23 février 2010
Chers camarades, chers amis,
Le chômage, la précarité, la menace de perdre son emploi, voilà le quotidien partagé par les travailleurs de la région. Je voudrais commencer par dénoncer ces entreprises qui affichent des milliards de bénéfices, ferment des usines et jettent les travailleurs à la rue, à commencer par Philips à Dreux.
Le 13 février, les 212 travailleurs de l’usine Philips ont appris, par un simple courrier recommandé, la fermeture de l’usine, et qu’ils n’avaient pas à se présenter le lundi suivant sur leur lieu de travail. Depuis 2005, c’est la troisième vague de licenciements que subissent les travailleurs de cette usine, qui a vu disparaître en quelques années près de 700 emplois. La direction de Philips ne juge plus rentable de fabriquer des téléviseurs en Europe de l’Ouest, et préfère exploiter une main-d’œuvre moins chère, en Hongrie par exemple. Pour les patrons de cette entreprise largement bénéficiaire, le cynisme n’a visiblement aucune limite : dans la lettre qu’ils ont reçue, des travailleurs se sont vu proposer un soi-disant reclassement en Hongrie, à 450 euros mensuels, pour des postes en 3X8, en ajoutant, comble du mépris, que la pratique du hongrois était exigée. La direction de Philips dit ainsi respecter les dispositions légales sur le reclassement des salariés.
Les propos du ministre de l’Industrie, Estrosi, n’ont fait qu’attiser la colère. Il a déclaré « prendre acte » de la décision de Philips, et s’est félicité de ce que Philips envisageait de créer ultérieurement un « centre d’appels ». Estrosi se moque du monde car il parle d’une promesse déjà faite lors des 278 licenciements de 2008. Les centres d’appel Phone Markenting et Cordon n’ont pas créé 300 emplois, et ceux créés sont des contrats de courte durée, des emplois de vacataires payés à la mission.Très peu sont des emplois en CDI, et à ce jour, les trois quarts des travailleurs licenciés précédemment n’ont pas retrouvé de travail.
On ne peut que partager l’écœurement des salariés face au comportement de Philips et d’Estrosi dont le vrai titre devrait être « ministre des licenciements ». Écœurement et révolte d’autant plus grande que pendant que Philips licenciait, il recevait des aides de toutes parts, de l’État, de l’Europe, du Conseil régional dirigé par la gauche et de du Conseil général dirigé par l’UMP. Philips a tout empoché, et les travailleurs n’en n’ont pas vu la couleur.
Vendredi dernier, le tribunal de Chartres a ordonné la reprise des négociations, la reprise du travail et la suspension des licenciements. On comprend la satisfaction des ouvriers de Philips à l’issue de jugement. Mais le patron de Philips annonce clairement son intention de fermer l’usine. Le combat des travailleurs de Philips n’est pas terminé. Ils sont en colère et décidés à ne pas accepter leur sort avec fatalité. Je suis persuadé que dans leur lutte, ils trouveront le soutien et la solidarité de nombreux travailleurs !
On voit, avec l’exemple de Philips, que les responsables politiques de droite comme de gauche ont la même politique : faire des cadeaux au patronat, abandonner les travailleurs à leur sort. Ils soutiennent que, pour sortir de la crise, il faudrait aider les entreprises et en particulier les PME. Mais, derrière nombre de PME, se cachent des grands groupes, des multinationales, des donneurs d’ordre qui imposent leur loi.
Les grands constructeurs automobiles, comme Renault ou PSA, ont reçu de l’État huit milliards d’aides pour soi-disant éviter les licenciements et les fermetures d’entreprises sous-traitantes.
On peut voir dans la région ce que cela a donné.
Avec ses trois plus grosses usines qui sont des sous-traitants de l’automobile, la région de Montargis, dans le Loiret, subit de plein fouet la politique des patrons visant à faire payer la crise aux travailleurs.
Après avoir licencié pratiquement tous leurs intérimaires, ces entreprises ont soit fermé, soit licencié une partie de leurs travailleurs, soit recouru massivement au chômage partiel.
ThyssenKrupp, qui fabrique des portières de voiture et qui l’an dernier employait encore 600 travailleurs, est en train de fermer définitivement.
À l’usine Faurecia de Nogent-sur-Vernisson, où sont fabriquées des armatures de sièges auto, la fermeture du centre de recherche en 2008 a fait disparaître 130 emplois.
