L’élection au suffrage universel a été acquise par des luttes. Lutte Ouvrière tient compte de ces acquis et présente des candidats aux élections. Mais si les élections permettent aux différents partis politiques de s’exprimer, elles n’ont jamais transformé la société ; par conséquent nous combattons les illusions électoralistes.
Même si Lutte Ouvrière remportait un grand nombre de suffrages populaires, son programme ne pourrait pas être appliqué uniquement au travers des mandats électifs. Car fondamentalement, derrière la façade du régime parlementaire se dresse la dictature des grandes entreprises capitalistes et de leurs nombreux serviteurs - hauts fonctionnaires non-élus, armée, police, prisons - qui constituent l’ossature de l’appareil d’État de la bourgeoisie.
Par ailleurs, même dans les pays développés où la richesse de la bourgeoisie lui a permis d’acheter la paix sociale en ne recourant que partiellement aux formes les plus brutales de la domination, les lois électorales déforment le suffrage universel et écartent habituellement des postes élus les petites formations qui contestent l’ordre social.
Les mandats électifs devraient être courts (renouvelés chaque année par exemple) et ne donner lieu à aucun privilège (pas d’indemnisation supérieure au salaire d’un travailleur qualifié). Les élus devraient être révocables à tout moment par les électeurs.
Le programme de transformation sociale ne peut pas être mis en application dans le cadre des institutions d’une société dominée par la grande bourgeoisie et son État. Il ne pourra commencer à s’appliquer que lorsque les classes laborieuses mises en mouvement en arriveront à la volonté de contester la direction de l’économie à la bourgeoisie. C’est-à-dire quand la lutte quittera le terrain du parlementarisme, que la classe ouvrière s’organisera démocratiquement en créant ses propres organes de représentation et que la révolution ouvrière commencera.
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