<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
	<link>http://www.lutte-ouvriere.org/</link>
	<description>Bienvenue sur le portail de LUTTE OUVRI&#200;RE. Vous y trouverez des informations sur l'actualit&#233;, les activit&#233;s et le programme de notre organisation.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
		<url>http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L32xH32/siteon0-38e4a.jpg</url>
		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/</link>
		<height>32</height>
		<width>32</width>
	</image>




	
	
	
	

	
	
	

	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	
	

	

	
	
	
	

	
	
	
	
	

	
	
	
	

	
	
	
	

	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	

	
	
	
	

	
	

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	
	
	
	

	
	
	
	
	

	
	

	
	
	
	
	
	

	
	
	
	

	
	
	
	

	
	
	



	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>Annexe : correspondance LO-SU (1985-1986)</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/annexe-correspondance-lo-su-1985</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/annexe-correspondance-lo-su-1985</guid>
		<dc:date>1986-05-01T18:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Lutte Ouvri&#232;re au secr&#233;tariat unifi&#233; de la IVe Internationale&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Paris, le 12 mai 1985&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; un ensemble de d&#233;saccords politiques, votre section en France, la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire et notre organisation entretiennent de longue date des relations loyales et fraternelles. Nous consid&#233;rons ces relations comme des relations privil&#233;gi&#233;es. Elles se sont concr&#233;tis&#233;es dans le pass&#233; par des apparitions publiques communes, notamment lors de campagnes &#233;lectorales. Elles se concr&#233;tisent cette ann&#233;e par l'organisation d'une f&#234;te nationale commune. Et au-del&#224; des apparitions politiques communes imm&#233;diates, limit&#233;es par le fait qu'une partie importante de nos divergences politiques portent pr&#233;cis&#233;ment sur nos fa&#231;ons respectives d'envisager les interventions publiques, nous avons en commun le d&#233;sir de rapprocher les militants de nos deux organisations, leur donner l'habitude de se rencontrer localement, dans le cadre de r&#233;unions de base en commun ou de fa&#231;on informelle, afin de discuter ensemble de nos activit&#233;s respectives et de rapprocher nos fa&#231;ons d'intervenir concr&#232;tement dans les luttes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous souhaitons prolonger ces relations privil&#233;gi&#233;es avec la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, par des relations de m&#234;me nature avec votre organisation internationale.
Nous avons consid&#233;r&#233; comme positif notre participation aux diff&#233;rentes r&#233;unions internationales o&#249; vous nous avez invit&#233;s, notamment notre pr&#233;sence en tant qu'observateurs &#224; votre congr&#232;s mondial. Nous consid&#233;rons &#233;galement positifs les premiers contacts bilat&#233;raux &#233;tablis, avec votre accord, avec certaines de vos sections nationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre Comit&#233; Central, sensible &#224; tous ces liens effectivement tiss&#233;s et multipli&#233;s ces derniers temps, a d&#233;cid&#233; d'accepter votre offre d'envisager notre participation &#224; votre organisation internationale en qualit&#233; d'observateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, la d&#233;finition des relations qu'implique un &#233;ventuel statut d'observateur dans l'&#233;tat actuel de nos rapports, sera l'objet de discussions. Pour notre part, nous sommes pr&#234;ts &#224; nous y engager non seulement dans un esprit de fraternit&#233; et avec le souhait sinc&#232;re de resserrer, y compris publiquement, les liens qui correspondent &#224; l'&#233;tat actuel de nos relations ; mais encore de faire en sorte que ces relations se resserrent davantage dans le futur. En d'autres termes, nous ne consid&#233;rons pas un &#233;ventuel statut d'observateur n&#233;cessairement comme un aboutissement, mais comme une &#233;tape. La question de savoir si cette &#233;tape sera suivie d'autres ne d&#233;pend bien entendu pas seulement de discussions telles que nous pouvons en mener dans l'imm&#233;diat, mais aussi, de la v&#233;rification dans les faits et de part et d'autre, qu'une cohabitation est possible et souhaitable. Mais c'est en tous les cas dans cet esprit que nous avons l'intention d'engager les discussions elles-m&#234;mes.
Dans cet ordre d'id&#233;es, et afin &#224; la fois de mieux se conna&#238;tre politiquement et de cr&#233;er des liens militants entre notre organisation et celles de vos sections avec lesquelles cela est possible, nous confirmons la proposition faite oralement de proc&#233;der &#224; des &#233;changes de militants. Compte tenu de nos forces limit&#233;es, et pour des raisons pratiques &#233;videntes, nous souhaiterions proc&#233;der &#224; de tels &#233;changes avec quelques unes de vos sections de pays europ&#233;ens limitrophes, mais nous serions heureux de discuter avec vous de toute autre possibilit&#233; qui vous semble souhaitable dans ce domaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'attente de votre r&#233;ponse, agr&#233;ez, chers camarades, nos salutations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le comit&#233; ex&#233;cutif de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARDY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;Le Comit&#233; Ex&#233;cutif de Lutte Ouvri&#232;re Paris, au Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IVe Internationale&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;le 13 septembre 1985&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objet de la pr&#233;sente lettre est de r&#233;pondre &#224; votre demande d'expliquer la d&#233;marche qui nous a conduits &#224; souhaiter l'entr&#233;e de notre organisation, en tant qu'organisation observatrice, au sein du Secr&#233;tariat unifi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes une organisation qui s'est toujours, int&#233;gralement, tenue sur le terrain du trotskysme en affirmant sa solidarit&#233; avec la fondation de la IVe Internationale par L&#233;on Trotsky.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous sommes toujours consid&#233;r&#233;s comme une tendance de la Quatri&#232;me Internationale et nous avons toujours saisi les occasions qui pouvaient s'offrir &#224; nous de d&#233;velopper des liens de collaboration avec d'autres courants trotskystes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si, depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, nous nous sommes d&#233;velopp&#233;s hors des regroupements internationaux existants, et sp&#233;cialement hors du Secr&#233;tariat unifi&#233;, c'est uniquement parce que nous n'avons pas eu la possibilit&#233; d'y participer sans renoncer &#224; notre identit&#233; politique.
En effet, sous pr&#233;texte de centralisme d&#233;mocratique, on nous a &#224; chaque fois oppos&#233; des r&#232;gles organisationnelles que nous ne pouvions accepter &#233;tant donn&#233; la nature de nos divergences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la possibilit&#233; ouverte par vous lors d'entretiens pr&#233;c&#233;dents, de participer d'une fa&#231;on &#224; d&#233;terminer au SU, sans avoir &#224; renoncer &#224; d&#233;fendre publiquement nos opinions politiques et organisationnelles y compris l&#224; o&#249; elles divergent de la majorit&#233; des sections du SU, qui nous fait aujourd'hui formuler notre demande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, nos divergences politiques profondes ne nous conduisent pas &#224; nier tout r&#244;le positif &#224; votre organisation internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes bien conscients que si, de tous les courants qui se r&#233;clament du communisme r&#233;volutionnaire, le trotskysme est le seul &#224; s'&#234;tre perp&#233;tu&#233; &#224; l'&#233;chelle internationale, ce n'est pas seulement parce qu'il est le seul h&#233;ritier l&#233;gitime du bolch&#233;visme, c'est aussi parce qu'il existe des organisations et des militants qui consacrent une part importante de leurs pr&#233;occupations et de leur &#233;nergie &#224; maintenir et &#224; essayer de d&#233;velopper un cadre organisationnel international. Et votre organisation a incontestablement le m&#233;rite d'avoir jou&#233; un r&#244;le essentiel depuis plus de quarante ans pour maintenir un tel cadre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres organisations ont &#233;galement, ou ont eu, une activit&#233; en ce sens, et pour certaines, leur bilan est loin d'&#234;tre n&#233;gligeable. Mais de toute &#233;vidence, c'est votre organisation qui a assum&#233;, dans le temps et en &#233;tendue g&#233;ographique, la majeure partie de ce travail, indispensable du point de vue des int&#233;r&#234;ts de l'ensemble du mouvement trotskyste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs, l'existence des autres organisations trotskystes internationales r&#233;sulte, dans une large mesure, de vos activit&#233;s puisqu'elles sont issues de scissions de votre organisation (mais cela signifie en m&#234;me temps, qu'&#224; notre avis, vous avez aussi une part de responsabilit&#233; politique dans cet &#233;clatement du mouvement trotskyste international).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui nous concerne, en tout cas, nous avons parfaitement conscience que si notre courant a rencontr&#233; pour se d&#233;velopper sur le terrain du trotskysme des difficult&#233;s suppl&#233;mentaires, dues &#224; votre attitude de l'&#233;poque, qui nous a tenus &#224; l'&#233;cart de ce cadre international, puis du Secr&#233;tariat unifi&#233;, nous avons malgr&#233; tout b&#233;n&#233;fici&#233; de votre existence et des efforts que vous avez consacr&#233;s au maintien d'un courant trotskyste organis&#233; &#224; l'&#233;chelle internationale. Ne serait-ce que parce que nous avons pu nous consacrer davantage &#224; d'autres priorit&#233;s, dans la mesure o&#249; nous pouvions nous permettre de consacrer moins d'efforts &#224; une t&#226;che indispensable que vous, vous assumiez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons jamais eu la possibilit&#233; de nous associer organiquement &#224; votre travail, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de la mani&#232;re dont vous le faisiez, parce que vous n'envisagiez une collaboration qu'avec des groupes pr&#234;ts &#224; vous reconna&#238;tre a priori comme direction politique internationale et pr&#234;ts &#224; se fondre au sein de votre section nationale. Nous n'avons pas non plus voulu nous poser en direction internationale. Bien que nous ayons toujours consid&#233;r&#233; comme une de nos priorit&#233;s politiques d'avoir une activit&#233; dans d'autres pays et que nous l'avons fait selon nos moyens, nous nous sommes toujours refus&#233;s &#224; essayer de multiplier artificiellement des &#171; succursales &#187; de notre courant dans d'autres pays, ne reposant sur rien de s&#233;rieux, contrairement &#224; la d&#233;marche que nous reprochons justement dans certains cas aux tendances issues du SI ou du SU (et parfois au SI ou au SU lui-m&#234;me).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous n'avons jamais refus&#233; la moindre possibilit&#233; de collaboration internationale. Nous consid&#233;rons comme un devoir politique d'appuyer les militants, les organisations, qui travaillent &#224; d&#233;velopper le mouvement trotskyste &#224; l'&#233;chelle du monde. Nous sommes pr&#234;ts &#224; faire notre part du travail, et le faire dans le cadre international que vous offrez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous comprendrez bien, cependant, que notre d&#233;sir de participer, en collaboration avec vous, au d&#233;veloppement du mouvement trotskyste n'est pas motiv&#233; par une quelconque disparition de nos divergences, ni par l'abandon de nos critiques &#224; l'&#233;gard de vos politiques pass&#233;es ou pr&#233;sentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;sente lettre n'a pas pour objet d'engager - ou de poursuivre - une pol&#233;mique, et si nous rappelons nos principales divergences - que vous connaissez au travers de nos publications ou des discussions que nous avons pu avoir dans le pass&#233; - c'est dans un souci d'honn&#234;tet&#233;, afin que vous puissiez juger dans quelle mesure ces divergences sont compatibles avec ce que vous pourriez nous proposer concr&#232;tement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos principales divergences tournent autour du fait que, &#224; notre avis, vous avez dans un nombre significatif de cas, renonc&#233; dans le pass&#233; (et au pr&#233;sent) &#224; d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser politiquement de fa&#231;on ind&#233;pendante des autres classes sociales, en particulier dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s. Et ce que nous jugeons plus grave encore, votre politique a consist&#233; &#224; justifier, voire &#224; th&#233;oriser ce renoncement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce que nous avons reproch&#233; en son temps &#224; la politique qui avait consist&#233;, pendant et au lendemain de la guerre, &#224; vous identifier, en partie, mais c'est encore trop, &#224; la politique bourgeoise de la &#171; r&#233;sistance &#187;, puis de la &#171; lib&#233;ration &#187;. Puis, vous avez choisi, au point de la th&#233;oriser, avec la politique &#171; d'entrisme sui generis &#187;, la disparition politique et organisationnelle du courant r&#233;volutionnaire dans le mouvement stalinien. Vous avez d&#233;fendu, pendant de longues ann&#233;es, l'id&#233;e que les &#201;tats des pays de l'Est n'ont plus &#224; &#234;tre bris&#233;s, d&#233;truits, par la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne ; en renon&#231;ant donc aussi &#224; la possibilit&#233; m&#234;me de gagner aux id&#233;es trotskystes toute une g&#233;n&#233;ration que les &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires ont fait surgir dans certains de ces pays. Et malheureusement, nous n'avons pas pu nous sentir politiquement plus proches de vous, m&#234;me lorsque vous avez fini par abandonner &#171; l'entrisme sui generis &#187; et l'alignement qu'il repr&#233;sentait derri&#232;re le stalinisme, car vous l'avez fait au profit de ce que nous consid&#233;rons comme une adaptation (relative certes) &#224; la social-d&#233;mocratie, comme &#224; diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s de l'Union de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis, vous le savez, nous consid&#233;rons comme une erreur, et comme une attitude aux antipodes de la politique de L&#233;nine ou de Trotsky, le fait que vous vous soyez identifi&#233;s (en les identifiant, eux, au cours &#171; objectif &#187; de la r&#233;volution permanente) successivement ou simultan&#233;ment, au titisme, au FLN alg&#233;rien, au FNL vietnamien, au castrisme, au sandinisme ; &#224; toutes sortes de courants, radicaux sans doute, r&#233;volutionnaires parfois, mais dont aucun ne se pla&#231;ait sur le terrain de la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale. Car en vous identifiant &#224; tous ces courants, c'est-&#224;-dire en affirmant, implicitement ou explicitement, qu'il n'y avait aucune autre politique possible ni m&#234;me souhaitable pour le prol&#233;tariat, en Yougoslavie, en Alg&#233;rie, etc., vous vous &#234;tes interdit de construire des organisations se pla&#231;ant sur le terrain de la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale dans ces pays-et vous en rendiez la construction bien plus difficile, car d'apparence politiquement pas justifi&#233;e, dans les pays pauvres en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons, bien s&#251;r, qu'il ne d&#233;pendait pas seulement de la capacit&#233; et des forces du mouvement trotskyste, que les secousses r&#233;volutionnaires qui ont &#233;branl&#233; un certain nombre de pays colonis&#233;s ou des pays de l'Est se transforment en r&#233;volution prol&#233;tarienne. Mais nous pensons que des secousses r&#233;volutionnaires ouvrent de grandes possibilit&#233;s devant des organisations qui se r&#233;clament de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, m&#234;me petites, &#224; condition qu'elles n'oublient pas de s'en revendiquer, et d'agir pour que le prol&#233;tariat se donne une organisation politique ind&#233;pendante, justement &#224; ces moments-l&#224;. La construction d'un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien dans les pays avanc&#233;s n'est d'ailleurs possible qu'&#224; ce prix.
Nous ne savons pas si dans certains de ces pays o&#249; vous avez des groupes, il &#233;tait possible que ces sections conqui&#232;rent assez d'influence pour qu'au moins une fraction de la classe ouvri&#232;re les reconnaisse comme dirigeants, et pour qu'elles soient au moins sur les rangs pour disputer aux organisations nationalistes la direction des masses en mouvement. Mais il nous semble que la politique que vous leur avez propos&#233;e, en tant que direction, leur fermait cette possibilit&#233;.
Et nous persistons &#224; penser que ces choix politiques, dont aujourd'hui vous reconnaissez certains comme des erreurs, ont jou&#233; un certain r&#244;le dans la crise de direction et dans l'&#233;parpillement actuel du mouvement trotskyste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons donc pas renonc&#233; &#224; ces critiques, et nous n'avons pas l'intention de les taire. Il serait d'ailleurs dommageable pour tout le monde que le d&#233;bat politique clair et public entre nos courants disparaisse ou s'att&#233;nue du fait m&#234;me du rapprochement, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment lorsque pourront se cr&#233;er les conditions pour confronter s&#233;rieusement et sans sectarisme nos politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A nos yeux, ces divergences n'emp&#234;chent pas la collaboration. Sous quelles formes ? Si nous en avons la volont&#233;, nous trouverons les formes. Il vous appartient maintenant de juger si, malgr&#233; ces divergences, ce que nous pouvons apporter &#224; votre activit&#233; internationale vous para&#238;t utile ou pas. Notre d&#233;marche ne vise pas &#224; vous rendre la t&#226;che de d&#233;veloppement du mouvement trotskyste &#224; l'&#233;chelle internationale plus difficile, mais encore une fois, au contraire, &#224; y apporter notre contribution.
En ce qui nous concerne, vous le savez, nous sommes entre autres tr&#232;s attach&#233;s &#224; la politique d'&#233;change de militants du rang, et en particulier de militants ouvriers, entre notre organisation et certaines sections du SU
Il ne s'agit pas seulement de relations de direction &#224; direction, ou de rencontres de d&#233;l&#233;gations. Nous pensons que l'un des principaux r&#244;les que peut jouer dans l'&#233;tat actuel de d&#233;veloppement de nos forces une organisation internationale, est la formation mutuelle de nos cadres r&#233;volutionnaires, en &#233;changeant nos exp&#233;riences, en permettant &#224; nos militants de conna&#238;tre et d'affronter des situations diff&#233;rentes, qui ne peuvent s'assimiler que lorsqu'on a la possibilit&#233; de participer, de fa&#231;on militante, pendant plusieurs mois, &#224; la vie des organisations r&#233;volutionnaires qui se battent dans d'autres pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit ni de pr&#233;tendre donner des conseils, encore moins de diriger, ni bien s&#251;r de noyauter ou de se livrer &#224; un quelconque travail de fraction (tout notre pass&#233; r&#233;pond de nous dans ce domaine). Il s'agit simplement d'apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, cela est un aspect, et un aspect seulement de la collaboration possible, m&#234;me si c'est un aspect auquel nous tenons beaucoup.
Il va sans dire que sur le plan de la circulation des id&#233;es, des textes ; sur celui de l'acc&#232;s de nos militants &#224; vos publications et &#224; vos &#233;crits, nous vous donnerions toute latitude, toute garantie et v&#233;rification que vous pourriez souhaiter ; &#224; charge bien s&#251;r de r&#233;ciprocit&#233; sous des formes &#224; d&#233;finir. Mais ces deux aspects ne sont pas limitatifs. D'autres relations peuvent s'&#233;tablir, et en particulier, celles auxquelles vous et vos sections pourriez tenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, les relations que nous avons avec le Secr&#233;tariat unifi&#233;, et que nous sommes pr&#234;ts &#224; renforcer autant qu'il se r&#233;v&#233;lera possible, nous ne les concevons pas comme un obstacle au maintien et au d&#233;veloppement de relations avec d'autres organisations et d'autres regroupements internationaux pr&#234;ts &#224; entretenir avec nous des relations d&#233;pourvues de sectarisme et d'intentions manoeuvri&#232;res. Ne serait-ce que parce que nous ne pensons pas que l'on puisse traiter avec m&#233;pris des milliers de militants trotskystes, aussi d&#233;vou&#233;s &#224; notre cause commune que le sont les v&#244;tres ou les n&#244;tres. Et nous ne pensons pas non plus qu'aucune des directions internationales existantes puisse jeter l'exclusive contre aucune autre, car aucune n'a encore apport&#233; la preuve ni de son efficacit&#233;, ni de la validit&#233; de sa politique, ni m&#234;me parfois celle de sa perspicacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour nous une conviction profonde, &#233;tay&#233;e par notre propre pass&#233;, o&#249; tr&#232;s longtemps nous avons &#233;t&#233; mis au ban par les regroupements internationaux, dont le v&#244;tre, alors que nous montrons que nous sommes capables de d&#233;velopper et d'implanter, m&#234;me sans le label d'une organisation internationale, et &#224; plus forte raison sans son aide, une organisation qui est enti&#232;rement sur le terrain du trotskysme, dont les militants et les cadres n'ont pas moins de comp&#233;tence sur les probl&#232;mes internationaux, que ceux des autres organisations, qui n'a pas &#224; rougir de sa politique et qui est d'une importance num&#233;rique et politique au moins du m&#234;me ordre que vos sections les plus importantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, nous souhaitons sinc&#232;rement que la proposition que vous nous aviez faite de rejoindre votre organisation internationale en qualit&#233; d'observateur puisse se r&#233;aliser et que les liens que nous parviendrons &#224; tisser, et pas seulement entre directions, soient tels que nous puissions envisager des relations plus proches encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'attente de votre r&#233;ponse, recevez, chers camarades, nos salutations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le Comit&#233; Ex&#233;cutif de Lutte Ouvri&#232;re,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges KALDY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;**Le Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IVe Internationale &#224; la direction nationale de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le 10 janvier 1986&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les rapports entre votre organisation et le Secr&#233;tariat unifi&#233; de la Quatri&#232;me Internationale ont &#233;t&#233; marqu&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es par quelques &#233;volutions positives, gr&#226;ce aux meilleures relations entre Lutte Ouvri&#232;re et la LCR. Ces progr&#232;s ont pu d&#233;boucher sur votre invitation &#224; diverses activit&#233;s de l'Internationale (congr&#232;s mondial, r&#233;union des bureaux politiques europ&#233;ens, l'&#233;cole de cadres internationale).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait ces rapprochements qui nous avaient conduits au printemps 1985 &#224; vous faire des propositions exploratoires pour mieux d&#233;finir un cadre organisationnel susceptible de formaliser ces relations. R&#233;pondant &#224; ces propositions orales, vous manifestiez dans votre lettre du 13 septembre 1985, votre volont&#233; de &#171; participer d'une fa&#231;on &#224; d&#233;terminer au SU, sans avoir &#224; renoncer &#224; d&#233;fendre publiquement (vos) opinions politiques et organisationnelles &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est bien dans cet esprit que nous entendons d&#233;velopper la discussion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Nous sommes pr&#234;ts, disiez-vous, &#224; faire notre part de travail &#187;. Il va de soi que ce serait l&#224; la meilleure preuve d'une confiance mutuelle et d'une aptitude &#224; d&#233;battre de nos divergences, tout en collaborant dans la pratique. Or, &#224; la lecture de votre lettre, on ne peut pas dire que vous fassiez preuve d'optimisme en la mati&#232;re. Vous faites comme nous le constat d'importantes divergences sur les grands &#233;v&#233;nements des derni&#232;res ann&#233;es, qu'il s'agisse de la r&#233;volution en Am&#233;rique centrale, de la lutte des travailleurs polonais, du mouvement de masse contre les missiles am&#233;ricains en Europe ou encore de la lutte du peuple kanak. Mais vous portez sur ces divergences un jugement qui nous para&#238;t en contradiction avec votre volont&#233; de &#171; faire votre part de travail &#187;.
Vous nous reprochez en effet &#171; d'avoir renonc&#233; dans le pass&#233; (et au pr&#233;sent) &#224; d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser de fa&#231;on ind&#233;pendante des autres classes sociales &#187;. Rien de moins ! Ou vous &#233;crivez &#224; la l&#233;g&#232;re, ou vous prenez vos propres termes au s&#233;rieux. Et en ce cas, nous voyons mal ce qui pourrait inciter votre direction et vos militants &#224; &#233;tablir des relations privil&#233;gi&#233;es avec une organisation qui aurait pour tradition de brader l'ind&#233;pendance de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous vous avons maintes fois expliqu&#233; que selon nous, les diff&#233;rences entre nos organisations recouvraient plusieurs divergences politiques. Votre attitude envers les mouvements de lib&#233;ration nationale par exemple, est pour nous contraire &#224; toute la tradition de L&#233;nine et de Trotsky, alors que vous faites mine d'&#234;tre les d&#233;fenseurs de &#171; l'orthodoxie &#187; en la mati&#232;re. Mais nous pensons &#233;galement que ces d&#233;saccords peuvent provenir en partie de l'absence de pratique internationale de la part de Lutte Ouvri&#232;re et de son refus de s'engager dans la construction de l'Internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il n'y a pas de rapprochement programmatique, l'&#233;volution de nos rapports pourrait du moins exprimer un changement d'attitude qui selon votre lettre, serait essentiellement notre fait. Pour notre part, vous mettez en effet un point d'honneur &#224; pr&#233;tendre qu'en quarante ans d'existence vous n'avez jamais chang&#233; d'id&#233;e sur l'Internationale. Ce qui nous semble un peu pr&#233;tentieux et un tantinet ridicule, car c'est confondre constance et immobilisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous auriez pu, au contraire, vous pr&#233;occuper de votre isolement national et de vos &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s dans vos tentatives pour le rompre : l'&#233;pisode avec Healy et Lambert et celui du SWP britannique. Vos partenaires portent sans doute une bonne part de responsabilit&#233;, mais vous pourriez vous interroger sur la d&#233;marche que vous avez suivie alors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, vous semblez opter pour une nouvelle d&#233;finition de vos relations internationales, celles du &#171; d&#233;veloppement du mouvement trotskyste &#187; sauf erreur de notre part, cette ligne de conduite de Lutte Ouvri&#232;re est assez r&#233;cente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par comparaison, vous affirmez dans votre lettre : &#171; nos divergences politiques ne nous conduisent pas &#224; nier tout r&#244;le positif &#224; votre organisation internationale &#187;. Voil&#224; qui fait beaucoup de n&#233;gations pour une affirmation &#224; reculons. Mais acceptons en tout de m&#234;me l'hommage. Pourtant, dans le num&#233;ro de mai 1984 de Lutte de Classe, vous &#233;crivez &#224; propos du bilan du Secr&#233;tariat unifi&#233; : &#171; si dans ces pays pauvres les directions petites-bourgeoises nationalistes semblent disposer d'une influence h&#233;g&#233;monique sur les masses, ce n'est pas toujours parce qu'au d&#233;part les quelques avocats, m&#233;decins et autres intellectuels qui mirent en place ces futures directions &#171; pragmatiques &#187; &#233;taient plus nombreuses que les trotskystes, mais parce qu'ils ne rencontr&#232;rent personne qui d&#233;fendait directement aupr&#232;s des masses une autre politique, personne pour contester leur h&#233;g&#233;monie, en un mot personne pour les combattre et dans ce combat, arracher concr&#232;tement la lutte des masses &#224; leur influence et &#224; leur direction &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, camarades, pourquoi ne l'avez-vous fait vous-m&#234;mes ? Vous vous contentez d'une interpellation, alors que nous attendrions de vous un vrai d&#233;bat sur comment construire l'Internationale et comment aider &#224; la formation de directions marxistes-r&#233;volutionnaires. Nous pr&#233;tendons, malgr&#233; nos faiblesses, avoir jou&#233; un r&#244;le positif dans ce sens. D'autre part, nous sommes ouverts &#224; des rapports de collaboration avec d'autres courants dans le cadre de processus complexes et prolong&#233;s de reconstruction d'une avant-garde r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans cette perspective d'ensemble que nous concevons le d&#233;veloppement de nos rapports avec vous comme avec d'autres.
Il est vrai que vous donnez une &#233;bauche d'excuse au fait que vous-m&#234;mes n'avez gu&#232;re de pratique internationale qui vous permette de d&#233;battre concr&#232;tement. Vous dites : &#171; c'est votre organisation quia assum&#233; dans le temps et l'&#233;tendue g&#233;ographique, la majeure partie de ce travail, indispensable du point de vue des int&#233;r&#234;ts de l'ensemble du mouvement trotskyste &#187;. Passons sur les contradictions de votre jugement qui revient &#224; nous reprocher de nous &#234;tre mouill&#233;s pour &#234;tre all&#233;s travailler un jour de pluie. Ceci vous permet tout de m&#234;me de reconna&#238;tre trois lignes plus loin que ce d&#233;vouement doublement utile vous a permis de vous &#171; consacrer davantage &#224; vos priorit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous estimez par ailleurs qu'il faut en rester &#224; une conception plus modeste de l'Internationale, de son fonctionnement, de la nature et du r&#244;le de ses directions. Nous avons pour notre part largement soulign&#233; cela lors de notre dernier congr&#232;s mondial. Reconnaissez tout de m&#234;me que les &#233;volutions sur ce sujet ne datent pas d'hier. D&#232;s la r&#233;unification de 1963, le r&#244;le des directions internationales &#233;tait statutairement d&#233;limit&#233; par la souverainet&#233; reconnue aux sections de la IVe Internationale aussi bien pour l'&#233;laboration de leur orientation nationale que pour l'&#233;lection de leurs directions. La question substantielle est ailleurs. Elle a trait &#224; la n&#233;cessit&#233; ou non de maintenir et faire vivre un cadre international organique. C'est-&#224;-dire une internationale centralis&#233;e dans la mesure de ses possibilit&#233;s, qui ne soit pas une simple coordination et dans laquelle on s'efforce de d&#233;finir des positions communes en apprenant mutuellement de nos exp&#233;riences respectives et en essayant de mettre en oeuvre des activit&#233;s mobilisant plusieurs sections ou toute l'Internationale pour agir et peser sur le cours des luttes de classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La modestie ne r&#233;side donc pas o&#249; vous le croyez. Votre volont&#233; de ne jamais vouloir &#171; vous poser en direction internationale &#187; ne vous a d'ailleurs jamais emp&#234;ch&#233; de porter des jugements sur tout ce qui se passait dans le monde. Mais nous avons, nous, la modestie de croire qu'il vaut mieux se prononcer gr&#226;ce &#224; des discussions et une collaboration avec des camarades et des organisations au sein d'une structure internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Votre lettre contient donc des jugements contradictoires qui confirment l'impression que nous avions lorsque nous vous avions fait des propositions exploratoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour saisir l'occasion d'une &#233;volution positive et mettre sur pied un cadre organisationnel qui permette d'avancer dans les discussions que nous avons propos&#233; la possibilit&#233; de votre participation r&#233;guli&#232;re &#224; la vie de l'Internationale. Il s'agirait l&#224; d'une situation in&#233;dite, non pr&#233;vue par nos statuts, que nous devrions traiter avec pr&#233;caution. Plut&#244;t que de cr&#233;er une nouvelle situation statutaire, il s'agirait d'avancer dans la d&#233;finition d'un protocole d'accord codifiant nos rapports. Ainsi Lutte Ouvri&#232;re pourrait participer r&#233;guli&#232;rement &#224; une s&#233;rie d'activit&#233;s et de r&#233;unions des instances de l'Internationale, avec droit de parole. Lutte Ouvri&#232;re pourrait participer aux campagnes internationales selon des modalit&#233;s &#224; pr&#233;ciser et diffuserait la presse de l'Internationale. Il pourrait y avoir ouverture r&#233;ciproque des colonnes de notre presse selon les sujets d'actualit&#233;. La direction de l'Internationale aurait la possibilit&#233; de venir d&#233;fendre ses positions devant les militants de LO quand une discussion est ouverte.
Nous n'avons pas &#224; entrer sp&#233;cialement dans la discussion sur la tactique &#233;lectorale en France. Mais les deux &#233;l&#233;ments, rapproch&#233;s, nous paraissent toutefois exprimer un tournant de votre part. Nous ne nous attacherons ici qu'&#224; votre document de congr&#232;s qui exprime une indiscutable r&#233;gression par rapport &#224; nos discussions ant&#233;rieures et m&#234;me &#224; votre lettre du 13 septembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce document ne parle pas de relations privil&#233;gi&#233;es avec nous et toute sa logique affirme m&#234;me le contraire. &#171; Les organisations trotskystes r&#233;ellement militantes de parle monde ont des qualit&#233;s et des d&#233;fauts mais aucune d'entre elles n'est devenue un parti r&#233;volutionnaire. Il y a des choses &#224; apprendre en positif et en n&#233;gatif, chez les uns comme chez les autres &#187;. Voil&#224; encore le faux bon sens du pour et du contre, du positif et du n&#233;gatif. Certes, camarades, l'histoire jugera en derni&#232;re instance. Mais entre le verdict final sur la pratique des uns et des autres et le doute absolu pr&#233;sent, il existe un moyen terme qui implique un jugement, voire un risque de se tromper, afin de tirer des conclusions pour agir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous tenons &#224; &#234;tre clairs sur ce sujet&lt;/p&gt; &lt;p&gt;a) Nous sommes en d&#233;saccord avec votre point de d&#233;part et votre approche : il est faux et d&#233;magogique de pr&#233;senter l'internationalisme dans la tradition de notre mouvement, c'est au contraire d'abord un programme qui d&#233;finit une d&#233;marche commune face aux grands &#233;v&#233;nements et aux t&#226;ches de la lutte de classe internationale, et l'engagement pratique dans la construction d'un cadre organisationnel commun sur cette base. Sans cela, la meilleure volont&#233; du monde et les plus fraternels rapports ne r&#233;sisteraient pas aux &#233;preuves. C'est donc la centralisation des unit&#233;s fondamentales de l'Internationale que sont les sections, qui permet seule de d&#233;gager un point de vue politique internationaliste prenant en compte les r&#233;alit&#233;s nationales. Si le v&#233;cu devait &#234;tre la pr&#233;condition absolue d'une conscience internationaliste, il faudrait en conclure que l'internationalisme est r&#233;serv&#233; aux seuls globe trotters, et qu'il faudrait des ann&#233;es et des ann&#233;es (combien de pays visit&#233;s ?) pour devenir un internationaliste cons&#233;quent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;b) Ceci dit, dans un cadre programmatique pr&#233;cis et &#224; partir d'un projet organisationnel commun, une meilleure connaissance r&#233;ciproque entre sections et entre militants permet de v&#233;rifier ce qui nous rassemble, de consolider la confiance, de rendre plus vivante la conscience de mener un combat commun. C'est avec ce souci que nous nous sommes employ&#233;s, en particulier ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; construire plusieurs m&#233;canismes de rencontre et d'&#233;change, tels que les r&#233;unions continentales de directions, les &#233;coles internationales de cadres, les camps de jeunesse, sans sous-estimer l'importance d'une presse internationale assurant une information r&#233;guli&#232;re. Dans le cadre d'un rapprochement effectif assurant la f&#233;condit&#233; de l'&#233;change, ces formes peuvent &#234;tre compl&#233;t&#233;es par des s&#233;jours dans certains pays, apr&#232;s discussion avec les directions nationales concern&#233;es pour fixer les modalit&#233;s et objectifs de tels s&#233;jours, compatibles avec leur propre activit&#233;. Vous avez pris soin de pr&#233;ciser que ce n'&#233;tait pas en tant que courant international mais en tant qu'organisation nationale que vous faisiez cette d&#233;marche. Outre la section fran&#231;aise, les sections de l'Internationale sont a fortiori int&#233;ress&#233;es de savoir ce que vos militants pensent et disent pour envisager de les int&#233;grer &#171; plusieurs mois &#187; dans leurs rangs. Nous insistons sur ce point qui devrait aller de soi dans l'id&#233;e que nous nous faisons de la souverainet&#233; des sections et de leurs directions &#233;lues sur tout ce qui concerne leur vie interne. Toute initiative de ce genre rel&#232;ve de leur seule autorit&#233;. C'est un principe et un m&#233;canisme que vous ne semblez pas avoir clairement compris, ne serait-ce qu'au niveau fran&#231;ais, puisque vous avez plusieurs fois essay&#233; d'inviter &#224; vos activit&#233;s des militants individuels de la section fran&#231;aise sans passer par les directions correspondantes, comme il nous semblerait normal dans des rapports entre organisations. Cela vaut &#224; plus forte raison au niveau international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est donc bien difficile &#224; la lecture de votre document de congr&#232;s d'aller plus loin que les propositions que nous vous rappelons dans cette lettre. Il va de soi, d'autre part, que les relations de l'Internationale avec votre organisation d&#233;pendent substantiellement des rapports entre LO et LCR. Vous &#233;criviez notamment dans votre lettre du 12 mai que les relations entre la IVe Internationale prolongeaient celles &#233;tablies entre votre organisation et notre section fran&#231;aise. C'est exactement la d&#233;marche que nous voulons conserver &#224; l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous vous avons exprim&#233; franchement et sans faux-fuyants les commentaires que nous inspirent votre courrier et vos documents les plus r&#233;cents. Nous vous r&#233;affirmons ici le cadre de collaboration qui pourrait s'&#233;tablir entre Lutte Ouvri&#232;re et notre mouvement. Nous avons appris la patience. M&#234;me si votre changement d'attitude rend les choses plus lentes et plus difficiles, nous ne renoncerons pas et nous continuerons &#224; vous proposer une consolidation de nos rapports sous la forme esquiss&#233;e dans nos rencontres ant&#233;rieures et rappel&#233;es dans cette lettre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Recevez, chers camarades, nos meilleures salutations r&#233;volutionnaires.
Le SU de la IVe Internationale&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;Le Comit&#233; Ex&#233;cutif de Lutte Ouvri&#232;re au Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IVe Internationale&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le 8 f&#233;vrier 1986
Chers camarades,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si nous comprenons bien le sens de votre lettre du 10 janvier 1986, vous claquez la porte que nous croyions entre-ouverte, en esp&#233;rant d'ailleurs, apparemment, nous la claquer sur les doigts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous comprenons fort bien qu'il &#171; s'agirait &#187; - tout le paragraphe concernant directement la question est &#233;crit au conditionnel - &#171; d'une situation in&#233;dite &#187; que vous devez &#171; traiter avec pr&#233;caution &#187;. Nous nous en voudrions de compliquer vos nombreuses t&#226;ches internationales par une demande aussi &#171; in&#233;dite &#187; que celle de trouver un terrain de collaboration avec une organisation qui a, il est vrai, le d&#233;faut de ne pas partager un certain nombre de vos orientations politiques, et surtout, le d&#233;faut de vouloir le dire, publiquement, tout en souhaitant &#233;tablir des relations fraternelles permanentes avec vous. Et nous comprenons aussi qu'une si &#233;trange demande vous oblige &#224; la &#171; traiter avec pr&#233;caution &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En somme, si nous comprenons bien, devant les probl&#232;mes inou&#239;s que nous vous posons, il est surtout urgent d'attendre, et nos &#171; relations privil&#233;gi&#233;es &#187; sont destin&#233;es &#224; se limiter, pour une p&#233;riode ind&#233;termin&#233;e, au privil&#232;ge - pour nous, bien entendu - d'assister &#224; vos congr&#232;s mondiaux tous les cinq ans et d'&#234;tre de temps &#224; autre invit&#233;s &#224; certaines r&#233;unions plus ou moins de direction. Vous poussez cependant l'attitude fraternelle jusqu'&#224; envisager - toujours au conditionnel cependant, car m&#234;me dans ce domaine, on ne saurait prendre trop de pr&#233;cautions - que Lutte Ouvri&#232;re &#171; pourrait participer &#187; &#224; vos campagnes internationales ; qu'elle &#171; diffuserait la presse de l'Internationale &#187;. Vous nous voyez honor&#233;s qu'il puisse &#234;tre envisag&#233; que nous soit reconnu le droit de participer &#224; l'application de votre politique. Il est vrai que vous envisagez m&#234;me &#171; l'ouverture r&#233;ciproque des colonnes de notre presse &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre, l'&#233;change de militants vous pose des probl&#232;mes apparemment insurmontables. Ce qui devrait aller de soi entre organisations trotskystes de pays diff&#233;rents, semble vous poser &#224; vous des difficult&#233;s juridico-r&#233;glementaires telles, qu'il faudra certainement beaucoup de navettes entre la direction du Secr&#233;tariat unifi&#233; et celles des sections nationales, avant d'en d&#233;m&#233;ler tous les tenants et aboutissants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Permettez-nous de vous dire qu'&#224; notre avis vous avez tort de rejeter ainsi une organisation qui veut sinc&#232;rement et consciemment vous aider de son mieux. Vous avez tort car vous n'&#234;tes pas dans la situation de refuser une aide, politique et militante, comme la n&#244;tre, sans compromettre en partie les efforts et le d&#233;vouement de l'ensemble de vos militants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre organisation est aussi forte que la LCR, la plus puissante de vos organisations, et qui plus est dans le m&#234;me pays. Mais m&#234;me nos forces r&#233;unies n'atteignent pas le minimum de force et de cr&#233;dibilit&#233; pour m&#233;riter le nom de parti. Les cinquante autres sections dont vous vous enorgueillissez ne sont, quels que soient l'engagement ou la valeur de leurs militants, que des groupes encore plus petits et quasiment sans audience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne vous reprochons pas cette faiblesse. Nous d&#233;plorons seulement que vous n'ayez pas une attitude politique et organisationnelle qui permette d'esp&#233;rer sortir de cet &#233;tat de chose dont vous vous contentez, en campant fi&#232;rement sur des positions qui, malheureusement pour nous tous, sont absolument d&#233;risoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne suffit pas d'exister, ou de survivre. Il faut encore jouer un r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements. Vous avez le m&#233;rite d'exister, nous le reconnaissons, mais vous n'avez jamais jou&#233; le moindre r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements. Nous non plus, certes, mais nous, nous ne le pr&#233;tendons pas. Le propre d'une v&#233;ritable internationale serait de jouer un r&#244;le. Cela vous para&#238;t contradictoire de notre part, comme appr&#233;ciation ? Ce n'est pas elle qui est contradictoire. C'est votre jugement sur vous-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;rience des quarante derni&#232;res ann&#233;es du courant que vous repr&#233;sentez devrait vous inciter &#224; r&#233;viser le jugement que vous portez sur votre situation, votre cr&#233;dit, votre influence politique, votre r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ne prendre que le point particulier de votre attitude organisationnelle, cette attitude - sans justifier politiquement toutes les organisations qui, apr&#232;s vous avoir quitt&#233;s, ont pr&#233;tendu, &#224; votre exemple, repr&#233;senter un centre international de d&#233;cision, ou m&#234;me d'&#233;laboration - est pour une part importante dans leur choix, parce qu'elles ont &#233;t&#233; form&#233;es &#224; votre image, et parce que vous ne leur avez laiss&#233; d'autres possibilit&#233;s que d'accepter vos choix politiques, justes ou erron&#233;s, ou que de scissionner.
