Nous partageons nombre de dénonciations du courant altermondialiste contre les multiples dégâts du système économique actuel. Nous n’en tirons cependant pas les mêmes conclusions politiques. Le courant altermondialiste, qui regroupe des tendances très diverses et est notamment représenté en France par l’association ATTAC, dénonce, pêle-mêle, les délocalisations, la déréglementation des échanges internationaux, le poids écrasant de la dette des « pays du Sud », les méfaits de la spéculation financière, la domination de l’économie mondiale par quelques multinationales, etc. Pour ces militants, ces phénomènes marqueraient la victoire politique, au cours des années 1970, des « libéraux » partisans du « laisser-faire » de la dérégulation en économie, contre les « étatistes » artisans de l’intervention des États dans l’économie.
Libéralisme et protectionnisme, interventionnisme et « laissez-faire », ne sont que des politiques circonstancielles que les gouvernements des États impérialistes mettent en oeuvre selon les besoins de la bourgeoisie à tel ou tel moment. La crise actuelle en est une parfaite illustration : les plus libéraux des dirigeants de la planète, de Bush à Sarkozy, ont largement fait appel aux fonds de leurs États respectifs pour intervenir massivement au secours des banquiers et des actionnaires des grands groupes avec des plans de relance de l’économie.
Mais la mondialisation, c’est-à-dire l’émergence d’une économie mondiale et l’internationalisation de la production, est inséparable du développement capitaliste depuis deux siècles et plus. Croire que l’on peut revenir en arrière là-dessus est une utopie réactionnaire. Quant au poids de la finance et à la domination de l’économie par quelques grands groupes en situation de monopole, Lénine et d’autres les avaient déjà mis en évidence il y a un siècle. Ces tendances du capitalisme, que l’on résume sous le terme de mondialisation, mais qui relèvent depuis la fin du 19ème siècle de l’impérialisme, ne sont donc pas nouvelles, mais se sont encore renforcées ces dernières décennies.
Ce qui nous distingue principalement des altermondialistes, c’est qu’ils réclament une régulation de l’économie par les États bourgeois ou par des organismes internationaux comme l’OMC ou le FMI dont ils voudraient voir le rôle renforcé. Ils comptent sur la bonne volonté des gouvernements bourgeois pour combattre les méfaits d’une économie basée sur les profits de la bourgeoisie, ce qui est pour le moins contradictoire. Pour notre part, nous comptons sur la force sociale des travailleurs, non pas pour « réguler » le capitalisme, ni pour lui donner un visage humain - ce qui est utopique -, mais pour le détruire.
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