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Meeting de Lille - discours de Eric Pecqueur

Lille, le 1er mars 2010

Chers camarades et amis.

Je tiens tout d’abord à remercier tous nos amis et camarades qui ont constitué avec nous la liste « Lutte Ouvrière » pour ces élections régionales. Notre liste est composée de travailleurs du secteur privé, d’ouvriers d’usine, d’employés de bureau, d’ingénieurs et de techniciens, d’étudiants et de retraités. Elle est aussi composée de travailleurs du secteur public de l’enseignement et de différentes administrations. C’est une liste issue du monde du travail, représentative de ce que nous sommes, et dont nous sommes fiers. Et c’est aux travailleurs en activité ou pas, aux chômeurs en fin de droit ou pas, aux jeunes ouvriers, diplômés ou pas, aux retraités, aux travailleurs handicapés, que nous voulons nous adresser en priorité. Car ce sont les nôtres. Et nous en avons plus qu’assez que patronat et gouvernement s’entendent comme larrons en foire pour nous faire payer leur crise en poussant une partie des classes populaires vers la misère.

Et quand je parle de misère, je n’exagère pas. Toutes formes confondues, Pôle Emploi comptabilise dans la région 305 000 inscrits au chômage. Un tiers d’entre eux est au chômage depuis plus d’un an ! Un adulte sur cinq ou sur six en âge de travailler est sans travail. Toutes les familles ouvrières sont touchées. Et beaucoup de chômeurs en sont réduits à l’allocation minimum, au RSA à 454 € par mois ! On ne peut pas se loger avec une telle misère ! Alors, beaucoup de jeunes chômeurs, sont obligés de revenir chez leurs parents, et ceux qui ne peuvent bénéficier d’aucune solidarité se retrouvent à la rue.

Des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi depuis un an, licenciés ou tout simplement pas repris, pour les intérimaires, des dizaines de milliers de familles ont été poussées ainsi dans la précarité, et un nombre croissant ne peut plus compter que sur les Restos du Cœur et les Banques Alimentaires pour se nourrir.

C’est aussi cela, la crise de leur système capitaliste. Et pourquoi serait-ce à nous de la payer ? Au nom de quelle fatalité ? Si le grand patronat aidé par le gouvernement veut nous faire payer chèrement leur crise, c’est pour sauver ses profits. Mais d’où viennent-ils ces profits, sinon du travail de tous ? Les capitalistes nous les ont extorqués en nous exploitant, et maintenant ils veulent les maintenir en nous écrasant, en nous déclarant la guerre, une guerre qui vise encore à appauvrir la classe ouvrière. Et les dirigeants de l’économie profitent de la situation.

Beaucoup parmi les travailleurs et les chômeurs sont écœurés par la situation qui leur est faite. Nous voulons que ceux qui ne se résignent pas se comptent et le disent. Nous voulons que ceux qui pensent que le monde du travail a toujours les moyens de changer les choses le disent. Nous voulons dans cette élection montrer qu’il existe un courant, une fraction du monde du travail qui est en colère, révoltée contre les patrons, les banquiers, contre les responsables de cette situation, et qui pense que l’avenir est aux travailleurs, pas aux capitalistes, et qui pense que les travailleurs peuvent, par une explosion sociale, d’en bas, changer les choses !

Les nôtres, ce sont les travailleurs de Total, comme les travailleurs de la sous-traitance de ce trust, qui refusent de se faire licencier par le trust qui a fait les profits les plus élevés en France ces dernières années. Des licenciements dans le seul but d’économiser une ou deux dizaines de millions d’euros de salaires pour les ajouter aux 8 milliards que Total a encore accumulés cette année. Mais que vont devenir les 300 travailleurs qui perdraient leur emploi et leur salaire ? Que deviendraient les 400 travailleurs des entreprises de sous-traitance ?

Les actionnaires de Total s’en moquent ! Les politiciens protestent pour la forme. Mais ils sont impuissants, ceux du Conseil régional, bien sûr, mais Sarkozy aussi ! Sarkozy a tout juste pu obtenir de la direction de Total qu’elle reporte de quelques semaines, quelques mois peut-être, le sort qu’elle réserve aux travailleurs de la Raffinerie des Flandres à Dunkerque.

Ceux qui ont résisté, c’est ceux-là qui ont raison. Ce sont les travailleurs de Total-Dunkerque qui ont entamé une grève qui ont raison. Et tout le pays a pu voir que lorsque les syndicats – et d’abord la CGT – ont appelé les autres raffineries à s’engager dans la grève, eh bien les travailleurs des cinq autres raffineries Total se sont massivement engagés. Et les travailleurs des raffineries Exxon étaient prêts à les suivre.

