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Meeting de Montpellier - Discours de Liberto Plana

Chers camarades et amis.

Je tiens tout d’abord à remercier tous nos amis et camarades qui ont constitué avec nous la liste « Lutte Ouvrière » pour les élections régionales en Languedoc Roussillon.

Notre liste est constituée de travailleurs, actifs ou parfois retraités, employés du commerce et de la grande distribution, employés des Télécoms, des hôpitaux, de la Poste ou de la SNCF, salariées de l’Aide à domicile, ouvriers du bâtiment, enseignants, ouvriers agricoles…

C’est une liste issue du monde du travail, représentative de ce que nous sommes, dont nous sommes fiers. Et c’est aux travailleurs en activité ou pas, aux chômeurs en fin de droit ou pas, aux jeunes ouvriers, diplômés ou pas, aux retraités, aux travailleurs handicapés, que nous voulons nous adresser en priorité. Car ce sont les nôtres. Et nous en avons plus qu’assez que patronat et gouvernement s’entendent comme larrons en foire pour nous faire payer leur crise en poussant une partie des classes populaires vers la misère.

Pourquoi serait-ce à nous de payer la crise de leur système capitaliste ? Au nom de quelle fatalité ? Si le grand patronat et tous les capitalistes aidés par le gouvernement veulent nous faire payer chèrement leur crise, c’est pour sauver leurs profits. Mais d’où viennent-ils ces profits, sinon du travail de tous les travailleurs ? Les capitalistes nous les ont extorqués en nous exploitant, et maintenant ils veulent les maintenir en nous écrasant, en nous faisant la guerre, une guerre qui vise encore à appauvrir la classe ouvrière.

Les dirigeants de l’économie profitent de la situation. Beaucoup parmi les travailleurs et les chômeurs sont écœurés par la situation qui leur est faite. Beaucoup sont démoralisés par les coups qu’ils reçoivent, sans perspectives, résignés.

Et bien, nous voulons que ceux qui ne se résignent pas se comptent et le disent. Que ceux qui sont passés de l’écœurement à la colère le montrent, déjà dans les urnes, en votant pour les listes Lutte Ouvrière. Nous voulons dans cette élection montrer qu’il existe un courant, une fraction du monde du travail qui est en colère contre les patrons, les banquiers, contre les responsables de cette situation et qui pense que l’avenir est aux travailleurs, pas aux capitalistes, et qui pense que les travailleurs peuvent, par une explosion sociale, par en bas, changer les choses !

Le camp des travailleurs, les nôtres, ce sont les salariés des magasins Ikea, qui rappellent en ce moment même aux requins de l’économie qu’à force de tirer sur la corde, elle finit par casser ! Le soi-disant « modèle social » d’Ikea, entreprise qui se dit « respectueuse » de ses salariés, est en train d’en prendre un coup !

A Ikea Montpellier, un magasin qui marche bien comme partout, 40 postes sur 400 ont été supprimés cette année. « Du coup », raconte un syndicaliste, « on se retrouve à faire des heures supplémentaires. Même les cadres viennent travailler quotidiennement en rayon ! ». Pour lui, « les dirigeants du groupe ne regardent que le chiffre d’affaires ». Précisons en effet que Ikea France a dégagé 52 millions d’euros de bénéfice en 2009, et aussi que le fondateur du groupe, le suédois Inkvar Kamprad, est à la tête d’une fortune surréaliste de plusieurs dizaines de milliards de dollars !

Alors quand les employés d’Ikea réclament un peu plus que les 1 % d’augmentation que voulait bien leur octroyer la direction, au cri de « Ikea fait du pognon, on veut une augmentation ! », ils ont mille fois raison !

Et les grands groupes du commerce, je connais.

Je travaille, de même que plusieurs de mes colistiers et colistières, dans un hypermarché, Carrefour, numéro 2 mondial de la grande distribution, avec rien qu’ en France plus de 270 hypermarchés et des centaines de supermarchés et magasins discounts. Un groupe qui a versé plus de 700 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires en 2009, autant qu’en 2008 !

