Chers camarades et amis.
Je tiens tout d’abord à remercier tous nos amis et camarades qui ont constitué avec nous la liste « Lutte Ouvrière » pour les élections régionales en Aquitaine. Notre liste est composée de travailleurs du secteur privé, d’ouvriers d’usine, d’employés de bureau, d’ingénieurs et de techniciens, d’étudiants et de retraités. Elle est aussi composée de travailleurs, du secteur public, de La Poste, de l’enseignement, et de différentes administrations. C’est une liste issue du monde du travail, représentative de ce que nous sommes, et dont nous sommes fiers. Et c’est aux travailleurs en activité ou pas, aux chômeurs en fin de droit ou pas, aux jeunes ouvriers, diplômés ou pas, aux retraités, aux travailleurs handicapés, que nous voulons nous adresser en priorité. Car ce sont les nôtres. Et nous en avons plus qu’assez que patronat et gouvernement s’entendent comme larrons en foire pour nous faire payer leur crise en poussant une partie des classes populaires vers la misère.
Et quand je parle de misère je n’exagère pas. Rien qu’à Bordeaux, le nombre de bénéficiaires de la Banque Alimentaire est passé en 18 mois de 20 000 personnes à près de 30 000. 50% en plus ! Les responsables de l’institution sont débordés : pas assez d’argent, pas assez de locaux et des bénévoles fatigués, « écrasés par l’afflux des gens en précarité » ont-ils dit. Dans la région, depuis un an, des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi, ont été licenciés. Les intérimaires ont été renvoyés des usines, des dizaines de milliers de familles ont été poussées ainsi dans la précarité et un nombre croissant ne peut plus compter que sur ce genre d’institutions pour se nourrir.
C’est cela aussi la crise de leur système capitaliste. Et pourquoi serait-ce à nous de la payer ? Au nom de quelle fatalité ? Si le grand patronat aidé par le gouvernement veut nous faire payer chèrement leur crise , c’est pour sauver leurs profits. Mais d’où viennent-ils ces profits, sinon du travail de tous. Les capitalistes nous les ont extorqués en nous exploitant, et maintenant ils veulent les maintenir en nous écrasant, en nous déclarant la guerre, une guerre qui vise encore à appauvrir la classe ouvrière.
Et les dirigeants de l’économie profitent de la situation. Beaucoup parmi les travailleurs et les chômeurs sont écœurés par la situation qui leur est faite. Beaucoup sont démoralisés par les coups qu’ils reçoivent, sans perspectives, résignés. A ceux-là, nous voulons montrer que tous ne se résignent pas, à commencer par les militants de Lutte Ouvrière. Nous voulons que ceux qui ne se résignent pas se comptent et le disent. Nous voulons que ceux qui pensent que le monde du travail a toujours les moyens, les siens propres, de changer les choses le disent. Nous voulons dans cette élection montrer qu’il existe un courant, une fraction du monde du travail qui est en colère contre les patrons, les banquiers, contre les responsables de cette situation et qui pense que l’avenir est aux travailleurs, pas aux capitalistes, et qui pense que les travailleurs peuvent, par une explosion sociale, d’en bas, changer les choses !
Les nôtres, ce sont les travailleurs de Dassault , comme ceux travailleurs de la sous-traitance de ce trust, qui se sont fait licenciés ou poussés à la porte ces derniers mois. Tout cela parce que Dassault, pour assurer ses profits, a décidé de rapatrier la sous-traitance en interne. Ainsi à Dassault Mérignac, le sous-traitant Labinal, après avoir renvoyé les 130 travailleurs intérimaires qu’il avait placé chez Dassault, a muté arbitrairement dans d’autres unités du groupe le tiers des travailleurs employés sur le site, tout en licenciant 9 d’entre eux. Et comme il n’y a pas de petits profits, la direction de Labinal a ainsi fait l’économie d’un plan social.
Certains ont résisté, et ils ont eu raison. Car pendant que les salariés sont licenciés, les actionnaires, de Labinal comme de Dassault profitent : les actionnaires de Labinal ont touché 20 millions d’euros de dividendes en 2008. Ceux de Dassault encore plus, puisque le résultat net sur le seul premier semestre 2009 s’était établi à 118 millions d’euros.