Toutes ces ann&#233;es devraient vous montrer que vous n'avez pas le cr&#233;dit politique voulu pour imposer un tel choix, aux groupes les plus forts sinon les plus valables, justement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et plus le temps passe, les anciennes g&#233;n&#233;rations de vos cadres disparaissant, plus, malheureusement, les g&#233;n&#233;rations les plus r&#233;centes ne disposent que d'un cr&#233;dit qui va s'amenuisant car leur exp&#233;rience n'est pas convaincante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous aurions voulu vous aider, de tous nos moyens, moyens certes limit&#233;s mais, &#224; votre &#233;chelle, pas n&#233;gligeables. Vous ne le voulez pas. Dommage, pour vos militants comme pour les n&#244;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne pol&#233;miquerons pas &#224; propos des propositions ou des affirmations volontairement provocatrices, avec la(e) r&#233;dacrtice(teur) - anonyme - de votre lettre (Nota : nous ne songerions pas &#224; relever cet anonymat si vous-m&#234;mes ne nous aviez pas d&#233;clar&#233;, au nom des principes, &#224; propos de notre &#233;change de courrier pr&#233;c&#233;dent, que vous teniez, &#224; juste titre d'ailleurs, &#224; une signature personnelle. Peut-&#234;tre s'agit-il l&#224; de l'application d'un sens unique dans vos principes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sachez cependant que nous limiter au travail que vous faites, d'une fa&#231;on ind&#233;pendante de vous, ne nous para&#238;t pas &#234;tre au-dessus de nos forces.
Si nous ne voulons pas vous imiter, c'est simplement qu'il nous para&#238;t erron&#233; de le faire, comme tant d'autres le font, dans une concurrence qui joue &#224; accumuler les sections symboliques pour faire nombre face aux autres regroupements en perdant de vue que l'objectif est la constitution d'organisations prol&#233;tariennes. Le r&#233;sultat en est aujourd'hui que pas un groupe trotskyste un peu cons&#233;quent de par le monde, n'accepte votre direction, et qu'il y a autant de pseudo-internationales qu'il y a de groupes un peu nombreux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, vous voulez nous forcer, comme vous nous y avez forc&#233; dans le pass&#233; et en avez forc&#233; d'autres, &#224; tenter d'avoir une intervention &#224; l'&#233;chelle internationale en dehors de vous. A moins de nous soumettre &#224; vos ukases condescendants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne nous livrerons pas &#224; ce jeu, malgr&#233; votre tentative de remplacer la discussion politique par &#171; pourquoi vous ne le faites pas vous-m&#234;mes &#187;.
&#171; Chiche ! &#187; n'est s&#251;rement pas un proc&#233;d&#233; de discussion pour des adultes politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous en revenons donc &#224; la situation pr&#233;c&#233;dant notre &#233;change de courrier. Soit. Tant que vous n'aurez pas r&#233;vis&#233; votre attitude envers nous, nous m&#232;nerons donc notre travail international comme nous l'avons fait jusqu'ici. En prenant nos responsabilit&#233;s, en saisissant toutes les opportunit&#233;s de l'effectuer, en le d&#233;veloppant, mais sans sonneries de clairon superlatives ou pr&#233;matur&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs groupes trotskystes, aux USA, aux Antilles fran&#231;aises, de travailleurs africains, partagent notre analyse de la situation et des voies et des moyens de la construction de partis et d'une internationale prol&#233;tariens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres organisations trotskystes, sans partager nos id&#233;es, sont d'accord pour que nous confrontions nos id&#233;es, pour mener en commun la r&#233;flexion politique que vous refusez de mener avec nous (car cela ne peut se mener avec des pincettes et en refusant frileusement les confrontations de militants &#224; militants). M&#234;me sans vous, nous militons. Nous avons form&#233;, sans l'h&#233;ritage dont vous avez b&#233;n&#233;fici&#233;, des cadres qui valent les v&#244;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous continuerons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous r&#233;insistons sur le fait que nous avons des d&#233;saccords politiques et strat&#233;giques avec vous, qu'ils n'ont jamais diminu&#233; et que nous ne l'avons jamais cach&#233;. Vous croyez voir un changement dans nos derniers textes. Or si vous lisiez nos textes, vous sauriez que nos critiques &#224; l'&#233;gard de votre politique ne datent pas d'hier, et que nous les formulions publiquement bien avant que vous nous fassiez votre proposition de statut d'observateur dans le SU et que nous l'acceptions. Comme quoi, vous lisez nos positions en pointill&#233;, et uniquement lorsque vous avez l'intention de vous en servir pour pol&#233;miquer. Une v&#233;ritable discussion, ce n'est peut-&#234;tre pas ce que nous faisons, mais certainement pas ce que vous faites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ou vous &#234;tes pr&#234;ts &#224; ce que nous collaborions malgr&#233; ces d&#233;saccords - que nous continuerons &#224; exprimer publiquement dans notre int&#233;r&#234;t commun - ou vous n'y &#234;tes pas pr&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous y &#234;tes pr&#234;ts, nous pouvons discuter au travers des organismes de votre choix, certes, mais aussi de toutes les autres fa&#231;ons qui conviennent &#224; des militants r&#233;volutionnaires, devant l'ensemble des militants trotskystes de par le monde, fraternellement, sans vaine pol&#233;mique, afin de confronter nos id&#233;es et de v&#233;rifier, par nos pratiques respectives, y compris diff&#233;rentes, lesquelles de ces id&#233;es sont fructueuses, efficaces, lesquelles correspondent &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; une intervention r&#233;elle dans le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment, nous ne pourrions pas beaucoup agir ensemble pendant toute une p&#233;riode, car nous ne sommes pas d'accord sur les choix d'intervention. C'est ce qui rend si difficiles les actions communes entre LO et la LCR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous pourrions fraternellement confronter nos id&#233;es, confronter nos choix, en confronter les r&#233;sultats et faire en sorte que, malgr&#233; les d&#233;saccords politiques, malgr&#233; les diff&#233;rences d'intervention, puisse r&#233;gner entre nos deux courants, entre nos militants respectifs, une fraternit&#233; de combattants qui s'appr&#233;cient, dont aucun ne croit d&#233;tenir la v&#233;rit&#233; mais qui veulent la rechercher ensemble et ne se sentent pas concurrents mais associ&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous ne voulez pas, eh bien nous vous le disons : vous resterez ce que vous &#234;tes depuis quarante ans. Mieux que rien, certes, mais gu&#232;re plus.
Si vous trouvez cependant contradictoire, comme la(e) r&#233;dactrice(teur) de votre lettre, de faire ces critiques tout en souhaitant des relations fraternelles, nous n'y pouvons rien : c'est la vie, la soci&#233;t&#233;, l'&#233;volution de l'humanit&#233; qui sont pleines de contradictions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous terminez enfin sur nos rapports avec la LCR, de la fa&#231;on la plus propre &#224; &#233;loigner nos camarades respectifs les uns des autres en accumulant les obstacles, les malentendus et les rancoeurs. (Vous reprenez en particulier &#224; votre compte des accusations ridicules formul&#233;es par la LCR, accusations auxquelles nous r&#233;pondons dans une lettre dont nous vous adressons une copie, et &#224; laquelle nous vous renvoyons.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;crit que selon vous &#171; il va de soi &#187; que les relations de ce que vous appelez &#171; l'internationale &#187;, avec notre organisation &#171; d&#233;pendent substantiellement des rapports entre LO et la LCR &#187;, vous citez notre lettre du 12 mai, arguant du fait que nous avons &#233;crit que nos relations avec le SU prolongeaient celles &#233;tablies entre LO et la LCR, pour conclure : &#171; c'est exactement la d&#233;marche que nous voulons conserver &#224; l'avenir &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est &#233;videmment votre droit, chacun ayant droit un certain nombre de fois &#224; l'erreur. Mais c'est un droit dont on ne peut pas abuser sans risque. En premier lieu, sur le plan du raisonnement, vous confondez la description d'un processus pass&#233;, avec une relation de cause &#224; effet.
Mais le plus grave est le choix que vous faites. Car si vous imposez qu'&#224; l'avenir nos liens entre LO et le SU, d&#233;pendent des relations entre LO et la LCR, vous risquez de provoquer l'inverse, &#224; savoir que nos relations avec la LCR subissent le contre-coup de notre absence de relations avec le SU.
De bons rapports, (que votre proposition de statut d'observateur dans le cadre du SU nous laissait entrevoir), un lieu o&#249; nous pourrions nous expliquer, la LCR et nous, pourraient peut-&#234;tre au contraire r&#233;soudre les probl&#232;mes que des interventions diff&#233;rentes, voire divergentes, entre la LCR et nous, peuvent poser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous prenez l&#224;, d&#233;lib&#233;r&#233;ment, le risque d'aggraver les difficult&#233;s d&#233;j&#224; grandes des d&#233;marches communes entre LO et la LCR. C'est un risque grave, pour vous comme pour nous, et qui peut nous faire passer &#224; c&#244;t&#233; d'une situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une v&#233;ritable direction est comptable des int&#233;r&#234;ts de tous les militants qui sont engag&#233;s dans le m&#234;me combat. Lorsque nous disons que nous ne sommes pas une direction internationale, ce n'est pas par modestie, vraie ou fausse, comme vous semblez le croire, c'est parce que nous voyons bien, depuis des ann&#233;es, les limites de ceux qui se pr&#233;tendent une telle direction et les entraves qu'ils apportent ainsi au d&#233;veloppement de leur propre organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faute de vouloir, ou de pouvoir, comprendre nos raisons, vous pouvez, pour vous satisfaire, inventer un changement d'attitude de notre part qui n'existe que dans votre esprit. Mais cette invention ne vous fera pas avancer d'un pouce, contrairement &#224; ce qu'aurait pu faire une collaboration avec nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela dit, nous sommes convaincus que nous nous rencontrerons &#224; nouveau et, nous l'esp&#233;rons, sur d'autres bases et avec d'autres rapports car si nous voulons apprendre de vous, nous sommes convaincus que nous avons aussi - et voyez que nous ne sommes pas modestes - bien des choses &#224; vous apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi que vous le souhaitez, nous attendrons donc que nos relations avec la LCR s'am&#233;liorent pour reprendre cette discussion. Bien s&#251;r, nous sommes certains que si nous semblons nous &#233;loigner de vous durant cette p&#233;riode, vous ne pourrez imaginer autre chose qu'une manoeuvre.
Mais ce n'en est pas une. Nous le disons sans esp&#233;rer vous faire abandonner vos sch&#233;mas habituels. Nous conserverons vis-&#224;-vis de vous la m&#234;me attitude que par le pass&#233; (sans cependant refaire la m&#234;me d&#233;marche) qui est la m&#234;me attitude que nous avons vis-&#224;-vis de tous ceux qui se r&#233;clament du trotskysme de par le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous dites, dans votre lettre, avoir appris la patience. Pas nous. Nous sommes des r&#233;volutionnaires et votre patience ressemble trop au contentement de soi. Si vous &#234;tes satisfaits de ce que vous &#234;tes, tant pis pour vous. Nous, nous esp&#233;rons et nous visons plus loin. Nous esp&#233;rons, un jour, nous engager dans cette voie avec vous. Vous n'avez pas chang&#233;, eh bien, nous esp&#233;rons que vous changerez vite, avant qu'une g&#233;n&#233;ration de plus ait men&#233; un combat inutile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cet espoir, recevez, camarades, l'expression de nos sentiments r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le CE de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARDY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>Un &#233;pisode significatif dans les relations entre Lutte Ouvri&#232;re et le Secr&#233;tariat Unifi&#233;</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/un-episode-significatif-dans-les</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/un-episode-significatif-dans-les</guid>
		<dc:date>1986-04-30T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sent num&#233;ro contient la correspondance que Lutte Ouvri&#232;re a &#233;chang&#233;e avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233; entre le 12 mai 1985 et le 8 f&#233;vrier 1986.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet &#233;change de correspondances illustre une br&#232;ve p&#233;riode de relations avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233;, concr&#233;tis&#233;es par ailleurs par notre participation en invit&#233;s au congr&#232;s du SU ; p&#233;riode qui, commenc&#233;e il y a un peu plus d'un an, semble aujourd'hui close.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette p&#233;riode de relations a &#233;t&#233; ouverte lorsqu'un repr&#233;sentant du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, pr&#233;sent aux r&#233;unions entre les directions de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire et Lutte Ouvri&#232;re, a &#233;voqu&#233;, d&#232;s la premi&#232;re de ces r&#233;unions, en d&#233;cembre 1983, la possibilit&#233; pour Lutte Ouvri&#232;re d'&#234;tre associ&#233;e de fa&#231;on permanente aux activit&#233;s du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, en qualit&#233; d'observateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons alors demand&#233; ce que cette proposition recouvrait de concret et &#224; une r&#233;union suivante, en f&#233;vrier 1984, un autre repr&#233;sentant du SU nous r&#233;pondit que les statuts du Secr&#233;tariat Unifi&#233; ne pr&#233;voyant pas la qualit&#233; d'organisation observatrice, la chose serait &#224; discuter et &#224; d&#233;finir. Nous f&#251;mes invit&#233;s &#224; une r&#233;union du Bureau europ&#233;en dans le courant de cette m&#234;me ann&#233;e 1984, puis au Congr&#232;s Mondial du SU &#224; la fin de l'ann&#233;e 1984.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est apr&#232;s cette participation que, lors d'une nouvelle r&#233;union commune LCR-LO, le repr&#233;sentant du SU nous priait, au cas o&#249; nous souhaiterions toujours &#234;tre associ&#233;s au SU en qualit&#233; d'observateurs, de formuler une telle demande par &#233;crit, afin que les instances de son organisation puissent se prononcer. Nous avons donc exprim&#233;, par &#233;crit, dans notre lettre du 12 mai 1985 notre acceptation de la proposition orale du SU.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis les quelque quarante ans que nous c&#244;toyons le Secr&#233;tariat Unifi&#233; sous ses d&#233;nominations, ses ruptures, ses r&#233;unifications successives - m&#234;me si nous le c&#244;toyons en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale sans rapports directs - et que nous nous sommes habitu&#233;s &#224; ce que la seule fa&#231;on pour lui d'envisager des relations directes avec nous, ce soit en exigeant que l'on entre dans son regroupement international en acceptant son autorit&#233; et sa politique que nous n'avons jamais eu l'intention d'accepter, cette proposition m&#234;me vague, semblait ouvrir une porte devant un autre type de relations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux semaines apr&#232;s notre lettre, le 26 mai 1985, lors de la f&#234;te commune LO-LCR, et dans le cadre d'un forum en commun, nous parlions de ce que nous pensions de la construction d'une Internationale r&#233;volutionnaire, sans taire nos divergences avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233; ; sans taire ce que nous pensions de sa politique, dans des termes identiques &#224; ceux que nous avons toujours utilis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peu apr&#232;s que nous avons eu notre premi&#232;re rencontre avec le SU en tant que tel, c'est &#224; dire hors des r&#233;unions communes LCR-LO. A cette rencontre les repr&#233;sentants du SU pr&#233;tendirent qu'il y avait une contradiction entre notre volont&#233; de resserrer les liens avec le SU et les critiques que nous formulons &#224; son &#233;gard ; il nous demandait d'expliquer la d&#233;marche qui nous a conduits &#224; un rapprochement, et de r&#233;sumer par la m&#234;me occasion nos critiques politiques. Ce fut l'objet de notre seconde lettre qui a enfin suscit&#233; une r&#233;ponse du Secr&#233;tariat Unifi&#233;. Cette r&#233;ponse est apparemment le fruit d'une laborieuse r&#233;flexion, puisque notre premi&#232;re lettre date du 12 mai 1985, la deuxi&#232;me du 13 septembre 1985, alors que la r&#233;ponse du SU s'est fait attendre jusqu'au 10 janvier 1986, c'est-&#224;-dire plus de deux ans apr&#232;s que sa proposition primitive nous ait &#233;t&#233; faite oralement. Et cette r&#233;ponse est, en r&#233;sum&#233;, le refus de nous proposer autre chose que le droit de participer &#224; certaines initiatives que le Secr&#233;tariat Unifi&#233; aurait d&#233;cid&#233; unilat&#233;ralement, et le droit de participer &#224; quelques r&#233;unions sans int&#233;r&#234;t majeur...&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Lorsque la fin pr&#233;c&#232;de la suite&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Dont acte. Un &#233;pisode st&#233;rile de plus dans nos relations - ou plut&#244;t dans notre absence de relations - avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233;. Ce n'est pas la premi&#232;re au cours des d&#233;cennies &#233;coul&#233;es, et peut-&#234;tre pas la derni&#232;re non plus. Une fois de plus le Secr&#233;tariat Unifi&#233;, qui sait pourtant que nous repr&#233;sentons une organisation de la taille de sa plus importante section, fait le choix de ne pas avoir de relations avec nous. Cela ne nous a pas emp&#234;ch&#233; ni de vivre, ni de nous d&#233;velopper jusqu'&#224; pr&#233;sent, cela ne nous en emp&#234;chera pas non plus dans l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son unique lettre pendant cette p&#233;riode (publi&#233; dans ce num&#233;ro) le Secr&#233;tariat Unifi&#233; exprime d'ailleurs clairement son choix : &lt;i&gt; &#171; les relations de l'Internationale avec votre organisation d&#233;pendent substantiellement des rapports entre LO et LCR &#187;. &lt;/i&gt;C'est donc que, en l'occurrence, aussi bien en entr'ouvrant la porte devant la possibilit&#233; de relations entre ce regroupement international et notre organisation, qu'en la refermant aussit&#244;t, le Secr&#233;tariat Unifi&#233; ne s'est pas comport&#233; en direction internationale ayant une politique propre &#224; notre &#233;gard, mais en agent de la LCR, en instrument de pression et de marchandage, au service de la politique de cette derni&#232;re. Il faut croire que lorsqu'il a fait mine de discuter s&#233;rieusement de la forme et du contenu possible de nos relations, il ne l'a fait que pour mettre son poids suppos&#233; dans la balance afin d'appuyer la LCR dans sa tentative d'entra&#238;ner Lutte Ouvri&#232;re dans l'alliance &#233;lectorale &lt;i&gt; &#171; alternative &#187; &lt;/i&gt;propos&#233;e par la Ligue Communiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et lorsque la LCR, m&#234;me avec l'appui du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, n'a pas r&#233;ussi aux &#233;lections &#224; nous entra&#238;ner dans une politique qui consistait &#224; se pr&#233;senter simultan&#233;ment avec deux visages et deux langages, l'un r&#233;volutionnaire, l'autre &#224; destination des d&#233;&#231;us de mai 68 qui ne veulent plus ni des r&#233;volutionnaires, ni de leur langage, eh bien, le SU a aussit&#244;t cess&#233; de faire semblant de s'int&#233;resser aux relations entre lui-m&#234;me et notre tendance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous publierons dans un prochain num&#233;ro, &#224; para&#238;tre sous peu, les textes, articles, &#233;changes de correspondances, relatifs &#224; nos relations avec la LCR elle-m&#234;me durant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quant au Secr&#233;tariat Unifi&#233;, son attitude se r&#233;sume en fin de compte &#224; ceci ; pas de campagne commune avec la LCR ? Alors, pas de relations avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233; non plus !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pu&#233;ril ; et c'est en m&#234;me temps assez pr&#233;somptueux de la part du Secr&#233;tariat Unifi&#233; qui surestime tr&#232;s nettement l'attraction qu'il peut exercer sur une organisation comme la n&#244;tre, comme il surestime son attraction tout court, et qui, tout simplement, malgr&#233; sa pr&#233;tention d'&#234;tre une direction internationale, se d&#233;sint&#233;resse d'avoir une politique vis-&#224;-vis du mouvement trotskyste international. Apparemment, il ne se sent charg&#233; d'aucune responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard des militants du mouvement trotskyste ; pas plus &#224; l'&#233;gard des siens qu'&#224; l'&#233;gard de ceux des autres tendances du mouvement trotskyste. C'est un comportement de groupuscule irresponsable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De cette fa&#231;on de refuser d'avoir une politique propre pour se contenter d'&#234;tre, suivant le contexte, un simple moyen de pression ou un moyen de vengeance pour la LCR, nous avons l'habitude. Lors du pr&#233;c&#233;dent &#233;pisode de nos relations, en 1976, relations engag&#233;es alors par notre initiative de nous adresser &#224; l'ensemble du mouvement trotskyste pour proposer un cadre de discussion permanent entre les diff&#233;rentes tendances, et qui a entra&#238;n&#233; des rencontres et un &#233;change de correspondances avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233;, ce dernier s'est d&#233;gag&#233; en cours de route, transformant l'amorce de discussion entre le SU et Lutte Ouvri&#232;re au sujet de nos relations &#224; long terme en vue de la reconstruction de la Quatri&#232;me Internationale, en discussion entre la LCR et Lutte Ouvri&#232;re en vue des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales imm&#233;diates de l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'&#233;poque, le Secr&#233;tariat Unifi&#233; s'&#233;tait d&#233;gag&#233; de toute relation suivie avec nous, en douce en quelque sorte. Cette fois, il a &#233;prouv&#233; le besoin d'inventer un pr&#233;texte ; nous aurions chang&#233; de position en cours de discussion. Pr&#233;texte que, comme on le verra dans l'&#233;change de correspondances que nous publierons &#224; ce sujet, la Ligue a &#233;galement repris -&#224; moins que ce soit elle qui l'ait sugg&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute la lettre du SU est r&#233;dig&#233;e pour donner l'impression que nous avons, nous, chang&#233; d'attitude entre le moment o&#249; il nous a fait la proposition orale d'une forme de collaboration avec un statut d'observateur, et le moment o&#249; il a rejet&#233; sa propre proposition ; voire entre notre lettre du 13 septembre et nos textes de congr&#232;s r&#233;dig&#233;s &#224; peine un mois plus tard. Dans la conclusion de la lettre, son r&#233;dacteur prend d'ailleurs notre &lt;i&gt; &#171; changement d'attitude &#187; &lt;/i&gt;pour une chose tellement &#233;vidente, qu'elle n'a m&#234;me pas besoin d'&#234;tre d&#233;montr&#233;e et qui, bien entendu, &lt;i&gt; &#171; rend les choses plus lentes et plus difficiles &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour avoir l'air de donner un fondement &#224; son pr&#233;texte, le Secr&#233;tariat Unifi&#233; ne s'embarrasse pas de subtilit&#233;s ; il feint de d&#233;couvrir brusquement et avec &#233;tonnement l'ampleur de nos divergences et le jugement que nous en faisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Vous portez sur &lt;i&gt; ces divergences un jugement qui nous para&#238;t en contradiction avec votre volont&#233; de faire votre part de travail &#187;, &lt;/i&gt;d&#233;couvre le r&#233;dacteur de la lettre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Citant une phrase de notre lettre du 13 mai o&#249; nous disions que nos principales divergences avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233; tournaient autour du fait que &lt;i&gt; &#171; dans un nombre significatif de cas &#187; il &lt;/i&gt;avait &lt;i&gt; &#171; renonc&#233; dans le pass&#233; (et au pr&#233;sent) &#224; d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser de fa&#231;on ind&#233;pendante des autres classes sociales &#187;, &lt;/i&gt;dans sa r&#233;ponse du 8 f&#233;vrier 1986, le SU fait mine d'&#234;tre surpris et choqu&#233; de trouver cela sous notre plume et s'indigne ; &lt;i&gt; &#171; Rien de moins ! Ou vous &#233;crivez &#224; la l&#233;g&#232;re, ou vous prenez vos propres termes au s&#233;rieux. Et en ce cas, nous voyons mal ce qui pourrait inciter votre direction et vos militants &#224; &#233;tablir des relations privil&#233;gi&#233;es avec une organisation qui aurait pour tradition de brader l'ind&#233;pendance de la classe ouvri&#232;re &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;Lorsque le su feint de d&#233;couvrir ce qu'il sait depuis toujours&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Nous ne pouvons &#233;videmment pas supposer que le Secr&#233;tariat Unifi&#233; d&#233;couvre que nous lui reprochons d'avoir trop souvent renonc&#233; &lt;i&gt; &#171; &#224; d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser de fa&#231;on ind&#233;pendante des autres classes sociales &#187;. &lt;/i&gt;Nos tendances respectives se c&#244;toient, au moins en France, depuis plusieurs d&#233;cennies. Nous avons publi&#233; des monceaux d'articles, pol&#233;miques ou pas, o&#249; nous avons &#233;crit ce que nous pensions de la politique des organisations du Secr&#233;tariat Unifi&#233; par rapport &#224; la Yougoslavie, &#224; Cuba, l'Alg&#233;rie, le Nicaragua, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est m&#234;me arriv&#233; que la LCR, sinon le SU - avec qui nous avons bien du mal &#224; engager une discussion sur un probl&#232;me politique, et &#224; plus forte raison une discussion qui le mette en cause - pol&#233;mique avec nos positions. Il y a, en tout cas, une ample litt&#233;rature, remontant &#224; quarante ans, sur nos divergences, sur le jugement que nous portons sur le Secr&#233;tariat Unifi&#233; et sur ses anc&#234;tres, sur la Quatri&#232;me Internationale apr&#232;s la mort de Trotsky, sur ses errements politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A moins d'&#234;tre sourd, aveugle et en-dessous de tout, le SU ne peut &#233;videmment pas ignorer tout cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ne pas remonter encore plus loin, voil&#224; ce que nous &#233;crivions dans une brochure contenant l'expos&#233; du Cercle L&#233;on Trotsky du 28 f&#233;vrier 1966, et consacr&#233; pr&#233;cis&#233;ment &#224; la &lt;i&gt; &#171; Reconstruction de la Quatri&#232;me Internationale &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Dans un tel conflit &lt;/i&gt;(NDLR : il s'agit de la guerre de Cor&#233;e et nous critiquions l'appr&#233;ciation qu'en faisait la Quatri&#232;me Internationale d'alors, juste avant de scissionner) &lt;i&gt; les partis staliniens joueraient un r&#244;le r&#233;volutionnaire et, comme on n'avait plus le temps de construire des partis r&#233;volutionnaires, il faut dire que ces camarades semblent n'avoir jamais le temps d'en construire, il fallait entrer co&#251;te que co&#251;te au sein des partis staliniens ou socialistes, afin de s'int&#233;grer dans le mouvement r&#233;el des masses. Il fallait travailler et rester &#224; tout prix dans les PC, les &#171; ruses &#187; et les trahisons &#233;tant non seulement admises mais n&#233;cessaires. Cela &#233;quivalait &#224; renoncer &#224; l'organisation trotskyste apr&#232;s avoir renonc&#233; &#224; son programme. Mais ces positions n'&#233;taient pas un tournant dans la politique de la Quatri&#232;me Internationale. D&#233;j&#224; la caract&#233;risation des pays du glacis comme &#201;tats ouvriers d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s signifiait que la bureaucratie avait un r&#244;le r&#233;volutionnaire, qu'elle &#233;tait capable de transformer &#224; la place de la classe ouvri&#232;re des &#201;tats bourgeois en &#201;tats ouvriers, de remplir la t&#226;che historique du prol&#233;tariat. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un article de la &lt;i&gt; Lutte de Classe de &lt;/i&gt;septembre 1967&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;consacr&#233; &#224; discuter les positions des principales tendances du mouvement trotskyste dont le SU, &#224; l'&#233;gard de ce qu'elles appelaient les &lt;i&gt; &#171; gouvernements ouvriers et paysans &#187; &lt;/i&gt;, nous &#233;crivions : &lt;i&gt; &#171; En conclusion, la discussion sur la question du &#171; gouvernement ouvrier et paysan &#187; ne nous semble pas importante seulement parce qu'une terminologie claire est indispensable en th&#233;orie. Mais parce qu'un &#171; gouvernement ouvrier et paysan &#187; serait une &#233;tape vers la dictature du prol&#233;tariat. Attribuer ce qualificatif &#224; des gouvernements tels que celui de Ben Bella, de Castro, de Mao ou ceux des D&#233;mocraties Populaires entre 1945 et 1948, c'est introduire en contrebande dans la th&#233;orie r&#233;volutionnaire l'id&#233;e qu'il est possible de franchir des &#233;tapes sur la voie de la dictature du prol&#233;tariat sans la mobilisation r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat lui-m&#234;me. C'est attribuer &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique, &#224; des couches petites bourgeoises ou &#224; des individus, des capacit&#233;s qui appartiennent au prol&#233;tariat et &#224; lui seul. C'est en dernier ressort abandonner le marxisme. &#187; &lt;/i&gt; Rien de moins ! s'&#233;crierait le r&#233;dacteur du SU s'il ne faisait pas semblant de ne pas &#234;tre au courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le num&#233;ro 66 de la Lutte de Classe nous avons publi&#233; un article dont on peut supposer qu'au moins certains membres du SU l'ont lu, d'une part parce qu'il portait pour titre - et avait pour objet - &lt;i&gt; &#171; Lutte Ouvri&#232;re et le Secr&#233;tariat Unifi&#233; &#187;, &lt;/i&gt;mais aussi parce que ce num&#233;ro parut le 8 juillet 1979, c'est-&#224;-dire pendant une p&#233;riode o&#249; nous avions des relations directes avec le SU. (C'est l'ann&#233;e o&#249; nous nous sommes pr&#233;sent&#233;s en commun avec la LCR aux &#233;lections europ&#233;ennes)&lt;i&gt; .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'article est pr&#233;cis&#233;ment consacr&#233; &#224; expliquer que notre d&#233;marche &#224; l'&#233;gard des &#233;lections n'est pas la m&#234;me que celle &#224; l'&#233;gard du Secr&#233;tariat Unifi&#233; ; que la premi&#232;re est circonstancielle, et que la seconde est, pour utiliser une expression pompeuse &#171; strat&#233;gique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Nous y affirmons que &lt;/i&gt; &#171; nous sommes &#233;videmment pr&#234;ts &#224; collaborer de la m&#234;me mani&#232;re&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(NDLR qu'avec la&lt;i&gt; &lt;/i&gt;LCR ...) &lt;i&gt; avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233;. &lt;/i&gt;(...) &lt;i&gt; Une organisation r&#233;volutionnaire a besoin d'une conscience claire du d&#233;veloppement de la lutte de classes &#224; l'&#233;chelle internationale. Et c'est pourquoi, elle a besoin, &#224; la fois de tirer profit de l'exp&#233;rience des r&#233;volutionnaires militant partout dans le monde, et &#233;galement de soumettre sa politique &#224; la&lt;/i&gt; &lt;i&gt; critique de ces r&#233;volutionnaires.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; C'est la raison pour laquelle nous ne pensons pas qu'il soit profitable, en attendant que l'&#233;preuve des faits ait tranch&#233; entre les diff&#233;rentes politiques qui s'affrontent aujourd'hui, que chaque tendance s'isole des autres. Nous pensons au contraire qu'il est de l'int&#233;r&#234;t du mouvement trotskyste tout entier, et donc du devoir de chacune de ses parties constitutives, de d&#233;velopper au maximum la confrontation politique fraternelle et la collaboration entre tous ceux qui se r&#233;clament du trotskysme &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous faisions cette proposition tout en rappelant dans le m&#234;me article que nous avons des divergences graves avec le SU, en &#233;crivant notamment : &lt;i&gt; &#171; L'une des principales fonctions d'une direction internationale devrait &#234;tre d'impulser la cr&#233;ation d'organisations trotskystes dans tous les pays, de faire en sorte qu'il existe partout, ne serait-ce qu'un noyau de militants d&#233;fendant le programme de la r&#233;volution socialiste et l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de l'ind&#233;pendance politique de la classe ouvri&#232;re. Les camarades du Secr&#233;tariat Unifi&#233; affirment volontiers que l'appartenance &#224; leur organisation permet de participer &#224; ce combat politique. Mais malheureusement, l'histoire du Secr&#233;tariat Unifi&#233; et de sa politique infirment cette pr&#233;tention, car son alignement derri&#232;re des organisations nationalistes petites-bourgeoises l'a amen&#233; &#224; renoncer explicitement ou implicitement &#224; cette t&#226;che, &#224; chaque fois que le probl&#232;me se trouvait pos&#233; en termes cruciaux, &#224; chaque fois que les masses &#233;taient en mouvement. Prenons par exemple le cas de l'Alg&#233;rie... &#187;, &lt;/i&gt;etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, non seulement nous avons formul&#233; nos critiques &#224; l'&#233;gard du SU pratiquement dans les m&#234;mes termes que ceux qui ont tant &lt;i&gt; &#171; surpris &#187; &lt;/i&gt;le r&#233;dacteur de la r&#233;ponse du SU, mais nous pr&#233;cisons que c'est compte tenu de ces critiques que nous avons une d&#233;marche unitaire &#224; l'&#233;gard du Secr&#233;tariat Unifi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pourrions multiplier les citations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais supposons que le Secr&#233;tariat Unifi&#233; ait charg&#233; de la r&#233;daction de sa r&#233;ponse &#224; notre lettre un de ses jeunes camarades, militant depuis moins de deux ans et, de surcro&#238;t, ne s'int&#233;ressant pas assez &#224; la politique pour lire sur ce qui se produisit avant. On peut tout de m&#234;me supposer qu'il a lu jusqu'au bout l'article de notre &lt;i&gt; Lutte de Classe &lt;/i&gt;de mai 1984 dont il a au moins lu le d&#233;but, puisqu'il en cite un passage dans sa lettre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet article se termine ainsi : &lt;i&gt; &#171; Seulement, les camarades du Secr&#233;tariat Unifi&#233; substituent ce qu'ils appellent les t&#226;ches de soutien &#224; ces r&#233;gimes &lt;/i&gt;(NDLR : il s'agit des r&#233;gimes mis en place par des mouvements nationalistes radicaux dans certains pays pauvres) &lt;i&gt; &#224; la mise en oeuvre d'une politique autonome, &#224; tous &#233;gard, du prol&#233;tariat. Ce n'est plus un devoir &#233;l&#233;mentaire de solidarit&#233; r&#233;volutionnaire, &#224; l'&#233;gard de peuples en butte &#224; l'imp&#233;rialisme, c'est une capitulation politique, et un renoncement aux t&#226;ches r&#233;volutionnaires sp&#233;cifiques &#224; ces pays. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce num&#233;ro de la &lt;i&gt; Lutte de Classe &lt;/i&gt;date de mai 1984, c'est-&#224;-dire un an avant que le SU nous demande de lui &#233;crire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est donc pas que nous ayons chang&#233; d'opinion apr&#232;s que le SU nous ait relanc&#233;s pour sa proposition, lui donnant ainsi des motifs pour qu'il revienne sur sa proposition ; ce n'est m&#234;me pas que le SU ait d&#233;couvert trop tard la nature et l'&#233;tendue des critiques ; c'est tout simplement que pour avoir un pr&#233;texte de revenir en arri&#232;re, il a invent&#233; un changement de notre part en travestissant, lui, la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme il travestit la v&#233;rit&#233; lorsqu'il affirme : &lt;i&gt; &#171; Aujourd'hui, vous semblez opter pour une nouvelle d&#233;finition de vos relations internationales, celle du &#171; d&#233;veloppement du mouvement trotskyste &#187; sauf erreur de notre part, cette ligne de conduite de Lutte Ouvri&#232;re est assez r&#233;cente. &#187; &lt;/i&gt; A quel point c'est &#171; r&#233;cent &#187; ? Nous renvoyons le lecteur &#224; l'article de la &lt;i&gt; Lutte de Classe&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; cit&#233; de mai 1979, comme nous pourrions l'envoyer &#224; cette &lt;i&gt; &#171; Adresse au mouvement trotskyste &#187; &lt;/i&gt; datant de 1976 dont nous faisons &#233;tat ci-dessus, ou encore plus loin dans le temps, &#224; cet article par exemple de la &lt;i&gt; Lutte de Classe&lt;/i&gt; de janvier 1968, consacr&#233; aux &#171; &lt;i&gt; Voies et moyens de la reconstruction de la Quatri&#232;me Internationale &#187; o&#249; &lt;/i&gt;nous &#233;crivions : &lt;i&gt; &#171; A l'heure actuelle, seule aurait un sens, parce qu'elle permettrait effectivement de travailler plus efficacement &#224; la reconstruction de la Quatri&#232;me Internationale, une organistion internationale reconnaissant le droit de fraction, admettant en son sein, toutes les organisations se r&#233;clamant du trotskysme, m&#234;me s'il y en a plusieurs dans un seul pays, une organisation qui ne se pr&#233;tendrait pas une &#171; direction internationale &#187;, mais qui serait un lieu de confrontation pour tous les militants qui se battent sous le drapeau de la Quatri&#232;me Internationale. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pourrions aussi renvoyer le lecteur &#224; tous ces textes de discussion, publi&#233;s en 1968-69 non seulement dans &lt;i&gt; Lutte Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, mais aussi dans &lt;i&gt; Rouge&lt;/i&gt;, o&#249; nous discutions de l'Internationale, et la fa&#231;on dont nous pourrions nous associer &#224; sa construction, et cela, sans vouloir remonter plus loin encore dans le temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons pas chang&#233; de politique dans un premier temps pour plaire au Secr&#233;tariat Unifi&#233;, et ensuite, brusquement, pour lui d&#233;plaire. Nous n'avons jamais pr&#233;sent&#233; notre souhait d'avoir des relations organis&#233;s et syst&#233;matiques avec le Secr&#233;tariat Unifi&#233;, comme r&#233;sultant d'un changement &#224; l'&#233;gard de sa politique. Nous n'avons jamais cess&#233; de critiquer publiquement la politique du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, l&#224; o&#249; nous estimons qu'elle est critiquable. Et nous ne renoncerons jamais &#224; le faire, pour favoriser des rapprochements qui, s'ils devaient se faire en faisant semblant d'&#234;tre d'accord alors qu'on ne l'est pas, ne serait de toute fa&#231;on que superficiel et provisoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons pas chang&#233; de politique... mais de toute &#233;vidence, le Secr&#233;tariat Unifi&#233; n'a pas, non plus, chang&#233; d'attitude. Il ne doit m&#234;me pas croire qu'il peut nous faire changer de politique, mais il travestit la r&#233;alit&#233; pour des raisons internes de relations avec ses propres sections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est aux sections du SU de savoir si ce genre de comportement, ce manque de s&#233;rieux et de responsabilit&#233; ; cette fa&#231;on de travestir la r&#233;alit&#233;, leur appara&#238;t digne d'une &lt;i&gt; &#171; direction internationale &#187;. &lt;/i&gt;Mais&lt;i&gt; &lt;/i&gt;au-del&#224; des divergences politiques, ce n'est pas en se comportant de fa&#231;on aussi peu s&#233;rieuse, aussi irresponsable avec d'autres composantes du mouvement trotskyste que le Secr&#233;tariat Unifi&#233; pourra obtenir un minimum de confiance de la part de militants trotskystes un peu s&#233;rieux ; en tout cas, pas la n&#244;tre. Et le Secr&#233;tariat Unifi&#233; a profond&#233;ment tort de prendre ces choses-l&#224; &#224; la l&#233;g&#232;re, car si le mouvement trotskyste est aujourd'hui &#233;miett&#233;, s'il n'existe pas une &lt;i&gt; &#171; direction internationale &#187; &lt;/i&gt;dans le mouvement trotskyste -malgr&#233; les pr&#233;tentions du SU de l'&#234;tre- c'est parce qu'aucun pr&#233;tendant n'a assez de cr&#233;dit. Or ce cr&#233;dit, avant de se m&#233;riter politiquement, et c'est autrement plus difficile, doit d&#233;j&#224; se m&#233;riter dans le s&#233;rieux du comportement. Et cela nous am&#232;ne au fond du probl&#232;me du mouvement trotskyste international.