Enfin, chez Hutchinson, principal employeur de l’agglomération montargoise, où sont produits des durites et joints de portière en caoutchouc, le chômage partiel a duré plus de sept mois. Après s’être vu voler leurs congés, les travailleurs ont subi des pertes de salaire pouvant aller de 300 à 400 euros, sur des salaires qui tournent autour de 1300 euros. Et quand, avec la prime à la casse, la production a repris, les travailleurs d’Hutchinson en ont fait les frais d’une autre façon. Les cadences ont explosé, les heures supplémentaires ont été imposées et les samedis travaillés.
A l’entringlage, secteur où le travail dans la chaleur est extrêmement pénible, il faut chaque jour mouler 18 chariots au lieu de 16, soit 200 durites de plus par jour à entringler. Au total, une demi-heure de travail en plus dans la poche du patron.
Hutchinson voudrait des travailleurs corvéables à merci, condamnant les uns à perdre du salaire et les autres à travailler comme des forcenés. Si la production baisse ou fluctue, les travailleurs n’ont pas à en faire les frais. La solution tombe sous le sens, il faut partager le travail entre tous, sans perte de salaire.
Ces licenciements et le chômage partiel ont lieu dans des groupes dont les profits sont colossaux.
A ThyssenKrupp, trois milliards de bénéfices en 2008 et des dividendes en augmentation de 30 %.
En 2008, Hutchinson a versé 120 millions au seul titre des dividendes aux actionnaires de Total, le groupe dont dépend Hutchinson. Et Hutchinson, en plus des aides à la sous-traitance, a aussi touché des aides de l’État de droite, de la région de gauche, du département de droite et de la ville de Tours de gauche dans le cadre du pôle de compétitivité dit Elastopôle. Le montant de ces aides s’élève à cinq millions d’euros.
Voici un mois, le responsable du groupe PCF au conseil régional a protesté vivement dans la presse contre le fait qu’Hutchinson, qui donc a bénéficié d’aides publiques, ose à présent délocaliser des productions en Roumanie et réduire les effectifs de ses entreprises de la région de Tours.
Mais, même en l’absence de délocalisation, aurait-il pour autant été acceptable et normal que la Région vienne arrondir avec l’argent public les profits de Total, via Hutchinson ? Voilà une question qui n’a, semble-t-il, pas effleuré cet élu communiste lorsqu’il a cautionné les aides à Hutchinson.
Le groupe STMicroelectronique a signé depuis 1996 une convention avec l’Université de Tours. Il bénéficie des moyens des laboratoires de recherche publics, au travers d’un pôle de compétitivité financé par la Région. C’est une aubaine pour STMicroelectronique , qui a pu, quasiment à l’œil, mettre au point 300 brevets. Si bien qu’en 2009, le groupe a pu mettre au chômage partiel son service Recherche et Développement ! Pourquoi se priver quand l’argent public coule à flot ?
Le Parti socialiste, à la tête de 20 régions sur 22, prétend que les conseils régionaux de gauche ont servi de « bouclier social ». Mais ils n’ont empêché ni les licenciements, ni les fermetures d’usines, et leur bouclier est plutôt en carton pâte.
La Région apporte aussi son soutien financier à un secteur qui n’en a vraiment pas besoin : la cosmétique.
En région Centre, cela ne s’appelle pas la Silicon Valley, mais la « la Cosmétic Valley ». Dans ce regroupement d’entreprises, on trouve des grands groupes comme L’Oréal, Nina Ricci, JP Gaultier. Guerlain et Christian Dior… appartenant au groupe LVMH, dont le PDG François Arnault est la deuxième fortune de France avec une fortune personnelle qui se monte à 15 milliards d’euros
Ces entreprises représentent 60 % de la cosmétique mondiale avec 10 milliards de chiffre d’affaires, et les Régions Centre et Basse-Normandie n’ont pas hésité à leur faire cadeau de 450 000 euros. Pour les protéger de la contrefaçon, la Région Centre a mis sur la table 250 000 euros pour la mise au point de flaconnages spéciaux. S’il est un reproche que l’on ne peut pas faire aux élus régionaux, c’est de manquer d’imagination pour trouver des justifications aux aides qu’ils votent pour le patronat !
A Saint-Doulchard, dans le Cher, la menuiserie industrielle Fermoba, qui était sous administration judiciaire depuis quelques mois, vient d’être vendue pour une bouchée de pain au groupe Verdoso, qui fait partie de ces groupes qui sont spécialisés dans la reprise d’entreprises en difficultés, ce qui a valu au repreneur d’être baptisé « Tapie 2 » par les ouvriers. Verdoso a racheté l’usine pour 300 000 euros, alors que le stock dans l’usine avait une valeur d’environ 700 000 euros et que l’ensemble de l’usine était estimé à 8 millions d’euros. D’emblée, 90 travailleurs sur 216 ont été licenciés !