Avant ceux de Labinal, il y avait eu les 75 travailleurs de 3A en sous-traitance à Dassault Mérignac et Martignas, licenciés ou mutés de force à Toulouse. Quant aux travailleurs de Dassault, ils payent également cette politique : la charge de travail de centaines de sous-traitants licenciés est reportée sur eux. Et pendant que sur le site d’Anglet, on leur impose du chômage partiel avec des baisses de salaires, ceux de la région parisienne sont obligés de travailler comme des fous pour tenir les cadences.
A Dassault Mérignac, les travailleurs, il y a deux semaines, ont fait grève pour les salaires. Et même s’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils demandaient, ils ont eu raison ! Car c’est important d’affirmer qu’on n’est pas dupes, qu’on n’est pas d’accord et qu’on se fera respecter. Car il n’est pas question d’accepter une dégradation de nos conditions d’existence, le blocage de nos salaires pour que les actionnaires puissent maintenir ou accroître leurs profits ! Il faudra au contraire prendre sur les profits non seulement pour les salaires, mais aussi pour imposer le partage du travail entre tous, sans diminution des salaires et maintenir les emplois des travailleurs de Dassault, en sous-traitance ou pas !
Les nôtres ce sont les travailleurs de First, anciennement Ford à Blanquefort, notamment ceux qui ont fait grève ces jours-ci parce qu’ils n’ont pas confiance, à juste titre, dans la nouvelle direction de l’usine.
Il y a un an, la direction de Ford avait donné l’usine à cette entreprise inconnue, HZ Holding, avec 175 millions d’euros pour la faire tourner pendant au moins quelques mois. Ce répit, c’est le résultat de la mobilisation des salariés de l’usine, qui s’étaient battus contre la fermeture, obligeant Ford à revoir ses plans. Mais pour Ford, le repreneur, ce n’est qu’un moyen de se débarrasser du problème trop encombrant que représentaient les salariés mobilisés. C’est une manière de sous-traiter les licenciements. Et si Ford dit passer des commandes de boîtes à vitesse jusqu’en 2011, ce n’est pas la vague promesse de 10 ou 20 000 boîtes à vitesse pour la Chine qui peut rassurer les salariés quant à la charge de travail pour la suite. Et bien ce devrait être à Ford de payer pour assurer un avenir aux 1600 ouvriers, en prenant sur les 3 milliards de dollars de profits qu’ils viennent d’annoncer.
Lors de la reprise de l’usine, HZ Holding avait multiplié les promesses creuses pour obtenir en plus des 175 millions d’euros de Ford, 30 millions d’euros de subventions des collectivités locales, en particulier de la Région. Des subventions, dont il est certain qu’elles seront reconverties en profits privés. Les travailleurs de Ford qui ont fait grève la semaine dernière, ont eu raison, car on ne peut vraiment pas leur faire confiance. Personne ne sait qui est derrière HZ Holding, pas même la région qui a pourtant financé l’entreprise en la subventionnant. Devant l’opacité du repreneur, l’absence évidente de perspectives, la région et les politiciens locaux en sont réduits à mettre en place un comité de suivi local qui n’a aucun pouvoir sauf de constater que rien de ce qui était promis ne s’est réalisé. Les politiciens locaux, Rousset, Juppé en sont réduits à aller voir les banquiers pour leur demander de bien vouloir prêter l’argent nécessaire au démarrage d’un projet éolien. Ils brassent du vent ! Ils ne font que démontrer leur impuissance face à la dictature des banques et des actionnaires. Mais au lieu de la dénoncer, ils la couvrent de leurs mensonges, car ce qu’ils craignent plus que tout, c’est la colère de travailleurs. Et bien au contraire, il faut dire la vérité ! La vérité, c’est que seuls les travailleurs, en colère, regroupés dans une lutte d’ensemble, déterminés, pourront faire reculer le patronat, lui imposer, en menaçant de tout lui prendre, de garantir les salaires et l’avenir des ouvriers. Cette lutte ne devra pas, ne pourra pas se limiter à Ford ou à Dassault, mais elle devra être une véritable explosion sociale mettant en marche les millions de salariés, de chômeurs de ce pays pour imposer l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous, en prenant sur les profits passés ou présents, et pour imposer le contrôle, le contrôle populaire sur les entreprises, seul moyen qu’on ait pour les empêcher de nous nuire.