Mais Carrefour, c’est surtout les bas salaires, les temps partiels, le manque d’effectifs permanent, du fait du non remplacement des personnels malades ou en congés. Carrefour, ce sont des caissières et des employés qui après 20 ans d’ancienneté gagnent 800 ou 900 euros par mois.

Mes camarades et moi-même devons mener un combat permanent pour que soit seulement respecté le droit du travail, contre des heures de nuit non payées au taux conventionnel, contre des salaires inférieurs au SMIC, ou encore pour faire condamner Carrefour et l’obliger à embaucher, une salariée qui travaillait depuis 17 ans en étant « prêtée » par des prestataires de services, 17 ans, CDD après CDD, en toute illégalité !

Un combat difficile et trop rare dans ce secteur du commerce, qu’on considère souvent à l’abri des luttes sociales, et où les syndicats sont en général faiblement implantés.

Eh bien ce sont aux travailleurs du Commerce et de la grande distribution que nous voulons permettre de dire avec nous : ça suffit ! Les salaires de misère, les horaires de fous, les contrats à temps partiel avec une paye toute aussi partielle, tout ça pour enrichir encore des gens comme Bernard Arnault, principal actionnaire de Carrefour, et qui est à la tête d’une fortune de 17 milliards d’euros, ça suffit !

Carrefour ou Ikea n’ont pour l’instant pas besoin de fermer des magasins ou de faire des plans de licenciements pour maintenir et augmenter leur marge ; ils restructurent, en exploitant encore plus leur personnel, en ne remplaçant pas les absents, en ne prenant plus de CDD même en période de pointe, en rognant sur les salaires !

Mais dans d’autres entreprises, tout aussi riches et florissantes que Carrefour, les restructurations et l’exploitation ne suffisant pas, ils n’hésitent pas à licencier.

Comme chez Dell à Montpellier.

Dans les années 90, Dell, un géant de l’Informatique, implanta à Montpellier son centre pour l’Europe du Sud. Il fut subventionné notamment par le Conseil Régional, alors dirigé par la droite, qui vota en 1999 une subvention équivalente à 860 000 euros, imité en cela par le Conseil Général de l’Hérault et par l’agglomération de Montpellier. Et l’Etat de son côté donna 3000 euros pour chacune des 500 créations d’emplois, contre un engagement de maintien jusqu’en 2007 seulement !

Au total Dell aura donc touché plus de 4 millions d’euros pour son implantation.

Eh bien dès 2009, Dell, dont les bénéfices annuels à l’échelle mondiale dépassent les 2 milliards de dollars, a entériné un plan de 112 licenciements dans son usine de Montpellier. Le Conseil Régional, pas plus que les autres exécutifs, n’a exigé le remboursement des subventions…

Car pour Dell comme pour tous les autres chasseurs de subventions, pas de soucis à se faire : le budget prévisionnel de la Région, présidée par la gauche depuis 2004, prévoit pour 2010 une hausse de 8,1 % des aides directes aux entreprises, pour les « aider à traverser la crise »…

Et c’est sans compter toutes les commandes dont Dell ou d’autres auront bénéficiés ces dernières années dans le cadre des marchés publics…

Souhaitons en tout cas que les salariés de Dell réagissent aux attaques dont ils sont et seront la cible. Car Dell ne cache pas sa volonté de continuer à « réduire les coûts » comme ils disent. D’ailleurs, le 5 février, une bonne centaine de salariés des services commerciaux et techniques se sont rassemblés devant l’entrée du site du Millénaire afin de marquer leur désapprobation du projet de modification du système de versement et de calcul de la part variable de leur rémunération, soit 40 % pour les commerciaux. Une modification qui entraînerait pour eux de 10 à 20 % de perte de rémunération !