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;La situation dans le mouvement trotskyste&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le mouvement trotskyste international est, de longue date, dans une situation paradoxale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il a fait preuve d'une certaine vitalit&#233;, ne serait-ce que parce que pr&#232;s de cinquante ans apr&#232;s sa fondation, il y a toujours un mouvement trotskyste international, alors que tant d'autres parmi les courants, oppos&#233;s sur la gauche &#224; la social-d&#233;mocratie et au stalinisme, sont disparus depuis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais d'un autre c&#244;t&#233;, non seulement il n'existe pas en tant que &lt;i&gt; &#171; Parti Mondial de la R&#233;volution Socialiste &#187;, &lt;/i&gt;de la Quatri&#232;me Internationale, telle que se proposaient de la construire Trotsky et les fondateurs, mais aucune section, dans aucun pays, n'est parvenue jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; construire une v&#233;ritable organisation ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire dans le pays o&#249; elle agit, qui soit reconnue comme direction par une fraction significative de la classe ouvri&#232;re. Et quant &#224; &lt;i&gt; &#171; l'organisation mondiale &#187;, &lt;/i&gt;m&#234;me au niveau o&#249; en est le mouvement trotskyste, &lt;i&gt; &#171; sous une direction centralis&#233;e et sous une discipline unique &#187;, &lt;/i&gt;elle n'est plus qu'un souvenir historique - pour autant qu'il puisse en &#234;tre un. Deux g&#233;n&#233;rations de militants trotskystes au moins ont accompli leur vie de militants dans le cadre d'un mouvement trotskyste divis&#233; &#224; l'&#233;chelle internationale, avec plusieurs &lt;i&gt; &#171; directions &#187; &lt;/i&gt;plus&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ou moins &lt;i&gt; &#171; centralis&#233;es &#187; &lt;/i&gt;mais en tout cas rivales ; et, refl&#233;tant cela, avec plusieurs organisations parfois m&#234;me un grand nombre d'organisations, petites pour la plupart - &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de bon nombre de pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe des groupes trotskystes dans un grand nombre de pays. Mais il n'existe, dans l'&#233;tat actuel des choses, qu'une demi-douzaine d'organisations trotskystes dont les effectifs atteignent ou d&#233;passent le millier de militants et qui ont une existence et une pr&#233;sence politique un tant soit peu significatives dans leurs pays respectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit, en dehors des trois principales organisations trotskystes en France, c'est-&#224;-dire la LCR, le PCI et Lutte Ouvri&#232;re ; du MAS en Argentine, du SWP aux &#201;tats-Unis, de la Revolutionary Socialist League (le groupe Militant) en Grande-Bretagne, encore que ce dernier milite en tant que courant du Labour Party.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien avant sa scission r&#233;cente, le WRP anglais est tomb&#233; en dessous du millier de militants, et il ne semble pas que la section mexicaine du SU, ou la section br&#233;silienne de la LIT, qui avoisinent ce chiffre, l'atteignent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur ces six organisations, deux seules, le LCR et le SWP adh&#232;rent au Secr&#233;tariat Unifi&#233; ; et encore, la deuxi&#232;me conteste publiquement l'autorit&#233; du SU.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les faits, cinq sur six de ces organisations ne reconnaissent pas l'autorit&#233; du Secr&#233;tariat Unifi&#233;. Pour ne pas avoir &#224; reconna&#238;tre une direction internationale diff&#233;rente de la sienne propre, la plupart se sont proclam&#233;es elles-m&#234;mes, au fil du temps et des scissions, direction internationale. Et pour justifier cette pr&#233;tention, elles se livrent, comme quelques autres regroupements internationaux dont les sections sont encore plus petites, voire insignifiantes, &#224; une &lt;i&gt; &#171; activit&#233; internationale &#187;, &lt;/i&gt;qui consiste parfois &#224; cr&#233;er des groupes trotskystes dans des pays o&#249; il n'y en avait pas ; plus souvent, &#224; tenter de gagner &#224; leur autorit&#233;, au moins formelle, des groupes d'autres pays qui ne se disaient pas trotskystes auparavant ; et, bien plus souvent encore, &#224; d&#233;tacher des organisations trotskystes d&#233;j&#224; existantes dans d'autres pays, des militants, ou des groupes de militants, acceptant de s'organiser &#224; part pour adh&#233;rer &#224; leur regroupement international.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.4'&gt;&lt;/a&gt;Le secr&#233;tariat unifi&#233; et les probl&#232;mes de direction internationale&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Parmi toutes les &lt;i&gt; &#171; directions internationales &#187;, &lt;/i&gt;le Secr&#233;tariat Unifi&#233; occupe, dans une certaine mesure, une position particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le Secr&#233;tariat Unifi&#233; - au travers de ses d&#233;nominations successives - qui a conserv&#233; ce qui reste, apr&#232;s les multiples scissions du pass&#233;, de l'organisation internationale qui avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par l'activit&#233; et gr&#226;ce &#224; l'autorit&#233; politique de Trotsky. Il en a gard&#233; une repr&#233;sentativit&#233; politique internationale, une organisation, un appareil, dans une certaine mesure ind&#233;pendants des sections nationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; cette ant&#233;riorit&#233;, et sa pr&#233;tention d'incarner seul la Quatri&#232;me Internationale de Trotsky, le Secr&#233;tariat Unifi&#233; n'a pas un cr&#233;dit politique suffisant, non seulement pour que la majorit&#233;, &#224; d&#233;faut de la totalit&#233;, des militants et des organisations trotskystes le reconnaissent pour direction au point d'accepter sous son autorit&#233; une &lt;i&gt; &#171; discipline unique &#187;, &lt;/i&gt;mais il n'a ce type de cr&#233;dit pas m&#234;me vis-&#224;-vis de ses propres sections,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Secr&#233;tariat Unifi&#233; a &#233;t&#233; contraint par ses propres sections nationales &#224; reconna&#238;tre indirectement cette r&#233;alit&#233;. Il a d&#251; modifier ses statuts dans le sens d'exclure la possibilit&#233;, pour des congr&#232;s ou des directions internationales, de modifier la composition des directions nationales ou de d&#233;terminer la tactique des sections nationales. Malgr&#233; cet assouplissement - qui en lui-m&#234;me rend d&#233;risoire la pr&#233;tention du Secr&#233;tariat Unifi&#233; de fonctionner suivant les m&#233;thodes du centralisme d&#233;mocratique - n'a pas r&#233;ussi &#224; conserver, ne fut-ce qu'une autorit&#233; formelle, sur la plupart de ses sections qui ont acquis un, certain poids et une certaine existence politique autonome.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne discutons pas ici le comment et le pourquoi, ni de cette perte de cr&#233;dit, ni de l'incapacit&#233; de la direction qui, apr&#232;s la mort de Trotsky, a pris l'h&#233;ritage d'une organisation internationale alors unique, de d&#233;velopper la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas que cette discussion ne puisse &#234;tre utile. Il faudrait l'avoir dans le mouvement trotskyste, sur les politiques, sur les orientations et sur les pratiques organisationnelles. L'int&#233;r&#234;t n'en serait certainement pas de ressasser le pass&#233;, ni de chercher des responsables ou des boucs-&#233;missaires - cela ne se fait que trop souvent, pr&#233;cis&#233;ment pour &#233;viter de discuter du fond - mais d'examiner s&#233;rieusement, maintenant que l'on peut faire des bilans, quelles ont &#233;t&#233; les orientations politiques fausses ou inefficaces, ne serait-ce que pour &#233;viter de recommencer syst&#233;matiquement les m&#234;mes dans l'avenir et, pour corriger les d&#233;fauts que certaines orientations r&#233;v&#232;lent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quelle que soit l'opinion que l'on ait de la politique pass&#233;e et pr&#233;sente du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, c'est un fait que, malgr&#233; sa pr&#233;tention d'&#234;tre la Quatri&#232;me Internationale, il n'est plus admis comme direction internationale valable par la majorit&#233; des militants trotskystes. Et c'est encore un fait qu'aucune des autres directions qui se posent en directions internationales, n'est davantage admise. C'est aussi un fait que cette situation est durable ; qu'il existe plusieurs courants internationaux de taille comparable sans parler, ici, des autres, plus petits- dont les identit&#233;s politiques sont cristallis&#233;es et diff&#233;rentes, m&#234;me si leurs contours et leurs politiques concr&#232;tes ne le sont pas toujours.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.5'&gt;&lt;/a&gt;La strat&#233;gie du su ou comment r&#233;soudre un probl&#232;me en niant qu'il se pose&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;L'un de ces courants parviendra-t-il dans l'avenir &#224; r&#233;soudre &#224; lui seul, ce probl&#232;me de direction ; c'est-&#224;-dire de s&#233;lectionner, de former, de rendre comp&#233;tent des cadres nationaux et internationaux valables, et une direction reconnue par tous ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre. Mais aucune ne l'a r&#233;solu dans le pass&#233;. Il est probable qu'une direction internationale vraiment reconnue par tout le mouvement n'obtiendrait un cr&#233;dit suffisant pour pouvoir r&#233;ellement diriger, en direction centralis&#233;e, un mouvement international, qu'en ayant d&#233;montr&#233; sa comp&#233;tence et la validit&#233; de sa politique, c'est-&#224;-dire en ayant remport&#233; des succ&#232;s significatifs, en ayant dirig&#233; des luttes ouvri&#232;res importantes au moins dans un pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais par auto-proclamation, s&#251;rement pas. Ce n'est pas seulement inefficace, l'histoire du mouvement trotskyste avec son trop plein de &lt;i&gt; &#171; directions internationales &#187; &lt;/i&gt;de &lt;i&gt; &#171; Quatri&#232;me Internationale &#187;, &lt;/i&gt;dont le verbe haut et les pr&#233;tentions d&#233;risoires ne cachent leur absence d'autorit&#233; et leur incomp&#233;tence qu'aux yeux d'elles-m&#234;mes, l'a amplement d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est aussi, et surtout, nuisible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que la strat&#233;gie de d&#233;veloppement international que cela implique, privil&#233;gie la comp&#233;tition entre les diff&#233;rents regroupements internationaux &#224; la formation et l'&#233;ducation d'organisations valables, capables de s'implanter et de jouer un r&#244;le dans la lutte de classe de leur pays. Chaque &lt;i&gt; &#171; direction internationale &#187; &lt;/i&gt;cherche&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#224; d&#233;montrer sa validit&#233;, en essayant surtout de s'&#233;tendre plus vite que le regroupement rival, &#224; compter plus de sections ; quitte &#224; cr&#233;er de fa&#231;on volontariste des groupes non viables, n'existant politiquement et parfois mat&#233;riellement, que dans la mesure o&#249; le regroupement international est derri&#232;re ; quitte aussi &#224; rechercher les adh&#233;sions formelles, les signatures, sans trop s'occuper de l'accord programmatique r&#233;el. Seulement, &#233;videmment, lorsque l'on donne facilement sa signature pour adh&#233;rer &#224; un regroupement international, on la retire aussi facilement - et si on ne la retire pas, ce n'est pas n&#233;cessairement mieux. Et &#233;videmment aussi, la &lt;i&gt; &#171; direction internationale &#187; &lt;/i&gt;qui cherche &#224; impressionner au lieu de convaincre ; &#224; gagner des signatures au lieu d'&#233;duquer, &#224; se contenter d'adh&#233;sions formelles, donc n&#233;cessairement fragiles et hasardeuses, ne cr&#233;e pas de nouvelles organisations susceptibles d'&#234;tre arm&#233;es pour jouer un r&#244;le dans la lutte de classe de leurs pays respectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce type d'&lt;i&gt; &#171; activit&#233; internationale &#187; &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; &lt;/i&gt;de &lt;i&gt; &#171; d&#233;veloppement international &#187;, &lt;/i&gt;demande&lt;i&gt; &lt;/i&gt;beaucoup d'&#233;nergie militante qui est soustraite au travail d'implantation dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si au moins cet inconv&#233;nient, grave, &#233;tait compens&#233; par une v&#233;ritable extension en surface du mouvement trotskyste, dans un plus grand nombre de situation o&#249; intervenir, un plus grand nombre de pays, offrant par la m&#234;me occasion au mouvement trotskyste un plus grand nombre d'occasions &#224; saisir ; et &#224; d&#233;faut d'occasions, une plus grande vari&#233;t&#233; d'exp&#233;riences au travers desquelles former des cadres et une direction, justement !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les diff&#233;rents regroupements internationaux ne se soucient nullement, lorsqu'ils peuvent cr&#233;er une nouvelle section dans un pays donn&#233;, de savoir si dans le pays en question existe d&#233;j&#224; une - ou plusieurs - autres organisations trotskystes, et parfois r&#233;ellement existantes, et par cons&#233;quent, le mouvement trotskyste n'y gagne rien en extension. Et surtout ils ne se posent pas la question de savoir si les militants qu'ils appuient sont capables ou pas, de cr&#233;er et de d&#233;velopper une section, d'&#233;laborer eux-m&#234;mes une politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &lt;i&gt; &#171; cadres internationaux &#187; &lt;/i&gt;que&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'on forme de cette fa&#231;on-l&#224;, &#224; cette &#233;cole-l&#224;, n'acqui&#232;rent pas une v&#233;ritable comp&#233;tence ; en tout cas, pas celle d'aider r&#233;ellement les sections nationales &#224; se d&#233;velopper ; pas celle de se familiariser r&#233;ellement avec ce qu'est la classe ouvri&#232;re dans le pays concern&#233;, ses traditions politiques, ses habitudes ; pas celle m&#234;me de se pr&#233;occuper de situations, de politiques concr&#232;tes plut&#244;t que d'analyses abstraites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre aspect de cette &lt;i&gt; &#171; strat&#233;gie de construction de l'Internationale &#187; &lt;/i&gt;, d&#233;velopp&#233;e par le Secr&#233;tariat Unifi&#233; mais largement copi&#233;, et parfois au-del&#224;, par les autres &lt;i&gt; &#171; directions internationales &#187; &lt;/i&gt;auto-proclam&#233;es, c'est que, en se consid&#233;rant comme rivaux sinon comme adversaires politiques, les diff&#233;rents regroupements internationaux d&#233;pensent infiniment plus d'&#233;nergie &#224; se combattre qu'&#224; profiter des exp&#233;riences d'organisations trotskystes qui appartiennent &#224; d'autres regroupements. Et &#224; se combattre, de surcro&#238;t, sur des analyses abstraites plut&#244;t que sur des politiques concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, comme les regroupements internationaux se recoupent sensiblement avec les organisations les plus importantes ; c'est-&#224;-dire celles dont les exp&#233;riences sont en principe les plus vari&#233;s, les plus riches ; celles encore qui ont su se donner sur des p&#233;riodes longues, un capital politique, se couper de la possibilit&#233; d'&#233;changer des exp&#233;riences pr&#233;cis&#233;ment entre ces organisations-l&#224; ; s'interdire de confronter des politiques, m&#234;me si on sait par avance qu'elles concr&#233;tisent des d&#233;marches diff&#233;rentes ; s'interdire de familiariser ses propres militants et cadres avec l'exp&#233;rience des autres, c'est s'interdire une des possibilit&#233;s les plus importantes que le mouvement trotskyste, m&#234;me dans l'&#233;tat actuel de d&#233;veloppement et de divisions, peut offrir pour former des cadres et une direction comp&#233;tents au plus vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y aura ne serait-ce seulement que l'&#233;bauche d'un &lt;i&gt; &#171; Parti Mondial de la R&#233;volution Socialiste &#187; &lt;/i&gt; - une &#233;bauche au moins au sens o&#249; la Quatri&#232;me Internationale de Trotsky l'&#233;tait, et plus que les organisations actuelles, malgr&#233; sa plus grande faiblesse num&#233;rique, en raison de la comp&#233;tence de Trotsky et du cr&#233;dit dont il b&#233;n&#233;ficiait au-del&#224; m&#234;me des groupes trotskystes de l'&#233;poque - que lorsque la majorit&#233; sinon l'ensemble des organisations et des militants trotskystes seront &lt;i&gt; &#171; dans une seule organisation mondiale, sous une direction centralis&#233;e et sous une discipline unique &#187;. &lt;/i&gt;C'est incontestable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est tout aussi incontestable que telle organisation internationale ne pourra fonctionner suivant le centralisme d&#233;mocratique, que sur la base d'un accord programmatique, et qui ne se limite pas &#224; la reconnaissance du &lt;i&gt; &#171; Programme de Transition &#187;, &lt;/i&gt;avec des lectures diff&#233;rentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet accord politique n'est pas une condition suffisante. Il faut, aussi, des relations de confiance, et le second ne d&#233;rive pas automatiquement du premier ; elle se m&#233;rite, elle se gagne, elle s'&#233;prouve dans les &#233;v&#233;nements, du moins entre ceux qui affrontent ces &#233;v&#233;nements c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'accord politique est certainement une condition n&#233;cessaire. Il n'existe pas, &#224; l'heure actuelle, entre les diff&#233;rentes composantes constitu&#233;es du mouvement trotskyste international, dont chacune propose des d&#233;marches dans la construction des partis, des orientations, des comportements politiques diff&#233;rents. Ces divergences sont plus ou moins importantes entre les diff&#233;rentes tendances. Mais elles existent, et la prolongation de l'existence s&#233;par&#233;e des unes des autres les accentue plut&#244;t qu'elle ne les r&#233;sout. Alors, on peut dissimuler cette r&#233;alit&#233; de diff&#233;rente fa&#231;on. D'abord, en proclamant que sa propre boutique est la seule Internationale, voire la seule trotskyste. Ce n'est pas seulement ridicule, c'est surtout inefficace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut aussi camper sur sa position et dire que c'est aux autres d'entrer chez soi. Le Secr&#233;tariat Unifi&#233;, qui se pr&#233;vaut de son ant&#233;riorit&#233;, campe sur cette position depuis vingt ans, trente ans ou plus, suivant le groupe auquel il adresse ses injonctions. Mais des groupes qui sont de la taille des plus importantes sections du SU, qui ne sont pas d'accord politiquement, et qui ne lui font pas confiance, et &#224; plus forte raison pas au point d'accepter de se soumettre &#224; son autorit&#233; malgr&#233; les d&#233;saccords politiques en question, n'ont aucune raison d'accepter. Et ils n'acceptent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut, aussi, dissimuler les d&#233;saccords politiques, les minimiser ; le temps de favoriser une r&#233;unification ou une fusion dans un cadre qui formellement, se pr&#233;tend &lt;i&gt; &#171; centraliste d&#233;mocratique &#187;. &lt;/i&gt;Mais&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l&#224; encore, le mouvement trotskyste a une riche exp&#233;rience d'&#233;chec en la mati&#232;re-, les divergences politiques soigneusement envelopp&#233;es dans des textes de compromis finissent par ressurgir in&#233;vitablement, Et quand elles ne ressurgissent pas, c'est lorsque les courants divergents choisissent de fermer les yeux, d'ignorer publiquement les d&#233;saccords pour laisser faire chacun comme il entend ; c'est-&#224;-dire que derri&#232;re la direction pr&#233;tendument centralis&#233;e et d&#233;mocratique, il n'y a plus de direction du tout.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.6'&gt;&lt;/a&gt;Partir de l'&#233;tat r&#233;el du mouvement trotskyste&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Alors pour que le mouvement trotskyste puisse b&#233;n&#233;ficier de toute sa base militante existante de par le monde, de toute son exp&#233;rience pour former des cadres politiques et des dirigeants de taille internationale - et cette base militante, et les exp&#233;riences du mouvement dans son ensemble sont d&#233;j&#224; bien faibles - il serait n&#233;cessaire de constituer un cadre, o&#249; les politiques puissent se confronter librement, ind&#233;pendamment les unes des autres, &#234;tre pouss&#233;es jusqu'au bout ; mais o&#249;, en m&#234;me temps, les relations soient fraternelles, ouvertes, c'est-&#224;-dire susceptibles de permettre aux uns et aux autres, la v&#233;rification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que nous proposons ce n'est certainement pas d'abandonner l'id&#233;e d'une organisation internationale d&#233;mocratiquement mais rigoureusement centralis&#233;e. Ce que nous proposons, c'est que le mouvement trotskyste se donne les moyens d'atteindre ce but ; qu'il &#233;tablisse en son sein des liens qui permettent que se d&#233;gage dans l'avenir une base politique et une connaissance, puis une confiance mutuelle suffisante pour permettre une discipline commune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que nous proposons, ce n'est pas non plus un cadre simplement non-contraignant ; mais un cadre o&#249; la discipline commune &#233;volue en fonction de la volont&#233; r&#233;elle des groupes &#224; l'accepter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne pensons pas non plus que quiconque puisse poser comme pr&#233;alable aux regroupements internationaux existants en particulier &#224; ceux qui sont li&#233;s par des liens qui permettent un fonctionnement centraliste d&#233;mocratique, ou qui croient avoir de tels liens, de fonctionner autrement qu'ils l'entendent. Comme il n'est pas question de poser comme pr&#233;alable que quiconque cesse de se pr&#233;senter en public comme il l'entend, fut-ce en se proclamant la Quatri&#232;me Internationale, m&#234;me si nous pensons que c'est d&#233;risoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; quelle est notre attitude vis-&#224;-vis de l'ensemble du mouvement trotskyste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut que le mouvement trotskyste international finisse par faire surgir, en son sein, une direction respect&#233;e par tous, sur la base d'un programme politique partag&#233; ; et qu'il finisse, en effet, par fonctionner comme un seul et m&#234;me Parti Mondial de la R&#233;volution Socialiste, &lt;i&gt; &#171; fonctionnant suivant les principes et la pratique du centralisme d&#233;mocratique &#187;. &lt;/i&gt;L'avenir dira quelles sont les tendances du mouvement trotskyste international qui sont capables, par del&#224; leurs divergences politiques, de collaborer pour se donner les moyens d'y parvenir. Mais ceux qui se cramponnent &#224; des caricatures de &lt;i&gt; &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; &lt;/i&gt;&#224; l'int&#233;rieur de leur propre regroupement international ; et &#224; une attitude de v&#233;ritable sectarisme par rapport aux autres tendances, ne renforcent certainement pas les chances du mouvement trotskyste d'y parvenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>La campagne et les r&#233;sultats du MPPT</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-et-les-resultats-du</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-et-les-resultats-du</guid>
		<dc:date>1986-03-31T22:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;12&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le Mouvement pour un Parti des Travailleurs, qui est anim&#233; essentiellement comme on le sait par les militants de l'organisation trotskyste du Parti Communiste Internationaliste, ces &#233;lections l&#233;gislatives - car le MPPT ne pr&#233;sentait aucun candidat aux r&#233;gionales - rev&#234;taient une tr&#232;s grande importance. Cela fait trois ans qu'il les pr&#233;parait. Le lancement et la constitution du MPPT ont &#233;t&#233; programm&#233;s en fonction de cette &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela est d'ailleurs logique avec la d&#233;marche et la strat&#233;gie qui ont amen&#233; le PCI &#224; fonder le MPPT. Estimant que le gouvernement socialiste ou socialiste-communiste avait troubl&#233; ou &#233;coeur&#233; bon nombre de militants et d'&#233;lecteurs socialistes et communistes, le PCI a cru qu'il &#233;tait possible de regrouper tous ceux-l&#224; dans ou autour d'un nouveau parti. Mais &#224; ce nouveau parti il a tenu &#224; donner une allure purement social-d&#233;mocrate, sans doute dans l'espoir et avec le calcul que les militants r&#233;formistes, d&#233;&#231;us du socialisme &#224; la Mitterrand mais pas devenus r&#233;volutionnaires pour cela, le rejoindraient plus facilement. Par son programme, ses d&#233;clarations d'intention et ses th&#232;mes d'agitation, le MPPT s'est d&#233;lib&#233;r&#233;ment cantonn&#233; sur le terrain du r&#233;formisme et limit&#233; &#224; la volont&#233; de constituer un nouveau parti, dont les seules caract&#233;ristiques par rapport aux deux grands partis ouvriers d&#233;j&#224; existants seraient l'honn&#234;tet&#233; et le respect des engagements pris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La campagne &#233;lectorale du MPPT, comme on peut le voir dans les documents que nous publions dans ce dossier, a &#233;t&#233; dans le droit fil de cette politique. &#171; Pour la d&#233;mocratie &#187; en &#233;tait le th&#232;me central, &#233;tant entendu que cette d&#233;mocratie v&#233;ritable pourrait &#234;tre incarn&#233;e dans un Parlement qui aurait retrouv&#233; les pouvoirs que la Cinqui&#232;me R&#233;publique gaulliste lui a &#244;t&#233;s. Cette glorification du r&#244;le du Parlement &#233;tait soulign&#233;e par le fait que la MPPT a consacr&#233; toutes ses &#233;nergies &#224; pr&#233;senter des candidats sur tout le territoire aux &#233;lections l&#233;gislatives, en se refusant par contre &#224; participer aux &#233;lections r&#233;gionales, s'opposant m&#234;me &#224; la d&#233;centralisation qui porterait atteinte &#224; l'unit&#233; de la R&#233;publique. (Nous ne pouvons examiner ici dans quelle mesure cela n'&#233;tait que la justification d'une situation de fait, les moyens financiers et humains du MPPT ne lui permettant de pr&#233;senter des candidats qu'aux seules l&#233;gislatives et pas aux r&#233;gionales).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autres th&#232;mes de la campagne du MPPT &#233;taient &#224; l'unisson et en tout cas ne sortaient pas du cadre du r&#233;formisme le plus classique : de la la&#239;cit&#233; &#224;l'ind&#233;pendance des syndicats par rapport aux partis politiques, en passant par la d&#233;fense des acquis sociaux et en particulier la d&#233;fense de la S&#233;curit&#233; Sociale, un des points essentiels de la campagne du MPPT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour compl&#233;ter le tableau d'ailleurs il y a eu les nombreuses protestations, et en particulier de Marc Gauquelin, le porte-parole national du MPPT, contre tous ceux qui, par m&#233;garde ou mauvaise intention, rangeaient le MPPT dans l'extr&#234;me-gauche. Partout et &#224; tous les niveaux le MPPT a tenu &#224; faire savoir non seulement qu'il n'&#233;tait pas r&#233;volutionnaire mais qu'il n'&#233;tait m&#234;me pas extr&#233;miste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, social-d&#233;mocrate, le MPPT s'en est donn&#233; l'apparence par la composition de ses listes dont les t&#234;tes &#233;taient, pour pr&#232;s de 40 % des enseignants. Cela correspond sans aucun doute &#224; la nature du PCI dont on sait que le principal secteur d'influence est dans les syndicats d'enseignants. Mais cela correspond aussi tout &#224; fait &#224; ce qu'est la social-d&#233;mocratie fran&#231;aise. En 1981, on a pu ironiser sur le &#171; Parlement des professeurs &#187; qu'une majorit&#233; absolue de socialistes avait form&#233;. Le MPPT a tenu, par l&#224; aussi, &#224; &#234;tre fid&#232;le &#224; une certaine image de la social-d&#233;mocratie dans ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la campagne du MPPT et de ses r&#233;sultats, deux conclusions peuvent &#234;tre tir&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord que le PCI se soit donn&#233; une allure totalement r&#233;formiste ne lui a pas permis d'attirer un nombre r&#233;ellement significatif de social-d&#233;mocrates. Le courant Socialisme Maintenu, m&#234;me dans le Bas-Rhin o&#249; il a pu se pr&#233;senter directement sous cette &#233;tiquette et non pas s'adjoindre aux listes MPPT, ne repr&#233;sente tous comptes faits que quelques individus sans influence. Le MPPT n'a pas attir&#233; une fraction significative de militants et de responsables r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite l'&#233;chec est encore plus patent au niveau des &#233;lecteurs. Le PCI se pr&#233;sentant nationalement sous son propre sigle n'aurait sans doute gu&#232;re fait moins de voix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une nouvelle fois, &#224; l'occasion de ces &#233;lections, l'entreprise du MPPT, lanc&#233;e par le PCI, a administr&#233; la preuve que l'op&#233;ration qui consiste pour des r&#233;volutionnaires &#224; prendre des allures de r&#233;formistes afin de constituer plus rapidement un grand parti influent est une impasse. Ind&#233;pendamment du probl&#232;me de fond - celui de savoir quelle sorte de parti ce pourrait bien &#234;tre si une telle op&#233;ration - ces &#233;lections viennent de d&#233;montrer que, en tout cas, dans la situation actuelle, ce n'est m&#234;me pas la voie pour grandir en nombre ou en influence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;daction de &#171; Lutte de Classe &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(extraits, d'apr&#232;s &lt;i&gt;Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; n&#176;1248)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A six semaines des &#233;lections l&#233;gislatives, le MPPT, par l'action de ses militants et gr&#226;ce &#224; l'appui de milliers de travailleurs, s'est d'ores et d&#233;j&#224; affirm&#233; comme une force politique &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; la conspiration du silence, le boycott de la presse et de la t&#233;l&#233;vision, les attaques d&#233;cha&#238;n&#233;es de tous c&#244;t&#233;s, les calomnies, les listes du MPPT sont constitu&#233;es dans tous les d&#233;partements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y aura ainsi que six listes nationales : RPR, UDF, PS, PCF, FN et celle du MPPT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les listes sont d&#233;finitivement constitu&#233;es dans 93 d&#233;partements. Les 728 candidats du MPPT ont commenc&#233; leur campagne. Dans tout le pays, des centaines de comit&#233;s de soutien sont d&#233;j&#224; constitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus de 550 millions de centimes ont &#233;t&#233; collect&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, la &#171; grande presse &#187;, les radios et les t&#233;l&#233;visions nationales boycottent notre campagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est clair qu'il y a un lien entre ce mur du silence et le mur du silence que seul notre journal a bris&#233; concernant la liquidation de la S&#233;curit&#233; sociale par le nouveau Code de S&#233;curit&#233; sociale, r&#233;alis&#233; par une commission institu&#233;e en 1983 par le gouvernement Mitterrand-Mauroy-Fabius-Fiterman-Ralite. Alors, que cherchons-nous en pr&#233;sentant 93 listes aux &#233;lections l&#233;gislatives du 16 mars 1986 ? Nous cherchons &#224; construire des comit&#233;s de soutien aux listes du MPPT, &#224; renforcer ses sections, &#224; &#233;tendre la diffusion de son journal, &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que cherchons-nous en participant aux &#233;lections ? A construire une nouvelle repr&#233;sentation politique de la classe ouvri&#232;re, le parti ouvrier ind&#233;pendant. Et c'est pourquoi, ce que nous attendons de ces &#233;lections, ce sont des voix, le plus grand nombre possible de voix !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Chaque voix qui se portera sur la liste du MPPT sera une voix pour rendre impossible la cohabitation contre la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Chaque voix qui se portera sur le MPPT favorisera l'expression et l'action ind&#233;pendante des travailleuses et des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le vote MPPT, c'est donc le seul vote utile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A six semaines de l'&#233;lection l&#233;gislative, il importe de pr&#233;ciser les buts que nous assignons &#224; cette campagne du MPPT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Le MPPT ne retirera pas des &#233;lections le b&#233;n&#233;fice qu'il est en droit d'attendre, mais n&#233;anmoins le r&#233;sultat sera positif. Il brisera le mur du silence, il se fera conna&#238;tre (...), il aura une marche sur laquelle il pourra prendre son essor. C'est une occasion qu'il ne faut pas manquer. Donc, quels que soient les r&#233;sultats, l'exp&#233;rience doit &#234;tre faite. Elle ne comporte aucun risque. Ensuite, il appartiendra aux responsables des noyaux du MPPT cr&#233;&#233;s de continuer l'effort de persuasion, en faisant preuve d'honn&#234;tet&#233;, de raison, d'esprit critique. Il faut &#233;teindre le scepticisme, le d&#233;sint&#233;r&#234;t, ranimer le besoin de participer &#224; une politique digne de ce nom &#187;, &lt;/i&gt;explique dans &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res &lt;/i&gt;un camarade du Vaucluse, ancien militant du PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Non, au MPPT, nous ne sommes pas des r&#234;veurs, et nous n'ignorons pas que notre liste aura d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; r&#233;ussir un score important... Tout simplement parce que ce nouveau parti, dont on peut enfin lire les articles dans la presse r&#233;gionale, n'est pas suffisamment connu ; mais sa propagande va s'intensifier &#187;, &lt;/i&gt;affirme pour sa part un camarade du Jura, venu du PCF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre campagne est une campagne de construction, d'organisation. A ces millions de travailleurs des villes et des campagnes qui ont fait l'exp&#233;rience de cinq ans de politique anti-populaire men&#233;e par un gouvernement de &#171; gauche &#187;, nous ne faisons pas de promesses. Nous proposons de b&#226;tir ensemble un authentique parti ouvrier afin d'oeuvrer au combat n&#233;cessaire pour la d&#233;mocratie, la d&#233;fense des acquis et conqu&#234;tes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) Le MPPT le dit en toute clart&#233; : la cohabitation serait n&#233;faste pour le pays et plus particuli&#232;rement pour les travailleurs. La cohabitation ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la crise institutionnelle. Les institutions ne peuvent &#234;tre r&#233;form&#233;es. La crise des institutions au sommet de l'&#201;tat provoque in&#233;vitablement la r&#233;action &#171; d'en bas &#187;. On l'a vu, avant le 16 mars, avec la gr&#232;ve spontan&#233;e des roulants de la SNCF qui a fait reculer le gouvernement. La crise du r&#233;gime apr&#232;s le 16 mars sera encore plus accentu&#233;e. C'est pourquoi avancer dans la construction du MPPT avant le 16 mars est une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ont peur de la crise institutionnelle in&#233;vitable... et tous parlent de cohabitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) Nul doute qu'un lien existe entre la grande inqui&#233;tude des uns sur l'avenir des institutions, leur acharnement &#224; vouloir imposer le &#171; consensus &#187; sur la flexibilit&#233;, et le d&#233;cha&#238;nement, ces derni&#232;res semaines, d'une campagne de presse contre le MPPT, juste apr&#232;s l'annonce de la constitution des 93 listes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on cherchait confirmation de la justesse du combat du MPPT, on la trouverait sans doute, a contrario, dans cette campagne o&#249; le MPPT est accus&#233; d'infiltrer la Conf&#233;d&#233;ration Force Ouvri&#232;re, en m&#234;me temps que d'&#234;tre manipul&#233; par cette derni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que les m&#234;mes accusations, les m&#234;mes r&#233;v&#233;lations &#171; sensationnelles &#187; soient brandies, dans les m&#234;mes termes, par des journaux de &#171; gauche &#187; et de &#171; droite &#187;, qu'une v&#233;ritable union sacr&#233;e se r&#233;alise dans cette campagne, quoi d'&#233;tonnant ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) En un mot : tous, au nom de la crise du syst&#232;me capitaliste, se rangent du c&#244;t&#233; des institutions de la Ve R&#233;publique, et en appellent aux sacrifices de la classe ouvri&#232;re. Seul le MPPT combat pour en finir avec les institutions de la Ve R&#233;publique, pour l'&#233;tablissement de la d&#233;mocratie, et pour aider tous les travailleurs &#224; r&#233;aliser leur unit&#233; pour d&#233;fendre leurs acquis par leurs m&#233;thodes, celles de la lutte de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) Dernier acte majeur du &#171; gouvernement de gauche &#187;, le nouveau Code de la S&#233;curit&#233; sociale, r&#233;v&#233;l&#233; par &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, symbolise de mani&#232;re saisissante le bilan de ces cinq ann&#233;es et de toute la situation actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes les couches de la population salari&#233;e sont concern&#233;es par cette porte ouverte &#224; la d&#233;r&#233;glementation de tous les acquis contenus jusque-l&#224; dans l'existence de la S&#233;curit&#233; sociale, conqu&#234;te arrach&#233;e par la lutte de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) On a l&#224; l'expression concentr&#233;e du contenu de ces institutions, tout enti&#232;res tourn&#233;es contre toutes les couches de la population laborieuse. A cela s'oppose le combat pour la d&#233;mocratie, qui est un combat de d&#233;fense des couches laborieuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) C'est pourquoi le comit&#233; national du MPPT d&#233;cide de proposer &#224; tous les comit&#233;s d&#233;partementaux, &#224; toutes les sections, de faire de cette question le th&#232;me majeur du dernier mois de campagne. Conform&#233;ment aux principes de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re qui r&#233;gissent son fonctionnement, il demande aux sections et comit&#233;s d&#233;partementaux de discuter l'appel qui leur est soumis, de faire conna&#238;tre amendements et remarques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les 10 propositions du MPPT&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 Pour une nouvelle repr&#233;sentation de la classe ouvri&#232;re, le MPPT constate que les d&#233;put&#233;s du PS et du PCF &#233;lus en 1981 contre le pouvoir anti-social et antid&#233;mocratique des capitalistes ont trahi le mandat majoritaire que les travailleurs leur avaient confi&#233;. Voil&#224; pourquoi la droite peut se permettre aujourd'hui de pr&#233;tendre reprendre le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si les dirigeants du PCF qui ont quitt&#233; le gouvernement en 1984 pour des raisons d'alignement international tentent par leur politique de division de masquer leurs responsabilit&#233;s, ils ne peuvent faire oublier qu'ils ont mis en oeuvre comme ministres, vot&#233; comme d&#233;put&#233;s, tous les plans d'aust&#233;rit&#233; et de licenciements qui ont abouti &#224; la situation d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi nous, militants de toutes origines du mouvement ouvrier, syndicalistes, travailleurs et jeunes sans affiliation politique, avons fond&#233; le Mouvement pour un Parti des Travailleurs, afin de reconstituer avec vous une nouvelle repr&#233;sentation populaire et ouvri&#232;re. 2 Pour l'emploi et la d&#233;fense des acquis ouvriers, le MPPT se prononce contre tout licenciement, d&#233;guis&#233; ou non. Le MPPT se prononce contre toute remise en cause du Code du travail, contre la &#171; flexibilit&#233; &#187; r&#233;clam&#233;e par le CNPF et qui, loin d'&#234;tre une solution au ch&#244;mage, est en r&#233;alit&#233; une machine de guerre contre l'emploi. .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MPPT d&#233;nonce l'instauration des TUC et exige la garantie d'un v&#233;ritable emploi pour les jeunes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MPPT vous dit : n'attendez quelque chose de valable que de vous-m&#234;mes et de l'unit&#233;, les int&#233;r&#234;ts des capitalistes et les v&#244;tres sont diam&#233;tralement oppos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3 Pour la d&#233;fense de la protection sociale, le MPPT d&#233;fend la S&#233;curit&#233; sociale, les r&#233;gimes de retraite, l'assurance ch&#244;mage et les mutuelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MPPT rappelle que ces institutions ont &#233;t&#233; conquises par la classe ouvri&#232;re dans son combat contre l'exploitation capitaliste afin d'assurer aux travailleurs et &#224; leurs familles une protection contre les risques de l'existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4 Pour la la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole et de l'&#201;tat, le MPPT combat pour la la&#239;cit&#233; int&#233;grale de l'&#233;cole et de l'&#201;tat. Le MPPT exige l'abrogation des lois anti-la&#239;ques et de toutes les mesures prises depuis 1981 par Savary et Chev&#232;nement qui livrent l'&#233;cole publique de plus en plus d&#233;mantel&#233;e aux groupes de pression les plus divers, qu'ils soient politiques ou religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5 Pour la d&#233;fense des petits et moyens paysans, le MPPT d&#233;nonce la politique de baisse des revenus agricoles, l'instauration des quotas laitiers et toutes les mesures contre les petits et moyens paysans, d&#233;cid&#233;es par Bruxelles, par tous les gouvernements du March&#233; commun qui, alors qu'il serait possible de construire une v&#233;ritable Europe, s'attaquent &#224; la paysannerie, &#224; la sid&#233;rurgie, aux mines, au textile...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6 Pour l'&#233;galit&#233; des citoyens, contre la d&#233;centralisation, le MPPT d&#233;nonce la d&#233;centralisation et les atteintes port&#233;es au statut de la fonction publique qui remettent en cause &#224; la fois les droits et les garanties des fonctionnaires et l'&#233;galit&#233; des citoyens devant le service public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7 Pour l'&#233;galit&#233; des droits des travailleurs, le MPPT revendique le respect et l'&#233;galit&#233; des droits pour les travailleurs immigr&#233;s qui, comme les travailleurs fran&#231;ais, supportent les m&#234;mes m&#233;faits de la crise capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8 Pour l'abrogation de la constitution antid&#233;mocratique de la Ve R&#233;publique ! Pour le MPPT, la Constitution, condamn&#233;e dans le pass&#233; par le PCF, le PS et par Fran&#231;ois Mitterrand comme antid&#233;mocratique, est utilis&#233;e par les m&#234;mes depuis 1981 pour imposer les plans anti-ouvriers voulus par le CNPF, par le biais des ordonnances du &#171; vote de confiance &#187; ou du &#171; vote bloqu&#233; &#187;, comme, par exemple, dans le cas de la loi sur la flexibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MPPT se prononce en cons&#233;quence pour la disparition de la Constitution et des institutions de la V&lt;i&gt; e&lt;/i&gt; R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9 Pour faire place &#224; la d&#233;mocratie, le MPPT combat pour l'&#233;tablissement d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie afin que, dans le cadre de la d&#233;l&#233;gation de pouvoir, les &#233;lus du peuple puissent remplir pleinement leur r&#244;le d'expression politique du citoyen, il faut en appeler au peuple qui d&#233;finira la forme et le contenu de le d&#233;mocratie qu'il entend r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10 Pour l'ind&#233;pendance des syndicats, le MPPT d&#233;nonce toutes les tentatives d'ali&#233;ner l'ind&#233;pendance des organisations syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MPPT d&#233;nonce notamment les lois dites Auroux qui visent, sous le vocable mensonger de &lt;i&gt; &#171; droits nouveaux des travailleurs &#187; &lt;/i&gt;&#224; bafouer les pr&#233;rogatives des syndicats afin de faire participer les salari&#233;s &#224; leur propre exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle que soit la forme de l'&#201;tat, l'ind&#233;pendance r&#233;ciproque des partis politiques et des syndicats est la condition fondamentale de toute avanc&#233;e r&#233;elle vers le socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loiret : Liste &#171; MPPT-Socialisme maintenu &#187; &#171; Lettre ouverte aux socialistes qui veulent le rester &#187;, parue dans la &lt;i&gt; R&#233;publique du Centre &lt;/i&gt;du 12/2/86&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous ce titre, MM. R. Caron et J.-P. Esch, exclus du PS et candidats aux l&#233;gislatives sur la liste MPPT-SM du Loiret, nous prient d'ins&#233;rer :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que s'&#233;tale sur les murs du Loiret une affiche de J.-P. Sueur affirmant p&#233;remptoirement qu' &#187; on &#187; ne s'oppose pas au progr&#232;s, &#171; on &#187; apprend par voie de presse, au m&#233;pris des proc&#233;dures habituelles, que les deux candidats de Socialisme Maintenu sur la liste MPPT-SM sont exclus du Parti Socialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle relation entre ces deux faits ? Et qui s'oppose &#224; ce que M. Sueur appelle le progr&#232;s ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Visiblement, pas ceux qui ont abandonn&#233; tout id&#233;al la&#239;que, ni ceux qui ont accept&#233; de renier les engagements pris &#224; Metz par le Parti Socialiste, ni ceux qui cohabitent d&#233;j&#224; avec la droite : ils figurent tous en bonne place sur les listes officielles du PS. Il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence, ceux qui s'opposent &#171; au progr&#232;s &#187; selon M. Sueur, ce sont ceux qui comme nous, sont pour la d&#233;fense de l'emploi contre les licenciements, le maintien des acquis des travailleurs contre la flexibilit&#233;, la promotion de la culture contre les cha&#238;nes priv&#233;es,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Solidarnosc contre Jaruzelski, le service militaire &#224; six mois contre la reconstitution des carri&#232;res des g&#233;n&#233;raux f&#233;lons...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous restons fid&#232;les &#224; ce pourquoi nous avions adh&#233;r&#233; au PS, voil&#224; pourquoi nous sommes sanctionn&#233;s ! Il faut bien frapper &#224; gauche pour se tourner &#224; droite !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne fait donc plus de doute que le progr&#232;s propos&#233; est en fait la r&#233;gression sur toute la ligne, c'est cette politique anti-socialiste qui provoque les d&#233;saffections, les &#233;clatements, la d&#233;faite du PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi, rejetant les qualificatifs de dogmatiques et d'extr&#233;mistes dont on veut nous affubler pour d&#233;tourner l'attention, nous avons pris nos responsabilit&#233;s en formant une liste avec le MPPT aux l&#233;gislatives, pour avancer vers la solution positive dont le peuple a besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, le monde du travail, la majorit&#233; de 81, les socialistes qui veulent le rester s'opposent &#224; ce progr&#232;s-l&#224; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>La campagne et les r&#233;sultats de la LCR</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-et-les-resultats-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-et-les-resultats-de-la</guid>