Le partage du travail, sans pertes de salaires, c’est ce qu’il faudrait à Marbot Bata, à Neuvic en Dordogne. Le trust de la chaussure, sous prétexte qu’il a perdu la commande de l’Etat français en chaussures militaires a décidé de fermer cette usine et de licencier les 73 travailleurs qui restent encore et qui se battent toujours pour sauver leur avenir. Marbot Bata a peut-être perdu la commande, mais la famille Bata à sa tête n’a pas elle perdu ni ses profits, ni sa fortune.
Bata, numéro un mondial de la chaussure, qui emploie à ce jour 40 000 travailleurs et possède 5 000 magasins, sans compter de nombreuses autres marques, n’en est pas à son coup d’essai. L’usine de Neuvic a regroupé dans les années 70 jusqu’à 2000 travailleurs. En Lorraine, Bata a licencié plus de 850 travailleurs début 2002, tout de suite pour la majorité d’entre eux, trois ans plus tard pour 250 autres, après la comédie d’un repreneur, là aussi, payé par Bata pour amortir le choc des licenciements. La fermeture avait été préparée des années à l’avance, fabriquée, organisée pour que cela coûte le moins cher possible au groupe, qui avait fait appel à un cabinet spécialisé pour organiser le massacre des emplois.
Le fils Bata, qui dirige maintenant le groupe, vit dans le canton de Vaud en Suisse, à la tête d’une fortune estimée à 2,2 milliards d’euros. Les hommes passent, la fortune de la bourgeoisie demeure. Et bien sur cette fortune, il y a de quoi prendre pour partager le travail entre de nombreux salariés, et sans diminuer les salaires.
L’ouverture des livres de comptes, la levée du secret bancaire et industriel, permettrait au monde du travail de voir qu’en fait, la crise, le patronat nous la fait payer pour sauver ses profits. Et bien il n’y pas de raison qu’on paye pour qu’une poignée de spéculateurs, d’exploiteurs puissent continuer à s’enrichir sur notre dos, sur le recul de nos conditions d’existence !
Les nôtres, ce sont les travailleurs des services publics. Comme ceux de La Poste qui sont en butte à la privatisation, au démantèlement des services, à la régression des conditions de travail.
Au centre de tri, avec la nouvelle plate-forme industrielle de tri du courrier, la direction de La Poste aura supprimé au total 500 emplois, en regroupant le tri du courrier des différents départements de la région à Cestas. Et elle s’est attaqué aux conditions de travail de ceux qui restent. Elle a divisé les temps de pause par deux, imposé des cycles de travail en net recul sur ce qui se passait jusque là à La Poste. Les travailleurs du centre de tri ont fait plusieurs fois grève contre ces mauvais coups. Ils ont bien sûr raison et ils ont tout notre soutien !
Ce qui se passe au centre de tri, c’est la rentabilisation d’un service public sur le dos des travailleurs et sur le dos des usagers. Moins d’emplois, moins de services et des conditions de travail moins bonnes. L’Etat privatise ce qui peut rapporter du profit. Et pour le monde du travail, les usagers, les travailleurs des services publics, c’est la portion de plus en plus congrue. Tout cela a un sens : comment financer les cadeaux aux banquiers et au patronat, si ce n’est en faisant des économies sur les services publics, en s’attaquant à ce qui aide les classes populaires, en dégradant les conditions de travail à La Poste, dans les hôpitaux, ou encore dans l’enseignement ? L’Etat se charge de faire payer les profits de la bourgeoisie aux classes populaires !
