A Gaza, la barbarie engendrée par la domination des grandes puissances16/10/20232023Éditorial/medias/editorial/images/2023/10/2310_gaza.jpg.420x236_q85_box-32%2C0%2C1098%2C600_crop_detail.jpg

Editorial

A Gaza, la barbarie engendrée par la domination des grandes puissances

Illustration - A Gaza, la barbarie engendrée par la domination des grandes puissances

Après les atrocités commises par le Hamas, Israël fait régner la terreur sur Gaza, au vu et au su du monde entier et, même, avec la bénédiction des puissances impérialistes, dont la France.

Privés d’électricité, de nourriture et d’eau, plus d’un million de Palestiniens sont sommés de fuir la ville vers le sud de Gaza sous un tapis de bombes qui a déjà fait 2700 morts dont 700 enfants. Pour aller où et vivre comment ? Personne ne le sait. La bande de Gaza était une prison à ciel ouvert, elle est en train de devenir un cimetière.

Les peuples palestinien et israélien vont payer ce nouveau bain de sang durant de longues années. Mais c’est une tragédie dans laquelle les puissances impérialistes les ont plongés.

La guerre entre Israël et la Palestine n’est pas née de haines ancestrales, ni d’un conflit religieux. Derrière elle, comme derrière la guerre en Ukraine, il y a les intérêts, les calculs et les rivalités des grandes puissances.

Pour comprendre ce drame, il faut remonter à la Première Guerre mondiale, quand la France et la Grande-Bretagne se partageaient le Proche-Orient, alors partie de l’Empire ottoman.

En 1917, la Grande-Bretagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Balfour, promettait aux organisations sionistes la création d'un foyer national juif en Palestine. Parallèlement, elle s’engageait auprès des Arabes pour créer, après-guerre, un vaste royaume arabe incluant la Palestine. La Palestine devenait ainsi une terre deux fois promise ! Et ce n’était pas pour faire vivre les deux peuples en bonne entente, c’était pour les utiliser, l’un contre l’autre, comme les puissances européennes le firent dans tant de colonies.

Comble de cynisme, à partir de 1939, les dirigeants britanniques fermèrent les portes aux Juifs persécutés dans toute l’Europe puis à ceux qui avaient survécu à l’extermination nazie. Il s’agissait, cette fois, de s’attacher les faveurs des Arabes.

En 1948, les États-Unis, désormais maîtres du monde, reconnaissaient la création d’Israël contre la volonté des États arabes voisins. Les Palestiniens étaient chassés en masse, transformés en réfugiés à vie dans des camps surpeuplés ou en citoyens de seconde zone en Israël.

Les États-Unis comprirent tout l’intérêt qu’ils pouvaient retirer de l’existence d’un État tel qu’Israël dans cette région riche en pétrole, mais aussi traversée par de profondes inégalités et une grande misère. Ils firent donc d’Israël leur allié et premier défenseur dans la région.

Les puissances impérialistes n’agirent ni par humanité ni en reconnaissance du génocide, comme elles le prétendent aujourd'hui. Elles le firent par amour du pétrole et du commerce.

Depuis lors, les puissances impérialistes ont systématiquement couvert la politique d’oppression, de spoliation et de terreur de l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Elles continuent aujourd'hui en soutenant la vengeance sanglante de l’armée israélienne sur les civils de Gaza.

C’est derrière cette politique révoltante que Macron nous appelle à l’unité nationale. Il faut refuser de marcher. Le Hamas a commis des monstruosités, mais ce n’est pas une raison pour soutenir celles, perpétrées à plus grande échelle, par l’État d’Israël avec la complicité de nos propres dirigeants. C’est précisément cette politique de terreur qui permet au Hamas de recruter.

Les gouvernants des grandes puissances mettent de l’huile sur le feu partout, au Moyen-Orient, en Ukraine, en Asie. Ils nous entraînent dans une évolution guerrière catastrophique.

Le nouvel attentat meurtrier contre un professeur à Arras en est un terrible contre-coup. Là encore, le gouvernement nous appelle à défendre « nos valeurs », alors que toute sa politique consiste à épouser les postures d’extrême droite, à stigmatiser les musulmans et les travailleurs immigrés.  

Les travailleurs de France, de Palestine, d’Israël, du monde arabe comme d’Afrique, sont entrainés par leurs dirigeants respectifs dans une impasse économique, sociale et guerrière.   

Du fait des migrations et de l’interdépendance économique créée par le capitalisme, jamais les peuples du monde n’ont été aussi intimement liés. Mais la politique de la classe dominante, qui consiste à diviser pour régner, creuse des fossés de haine et de sang entre peuples voisins, voire entre travailleurs d’un même pays.

Cette politique conduit à la catastrophe. L’appel de Karl Marx, « Prolétaires de tous les pays unissons-nous ! », doit être relayé par tous les travailleurs conscients.

Unissons-nous pour renverser la grande bourgeoisie et prendre la société en main à l’échelle de la planète. C’est le seul moyen de parvenir à une société réellement humaine, débarrassée de l’exploitation, de la misère, de la guerre et de ses atrocités.

Nathalie Arthaud

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