Le pays était menacé de pénurie de carburant ? Oui ! Cela aurait gêné d’autres travailleurs ? Sans doute ! Mais cela aurait menacé les profits que tirent les capitalistes du travail quotidien des ouvriers et des employés, des techniciens et des ingénieurs qui n’auraient pas pu se rendre à leur travail ! Et surtout la bourgeoisie, les capitalistes, les politiciens, voyaient venir le moment où le feu qui était parti des raffineries aurait pu gagner d’autres secteurs ouvriers du pays !

C’est pour cela que l’appel à la reprise de la direction de la CFDT, puis de la direction de la CGT, avant même que les travailleurs des raffineries se prononcent pour ou contre la poursuite du mouvement, c’est un mauvais coup pour tous les travailleurs de Total, un mauvais coup d’abord pour les travailleurs de la raffinerie des Flandres qui se retrouvent seuls maintenant face à un trust très puissant.

Les nôtres, ce sont les ouvrières et ouvriers de Faurecia, qui ont résisté aux 250 licenciements pendant des mois au printemps dernier, jusqu’à faire partiellement reculer une des plus grandes familles capitalistes, la famille Peugeot, propriétaire de Faurecia. Les travailleurs de Faurecia n’ont pas pu empêcher les licenciements – à leur échelle, ils ne le pouvaient pas, ils n’avaient pas un rapport de forces suffisant – mais ils ont obtenu de meilleures conditions de départ et surtout ils ont gagné la dignité.

Les nôtres, c’est aussi les ouvrières et ouvriers de Pimkie, qui se sont affrontés à la très riche famille Mulliez, contre leur licenciement là aussi. Là non plus, seuls en lutte, ils n’avaient pas la capacité de faire vraiment reculer cette famille capitaliste, qui a seulement concédé des indemnités de départ plus élevées. Mais, là aussi, les ouvrières et ouvriers ont gagné en dignité.

Les nôtres, ce sont les travailleurs des services publics. Comme ceux des lycées techniques qui ont fait grève dans la région parisienne avant leurs vacances. Et ces derniers jours dans la région, les personnels de dizaines de collèges, lycées et écoles, agents et enseignants, comme à Francisco Ferrer, à Lille, à Fernand Leger à Coudekerque-Branche, à Longuenesse et à Saint-Omer, qui ont fait grève contre la suppression de nombreux postes d’agents techniques, d’enseignants, d’assistantes sociales et de surveillants. Et ce n’est pas fini.

C’est pour cela que le partage du travail entre tous, sans perte de salaire, c’est ce qu’il faudra imposer. Partout, d’un bout à l’autre du pays, on a les mêmes problèmes, partout on est menacé des mêmes licenciements. Et même au-delà des frontières ! Il y a quelques semaines, Opel annonçait la fermeture de son usine d’Anvers… et la semaine dernière, c’est Carrefour, le numéro deux de la distribution dans le monde, qui annonçait la fermeture d’une vingtaine de ses magasins en Belgique et la suppression de poste ou le licenciement de plus de 1 600 employés de magasin.

Il n’y a pas d’autre solution contre les licenciements qu’une lutte qui se généralise, comme celle de Total en donnait l’espoir, et impose un coup d’arrêt aux licenciements et le partage du travail entre tous sans perte de salaire. Avec des embauches massives dans les entreprises privées comme dans les services publics.

Les profits actuels des banques et des entreprises sont largement suffisants pour que les travailleurs imposent une telle mesure aux capitalistes ! Et si les profits actuels ne suffisent pas, il faudra prendre sur les profits accumulés ces dernières années. Les capitalistes et les politiciens, les directeurs et les cadres dans nos entreprises, nous disent que ce n’est pas possible, que c’est utopique, que tout cet argent n’existe pas ! Eh bien, c’est faux !

L’ouverture des livres de comptes, la levée du secret bancaire et industriel, permettraient au monde du travail de voir qu’en fait, la crise, le patronat nous la fait payer pour sauver ses profits, voire même les augmenter.

C’est le cas du groupe PPR – Pinault-Printemps-Redoute – qui veut se débarrasser de La Redoute, de Conforama et de la FNAC, secteurs rentables certes, mais moins rentables que ses autres investissements dans le luxe.

Au nom de la sacro-sainte rentabilité, la direction de La Redoute impose depuis des années des conditions de travail éprouvantes et des horaires désastreux pour les mères de famille. Entre les externalisations, les licenciements pour des fautes imaginaires et les « départ volontaires » sous la pression des chefs, La Redoute a réduit de moitié les effectifs en dix ans. Le chiffre d’affaire est loin d’avoir baissé autant, ce qui veut dire une forte hausse de la productivité.