		<dc:date>1986-03-31T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;10&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Ligue Communiste R&#233;volutionnaire a finalement pr&#233;sent&#233; vingt listes aux &#233;lections l&#233;gislatives, aucune aux &#233;lections r&#233;gionales. Mais le moins que l'on puisse dire est que cela a &#233;t&#233; sans enthousiasme et &#224; contre-c&#339;ur, et en le reconnaissant m&#234;me ouvertement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fa&#231;on d'entrer en campagne explique sans doute, au moins en partie, l'allure de celle-ci : la Ligue a donn&#233; l'impression de n'&#234;tre jamais vraiment convaincue ni qu'elle avait des raisons de pr&#233;senter des candidats, ni qu'elle avait des choses &#224; dire, ni qu'elle savait vraiment &#224; qui elle entendait s'adresser. Et cela explique, en partie aussi du moins, la minceur des scores de la LCR, y compris en comparaison avec ceux des autres formations de l'extr&#234;me-gauche, puisqu'elle ne fait en g&#233;n&#233;ral que la moiti&#233; ou le tiers des voix du MPPT, et le quart ou le cinqui&#232;me de celles de Lutte Ouvri&#232;re. Et pourtant toutes les formations d'extr&#234;me-gauche, sans exceptions, ne font elles-m&#234;mes que des scores tr&#232;s faibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre sympt&#244;me du m&#234;me malaise est le fait que la LCR ait consacr&#233; une partie de sa campagne &#224; pol&#233;miquer contre Lutte Ouvri&#232;re, &#224; qui elle reprochait de n'avoir pas accept&#233; de faire des listes communes. Non seulement dans son hebdomadaire, mais dans ses meetings, ses tracts et ses conf&#233;rences de presse, partout elle a cru bon de consacrer une place ou un moment pour attaquer le pr&#233;tendu sectarisme de Lutte Ouvri&#232;re ou s'en plaindre. Ce n'est pas l&#224; seulement un curieux th&#232;me &#233;lectoral. C'est aussi l'indication que, au moment o&#249; les r&#233;volutionnaires devaient chercher &#224; s'adresser &#224; la masse des &#233;lecteurs et des travailleurs, et que l'occasion leur en &#233;tait donn&#233;e, la LCR n'avait pas pour pr&#233;occupation premi&#232;re de parler aux travailleurs de leurs probl&#232;mes, ou pire peut-&#234;tre pas grand'chose &#224; dire sur ceux-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout cela n'est que le reflet d'un &#233;chec de la politique g&#233;n&#233;rale de la LCR. Elle a cherch&#233; &#224; mettre sur pied un rassemblement qui irait de Lutte Ouvri&#232;re aux &#233;cologistes, en passant par tout ce qui reste des diff&#233;rents courants issus de Mai 68. C'est ce qu'elle a appel&#233; &lt;i&gt; &#171; l'alternative anticapitaliste &#187;.&lt;/i&gt; Mais ce rassemblement ne s'est pas produit. Et d'abord parce qu'il &#233;tait contre nature. Ainsi la plupart des &#233;cologistes ont refus&#233; l'alliance avec la LCR. Comme elle le reconna&#238;t volontiers elle-m&#234;me, sans se soucier des contradictions entre ses propositions et ses analyses, les &#171; verts &#187; ne sont pas et ne se pr&#233;tendent pas anticapitalistes. Comment se soucieraient-ils de construire une &lt;i&gt; &#171; alternative anticapitaliste &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re pour sa part, on le sait, n'entendait nullement participer &#224; un rassemblement de gens qui se veulent peut-&#234;tre, sur tel ou tel point, &#233;cologie, antiracisme ou f&#233;minisme, &#224; la gauche de la gauche, mais qui ne sont, et ne pr&#233;tendent pas d'ailleurs &#234;tre, ni r&#233;volutionnaires ni partie du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat c'est que &lt;i&gt; &#171; l'alternative anticapitaliste &#187;, &lt;/i&gt;d'apr&#232;s les recensements de la LCR elle-m&#234;me, n'a pu pr&#233;senter que dix-neuf listes aux r&#233;gionales, et douze aux l&#233;gislatives (et l&#224;, dans quelques cas, en concurrence avec les propres listes de la LCR).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les quelques exemples de professions de foi des listes alternatives que nous donnons dans ce dossier - et il s'agit l&#224; de listes soutenues par la LCR ou dans lesquelles elle avait des repr&#233;sentants - illustrent parfaitement ce que nous pouvions dire &#224; propos de ce rassemblement de l'alternative. Sans &#234;tre toutes aussi caricaturales que celle de l'H&#233;rault, qui est pour l'essentiel une d&#233;fense des vignerons occitans, elles sont toutes l'&#233;manation de gens qui se placent sur le terrain du r&#233;gionalisme, de l'&#233;cologie ou de l'anti-racisme, mais jamais sur celui de la lutte de classe et du mouvement r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, la LCR a aussi dit ici ou l&#224; des choses tr&#232;s semblables &#224; ce que disait Lutte Ouvri&#232;re. Elle a aussi tent&#233; de s'adresser aux travailleurs. A notre avis, ce fut bien souvent dans la forme comme dans le fond avec des diff&#233;rences sensibles, dans la fa&#231;on de parler de la droite et de la gauche, et de faire des diff&#233;rences ou pas entre elles, par exemple. Mais nos lecteurs pourront juger eux-m&#234;mes &#224; la lecture des documents que nous donnons dans ce num&#233;ro de la &lt;i&gt; Lutte de Classe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, justement, les multiples facettes de la politique de la LCR, r&#233;gionaliste dans l'H&#233;rault et en Bretagne, lutte de classe dans la Seine-Saint-Denis, &#233;cologiste et humaniste &#224; Paris, r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne dans l'Essonne, ne peuvent qu'entra&#238;ner la confusion, confusion des &#233;lecteurs, confusion aussi des militants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;sultats &#233;lectoraux ne sont certes pas le seul crit&#232;re, et encore moins le principal, pour juger de la politique d'un groupe r&#233;volutionnaire. Mais l'&#233;chec sur tous les plans, non seulement sur celui des r&#233;sultats, mais aussi sur celui de la campagne elle-m&#234;me, de la LCR est tout de m&#234;me significatif de l'impasse dans laquelle sa politique actuelle pousse cette organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;daction de &#171; Lutte de Classe &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Doublez &#224; gauche ! article paru dans &lt;i&gt; Rouge&lt;/i&gt; n&#176;1191, 9-15/1/86)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A gauche ? Vous avez dit &#224; gauche ? Mais qui est encore &#224; gauche dans cette campagne &#233;lectorale ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mitterrand ? Allons donc ! Dans ses v&#339;ux de fin d'ann&#233;e, il s'est surtout efforc&#233; de faire oublier qu'il fut, voil&#224; cinq ans, l'&#233;lu d'une majorit&#233; de travailleurs. Pour lui, la cohabitation avec la droite, au soir du 16 mars prochain, n'est pas un probl&#232;me : &lt;i&gt; &#171; Quoi qu'il en soit (du verdict des urnes), des lois sont vot&#233;es, des d&#233;crets sont pris, d'autres le seront, des instructions sont donn&#233;es au fil des ans et d'autres viendront. Il faut poursuivre la t&#226;che sans faiblesse. La France continue, l'&#201;tat aussi. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fabius ? Il s'empresse de d&#233;mentir. Le &lt;i&gt; &#171; socialisme moderne &#187; &lt;/i&gt; qu'il appelle de ses souhaits est un m&#233;lange des valeurs de la droite et de la gauche. Dans une interview au &lt;i&gt; Monde &lt;/i&gt;du 7 janvier, il exaltait ainsi de &lt;i&gt; &#171; larges zones de consentement &#187; &lt;/i&gt;et plus particuli&#232;rement le mariage de &lt;i&gt; &#171; l'&#233;conomique et du social &#187; &lt;/i&gt;, de &lt;i&gt; &#171; l'individuel et du collectif &#187; &lt;/i&gt;, de &lt;i&gt; &#171; la s&#233;curit&#233; et du risque &#187; &lt;/i&gt;, des &lt;i&gt; &#171; grandes r&#233;formes &#187; &lt;/i&gt;et d'&lt;i&gt; &#171; une bonne gestion &#187; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jospin ? Il ne veut plus se reconna&#238;tre que dans l'&#233;tiquette &#171; social-d&#233;mocrate &#187;. Interrog&#233; sur &lt;i&gt; Radio Monte-Carlo, le &lt;/i&gt;5 janvier, il confiait : &lt;i&gt; &#171; Si devenir un parti social-d&#233;mocrate c'est devenir la social-d&#233;mocratie su&#233;doise, faire 40 % des voix, alors je veux bien me fixer cet objectif. &#187; A &lt;/i&gt;lire ce plat &#233;loge du r&#233;alisme gestionnaire des partis fr&#232;res du nord de l'Europe, on mesure le chemin parcouru depuis l'&#233;poque o&#249; le premier des socialistes menait campagne en affirmant : &lt;i&gt; &#171; Le PS se tourne vers les Fran&#231;ais pour leur dire : vous n'&#234;tes pas d&#233;sarm&#233;s devant une crise dont vous devinez qu'elle n'a pas &#233;clat&#233; par hasard : ce sont les privil&#233;gi&#233;s dans notre pays qui tendent &#224; accr&#233;diter cette id&#233;e, parce qu'ils ne veulent surtout pas mettre en cause leurs privil&#232;ges, ni la strat&#233;gie des puissances qui garantissent &#224; leurs yeux la p&#233;rennit&#233; de l'ordre &#233;tabli, c'est-&#224;-dire leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe. &#187; &lt;/i&gt; (le Projet socialiste, page 17).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marchais ? Il voudrait bien le faire croire. C'est pourquoi il ne cesse de fustiger la complicit&#233; du PS et de la droite. Mais comment oublier que, lorsqu'ils y trouvaient leur int&#233;r&#234;t, les dirigeants communistes n'&#233;taient pas trop regardants sur la politique du gouvernement auquel ils collaboraient ? Et surtout comment ne pas voir que les rodomontades du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral n'ont pour unique objectif que de couvrir l'impuissance du PCF &#224; proposer une quelconque issue &#224; l'&#233;ch&#233;ance de mars ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, plus on se rapproche du scrutin, moins on trouve de forces ayant conserv&#233; cette boussole qui indique r&#233;solument la gauche. Il est vrai que pour ceux qui nous gouvernent, cette notion est &#171; us&#233;e &#187;, comme l'expliquait r&#233;cemment le chef de l'&#201;tat. Et pourtant, &#234;tre &#224; gauche, ce n'est rien de plus qu'offrir au monde du travail une v&#233;ritable alternative politique, un projet s'opposant sur tous les plans &#224; la soci&#233;t&#233; de l'exploitation et des in&#233;galit&#233;s. &#202;tre &#224; gauche, c'est avant tout dire trois fois non !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;TROIS FOIS NON !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non au retour d'une droite revancharde . Chirac, Giscard, Barre, c'est la r&#233;action sur toute la ligne. Leur programme pue le fric, quelles que soient leurs pr&#233;cautions de langage. Et ce n'est pas la derni&#232;re op&#233;ration de Hersant qui nous d&#233;mentira. Pour ces gens-l&#224;, une seule chose compte : que les puissants soient toujours plus puissants. M&#234;me s'il faut, pour y parvenir, tailler &#224; la hache dans les acquis sociaux, rogner les libert&#233;s, bafouer la plus &#233;l&#233;mentaire justice. Le pass&#233; de collabo du patron du &lt;i&gt; Figaro&lt;/i&gt;, les diatribes anti-ouvri&#232;res et anti-immigr&#233;s de ses plumitifs montrent que, pour cette droite gorg&#233;e de haine, Le Pen et son Front national ne sont pas des passagers clandestins. Ce sont des amis de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non &#224; une gauche qui a tout reni&#233;. Sous couvert de &#171; modernisation &#187;, le gouvernement - form&#233; d&#233;sormais du seul PS, apr&#232;s avoir r&#233;uni les deux grands partis ouvriers - a sacrifi&#233; jusqu'&#224; ses propres r&#233;f&#233;rences aux exigences des poss&#233;dants. Sa seule loi est celle du profit. Son seul id&#233;al c'est la survie du capitalisme. Sa seule morale, c'est la soumission &#224; la France du fric et des privil&#232;ges. Comme s'il voulait en administrer une nouvelle preuve, il vient d'ailleurs de convoquer une session extraordinaire du Parlement afin de faire passer son projet sc&#233;l&#233;rat sur la flexibilit&#233; du travail. L'Assembl&#233;e rose de 1981 ach&#232;ve son mandat par la destruction d'une conqu&#234;te datant du Front populaire. Rien de moins !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non au bradage des revendications et des valeurs ouvri&#232;res. Face &#224; la crise mondiale de leur syst&#232;me, les capitalistes n'ont pour seule politique qu'un lib&#233;ralisme sauvage inspir&#233; par Reagan et Thatcher. A l'inverse, les travailleurs n'ont d'autre choix que de r&#233;sister pied &#224; pied, d'opposer &#224; l'adversaire la d&#233;fense intransigeante des revendications, des acquis, des int&#233;r&#234;ts ouvriers, de pr&#233;parer les conditions de leur mobilisation unitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant pis si les adeptes de Fran&#231;ois de Closets ou d'Edmond Maire ne voient que ringardisme dans ces quelques principes. Laissons-les aux chim&#232;res d'une soci&#233;t&#233; o&#249; patrons et salari&#233;s collaboreraient harmonieusement, en d&#233;pit d'int&#233;r&#234;ts totalement oppos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour nous, s'il est une id&#233;e moderne, c'est bien celle du socialisme. Car la crise actuelle montre que le capitalisme est incapable de fonctionner dans le sens du progr&#232;s social. Dans ces conditions, pourquoi chercher &#224; concilier l'inconciliable ? Pourquoi h&#233;siter &#224; rompre avec la loi du march&#233; ? Pourquoi refuser de sortir d'un syst&#232;me dont la faillite plonge des millions d'&#234;tres humains dans la d&#233;tresse et le d&#233;nuement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier, il faut afficher la couleur. &#202;tre &#224; gauche, c'est &#234;tre rouge, c'est mettre l'int&#233;r&#234;t des travailleurs et de la population laborieuse avant toute autre consid&#233;ration. Voil&#224; le message que nous voulons faire passer dans les prochaines semaines, &#224; l'encontre des discours pr&#244;nant la r&#233;signation. Voil&#224; pourquoi aussi nous avons choisi comme th&#232;me de campagne &#171; Voyez rouge ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SOCIALISME ET PROFITS COHABITATION IMPOSSIBLE !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Voir rouge &#187; en 1986, ce n'est pas &#233;grener quelques formules toutes faites. C'est d&#233;montrer la n&#233;cessit&#233; d'une politique au service des travailleurs. Une politique qui s'incarne dans les exigences ouvri&#232;res et populaires les plus urgentes : contre l'aust&#233;rit&#233;, pour la d&#233;fense de l'emploi et des salaires, contre le racisme, pour l'&#233;galit&#233; des droits entre Fran&#231;ais et immigr&#233;s, contre le nucl&#233;aire et la force de frappe tricolore, pour la solidarit&#233; internationale avec les peuples en lutte, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce message, nous aurions voulu le d&#233;fendre avec le maximum de forces et de militants se situant &#224; la gauche de la gauche officielle. H&#233;las, cela n'a pas &#233;t&#233; possible, le regroupement d'une alternative anticapitaliste commen&#231;ant &#224; peine &#224; se cristalliser. Et nous nous sommes heurt&#233;s au sectarisme de diverses organisations, &#224; commencer par Lutte Ouvri&#232;re qui a refus&#233; toute campagne commune avec la LCR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y aura donc, en mars prochain, que quelques listes anticapitalistes larges, dans le cadre des l&#233;gislatives ou dans celui des r&#233;gionales. Pour que ses propositions aient un &#233;cho national, la LCR a donc d&#233;cid&#233; de pr&#233;senter vingt listes aux l&#233;gislatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La carte que nous publions en pages 8 et 9 fournit une indication des d&#233;partements o&#249; nous m&#232;nerons cette bataille, qu'il s'agisse de candidatures LCR ou de regroupements unitaires que nous soutenons. Nous reviendrons la semaine prochaine plus largement sur les listes de la LCR. Mais d&#232;s cette semaine, nous &#233;tablissons un premier recensement des processus unitaires en cours, recensement que nous compl&#233;terons au fur et &#224; mesure que les informations nous parviendront.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y a plus un instant &#224; perdre pour qu'une autre voix se fasse entendre dans cette campagne. D&#232;s aujourd'hui, les militants et sympathisants de la LCR vont consacrer toute leur &#233;nergie &#224; cet objectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christian Picquet&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fs28 semaine du 30 janvier au 5 f&#233;vrier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars, voyez rouge !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a y est ! Ils se souviennent. Le PS vient de se rappeler que les travailleurs avaient vot&#233; pour lui en mai 1981, et aux l&#233;gislatives qui suivirent la victoire de Mitterrand. Et comme les dirigeants socialistes prennent l'&#233;lectorat ouvrier pour un moineau sans t&#234;te, ils pensent qu'il leur pardonnera, dans le secret de l'isoloir, d'avoir fait le &#171; sale boulot &#187; dont Fabius se vantait r&#233;cemment &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UTILE, LE VOTE PS ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Franchement, vous ne croyez pas que c'est un peu gros, qu'ils se fichent de nous, au PS ? Ils ont gouvern&#233; contre nous, pour le patronat, et maintenant ils se d&#233;guisent en &#171; gauche-dernier-rempart-contre-la droite &#187; pour esp&#233;rer nos suffrages. L'aust&#233;rit&#233; de Fabius, commenc&#233;e sous Mauroy et avec l'appui du PC, s'inspire de celle de Barre. La politique de Mitterrand cherche &#224; rivaliser avec celle de Giscard. Alors, cinq ans ont pass&#233;, et puis, comme &#224; confesse, on pardonne et on revote pour eux ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, la m&#234;me rengaine revient : votez utile... Utile, le PS ? Oui, pour faire passer la pilule des licenciements et de la baisse des salaires sans trop de gr&#232;ves. Utile, le PS, pour nous travailleurs ? Demandez donc &#224; ceux de la navale, de la sid&#233;rurgie, du charbon, pour ne prendre que ceux-l&#224;, si le PS leur a servi &#224; autre chose qu'&#224; se faire licencier vite fait bien fait. Demandez aux jeunes, &#224; qui Fabius donne des TUC pour tout futur, s'ils portent le pouvoir dans leur c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La grande gauche, le Parti Socialiste, c'est l'aust&#233;rit&#233; repeinte en rose, c'est une gauche qui n'a pas d'arguments contre la droite parce qu'elle lui a repris une bonne partie de sa politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La petite gauche, le Parti Communiste, est toute honteuse d'avoir pratiqu&#233; au gouvernement en compagnie du PS cette politique contre les travailleurs. Elle en rajoute maintenant, pour faire oublier sa responsabilit&#233;. Et finalement, le PCF ne propose rien d'autre pour l'avenir qu'une nouvelle Union de la gauche r&#233;&#233;quilibr&#233;e en faveur de Marchais. Quel cr&#233;dit accorder aujourd'hui au PCF ? Non seulement pour ce qu'il a fait mais aussi pour ce qu'il propose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VOTEZ ROUGE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Ligue Communiste R&#233;volutionnaire pr&#233;sente vingt listes aux l&#233;gislatives et soutient des listes unitaires dans d'autres d&#233;partements tant aux r&#233;gionales qu'aux l&#233;gislatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La LCR avait propos&#233; &#224; Lutte Ouvri&#232;re un accord national, mais LO pense que l'heure est plut&#244;t &#224; cultiver les diff&#233;rences que peser pour rassembler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, le 16 mars, votez LCR ou pour les listes soutenues par elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le seul vote qui permet de dire &#224; la fois qu'on est clairement contre le retour de Le Pen et contre l'aust&#233;rit&#233; du PS et du PCF. C'est le seul vote qui se prononce pour une politique au service des travailleurs, fond&#233;e uniquement sur la satisfaction des besoins collectifs et des aspirations du plus grand nombre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est &#233;viter les calculs politicards et la d&#233;magogie &#233;lectorale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fs28 (extraits d'un article paru dans Rouge n&#176;1195, 6-12/2/86)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Pourquoi viens-tu si tard ? &#187; La question est mi-curieuse, mi-goguenarde. On la pose souvent, ces derniers temps aux militants de la section lyonnaise de la LCR, derni&#232;re organisation politique &#224; pr&#233;senter sa liste. Elle a pris, en effet, le risque, le temps et les moyens, de jouer le jeu de l'unit&#233;, de concert avec d'autres forces politiques locales. Elle a tent&#233; de rassembler, avant de se pr&#233;senter seule, devant les &#233;lecteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Appelons un chat, un chat : le panorama lyonnais &#224; gauche est plut&#244;t sombre. Face &#224; la droite - Barre et le RPR Michel Noir - on trouve Hernu-Greenpeace et Fiterman, qui se fixe des objectifs limit&#233;s. Tout cela risque peu d'attirer un &#233;lectorat potentiel cons&#233;quent &#171; &#224; gauche de la gauche &#187;. LO, le MPPT-Socialisme maintenu et les Verts pr&#233;sentent in fine leur propre liste. Ceux qui refusent la politique des fr&#232;res ennemis de la gauche depuis 1981, en seront donc r&#233;duits &#224; faire le choix entre quatre candidats. En dehors de son profil politique particulier, la LCR reste aussi la seule liste des quatre a avoir tent&#233; de limiter les d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le jeu en valait la chandelle &#187;, estime Jean-Michel, sa t&#234;te de liste. D&#232;s l'automne, la LCR, le PSU, la F&#233;d&#233;ration de la gauche alternative, importante &#224; Lyon et le Parti pour une alternative communiste entamaient une bataille conjointe en s'adressant aux Verts, afin de constituer une liste unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;marche int&#233;ressait des militants de nombreuses associations locales. Les premi&#232;res rencontres se tenaient en novembre. Elles cr&#233;aient une pratique de rassemblement et de confrontation salutaire dans la seconde agglom&#233;ration du pays. L'emploi, la lutte des peuples des DOM-TOM, le combat contre l'extr&#234;me-droite, r&#233;unissaient beaucoup de monde. Mi-janvier, un appel pour les &#233;lections, la r&#233;daction d'une plate-forme : la d&#233;marche unitaire largement avanc&#233;e butait toujours sur le sectarisme des Verts. Le PSU et la FGA se retiraient de la bataille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Mais cette d&#233;marche de rassemblement reste un acquis positif. Quelque chose a commenc&#233; &#224; bouger &#187; &lt;/i&gt;, commente Jean-Michel, un quelque chose qui aurait pu se concr&#233;tiser pendant la campagne par des initiatives communes. A propos de l'emploi, par exemple. Les 7e et 8e arrondissements de Lyon constituent aussi un p&#244;le industriel. La LCR et les autres forces y sont enracin&#233;es. Les menaces de licenciements sont monnaie courante dans la m&#233;tallurgie &#224; Paris-Rh&#244;ne ou Videocolor. A propos de la sant&#233;, l'h&#244;pital Edouard Herriot a &#233;t&#233; l'un des piliers de la gr&#232;ve nationale des manipulateurs radio, &#224; laquelle les militants de la Ligue ont largement particip&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un comit&#233; de soutien &#224; la liste s'est constitu&#233;, regroupant de nombreux sympathisants des entreprises concern&#233;es. Un autre est en place au sud de Lyon : Feyzin, Saint-Fons, Pierre-B&#233;nite..., dans des municipalit&#233;s tenues par le PS ou le PC. La LCR d&#233;veloppe ses arguments et th&#232;mes de campagne, autour de la chimie notamment, activit&#233; industrielle d&#233;cisive dans la r&#233;gion (...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fs28 (20-26/2&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars, votez contre l'aust&#233;rit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Je veux r&#233;colter ce que j'ai sem&#233; &#224; gauche &#187; &lt;/i&gt;, telle est la nouvelle affiche du Parti Socialiste. &lt;i&gt; &#171; Ce que j'ai sem&#233; &#224; gauche &#187; &lt;/i&gt;, c'est un bulletin de vote le 10 mai 1981, dont a b&#233;n&#233;fici&#233; Mitterrand, pour en finir, disait-il, avec le ch&#244;mage et l'inflation. Eh bien, c'est la gauche qui nous a sem&#233;s, et la r&#233;colte n'est bonne que pour les patrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;QUI S&#200;ME L'AUST&#201;RIT&#201; R&#201;COLTE LA DROITE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La moisson est am&#232;re. Dans la derni&#232;re ligne droite avant le 16 mars, la gauche ass&#232;ne deux nouveaux coups aux travailleurs. Le premier, c'est la loi sur la flexibilit&#233;. Sous couvert de temps choisi, il s'agit de faire travailler plus et n'importe quand pour un salaire inf&#233;rieur, sans embaucher. &#201;videmment, cette loi est tout b&#233;n&#233;fice pour les patrons, Le second coup est insidieux, racial, discriminatoire, une esp&#232;ce d'apartheid rampant. Fin d&#233;cembre 1985, la Caisse nationale d'allocations familiales prive les travailleurs &#233;trangers venus d'Afrique, et seulement eux (ceux de la CEE ne sont pas touch&#233;s) des allocations familiales s'ils sont au ch&#244;mage ou en pr&#233;retraite. La droite avance dans son programme commun ce genre de mesures qu'elle a elle-m&#234;me repris &#224; Le Pen !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'extr&#234;me fin de son mandat, la gauche inflige l'aust&#233;rit&#233; aux travailleurs. Le 16 mars, on ne peut pas, &#224; moins d'aimer souffrir, voter pour cette gauche-l&#224;, qui a sem&#233; la graine de l'aust&#233;rit&#233; qui germe maintenant pour &#234;tre r&#233;colt&#233;e par la droite. Voter PS, le 16 mars, c'est voter contre soi, pour que l'aust&#233;rit&#233; continue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que la LCR n'a cess&#233; d'opposer aux plans d'aust&#233;rit&#233; des gouvernements de gauche, ce sont des mesures d'urgence, exclusivement favorables aux travailleurs. Bien s&#251;r, pour les obtenir, il faut s'en prendre aux capitalistes. Mais on ne peut en finir avec le ch&#244;mage et l'inflation sans s'en prendre aux puissances de l'argent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VOTEZ POUR LES INFLEXIBLES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi ces mesures imm&#233;diates, la LCR se bat :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Contre le ch&#244;mage, pour l'arr&#234;t imm&#233;diat des licenciements, pour les trente-cinq heures tout de suite, sans perte de salaires, en obligeant les patrons &#224; embaucher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Contre la baisse du pouvoir d'achat, l'indexation automatique des salaires sur les prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Contre le racisme et les mesures de discrimination raciale, l'&#233;galit&#233; des droits de toutes et tous, d'o&#249; qu'ils viennent et le droit de vote pour les immigr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Contre la flexibilit&#233;, le maintien et l'extension des conventions collectives et de la l&#233;gislation du travail prot&#233;geant collectivement les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces mesures d'urgence sont une premi&#232;re vague. Elles s'appuient sur la lutte unie de tous. Elles impliquent qu'on s'en prenne aux licencieurs, aux sp&#233;culateurs, aux gros bonnets amassant des fortunes au c&#339;ur m&#234;me de la crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars, votez pour vous, votez pour vos revendications, vos id&#233;es. Contre les politiciens qui oublieront le lendemain votre bulletin de vote, votez LCR, votez pour les listes soutenues par elle. Votez pour vos int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Interventions d'Alain Krivine dans le cadre de la campagne &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la t&#233;l&#233;vision, mardi 4 mars, et sur France-Inter, le 14 mars&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Anne-Marie Contant - Monsieur Krivine, beaucoup de gens estiment que cette campagne est ennuyeuse. Vous aussi vous vous ennuyez ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Krivine : Oui et je crois que je ne suis pas le seul. Cinq ans apr&#232;s la victoire de la gauche, on aurait pu s'imaginer que la gauche et la droite allaient s'&#233;triper avec ces &#233;lections. Il y a des probl&#232;mes tr&#232;s importants : le racisme, trois millions de ch&#244;meurs, et quand on se prom&#232;ne dans les rues, qu'est-ce qu'on voit ? Eh bien on voit une s&#233;rie de bobines, les t&#234;tes des candidats et en guise de programme, eh bien je peux citer un peu ce que j'ai vu, c'est du type : &#171; La France qui avance &#187;, &#171; Une force pour avancer &#187;, &#171; 85 c'est fini, vive 86, c'est Chirac &#224; Paris &#187;. Le seul d&#233;bat qui a l'air de passionner nos politiciens, c'est le d&#233;bat sur la cohabitation, c'est-&#224;-dire de savoir ce qu'ils vont faire si jamais la droite gagne les &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; AMC - Et alors comment vous expliquez cette merveilleuse entente sur du vide politique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Eh bien moi je crois que justement c'est li&#233; au fait que depuis cinq ans il y a cohabitation, le fait que finalement la droite n'a rien d'autre &#224; proposer, et c'est &#231;a le drame, que ce qu'a fait la gauche. Elle propose simplement de le faire en pire. La fin, de l'indexation des salaires, les dizaines de milliers de licenciements, la loi aujourd'hui sur la flexibilit&#233;, l'am&#233;nagement du temps de travail, l'envoi des parachutistes au Tchad, la d&#233;fense de l'&#233;cole priv&#233;e, la d&#233;fense de la bombe atomique fran&#231;aise, qui a quand m&#234;me fait un assassinat, un &#233;cologiste qui a &#233;t&#233; tu&#233;, l'&#233;cologiste de Greenpeace, et maintenant les assassins sont consid&#233;r&#233;s comme des h&#233;ros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, comme l'a dit Fabius, l'autre jour &#224; la t&#233;l&#233;vision, c'&#233;tait vraiment sa minute de v&#233;rit&#233; quand il a eu ce cri &#233;mouvant et qu'il a dit : &lt;i&gt; &#171; J'ai fait le sale boulot &#187; &lt;/i&gt;. Eh bien effectivement, c'est ce qu'on lui reproche et malheureusement la droite risque aujourd'hui de r&#233;colter ce que la gauche a sem&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; AMC - Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire alors ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Je crois qu'en 1981 le Parti Communiste et le Parti Socialiste ont fait un choix qui est faux, c'&#233;tait de faire croire qu'on pouvait faire le changement en France avec Gattaz, c'est-&#224;-dire en respectant le lois du capitalisme qui sont bien connues, la loi du profit, la loi de la concurrence. Et dans ce carcan, ils ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; faire une politique de rigueur, une politique d'aust&#233;rit&#233;, exactement la m&#234;me politique que m&#232;nent tous les gouvernements de gauche ou de droite dans tous les pays d'Europe &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; AMC - Mais alors c'est pour rompre ce carcan que la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire se pr&#233;sente et soutient les listes alternatives ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Oui, nous pensons qu'aujourd'hui, devant un tel g&#226;chis, devant une telle faillite, il faut reconstruire une v&#233;ritable gauche, une gauche de combat, une gauche qui ne capitule pas. C'est pour &#231;a qu'on soutient une vingtaine de listes alternatives &#224; la gauche de la gauche et qu'on pr&#233;sente, nous la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, une vingtaine de listes aussi dans d'autres d&#233;partements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; AMC - C'est r&#233;aliste, vous pensez ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Tr&#232;s franchement, je crois qu'&#234;tre anticapitaliste aujourd'hui, apr&#232;s tout ce qu'on a v&#233;cu, mais c'est &#234;tre totalement r&#233;aliste. Parce qu'on a tout essay&#233; en France : on a eu des gouvernements de droite dure, des gouvernements de droite molle, de droite mi-molle, on a eu un gouvernement de la gauche unie, ensuite on a eu un gouvernement de la gauche d&#233;sunie et chaque fois ce sont les travailleurs qui ont &#233;t&#233; les dindons de la farce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi nous, nous croyons que le vote pour la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, c'est le vote pour l'espoir, c'est le vote pour rassembler toutes les travailleuses, tous les travailleurs de gauche qui ne veulent pas baisser les bras et qui veulent aujourd'hui construire une gauche de combat, une gauche anticapitaliste et pr&#233;parer l'avenir pour en finir d&#233;finitivement avec la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la t&#233;l&#233;vision, vendredi 14 mars&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Bernard Langlois - Philippe Brocart, un sympathisant socialiste assassin&#233; il y a quelques jours au cours d'un collage d'affiches par un homme du Front National...