Perdre 20% de ses revenus pour que les actionnaires de Dell maintiennent leur train de vie, c’est inacceptable ! Les salariés de Dell, ce sont eux qui créent des richesses, pas les actionnaires ! Ils devront exiger qu’on prenne sur les profits, présents ou passés, pour maintenir les emplois et leur rémunération, au besoin en partageant le travail entre tous.

Et si Dell prétend souffrir de la crise, qu’on ne se contente pas des résultats publiés dans la presse économique, qu’on ouvre sa comptabilité, qu’on lève le secret commercial sur ses activités, qu’on sache combien chaque salarié rapporte réellement, crise ou pas crise, à l’entreprise, c’est-à-dire en fait à ses actionnaires !

Et puis il y a le cas encore plus choquant de Sanofi-Aventis (28 000 salariés en France), qui possède 2 centres dans la région, à Montpellier pour la recherche et le développement (avec 1380 personnes), et à Aramon dans le Gard pour la production (avec 800 personnes).

Grâce notamment au vaccin contre la grippe A, le trust va dépasser pour 2009 les 8,5 milliards d’euros de bénéfices. Et les actionnaires verront leur dividende augmenter de 23,1 % !

Pour obtenir un tel résultat, la direction de Sanofi Aventis a mené une véritable guerre au personnel : charges de travail augmentées, chasse aux coûts, aggravation des conditions de travail, changement des rythmes de travail, travail en équipes de nuit, du samedi, du dimanche. Elle a cherché à réduire la masse salariale par tous les moyens, y compris en ne remplaçant pas les départs et en maintenant une précarité permanente. C’est travailler plus, plus dur, en étant moins nombreux ! Une année de travail dans ces conditions et l’annonce fin 2009 d’une ridicule augmentation des salaires de 19 euros pour les plus bas salaires, et cela a mis le feu aux poudres ! En décembre et janvier, une vague de débrayages, de grèves et de manifestations partout en France obligea la direction à accorder un minimum de 40 euros d’augmentation par mois, ce qui reste bien sûr insuffisant. Mais plus important que le résultat du mouvement, c’est de se faire respecter.

D’autant qu’à la question des salaires s’ajoute celle des suppressions d’emplois, principalement dans la recherche, que la direction entend « réorienter ». Ce sont au moins 20 % des emplois qui sont visés, à Montpellier comme ailleurs.

Cela signifie 1300 suppressions d’emplois à l’échelle nationale, dont environ 300 à Montpellier, 1300 qui viendront s’ajouter aux 500 emplois supprimés dans les fonctions centrales et aux 1 000 emplois chez les visiteurs médicaux.

Inacceptable au vu des bénéfices du groupe, qui a bien sûr lui aussi bénéficié de subventions publiques Les salariés de Sanofi ont donc raison de se mobiliser et de refuser de se sacrifier pour un trust qui ne peut même pas prétendre avoir souffert de la crise, puisqu’il a même profité de la crise, sanitaire celle-là, liée à la grippe A !

C’est à ces salariés que nous proposons de crier leur colère, de dénoncer un système qui non seulement fait des milliards sur la santé publique, mais exige de ses salariés qu’ils travaillent toujours plus pour gagner la même chose et parfois moins !

La ville de Béziers est quant à elle concernée par la suppression de 142 emplois intervenue à l’usine Cameron, la seule entreprise industrielle de la ville. Et 142 emplois, c’est sans compter les fins de missions pour les intérimaires et les CDD dont les contrats ne seront pas renouvelés, et l’impact important sur la sous-traitance et donc l’emploi local.