Aux chèques postaux, la nouvelle banque postale, il en va de même. A Bordeaux, mais comme dans tous les CRSF du pays, ce sont des dizaines de suppressions d’emplois chaque année, des réorganisations permanentes, la pression sur les employés. Avec pour la direction de La Poste, une idée derrière la tête, préparer la vente de cette nouvelle entreprise au statut privé à des actionnaires, en les appâtant avec les centaines de millions de profits qu’ils réaliseront sur le dos des personnels et des usagers.
Chez les cheminots, la direction SNCF ne cesse de réorganiser, de restructurer, de regrouper des secteurs pour en supprimer d’autres. Derrière l’argument de la concurrence ouverte et généralisée avec d’autres entreprises ferroviaires utilisant le réseau ferré, l’objectif numéro un c’est là aussi la rentabilité. Au total, ce sont depuis 2002, 21500 emplois qui ont été supprimés, « l’équivalent de 30 usines Molex et de 8 usines Continental » disent les syndicats. Et cela va continuer : fermeture des triages, dont celui d’Hourcade, suppressions d’emplois dans les ateliers de Chamiers, près de Périgueux, au fret à Bayonne et à Hendaye.
Alors qu’on soit salarié du privé, du public, chômeur ou retraité, notre situation est de moins en moins supportable, de moins en moins acceptable. Il n’est pas admissible que des milliers de salariés soient privés de leur emploi. Il n’est pas acceptable que ceux qui ont un emploi aient des conditions de travail de plus en plus difficiles et des salaires qui n’augmentent pas. Il n’est pas acceptable que l’Etat supprime par dizaines de milliers les emplois dans les services publics.
Le gouvernement a mis des milliards d’euros au service des banquiers, des industriels pour sauver leurs profits, mais rien pour sauver les emplois ou en créer.
Cette crise vient d’un système au service des possédants. Et bien oui, nous, les travailleurs, nous ne voulons pas payer pour leur crise ! Et nous devons le dire ! Et nous demandons aux travailleurs de le dire avec nous. C’est le mieux que nous ayons à faire dans ces élections : crier sa révolte contre cette organisation sociale qui laisse crever la seule classe productive, utile à la société, alors que le grand patronat, les actionnaires, les banquiers en profitent pour s’enrichir encore plus.
Alors non, il n’y a pas de fatalité. Mais on ne doit pas, on ne peut pas compter sur les conseillers régionaux, sur les députés, ni même sur les ministres pour s’en sortir. Ceux là ne protègeront jamais les travailleurs contre les agissements des capitalistes. Il n’est pas besoin de rappeler que Darcos, le candidat pour l’UMP, est un ministre de Sarkozy, aux ordres, comme son patron, des Bouygues, Bolloré ou Dassault. Son seul programme, c’est de dire que Rousset n’en a pas fait assez sur la LGV. Pour donner de l’argent aux bétonneurs et aux banquiers qui vont être les premiers bénéficiaires de la construction de cette LGV, Darcos, au service du patronat, fait de la surenchère. C’est normal.
Mais Rousset, le président sortant du conseil régional, PS, n’en est pas loin sur ce terrain. Rousset a passé une bonne partie de sa carrière chez Elf Aquitaine, non pas comme petit cadre d’un service quelconque, mais à la direction du groupe, avant qu’il soit absorbé par Total. C’est sans doute cette carrière qui exprime sa proximité avec le patronat local. Car la région, comme toutes les autres, est au petit soin pour les entreprises. La région verse ainsi chaque année près de 50 millions d’euros de subventions directes aux entreprises. Et devant la multiplicité des formes de subventions possibles, le conseil régional a dû, pour aider le patronat à s’y retrouver, développer un site Internet dédié uniquement à cela. Sur ce site, il y a plus de 40 possibilités de subventions. Un patron peut toucher pour la création d’entreprises, pour des projets qualifiés d’innovants, pour l’aide à l’investissement matériel, l’aide à la création de poste d’encadrement, ou encore l’ingénierie financière, c’est à dire le don pur et simple !