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Krivine, bonsoir. Pourquoi avoir choisi cette photo d'un militant qui n'&#233;tait pas des v&#244;tres, qui n'&#233;tait pas membre de la Ligue, pour commencer cette &#233;mission ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Krivine : Mais j'ai voulu lui rendre hommage parce que je suis, d'une part, scandalis&#233; parla banalisation de Le Pen et de sa bande de racistes qui a &#233;t&#233; faite pendant cette campagne &#233;lectorale, scandalis&#233; par la banalisation du crime et qui n'est pas une bavure pour nous, mais c'est l'image m&#234;me de ce qu'est le fascisme : on s'attaque d'abord aux immigr&#233;s et puis maintenant aux militants de gauche ; et enfin scandalis&#233; par l'absence totale de r&#233;actions d'ampleur nationale face &#224; un tel crime qui risque d'&#234;tre un pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; BL - Voil&#224;, vous vouliez le dire en commen&#231;ant. Vous l'avez dit. Votre candidature maintenant, la candidature des listes de la Ligue, c'est une question qu'on doit vous poser souvent : est-ce qu'en vous pr&#233;sentant &#224; la gauche du Parti Socialiste et du Parti Communiste, vous ne risquez pas de faire le jeu de la droite ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Eh bien, &#233;coutez, je crois que c'est la gauche qui a fait le jeu de la droite. En 1981, la droite a &#233;t&#233; battue &#224; plates coutures, notamment avec nos voix. L'extr&#234;me-droite &#233;tait quasiment inexistante. Maintenant c'est exactement l'inverse, et je crois franchement que ce n'est pas la faute de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, mais c'est le r&#233;sultat d'une politique de capitulation devant la droite men&#233;e pendant cinq ans par cette gauche, et qui fait que les amis de la gauche, comme on dit, les &#233;lecteurs de gauche ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s, d&#233;mobilis&#233;s, d&#233;sarm&#233;s, et par contre la droite a &#233;t&#233; r&#233;arm&#233;e et a trouv&#233; un second souffle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; BL - Vous pensez que voter utile, c'est voter pour vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Je crois qu'aujourd'hui voter utile ne consiste pas &#224; se donner pour but de battre &#233;lectoralement la droite, &#231;a n'est pas le seul but, mais de battre toute politique de droite, m&#234;me quand elle est men&#233;e par la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; BL - Alors, c'est quoi le but de votre candidature ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : Bien, le but aujourd'hui c'est de constater que cette gauche, le Parti Socialiste et le Parti Communiste, ont failli et qu'aujourd'hui la t&#226;che essentielle c'est de changer de gauche, c'est de reconstruire une autre gauche, une gauche de combat, une gauche qui ne capitule pas, une gauche anticapitaliste. Et tr&#232;s franchement, je crois que des millions de gens qui ont le sentiment d'avoir &#233;t&#233; tromp&#233;s, partagent tout bas ce que nous disons tout haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; BL - Alain Krivine, j'ai l'impression et je ne suis pas le seul, que l'une des grandes le&#231;ons politiques des cinq ann&#233;es qu'on vient de vivre, c'est que, gouvernement de droite ou gouvernement de gauche, quand on est &#224; la t&#234;te d'un pays comme la France et compte tenu du contexte international, la marge de man&#339;uvre est assez &#233;troite. Alors, apparemment vous ne partagez pas cette opinion. Est-ce que vous croyez que vous &#234;tes r&#233;aliste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AK : &#201;coutez, je ne sais pas o&#249; est le r&#233;alisme, mais je constate qu'il y a trois millions de ch&#244;meurs en France dont la moiti&#233; ne per&#231;oivent plus rien aujourd'hui, et au m&#234;me moment le gouvernement a donn&#233; 50 milliards pour la force de frappe nucl&#233;aire, 43 milliards d'indemnisation pour les patrons des entreprises nationalis&#233;es. On nous dit qu'il y a une crise de surproduction, on produit trop, mais au m&#234;me moment il faut savoir que dans le monde, il y a 850 millions de personnes qui sont sous-aliment&#233;es et qu'il y a 12 millions de personnes qui meurent de faim chaque ann&#233;e. Alors le r&#233;alisme, c'est v&#233;ritablement de changer de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; BL - Trente secondes pour conclure, Alain Krivine. AK : Eh bien &#233;coutez, je crois qu'aujourd'hui, en votant pour les listes alternatives, celles qui regroupent une partie des forces &#224; la gauche de la gauche, pas toutes encore malheureusement, ou en votant pour les listes de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, &#231;a sera un vote pour la mobilisation, un vote pour construire enfin une v&#233;ritable gauche de combat dans ce pays, un vote pour l'espoir, un vote pour le socialisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fs28 (article paru dans fs28i Rouge fs28i0 n&#176;1199, 6-12 mars 1986)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sinistre et insipide. Aucun adjectif ne convient mieux &#224; cette campagne. Par les effets de la pub &#233;lectorale, les citoyens sont appel&#233;s &#224; se prononcer sur la couleur d'une cravate ou l'attrait d'une paire de lunettes. Aux deux bouts de l'&#233;chiquier politique, les slogans se ressemblent comme fr&#232;res jumeaux : &lt;i&gt; &#171; Vivement demain &#187;, &#171; Demain on continue &#187; ; &#171; Une force pour avancer &#187;, &lt;/i&gt;etc. A ce train, ils nous diront bient&#244;t &lt;i&gt; &#171; Bonjour chez vous &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet &#233;trange consensus en mati&#232;re de communication politique refl&#232;te au fond que les grands partis n'ergotent plus que sur des dosages ou des rythmes mais s'accordent sur l'essentiel. Plus aucun ne parle des probl&#232;mes quotidiennement rencontr&#233;s par les travailleurs. Et pour cause ! Leur seul id&#233;al, c'est la survie du syst&#232;me. Leur seule morale, c'est la d&#233;fense de la France du fric et des privil&#232;ges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existera pourtant, le 16 mars, un moyen de manifester son d&#233;go&#251;t d'un tel climat. Ce sera de voter peur les listes pr&#233;sent&#233;es ou soutenues par la LCR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN VOTE CONTRE LA TRAHISON&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En &#233;lisant Mitterrand &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, en envoyant une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s de gauche &#224; l'Assembl&#233;e nationale les salari&#233;s esp&#233;raient un changement radical de leurs conditions de vie. En &#233;change, ils n'eurent que l'aust&#233;rit&#233;. Symbole de cette d&#233;rive, le dernier cadeau de cette l&#233;gislature aura &#233;t&#233; la loi sur la flexibilit&#233; qui s'en prend &#224; des conqu&#234;tes datant du Front populaire. Gr&#226;ce &#224; elle, le patronat pourra bient&#244;t revenir sur nombre d'acquis conc&#233;d&#233;s jadis dans les conventions collectives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faudrait-il &#224; pr&#233;sent passer l'&#233;ponge ? Faudrait-il croire en la promesse d'une vie meilleure si cette gauche reste au pouvoir ? Certainement pas. Aujourd'hui autant qu'hier, les gouvernants demandent un ch&#232;que en blanc. D'ailleurs, ils fixent eux-m&#234;mes &#224; 30 % des suffrages la limite de leurs ambitions. Comme cela ne suffira pas pour former une majorit&#233;, Mitterrand aura toute latitude pour utiliser ce score pour n&#233;gocier sa cohabitation avec un &#233;ventuel gouvernement de droite. Les &#233;lecteurs socialistes seront encore une fois r&#233;duits au r&#244;le de masse de man&#339;uvre au service d'un projet dont toutes les cl&#233;s leur &#233;chappent. Il n'est donc qu'une r&#233;ponse &#224; opposer aux exhortations de l'&#233;quipe au pouvoir : &lt;i&gt; &#171; On a d&#233;j&#224; donn&#233; ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN VOTE CONTRE LA REVANCHE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mitterrand, Fabius et Jospin appellent &#224; faire barrage &#224; la droite. Il est vrai que cette derni&#232;re entend prendre sa revanche. Ses propositions remettent p&#234;le-m&#234;le en cause les droits des salari&#233;s, les libert&#233;s syndicales, la protection sociale, Et dans ses bagages, se trouve un Le Pen qui r&#234;ve d'une France nettoy&#233;e des &#171; &#233;trangers &#187; et de ceux qui ne pensent pas comme lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais qui est responsable de l'arrogance des battus de mai 1981 ? Au premier chef, ceux qui ont sem&#233; le d&#233;sarroi dans le monde du travail en reniant tous leurs engagements. Il suffit pour s'en convaincre de voir les leaders de la r&#233;action l&#233;gitimer leur d&#233;magogie en mettant en &#233;vidence le bilan du gouvernement. Ainsi, pour justifier la suppression de l'autorisation administrative de licenciement, Chirac fait-il beno&#238;tement remarquer : &lt;i&gt; &#171; Aujourd'hui, l'information qui &#233;mane du minist&#232;re du Travail fait appara&#238;tre que la quasi-totalit&#233; des demandes de licenciement sont accord&#233;es. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour s'opposer r&#233;ellement au retour de la droite, il faut refonder l'espoir. Il faut offrir aux travailleurs une v&#233;ritable alternative politique, un projet s'opposant sur tous les plans &#224; la soci&#233;t&#233; de l'exploitation et de l'in&#233;galit&#233;. A l'&#233;vidence, ce n'est pas des all&#233;es du pouvoir que viendra pareille perspective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN VOTE POUR UNE GAUCHE INFLEXIBLE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La gauche, la droite, ces notions sont quelque peu d&#233;pass&#233;es &#187;, &lt;/i&gt;expliquait r&#233;cemment le chef de l'&#201;tat. La lutte des classes est cependant plus actuelle que jamais. Pour restaurer leurs profits, les capitalistes n'ont pour seule politique que l'aust&#233;rit&#233; la plus brutale, l'attaque contre les grandes conqu&#234;tes sociales. A l'inverse, les travailleurs n'ont d'autre choix que la r&#233;sistance pied &#224; pied, la d&#233;fense des acquis et des revendications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s trois ans de pr&#233;sence au gouvernement, le PCF fait mine de tenir un langage similaire. Pourtant, comment accorder une quelconque confiance &#224; ses dirigeants ? Ils n'ont cess&#233; de faire et de d&#233;faire leur alliance avec les socialistes. Et ils en reviennent maintenant &#224; la perspective d'une Union de la gauche &#171; r&#233;&#233;quilibr&#233;e &#187;. Pour quoi faire ? Ils n'en soufflent mot. En cinq ans, leur appareil, leurs d&#233;put&#233;s, leur formidable potentiel militant ne furent d'aucune utilit&#233; &#224; la population laborieuse. Quelques d&#233;put&#233;s suppl&#233;mentaires suffiraient-ils &#224; y changer quoi que ce soit ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN VOTE POUR LE SOCIALISME&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Il n'est d'autre politique possible que celle qui s'applique depuis le 10 mai &#187;, nous r&#233;p&#232;tent &#224; l'envie ministres et repr&#233;sentants de la rue de Solf&#233;rino. Rien n'est plus faux. Confront&#233; &#224; la crise, le capitalisme ne peut plus faire illusion. Parce qu'il oppose la toute puissance de quelques-uns aux besoins du plus grand nombre, il se montre incapable de fonctionner dans le sens du progr&#232;s social. D&#232;s lors, respecter ses r&#232;gles ne peut d&#233;boucher que sur l'aggravation de la situation des plus d&#233;munis. Pour avoir fait comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, l'actuel gouvernement a laiss&#233; les patrons licencier et le ch&#244;mage se d&#233;velopper. Ce qui plonge des millions d'hommes et de femmes dans la d&#233;tresse et le d&#233;nuement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'existe d'autre solution r&#233;aliste que la rupture avec les lois du march&#233;. Si l'on s'en prend au partage des richesses, si l'on fait payer les grandes fortunes, si l'on fait confiance &#224; l'intelligence cr&#233;atrice du peuple travailleur, la crise peut &#234;tre vaincue. Les exemples que nous d&#233;veloppons dans les pages 2, 3 et 4 ne sont-ils pas &#233;loquents ? Loin d'&#234;tre archa&#239;que, le socialisme demeure bien l'id&#233;e la plus moderne de cette fin de si&#232;cle. A nous de savoir maintenant la faire revivre. Car c'est l&#224; qu'est le chemin de l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN VOTE POUR L'AVENIR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans quelques jours, il ne s'agira pas seulement de t&#233;moigner, d'&#234;tre fid&#232;le aux valeurs &#233;mancipatrices du mouvement ouvrier. Plus nombreux seront les suffrages qui se porteront &#224; la gauche de la gauche, plus ils influeront sur l'apr&#232;s-16 mars. Ils exprimeront en effet que des dizaines de milliers d'&#233;lecteurs ont su tirer la le&#231;on de l'exp&#233;rience qui s'ach&#232;ve et qu'ils sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; faire entendre demain les exigences ouvri&#232;res par la lutte. Ce n'est pas l'un des moindres enjeux du prochain scrutin face aux assauts que pr&#233;parent la droite et le patronat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le vote du 16 mars peut &#233;galement constituer un atout pour l'&#233;mergence d'une nouvelle force dans le pays. Une force qui place l'int&#233;r&#234;t des travailleurs au-dessus de toute autre consid&#233;ration. Cet objectif, notre organisation le concr&#233;tise depuis des mois, en &#339;uvrant au regroupement des courants et des militants &#224; la recherche d'une alternative politique. Elle a, en particulier, fait tout ce qui &#233;tait en son pouvoir pour emp&#234;cher l'&#233;parpillement des candidatures &#224; gauche de la gauche. H&#233;las, le poids du pass&#233;, les pesanteurs de la situation politique, les m&#233;fiances et les sectarismes entre organisations ont emp&#234;ch&#233; que cette bataille aboutisse. N&#233;anmoins, dans une vingtaine de d&#233;partements, se sont form&#233;es des listes de large convergence, sur des bases clairement anticapitalistes. Sans la moindre r&#233;serve, la LCR les soutient ou y participe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans vingt autres d&#233;partements, nous avons d&#251; nous pr&#233;senter sous notre seul drapeau. A la diff&#233;rence des politiciens qui encombrent les &#233;crans, nos candidats se battent quotidiennement dans les entreprises et les localit&#233;s, pour une vie plus libre et plus juste. Voter en leur faveur, ce sera donc affirmer qu'on peut &#234;tre de gauche sans se faire complice d'une gauche faillie et combattre la politique des gouvernants sans faire le jeu de la droite. Ce sera soutenir leurs efforts de rassemblement de toutes les &#233;nergies disponibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, plus d'h&#233;sitation ! Un seul jour, un seul tour, certes. Mais un seul vote utile : le vote rouge, le vote &#224; gauche de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Christian P&lt;/i&gt;icquef&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Editorial des feuilles d'entreprise (semaine du 6 au 12 mars)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16 mars, votez LCR !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant le 16 mars, le combat entre la droite et la gauche devrait &#234;tre acharn&#233;. Eh bien non, ils s'acharnent &#224; parler cohabitation, c'est-&#224;-dire comment la gauche pr&#233;sidentielle et la droite parlementaire vont gouverner ensemble. On a beau leur dire, &#224; tous ces politiciens, que ce qui nous int&#233;resse, c'est la mani&#232;re de vaincre le ch&#244;mage, eux nous parlent de leurs si&#232;ges au Parlement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ne peuvent m&#234;me pas nous promettre que demain ils raseront gratis, ils nous rasent d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ALORS LE 16 MARS, VOTEZ POUR VOS INT&#201;R&#202;TS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'en remettre aux politiciens habituels, franchement, ce n'est pas r&#233;aliste. Une fois les &#233;lections pass&#233;es, tout le monde le sait, ils prennent leurs habitudes au Parlement, et l'&#233;lecteur, ce &#171; cochon de votant &#187;, sera oubli&#233;... jusqu'au prochain scrutin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, ce cirque &#233;lectoral, merci bien. Tout n'est qu'hypocrisie. Car si la campagne &#233;lectorale est ennuyeuse, c'est que sur le fond la droite lib&#233;rale et la gauche socialiste sont d'accord : la cohabitation est possible parce que toutes deux s'entendent &#224; faire payer la crise aux travailleurs. Ce que la gauche a fait, la droite veut le continuer, en pire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, le PS nous dit : &lt;i&gt; &#171; Pour battre la droite, votez Mitterrand. &#187; &lt;/i&gt;Nous&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;on a d&#233;j&#224; donn&#233; ! Le 10 mai 1981, nous avons tout fait pour battre la droite. La gauche a tout eu entre les mains, comme jamais dans son histoire : le pr&#233;sident, le Parlement, le gouvernement. Qu'en a-t-elle fait ? Une politique d'aust&#233;rit&#233; qui ram&#232;ne s&#251;rement la droite au pouvoir. Et il faudrait recommencer ? Il faudrait croire la fable du PS qui dit que voter pour la majorit&#233; &#171; de progr&#232;s &#187; derri&#232;re Mitterrand, c'est un moyen de battre la droite ? Mais pr&#233;cis&#233;ment, Mitterrand s'appr&#234;te &#224; gouverner avec la droite. Pas question de passer l'&#233;ponge sur cinq ans de trahisons en faisant semblant de croire que, finalement, cette gauche qui nous a trahis, c'est toujours mieux que la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE 16 MARS, VOTEZ R&#201;VOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, mille fois non ! Le choix du 16 mars n'est pas entre le pire, la droite et Le Pen, et le moins pire, la gauche. Le 16 mars, il n'y a qu'un tour. Ce n'est pas un deuxi&#232;me tour, comme avant, c'est un tour unique o&#249; l'on doit voter pour ce qu'on pense, ce qu'on d&#233;fend'tous les jours, ses int&#233;r&#234;ts, sans se pr&#234;ter aux calculs politiciens qui se retournent toujours contre les travailleurs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sortir du dilemme, comment voter contre la droite sans cautionner l'aust&#233;rit&#233; de gauche, le 16 mars c'est possible en votant LCR. Le vote LCR, c'est refuser l'aust&#233;rit&#233; et le ch&#244;mage, d'o&#249; qu'ils viennent. Le vote LCR, c'est dire en m&#234;me temps que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs sont une chose trop s&#233;rieuse pour les confier &#224; cette gauche, PS et PCF, responsable du g&#226;chis du 10 mai. Le vote LCR, c'est se prononcer pour unir, rassembler celles et ceux qui ne baissent pas les bras devant la crise et le ch&#244;mage, et qui veulent construire ensemble une force unitaire anticapitaliste, une vraie et nouvelle gauche par et pour les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, le 16 mars, votez LCR. Votez pour les listes qu'elle soutient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques exemples de textes de pr&#233;sentation des listes &#171; alternatives &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alternative 86 Paris, extraits du double tract LCR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars, votez utile, votez Alternative 86 Paris ALBERT JACQUARD, ANTOINE COMTE T&#200;TES DE LISTE ALTERNATIVE 86 PARIS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Interview&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; - Albert Jacquard, Antoine Comte, quel est le sens de votre pr&#233;sence &#224; la t&#234;te des listes &#171; Alternative 86 Paris &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A. Jacquard : En tant que biologiste, que g&#233;n&#233;ticien, j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir au regard que nous devrions porter sur chaque homme et sur l'organisation de la soci&#233;t&#233;. Lorsque j'ai lu le programme d' &#171; Alternative 86 &#187;, j'y ai trouv&#233; &#233;voqu&#233;s les sujets qui sont pour moi prioritaires. Or ces sujets sont totalement occult&#233;s par les propagandes des partis et par les m&#233;dias. Je suis scandalis&#233; par le m&#233;pris pour le citoyen que r&#233;v&#232;le la prolif&#233;ration des affiches montrant les candidats dans des poses avantageuses, le matraquage par des slogans aussi creux que &#171; Vivement demain &#187; ou &#171; Une France d'avance &#187;. C'est parce que je crois possible une r&#233;elle d&#233;mocratie que je participe &#224; l'effort d &#187; `Alternative 86 Paris &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A. Comte : Effectivement c'est la premi&#232;re fois que j'&#233;prouve le besoin de participer &#224; une &#233;lection, autrement qu'en &#233;lecteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me satisfaisais jusqu'ici d'activit&#233;s professionnelles engag&#233;es, qui me donnaient largement l'occasion d'intervenir publiquement sur des questions cruciales (libert&#233;s individuelles et collectives ; droits des peuples ; en un mot, droits contre raison d'&#201;tat.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais depuis quelques ann&#233;es, le d&#233;bat politique s'est tellement appauvri en m&#234;me temps qu'il s'est consid&#233;rablement crisp&#233;, qu'il me para&#238;t essentiel de participer &#224; une initiative qui veut poser les probl&#232;mes fondamentaux auxquels notre soci&#233;t&#233; est et sera confront&#233;e. D'autant que la bipolarisation croissante entra&#238;ne un silence complice pr&#233;cis&#233;ment sur ces questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais je dois dire qu'il y a une autre raison : j'ai toujours cru qu'une d&#233;marche large, unitaire, r&#233;sultat de d&#233;bats men&#233;s loyalement, &#233;tait la seule qui dans la p&#233;riode actuelle avait quelque chance de d&#233;clencher une dynamique permettant de d&#233;passer l'alternance conservatisme-r&#233;formisme. La liste &#171; Alternative 86 &#187; porte cet espoir : je me dois de lui apporter plus qu'un soutien ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; - Vous n'ignorez pas que la pression pour le &#171; vote utile &#187; sera importante &#224; ces &#233;lections. Etes-vous utiles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A. Jacquard : Mais utile &#224; quoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se trouve, je l'ai dit, que je crois en la d&#233;mocratie. Pour moi, les &#233;lections sont avant tout une occasion d'informer les citoyens, de les faire r&#233;fl&#233;chir en commun, avant de leur demander une d&#233;l&#233;gation de pouvoir. Or la plupart des partis nous demande une d&#233;l&#233;gation, sans proposer de r&#233;flexion, en nous abrutissant de propagande, en nous submergeant d'&#233;v&#233;nements d&#233;risoires, et en passant sous silence les questions essentielles. Est-il s&#233;rieux de consacrer tant d'articles dans les journaux au rendez-vous manqu&#233; de trois candidats &#224; Clermont-Ferrand et aucun aux probl&#232;mes difficiles pos&#233;s par la force de frappe ? Ce qui est non seulement utile mais n&#233;cessaire c'est d'appeler nos concitoyens &#224; regarder la r&#233;alit&#233; en face. Le vote pour &#171; Alternative 86 &#187; est ainsi infiniment &#171; utile &#187;. A. Comte : Je trouve pour ma part invraisemblable que ce soit les m&#234;mes qui aient approuv&#233; le nouveau mode de scrutin et qui appellent au &#171; vote utile &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car tout de m&#234;me ce nouveau mode de scrutin n'est pas du tout &#233;galitaire, comme le serait la proportionnelle int&#233;grale et, en l'esp&#232;ce, par son syst&#232;me de r&#233;partition aux plus forts restes, il va favoriser Le Pen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avancer dans ces conditions le slogan &#171; Votez utile &#187; pour les &#233;lecteurs de gauche, c'est interdire une expression plurielle &#224; gauche en m&#234;me temps qu'on assure l'extr&#234;me-droite d'une repr&#233;sentation probablement dans le but de g&#234;ner la droite traditionnelle...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un calcul politicard lamentable dont je ne serai jamais partie prenante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis soyons claire : un argument du genre &#171; ravalez vos critiques sans quoi vous servez l'ennemi &#187; me rappelle de f&#226;cheux pr&#233;c&#233;dents !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;mocratie a d&#233;cid&#233;ment encore des progr&#232;s &#224; faire : c'est aussi cette question que nous aborderons avec la liste &#171; Alternative 86 &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>La campagne &#233;lectorale de Lutte Ouvri&#232;re</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-electorale-de-lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-campagne-electorale-de-lutte</guid>
		<dc:date>1986-03-31T22:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les candidatures Lutte Ouvri&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re pr&#233;sentait des listes de candidats aux &#233;lections r&#233;gionales ainsi qu'aux &#233;lections l&#233;gislatives dans trente-trois d&#233;partements, comprenant l'ensemble des grands centres industriels du pays. Une listes Lutte Ouvri&#232;re-Ligue Communiste R&#233;volutionnaire &#233;tait en outre pr&#233;sente dans le Maine-et-Loire, tant aux r&#233;gionales qu'aux l&#233;gislatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces trente-trois listes comportaient 40 % de candidates (42 % aux r&#233;gionales), pourcentage qui se retrouvait au niveau des candidats en t&#234;te des listes (13 femmes sur 33). Dans une dizaine de d&#233;partements, la proportion des femmes sur les listes Lutte Ouvri&#232;re atteignait ou d&#233;passait 50 % (Paris, Nord, Indre-et-Loire, Ille-et-Vilaine, Cher, C&#244;te-d'Or, C&#244;tes-du-Nord, Somme, Oise, Territoire de Belfort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#226;ge moyen de nos candidats aux deux &#233;lections &#233;tait de 35 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La quasi-totalit&#233; de ces candidats &#233;taient salari&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 29 %, des ouvriers de l'industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 42 %, des employ&#233;s ou techniciens dans l'industrie ou les services (banques, assurances, S&#233;curit&#233; Sociale, PTT, h&#244;pitaux...).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 19 %, des enseignants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 5 % travaillaient dans les services sociaux, les municipalit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les candidats de Lutte Ouvri&#232;re qui n'&#233;taient pas des salari&#233;s &#233;taient essentiellement des m&#232;res de famille et des travailleurs en retraite ou au ch&#244;mage ; quelques-uns &#233;taient des &#233;tudiants et des agriculteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; les d&#233;partements o&#249; Lutte Ouvri&#232;re &#233;tait pr&#233;sente et les noms des travailleuses et travailleurs qui conduisaient ces listes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ILE-DE-FRANCE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre camarade Arlette Laguiller, porte-parole de notre mouvement, conduisait les listes de candidats Lutte Ouvri&#232;re en Seine-Saint-Denis, aux l&#233;gislatives comme aux r&#233;gionales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PARIS (75) : Chantal CAUQUIL, 37 ans, employ&#233;e d'assurances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SEINE-ET-MARNE (77) : Annick MARSAULT, 37 ans, employ&#233;e de banque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;YVELINES (78) : Daniel BENARD, 44 ans, m&#233;canicien d'entretien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ESSONNE (91) : Yves THORAVAL, 50 ans, technicien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;HAUTS-DE-SEINE (92) : Paul PALACIO, 42 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VAL-DE-MARNE (94) : Serge FRANCESCHINA, 38 ans, ouvrier de fabrication chimie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VAL-D'OISE (95) : Patrice CRUNIL, 32 ans, ouvrier fraiseur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AUTRES R&#201;GIONS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BOUCHES-DU-RH&#212;NE (13) : Jean-Marie CLOREC, 34 ans, ouvrier chaudronnier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHARENTE (16) : Michel DEBOEUF, 36 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHER (18) . Colette CORDAT, 33 ans, infirmi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#212;TE-D'OR (21) : Jacqueline LAMBERT, 44 ans, ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#212;TES-DU-NORD (22) : Martial COLLET, 26 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DOUBS (25) : Christian DRIANO, 35 ans, ouvrier ajusteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;HAUTE-GARONNE (31) : Anne-Marie LAFLORENTIE, 37 ans, employ&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;GIRONDE (33) : Jean-Fran&#231;ois MAS, 35 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ILLE-ET-VILAINE (35) : Raymond MADEC, 36 ans, infirmier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;INDRE-ET-LOIRE (37) : Chantal SORNIN, 31 ans, employ&#233;e SNCF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;IS&#200;RE (38) : Roland CALMEL, 41 ans, ouvrier dans la chimie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LOIRE (42) : Sauveur CUADROS, 34 ans, monteur m&#233;canicien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LOIRE-ATLANTIQUE (44) : Marie-France BELIN, 42 ans, employ&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LOIRET (45) : Christiane HAUCHERE, 37 ans, employ&#233;e aux ch&#232;ques postaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;MEURTHE-ET-MOSELLE (54) : G&#233;rard NEIS, 29 ans, sid&#233;rurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NORD (59) : Nicole BAUDRIN, 33 ans, sage-femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;OISE (60) : Roland SZPIRKO, 40 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PUY-DE-D&#212;ME (63) : Claude DUFOUR, 32 ans, ouvrier &#233;lectricien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BAS-RHIN (67) : Michel SERFATI, 32 ans, ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;RH&#212;NE (69) : Georges MESTRES, 35 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SA&#212;NE-ET-LOIRE (71) : Marie-Th&#233;r&#232;se DEROCHE, 34 ans, ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SEINE-MARITIME (76) : Gis&#232;le LAPEYRE, 35 ans, laborantine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SOMME (80) : Freddy STEFANSKI, 29 ans, instituteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;HAUTE-VIENNE (87) : Claudine ROUSSIE, 35 ans, infirmi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;TERRITOIRE-DE-BELFORT (90) : G&#233;rard BELOT, 37 ans, ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;MAINE-ET-LOIRE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Pour les l&#233;gislatives : Marie-Louise DUPAS, 36 ans, infirmi&#232;re (LO).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lutte-ouvriere.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Pour les r&#233;gionales : Didier TESTU, 33 ans, ouvrier m&#233;tallurgiste (LCR).&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='1'&gt;&lt;/a&gt;La profession de foi de la liste Lutte Ouvri&#232;re, conduite par Arlette laguiller en Seine-Saint-Denis, aux &#233;lections l&#233;gislatives&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs de la Seine-Saint-Denis,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai pas souvent la possibilit&#233; de m'adresser &#224; vous par l'interm&#233;diaire de la radio, de la t&#233;l&#233;vision ou m&#234;me par &#233;crit de cette fa&#231;on, contrairement &#224; tant d'hommes politiques qui n'ont pourtant rien &#224; vous dire - il n'est que voir leurs affiches o&#249; ils ne savent mettre que leur portrait, pour s'en rendre compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que je ne suis qu'une simple employ&#233;e de banque, &#171; une dactylo &#187;, comme l'a &#233;crit, croyant m'injurier, un journaliste du &lt;i&gt; Figaro&lt;/i&gt;. Mais moi, voyez-vous, je suis fi&#232;re d'&#234;tre une simple travailleuse. Je suis fi&#232;re de la classe sociale &#224; laquelle j'appartiens, cette classe qui fait tout dans la soci&#233;t&#233; et fait &#224; elle seule fonctionner toute l'&#233;conomie. Ce n'est pas la plus riche ; la classe la plus riche est au contraire une classe parasite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis une travailleuse, mais une travailleuse qui croit fermement que les travailleurs doivent se d&#233;fendre eux-m&#234;mes. C'est pourquoi j'ai consacr&#233; toute ma vie, depuis l'&#226;ge de 16 ans o&#249; j'ai commenc&#233; &#224; travailler, &#224; d&#233;fendre mes camarades de travail, &#224; d&#233;fendre tous les travailleurs, et donc &#224; me d&#233;fendre moi-m&#234;me, aussi bien syndicalement que politiquement, car je crois fermement que les travailleurs doivent faire de la politique et pas la laisser faire, en leur nom, par d'autres, qui ne se servent de leur comp&#233;tence que pour nous tromper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est justement parce que je n'ai pas souvent la possibilit&#233; de m'adresser &#224; vous aussi largement que je saisis l'occasion des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales pour le faire. Et si je me pr&#233;sente en Seine-Saint-Denis, c'est tout simplement parce que j'y ai ma famille, que j'y suis n&#233;e et que j'y r&#233;side toujours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains d'entre vous qui ont pu avoir l'occasion, &#224; la radio ou &#224; la t&#233;l&#233;vision, d'entendre les rares minutes qui m'ont &#233;t&#233; octroy&#233;es, trouveront peut-&#234;tre que je me r&#233;p&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien oui, malheureusement, les circonstances font que j'ai beaucoup &#224; me r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous vous souvenez peut-&#234;tre que j'avais dit d&#232;s 1974 et que j'avais r&#233;p&#233;t&#233; en 1981, que les travailleurs n'avaient rien &#224; attendre des &#233;lections, m&#234;me si ces &#233;lections portaient au pouvoir ces dirigeants de gauche qui disaient qu'ils allaient changer la vie, gouverner pour les travailleurs et faire payer les riches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'ont-ils fait de tous ces espoirs ? Rien, vous le savez bien. Au bout de cinq ans de gouvernement de gauche, la vie n'a pas plus chang&#233; qu'avec les gouvernements de droite. Les riches, au lieu de payer, se sont enrichis de fa&#231;on insolente, au point qu'il faut r&#233;server, para&#238;t-il, deux mois &#224; l'avance sa table dans les restaurants de luxe, au point que quand on est riche on a pu doubler sa fortune en sp&#233;culant &#224; la bourse, en janvier dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En face, les travailleurs, sans &#234;tre forc&#233;ment plus pauvres, n'ont pas vu les choses s'am&#233;liorer, au contraire. Le ch&#244;mage se fait de plus en plus mena&#231;ant. L'instabilit&#233; est la r&#232;gle, les contrats provisoires se sont multipli&#233;s. Pour le monde du travail, c'est l'ins&#233;curit&#233;. Avec la flexibilit&#233;, on ne saura m&#234;me plus combien d'heures on va travailler et on sera pay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et le pire, c'est que ces cinq ans de gouvernement de gauche ont fait perdre l'espoir dans les id&#233;es de gauche. Nombre de travailleurs en viennent &#224; penser qu'il faut laisser la bride sur le cou au patronat, pour qu'il fasse marcher les entreprises et cr&#233;er ainsi des emplois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les entreprises marchent, ou plus exactement elles rapportent beaucoup. Elles produisent parfois moins, mais avec encore moins de travailleurs. C'est-&#224;-dire que la marge b&#233;n&#233;ficiaire s'est accrue, m&#234;me avec les vieilles entreprises. Et les profits ne sont pas r&#233;investis dans la production. Ils ne servent ni &#224; cr&#233;er des emplois, ni &#224; cr&#233;er de nouvelles entreprises. La bourgeoisie s'en sert pour sp&#233;culer, sur la monnaie ces derni&#232;res ann&#233;es, et puis maintenant sur les actions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes ces sp&#233;culations rapportent, mais elles sont improductives et ne cr&#233;ent pas d'emplois, au contraire, elles en suppriment. D&#232;s qu'une entreprise annonce qu'elle va licencier, le cours de ses actions monte, car on sait que les profits vont augmenter. Et c'est &#224; cela que passe l'argent des riches : &#224; faire de l'argent facile, au d&#233;triment de tous, et sur le dos des travailleurs. Voil&#224; ce que le gouvernement de gauche a fait pour se faire bien voir de la bourgeoisie et du patronat. Celui-ci ne lui en est pas reconnaissant pour autant, et s'il peut obtenir d'autres cadeaux de ses serviteurs patent&#233;s des partis de droite, apr&#232;s en avoir eu de ses candidats serviteurs des partis de gauche, il a tout int&#233;r&#234;t au changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi je ne peux que r&#233;p&#233;ter la m&#234;me chose. Avant 1981, vous ne me croyiez peut-&#234;tre pas, car personne, depuis plus de vingt ans, n'avait fait l'exp&#233;rience de la gauche au pouvoir. Aujourd'hui, peut-&#234;tre jugerez-vous que j'ai eu raison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A quoi bon - direz-vous peut-&#234;tre - avoir eu raison, si on ne peut rien changer ? Eh bien justement, je ne me pr&#233;sente pas pour vous dire : votez pour ma liste et je changerai les choses. Ni moi-m&#234;me, ni aucun des candidats de Lutte Ouvri&#232;re, ne vous diront cela. Les hommes politiques qui vous disent qu'ils suffit de voter pour changer les choses vous trompent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, je vous dis : nous changerons les choses, &#224; la condition de consid&#233;rer les &#233;lections comme un droit, l&#233;gitime, mais un simple droit de s'exprimer, par son bulletin de vote. Mais croire que son bulletin, &#224; lui tout seul, va changer quoi que ce soit &#224; notre situation, serait une erreur. Les &#233;lections, c'est dire ce qu'on pense, mais cela ne peut pas servir &#224; faire ce qu'on veut. Car m&#234;me si on arrive &#224; changer le Parlement, comme on l'a fait en 1981, derri&#232;re, il y a d'autres barri&#232;res - que nous avons vues : le S&#233;nat, le Conseil d'&#201;tat, le Conseil Constitutionnel, et bien d'autres encore - qui ont fait barrage &#224; chaque fois que le gouvernement faisait mine de r&#233;aliser m&#234;me une toute petite partie de ses promesses. Et puis, derri&#232;re encore, il y a le pouvoir &#233;conomique de la bourgeoisie, qui ach&#232;te des hommes, des hauts fonctionnaires, et qui sait, elle, mener la lutte de classe &#224; son profit pendant qu'elle paie des journalistes pour expliquer aux travailleurs qu'en ce qui les concerne, c'est d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, moi, je vous dis que la lutte de classe n'est pas d&#233;pass&#233;e. Que c'est parce que les travailleurs ne s'en sont pas servis depuis cinq ans, que leur condition s'est aggrav&#233;e. Parce que les travailleurs ont la force de faire sauter les verrous mis en place par la bourgeoisie. Un million de travailleurs en lutte sont infiniment plus efficaces pour faire c&#233;der les poss&#233;dants, que dix millions de bulletins de vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre que cette exp&#233;rience nous aura servis si elle nous fait toucher du doigt &#224; tous, qu'il faudra, apr&#232;s le 16 mars, nous d&#233;fendre tous ensemble, tous les travailleurs, que nous soyons socialistes, communistes, sans parti ou r&#233;volutionnaires. Il faudra nous unir contre le nouveau gouvernement. Car il est &#233;vident, c'est couru d'avance, que ce sera un gouvernement de droite. M&#234;me les socialistes ne comptent pas remporter la victoire : ils ne font que discuter de ce qui se passera entre le Pr&#233;sident de la R&#233;publique et une majorit&#233; de droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, il nous faudra bien nous d&#233;fendre, contre la bourgeoisie et le patronat, imposer notre droit &#224; l'existence et &#224; une vie d&#233;cente. Il faudra bien que nous prenions l'argent l&#224; o&#249; il se trouve : dans la poche des riches. Vous savez, les conqu&#234;tes de 1936 et celles de 1968, ce ne sont pas les &#233;lections qui les ont impos&#233;es, mais des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, aujourd'hui, je vous dis, si vous voulez indiquer dans quel sens vous voulez que, demain, les militants socialistes, les militants communistes, les militants syndicalistes, vous d&#233;fendent, ce n'est pas, bien s&#251;r, en votant &#224; droite que vous le ferez, nous le savons tous, mais ce n'est pas non plus en votant pour le Parti Socialiste ou le Parti Communiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment saura-t-on si votre bulletin veut dire que vous voulez qu'ils s'unissent pour organiser la d&#233;fense du monde du travail, &#224; partir des entreprises, ou si vous approuvez toute la politique du gouvernement de gauche ? A quoi ont servi, depuis cinq ans, les d&#233;put&#233;s communistes ? A quoi ont servi les d&#233;put&#233;s socialistes ? Que dans la future assembl&#233;e il y en ait un peu plus ou un peu moins, qu'est ce que &#231;a changera, puisque de toute fa&#231;on, la gauche ne sera pas majoritaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si vous voulez que votre vote ait un sens, qu'il soit compris, d'abord par l'ensemble des travailleurs, et qu'il soit aussi compris par l'ensemble des militants de la classe ouvri&#232;re, eh bien, servez-vous de votre bulletin pour indiquer quelle politique vous voulez qu'ils fassent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi je me pr&#233;sente, et vous demande de voter pour la liste de Lutte Ouvri&#232;re que je conduis. C'est le seul moyen de faire un vote de gauche, mais un vote de gauche qui ne puisse pas &#234;tre interpr&#233;t&#233; contre vous. C'est le geste le plus utile que vous pourrez faire avec votre bulletin de vote, le 16 mars. Car sinon ce bulletin ne p&#232;sera pas le poids du papier sur lequel il est imprim&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ignore si je vous ai convaincus de faire ce geste. Si oui et que vous votiez en assez grand nombre pour que je sois &#233;lue, je ne vous dis pas que je serai plus efficace qu'un d&#233;put&#233; communiste ou socialiste mais je ne le serai pas moins. Mais en plus du geste politique significatif que vous aurez fait, vous m'aurez donn&#233; la possibilit&#233; de me faire entendre plus souvent et plus largement. Et si je ne vous ai pas convaincus, je souhaite de tout coeur que nous nous retrouvions tous ensemble, pour nous d&#233;fendre en commun contre la droite, la bourgeoisie et le patronat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute fa&#231;on, merci de m'avoir lue jusqu'ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous salue fraternellement et je suis persuad&#233;e que les travailleurs sauront, un jour, imposer un monde meilleur, sans haine et sans exploitation, fraternel et juste. C'est cela, pour moi, le communisme ou le socialisme. Et ce n'est pas l'image qui nous en est donn&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arlette Laguiller&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='2'&gt;&lt;/a&gt;Textes des affiches Lutte Ouvri&#232;re appos&#233;es sur les panneaux officiels&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Elections l&#233;gislatives&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous &#234;tes d&#233;&#231;us, &#233;coeur&#233;s, parce que le gouvernement socialiste, avec ou sans participation communiste, n'a pas am&#233;lior&#233; les conditions de vie des travailleurs et des gens du peuple, au contraire. Il n'a pas fait payer les riches, il n'a fait que les aider &#224; pressurer les pauvres. Il n'a pas contraint les possesseurs de capitaux &#224; investir pour cr&#233;er des emplois, il leur a donn&#233; de nouvelles facilit&#233;s pour sp&#233;culer. Il n'a pas r&#233;alis&#233; les id&#233;es de gauche, il les a reni&#233;es. Il a &#233;t&#233; dur envers les travailleurs, mais servile devant les riches poss&#233;dants et l&#226;che face &#224; la droite. Alors, n'h&#233;sitez pas &#224; exprimer ce que vous avez sur le coeur. Vous le pouvez, en votant pour la liste pr&#233;sent&#233;e par Lutte Ouvri&#232;re. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VOTEZ LUTTE OUVRI&#200;RE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous qui &#234;tes ennemis de la droite, mais qui n'acceptez pas d'&#234;tre dup&#233;s par la gauche gouvernementale, ne tombez pas dans le pi&#232;ge du &#171; vote utile &#187;. Aucun vote ne sera utile pour changer les choses et la vie, seule la lutte collective des travailleurs peut le faire. Et voter pour des partis qui soutiennent ou ont soutenu un gouvernement qui m&#232;ne une politique de droite, ce n'est pas voter contre la droite. Travailleuses, travailleurs, Votez &#224; gauche, mais sans donner un aval au Parti Socialiste ou au Parti Communiste. Votez pour des travailleuses et des travailleurs qui n'ont pas retourn&#233; leur veste ; qui disaient en 1981 qu'il ne fallait pas faire confiance &#224; Mitterrand ; qui n'ont jamais soutenu ni le gouvernement, ni sa politique anti-ouvri&#232;re ; et qui n'ont pas plus accept&#233; l'aust&#233;rit&#233; de gauche que l'aust&#233;rit&#233; de droite. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec Arlette Laguiller&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VOTEZ POUR LA LISTE LUTTE OUVRI&#200;RE&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Elections r&#233;gionales&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;lections r&#233;gionales sont, tout autant que les l&#233;gislatives, des &#233;lections politiques. Elles ne peuvent cependant pas plus que les l&#233;gislatives, changer la vie des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais de ce que vous ferez de votre bulletin de vote, tout le monde tirera des conclusions politiques qui, elles, p&#232;seront sur la fa&#231;on dont le monde du travail abordera l'apr&#232;s 16 mars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais la seule candidate de gauche &#224; vous avoir pr&#233;venus, des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1974 &#224; celles de 1981, que Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait un faux homme de gauche. Le Parti Communiste a soutenu la candidature de Mitterrand, sans vous dire, contrairement &#224; moi, que les travailleurs n'auraient rien &#224; attendre du gouvernement qui sortirait de l'Union de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis une travailleuse et une femme de gauche, mais je vous avais dit cela, parce que parmi tous ces gens qui vous mentaient, il fallait bien que quelqu'un dise la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1981, nous avons tous pu faire l'exp&#233;rience d'un gouvernement qui d&#233;valorise les id&#233;es de la gauche en faisant exactement la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs de droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas que je sois fi&#232;re d'avoir eu raison, au contraire j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; me tromper. Mais je vous dis aujourd'hui que nous, les travailleurs, nous ne devons pas voter &#224; droite, bien s&#251;r, mais que nous ne devons pas non plus voter pour ces hommes qui se disent de gauche et nous ont menti et tromp&#233;s pendant cinq ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En votant pour eux, nous approuverions toutes les mesures anti-ouvri&#232;res qu'ils ont prises, et que leurs successeurs de droite n'auront plus qu'&#224; continuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, nous, les travailleuses et les travailleurs de ce pays, si nous sommes tous unis, socialistes, communistes, r&#233;volutionnaires, sans parti, pour nous d&#233;fendre tous ensemble, nous pouvons changer notre sort, quelque soit le r&#233;sultat du 16 mars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour cela que je vous demande de voter pour les candidats pr&#233;sent&#233;s dans votre d&#233;partement par Lutte Ouvri&#232;re, pour affirmer que les travailleurs ne sont pas dupes de tous ces politiciens qui ont le pouvoir, certes, mais pas celui de tromper plus longtemps l'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arlette Laguiller&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='3'&gt;&lt;/a&gt;Textes des affiches de la liste Lutte Ouvri&#232;re en Seine Saint Denis&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Elections l&#233;gislatives&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs de la Seine-Saint-Denis,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous vous souvenez peut-&#234;tre que j'avais dit d&#232;s 1974 et que j'avais r&#233;p&#233;t&#233; en 1981, que les travailleurs n'avaient rien &#224; attendre des &#233;lections, m&#234;me si ces &#233;lections portaient au pouvoir ces dirigeants de gauche qui disaient qu'ils allaient changer la vie, gouverner pour les travailleurs et faire payer les riches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'ont-ils fait de tous ces espoirs ? Rien, vous le savez bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant 1981, vous ne me croyiez peut-&#234;tre pas, car personne, depuis plus de vingt ans, n'avait fait l'exp&#233;rience de la gauche au pouvoir. Aujourd'hui, peut-&#234;tre jugerez-vous que, j'ai eu raison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A quoi bon -direz-vous peut-&#234;tre- avoir eu raison, si on ne peut rien changer ? Eh bien justement, je ne me pr&#233;sente pas pour vous dire : votez pour ma liste et je changerai les choses. Les hommes politiques qui vous disent qu'il suffit de voter pour changer les choses vous trompent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, je vous dis : nous changerons les choses, &#224; la condition de consid&#233;rer les &#233;lections comme un simple droit de s'exprimer. Mais croire que son bulletin, &#224; lui tout seul, va changer quoi que ce soit &#224; notre situation, serait une erreur. Car m&#234;me si on arrive &#224; changer le Parlement, comme on l'a fait en 1981, derri&#232;re, il y a d'autres barri&#232;res-que nous avons vues : le S&#233;nat, le Conseil d'&#201;tat, le Conseil Constitutionnel, et bien d'autres encore - qui ont fait barrage &#224; chaque fois que le gouvernement faisait mine de r&#233;aliser m&#234;me une toute petite partie de ses promesses. Et puis, derri&#232;re encore, il y a le pouvoir &#233;conomique de la bourgeoisie, qui ach&#232;te des hommes, des hauts fonctionnaires, et qui sait, elle, mener la lutte de classe &#224; son profit pendant qu'elle paie des journalistes pour expliquer aux travailleurs qu'en ce qui les concerne, c'est d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien moi, je vous dis que la lutte de classe n'est pas d&#233;pass&#233;e. Que c'est parce que les travailleurs ne s'en sont pas servis depuis cinq ans, que leur condition s'est aggrav&#233;e. Parce que les travailleurs ont la force de faire sauter les verrous mis en place par la bourgeoisie. Un million de travailleurs en lutte sont infiniment plus efficaces pour faire c&#233;der les poss&#233;dants, que dix millions de bulletins de vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, aujourd'hui, je vous dis, si vous voulez indiquer dans quel sens vous voulez que, demain, les militants socialistes, les militants communistes, les militants syndicalistes, vous d&#233;fendent, ce n'est pas, bien s&#251;r, en votant &#224; droite que vous le ferez, nous le savons tous, mais ce n'est pas non plus en votant pour le Parti Socialiste ou le Parti Communiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment saura-t-on si votre bulletin veut dire que vous voulez qu'ils s'unissent pour organiser la d&#233;fense du monde du travail, &#224; partir des entreprises, ou si vous approuvez toute la politique du gouvernement de gauche ? A quoi ont servi, depuis cinq ans, les d&#233;put&#233;s communistes ? A quoi ont servi les d&#233;put&#233;s socialistes ? Que dans la future assembl&#233;e il y en ait un peu plus ou un peu moins, qu'est-ce que &#231;a changera, puisque de toute fa&#231;on, la gauche ne sera pas majoritaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si vous voulez que votre vote ait un sens, qu'il soit compris, d'abord par l'ensemble des travailleurs, et qu'il soit aussi compris par l'ensemble des militants de la classe ouvri&#232;re, eh bien, servez-vous de votre bulletin pour indiquer quelle politique vous voulez qu'ils fassent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi je me pr&#233;sente, et vous demande de voter pour la liste de Lutte Ouvri&#232;re que je conduis. C'est le seul moyen de faire un vote de gauche, mais un vote de gauche qui ne puisse pas &#234;tre interpr&#233;t&#233; contre vous. C'est le geste le plus utile que vous pourrez faire avec votre bulletin de vote, le 16 mars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arlette Laguiller&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#201;lections r&#233;gionales&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleuses, travailleurs de la Seine-Saint-Denis,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;lections r&#233;gionales sont, tout autant que les l&#233;gislatives, des &#233;lections politiques. Elles ne peuvent cependant pas plus que les l&#233;gislatives, changer la vie des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais la seule candidate de gauche &#224; vous avoir pr&#233;venus, des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1974 &#224; celles de 1981, que Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait un faux homme de gauche. Le Parti Communiste a soutenu la candidature de Mitterrand, sans vous dire, contrairement &#224; moi, que les travailleurs n'auraient rien &#224; attendre du gouvernement qui sortirait de l'Union de la Gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que je sois une travailleuse et une femme de gauche, je vous avais dit cela, parce que parmi tous ces gens qui mentaient, il fallait bien que quelqu'un dise la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1981, nous avons tous pu faire l'exp&#233;rience d'un gouvernement qui d&#233;valorise les id&#233;es de la gauche en faisant exactement la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs de droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1981, beaucoup ont cru que la vie allait changer, qu'il suffisait de changer de gouvernement, de remplacer les politiciens de droite, qui depuis 20 ans g&#233;raient l'&#233;conomie du pays au mieux des int&#233;r&#234;ts des patrons et des grands poss&#233;dants, pour qu'enfin les espoirs des petites gens puissent &#234;tre pris en compte, qu'il y ait plus de justice, moins d'in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a aujourd'hui plus de ch&#244;meurs qu'avant, et plus de ch&#244;meurs en fin de droits, n'ayant pour vivre que la charit&#233; publique. Et cela dans le m&#234;me temps o&#249;, l'on voit les sp&#233;culateurs en bourse s'enrichir, o&#249; la richesse s'&#233;tale, insolente, s&#251;re d'elle-m&#234;me face &#224; l'inqui&#233;tude du monde du travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, avec les socialistes au gouvernement les choses ne se sont pas am&#233;lior&#233;es, elles se sont aggrav&#233;es. Ce ne sont pas eux qui ont amen&#233; la crise, bien s&#251;r, mais ils n'ont rien fait pour &#233;viter qu'elle frappe d'abord les petites gens. Les cadeaux, ils les ont r&#233;serv&#233;s aux industriels et aux banquiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas que je sois fi&#232;re d'avoir eu raison, au contraire, j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; me tromper. Mais je vous dis aujourd'hui que nous, les travailleurs, nous ne devons pas voter &#224; droite, bien s&#251;r, mais que nous ne devons pas non plus voter pour ces hommes qui se disent de gauche et nous ont menti et tromp&#233;s pendant cinq ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En votant pour eux, nous approuverions toutes les mesures anti-ouvri&#232;res qu'ils ont prises, et que leurs successeurs de droite n'auront plus qu'&#224; continuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, on ne peut pas leur dire bravo. On ne peut pas repartir pour un tour avec la m&#234;me politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car enfin, que vont-ils pouvoir dire, apr&#232;s le 16 mars, les militants communistes ou socialistes ? Qu'il faudra que les travailleurs attendent deux ans, cinq ans, vingt ans, pour que la gauche revienne &#224; nouveau pour faire mieux, esp&#233;rons-le, que ce qu'elle a fait pendant cinq ans ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ils ne pourront pas dire cela. Et nous esp&#233;rons au contraire que nous nous retrouverons ensemble, militants socialistes et militants communistes, et avec bien d'autres, &#224; essayer de faire en sorte que les travailleurs reprennent des forces, reprennent confiance dans leur capacit&#233; &#224; se d&#233;fendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, nous, les travailleuses et les travailleurs de ce pays, si nous sommes tous unis, socialistes, communistes, r&#233;volutionnaires, sans parti, pour nous d&#233;fendre tous ensemble, nous pouvons changer notre sort, quel que soit le r&#233;sultat du 16 mars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour cela que je vous demande de voter pour la liste Lutte Ouvri&#232;re que je conduis en Seine-Saint-Denis, pour affirmer que vous n'&#234;tes pas dupes de tous ces politiciens qui ont le pouvoir, certes, mais pas celui de tromper plus longtemps ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arlette Laguiller&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>La pr&#233;paration de la campagne de Lutte ouvri&#232;re</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-preparation-de-la-campagne-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/la-preparation-de-la-campagne-de</guid>
		<dc:date>1986-03-31T22:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvri&#232;re, 7 janvier 1986&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='1'&gt;&lt;/a&gt;Les sc&#233;l&#233;rats&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Mitterrand a donc convoqu&#233; le Parlement en session extraordinaire pour jeudi afin de lui faire adopter son projet de loi anti-ouvri&#232;re sur la flexibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; bien un climat de fin de r&#232;gne. Les socialistes au gouvernement ne veulent pas dispara&#238;tre sans avoir fait ce dernier cadeau &#224; la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A vrai dire, cette &#171; flexibilit&#233; du temps de travail &#187; qui consiste &#224; annuler la l&#233;gislation sur les 40 heures et le paiement major&#233; des heures suppl&#233;mentaires, bien des patrons la pratiquaient d&#233;j&#224;. Se servant de la pression du ch&#244;mage, ils ne se g&#234;naient pas pour tourner ou violer la loi. Si le projet de loi passait, il s'agirait d'une g&#233;n&#233;ralisation et d'une l&#233;galisation des pratiques actuelles. Cette loi sur la flexibilit&#233; se traduira pour les travailleurs par une perte s&#232;che en salaires, puisque les patrons ne seront plus oblig&#233;s de mieux r&#233;mun&#233;rer les heures suppl&#233;mentaires, et par la mise &#224; disposition au jour le jour de leur temps libre au service du patron.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus, bien souvent, il y aura vol pur et simple. Car les patrons auront recours encore plus syst&#233;matiquement au travail pr&#233;caire. Aux travailleurs int&#233;rimaires ou embauch&#233;s sous contrats &#224; &#171; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &#187; on imposera l'horaire du moment de l'entreprise, et on les renverra &#224; l'agence d'int&#233;rim ou &#224; l'ANPE avant la r&#233;cup&#233;ration des heures ou leur paiement ! Ce sera &#171; l'annualisation du temps de travail &#187;, comme disent les patrons et la saisonnalisation des ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au total, les patrons peuvent esp&#233;rer de cette loi-l&#224; une diminution encore accrue des salaires, et une promesse de pouvoir rendre les travailleurs flexibles, &#224; moins que les travailleurs se rebiffent. Mais l&#224;, aucune loi n'y pourra rien...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r dans toute cette affaire, c'est que le gouvernement socialiste, de plus en plus flexible &#224; l'&#233;gard du patronat, veut lui faire un dernier cadeau moral et politique. Depuis cinq ans, il a refus&#233; de s'en prendre aux int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, &#224; ses capitaux, seule fa&#231;on de s'en prendre aux responsables de la crise. Il a laiss&#233; le patronat d&#233;sinvestir dans la production et sp&#233;culer. Et ce qu'il a donn&#233; et accord&#233; aux bourgeois, c'est au prix de l'abaissement du niveau de vie des classes populaires, en bloquant les salaires, en diminuant les prestations sociales et les indemnit&#233;s de ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, aujourd'hui les socialistes au gouvernement poussent leur chant du cygne. en voulant faire passer cette loi anti-ouvri&#232;re, ils n'obtiendront sans doute pas une voix de plus du c&#244;t&#233; de l'&#233;lectorat de droite qui n'en m&#233;prisera qu'un peu plus la gauche au gouvernement. Mais l&#224; n'est m&#234;me pas le probl&#232;me des socialistes. Ils savent qu'ils vont perdre les &#233;lections. Ils veulent seulement montrer &#224; la bourgeoisie qu'elle peut vraiment compter sur eux, envers et contre tout, m&#234;me juste avant de se faire battre politiquement. Car leur objectif, c'est de resservir plus tard et de revenir dans deux ans s'ils le peuvent (apr&#232;s les pr&#233;sidentielles), ou plus tard. Et pour cela ils sont pr&#234;ts &#224; une bassesse suppl&#233;mentaire sur le dos de la classe ouvri&#232;re. Ils sont pr&#234;ts &#224; faire passer une loi sc&#233;l&#233;rate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le sort des travailleurs, lui, ne d&#233;pendra de cette loi, si elle est vot&#233;e, que pour autant qu'ils acceptent de la subir. Car les travailleurs, eux, peuvent devenir inflexibles, sur le terrain de la lutte de classe. Quant &#224; cette loi-l&#224;, si elle passe, elle ne jugera que les sc&#233;l&#233;rats qui l'auront vot&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le reste, cette derni&#232;re p&#233;rip&#233;tie parlementaire montre &#224; quel point il n'a servi &#224; rien de &#171; bien voter &#187; en 1981. Et les &#233;lections de mars 86 ne vont rien changer non plus. Si la droite revient au gouvernement, ce ne sera ni mieux, ni pire. Car de toute fa&#231;on c'est la bourgeoisie qui est au pouvoir. Il n'y a qu'une chose qui peut compter : se mettre en col&#232;re. C'est la seule fa&#231;on pour les travailleurs de faire reculer patronat et gouvernement, de droite ou de gauche. Et dans les &#233;lections de mars prochain, tout au plus, les travailleurs pourront se servir de leur bulletin de vote pour exprimer leur d&#233;go&#251;t et leur col&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LUTTE OUVRI&#200;RE DANS LES &#201;LECTIONS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux prochaines &#233;lections, Lutte Ouvri&#232;re va pr&#233;senter sur ses listes des travailleurs, des militants ouvriers. Ce ne sont pas des postes ni des places que veulent les candidats de LUTTE OUVRI&#200;RE. Car les postes de d&#233;put&#233;s ou les places de ministres ne cr&#233;ent pas un seul emploi de plus pour les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que veulent les candidats de LUTTE OUVRI&#200;RE, c'est donner la possibilit&#233; &#224; tous ceux qui ne croient plus qu'on puisse r&#233;former le capitalisme en en att&#233;nuant les abus, de le dire. Car pour changer le sort des travailleurs, il faut exproprier ceux qui licencient, confisquer les biens de ceux qui sp&#233;culent au lieu d'investir dans la production. Et les candidats de Lutte Ouvri&#232;re veulent donner &#224; tous ceux qui sont indign&#233;s par les politiciens de gauche comme de droite, la possibilit&#233; d'exprimer leur col&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il faut que les travailleurs qui ne croient plus qu'en la lutte de classe puissent se compter. Ils ne sont pas nombreux ? Ils se sentent dispers&#233;s ? Peut-&#234;tre. Raison de plus pour qu'ils se reconnaissent et puissent s'exprimer lors des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car en mars prochain, il faudra des gens pour dire &#224; tous les travailleurs : ni Hersant, ni Fabius. Ni bourgeois, ni imitations de bourgeois. Travailleurs, ne comptons que sur nous-m&#234;mes !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='2'&gt;&lt;/a&gt;Article paru dans LO n&#176;919 -11 janvier 1986&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La campagne pour les &#233;lections l&#233;gislatives et r&#233;gionales du 16 mars a commenc&#233;, de fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections, la classe ouvri&#232;re conna&#238;t &#231;a en France. De l&#233;gislatives (tous les cinq ans) en pr&#233;sidentielles (tous les sept ans), en passant par les europ&#233;ennes (tous les cinq ans), les municipales (tous les six ans) et les cantonales (tous les six ans aussi, mais par moiti&#233;), sans oublier toutes les &#171; partielles &#187;, il se passe peu d'ann&#233;es sans promenade rituelle au bureau de vote. Une d&#233;cennie surtout, de 1972 - date de la signature du Programme commun de la gauche - &#224; 1981, a &#233;t&#233; marqu&#233;e par les illusions &#233;lectorales dont les grands partis de gauche ont gav&#233; les travailleurs. Illusions qu'un changement pourrait se faire par le bulletin de vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1981, la gauche a enfin eu une majorit&#233; de voix. Et le Parti Socialiste en particulier, &#224; lui tout seul, a eu un pr&#233;sident de la R&#233;publique et une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s au Parlement. Que vouloir de mieux ? Mais qu'en a-t-il fait pourtant ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN PROGRAMME &#171; SOCIAL &#187; VITE DEVENU PRO-PATRONAL&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques mesures pr&#233;tendument sociales - comme des dames patronnesses peuvent faire du &#171; social &#187; - ont &#233;t&#233; prises en d&#233;but de r&#232;gne : rel&#232;vement du SMIC, retraite &#224; 60 ans, r&#233;duction d'une heure de la dur&#233;e hebdomadaire l&#233;gale du travail, cinqui&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s. La port&#233;e r&#233;elle de ces mesures se discute. Mais tr&#232;s vite, de toute fa&#231;on, d'autres mesures ont pris le relais : freinage puis blocage des salaires ; multiplication et g&#233;n&#233;ralisation de statuts pr&#233;caires pour tous les travailleurs, pendant que le ch&#244;mage continuait de s'&#233;tendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les nationalisations ? Elles ont rapport&#233; aux anciens actionnaires davantage qu'aux travailleurs des entreprises concern&#233;es. Au lieu de s'en servir pour contr&#244;ler les capitaux et leurs propri&#233;taires, pour leur imposer une politique favorable &#224; la classe ouvri&#232;re - ce qui aurait &#233;t&#233; possible en appelant sa mobilisation &#224; la rescousse - , les socialistes au pouvoir s'en sont servis dans l'int&#233;r&#234;t des riches. Et &#224; cette &#233;poque-l&#224;, quatre ministres communistes &#233;taient au gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et dans la plupart des autres domaines, celui de l'&#233;cole, de la presse ou de la t&#233;l&#233;, les socialistes au pouvoir ont tra&#238;n&#233; dans la boue tous leurs id&#233;aux, ont capitul&#233; devant la petite ou grande bourgeoisie r&#233;actionnaire, et devant la droite. Et au terme de cinq ans de gestion &#171; de gauche &#187; des affaires de la bourgeoisie, Fabius peut dire, en guise de bilan : &lt;i&gt; &#171; C'est &#224; nous qu'il est revenu de faire le sale boulot ( ...) C'est la gloire et l'honneur des socialistes de l'avoir fait &#187; ! &lt;/i&gt;Cela, sur fond de bruit de bouchons de champagne que font sauter les boursiers !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ALORS, C'EST QUOI, LA GAUCHE ? UNE AUTRE FA&#199;ON DE SERVIR LES RICHES ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant, alors, si une partie des travailleurs, ceux qu'on disait &#171; le peuple de gauche &#187;, ne sait plus trop qui est de gauche et ce que &#231;a peut bien vouloir dire. Rien d'&#233;tonnant si le sentiment dominant est l'amertume, la d&#233;ception, la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bourgeoisie vit bien, tr&#232;s bien. Elle ne sait pas quoi faire de son argent. Elle a achet&#233; des dollars ou des marks. Elle ach&#232;te des actions, et la Bourse s'emballe. Elle ach&#232;te des bouteilles de vin, pour sabler &#231;a, mais surtout pour sp&#233;culer. Car m&#234;me ce qui n'a pas grande valeur a un prix parfois exorbitant, et permet des profits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, au contraire, si elle ne vit pas encore vraiment mal, vit cependant de plus en plus mal. Et c'est &#171; normal &#187; puisque les profits et la fortune des uns, dans une situation de crise o&#249; la production stagne ou m&#234;me diminue, ne peuvent exister que par la surexploitation des autres. &lt;i&gt; &#171; Jolie droite, pourquoi as-tu de si grandes dents ? &#187; &lt;/i&gt;demandent&lt;i&gt; &lt;/i&gt;les socialistes par voie d'affiches. La vieille droite n'a plus tellement de dents. Mais la bourgeoisie, elle, garde ses crocs, une bourgeoisie rapace, &#233;go&#239;ste, que la gauche a nourrie au gouvernement comme la droite l'avait fait auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleurs ont fait l'exp&#233;rience, dure, que les patrons, les bourgeois, avaient leurs repr&#233;sentants politiques de gauche, comme ils avaient leurs repr&#233;sentants de droite. Ils ont fait l'exp&#233;rience que les uns et les autres pouvaient alterner au pouvoir. Au gr&#233; des &#233;lections, les &#233;quipes peuvent se relayer, c'est la rel&#232;ve de la garde des profits et des int&#233;r&#234;ts bourgeois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AUCUN &#171; BON VOTE &#187; POUR AUCUN PARTI QUI JOUE LE JEU&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, le climat est morose, dans la classe ouvri&#232;re, &#224; la veille de ces &#233;lections. Evidemment, aucune pouss&#233;e &#224; gauche n'est &#224; attendre. Une partie de l'&#233;lectorat de gauche, comme dans quelques &#233;lections pass&#233;es, ira-t-elle voter &#224; droite, et en esp&#233;rant quoi ? Les &#233;lecteurs ouvriers socialistes auront-ils le coeur, en votant &#224; nouveau socialiste, de dire qu'ils sont satisfaits, et qu'ils en redemandent ? Et les &#233;lecteurs ouvriers communistes, ou sympathisants, voteront-ils de bon gr&#233; pour les candidats du PC, parce que le PC d&#233;nonce aujourd'hui la politique anti-ouvri&#232;re &#224; laquelle il collaborait il y a moins de deux ans ? Ou bien alors, une partie importante de la classe ouvri&#232;re boudera-t-elle les urnes, et montrera-t-elle son m&#233;contentement par l'abstention ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections donneront des r&#233;ponses &#224; ces questions. Mais elles ne r&#233;soudront rien, de toute fa&#231;on, pour les travailleurs. Elles ne changeront pas leur sort, &#233;videmment, jamais elles ne l'ont fait. Et moins que jamais, le vote en faveur d'aucun des partis qui jouent le jeu ne peut modifier le rapport de force en faveur de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne parlons pas, &#233;videmment, du vote pour des partis de droite ou d'extr&#234;me-droite. Leurs succ&#232;s, d'une fa&#231;on ou d'une autre, ne pourraient que renforcer le camp des ennemis de la classe ouvri&#232;re, moralement d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le vote pour le Parti Socialiste, pour le parti de la politique anti-ouvri&#232;re de ces cinq derni&#232;res ann&#233;es, serait aussi n&#233;faste pour les travailleurs. Une partie de la bourgeoisie, le patronat en particulier, en tirerait la conclusion que les travailleurs voudraient que cette politique continue, et elle s'en r&#233;jouirait. Et si les socialistes se voyaient reconduits dans leurs fonctions, les patrons exigeraient d'eux davantage de reculades encore. Puisque preuve a &#233;t&#233; donn&#233;e qu'ils savent si bien reculer et puisque, par-dessus le march&#233;, ils auraient l'assentiment des travailleurs pour le faire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, resterait le vote en faveur du Parti Communiste. Lui du moins n'est pas au gouvernement. Ou n'y est plus. Il s'est refait une opposition, ou cherche &#224; s'en refaire. Avec quelque peine d'ailleurs. La direction du PC explique qu'il est important que le PC ait un maximum de voix, et le maximum de d&#233;put&#233;s. Mais pour quoi faire, puisque m&#234;me quand le parti a eu des ministres, &#231;a n'a rien chang&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, non, droite-gauche, ou gauche-droite, le probl&#232;me pour la classe ouvri&#232;re n'est pas de voter pour les uns ou pour les autres de ceux qui, lorsqu'ils ont des postes, de d&#233;put&#233;s ou de ministres, les mettent au service de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien ne sert en fait de &#171; bien voter &#187;. Il n'y a d'ailleurs pas de &#171; bon vote &#187; pour les travailleurs, si ce n'est le vote en faveur de militants ouvriers qui se pr&#233;sentent pr&#233;cis&#233;ment pour dire que &#171; bien voter &#187; n'a pas de sens. Que &#171; bien &#233;lire &#187;, &#231;a ne compte pas. Et qu'il n'y a qu'une chose qui peut compter : se mettre en col&#232;re, entrer en lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DES LISTES DE CANDIDATS LUTTE OUVRI&#200;RE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce que diront les candidats qui se pr&#233;senteront sur nos listes, aux l&#233;gislatives et aux r&#233;gionales, dans la trentaine de d&#233;partements o&#249; nous avons une implantation militante. Voter pour eux, ce sera une fa&#231;on de dire qu'on n'a jamais &#233;t&#233;, ou qu'on n'est plus pr&#234;t &#224; jouer le jeu. Ce sera une fa&#231;on de marquer son d&#233;go&#251;t et sa col&#232;re, une fa&#231;on &#224; tout prendre plus efficace que s'abstenir. Ce sera une fa&#231;on aussi d'affirmer l'espoir et la conviction qu'un jour, la lutte des travailleurs &#233;clatera, et paiera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons que nous aurons peu de voix, le courant que nous voulons repr&#233;senter, s'il existe, est tr&#232;s faible. Mais il faut le renforcer, et les &#233;lections, ce rituel d&#233;mocratico-bourgeois auquel les travailleurs sont convi&#233;s, au bas bout de la table, peut &#234;tre une &#233;tape.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FORGER UNE NOUVELLE FORCE POLITIQUE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, nous pensons et nous dirons dans cette campagne que la classe ouvri&#232;re doit trouver en son sein les hommes, les id&#233;es et l'&#233;nergie n&#233;cessaires pour sa propre &#233;mancipation, et celle de toute l'humanit&#233;. Ces hommes et ces &#233;nergies existent, et ont toujours exist&#233;, m&#234;me si certaines p&#233;riodes, de diverses fa&#231;ons, ont &#233;t&#233; peu propices &#224; leur expression et &#224; leur manifestation. Mais la classe ouvri&#232;re a su en de multiples occasions bousculer les jeux et les calculs politiques. Il y a eu les grandes gr&#232;ves de 1936, la gr&#232;ve de mai 1968. A une plus petite &#233;chelle, tout derni&#232;rement, il y a eu les coups de col&#232;re des cheminots ou des conducteurs de la RATP. Si ces explosions sont impr&#233;visibles, et toujours impr&#233;vues, elles n'en ont pas moins exist&#233;. Et alors, les patrons, les bourgeois et leurs hommes d'&#201;tat, de gauche ou de droite, sont moins fiers, moins assur&#233;s et moins glorieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections bourgeoises, &#224; quelques occasions d&#233;j&#224;, nous ont permis de nous faire entendre, de nous faire conna&#238;tre dans une faible mesure. Encore une fois, nous profiterons de l'occasion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous savons bien qu'il ne suffit pas de quelques minutes d'antenne &#224; la t&#233;l&#233;vision, tous les deux ou trois ans, pour que naisse une force politique, pour que surgissent d'autres perspectives. Les rares minutes de t&#233;l&#233;vision, les professions de foi &#233;lectorales ne remplacent pas les actes, les gestes, la pr&#233;sence au sein ou aux c&#244;t&#233;s de la classe ouvri&#232;re, la participation &#224; ses luttes, et la capacit&#233; d'y jouer un r&#244;le, dans l'int&#233;r&#234;t des seuls travailleurs en lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs, nous ne cherchons pas &#224; nous &#171; faire un nom &#187; si ce n'est celui que se donneront, dans un avenir peut-&#234;tre proche, ceux qui, dans les luttes petites ou grandes, se seront retrouv&#233;s pour d&#233;fendre les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts fondamentaux de classe. Et le probl&#232;me, pour tous ceux-l&#224;, est encore de se trouver, de se reconna&#238;tre sur le terrain, dans les combats, leur pr&#233;paration, leur d&#233;roulement et, esp&#233;rons-le, leur succ&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes convaincus que la classe ouvri&#232;re a en son sein les forces potentielles qui pourraient former un courant nouveau, subversif, r&#233;volutionnaire pour tout dire. Un courant qui se cristallisera un jour, et le plus vite serait le mieux, pour offrir un p&#244;le vraiment communiste, et vraiment socialiste, qui se substituerait aux actuelles directions faillies du PC et du PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UN PARTI... DANS ET POUR LES LUTTES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce p&#244;le, cet espoir qu'on pourrait encore appeler un parti, se cristallisera dans les luttes, et dans les luttes seules. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, et pas dans les palabres, en effet. Les travailleurs qui ont vu &#224; l'oeuvre des dirigeants pr&#233;tendument communistes ou socialistes ont au moins appris &#231;a. Mais on peut aussi, et c'est indispensable, discuter des combats &#224; venir, pour mieux les pr&#233;parer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le sens de toute notre activit&#233; qui trouvera seulement un &#233;clairage nouveau avec la campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des travailleurs conscients, militants &#224; leur fa&#231;on, et qui n'ont pas perdu l'espoir, il en existe. Nous en avons rencontr&#233; ! A nous de contribuer &#224; les rassembler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des coups de col&#232;re, il en existe aussi. Les uns et les autres sont surtout &#233;parpill&#233;s, sans liens. Toutes ces lueurs ou ces &#233;tincelles doivent se retrouver, pour que jaillisse la flamme. C'est ambitieux, mais c'est possible, c'est indispensable surtout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si les fichues &#233;lections de la bourgeoisie, parce qu'elles favorisent g&#233;n&#233;ralement un peu les discussions politiques, pouvaient &#234;tre l'occasion de nouveaux contacts entre ceux qui veulent pr&#233;parer un avenir de luttes ouvri&#232;res et de r&#233;volution, eh bien, elles auraient au moins servi &#224; &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michelle Verdier&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;ditoriaux des bulletins d'entreprise
&lt;p&gt;13 janvier&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le vote de la col&#232;re&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars prochain, on va donc, une fois de plus, nous demander d'aller voter. Les politiciens de droite et de gauche qui alternent au gouvernement nous invitent comme d'habitude &#224; accomplir cette c&#233;r&#233;monie du dimanche devenue rituelle tous les cinq ou sept ans. Au si&#232;cle dernier, l'opium du peuple, c'&#233;tait la religion. Aujourd'hui, il n'y a plus grand'monde qui croit encore vraiment aux vertus des missions catholiques ! Et ce sont les illusions &#233;lectorales qui sont devenues l'opium du peuple. &#171; Votez pour nous, nous changerons la vie &#187;, nous ont r&#233;p&#233;t&#233; les pr&#234;tres de la politique pendant une bonne dizaine d'ann&#233;es avant 1981. Seulement, depuis cinq ans, les travailleurs ont eu le temps de voir que &#231;a n'avait rien chang&#233; du tout. Et la foi en a pris un coup ! Car si ceux qui &#233;taient au gouvernement se disaient de gauche, c'&#233;tait bien la bourgeoisie qui &#233;tait au pouvoir et leur dictait ses volont&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fabius lui-m&#234;me l'a reconnu sur TF1 la semaine derni&#232;re en d&#233;clarant &lt;i&gt; &#171; c'est &#224; nous qu'il est revenu de faire le sale boulot &#187;, &lt;/i&gt;ce sale boulot anti-ouvrier qui a consist&#233; &#224; aider les patrons &#224; licencier, &#224; permettre que le pouvoir d'achat des ouvriers baisse pendant que les sp&#233;culateurs en bourse n'ont jamais autant gagn&#233; d'argent. Ce sale boulot que Fabius veut achever en essayant de faire passer &#224; la Chambre cette loi sc&#233;l&#233;rate sur la flexibilit&#233;, qui autorisera les patrons &#224; ne pas payer les heures suppl&#233;mentaires et &#224; transformer les travailleurs en saisonniers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, aujourd'hui, avec un tel bilan, cette pr&#233;tendue gauche au gouvernement ne trouve rien d'autre &#224; afficher sur les murs que le dessin d'un grand m&#233;chant loup intitul&#233; &lt;i&gt; &#171; jolie droite, pourquoi as-tu de si grandes dents ? &#187;, &lt;/i&gt;en&lt;i&gt; &lt;/i&gt;prenant l'&#233;lectorat de gauche pour un petit chaperon rose. Mais nous ne sommes pas encore au royaume de Disneyland. Les travailleurs en ont ras-le-bol des contes pour enfants. D'autant que les socialistes au gouvernement, eux, craignent si peu les grands m&#233;chants loups que Mitterrand s'appr&#234;te &#224; gouverner avec eux apr&#232;s mars 1986 !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une chose est s&#251;re. Que ce soit la gauche ou la droite qui gouverne, c'est toujours le pouvoir du fric, le pouvoir des Hersant qui sont au-dessus des lois, pendant que les politiciens qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; des voix ouvri&#232;res, eux, sont en-dessous de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, les &#233;lections de mars prochain ne changeront rien. Pas plus que celles de 1981.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seulement, aujourd'hui, c'est la crise et le ch&#244;mage, et la bourgeoisie et le patronat poussent leur avantage. Ils profitent de la d&#233;moralisation et de la r&#233;signation ouvri&#232;res. Le pr&#233;sent semble appartenir aux riches et &#224; ceux &#224; qui ils commandent : aux Hersant et aux Mitterrand, aux bourgeois et aux imitations de bourgeois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est l'avenir qui appartient &#224; la classe ouvri&#232;re si elle trouve en son sein de l'&#233;nergie, des militants qui, eux, n'ont pas perdu espoir, qui ne sont pas impressionnables, parce qu'ils savent que la classe ouvri&#232;re est la v&#233;ritable force de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi LUTTE OUVRI&#200;RE, le mouvement d'Arlette LAGUILLER, pr&#233;sentera sur ses listes en mars prochain, des travailleurs, des militants qui d&#233;fendent les v&#233;ritables id&#233;aux socialistes et communistes et qui diront &#224; tous les autres que la classe ouvri&#232;re ne se fera respecter que lorsqu'elle enverra au diable les messes &#233;lectorales et commencera &#224; ne compter que sur elle-m&#234;me et sur ses propres forces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut que tous ceux qui en sont convaincus puissent montrer qu'ils existent, qu'ils se reconnaissent, qu'ils tissent des liens entre eux, et forgent ensemble le mouvement ouvrier subversif, r&#233;volutionnaire, de l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections de mars prochain ne changeront rien. Mais puisqu'on nous demande de nous prononcer, donnons-leur la r&#233;ponse qu'ils n'attendent pas : votons contre les &#233;lections. Exprimons notre col&#232;re. Votons notre confiance dans la seule lutte des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il faut que la minorit&#233; ouvri&#232;re inflexible s'exprime, qu'elle ait confiance en elle-m&#234;me, pour redonner confiance aux autres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='3'&gt;&lt;/a&gt;20 janvier&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seul vote utile, c'est leur dire ce qu'on pense d'eux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La direction de Peugeot-Citro&#235;n vient d'annoncer que les 1 500 d&#233;parts de travailleurs &#233;trangers ne lui suffisant pas, il faudra sans doute annoncer des licenciements. Le PDG de Renault, de son c&#244;t&#233;, sur FR3, a tenu un langage voisin. Cela signifie une menace &#224; peine voil&#233;e pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La radio, la t&#233;l&#233;, les journaux, tous les gens &#224; la solde de la bourgeoisie, r&#233;p&#232;tent tous les jours aux travailleurs que pour que les entreprises retrouvent la comp&#233;titivit&#233;, les travailleurs doivent se sacrifier, soient plus flexibles, doivent produire mieux ou plus... tout en acceptant les licenciements et le ch&#244;mage. Mais tout cela est une vaste entreprise de duperie. Car pendant ce temps-l&#224;, le cours des actions en bourse s'envole. Cela signifie que les entreprises font des b&#233;n&#233;fices et rapportent... &#224; ceux qui n'y travaillent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; cela, le gouvernement socialiste essaie d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de plaire &#224; la bourgeoisie et de lui permettre d'augmenter encore et toujours ses profits au d&#233;triment des travailleurs. Le gouvernement socialiste, comme l'a dit r&#233;cemment Rocard, est devenu &#171; raisonnable &#187; : il a renonc&#233; ouvertement &#224; faire payer les riches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En y renon&#231;ant, il s'est donc engag&#233; &#224; faire payer les travailleurs. Car il n'y a pas le choix. Il faut bien que quelqu'un paie. Ce sont pourtant les riches, les capitalistes qui sont responsables de la crise. Car l'&#233;conomie, c'est eux. Et ses b&#233;n&#233;fices, la bourgeoisie ne les r&#233;investit pas dans la production, elle les place au bout du monde si &#231;a lui rapporte mieux. Les travailleurs, eux, n'ont que leurs bras et leur t&#234;te &#224; vendre... et l&#224; o&#249; ils sont.