Cette usine fait partie d’un groupe américain, 17000 salariés, spécialisé dans le matériel de forage pétrolier, et bien sûr la raison invoquée pour justifier ces licenciements, c’est la crise, et la baisse de l’activité d’extraction pétrolière qui l’accompagne. Mais comme toutes les entreprises liées au pétrole, Cameron a ces dernières années bénéficié de la hausse spectaculaire du prix du l’or noir, et son activité a cru fortement, le site tournant même durant 2 ans, de 2006 à 2008, en 3x8, WE compris. Même avec la baisse d’activité de 2009, le groupe a dégagé plusieurs centaines de millions de profits, et les syndicats de l’entreprise de Béziers soulignent que rien que leur site a rapporté 95 millions d’euros au groupe !

Non décidément, pas plus à Béziers ou à Montpellier qu’ailleurs, on ne peut accepter que la population paye pour que les actionnaires et les capitalistes continuent à s’enrichir malgré la crise qu’ils ont eux-mêmes provoqués !

C’est cela qu’exprimeront les travailleurs qui voteront pour notre liste. Et ils diront avec nous qu’il faudra imposer l’interdiction des licenciements !

D’autant que ces plans de licenciements et ces restructurations interviennent dans une région qui est connue pour son taux de chômage particulièrement élevé, 12,6 % d’après les chiffres officiels, soit 3,5 points de plus que la moyenne nationale.

Rien qu’en 2009, ce sont 29000 demandeurs d’emplois qui sont venus grossir les rangs des 190 000 travailleurs qui sont à la recherche d’un emploi à temps complet dans le Languedoc-Roussillon ! Une véritable catastrophe sociale !

Alors les travailleurs qui voteront pour notre liste diront aussi que contre le chômage, c’est le partage du travail entre tous sans perte de salaire qu’il faudra imposer. Il n’est pas normal que certains se tuent à la tâche pendant que d’autres n’ont même pas un travail pour vivre !

Mais même ceux qui ont un emploi en vivent souvent mal. Particulièrement dans les secteurs du tourisme, de l’agriculture ou des services à la personne, particulièrement développés dans la région. Quelques uns de nos colistiers sont des ouvriers agricoles, d’autres sont cuisiniers et travaillent dans le tourisme. Ils savent que la règle, ce sont les bas salaires, les temps partiels imposés, les contrats saisonniers, de quelques semaines ou quelques mois.

Ils savent aussi comment ce patronat petit ou grand, piétinent les droits des salariés, pourtant bien limités : heures non payées, contrats non réglementaires, conditions de travail indignes. Et comme dans le bâtiment, c’est la surexploitation de travailleurs étrangers, avec ou sans-papiers, sous-payés, réduits au silence, et logés parfois dans des baraquements à même la zone d’exploitation !

Et ce ne sont pas les quelques inspecteurs du travail, s’ils veulent bien s’y intéresser, qui empêcheront que cela continue comme c’est le cas depuis des décennies, malgré quelques affaires révélées de temps en temps dans la presse.

Les travailleurs, qu’ils soient français ou non, qui travaillent dans les serres et les vergers, dans l’hôtellerie-restauration, ou encore dans le bâtiment, devront se défendre eux-mêmes, comme ceux qui l’ont fait en région parisienne, en mettant en avant leur lutte collective !

A côté de ces domaines d’activité traditionnels, où la sur-exploitation semble considérée comme « normale », s’est beaucoup développé ces dernières années le secteur dit des « services à la personne », et notamment de l’aide à domicile en direction des personnes âgées ou des familles. Ici, ce secteur est florissant étant donné l’âge moyen élevé de la population, mais aussi les nombreuses situations de détresse sociale,

Ce secteur, qu’on nous présente à coup de pleines pages de publicité dans les journaux, comme « porteur d’avenir », comme « gisement d’emplois », est aussi et surtout un domaine où le faible niveau de salaires et la précarité sont la règle.

Et nos camarades, aides à domicile ou travailleurs et travailleuses sociales qui sont sur la liste, sont bien placés pour nous dire que ce secteur est tout sauf « social ».

