoisie dispose à l’échelle internationale de forces puissantes : son argent, ses Etats et leur puissance militaire. Mais, pour puissantes que soient ces forces, elles peuvent être vaincues par la force des masses exploitées. Nous faisons confiance à cette force-là, capable de vaincre les armées les plus puissantes et capable aussi de briser le mur de l’argent.

Le prolétariat est aujourd’hui invisible sur la scène politique. Ne s’agitent sur cette scène que des pantins dont la bourgeoisie et le grand capital tirent les ficelles. Mais les révolutions s’annoncent rarement à l’avance.

Ce sont pourtant les révolutions qui ont permis à la société de se débarrasser des tyrans ou des classes privilégiées qui se croyaient éternels. Ce sont elles qui ont permis à l’humanité de progresser.

Et pour sombres qu’aient été les dix années qui ont suivi le début de la crise de 1929 et plus sombres encore les six années suivantes, avec les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, il faut se rappeler aussi qu’elle a entraîné des mobilisations ouvrières d’une ampleur exceptionnelle dans un grand nombre de pays. Et si, finalement, la bourgeoisie a pu reprendre la main, la responsabilité n’en revient pas aux masses elles-mêmes, mais à leur direction incapable ou traître.

Alors oui, j’ai la conviction que les masses exploitées attaquées par une bourgeoisie avide, soumises à la pression de plus en plus insupportable du grand patronat et de son État, réagiront. Tout dépendra alors de la capacité du prolétariat de faire surgir des partis communistes révolutionnaires à la hauteur des tâches. Capables de contribuer à ce que la crise sociale se transforme en révolution consciente visant la transformation de la société.

Nous ne savons pas dans quelles circonstances ces partis surgiront et quels seront les premiers pays où il deviendront assez influents pour peser sur la vie politique. Mais nous savons que cela est nécessaire. Même de petites organisations qui se fixent cela comme objectif représentent un espoir et un gage pour l’avenir.

C’est pourquoi je souhaite bon courage aux organisations qui se revendiquent du communisme révolutionnaire quel que soit le pays où elles militent !

Et ce que je leur souhaite, comme je le souhaite pour nous-mêmes, c’est de résister à la pression du cours réactionnaire des choses, de ne pas se décourager, de ne pas mettre leurs idées communistes révolutionnaires de côté en attendant des jours meilleurs. Ce que je leur souhaite, c’est de ne pas subir la pression directe ou insidieuse de la bourgeoisie qui vise, dans nos régimes de démocratie parlementaire, à faire rentrer toutes les forces de contestation dans le cadre de ses institutions.

Je leur dit aussi de ne pas chercher des raccourcis, c’est-à-dire de ne pas chercher d’autres moyens pour changer l’ordre social actuel que la force collective de la classe ouvrière. Chercher des raccourcis se traduit inévitablement par l’abandon de la propagation des idées communistes révolutionnaires au sein de la seule classe sociale capable de faire de ses idéaux une réalité : la classe ouvrière.

Marx disait en son temps que les idées deviennent une force lorsque les masses s’en emparent. Pour que de larges masses puissent s’emparer des idées communistes, il faut des circonstances particulières qui mettent en mouvement des centaines de milliers, des millions d’hommes et qui les poussent à défendre leurs intérêts de classe, à s’intéresser à l’avenir de la société, à se sentir concernés, à vouloir en être, à cesser d’être les spectateurs de la vie politique pour en devenir les acteurs. Ce sont ces périodes-là qu’on appelle des périodes révolutionnaires.

Mais pour que les masses exploitées puissent s’emparer des idées communistes révolutionnaires, il faut qu’il y ait dans leurs rangs des militants, des femmes, des hommes, par lesquels ces idées puissent passer.

Voilà pourquoi il est vital que cette minorité de communistes révolutionnaires existe au sein de la classe ouvrière, dans les entreprises, dans les quartiers populaires. Il faut que ces militants soient regroupés dans un parti dont l’activité ne consiste pas seulement à répéter son espoir dans le changement social futur, dans un avenir communiste.

Ils auront aussi à apporter une réponse du point de vue des intérêts de la classe ouvrière, à chaque événement politique et social. Il faut qu’ils participent aux luttes des travailleurs avec la volonté de renforcer l’efficacité de chaque lutte mais aussi avec la volonté d’agir pour que chaque grève, chaque réaction de travailleurs contre telle ou telle infamie de l’exploitation capitaliste, se traduise par un progrès de leur conscience politique.

La transformation sociale ne résultera pas de quelques lois, de quelques décrets, décidés d’en haut, mais par l’activité révolutionnaire des masses elles-mêmes, c’est-à-dire de millions de femmes et d’hommes décidés à prendre en main la destinée collective de leur classe et de toute la société.

Eh bien, camarades, aussi importante que soit la différence entre la graine et l’arbre adulte, chaque graine porte les potentialités de l’arbre futur. Voilà pourquoi les organisations qui se revendiquent du communisme révolutionnaire représentent une part de l’espoir de l’avenir de l’humanité ! Mais il faut que la graine trouve un terreau nourrissant dans la classe sociale qui peut donner aux idées communistes révolutionnaires la force nécessaire pour changer le monde.


 

 
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