Un ouvrier licencié, père de trois enfants, se demandait comment il allait pouvoir élever ses enfants, alors qu’après 30 ans dans cette entreprise, il se retrouve à la rue avec 2000 euros d’indemnités. Et rien de plus, car ni le repreneur, ni les pouvoirs publics, ni l’administrateur judiciaire n’ont voulu débloquer d’argent pour les licenciés.
N’est-ce pas révoltant lorsqu’on sait que le groupe Arbel, auquel cette usine appartenait, a empoché, directement ou indirectement, entre 2004 et 2009, 65 millions d’euros d’aides publiques ?
Pour les grands groupes, tous les prétextes sont bons pour licencier : chez Arbel, c’était les difficultés financières. Chez l’équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent, qui supprime une nouvelle fois plus de 1000 emplois dont 30 à Ormes, c’est la concurrence chinoise.
Mais qui fait fabriquer aujourd’hui sa production en Chine ? Qui fait réparer en Roumanie ? Qui a décidé de délocaliser sa recherche en Inde pour profiter de travailleurs sous-payés ?
C’est bien le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent. La concurrence chinoise a bon dos. Les responsables et ceux qui en tirent profit ne sont pas en Chine, on les a ici, sous la main, il faudra bien qu’on leur demande des comptes !
L’industrie pharmaceutique est un secteur qui ne connaît pas la crise. Les groupes pharmaceutiques n’hésitent pas à jeter des milliards sur la table pour se racheter les uns les autres. Les géants comme Pfizer, Sanofi ou Merck se débarrassent des sites des productions où les brevets arrivent à expiration en les cédant à des façonniers.
Dans la région, et particulièrement le Loiret où l’industrie pharmaceutique emploie des milliers de travailleurs, on sait d’où vient la prospérité des laboratoires.
Famar, façonnier de l’industrie pharmaceutique, qui possédait déjà une usine à Orléans, a racheté en juillet dernier au géant Johnson & Johnson, l’usine McNeil d’Orléans-La Source. D’ici 2013, il est prévu d’augmenter la production de 50 %.
Cela va-t-il se traduire par des embauches ? Evidemment, non. Ce qui est prévu, c’est qu’une des deux usines ferme et que le regroupement dans l’usine de La Source se fasse, mais avec 170 licenciements à la clé, soit près du quart des effectifs totaux.
Avant même cette saignée dans les effectifs, la direction voulait imposer une augmentation de la productivité. A l’usine de La Source, aux pesées, les charges auraient atteint six fois ce qu’elles étaient précédemment, soit plusieurs tonnes soulevées chaque jour dans de mauvaises conditions. Mais le patron a dû reculer car cette réorganisation s’est heurtée à un refus général des travailleurs.
A l’usine Famar d’Orléans, ce sont les augmentations de salaire minables que refusent les travailleurs. Le patron leur sert que l’entreprise n’est plus que sous-traitante de grands groupes pharmaceutiques, qui fixent les prix, qu’il faut faire face à la concurrence et autres balivernes, pour ne proposer que des augmentations dérisoires. Mais les travailleurs de Famar Orléans ne s’en sont pas laissé compter et, encouragés par la grève d’une semaine des ouvriers de Famar à Lyon, ils ont débrayé pour demander 100 euros d’augmentation. Ce groupe florissant en a largement les moyens.
Sanofi-Aventis, comme les autres groupes pharmaceutiques, a explosé ses profits pour atteindre le chiffre record de 8,5 milliards de bénéfice réalisé en 2009. Cela n’empêche pas ce groupe, qui a notamment profité du pactole des vaccins contre la grippe H1N1, de continuer à supprimer des emplois. Dans les deux ans à venir, 3000 emplois devraient disparaître. Sanofi a annoncé récemment, à grand renfort d’articles de presse et de déclarations d’élus, la création de 60 emplois sur son site d’Amilly, près de Montargis. Il ne manque pas de culot car il s’agit en fait d’une re-localisation d’emplois supprimés en Espagne et dans d’autres sites en France. Dans un groupe comme Sanofi, qui affiche tant de profits, les licenciements devraient être tout simplement interdits !