Eux-aussi doivent se battre en permanence pour obtenir de leurs employeurs des salaires pas trop minables, des plannings acceptables, des contrats qui ne soient pas tous à temps partiels, ou même le remboursement de leurs frais de déplacement. Leurs employeurs, ce sont des entreprises privées attirées par le marché, ou des associations financées par la CAF et les collectivités locales, souvent de gauche d’ailleurs.

Et bien on en arrive à des situations où des salariées de l’aide à domicile, vus leurs revenus dérisoires, sont elles-mêmes dans des difficultés sociales identiques à celles des familles chez qui elles interviennent !

Ainsi 46 % des aides à domiciles peuvent prétendre au RSA, le revenu de solidarité active ,tellement leurs salaires sont bas.

Il n’y a pas de fatalité à subir sans réagir. Les travailleurs doivent se sauver eux-mêmes ! On ne peut pas compter sur les exécutifs des conseils régionaux, ni sur les députés, ni même sur les ministres pour s’en sortir. Ceux là ne protègeront jamais les travailleurs contre les agissements des capitalistes.

Et pour en revenir à la région, s’il suffisait d’avoir des régions gérées dans un sens soit disant « de justice sociale », comme le prétend et l’annonce la gauche dans ses différentes variantes, comment expliquer que parmi toutes les régions gérées par la Gauche, dont la nôtre, aucune n’ait pu ou su protéger un tant soit peu sa population contre la crise et ses conséquences ?

Ceux qui prétendent le contraire sont des bonimenteurs, ou même des menteurs tout court.

Car la région dirigée par Frêche, comme toutes les autres, est au petit soin pour les entreprises, c’est-à-dire leurs propriétaires. La région verse ainsi chaque année des millions d’euros de subventions directes aux entreprises, près de 50 millions en 2009. Un patron peut toucher pour la création d’entreprises, pour des projets qualifiés d’innovants, pour l’aide à l’investissement matériel, pour la formation, pour la recherche, tous les prétextes sont bons !. Ainsi, derrière le prétexte « recherche et développement », c’est la région qui investit à la place des capitalistes ! Mais si les subventions sont publiques, les profits eux, sont toujours privés…

Chaque année, ce sont ainsi des dizaines de millions d’euros qui vont grossir les caisses du patronat (local). La région donne. Les fonds européens donnent aussi, tout comme l’état, les départements, ou même les communes….

Et en matière de subventions, il y a ce qu’on voit, et il y a ce qu’on ne voit pas immédiatement. A côté des subventions directes, ce sont des dizaines de millions de subventions indirectes qui sont versées au patronat pour la formation professionnelle, pour le développement du tourisme, ou de l’agriculture, pour la recherche, ou par le biais des marchés publics négociés avec les entreprises..

Alors non, les subventions directes ou indirectes au patronat, il faut les arrêter tout de suite ! Que l’Etat, les régions, les départements consacrent cet argent à créer des emplois dans les services publics, à embaucher directement pour construire par exemple les centaines de milliers de logements qui manquent !

Comme on le voit, ce qui se pratique ici en Languedoc Roussillon, n’est guère différent de ce qui se passe ailleurs. L’enjeu des élections régionales pourrait d’ailleurs se résumer à ceci : quel politicien va aider le patronat (local) en signant les chèques de subventions, et être ainsi reconnu comme son fidèle serviteur...

Au final dans ces élections, les travailleurs n’ont pas beaucoup de choix.

Le candidat de l’UMP, Couderc, a pris cette place à la suite et dans la lignée du RPR Jacques Blanc, élu en 1999 président de région grâce aux voix du Front National. Il est le digne représentant de la droite gouvernementale, celle qui en ce moment même multiplie les attaques contre le monde du travail. Aucun travailleur conscient ne peut bien sûr voter pour lui. Avec le Front National lui-même, ce sont les pires ennemis du monde du travail.

Et à gauche, la situation locale s’est passablement compliqué, avec le cas Georges Frêche, qui défraie la chronique mais qui n’est pas très surprenant.

