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Pourquoi sommes-nous trotskystes ?

Être trotskystes, c’est d’abord rester fidèles aux idées communistes : Léon Trotsky a continué à défendre les idées du communisme révolutionnaire après que, dans les années 1920, avec la bureaucratisation croissante de l’Union soviétique, ses nouveaux dirigeants les eurent trahies une à une, entraînant dans la dégénérescence le Parti bolchévik puis l’ensemble des autres partis communistes.

En URSS, dès les premiers signes de bureaucratisation du régime et d’étouffement de la démocratie ouvrière, les deux principaux dirigeants de la Révolution d’Octobre, Lénine et Trotsky, engagèrent une lutte politique contre ces dangers mortels. Après la mort de Lénine en 1924, les militants groupés autour de Trotsky dans l’Opposition de gauche ont continué ce combat, mais se sont trouvés progressivement isolés, d’abord par des campagnes de calomnies et des exclusions, puis éliminés par les meurtres et la terreur physique.

Seul Trotsky donna au mouvement ouvrier révolutionnaire une analyse du processus de dégénérescence et de ses causes d’un point de vue communiste. Ce n’était ni le bolchevisme, ni la nature humaine qui étaient en cause. Le stalinisme s’expliquait par l’isolement de la Russie après la révolution, ainsi que son arriération économique et sociale. Dès avant sa déportation (1928) puis son expulsion d’URSS (1929), et jusqu’à son assassinat sur ordre de Staline (1940), Trotsky, dernier représentant des idées communistes non frelatées par le stalinisme, a analysé les bouleversements politiques provoqués par l’exacerbation de la lutte des classes, dans les années 1930.

Trotsky nous a transmis une analyse du nazisme et du fascisme comme étant des formes de dictatures particulièrement féroces utilisant la rage de la petite bourgeoisie ruinée par le capitalisme pour détruire les organisations ouvrières et encadrer toute la société au service de la grande bourgeoisie. Phénomène social et politique qui permet de juger les dangers et les limites des poussées électorales de l’extrême droite que nous connaissons à l’époque actuelle.

À la même époque, Trotsky a aussi dénoncé la politique de Front populaire, revenant à mettre la classe ouvrière à la remorque des partis petits-bourgeois défendant au fond les intérêts de la bourgeoisie. Depuis, c’est cette même politique qui, en 1973, a désarmé le prolétariat chilien sous Allende et l’a rendu impuissant face au coup d’État de Pinochet. C’est aussi cette politique qui, en France, avec les différents gouvernements d’union de la gauche, a entraîné la démoralisation politique des travailleurs.

Face à la menace de guerre mondiale, Trotsky rédigea son Programme de Transition, en 1938, dans l’espoir que des événements révolutionnaires se produiraient, débarrassant l’humanité de l’exploitation et de la barbarie. Aujourd’hui où le monde capitaliste s’enfonce à nouveau dans la crise, l’ensemble de ce capital politique transmis par Léon Trotsky, et bien des objectifs de combat proposés aux travailleurs en lutte dans le Programme de Transition sont pleinement d’actualité.


 

 
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