Non seulement, les capitalistes sèment la désolation en ruinant des régions entières par les licenciements, mais ils polluent et se lavent les mains des dégâts qu’ils engendrent.
Vous avez tous en mémoire la manière dont Total s’est comporté sur le site AZF à Toulouse ou bien lors de la catastrophe de l’Erika.
Ici, à Fleury-les-Aubrais, il y avait une usine AZF « Grande Paroisse », comme à Toulouse, qui produisait des engrais. Après sa fermeture, Total a déconstruit, mais n’a pas dépollué, ni en surface, ni en sous-sol. Les analyses des experts de la DRIRE, révèlent que les sols sont très pollués. Il y a encore aujourd’hui des hydrocarbures jusque dans la nappe souterraine, ainsi que de l’ammonium, des phosphates, des nitrates, et même de l’arsenic dans le sol.
Le directeur régional de la DRIRE parle de risques pour de petits enfants qui joueraient sur ce terrain. Ce qui a été le cas puisque des enfants du voyage ont stationné sur ce site, faute de place sur les aires de stationnement légales. Total peut impunément polluer, semer ses saletés, son poison, sans qu’il ait de comptes à rendre aux riverains, à la population vivant sur la zone polluée. Il n’y a aucune raison que Total échappe à ses responsabilités et que ce soit avec de l’argent public qu’il faille dépolluer ce site.
Alors, les responsables politiques de tous bords peuvent toujours en avoir plein la bouche de slogans comme « les pollueurs doivent être les payeurs », la pollution continuera tant qu’on ne remettra pas en cause le pouvoir de ces grands groupes sur l’économie !
Il y en a assez du pillage des caisses publiques, que ce soit celles de l’État ou de la Région pour engraisser ces grands groupes.
On nous oppose parfois que, malgré tout, les aides aux entreprises ont permis de créer des emplois. Mais quels emplois ?
A Châteauroux, dans l’Indre, département qui a vu des milliers d’emplois supprimés avec la disparition de la confection, vingt millions d’euros ont été investis par l’État, l’Union européenne, le Conseil régional, pour la reconversion du centre Colbert où s’est implanté le centre d’appels Armatis.
Au Conseil régional, dirigé alors par le socialiste Michel Sapin, ex-ministre du budget, responsables de droite et de gauche ont, dans une sorte d’ « union sacrée », annoncé l’installation d’Armatis, à grands coups de subventions. Le patron dit qu’en s’installant dans des régions à fort chômage, les bas salaires et les subventions font baisser le coût de la main-d’œuvre. Selon lui, c’est aussi intéressant de produire dans l’Indre que dans les pays à bas salaires.
Armatis a éprouvé cette méthode à Calais, sur l’ancien site de Lu-Danone, et à Nevers, sur un site Philips. A Châteauroux, Armatis a touché 8000 euros par emploi. Les clients d’Armatis s’appellent France Télécom, Gaz de France, EDF, Canal+ ou Télé 2. Le PDG du groupe, Denis Akriche, s’est efforcé lors d’une conférence de presse de redorer l’image de son centre d’appels. Il se vante d’offrir des conditions de travail, selon lui, tout à fait acceptables : il recrute des jeunes qualifiés avec au moins bac+2, qu’il paye à peine plus que le SMIC !
Au lieu de servir à augmenter encore les dividendes des actionnaires, l’argent public doit aller aux services publics, à l’éducation, la santé, les transports… qui sont dépouillés et laissés à l’abandon.
La Région se vante des efforts faits pour l’amélioration des lignes régionales de la SNCF et du confort des TER. Mais est-ce que cela change vraiment la situation des cheminots et des usagers ?
La SNCF s’est engagée dans une politique de rentabilisation, avec la destruction de milliers d’emplois chaque année. Les brigades de cheminots qui travaillent sur la voie ont perdu la moitié de leurs effectifs, et l’entretien du réseau s’est dégradé ainsi que la vie des cheminots qui doivent se déplacer sur des secteurs importants, les obligeant à être flexibles, mobiles, et à vivre une partie de leur vie dans des bungalows, le long des voies.
Ces attaques, ces restructurations, ne passent pas. Une centaine d’emplois sont supprimés dans les gares d’Orléans-les-Aubrais et Vierzon–Bourges, entraînant un fonctionnement de plus en plus chaotique. L’insuffisance des effectifs est telle que ce sont souvent les usagers eux-mêmes, grâce aux téléphones portables, qui informent les cheminots que les trains qu’ils attendent sont en retard ! Les quelques centimètres de neige cet hiver ont conduit à des retards considérables.