Georges Frêche est un vieux cacique du Parti Socialiste. Il n’est que le digne héritier de ceux qui du temps de la SFIO de Guy Mollet, ont contribué à la sale guerre coloniale d’Algérie. S’il a tenu des propos particulièrement xénophobe en insultant des harkis, d’autres dirigeants socialistes avant lui ont fait bien pire en justifiant et organisant la barbarie de la guerre coloniale. Et dans la lignée de cette politique criminelle, il n’a fait que construire sa carrière politique en s’appuyant notamment sur une fraction de l’électorat d’origine « pied-noir », bien réactionnaire, dans une région où celui-ci était important.

La direction du Parti Socialiste l’a exclu hypocritement en 2007, en faisant mine de s’offusquer du comportement de l’individu. Mais pendant plus de 30 ans tous l’ont suivi et accompagné en tant que Maire de Montpellier puis dirigeant de l’agglomération, puis de la Région. Le Parti socialiste localement, mais aussi le Parti Communiste et les Verts…C’est Frêche qui incarnait la politique de la gauche en Languedoc-Roussillon, malgré ses prises de position réactionnaires, et cela ne semblait pas gêner grand monde dans les sommets dirigeants du Parti socialiste. Il a été plébiscité il y a 3 mois par une grande majorité des militants socialistes locaux, la majorité des responsables fédéraux, dont les 5 secrétaires de départements. Quant aux 4 conseillers régionaux communistes sortants ainsi que quelques élus verts qui tous sont sur sa liste, pour eux la soupe n’a vraiment pas d’odeurs.

Frêche fait tâche à gauche aujourd’hui, mais il est sûr que si demain il est élu, le Parti Socialiste et bien d’autres, comme par le passé, sauront composer avec lui.

En attendant, la Parti Socialiste a bien dû monter en catastrophe une liste « officielle », menée par Hélène Mandroux, dont la carrière politique s’est faite à l’ombre de Frêche, et qui cette fois a choisi de jouer sa propre carte, sans chercher même à faire mine de vouloir mener une autre politique économique et sociale que son mentor.

Les Verts d’Europe Ecologie se présentent indépendamment au premier tour. Ils veulent uniquement mesurer le rapport de force avec le Parti socialiste et obtenir quelques sièges. D’ailleurs, si l’accord au premier tour avec la liste Mandroux a capoté, c’est seulement pour une question de leadership, aucun ne voulant céder la place à l’autre. Même la prétendue « menace Frêche » n’aura pas réussi à les faire renoncer à leur appétit de places !

Quant à la liste « A Gauche Maintenant » qui regroupe le PCF, le Parti de Gauche de Mélenchon, mais aussi le NPA, ainsi que le mouvement des « objecteurs de Croissance » (tout un programme dans cette période de crise !), ils ont déjà annoncé partout qu’ils s’accorderaient au second tour avec Europe Ecologie et les socialistes non-frêchistes. C’est même la seule perspective qu’ils ont à offrir…

Mais alors pour faire quoi ? Pour gérer la région avec le Parti Socialiste, même « défréchisé » ? Pour la gérer comme le Parti Socialiste le fait partout en France depuis des années ?

Mais à quoi cela servira-t-il au travailleurs, face aux licenciements, au chômage, face à l’offensive tous azimuts du patronat ?

A rien !

Alors, assez de combinaisons politiciennes !

Et voter nombreux pour Lutte Ouvrière le 14 mars, c’est la meilleure manière, d’affirmer que seule une explosion sociale sera capable de stopper l’offensive des capitalistes fauteurs de crise, contre nos conditions de vie.


 

 
Adresser toute correspondance à Lutte Ouvrière - BP233 - 75865 Paris Cedex 18
Lutte Ouvrière c/o Editions d'Avron, 6 rue Florian, 93500 Pantin - Tel : 01 48 10 86 20 - enveloppe - enveloppe