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L'éditorial
lundi 29 juin 2009
Les ministres ne rechignent pas devant le travail du dimanche : ils ont été tous réunis pour discuter du grand emprunt proposé par Sarkozy. On ne sait pas quel sera le montant de l’emprunt ni ses modalités ni à quoi la somme récoltée est censée servir. Sarkozy a parlé de la nécessité de combler les “retards d’investissements”. En clair, donner à l’Etat les moyens d’aider les patrons à procéder à des investissements auxquels ces messieurs refusent de procéder car pas assez rentables ou pas tout de suite. Les milliards accordés aux banquiers dès le déclenchement de la crise financière puis aux grands patrons de l’industrie, notamment ceux de l’automobile, ont vidé les caisses de l’Etat. L’emprunt vise à trouver l’argent dont l’Etat ne dispose pas mais en aggravant encore plus son endettement. Bon an mal an, l’Etat emprunte au système financier de quoi boucler son budget. Une partie croissante sert à payer les intérêts et le remboursement des emprunts passés. Car, s’il n’y a pas d’argent pour compenser le déficit de la Sécurité sociale ou pour financer le développement des services publics à la hauteur des besoins, il y en a toujours pour subventionner le grand patronat ! Ces emprunts et leurs intérêts cumulés ont abouti à une dette publique faramineuse. Elle représente tout simplement une partie ce que coûte la classe capitaliste au budget de l’Etat. La seule différence entre l’emprunt Sarkozy et ceux qui sont faits habituellement, c’est qu’il est contracté non pas auprès du système financier, mais auprès de ce que les commentateurs appellent le “public”. Mais qui est ce “public” ? Ce ne sont certainement pas les chômeurs, les retraités, ni la grande majorité des salariés qui ont du mal à boucler les fins de mois, qui pourraient prêter à l’Etat les économies qu’ils n’ont pas ! Le “public” qui a le pouvoir de prêter à l’Etat se recrute pour l’essentiel dans la bourgeoisie petite et grande à qui l’Etat garantira un taux d’intérêt rentable, la sécurité de placement de son argent et, peut-être, quelques menus avantages (...) > suite
Documents multimédias : à la Une

Sur les résultats des élections européennes

 
Dernier dossier en ligne - samedi 4 avril 2009
communiqué - dimanche 7 juin 2009

Le nombre record d’abstentions, surtout dans les quartiers populaires, est certainement l’aspect le plus remarquable de ces élections. C’est peu dire que les classes populaires n’attendent rien du Parlement européen, pas plus qu’elles n’ont eu envie de se déplacer pour cautionner les grands partis qui assument à tour de rôle la direction du gouvernement.

L’UMP arrive en tête, mais elle n’a pas de quoi pavoiser. Étant donné le nombre d’abstentions, ses 28 % représentent à peine 12 % de l’électorat.

Lorsque le parti gouvernemental affirme mener sa politique, favorable aux riches et désastreuse pour les classes populaires, au nom de la majorité de la population, c’est une escroquerie.

L’électorat populaire n’a pas voulu pour autant utiliser le vote P.S. pour marquer son opposition à Sarkozy, tant reste vif dans les classes populaires le souvenir des cinq ans de la Gauche plurielle au pouvoir, qui a gouverné au service des seuls possédants, et tant le Parti socialiste même dans l’opposition n’a rien à dire aux exploités. L’électorat socialiste lui-même s’est détourné de son parti pour se porter sur le vote écologiste.

Lutte Ouvrière remercie les électeurs qui ont voté pour ses listes.

Nos scores sont modestes mais témoignent de la permanence d’un courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte Ouvrière. Et, si le poids de cet électorat est faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales.

Les élections européennes constituent un épiphénomène dans une période où les classes populaires subissent des attaques, redoublées par la crise, de la part du grand patronat et du gouvernement.

Les salariés, les classes populaires n’accepteront certainement pas d’être lanternés jusqu’aux prochaines échéances électorales alors que les licenciements se multiplient, que le pouvoir d’achat s’écroule, et que le monde du travail est poussé vers la pauvreté.

La crise elle-même, l’avidité de la classe capitaliste les pousseront à se défendre par le seul moyen efficace : la lutte collective.

Nathalie Arthaud
Arlette Laguiller
 

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