Aussi les cheminots en ont-ils par dessus la tête de toutes ces attaques, et ils ont tenu à l’exprimer lors de débrayages qui ont duré plusieurs mois à la fin de l’année dernière !
Quant aux usagers qui prennent quotidiennement les trains, ils sont confrontés au manque de personnel pour les renseigner dans les gares, les aider sur les quais et aux guichets. Nombre de gares ont fermé, remplacées par un simple distributeur automatique de billets, comme c’est le cas à Briare.
Réseau ferré de France, qui gère les voies de chemin de fer, veut fermer, d’ici la fin de l’année, la ligne entre Sully-sur-Loire et Aubigny. Faute d’entretien, la ligne est dans un sale état et RFF prétexte le manque d’argent pour la rénover. Cette ligne est très utile pour approvisionner le dépôt Butagaz qui sert à distribuer butane et propane dans tout le centre de la France. Actuellement, deux trains de douze wagons de 60.000 tonnes de gaz dangereux sont acheminés chaque semaine par train. Si la ligne ferme, ce seront bientôt trente camions qui feront la navette entre Le Havre et Aubigny !
La Région, dirigée par la gauche, se targue d’avoir mis le développement durable et l’écologie au cœur de son action, mais on voit qu’elle est impuissante face au choix de RFF. Quant à Novelli, il est membre d’un gouvernement qui a organisé le « Grenelle de l’environnement » où il s’était engagé à remettre les camions sur les rails. On voit comme ils sont engagés par leurs promesses… La logique du profit l’emporte sur la sécurité des populations et l’environnement. Et les politiciens sont à plat ventre devant ces intérêts.
A La Poste aussi, les réorganisations et les privatisations ont aggravé et le service rendu au public et les conditions de travail des postiers.
Les employés des chèques postaux et des bureaux de poste devraient en un temps minimum placer de plus en plus de produits financiers, assurances, cartes bancaires, sicav, auprès d’une clientèle populaire qui, bien souvent, le 10 ou 15 du mois, n’a même plus de ressources.
Ces réorganisations incessantes avec les suppressions de postes qui l’accompagnent ne se font pas sans résistance de la part du personnel. Comme à Vierzon, où fin janvier, les facteurs ont fait cinq jours de grève pour protester contre l’allongement des tournées et du temps de tri. Malgré les menaces de sanction, les facteurs n’ont pas lâché. La direction a dû lâcher l’embauche de trois CDI supplémentaires, elle s’est engagée à des compensations pour dépassements d’horaires et un report de la surcharge de travail. Comme quoi, les coups de colère, c’est toujours salutaire !
Aux services financiers de La Poste, la surcharge de travail engendre un stress permanent. Ce qui a révolté le personnel, c’est qu’au lieu d’embaucher du personnel pour les soulager, la direction n’a pas hésité à faire appel à un cabinet privé, pour recruter des cadres chargés de faire de l’écoute pour les déstresser. Les employées ont pu constater qu’ils ne servaient absolument à rien, à part enrichir un cabinet privé.
Dans la région et particulièrement les départements ruraux, comme l’Indre, des centaines de bureaux de poste ont été fermés et remplacés par des Agences postales communales dans les mairies, ou par des points Poste chez des commerçants. La Poste ferme les bureaux qu’elle juge peu rentables, elle peut ainsi supprimer du personnel et se décharger en partie sur des employés communaux. Selon la direction, les points Poste seraient un progrès car les commerçants restent ouverts plus longtemps, mais dans la pratique une grande partie des services rendus autrefois a disparu. Dans les communes rurales isolées, c’est souvent une catastrophe pour les personnes âgées et tous ceux qui, faute de moyen de transport, ne peuvent pas se déplacer.
Il n’ y a pas que la fermeture des bureaux de poste qui transforme de nombreuses communes en désert. La nouvelle carte judiciaire a débouché sur la fermeture de nombreux tribunaux. Le tribunal des prud’hommes de Vierzon a fermé. C’est une attaque de plus contre les classes populaires. Vierzon est, dans la région, la ville la plus pauvre et la plus touchée par le chômage. Se défendre sera plus compliqué, plus long et plus coûteux.
La région se vante d’avoir fait beaucoup pour les lycées. Sans doute, les murs sont plus beaux, les salles de classes sont équipées de matériel informatique plus moderne. Mais les classes restent surchargées, et les conditions d’enseignement dégradées.