La Redoute appartient à Redcats qui est possédé par PPR, qui a pour actionnaire principal Artémis, la holding financière de Pinault. Dans le conglomérat PPR, même les « experts » disent qu’il est impossible de s’y retrouver. Mais, d’après la presse économique, malgré la crise, malgré la baisse des ventes, Redcats ainsi que Conforama et la FNAC ont amélioré leur rentabilité l’an passé !

En avril 2008, la pression est montée d’un cran dans les services, avec des débrayages très suivis pendant plusieurs semaines pour de meilleurs salaires. Même les cadres y étaient sensibles. Certains ont révélé des magouilles de PPR pour faire disparaître une partie des profits réalisés sur le dos des travailleurs de La Redoute… et aussi des clientes bien sûr !

La Redoute paie ainsi à PPR, une redevance de 11 millions d’euros par an pour utiliser la marque « La Redoute », 2 autres millions pour utiliser la marque « Redcats », alors que La Redoute existait bien avant que PPR mette la main dessus. Quant aux locaux, qui appartenaient auparavant à l’entreprise, ils sont désormais loués 7 millions d’euros par an à… PPR par l’intermédiaire d’une société « Hollandaise » !

Rien que ce coin de voile levé montre qu’entre le bénéfice officiel et la réalité des profits encaissés par les actionnaires, il y a un monde.

Et c’est pour cela que les travailleurs, le jour où la mobilisation sera suffisante, devront éplucher les comptes des entreprises, révéler les coûts de production réels et les profits réels encaissés par les actionnaires.

Les travailleurs verront alors que même les licenciements qui nous sont présentés comme obligatoires parce que l’entreprise est en difficulté, ont pour seul objectif d’augmenter les profits, pas de sauver l’entreprise.

Encore un exemple, à Toyota-Onnaing où je travaille. 350 intérimaires viennent d’être mis à la porte, 350 travailleurs qui se retrouvent probablement au chômage. Pourtant, l’entreprise a 104 millions d’euros dans ses caisses, c’est-à-dire l’équivalent de 11 ans de salaire pour 350 ouvriers. Toyota avait largement les moyens d’embaucher ces 350 intérimaires au lieu de les virer. Il reste 104 millions dans les caisses, bien que la plus grande partie des bénéfices que nous produisons s’évapore entre la France et la Belgique, entre l’usine et le centre européen de commercialisation domicilié à Bruxelles. D’après les chiffres officiels fournis par la direction, une Yaris est vendue de l’ordre de 9 000 euros à la maison mère… mais à 13 000 ou 14 000 euros aux clients. Quatre à cinq mille euros par voiture s’évaporent ainsi des comptes de l’usine… Et si on avait accès aux vrais comptes de l’entreprise, il est certain qu’on verrait que le bénéfice produit est encore plus élevé.

Aussi, quand la direction vient nous dire qu’il n’y a pas d’argent pour augmenter les salaires, il y a de moins en moins d’ouvriers pour la croire.

On pourrait allonger la liste de ces entreprises qui produisent mais déclarent peu de bénéfices, comme Vistéon, un gros sous-traitant international de l’automobile, qui, entre 1999 et 2007, est passé de 250 000 dollars de chiffre d’affaire par salarié à 314 000 dollars. Aux États-Unis, il a réussi à se déclarer en faillite !

Comme la Française de Mécanique à Douvrin, qui fabrique les moteurs pour Peugeot-Citroën-Renault, et Sele-nord, près de Cambrai, filiale de Peugeot et Fiat, qui fabrique des utilitaires : ce sont des entreprises qui ne font quasiment pas de bénéfices… car ceux-ci s’évaporent dans les comptabilités discrètes des maisons mères.

Tout cela montre qu’il n’y pas de raisons qu’on paye pour qu’une poignée de spéculateurs, d’exploiteurs, puissent continuer à s’enrichir sur notre dos, sur le recul de nos conditions d’existence !

C’est pour cela que les travailleurs qui font grève pour augmenter leurs salaires ont entièrement raison, comme ceux de Bridgestone-Béthune, Delacre à Nieppe, Materne près de Fourmies, Finimetal à Biache, et bien sûr les employés d’Ikea dont toute la presse a parlé.

Ils ont raison d’exiger des hausses de salaire, quoi que dise la direction de leur entreprise sur la baisse des ventes, la mauvaise conjoncture ou toute autre mystification pour tenter de masquer que, même pendant la crise, les entreprises accumulent des profits gigantesques sur le dos des travailleurs.