Les présidents de région justifient cette manne au nom de l’emploi. Mais prenez Couach à Arcachon par exemple. En 2007, la région Aquitaine et le département de la Gironde ont subventionné cette entreprise, qui fabrique des yachts, pour lui payer à hauteur de 9 millions d’euros une nouvelle cale pour des bateaux de plus grand format. Le tout bien sûr, avec la promesse de 150 emplois. Deux ans plus tard, la cale avait pris l’eau sans voir un bateau, les emplois n’ont bien sûr pas vu le jour et le patron, Didier Cazeaux, a mis la société en faillite, la laissant avec les dettes à un repreneur.
Didier Cazeaux n’en a pas pour autant perdu sa fortune, ni son Falcon pour ses allers et venues entre sa résidence suisse, où il échappe à l’impôt, et ses autres entreprises en Aquitaine. La région a financé cet « entrepreneur » sur le budget public, tout en sachant pertinemment que ce margoulin évite d’y cotiser.
Et puis vous savez, il y a les pôles des compétitivités. Les pôles de compétitivité, ce sont des regroupements d’entreprise, autour d’un thème, l’aéronautique, le bois, l’optique, et la chimie pour la région Aquitaine. Les entreprises associées à ces pôles reçoivent des subventions directes pour des projets censés être d’avant garde, innovants.
Chaque année, ce sont des dizaines de millions d’euros qui vont grossir les caisses du patronat local. La région donne. Les fonds européens donnent aussi. Plus de 390 millions d’euros sont distribuées par ces fonds européens, les FEDER, aux entreprises d’aquitaine. A chaque fois que le FEDER verse, la région en rajoute. Et sur une partie des fonds FEDER, le conseil régional d’Aquitaine est très fier d’avoir obtenu le pouvoir de décision sur 175 millions d’euros sur la période qui va de 2007 à 2013. C’est pour le patronat une véritable manne. C’est ainsi que les Thales, les Safran, les Sanofi, la plupart des grandes entreprises touchent des millions, des dizaines de millions.
Voilà l’enjeu des élections régionales : quel politicien va signer les chèques au patronat local et obtenir sa reconnaissance sociale ?
Un petit exemple de subvention pour une petite entreprise : une société, Beatex Prod, à Oloron Sainte Marie produit des bérets, des chapeaux, des gants et des écharpes qui sont vendus sous de grands noms comme Agnès B ou Sonia Rykiel. Cette société n’a pas investi pendant les 5 dernières années. Et bien la région, pour l’aider à « innover » lui a fait un chèque de 63 000 euros au titre de la recherche et développement… de sa ligne de chapeaux ! Derrière le prétexte recherche et développement, c’est la région qui investit à la place des capitalistes ! Mais les profits eux, sont toujours privés.
Ce qui est à la mode aujourd’hui, c’est l’écologie. Et bien la région a inventé une nouvelle gamme de subventions, les éco subventions. Etre écolo, c’est un business et ça rapporte. Par exemple, une entreprise du Lot et Garonne, a eu le bon sens d’intégrer dans sa nouvelle unité de production de contreplaqués une centrale photovoltaïque et une chaudière biomasse. Et bien à ce titre, parce que cette entreprise joue à l’écologie, la région et l’Europe lui ont donné 2 millions d’euros.
En matière de subventions, il y a ce qu’on voit, et il y a ce qu’on ne voit pas immédiatement. A côté des subventions directes, ce sont des dizaines de millions de subventions indirectes qui sont versées au patronat pour la formation professionnelle, pour le développement du tourisme, de l’agriculture, pour la recherche. Par exemple le vin. Le bordelais est riche. Les grandes familles bourgeoises du pays ont toutes dans leurs propriétés un château. Ca fait classe. Bouygues en a même deux. La famille Arnault a le plus célèbre et probablement le plus rentable, Yquem. Dassault s’en est payé un aussi. Et à côté de ces grands bourgeois, il y a ceux un peu moins riches, mais qui n’en possèdent pas moins des surfaces considérables. Et bien, plutôt que de mettre à contribution ces riches, la région a payé à la filière un Institut des Sciences de la Vigne et du Vin pour un montant de 29 millions d’euros, dans le but avoué de mettre la recherche au service de la filière pour « développer les marchés, améliorer la valeur ajoutée en améliorant la productivité », disent-ils eux même. 29 millions pour Bouygues, Dassault ou Arnault, ce n’est rien. Mais c’est quand même à la région de payer et elle ne s’est pas fait prier !