Dans le lycée professionnel où je travaille, au lycée Paul Gauguin à Orléans-La-Source, comme dans de nombreux établissements, les moyens en personnel sont insuffisants. A la rentrée, une conseillère d’éducation à temps partiel était chargée de suivre 700 élèves, alors qu’il faudrait être au minimum deux à temps complet.
Les problèmes, agressions d’élèves, de professeurs, se sont multipliés. Nous avons, à plusieurs reprises, exercé notre droit de retrait, alerté le rectorat et demandé une audience. Mais il est resté sourd à notre demande. Les lettres, les mails et les coups de fils se suffisant pas, enseignants, surveillants, élèves, nous sommes tous allés crier notre colère devant les grilles du rectorat qui se sont fermées à notre arrivée. Mais elles n’ont pas résisté. Le recteur lui même a été obligé de nous recevoir. Sortir du rectorat fut plus difficile que d’y entrer, un cordon de CRS nous attendait. Pendant qu’il essayait de nous amadouer, le recteur portait plainte contre une enseignante (taillée comme moi) pour coups et blessures envers un vigile (taillé comme un vigile) et destruction de matériel. Le recteur, comme le gouvernement, est plus prompt à s’en prendre aux enseignants pour essayer de les intimider, qu’à leur donner les moyens d’enseigner dans de bonnes conditions !
La rentrée prochaine risque d’être encore plus difficile car de nouvelles suppressions de postes sont programmées.
Le 12 mars, les syndicats d’enseignants appellent à une journée de grève pour protester contre toutes ces attaques. Enseignants, élèves et parents d’élèves, j’espère que nous serons nombreux à être dans la rue ce jour là pour leur dire que ça suffit !
Il y en a assez de voir les services publics utiles à la population se dégrader. Il faut cesser immédiatement toutes les subventions aux entreprises de quelque manière que ce soit. L’argent public versé aux entreprises doit servir à embaucher du personnel dans l’éducation, les hôpitaux, la Poste, dans les transports en commun. L’argent public doit servir à construire de toute urgence, des centaines de milliers de logements – ce qui permettrait non seulement d’augmenter l’offre mais de créer des emplois utiles.
Toute la presse répète que l’enjeu des régionales est de savoir qui, de Novelli ou de François Bonneau, se retrouvera à la direction de la Région. Novelli, ministre de Sarkozy, cherche à ravir la place occupée actuellement par le socialiste François Bonneau.
Les socialistes, on a vu leur politique à la Région, on n’a rien à attendre d’eux. Non seulement ils ont été impuissants à s’opposer aux coups portés par le patronat mais, en plus, ils l’ont aidé.
Quant à Novelli, il cherche son électorat parmi la petite bourgeoisie, parmi les patrons, et les travailleurs n’ont aucune raison de voter pour lui.
Les élections vont permettre à tous ces politiciens de progresser dans leur carrière et de se partager des places.
Alors, le seul vote qui peut avoir une utilité est celui pour la liste Lutte ouvrière que je conduirai dans la Région Centre. Notre liste est composée de femmes et d’hommes qui appartiennent au monde du travail, actifs, au chômage ou en retraite. Il y a parmi nous des ouvriers et des techniciens de l’industrie, des employés de commerce, du ménage, des aides à domicile, des salariés des hôpitaux, de La Poste, des cheminots, des enseignants.
Quand nos candidats parlent de la situation des classes populaires, ils parlent en connaissance de cause, car toutes et tous, nous sommes confrontés au chômage, aux menaces de licenciements, aux suppressions de postes et à la baisse du pouvoir d’achat.
Voter pour notre liste est seul moyen de crier notre colère, notre révolte, contre ces capitalistes qui veulent nous faire payer une crise dont eux seuls sont responsables !
Voter pour notre liste, c’est affirmer la conviction que les travailleurs ont la force d’inverser le cours des choses, de ne plus subir. Face à des millions de travailleurs déterminés, les patrons, les banquiers, les industriels et les hommes à leur botte, n’auront pas d’autre choix que de céder.
Pour le moment, c’est le patronat qui, avec morgue et cynisme, tient le haut du pavé et multiplie les attaques contre les classes populaires. Mais nous avons la conviction que des luttes amples, profondes se produiront.
Ces luttes devront se donner des objectifs qui remettent en cause la dictature des grands groupes, en leur imposant l’interdiction des licenciements, et en expropriant les banques qui nous étranglent !
Alors, votez et faites voter pour liste Lutte Ouvrière, pour que s’expriment dans le pays, tous ceux du monde du travail qui ne se résignent pas.
-