Alors qu’on soit salarié du privé, du public, chômeur ou retraité, notre situation est de moins en moins supportable, de moins en moins acceptable. Il n’est pas admissible que des milliers de salariés soient privés de leur emploi. Il n’est pas acceptable que ceux qui ont un emploi aient des conditions de travail de plus en plus difficiles et des salaires qui n’augmentent pas. Il n’est pas acceptable que l’Etat supprime par dizaines de milliers les emplois dans les services publics.

Mais on ne peut pas compter sur les Conseils régionaux pour s’en sortir face aux attaques du patronat et de l’État. Les Conseils régionaux n’en ont pas les moyens et leurs dirigeants n’ont surtout pas cette perspective.

Valérie Létard, la candidate pour l’UMP, a beau dénoncer la méthode brutale utilisée par Total à Dunkerque, elle ne remet pas en cause la course aux profits engagée par tous les capitalistes, alors que c’est cette course aux profits qui entraîne l’explosion des licenciements. Son seul programme, c’est de dire que Percheron, le président du Conseil régional, n’en a pas fait assez sur la reconversion de la Région, alors que c’est le gouvernement où elle siège qui contribue à étrangler les Conseil régionaux.

Percheron, de son côté, prétend que le Conseil régional, avec une majorité de gauche, joue le rôle de bouclier social pour la population du Nord-Pas-de-Calais. En fait de bouclier, c’est à peine un aménagement de la misère, avec des contrats de quelques heures, pour ne toucher que 10 ou 20 € de plus que les allocations. Même pas de quoi se payer le transport pour aller travailler.

Le Conseil régional est impuissant face au patronat. Par exemple, à propos de la gestion des ports. Le Conseil régional a récupéré la gestion du port de Calais. Un gros morceau, un des premiers ports de voyageurs au monde. Beaucoup d’argent, d’emplois, d’influence, découlent de la gestion du port de Calais. Les politiciens du Conseil régional en étaient très fiers. Le Conseil régional a fait des investissements sur le port, modernisé les installations. Mais quand la compagnie SeaFrance a décidé de supprimer sa liaison avec l’Angleterre, et les 500 emplois qui vont avec, SeaFrance n’a rien demandé au Conseil régional. Et celui-ci n’a rien eu à dire, alors même que SeaFrance est une entreprise privée, mais détenue par la SNCF !

Alain Bocquet, lui-même, maire de St-Amand-les-Eaux, président de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, député du Nord, n’a pu que constater le dépôt de bilan de Delos, une entreprise située sur sa commune. Pourtant cette entreprise est un sous-traitant des trusts du ferroviaire qui engrange, en ce moment, commande sur commande et les bénéfices qui vont avec. Pourtant elle avait reçu des subventions de la communauté d’agglomération.

Alors, quand Alain Bocquet déclare qu’il veut faire du Nord – Pas-de-Calais la cinquième région économique de France, c’est du bluff, car le Conseil régional n’en a pas les moyens. Et pour distribuer les chèques de la région à d’autres entreprises, encore faudrait-il qu’il y en ait qui soient candidates !

Jean-François Caron et les Verts veulent eux aussi réorienter l’industrie régionale, en distribuant autrement les subventions, dans le sens des nouvelles énergies et les moyens de transports moins polluants. C’est un soucis louable. Peut-être quelques entreprises capitalistes seront-elles prêtes à faire du profits dans les bio-carburants ou autre nouveauté pas forcément écologique ! Eelles encaisseront les chèques de subventions au passage, mais cela ne donnera pas de travail à 300 000 chômeurs. Cela ne permettra pas de construire les centaines de milliers de logements manquant dans la région, cela ne maintiendra pas les médecins qui fuient la région parce qu’elle est trop pauvre… pour ne citer que quelques problèmes qui ne peuvent qu’être traités au niveau du pays et uniquement par la mobilisation des travailleurs pour imposer ces choix.

Marine Le Pen s’agite contre les réfugiés de Calais, disant qu’on ferait mieux d’aider les Français. Mais, à aucun moment, elle ne dit que les réfugiés qui sont à Calais fuient les guerres que les grandes puissances, dont la France, entretiennent dans leurs pays, en Irak, en Afghanistan, faisant des milliers de victimes. À aucun moment elle ne dit que ces guerres coûtent des centaines de millions d’euros et que c’est avec cet argent-là qu’on pourrait aider la population, en l’investissant dans les services publics. Marine Le Pen essaye de faire croire qu’il existerait des intérêts communs entre ouvriers et capitalistes français parce qu’ils sont de la même nationalité. Ça aussi c’est un mensonge, et un mensonge dangereux. Comme si le fait d’avoir des patrons français protégeait du chômage ! Ce sont des capitalistes bien français qui ont fermé les usines textiles, ruinant au passage des villes comme Roubaix ou Tourcoing. Mais les grandes familles sont toujours là, elles habitent même encore la région, à Croix, BMW… Elles se sont reconverties dans la grande distribution, comme les Mulliez, et les assurances. Total, Pimkie, Faurecia, sont propriété de capitalistes français ! En quoi cela protège-t-il les travailleurs ?