Alors non, les subventions directes ou indirectes au patronat, il faut les arrêter de suite. Que l’Etat, les régions, les départements consacrent cet argent à créer des emplois dans les services publics, à embaucher directement pour construire les centaines de milliers de logements qui manquent !
Rousset est donc aux petits soins pour les patrons. Mais pour les travailleurs, il n’a pas les mêmes préventions. Ainsi, les travailleurs de Creuzet à Marmande, qui depuis décembre ont fait plusieurs journées d’actions, de grèves et de manifestations pour protester contre le blocage de leurs salaires, alors que les comptes de leur patron sont au beau fixe ont rencontré le président de région PS pour avoir un soutien au moins verbal. Au lieu de cela, ils ont fait le constat, je les cite, que « M Rousset a tenu le même discours que M Barillot Creuzet », leur patron. Rousset leur a fait entendre qu’il fallait être content d’avoir un emploi sur Marmande et qu’une entreprise ne se gère pas autrement !
Alors on a rien à attendre du conseil régional, même dirigé par la gauche, comme on n’a rien à attendre de ministres ou de députés. Car sur le fond ce sont les capitalistes qui commandent. Les travailleurs doivent donc se protéger eux-mêmes.
Oui le monde du travail a les moyens de changer les choses, mais pas par des recombinaisons politiciennes, pas par des alternances en haut, mais par une véritable explosion sociale venue d’en bas. et qui bouleverse enfin le rapport de force en empêchant la bourgeoisie de nous nuire.
Dans ces élections, les travailleurs en colère n’ont pas beaucoup de choix. Darcos pour l’UMP, Colombier pour le FN sont les pires ennemis du monde du travail. Les travailleurs conscients ne peuvent pas voter pour eux, ni d’ailleurs pour le Modem de Lassalle.
Quant aux dirigeants du Parti Socialiste, ils sont socialement bien intégrés au monde bourgeois, se font les défenseurs des intérêts des patrons, les soignent à qui mieux mieux. Ils sont à la tête de la région depuis des années et cela n’a rien changé, rien empêché pour les classes populaires. Les verts d’Europe Ecologie sont les alliés du PS. Ils votent les budgets à la région sans sourciller, ont voté en Aquitaine la hausse de la taxe sur les produits pétroliers, rendant ainsi aux travailleurs le trajet au lieu de travail encore un peu plus cher. S’ils se présentent à part au premier tour, c’est uniquement pour mesurer leur rapport de forces avec le PS et obtenir plus de sièges, plus de sinécures.
Pour le Front de Gauche, regroupant le PC et le Parti de Gauche de Mélenchon, c’est exactement pareil, leur candidat ne se cachant pas de vouloir peser le plus possible au sein de la gauche unie au second tour. La gauche unie, mais pour faire quoi ? Pour gérer les régions derrière le PS, comme le PS l’a fait jusque là ? Mais à quoi cela sert-il aux travailleurs, face aux licenciements, au chômage, face à l’offensive du patronat ? A rien ! Car les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs luttes collectives pour sauver leurs conditions d’existence !
Quant au NPA, il a négocié pendant des mois avec ce Front de gauche, jusqu’à la dernière minute, apportant ainsi à ces partis gouvernementaux une caution qu’ils ne méritent pas et se positionnant sur le même terrain qu’eux.
Alors assez des combinaisons politiciennes ! La seule solution pour les travailleurs en colère, c’est de voter pour la liste que je conduis, la seule qui dit la vérité, que les travailleurs ne pourront se sauver que par une explosion sociale, d’en bas. Et voter nombreux Lutte Ouvrière le 14 mars, c’est la meilleure manière, aujourd’hui, de la préparer.
-