Marine Le Pen dénonce les délocalisations. Ça lui permet de faire semblant de protester contre les licenciements, mais sans jamais s’en prendre aux capitalistes qui en sont responsables. C’est de la démagogie chauvine.

Marine Le Pen dit que les entreprises ferment parce que les impôts sont trop élevés. Elle dit, comme la droite, qu’il faut aider les entreprises, les subventionner, leur baisser les impôts, donner toujours et encore de l’argent public aux patrons privés. Voilà l’enjeu des élections régionales : quel politicien va signer les chèques au patronat local et obtenir sa reconnaissance sociale ?

En matière de subventions, il y a ce qu’on voit, et il y a ce qu’on ne voit pas immédiatement. A côté des subventions directes, ce sont des dizaines de millions de subventions indirectes qui sont versées au patronat pour la formation professionnelle, pour le développement du tourisme, de l’agriculture, pour la recherche, les pôles d’excellence. Par exemple dans le ferroviaire. A Bombardier qui n’en avait pas besoin.

Alors non, les subventions directes ou indirectes au patronat, il faut les arrêter tout de suite ! Que l’Etat, les régions, les départements consacrent cet argent à créer des emplois dans les services publics, à embaucher directement pour construire les centaines de milliers de logements qui manquent !

Alors, on n’a rien à attendre du Conseil régional, même dirigé par la gauche, comme on n’a rien à attendre de ministres ou de députés. Car, sur le fond, ce sont les capitalistes qui commandent. Les travailleurs doivent donc se protéger eux-mêmes.

Oui, le monde du travail a les moyens de changer les choses, mais pas par des recombinaisons politiciennes, pas par des alternances en haut, mais par une véritable explosion sociale venue d’en bas et qui bouleverse enfin le rapport de forces en empêchant la bourgeoisie de nous nuire.

Dans ces élections, les travailleurs en colère n’ont pas beaucoup de choix. Létard pour l’UMP, secrétaire d’État chargée de la Solidarité dans le gouvernement Fillon, est surtout solidaire des patrons, comme Olivier Henno pour le Modem. Marine Le Pen pour le FN, c’est le pire ennemi du monde du travail. Les travailleurs conscients ne peuvent pas voter pour eux.

Quant aux dirigeants du Parti Socialiste, ils sont socialement bien intégrés au monde bourgeois, se font les défenseurs des intérêts des patrons, les soignent à qui mieux mieux. Ils sont à la tête de la région depuis des années et cela n’a rien changé, rien empêché pour les classes populaires.

Les Verts d’Europe Ecologie sont les alliés du PS. Ils votent les budgets à la région sans sourciller, ont voté la hausse de la taxe sur les produits pétroliers, rendant ainsi aux travailleurs le trajet au lieu de travail encore un peu plus cher. Ils sont contre le transport public gratuit. S’ils se présentent à part au premier tour, c’est uniquement pour mesurer leur rapport de forces avec le PS et obtenir plus de sièges, plus de sinécures.

Pour le Front de Gauche, regroupant le PC et le Parti de Gauche de Mélenchon, c’est exactement pareil, leur candidat ne se cachant pas de vouloir peser le plus possible au sein de la gauche unie au second tour. La gauche unie, mais pour faire quoi ? Pour gérer les régions derrière le PS, comme le PS l’a fait jusque-là ? Mais à quoi cela sert-il aux travailleurs, face aux licenciements, au chômage, face à l’offensive du patronat ? A rien ! Car les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs luttes collectives pour sauver leurs conditions d’existence !

Alors, assez des combinaisons politiciennes ! Ce qui est sûr, c’est que Lutte Ouvrière et les listes que nous présentons ne participeront à aucune combinaison politicienne, ni avant les élections, ni entre les deux tours, ni après.

Le vote pour les listes Lutte Ouvrière, c’est le seul vote que peuvent faire les électeurs pour affirmer que les travailleurs ne pourront se sauver que par une explosion sociale.

Alors, votez et faites voter Lutte Ouvrière le 14 mars, c’est la meilleure manière dans ces élections de préparer les luttes futures.


 

 
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