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans deux mois, les socialistes vont probablement quitter le gouvernement, et la droite va prendre le relais. Car apr&#232;s avoir re&#231;u tout ce qu'elle voulait de la gauche, la bourgeoisie, grande, et surtout petite, pr&#233;f&#232;re encore voter &#224; droite. Par go&#251;t d'abord. Et puis la surench&#232;re pour les places de ministres vaudra &#224; tous les possesseurs de capitaux quelques cadeaux suppl&#233;mentaires. Et si les socialistes reviennent plus tard en 1988, les bourgeois auront encore droit &#224; un suppl&#233;ment. L'argent n'a pas de couleur politique pour les bourgeois. Pour eux, vive l'alternance. Les &#233;lections leur rapportent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais aux travailleurs, que rapportent-elles, &#224; part des d&#233;sillusions ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la campagne &#233;lectorale quia d&#233;j&#224; commenc&#233;, tout le monde ment aux travailleurs. Gauche ou droite, c'est des &#233;tiquettes diff&#233;rentes mais une fois au gouvernement, la marchandise se ressemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voter PS, c'est voter pour la bourgeoisie. Voter PC ? Pour approuver sa politique au gouvernement de 1981 &#224; 1984, ou pour approuver celle d'aujourd'hui ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections qui approchent ne changeront pas plus le sort des travailleurs que celles de 1981 ne l'ont chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Souvenons-nous de 1981 ! Quelle &#233;tait la seule voix de gauche qui disait que Mitterrand et le PS trahiraient les travailleurs ? Ce n'&#233;tait pas Marchais, c'&#233;tait Arlette Laguiller. Parce que, elle, comme tous les travailleurs, n'avait rien &#224; attendre des &#233;lections, &#224; part saisir l'occasion de dire la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleurs ne peuvent rien attendre des &#233;lections. C'est tout au plus une occasion de dire ce qu'on pense. Alors, en mars prochain, la seule chose utile sera de voter, avec LUTTE OUVRI&#200;RE, pour la v&#233;rit&#233;. Pas pour ceux qui nous ont menti et nous ont trahis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous ne serons qu'une minorit&#233; &#224; le faire. Mais cela permettra quand m&#234;me de compter ceux qui ne sont pas dupes, ceux qui veulent pr&#233;parer tous les travailleurs &#224; s'unir contre les exploiteurs et leurs valets politiques de droite comme de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, rejoignez, soutenez LUTTE OUVRI&#200;RE, pour que les travailleurs, tous unis, fassent payer &#224; la bourgeoisie, sa politique de mis&#232;re, de crise et de ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='4'&gt;&lt;/a&gt;27 janvier&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les enfoir&#233;s et les pourris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dimanche dernier, et depuis, on a eu droit au grand d&#233;ballage sur toutes les radios et t&#233;l&#233;s pour les restaurants du coeur de Coluche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oh, ce n'est pas l'initiative de Coluche qui est criticable. S'il y a des pauvres, lui n'y est pour rien. Et c'est bien, qu'il utilise sa popularit&#233; &#224; collecter de l'argent pour les restaurants du coeur. Et c'est bien, qu'il y ait des milliers de braves gens pour donner chacun quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y avait aussi, dimanche, tout un tas d'hommes politiques, du RPR, de l'UDF, du PS, qui ont organis&#233; des licenciements par vagues, qui ont diminu&#233; les indemnit&#233;s de ch&#244;mage et diminu&#233; le temps pendant lequel on les verse, et qui ont os&#233; appeler, la larme &#224; l'oeil et des tr&#233;molos dans la voix, &#224; la charit&#233; pour ceux qu'ils ont contribu&#233; &#224; faire tomber dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eux, qui sont actuellement au gouvernement ou qui l'ont &#233;t&#233; il y a encore peu de temps, n'est-ce pas gr&#226;ce &#224; eux s'il y a aujourd'hui plus de pauvres ? Eux qui ont offert l'argent des contribuables, celui des imp&#244;ts, aux riches. Apr&#232;s cela, ils osent tendre la main ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'op&#233;ration a rapport&#233; deux milliards de centimes. Et tout le monde crie victoire. Mais le gouvernement a offert, avec notre argent &#224; tous, deux mille fois cela, soit 40 milliards de vrais francs, rien qu'&#224; la quelques centaines d'actionnaires des entreprises qu'il a nationalis&#233;es et qui &#233;taient bien tout contents et tout surpris que l'&#201;tat leur rach&#232;te &#224; ce prix-l&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux milliards de centimes, 20 millions nouveaux, c'est une goutte d'eau par rapport &#224; tous les vrais milliards que l'&#201;tat distribue sous forme de subventions, de d&#233;gr&#232;vements d'imp&#244;ts, de tarifs pr&#233;f&#233;rentiels, de march&#233;s publics, pour alimenter les profits de la bourgeoisie, ces profits qui ne cr&#233;ent pas d'emplois, mais toujours plus de nouveaux pauvres, parce que &#231;a rapporte plus de sp&#233;culer que d'investir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, quand Coluche dit : &#171; bande d'enfoir&#233;s &#187;, m&#234;me si ce n'est pas aux hommes politiques qui &#233;taient sur le plateau de TF1 qu'il le dit, c'est bien &#224; eux que &#231;a s'applique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La moindre campagne d'affiches &#233;lectorales des candidats pour nous montrer leur photo en groupe, au point qu'on ne sait plus si c'est le PS, l'UDF ou le RPR, co&#251;te &#224; elle seule bien plus que les malheureux deux milliards de centimes extorqu&#233;s &#224; des braves gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, les gens qui ont donn&#233; dimanche, ont du coeur, eux. Mais les politiciens sans entrailles qui, &#224; sept semaines des &#233;lections, ont d&#233;couvert dans les pauvres des voix suppl&#233;mentaires, sont de beaux salauds, eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'occasion du scrutin du 16 mars prochain, malheureusement, on ne pourra pas leur dire &#171; bande d'enfoir&#233;s &#187;. Mais on pourra leur dire et leur montrer que parmi les travailleurs, il y en a qui veulent changer cette soci&#233;t&#233;-l&#224; et pas se contenter de voter pour des pourris de droite ou des pourris de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il y a des travailleurs qui veulent une soci&#233;t&#233; qui ne sera plus bas&#233;e sur le profit et sur l'exploitation. Une soci&#233;t&#233; qui ne d&#233;pensera pas plus pour soutenir les cours du beurre et de la viande en les stockant que ce qu'elle d&#233;pense &#224; les produire, pendant que des gens ont faim.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il y a des millions de braves gens, mais qui ne croient pas qu'on peut changer la soci&#233;t&#233;. Mais il y a aussi des travailleurs qui savent que c'est possible, parce que la classe ouvri&#232;re en a la force.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour cela que LUTTE OUVRI&#200;RE pr&#233;sentera aux prochaines &#233;lections des militants de la classe ouvri&#232;re, qui ne cherchent pas de postes mais se pr&#233;senteront parce qu'ils tiennent &#224; ce que la minorit&#233; ouvri&#232;re qui veut changer le monde puisse montrer qu'elle existe et puisse se compter sur nos candidats.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='5'&gt;&lt;/a&gt;3 f&#233;vrier&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Voter utile, c'est voter clairement !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'approche des &#233;lections, bien des travailleurs s'inqui&#232;tent d'un retour possible de la droite au gouvernement et craignent que ce soit pire avec elle. Certains s'appr&#234;tent &#224; voter socialiste, bien qu'ils ne soient pas satisfaits de la politique du gouvernement, parce qu'ils pensent ainsi voter pour un moindre mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, tous les sondages le montrent, m&#234;me si tous les travailleurs votaient socialiste, cela n'emp&#234;cherait probablement pas le retour de la droite. Et si, par extraordinaire, le Parti Socialiste restait &#224; la direction des affaires du pays, le probl&#232;me est quand m&#234;me de savoir quelle politique il m&#232;nerait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Approuv&#233;s par les travailleurs, les dirigeants du Parti Socialiste pourraient se dire : &#171; nous pouvons continuer dans la voie de l'aust&#233;rit&#233; pour les travailleurs. La preuve, c'est que nous sommes approuv&#233;s. Les travailleurs acceptent les restrictions sur les allocations de ch&#244;mage, acceptent les coups de canif dans les lois sociales ; les travailleurs acceptent le quasi-blocage des salaires, ils acceptent que le SMIC soit supprim&#233; par le biais des TUC et autres stages en entreprises. Et s'ils approuvent tout cela par leurs votes, c'est donc qu'ils en accepteront bien plus &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce pire, la politique que les travailleurs redoutent avec le retour de la droite, ce pourra alors &#234;tre le Parti Socialiste lui-m&#234;me qui l'appliquerait, en se flattant de pouvoir b&#233;n&#233;ficier de la passivit&#233; ouvri&#232;re. Exactement ce que Mitterrand a fait depuis 1981.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si c'est un gouvernement de droite, il fera - et le patronat aussi - le m&#234;me raisonnement que les dirigeants du Parti Socialiste : tous les travailleurs qui ont vot&#233; pour leParti Socialiste ne lui en veulent donc pas de toutes les mesures d'aust&#233;rit&#233; qu'il a prises contre eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et au lieu de craindre la col&#232;re et les r&#233;actions ouvri&#232;res, les gr&#232;ves et les luttes, le gouvernement de droite pourra se dire : il n'y a rien &#224; craindre, on peut y aller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au lendemain du scrutin, personne ne pourra savoir si ceux qui ont vot&#233; pour le Parti Socialiste ont vot&#233; pour le peu de gauche, ou au contraire approuv&#233; le beaucoup de droite qu'il y a dans sa politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est cela qui fera le plus le jeu de la droite et de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ceux qui auront vot&#233; pour ce qu'ils croient &#234;tre le &#171; moindre mal &#187;, auront donc vot&#233; pour rien. Pire, leur vote sera interpr&#233;t&#233; contre leurs sentiments et leurs convictions, contre les travailleurs, car ce vote fait &#224; contre coeur ne sera pas un vote clair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, c'est pour permettre aux travailleurs de dire ce qu'ils pensent vraiment, que LUTTE OUVRI&#200;RE pr&#233;sente des candidats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces candidats-l&#224; ne diront pas &#171; votez pour nous pour emp&#234;cher la droite de passer &#187;. Ils diront : &#171; votez pour nous pour compter tous ceux qui ne veulent pas d'une politique anti-ouvri&#232;re, qu'elle soit faite par Mitterrand avec Fabius, ou par Mitterrand avec Chirac ou Chaban-Delmas &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus ces votes seront nombreux, et plus les socialistes, la droite et la bourgeoisie seront pr&#233;venus. Pr&#233;venus qu'il y a des travailleurs, qui se compteront l&#224;, qui ne sont pas pr&#234;ts &#224; se laisser faire et &#224; admettre n'importe quoi. Une minorit&#233; peut-&#234;tre, mais une minorit&#233; qui se trouve dans les entreprises, l&#224; o&#249; r&#233;side la force principale des travailleurs. Une minorit&#233; qui veut que les sacrifices demand&#233;s en temps de crise soient aussi pris sur la fortune personnelle des patrons et pas seulement sur les salaires des ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cela servirait plus la d&#233;fense des travailleurs, qu'il y ait quelques pour-cent de plus &#224; voter LUTTE OUVRI&#200;RE, que 35 % au lieu de 30 % pour le Parti Socialiste, ce qui, de toute fa&#231;on, ne changerait rien &#224; la majorit&#233; &#224; la Chambre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='6'&gt;&lt;/a&gt;8 f&#233;vrier 1986&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Des listes de candidats Lutte Ouvri&#232;re pour que les travailleurs puissent dire dans quel sens ils veulent voir changer la politique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti Communiste dit qu'il serait utile de voter pour lui, que le Parti Communiste doit faire un bon score, pour avoir davantage de d&#233;put&#233;s. Plus il y en aurait, et plus il y aurait de chances d'infl&#233;chir la politique d'un gouvernement de gauche, si la gauche &#233;tait encore majoritaire ; ou plus il y aurait de chances de retenir les socialistes par la veste pour les emp&#234;cher de faire alliance avec des hommes de droite ou des centristes. Pour cela, il faudrait beaucoup de d&#233;put&#233;s communistes. De ces d&#233;put&#233;s, &lt;i&gt; &#171; on en a bien besoin &#187;, &lt;/i&gt;disent les affiches du PC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me que peuvent quand m&#234;me se poser les travailleurs, c'est que les d&#233;put&#233;s communistes de l'actuelle assembl&#233;e, apparemment, n'ont pas servi &#224; grand chose. Le PC a cautionn&#233; le d&#233;but de la rigueur. Pendant deux ans et plus, ses d&#233;put&#233;s n'ont rien pu ni rien voulu faire. Et finalement, les ministres communistes sont partis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, est-ce que les d&#233;put&#233;s communistes sont vraiment, comme l'&#233;crit &lt;i&gt; l'Humanit&#233;, &#171; des &#233;lus sur lesquels on pourra compter quoi qu'il arrive &#187; &lt;/i&gt; ? Est-ce que l'argument du PC est v&#233;ritable ? Est-ce que &#231;a peut avoir une importance, d'en avoir beaucoup ou peu, s'ils sont sages et soumis ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a &#224; l'heure actuelle 44 d&#233;put&#233;s communistes qui sont inefficaces. Le PC reconna&#238;t lui-m&#234;me qu'ils n'ont rien pu faire. S'il y en avait davantage, cette fois, est-ce que &#231;a changerait les choses ? Ou seraient-ils autant de fois plus inefficaces ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a d&#233;pend. Si la gauche &#233;tait majoritaire ou presque, le Parti Socialiste pourrait avoir besoin des d&#233;put&#233;s communistes pour faire une majorit&#233;. Mais est-ce que le nombre de d&#233;put&#233;s communistes, 30, 50 ou davantage, aurait une importance ? Le PS peut avoir besoin des d&#233;put&#233;s communistes ou pas. Le PS peut leur pr&#233;f&#233;rer l'appui de d&#233;put&#233;s de droite (pardon, de d&#233;put&#233;s pr&#233;tendus lib&#233;raux), ou pas. Mais ce qui obligerait le Parti Socialiste &#224; chercher du c&#244;t&#233; des premiers plut&#244;t que des seconds n'a rien &#224; voir avec l'arithm&#233;tique parlementaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est vrai, par contre, c'est que si beaucoup de voix se portaient sur le Parti Communiste, si le score du PC remontait, alors m&#234;me que &#231;a n'aurait aucune influence au Parlement, cela aurait quand m&#234;me une certaine r&#233;percussion dans l'opinion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, l&#224;, toute la presse de droite, de gauche, la presse pr&#233;tendument apolitique, serait bien forc&#233;e de noter que le score du PC remonte ; donc que les id&#233;es communistes ne sont pas des id&#233;es p&#233;rim&#233;es ; que le seul grand parti qui se pr&#233;sente comme celui des travailleurs, dans cette p&#233;riode de crise, retrouve de l'audience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, cela serait important. Et cela contredirait tous ceux qui disent que le communisme est d&#233;pass&#233; ; que la lutte de classe est caduque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dommage, c'est que la politique du PC est ambigu&#235;. D'un c&#244;t&#233;, bien s&#251;r, depuis qu'il a quitt&#233; le gouvernement, le PC essaie, dans la classe ouvri&#232;re, de dire que les travailleurs n'obtiendront rien sans luttes, sans gr&#232;ves ; que ce sont eux qui pourront imposer des changements &#224; leur sort, &#224; leur vie. Il le dit maintenant que la classe ouvri&#232;re est d&#233;courag&#233;e par la politique de la gauche au gouvernement, qui a &#233;t&#233; celle du PC pendant deux ans et demi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si le PC ne disait que cela, que l'&#233;mancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-m&#234;mes, nous serions les premiers &#224; faire voter pour ses candidats. Car effectivement, si le PC augmentait ses voix dans ces conditions, le vote des &#233;lecteurs, des travailleurs communistes, serait clair et ne pourrait &#234;tre pr&#233;sent&#233; autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le PC n'a malheureusement pas que cette politique-l&#224;. Il dit aussi qu'il lui faut beaucoup de voix pour revenir au gouvernement, avec le Parti Socialiste qu'il critique tant. Son seul programme, et il le dit, et il insiste, c'est encore l'union de la gauche, toujours l'union de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les communistes ont men&#233; pendant plus de deux ans, avec les socialistes, une politique sage, raisonnable. Ils parlent encore et toujours de le refaire. Une partie de leurs &#233;lecteurs le souhaitent. Alors, si le PC augmente ses scores, est-ce que beaucoup ne se diront pas que les quelques pour-cent de voix en plus viennent de gens qui approuvent la future union de la gauche nouvelle mani&#232;re ? Qui veulent voir revenir au gouvernement un Parti Communiste bien compr&#233;hensif aux int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi, approuver la politique du Parti Communiste dans l'espoir qu'un PC plus fort puisse changer les choses n'est pas un vote plus clair que d'approuver celle du Parti Socialiste en esp&#233;rant qu'il nous prot&#233;gera de la droite, alors qu'il lui a pr&#233;par&#233; son retour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi LUTTE OUVRI&#200;RE pr&#233;sente des listes de candidats dans trente-trois d&#233;partements, les plus industrialis&#233;s. Afin de permettre aux travailleurs de donner un sens tr&#232;s clair &#224; leur vote. M&#234;me si le bulletin de vote ne peut pas servir &#224; grand chose, m&#234;me s'il n'a jamais chang&#233; le sort de la classe ouvri&#232;re, il peut au moins exprimer un choix et servir &#224; se compter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voter pour nos candidats sera dire dans quel sens les travailleurs veulent aller. Car voter &#224; gauche ne suffit pas. Voter pour les socialistes, c'est voter pour un petit peu de gauche, mais beaucoup, et de plus en plus, de droite, et c'est voter pour des gens qui vont vers la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le vote pour le PC est aujourd'hui plus significatif que le vote pour le PS, mais il est une autre forme de pi&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleuses et travailleurs qui voudront dire dans quel sens ils veulent que les choses &#233;voluent ; qui voudront dire qu'ils veulent qu'elles &#233;voluent &#224; gauche, pourront voter pour l'extr&#234;me-gauche, pour les candidatures de LUTTE OUVRI&#200;RE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un d&#233;put&#233; d'extr&#234;me gauche &#224; la place d'un d&#233;put&#233; de gauche, &#231;a ne changerait pas la majorit&#233;. Mais &#231;a dirait dans quel sens les travailleurs veulent voir changer la politique du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arlette LAGUILLER&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='7'&gt;&lt;/a&gt;17 f&#233;vrier 1986&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le 16 mars, dites-leur &#224; tous qu'ils ne peuvent ind&#233;finiment continuer &#224; se payer la t&#234;te des travailleurs&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ans de gouvernement de gauche, les travailleurs se trouvent confront&#233;s &#224; une situation qui ne s'est pas am&#233;lior&#233;e. Au contraire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le ch&#244;mage p&#232;se sur toute la classe ouvri&#232;re. Car les bourgeois se servent de la crise pour diminuer le niveau de vie de la classe ouvri&#232;re, pour augmenter leur fortune. Et ils se d&#233;brouillent pour que leurs vieilles entreprises, m&#234;me en vendant moins, leur rapportent plus. Ils n'ont rien d&#233;pens&#233; pour la modernisation de l'industrie. Ils ont du fric &#224; ne plus savoir qu'en faire, et ils le d&#233;pensent en produits de luxe ou dans la sp&#233;culation. Pour eux, qu'importe le sort des autres pourvu qu'ils augmentent leur propre magot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bourgeoisie a &#233;t&#233; servie par le gouvernement de gauche, et elle s'est servie elle-m&#234;me largement. Elle prend les cadeaux, elle empoche, mais n'a m&#234;me pas la reconnaissance du ventre envers la gauche qu'elle n'aidera pas &#224; rester au pouvoir. Et au bout de cinq ans, elle s'appr&#234;te &#224; faire revenir la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant, oui, il aurait &#233;t&#233; possible de faire payer les riches. A la condition d'avoir un gouvernement courageux, qui ne se serait pas appuy&#233;, pour mieux reculer, sur les vieilles badernes r&#233;actionnaires du Conseil d'&#201;tat ou du S&#233;nat. Oui, il aurait &#233;t&#233; possible de faire payer les riches, contr&#244;ler les capitaux qui sortaient du pays, et les obliger &#224; s'investir utilement. Et il y aurait eu davantage d'emplois. Les travailleurs auraient pu produire pour les pays du Tiers Monde, envoyer l&#224;-bas des produits du coeur, &#224; la mani&#232;re de Coluche, plut&#244;t que de laisser les banquiers et les industriels pr&#234;ter contre int&#233;r&#234;ts ou vendre des armes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le gouvernement n'a pas eu cette politique. Il a fait mine de faire croire qu'il allait faire payer les riches. Mais c'est les pauvres qu'il a fait payer. Et ce qui a d&#233;sorient&#233; et d&#233;moralis&#233; les travailleurs, c'est que le gouvernement a d&#233;consid&#233;r&#233; les id&#233;es de gauche elles-m&#234;mes. Et c'est cela qui est grave. Car non seulement la classe ouvri&#232;re ne sait pas qu'elle peut se battre, mais maintenant elle ne sait pas non plus pour quoi elle peut se battre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, il y a bien s&#251;r le Parti Communiste. Il critique aujourd'hui le gouvernement. Mais il a particip&#233; au gouvernement pendant trois ans, et il l'avait alors cautionn&#233; pendant le premier plan de rigueur, y compris contre les gr&#233;vistes de Talbot. C'est lui qui a fait prendre le pli aux travailleurs d'un gouvernement de gauche qui n'allait pas &#234;tre plus tendre envers eux qu'un gouvernement de droite. Et il est bien tard de se d&#233;marquer aujourd'hui, apr&#232;s avoir fait avaler le plus gros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors il ne faut pas &#234;tre dupe ou laisser croire qu'on le serait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bulletin de vote est un droit. Ce n'est pas un moyen de s'affranchir, seulement de s'exprimer. Et il faut l'utiliser pour dire que nous ne sommes pas dupes, qu'ils nous exploitent, qu'ils nous mentent, nous intoxiquent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis la r&#233;alit&#233; du pouvoir, ce ne sont pas tous ces hommes politiques qu'on nous montre, tous ces fantoches entre lesquels on nous demande de choisir. Ce sont les puissances d'argent qui sont derri&#232;re. La r&#233;alit&#233;, ce sont les bourgeois qu'il y a derri&#232;re les fantoches, avec leur hargne, leur rapacit&#233;. Ce sont les 300 000 parasites face aux trois millions de ch&#244;meurs. Et ces 300 000 parasites ne sont pas au ch&#244;mage, eux. Ils sont parmi ceux qui &#233;gorgent la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais &#231;a ne durera pas toujours. Parce qu'ils sont trop avides, qu'ils ne savent pas s'arr&#234;ter, et qu'ils produiront l'explosion de col&#232;re de la classe ouvri&#232;re. Et alors tout se paiera. Car les travailleurs, nous l'esp&#233;rons, sauront alors pr&#233;senter la note avec int&#233;r&#234;ts, parce qu'il n'y a que cela que les bourgeois comprennent : les int&#233;r&#234;ts !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; ce que les travailleuses et les travailleurs candidats sur les listes de LUTTE OUVRI&#200;RE veulent dire, et vous demandent de dire. Ne soyons pas dupes. Exprimons-nous. Et m&#234;me peu nombreux, nous serons le grain de sable ou le poison qui permettra d'en finir avec leur foutue soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 16 mars, votons LUTTE OUVRI&#200;RE.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='8'&gt;&lt;/a&gt;24 f&#233;vrier&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Gauche, droite... Travailleurs, ne marchons plus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de travailleurs sont d&#233;&#231;us, &#233;coeur&#233;s, parce que le gouvernement socialiste n'a pas am&#233;lior&#233; les conditions de vie des travailleurs et des gens du peuple, au contraire. Quant &#224; la droite, inutile de dire que les travailleurs ne veulent pas la revoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la responsabilit&#233; principale de la gauche gouvernementale, c'est d'avoir endormi, d&#233;sarm&#233; la classe ouvri&#232;re, justement dans une p&#233;riode o&#249; la classe ouvri&#232;re a besoin de toute sa combativit&#233;, pour se d&#233;fendre contre une bourgeoisie qui profite de la crise et de la pression du ch&#244;mage pour aggraver les conditions d'exploitation des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre men&#233;e par la bourgeoisie contre la classe ouvri&#232;re se d&#233;roule depuis cinq ans &#224; armes in&#233;gales. La bourgeoisie saisit toutes les occasions de porter des coups contre les travailleurs, et le gouvernement qui se pr&#233;tend socialiste demande aux travailleurs de produire, de se faire exploiter tant qu'ils ont un emploi, et de se taire lorsqu'ils sont au ch&#244;mage : de se r&#233;signer et d'accepter, toujours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cinq ans, les socialistes ont bien servi les riches au gouvernement et menti sur toute la ligne aux travailleurs. Car c'est un mensonge que de pr&#233;tendre que ce gouvernement a tent&#233; de mener une politique de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, tandis que les actions et les profits des bourgeois grimpaient, la cote des id&#233;es de gauche, du programme de gauche, elle, d&#233;gringolait. Car cette politique de droite que de faux hommes de gauche ont men&#233;e pendant cinq ans, beaucoup l'ont prise pour une politique de gauche. Mais le gouvernement n'a pas fait payer les riches, il les a au contraire aid&#233;s &#224; pressurer les pauvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti Communiste, aujourd'hui, est tr&#232;s critique envers Mitterrand et le gouvernement socialiste. Mais il ne l'a pas toujours &#233;t&#233;. Il y a eu les p&#233;riodes avec critiques et les p&#233;riodes sans. Pour quel PC voter ? Pour le parti du changement qu'il pr&#233;tend &#234;tre, ou pour le parti des changements perp&#233;tuels qu'il est vraiment ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis c'est trop facile de critiquer maintenant que tout le mal est fait. Chacun sait que c'est au lancement que &#231;a marche ou que &#231;a explose, et que si Mitterrand avait invit&#233; les communistes au lancement du gouvernement, c'&#233;tait bien pour limiter les risques de la part des travailleurs. Le PC a bien m&#233;rit&#233; de Mitterrand mais c'est pourquoi il ne m&#233;rite pas les votes des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors puisqu'avec les &#233;lections, l'heure est au bilan, profitons-en pour dire ce que nous pensons, mais ce que nous pensons vraiment, sans tomber dans le pi&#232;ge du pr&#233;tendu &#171; vote utile &#187;, car aucun vote ne sera jamais utile &#224; changer les choses et la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les riches et les poss&#233;dants, eux, n'attendent rien de tel des &#233;lections. Ils n'ont pas besoin de voter ni d'&#234;tre &#233;lus pour aggraver l'exploitation d'un c&#244;t&#233;, et licencier de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule d&#233;monstration &#224; faire, c'est de montrer, en votant pour les candidats de LUTTE OUVRI&#200;RE, qu'une fraction de l'&#233;lectorat de gauche, de la classe ouvri&#232;re, ne croit plus &#224; la com&#233;die &#233;lectorale, ne fait plus confiance qu'&#224; la lutte de classe. Et cette fraction consciente, c'est un gage pour l'avenir, pour les combats futurs de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car il faut montrer qu'il y a une minorit&#233; qui ne confond pas le socialisme avec Mitterrand ni le communisme avec Marchais, qu'il y a d&#233;j&#224; dans la classe ouvri&#232;re, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de femmes et d'hommes qui reprendront le flambeau. Et m&#234;me si le Parti Socialiste et le Parti Communiste au gouvernement ont d&#233;consid&#233;r&#233; les id&#233;es de gauche et les id&#233;aux de la classe ouvri&#232;re, il faut qu'il y en ait qui prennent la rel&#232;ve et montrent &#224; la bourgeoisie qu'elle n'en a pas fini, ni avec le socialisme, ni avec le communisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleurs, exprimez votre haine de la droite, votre &#233;coeurement de la gauche, en votant &#224; l'extr&#234;me gauche, en votant LUTTE OUVRI&#200;RE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>&#201;lections l&#233;gislatives et r&#233;gionales</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/elections-legislatives-et</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/elections-legislatives-et</guid>
		<dc:date>1986-03-31T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce num&#233;ro de Lutte de Classe est tout entier consacr&#233; aux &#233;lections l&#233;gislatives qui ont eu lieu le 16 mars et &#224; la campagne &#233;lectorale qui les a pr&#233;c&#233;d&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les trois principales organisations trotskystes, le Parti Communiste Internationaliste qui anime le Mouvement pour un Parti des Travailleurs, la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire et Lutte Ouvri&#232;re ont pr&#233;sent&#233; des candidats dans ces &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont les campagnes men&#233;es respectivement par ces trois organisations que nous pr&#233;sentons ici. Et pour ce faire, plus que des commentaires, il nous a sembl&#233; pr&#233;f&#233;rable de rassembler un certain nombre de documents, professions de foi, discours, tracts, articles de journaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;lection des textes, non seulement de Lutte Ouvri&#232;re, mais aussi de la LCR et du MPPT, a bien entendu &#233;t&#233; faite par nous-m&#234;mes. Elle est sinon objective, du moins honn&#234;te et refl&#232;te ce qu'on a pu voir publiquement des campagnes de la LCR et du MPPT, comme de Lutte Ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous semble que la juxtaposition de ces diff&#233;rents textes permet de d&#233;gager le style et le contenu des campagnes &#233;lectorales men&#233;es par chacune de ces organisations, et bien s&#251;r, les diff&#233;rences qui les ont s&#233;par&#233;es ou oppos&#233;es. Par del&#224; d'ailleurs la campagne &#233;lectorale, ce sont les divergences politiques de ces organisations qui se r&#233;clament toutes trois du trotskysme, qui apparaissent ici. La campagne &#233;lectorale, comme il est normal, ne fait que les mettre en &#233;vidence ; mais elle n'en est ni la cause ni le seul cadre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous donnons, bien entendu, les r&#233;sultats complets pour chacune des trois organisations. Ils sont faibles pour les trois et il faudrait se garder d'en tirer des conclusions d&#233;finitives, autre que le fait incontestable de la faiblesse de toute l'extr&#234;me gauche sur le plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant en ce qui concerne les r&#233;sultats de Lutte Ouvri&#232;re il faut remarquer que le pourcentage obtenu par nos listes, 1,21 % aux l&#233;gislatives, un peu plus aux r&#233;gionales, 1,59 %, est du m&#234;me ordre, et m&#234;me l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur, &#224; celui que nos candidats avaient obtenu il y a cinq ans aux pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections l&#233;gislatives, 1,11 %. Alors que par rapport &#224; 1981, toute la gauche recule nous nous maintenons, bien qu'&#224; un niveau tr&#232;s faible. Il faut cependant noter aussi que par rapport &#224; d'autres &#233;lections, pr&#233;sidentielles ou europ&#233;ennes, c'est un pourcentage qui est nettement plus faible que celui que nous avons g&#233;n&#233;ralement obtenu, au-dessus de 2 %. Tout ce que nous pouvons en conclure donc c'est que Lutte Ouvri&#232;re r&#233;ussit &#224; garder, mais pas &#224; augmenter pour le moment, un petit &#233;lectorat qui lui reste fid&#232;le dans les p&#233;riodes de mont&#233;e &#233;lectorale de la gauche comme dans ses p&#233;riodes de recul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous faut remarquer aussi que, bien que cela porte sur des chiffres faibles, il y a une diff&#233;rence significative entre le nombre de voix obtenues par les listes Lutte Ouvri&#232;re d'une part et celle du MPPT et de la LCR d'autre part. En gros, le double de celui-l&#224; et quatre fois plus que celle-ci. Il nous semble qu'on peut au moins en tirer la conclusion que la politique d&#233;fendue et exprim&#233;e par Lutte Ouvri&#232;re a touch&#233; et su exprimer les sentiments d'une fraction tout de m&#234;me notablement plus large de travailleurs que celles d&#233;fendues par les deux autres organisations trotskystes. Cette conclusion s'impose d'autant plus que les r&#233;sultats de ces derni&#232;res &#233;lections ne font que corroborer ceux des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes, l&#233;gislatives, pr&#233;sidentielles ou europ&#233;ennes, chaque fois qu'une comparaison a &#233;t&#233; possible entre les r&#233;sultats des trois organisations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela nous semble d'autant plus probant que la campagne de Lutte Ouvri&#232;re n'a &#233;t&#233; dirig&#233;e ni vers les milieux r&#233;formistes et social-d&#233;mocrates comme celle du MPPT ni vers les milieux gauchistes petits-bourgeois, r&#233;gionalistes, &#233;cologistes ou anti-racistes, comme a tent&#233; de le faire la LCR. Comme on peut en juger par les textes publi&#233;s dans ce num&#233;ro : c'est aux travailleurs et aux travailleuses seuls que nous nous sommes adress&#233;s. C'est pour eux que Lutte Ouvri&#232;re a parl&#233; de ce qu'elle pensait de la situation politique actuelle, c'est de leur point de vue qu'elle a jug&#233; la gauche comme la droite, c'est dans l'int&#233;r&#234;t de leur classe qu'elle a essay&#233; de situer l'importance exacte de ces &#233;lections mais aussi de la p&#233;riode et des possibilit&#233;s pour les travailleurs dans celle-ci. Bref, notre campagne a &#233;t&#233; celle de r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens, qui ne cachent pas ce qu'ils sont, et s'adressent au prol&#233;tariat tout entier pour d&#233;fendre aupr&#232;s de lui les id&#233;es de lutte de classe et les int&#233;r&#234;ts &#224; court ou &#224; long terme de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et le fait que dans le contexte actuel, alors qu'il y a un d&#233;placement vers la droite, et alors que les r&#233;volutionnaires n'ont &#233;videmment aucune chance de remporter le moindre succ&#232;s &#233;lectoral, un certain nombre de travailleurs nous aient tout de m&#234;me entendu, au point de nous le signifier en mettant un bulletin dans l'urne en faveur de nos listes, nous semble le fait positif de ces &#233;lections. Cela nous semble surtout le gage de l'avenir des id&#233;es et de la politique r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>Kowalewski : &#171; Rendez-nous nos usines &#187; A propos des analyses d'un ancien responsable de Solidarnosc</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/kowalewski-rendez-nous-nos-usines</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/kowalewski-rendez-nous-nos-usines</guid>
		<dc:date>1985-12-31T23:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;04&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zbigniew Kowalewski, l'auteur du livre &lt;i&gt; &#171; Rendez-nous nos usines &#187;, &lt;/i&gt;livre qui porte &#233;galement le sous-titre &lt;i&gt; &#171; Solidarnosc dans le combat pour l'autogestion ouvri&#232;re &#187;, &lt;/i&gt;se revendique du marxisme r&#233;volutionnaire. C'est du point de vue du marxisme r&#233;volutionnaire qu'il affirme analyser les mouvements sociaux de 1980-1981 en Pologne, dont il avait &#233;t&#233;, en tant que militant responsable de Solidarnosc dans la r&#233;gion industrielle de Lodz, un des participants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Pologne est un des pays du monde o&#249; la classe ouvri&#232;re a montr&#233;, au cours des d&#233;cennies &#233;coul&#233;es, le plus de combativit&#233;. Le bouillonnement politique de 1956, les vagues de gr&#232;ves de 1970 puis de 1976, le grand mouvement de 1980-81, ont fait tour &#224; tour surgir, au sein de la classe ouvri&#232;re polonaise, des centaines, des milliers de militants. Mais aucun courant significatif, et &#224; plus forte raison, aucune organisation un tant soit peu pr&#233;sente dans la classe ouvri&#232;re, ne s'est constitu&#233; sur le terrain du marxisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dire l'int&#233;r&#234;t que pr&#233;sente le fait qu'un militant - qui avait &#233;t&#233; de surcro&#238;t li&#233; au mouvement des masses - et qui, malgr&#233; sa situation d'&#233;migr&#233; forc&#233;, semble rester partie prenante dans les discussions qui traversent le mouvement ouvrier polonais depuis la d&#233;faite de 1981veuille aborder les probl&#232;mes politiques qui se posaient &#224; la classe ouvri&#232;re en Pologne, au nom du marxisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Manifestement, Kowalewski ambitionne de contribuer, au travers des id&#233;es politiques d&#233;fendues dans son livre, &#224; la constitution d'un courant marxiste r&#233;volutionnaire parmi les travailleurs en Pologne. Il ambitionne m&#234;me, en g&#233;n&#233;ralisant &#224; partir de l'exp&#233;rience de la Pologne, de d&#233;finir ce que pourrait &#234;tre une politique r&#233;volutionnaire dans les pays sous la domination directe ou indirecte de la bureaucratie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si Kowalewski se revendique de la tradition marxiste r&#233;volutionnaire, il se revendique, aussi, de la tradition de Solidarnosc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A certains &#233;gards, les deux filiations ne sont sans doute pas contradictoires. Solidarnosc &#233;tait ce vaste mouvement de mobilisation des travailleurs polonais de 1980-1981. C'est encore, certainement, l'expression g&#233;n&#233;rique en laquelle se reconnaissent tous ceux qui, dans la classe ouvri&#232;re en particulier, n'ont pas abdiqu&#233; devant le r&#233;gime de Jaruzelski.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Solidarnosc c'&#233;tait, aussi, une politique qui avait conduit la classe ouvri&#232;re polonaise &#224; la d&#233;faite sans combat devant le coup d'&#201;tat de Jaruzelski. C'&#233;tait, aussi, une direction politique qui se revendiquait de perspectives politiques oppos&#233;es &#224; celles de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. D'un livre dont l'auteur se r&#233;clame du marxisme r&#233;volutionnaire, on s'attend &#224; une analyse de Solidarnosc et &#224; une critique de sa politique, du point de vue des int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre est en effet critique &#224; l'&#233;gard de la direction de Solidarnosc et &#224; l'&#233;gard de la politique incarn&#233;e, disons pour simplifier, par Walesa, Kuron ou Michnik. La principale critique semble m&#234;me radicale, puisqu'elle reproche aux dirigeants et aux inspirateurs de la politique de Solidarnosc d'avoir pr&#233;conis&#233; une attitude &#171; d'auto-limitation &#187; que l'auteur r&#233;sume ainsi : &lt;i&gt; &#171; En s'auto-limitant, autrement dit, en ne mettant pas le pouvoir bureaucratique en danger, la r&#233;volution polonaise &#233;tait cens&#233;e remporter des victoires limit&#233;es, sans pour autant s'exposer au risque d'une d&#233;faite &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur du livre, lui, &#233;tait partisan de &lt;i&gt; &#171; mettre le pouvoir bureaucratique en danger &#187;. &lt;/i&gt;Il&lt;i&gt; &lt;/i&gt;consid&#232;re m&#234;me que la Pologne &#233;tait, en 1980-81, en r&#233;volution. Mais paradoxalement, c'est pr&#233;cis&#233;ment sur la question du pouvoir d'&#201;tat, de la nature de classe de la &#171; r&#233;volution &#187; dont il parle, sur la fa&#231;on dont le prol&#233;tariat pouvait parvenir &#224; &#233;tablir son pouvoir de classe, qu'il est le plus ambigu. Et lorsqu'il n'est pas ambigu, c'est pour v&#233;hiculer des id&#233;es passablement en contradiction avec la position de principe en faveur du marxisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Une r&#233;volution sans destruction de l'&#233;tat ?&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Pour Kowalewski, la Pologne a donc connu d'ao&#251;t 1980 &#224; d&#233;cembre une r&#233;volution. Il ne s'agit pas d'une expression &#224; l'emporte-pi&#232;ce. &lt;i&gt; &#171; La r&#233;volution polonaise d'ao&#251;t 1980-d&#233;cembre 1981 est une des plus grandes r&#233;volutions ouvri&#232;res qu'ait connues l'histoire &#187; &lt;/i&gt;commente la&lt;i&gt; &lt;/i&gt;premi&#232;re phrase du chapitre consacr&#233; &#224; des &lt;i&gt; R&#233;flexions sur &lt;/i&gt;la r&#233;volution polonaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question qui vient imm&#233;diatement &#224; l'esprit, c'est comment la classe ouvri&#232;re polonaise, si elle &#233;tait r&#233;ellement engag&#233;e dans un combat r&#233;volutionnaire, a pu &#234;tre vaincue, en une seule nuit, et sans combat, par les troupes de Jaruzelski ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a, dans un des derniers sous-chapitres du livre, intitul&#233; &lt;i&gt; L'aspect le plus faible de la r&#233;volution polonaise&lt;/i&gt;, une sorte de r&#233;ponse. &lt;i&gt; &#171; Jusqu'au coup contre-r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me, le mouvement social ne se heurta jamais &#224; l'arm&#233;e maintenue dans les garnisons et qui semblait &#233;chapper aux terrains d'affrontement entre les masses et le pouvoir bureaucratique. &#187; &lt;/i&gt;Ou&lt;i&gt; &lt;/i&gt;encore &lt;i&gt; &#171; Le d&#233;sir d'&#233;viter la provocation, combin&#233;e au sentiment de puissance qui &#233;manait du mouvement de masse, entra&#238;nait l'illusion que cette force serait suffisante pour neutraliser l'arm&#233;e &#187; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette qui&#233;tude dangereuse d&#233;crit sans doute l'&#233;tat d'esprit des masses ouvri&#232;res. Elle mesure par la m&#234;me occasion les limites du degr&#233; de radicalisation et du degr&#233; de conscience de la classe ouvri&#232;re de Pologne pendant cette p&#233;riode. Elle donne en elle-m&#234;me une plus juste mesure du degr&#233; de mobilisation et du niveau de conscience de la classe ouvri&#232;re en Pologne que des expressions grandiloquentes parlant de r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il reste tout de m&#234;me la politique des chefs que la classe ouvri&#232;re s'est donn&#233;e. Car m&#234;me si le degr&#233; de maturation de la classe ouvri&#232;re ne posait pas la question de la destruction du pouvoir d'&#201;tat et son remplacement par le prol&#233;tariat en armes, le pouvoir, c'est-&#224;-dire l'appareil militaire, se posait la question d'&#233;craser par la force la classe ouvri&#232;re. Mais de cela, aucun des courants existant au sein de Solidarnosc n'a m&#234;me seulement averti les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les uns, les principaux dirigeants de Solidarnosc, se sont tus sur la menace que l'arm&#233;e faisait peser sur la classe ouvri&#232;re, par choix politique, par choix de classe. Parce qu'ils &#233;taient profond&#233;ment, par conviction de classe, hostiles au risque m&#234;me de la destruction de l'&#201;tat polonais par les m&#233;thodes du prol&#233;tariat, ils ne voulaient pas la disparition de l'arm&#233;e nationale, ils voulaient qu'elle soit un instrument plus ind&#233;pendant des Russes et mise au service d'une autre politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est m&#234;me au nom de l'&#201;tat national polonais, de ses traditions, de son ind&#233;pendance et tout au plus de son fonctionnement d&#233;mocratique, qu'ils ont men&#233; tout leur combat politique. Ils ne voulaient surtout pas que le prol&#233;tariat apprenne comment disloquer l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, car cet apprentissage-l&#224; pourrait &#234;tre en m&#234;me temps celui de la constitution de la propre force arm&#233;e du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la menace de l'arm&#233;e sovi&#233;tique sur les fronti&#232;res qui servait de justification &#224; cette politique, qui non seulement laissait de toute fa&#231;on le prol&#233;tariat polonais sans pr&#233;paration et sans armes face &#224; une &#233;ventuelle agression de l'arm&#233;e sovi&#233;tique, mais qui le laissait aussi sans pr&#233;paration et sans armes devant l'agression de &#171; sa &#187; propre arm&#233;e nationale. Et cette politique rejetait m&#234;me sous l'autorit&#233; de la hi&#233;rarchie militaire les soldats qui &#233;prouvaient de la sympathie pour le mouvement social et qui se demandaient ce qu'ils pouvaient faire. Il y en a eu, comme le rappelle fort justement le livre de Kowalewski, qui sont venus offrir spontan&#233;ment leurs services. Il aurait pu y en avoir bien plus s'ils s'&#233;taient sentis sollicit&#233;s et soutenus. Ce n'&#233;tait pas simplement une politique timor&#233;e ou trop mod&#233;r&#233;e, comme le laisse entendre le terme d'auto-limitation, repris par Kowalewski lui-m&#234;me. C'&#233;tait une politique men&#233;e dans une tout autre perspective de classe que celle de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la gauche de Solidarnosc - si toutefois l'expression est appropri&#233;e - repr&#233;sent&#233;e par ce courant autogestionnaire dont Kowalewski &#233;tait nagu&#232;re un des porte-paroles et dont il continue &#224; se revendiquer toujours, n'a pas plus pr&#233;par&#233; les masses ouvri&#232;res polonaises &#224; l'affrontement avec l'arm&#233;e. Au mieux, parce qu'&#224; force de se pr&#233;occuper &#171; d'autogestion &#187; &#233;conomique, elle consid&#233;rait la question du pouvoir, la question de l'arm&#233;e, la question de savoir qui d&#233;tient la force, comme quelque chose de secondaire. Mais toutes les initiatives, m&#234;me les plus int&#233;ressantes cit&#233;es par Kowalewski &#224; partir de l'exp&#233;rience de Lodz, allant dans le sens du contr&#244;le des ouvriers sur la production et sur la r&#233;partition, &#233;taient al&#233;atoires dans la mesure o&#249; les travailleurs n'&#233;taient pas avertis du fait que le probl&#232;me d&#233;terminant &#233;tait celui de la force et des armes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du point de vue de la pr&#233;paration de la classe ouvri&#232;re, la politique des courants autogestionnaires n'&#233;tait pas meilleure que celle des forces politiques fondamentalement hostiles &#224; une politique ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais malheureusement, m&#234;me avec le recul, et malgr&#233; ses convictions marxistes, Kowalewski semble aujourd'hui encore, consid&#233;rer la question comme secondaire. Pas seulement parce que dans le petit sous-chapitre qu'il consacre &#224; la question, il la r&#233;duit &#224; celle... de la cr&#233;ation de syndicats de soldats dans l'arm&#233;e, conjointement, il est vrai, &#224; la cr&#233;ation de gardes ouvri&#232;res dans les usines. Mais ce n'est pas seulement un probl&#232;me technique. C'est une orientation politique. Or du point de vue de l'orientation politique, Kowalewski montre qu'il tient le pouvoir d'&#201;tat des travailleurs pour une question secondaire, pr&#233;cis&#233;ment dans ces longs chapitres o&#249; il se veut le plus radical dans le vocabulaire, et qu'il consacre &#224; d&#233;montrer en quoi la &#171; r&#233;volution polonaise &#187; est une des plus grandes de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La r&#233;volution polonaise s'est d&#233;roul&#233;e dans le cadre de nombreuses limites, c'est une &#233;vidence &#187;, &lt;/i&gt;consent-il. &lt;i&gt; &#171; Mais avant de critiquer ses limites, apprenons &#224; voir ses apports. Le premier d'entre eux, c'est de nous avoir appris... que la prise du pouvoir politique central, pour &#234;tre stable et durable, doit avoir des bases mat&#233;rielles d'appui, en premier lieu, au travers de la prise des usines &#187;. &lt;/i&gt;Et d'ajouter : &lt;i&gt; &#171; La r&#233;volution polonaise ne nous apprend pas comment prendre le pouvoir politique central, mais elle nous apprend comment construire les bases de cette prise de pouvoir. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour que &lt;i&gt; &#171; la prise de pouvoir central soit stable et durable &#187;, il &lt;/i&gt;faut tout de m&#234;me d'abord avoir pris le pouvoir central ! Il faut que le prol&#233;tariat s'arme et m&#232;ne la politique qu'il faut pour d&#233;truire le pouvoir de l'&#201;tat en place et s'organise lui-m&#234;me en pouvoir d'&#201;tat. Eh bien, non, Kowalewski persiste et signe : &lt;i&gt; &#171; Je pense que m&#234;me dans le futur, la r&#233;volution polonaise avancera vers la conqu&#234;te du pouvoir par les travailleurs, au moyen de la prise de contr&#244;le sur la production et la distribution, c'est-&#224;-dire de la construction du pouvoir des conseils ouvriers dans les entreprises et leur coordination &#187;. &lt;/i&gt;Et si l'arm&#233;e polonaise - pour changer, l'arm&#233;e russe - voyait quelques inconv&#233;nients &#224; la &lt;i&gt; &#171; construction du pouvoir des conseils ouvriers dans les entreprises &#187; &lt;/i&gt;et &#224; plus forte raison, &lt;i&gt; &#171; &#224; leur coordination &#187; &lt;/i&gt; ? Eh bien, il faut croire qu'il y aura encore des commentateurs pour expliquer doctement que cela aura &#233;t&#233; &#171; un des aspects faibles &#187; de cette nouvelle r&#233;volution des travailleurs de Pologne. En attendant, ceux des militants ouvriers r&#233;volutionnaires qui chercheraient &#224; comprendre ce qui s'est pass&#233; en d&#233;cembre 1981 et surtout, quelle politique il faudrait mener en cas de nouvelle mobilisation, v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire, de la classe ouvri&#232;re, ont la consolation de lire dans &lt;i&gt; Rendez-nous nos usines &lt;/i&gt;que &lt;i&gt; &#171; le contre-pouvoir que &#187; &lt;/i&gt;Solidarnosc &lt;i&gt; &#171; exerce a une force, une coh&#233;rence et un degr&#233; de centralisation beaucoup plus importants que dans le cas d'institutions classiques du contre-pouvoir, les soviets. Il faut se souvenir que ni les soviets, et d'autant moins les comit&#233;s d'usine de la Russie de 1917 n'ont &#233;difi&#233; un syst&#232;me institutionnel jouissant d'une coh&#233;sion comparable &#224; celle de Solidarnosc avant qu'une force centralisatrice ext&#233;rieure - le parti bolchevik - ne gagne leur direction &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A ceci pr&#232;s que le contre-pouvoir repr&#233;sent&#233; par les soviets disposait d'armes et de force. Ce qui lui avait permis, lorsque la dite &#171; force ext&#233;rieure &#187; (?) en avait gagn&#233; la direction et inspirait la politique, de ne plus rester un &#171; contre-pouvoir &#187;, mais de se transformer en pouvoir tout court. En revanche, tout en ayant &#233;difi&#233; un &#171; syst&#232;me institutionnel &#187; coh&#233;rent, Solidarnosc a cess&#233; d'&#234;tre un double pouvoir, &#224; supposer que l'on puisse dire qu'il le fut jamais. Un v&#233;ritable double pouvoir entre l'appareil d'&#201;tat et le prol&#233;tariat en armes, ne peut pas &#234;tre stable, institutionnalis&#233;. Pas plus que la classe ouvri&#232;re ne pourra conqu&#233;rir le pouvoir par la petite porte, petit &#224; petit, entreprise par entreprise, comme l'assure Kowalewski en g&#233;n&#233;ralisant : &lt;i&gt; &#171; Dans ses r&#233;volutions futures, la classe ouvri&#232;re (...) avant d'instaurer la d&#233;mocratie des travailleurs et des citoyens dans l'&#201;tat (...) construira des bases solides de d&#233;mocratie ouvri&#232;re dans le temps de travail : elle se pr&#233;parera &#224; la gestion ouvri&#232;re des unit&#233;s de production, s'appuyant sur une auto-organisation ouvri&#232;re du processus de travail et des conditions de travail &#187; &lt;/i&gt;. Affirmer cela apr&#232;s l'exp&#233;rience de la Pologne, pr&#233;cis&#233;ment ! Mais sans le pouvoir d'&#201;tat d&#233;mocratique des travailleurs, la classe ouvri&#232;re n'aura le loisir, ni en Pologne, ni nulle part, de &lt;i&gt; &#171; se pr&#233;parer &#224; la gestion ouvri&#232;re des unit&#233;s de production &#187; ! &lt;/i&gt;(Ambigu&#239;t&#233;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;voulue ou accidentelle, Kowalewski ne parle d'ailleurs pas de pouvoir d'&#201;tat d&#233;mocratique des travailleurs, mais de la &#171; d&#233;mocratie des travailleurs et des citoyens dans l'&#201;tat &#187;. Dans l'&#201;tat de qui ?).&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;Engels et l&#233;nine &#171; r&#233;nov&#233;s &#187; au nom de l'autogestion&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Partant de la constatation que les bureaucraties des pays de l'Est - comme d'ailleurs le syst&#232;me capitaliste, et avec une tout autre efficacit&#233; - imposent &#224; l'int&#233;rieur des usines une dictature, Kowalewski s'en prend &#224; la &lt;i&gt; &#171; strat&#233;gie l&#233;niniste sur cette question &#187; qui, en &#171; introduisant le taylorisme comme forme d'organisation du travail &#187; &lt;/i&gt;, r&#233;tablissait &lt;i&gt; &#171; le despotisme dans l'usine &#187; &lt;/i&gt;. Il cite le militant oppositionnel tch&#233;coslovaque Petr Uhl qui affirme : &lt;i&gt; &#171; si les r&#233;volutionnaires acceptent encore le mot d'ordre d'Engels : &#171; en entrant dans l'usine abandonne toute id&#233;e d'autonomie &#187;, comme l'ont accept&#233; en pratique les bolcheviks russes, alors la soci&#233;t&#233; humaine ne brisera jamais ses cha&#238;nes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment le prol&#233;tariat, apr&#232;s la prise du pouvoir, pourrait assurer l'organisation de l'&#233;conomie, le fonctionnement des entreprises, etc. peut sans doute &#234;tre l'objet de bien des discussions. Le prol&#233;tariat n'a, en la mati&#232;re, que l'exp&#233;rience de la Russie sovi&#233;tique, c'est-&#224;-dire d'un pays pauvre, d&#233;vast&#233; de surcro&#238;t par une guerre puis une guerre civile. Et ce fut une exp&#233;rience courte, car tant que le pouvoir prol&#233;tarien &#233;tait encore d&#233;mocratique, il &#233;tait plus pr&#233;occup&#233; d'&#233;tendre la r&#233;volution que d'en fignoler le fonctionnement &#233;conomique ; et lorsqu'il commen&#231;ait &#224; organiser le &#171; socialisme dans un seul pays &#187;, il ne restait plus de d&#233;mocratie sovi&#233;tique. C'est dire que l'Union sovi&#233;tique n'est certainement pas un mod&#232;le en la mati&#232;re, et que le prol&#233;tariat, une fois la direction de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie en main, trouvera certainement bien des mani&#232;res de la g&#233;rer, sans despotisme dans les entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais sous pr&#233;texte de discuter de ce que pourrait &#234;tre le fonctionnement des entreprises apr&#232;s la prise du pouvoir, on oublie la prise du pouvoir lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui conduit Kowalewski &#224; d&#233;montrer longuement que - et la phrase est en m&#234;me temps le sous-titre d'un chapitre de son livre - &lt;i&gt; &#171; Il ne peut pas y avoir d'autogestion ouvri&#232;re au seul niveau de l'entreprise &#187; ; et d'expliquer &#171; qu'une v&#233;ritable autogestion ouvri&#232;re &#187; ne pourra &#171; &#234;tre instaur&#233;e dans les entreprises que par la r&#233;alisation d'une r&#233;forme d&#233;mocratique et radicale, tant de l'&#233;conomie que de l'&#201;tat, mettant fin &#224; la disposition bureaucratique des moyens de production fondamentaux et conduisant &#224; leur v&#233;ritable socialisation &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cela pourrait se r&#233;aliser par une r&#233;forme d&#233;mocratique ? Et par qui donc ? Par des bureaucrates r&#233;formistes ? Par un gouvernement Solidarnosc acc&#233;dant au pouvoir dans le cadre de l'&#201;tat tel qu'il est ? Par les travailleurs euxm&#234;mes ? Mais alors, sans la destruction du pouvoir d'&#201;tat en place, par en bas, progressivement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'expression &#171; socialisme autogestionnaire &#187; sonne sans doute mieux dans les pays de l'Est que le &#171; socialisme stalinien &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais face &#224; la r&#233;alit&#233; du &#171; socialisme stalinien &#187;, appuy&#233; par le pouvoir d'&#201;tat, par l'arm&#233;e, par la police, le &#171; socialisme autogestionnaire &#187; brandi seul, comme un but accessible, sans une guerre de classe men&#233;e et gagn&#233;e par le prol&#233;tariat, est une songerie r&#233;formiste creuse. L'expression peut encore sembler neuve dans les D&#233;mocraties Populaires, comme pourrait sembler neuf &#171; l'autogestionnarisme &#187; soixante-huitard de la CFDT ou de Rocard, mais elle dissimule la m&#234;me marchandise politique r&#233;formiste. Et si, face aux dictatures de r&#233;gimes staliniens, les r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens seront confront&#233;s &#224; bien des probl&#232;mes d&#233;coulant de ce que la situation a de sp&#233;cifique dans les pays de l'Est, &#224; cause du caract&#232;re nationalis&#233; de l'industrie, &#224; cause de la pr&#233;tention des &#201;tats en place &#224; repr&#233;senter &#171; la dictature du prol&#233;tariat &#187;, &#224; cause de la prostitution des mots marxisme, socialisme ou communisme auxquels les gouvernants se livrent, ce n'est certainement pas du c&#244;t&#233; du r&#233;formisme social-d&#233;mocrate m&#234;me &#171; modernis&#233; &#187; qu'il y aura solution &#224; ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;Des hymnes, des drapeaux et de la religion&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;A aucun r&#233;volutionnaire ne viendrait l'id&#233;e de se d&#233;tourner du mouvement des travailleurs polonais parce que c'est en brandissant le drapeau blanc et rouge que les ouvriers occupaient les usines ; ni de voir la main du Vatican dans l'explosion ouvri&#232;re, parce que, dans les usines occup&#233;es, ils pr&#233;f&#233;raient &#233;couter les cur&#233;s que les secr&#233;taires du Parti...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleurs rentrent toujours en lutte avec leurs pr&#233;jug&#233;s et on peut trouver toutes les explications historiques &#224; des pr&#233;jug&#233;s qui ne sont d'ailleurs pas propres aux travailleurs de Pologne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pourquoi parler du &lt;i&gt; &#171; caract&#232;re pr&#233;tendument nationaliste du mouvement sous pr&#233;texte que Solidarnosc reprend &#224; son compte les symboles nationaux &#187; ? &lt;/i&gt;Pourquoi parler du &lt;i&gt; &#171; pr&#233;tendu fanatisme religieux de la classe ouvri&#232;re polonaise &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re de Pologne n'a besoin ni d'excuses, ni de justifications. Mais elle a en revanche, besoin d'id&#233;es claires. Dans le contexte historique, on comprend en effet qu'elle ne consid&#232;re pas le drapeau rouge comme son drapeau, comme l'explique longuement Kowalewski, car en effet, c'est au nom de ce drapeau que la bureaucratie sovi&#233;tique la menace, et c'est au nom de ce drapeau qu'elle soutient les r&#233;gimes dictatoriaux et anti-ouvriers qui se succ&#232;dent en Pologne depuis quarante ans. Mais le probl&#232;me politique r&#233;side en ceci qu'en revanche la classe ouvri&#232;re ne voit pas, ne voit plus, que le drapeau blanc et rouge est aussi le drapeau de ses ennemis. Et pas seulement parce que ce fut le drapeau de Pilsudski ou du colonel Beck. Mais surtout, parce que c'est au nom de ce drapeau qu'on cherche &#224; lui faire oublier qu'elle a des int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques dans la soci&#233;t&#233;, des int&#233;r&#234;ts de classe et qu'elle a des perspectives de classe propres &#224; faire pr&#233;valoir, contre la bureaucratie sovi&#233;tique, sans doute, mais aussi contre les couches privil&#233;gi&#233;es locales, contre l'&#201;tat national, que cet &#201;tat national soit entre les mains d'un r&#233;gime subordonn&#233; &#224; Moscou, ou qu'il soit, demain ou apr&#232;s-demain, entre les mains d'un r&#233;gime pro-occidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est possible, c'est probable, que les travailleurs du rang aient en Pologne moins de pr&#233;jug&#233;s nationalistes, moins de &#171; fanatisme religieux &#187; que les m&#233;dias occidentaux ont bien voulu le dire. Et c'est bien pourquoi il aurait &#233;t&#233; certainement possible de gagner leur confiance dans la lutte, autrement qu'en sortant les portraits de Pilsudski ou en agitant l'ostensoir. Mais il se trouve que les militants, les forces politiques, qui ont conquis la confiance des travailleurs et qui, eux, ont une conscience politique et une id&#233;e claire de ce qu'ils veulent et de ce dont ils ne veulent pas, ont sorti le drapeau du combat pour l'&#201;tat national. C'est-&#224;-dire le drapeau de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, le r&#244;le de militants r&#233;volutionnaires n'est certainement pas d'expliquer que &lt;i&gt; &#171; contrairement &#224; ce que l'on croit souvent &#224; l'Ouest, l'Eglise polonaise n'aspire pas &#224; restaurer le capitalisme dans le pays mais &#224; s'assurer un espace et une position dans la soci&#233;t&#233; post-capitaliste &#187;. &lt;/i&gt;Ce n'est pas d'expliquer non plus en s'appuyant sur l'exemple des &lt;i&gt; &#171; communaut&#233;s chr&#233;tiennes de base &#187; &lt;/i&gt;, de la &lt;i&gt; &#171; th&#233;ologie de la lib&#233;ration &#187; &lt;/i&gt; et de l'Eglise nicaraguayenne, que &lt;i&gt; &#171; l'institution religieuse est soumise &#224; la pression des rapports de force sociaux existants &#187;. &lt;/i&gt;Car ou bien c'est un lieu commun, ou on le dit comme dans le livre avec une intention politique pour d&#233;montrer que des marxistes convaincus pouvaient &lt;i&gt; &#171; collaborer en toute fraternit&#233; et sur la base d'un plein accord quant aux t&#226;ches du mouvement social &#187; &lt;/i&gt;avec &lt;i&gt; &#171; des militants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; autogestionnaires papistes &lt;/i&gt;au &lt;i&gt; sein de Solidarnosc &#187;, &lt;/i&gt;mais alors, on ne dit aux travailleurs qu'une demi-v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire un demi-mensonge. Car si les travailleurs peuvent avoir une partie des institutions religieuses de leur c&#244;t&#233;, pour constituer et encadrer une organisation comme Solidarnosc, ils les auront face &#224; eux, lorsqu'ils se battront pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas non plus sans une g&#234;ne certaine que le lecteur marxiste r&#233;volutionnaire lira le passage o&#249; l'auteur justifie ses convictions r&#233;volutionnaires, face pr&#233;cis&#233;ment aux partisans de &lt;i&gt; &#171; l'auto-limitation &#187; &lt;/i&gt;, en reprenant &#224; son compte l'attitude de Tadeusz Lepkowski qui &lt;i&gt; &#171; affirme que, si elle veut vivre, la Pologne est condamn&#233;e &#224; une r&#233;volution cyclique ou permanente &#187; &lt;/i&gt;et o&#249;, au &#171; r&#233;alisme &#187; des partisans de l'auto-limitation, il oppose le r&#233;alisme du &lt;i&gt; &#171; romantisme insurrectionnel &#187; &lt;/i&gt; propre &#224; l'histoire de la Pologne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne &#224; venir en Pologne sera peut-&#234;tre, dans une certaine mesure, &#224; ses d&#233;buts, une r&#233;volution &#171; polonaise &#187;. Mais son devenir est ailleurs. Parce qu'il n'y a pas, pour le prol&#233;tariat polonais, un devenir particulier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre du seul &#171; destin polonais &#187;, on peut &#233;piloguer longuement, qui des partisans de l'auto-limitation ou de &#171; l'utopisme insurrectionnel &#187; est plus r&#233;aliste. Mais le prol&#233;tariat de Pologne, lui, peut avoir un tout autre destin, au nom d'une tout autre perspective que la r&#233;novation de l'&#201;tat national ; perspective o&#249; les rapports de forces se posent tout autrement que dans le cadre d'un &#201;tat national, subordonn&#233; aujourd'hui &#224; la bureaucratie russe, apr&#232;s l'avoir &#233;t&#233; - et perp&#233;tuellement menac&#233; de l'&#234;tre de nouveau - par l'Occident capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le prol&#233;tariat polonais parvenait &#224; d&#233;truire l'appareil d'&#201;tat national qui, subordonn&#233; &#224; Moscou ou d&#233;vou&#233; &#224; l'Occident, serait de toute fa&#231;on toujours un appareil de r&#233;pression contre la classe ouvri&#232;re ; s'il parvenait &#224; cr&#233;er son propre pouvoir d'&#201;tat, cela serait un point d'appui formidable pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne ailleurs et pour commencer, dans les autres D&#233;mocraties Populaires et en Union sovi&#233;tique elle-m&#234;me. La r&#233;volution en Pologne aurait certainement ses chances, malgr&#233; la proximit&#233; des troupes sovi&#233;tiques, non pas comme le dit Kowalewski parce que &lt;i&gt; &#171; comme toute superpuissance, l'URSS a ses c&#244;t&#233;s forts et ses c&#244;t&#233;s faibles &#187; &lt;/i&gt;mais parce que, en URSS aussi, il y a des classes sociales, parce qu'il y a un prol&#233;tariat opprim&#233; par une bureaucratie et qui est susceptible d'entendre la voix de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, susceptible de se retrouver dans la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re par-del&#224; les fronti&#232;res, &#224; condition que ce soit ce langage que la classe ouvri&#232;re lui parle, et pas le langage de &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187; polonais, ni m&#234;me seulement le langage d'une solidarit&#233; abstraite, au nom du droit d'une nation opprim&#233;e &#224; ne plus l'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; L'exp&#233;rience de ces derni&#232;res d&#233;cennies enseigne que la solidarit&#233; des peuples r&#233;volutionnaires d'une m&#234;me r&#233;gion du monde, sous le joug d'une m&#234;me superpuissance, rec&#232;le un grand potentiel pour leur autod&#233;fense. C'est pourquoi la solidarit&#233; des peuples d'Europe de l'Est, tout comme celle des nations opprim&#233;es des territoires occidentaux de l'URSS est tellement importante pour la r&#233;volution polonaise &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien non, une politique marxiste r&#233;volutionnaire, une politique prol&#233;tarienne internationaliste, ne consiste pas &#224; esp&#233;rer la solidarit&#233; d'autres nations opprim&#233;es pour &#171; la r&#233;volution polonaise &#187;. Elle ne peut &#234;tre fond&#233;e que sur la conviction profonde que le prol&#233;tariat de Pologne - pas plus que dans aucun pays du monde - ne peut &#171; vaincre &#187; isol&#233;ment, pas en tout cas dans son combat de classe pour son &#233;mancipation politique et sociale. Qu'il est vital pour la classe ouvri&#232;re de Pologne qu'elle utilise la force que lui donne sa propre mobilisation pour entra&#238;ner la classe ouvri&#232;re des autres D&#233;mocraties Populaires, sans doute plus susceptible de l'entendre en raison, il est vrai, d'une sorte de communaut&#233; impos&#233;e par la menace commune de la bureaucratie russe ; mais aussi, pour entra&#238;ner la classe ouvri&#232;re sovi&#233;tique, sans la mobilisation de laquelle la bureaucratie russe aurait les mains libres pour r&#233;primer, avec d'ailleurs le consentement tacite ou avou&#233; de la bourgeoisie occidentale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour que cette politique puisse pr&#233;valoir dans la classe ouvri&#232;re polonaise, il faudrait des femmes, des hommes, des militants, une organisation pour la d&#233;fendre. Et pour la d&#233;fendre clairement, y compris face aux id&#233;es en cours dans Solidarnosc, dans ses courants autogestionnaires comme dans les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r que, pour faire pr&#233;valoir cette perspective politique, il faudra gagner de l'audience dans la classe ouvri&#232;re ; et pour acqu&#233;rir cette audience, il faudra non seulement bien des actes, bien des preuves, mais aussi une politique &#224; l'&#233;gard de Solidarnosc dans son ensemble, une politique &#224; l'&#233;gard de tel ou tel de ses courants. Seuls des militants, agissant sur le terrain, engag&#233;s dans l'activit&#233; militante concr&#232;te, tout en &#233;tant fermement marxistes r&#233;volutionnaires, pourront &#233;laborer concr&#232;tement ces politiques. Mais il faut que ces militants existent. Il faut qu'ils soient s&#233;lectionn&#233;s et regroup&#233;s sur la base d'id&#233;es et d'un programme clairs. Il faut qu'ils soient clairement conscients de la perspective dans laquelle ils se situent. Ce regroupement de militants marxistes r&#233;volutionnaires reste encore &#224; cr&#233;er en Pologne. Mais dans le bouillonnement militant qui n'a pas &#233;t&#233; compl&#232;tement annihil&#233; par le coup d'&#201;tat militaire et l'&#233;tat de guerre ; dans l'existence de milliers de militants ouvriers aguerris, rod&#233;s &#224; l'activit&#233; militante elle-m&#234;me, et qui, depuis le coup d'&#201;tat de Jaruzelski, s'interrogent pour comprendre et pour s'orienter dans le futur, il y a peut-&#234;tre une chance exceptionnelle &#224; saisir pour le cr&#233;er.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les marxistes r&#233;volutionnaires ne pourront saisir cette chance que s'ils n'affadissent pas leurs id&#233;es, s'ils ne les adaptent pas aux pr&#233;jug&#233;s existants, s'ils ne diluent pas la port&#233;e r&#233;volutionnaire du marxisme dans les phrases r&#233;formistes, s'ils savent au contraire proposer sans sectarisme mais clairement les id&#233;es de la r&#233;volution prol&#233;tarienne aux travailleurs polonais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>Le MPPT : un nouveau-n&#233; s&#233;nile</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/le-mppt-un-nouveau-ne-senile</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/le-mppt-un-nouveau-ne-senile</guid>
		<dc:date>1985-12-31T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;er&lt;/i&gt; d&#233;cembre dernier. Et ce nouveau-n&#233; devrait lui-m&#234;me donner naissance, dans des d&#233;lais non pr&#233;cis&#233;s, &#224; un Parti des travailleurs, du moins si on en croit le titre qu'il s'est donn&#233;. Sa gestation a &#233;t&#233; relativement longue. Les augures en pr&#233;voyaient la cr&#233;ation pour les municipales de 1983, puis pour les &#233;lections europ&#233;ennes de 1984. Mais voil&#224; qu'enfin il appara&#238;t, &#224; la veille des &#233;lections l&#233;gislatives de 1986. A point nomm&#233;, selon ses fondateurs qui s'en expliquent en ces termes dans la charte adopt&#233;e par le MPPT lors de son congr&#232;s constitutif : &lt;i&gt; &#171; Se consid&#233;rant trahies par ceux qui depuis 1981 ont viol&#233; le mandat qui leur avait &#233;t&#233; confi&#233; en refusant en particulier depuis 1982 de voter des lois en faveur des travailleurs, la classe ouvri&#232;re et les couches populaires qui l'environnent n'ont plus de repr&#233;sentation politique authentique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Cette situation est grave &#224; plus d'un titre, car l'absence de toute perspective politique de progr&#232;s conduit, &#224; un moment ou &#224; un autre, et de fa&#231;on implacable, vers le vide politique, favorisant ainsi les solutions les plus extr&#234;mes o&#249;, en finalit&#233;, la d&#233;mocratie et les libert&#233;s qui en sont le corollaire sortent toujours amoindries sinon &#233;cras&#233;es &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si nous comprenons bien, nous serions au bord du gouffre, ou du moins du vide politique. Et la fonction du MPPT serait de le combler afin d'&#233;viter que l'on en arrive &#224; des solutions &#171; les plus extr&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'on peut constater tout d'abord, c'est que ce mouvement qui par ailleurs pr&#233;tend oeuvrer &#224; un large rassemblement de la gauche commence par marquer les bornes qui d&#233;limitent son projet et au-del&#224; desquelles on entre dans un domaine mouvant, celui des catastrophes et des aventures - le terme est utilis&#233; dans le manifeste pour une liste du MPPT diffus&#233; sous forme de tract-p&#233;tition dat&#233; du 15 septembre 1985 - qui explique : &lt;i&gt; &#171; Tout le monde s'attend &#224; ce que les &#233;lections marquent l'ouverture d'une nouvelle crise dont l'ampleur pourra d&#233;passer sans commune mesure ce que nous connaissons aujourd'hui, d'o&#249; les grandes manoeuvres dans lesquelles sont engag&#233;es la bourgeoisie et toutes les formations politiques, de droite comme de gauche. Toutes les aventures peuvent en r&#233;sulter, et plus que jamais, la classe ouvri&#232;re doit demeurer sur ses gardes... &#187; &lt;/i&gt;Les termes choisis sont significatifs. Quand on parle d'aventures, de solutions &#171; les plus extr&#234;mes &#187;, c'est une mani&#232;re d'&#233;voquer l'extr&#234;me droite, mais en m&#234;me temps l'extr&#234;me gauche. Le flou de la terminologie est destin&#233; &#224; s&#233;duire les milieux sociaux-d&#233;mocrates, qui se satisfont volontiers de la fausse sym&#233;trie qui consiste &#224; justifier leur politique en renvoyant dos &#224; dos &#171; les extr&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont des militants qui se r&#233;clament du marxisme r&#233;volutionnaire, du trotskysme, qui se font les initiateurs et les propagandistes de telles id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car il ne fait aucun doute que c'est la direction du PCI qui est &#224; l'origine de cette charte, comme elle est &#224; l'origine de la cr&#233;ation du MPPT. De m&#234;me qu'il est &#233;vident que ce sont les membres du PCI qui en fournissent &#224; l'heure actuelle la quasi-totalit&#233; des capacit&#233;s militantes et qui le font vivre et fonctionner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs ce sont ces m&#234;mes id&#233;es qui ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es depuis des mois dans les colonnes &lt;i&gt; d'Informations Ouvri&#232;res, &lt;/i&gt;alors que celui-ci se d&#233;signait encore comme &lt;i&gt; &#171; l'organe central du PCI &#187; &lt;/i&gt;, avant qu'il ne se transforme, en d&#233;cembre dernier, en &lt;i&gt; &#171; hebdomadaire du Mouvement Pour le Parti des Travailleurs &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne ferons pas l'injure aux dirigeants du PCI de supposer qu'ils se sont convertis purement et simplement aux th&#233;ories r&#233;formistes, sans s'en expliquer, ni sans en avertir personne. Il nous faut donc chercher derri&#232;re leur choix un raisonnement, ou du moins une justification qui permette de voir comment ils relient leur d&#233;marche avec le fait qu'ils se r&#233;clament encore du trotskysme. Et comme en la mati&#232;re la direction du PCI se montre extr&#234;mement avare en explications publiques, force nous est d'essayer de lire entre les lignes pour tenter de reconstituer leur d&#233;marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre Lambert explique, &#224; l'occasion d'un d&#233;bat qui a eu lieu le 24 mars lors de la r&#233;union du Comit&#233; National provisoire pour un parti des travailleurs, publi&#233; dans un suppl&#233;ment &#224; &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res &lt;/i&gt;du 29 mars 1985 : &lt;i&gt; &#171; Nous devons r&#233;ussir ce qui n'a exist&#233; qu'&#224; un seul moment du mouvement ouvrier fran&#231;ais, &#224; la veille de 1914, lorsqu'il y avait un parti ouvrier des marxistes, des r&#233;formistes, etc... et o&#249;&lt;/i&gt; l'Humanit&#233; &lt;i&gt; de Jaur&#232;s &#233;tait l'organe dans lequel tous se retrouvaient&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Aujourd'hui, nous, PCI, disons : il n'est inscrit nulle part quelle forme et quelle fronti&#232;re aura le parti ouvrier ind&#233;pendant dont la classe ouvri&#232;re a besoin pour assurer son &#233;mancipation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Pour ma part, je reste convaincu du marxisme, tel que le programme de la Quatri&#232;me Internationale l'a d&#233;velopp&#233;. Mais il s'agit d'une m&#233;thode &#187; &lt;/i&gt;. Et plus loin il ajoute : &lt;i&gt; &#171; Il est clair que comme parti le PCI n'a pas l'intention de se dissoudre. Ce serait l&#224; une magouille. Parce que si je ne suis pas contre ce que l'on a appel&#233; &#171; l'entrisme &#187;, je ne vois pas davantage pourquoi il faudrait le pratiquer aujourd'hui. Il faut avancer &#224; visage d&#233;couvert, chacun doit &#234;tre &#224; visage d&#233;couvert. Il ne faut pas de magouille. Si le mouvement pour un parti des travailleurs devient un parti de 30 000, 40 000 adh&#233;rents, les marxistes seront dans ce parti. Il y en aura d'autres qui ne seront pas marxistes. Mais pour le moment nous ne pouvons pas dire que cela existe. C'est une perspective pour laquelle nous devons tous oeuvrer... &#187;.&lt;/i&gt; Ces propos ont &#233;t&#233; tenus au cours d'une discussion sur le r&#244;le et la situation &lt;i&gt; d'Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; par rapport au MPPT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudrait donc, selon le PCI, reconstituer le parti social-d&#233;mocrate, tel qu'il existait avant 1914, afin de disposer d'un parti large, cr&#233;dible aux yeux des masses et des travailleurs, au sein duquel les marxistes d&#233;fendraient leurs id&#233;es, leurs conceptions. Et de ce vivier pourrait na&#238;tre le parti ouvrier r&#233;volutionnaire dont prudemment Lambert se garde de pr&#233;ciser les contours et la fonction, car : ... &lt;i&gt; &#171; Il n'est inscrit nulle part quelle forme et quelle fronti&#232;re aura le parti ouvrier ind&#233;pendant dont la classe ouvri&#232;re aura besoin pour assurer son &#233;mancipation. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si les termes de cette d&#233;claration sont, cette fois encore, volontairement vagues, les r&#233;f&#233;rences historiques mises en avant ne le sont pas toutes. Pourquoi invoquer la social-d&#233;mocratie d'avant 1914 ? Pourquoi citer &lt;i&gt; l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; de Jaur&#232;s ? Pour se d&#233;marquer du stalinisme ? Admettons ! Mais c'est surtout une mani&#232;re de d&#233;cerner un brevet &#224; la social-d&#233;mocratie de 1914, celle de l'Union sacr&#233;e, et celle qui a suivi, social-d&#233;mocratie qui au service de la bourgeoisie a commis autant de crimes et de trahisons contre la classe ouvri&#232;re que le stalinisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce vivier, pris pour mod&#232;le par le PCI, n'a pas une eau tr&#232;s pure... Et quand Lambert et les dirigeants du PCI d&#233;cident de passer un coup d'&#233;ponge sur l'histoire du mouvement ouvrier, ce n'est pas, quoi qu'ils en disent, pour repartir &#224; z&#233;ro, c'est pour r&#233;habiliter les vieilleries social-d&#233;mocrates en choisissant des exemples et des r&#233;f&#233;rences qui sonnent agr&#233;ablement aux oreilles de quelques notables issus de ce petit milieu. Et on pr&#233;tend que c'est cela, faire du neuf ! Entendons-nous bien ! Ce que nous discutons, ce n'est pas l'id&#233;e que des r&#233;volutionnaires se posent le probl&#232;me d'&#233;tablir des liens avec une fraction non r&#233;volutionnaire, voire m&#234;me ouvertement r&#233;formiste du mouvement ouvrier. Nous savons bien que, de la m&#234;me fa&#231;on que c'est parmi les civils que l'on recrute des militaires, c'est parmi les non r&#233;volutionnaires que l'on trouvera les militants et les sympathisants r&#233;volutionnaires. Il n'est pas faux en soi d'envisager qu'une organisation r&#233;volutionnaire choisisse de s'inscrire dans un cadre organisationnel plus large pour accro&#238;tre son audience et renforcer ses liens avec la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce n'est pas cela que fait le PCI. Sa d&#233;marche est diam&#233;tralement oppos&#233;e. Ses dirigeants se servent de la capacit&#233; militante dont ils disposent pour tenter de construire, de toute pi&#232;ce, une organisation social-d&#233;mocrate afin, disent-ils, de pouvoir y d&#233;velopper les id&#233;es marxistes, dans une confrontation loyale, afin que puisse s'en d&#233;gager un parti ouvrier ind&#233;pendant. Ce serait l&#224; un bien tortueux cheminement pour acc&#233;der aux masses, et y gagner de l'influence, si c'&#233;tait r&#233;ellement le souci des dirigeants du PCI.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour se justifier, ceux-ci sont contraints de transfigurer la r&#233;alit&#233;. Ils affirment que les travailleurs, de plus en plus nombreux, se d&#233;tachent des organisations traditionnelles, ainsi qu'une fraction des militants de ces organisations, ce qui est en partie vrai. Mais ils ajoutent que ces travailleurs et ces militants se posent la question de reconstruire une autre organisation, ce qui est loin d'&#234;tre le cas. Mais le serait-ce que ce ne serait pas une raison pour leur proposer de cr&#233;er une organisation social-d&#233;mocrate. Car alors, il serait possible de cr&#233;er une organisation r&#233;volutionnaire, sur la base des id&#233;es et des id&#233;aux communistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le PCI n'a pas cette volont&#233;-l&#224;, ni les moyens de le faire... les deux allant de pair. Et ce qu'il choisit de construire, ce n'est m&#234;me pas un v&#233;ritable parti social-d&#233;mocrate, tout au plus un erzatz de celui-ci, en multipliant les courbettes devant quelques notables du PS, ceux qui acceptent de l'&#233;couter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, il n'est pas faux, en soi, de tenter d'organiser des militants issus d'autres organisations, ou m&#234;me d'entretenir un d&#233;bat avec des gens qui ont eu des responsabilit&#233;s dans les organisations r&#233;formistes. Mais encore faut-il le faire sur des bases claires, de fa&#231;on &#224; ce que l'on sache dans quel camp chacun se situe : d'un c&#244;t&#233; les r&#233;volutionnaires, de l'autre les r&#233;formistes, afin que les militants, les futurs militants, puissent se r&#233;f&#233;rer et puissent choisir entre deux politiques, et entre ceux qui les incarnent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette attitude, le PCI ne l'a pas. Au contraire. Il pr&#233;sente la politique que d&#233;fendent les courants qui cohabitent avec lui au sein du MPPT comme une politique positive, comme une politique de progr&#232;s. Et on a bien du mal &#224; discerner ce qui distingue la politique des uns et des autres, et ce qui s&#233;pare par exemple celle du PCI de celle de Socialisme Maintenu, composante du MPPT qui se r&#233;clame du PS, lui reprochant essentiellement d'avoir trahi... les r&#233;solutions du congr&#232;s de Metz, c'est-&#224;-dire de ne plus &#234;tre fid&#232;le &#224; ses id&#233;aux depuis 1979. Il &#233;crivent par exemple &lt;i&gt; &#171; la preuve est faite aujourd'hui sur la ligne de Metz, celle de la rupture avec le capitalisme, c'est-&#224;-dire celle propre &#224; l'identit&#233; socialiste inscrite dans sa d&#233;claration de principe, ni communiste, ni social-d&#233;mocrate, il y a unit&#233; du parti &#187; &lt;/i&gt;(paru dans &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res &lt;/i&gt;du 14 novembre 1985).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les dirigeants du PCI pr&#233;tendent qu'ils militent &#171; &#224; visage d&#233;couvert &#187; au sein du MPPT, puisqu'ils disent &#224; leurs partenaires : &lt;i&gt; &#171; nous sommes du PCI &#187; &lt;/i&gt;, ce qu'ils pourraient difficilement cacher. Mais cela ne suffit pas pour se d&#233;finir. Surtout pour une organisation qui change r&#233;guli&#232;rement de politique sans &#233;prouver le besoin de s'en expliquer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le drapeau, ce n'est pas seulement l'&#233;tiquette, c'est aussi le programme et les id&#233;es que l'on d&#233;fend publiquement chaque jour dans les entreprises, chaque semaine dans son hebdomadaire, aupr&#232;s des autres militants, aupr&#232;s des travailleurs. Et si on se r&#233;clame du trotskysme pour expliquer qu'il faut r&#233;tablir la &lt;i&gt; &#171; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187;, &lt;/i&gt;ce n'est pas la m&#234;me chose que de dire : &lt;i&gt; &#171; nous sommes trotskystes, c'est-&#224;-dire communistes r&#233;volutionnaires, c'est pour cela que nous ne pensons pas que le bulletin de vote puisse changer le sort des travailleurs, et encore moins changer la soci&#233;t&#233;. Oui, nous voulons changer l'ordre social existant. Et nous voulons vous convaincre qu'il n'y a pas d'autres voies. M&#234;me si aujourd'hui vous ne nous croyez pas. Nous agissons pour vous en faire la d&#233;monstration, &#224; travers notre activit&#233;, notre pratique &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, il y a l&#224; deux d&#233;marches qui ne sont pas les m&#234;mes, ni m&#234;me compl&#233;mentaires ou parall&#232;les.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; on s'aligne sur les id&#233;es r&#233;formistes, on les cultive, on les cautionne, on les propage ou, dans le meilleur des cas ou le moins mauvais, on les tol&#232;re. De l'autre, on les combat. Mieux, on oeuvre &#224; la construction d'un parti ouvrier r&#233;volutionnaire qui ne se construira pas en chantant sa propre chanson &#224; la social-d&#233;mocratie, mais en s'adressant &#224; l'ensemble des militants ouvriers, et bien entendu &#224; ceux du PCF, pour leur offrir une autre image et une autre politique, bien plus entra&#238;nantes que celles mille fois faillies du r&#233;formisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas la bonne voie qu'a choisie le PCI. C'est m&#234;me la voie diam&#233;tralement oppos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour y gagner quoi ? La possibilit&#233; de constituer des listes avec quelques notables du PS en rupture de ban, notables qui continueront &#224; tenir le m&#234;me discours qu'avant, puisque c'est celui du MPPT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et peut-&#234;tre, si le MPPT obtient quelques succ&#232;s &#233;lectoraux le 16 mars, gagnera-t-il un semblant de respectabilit&#233; politicienne qui satisferait les dirigeants du PCI qui ont, somme toute, des ambitions bien modestes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quelles que soient les p&#233;rip&#233;ties futures qui vont marquer l'&#233;volution du MPPT, une chose est certaine : ce n'est pas de l&#224; que na&#238;tra le parti des travailleurs, le parti prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire dont la classe ouvri&#232;re a besoin pour son &#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
	
	
			
		<title>Lutte Ouvri&#232;re dans la campagne &#233;lectorale</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/lutte-ouvriere-dans-la-campagne</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/article/lutte-ouvriere-dans-la-campagne</guid>
		<dc:date>1985-12-31T23:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>


		<description>
		
					
				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1978-1986/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1978-1986&lt;/a&gt;
			

			
		</description>

		
		
		
		
		
		 
		<content:encoded>
			
			
			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 mars prochain les travailleurs seront appel&#233;s &#224; voter et notre organisation sera donc appel&#233;e &#224; participer &#224; ces &#233;lections, ne serait-ce que pour combattre les illusions &#233;lectoralistes. Lors de ces &#233;lections, il n'y aura pas les espoirs qu'il pouvait y avoir en 1978 en particulier, pendant la p&#233;riode o&#249; il y avait encore une mont&#233;e &#224; gauche, quand les travailleurs nourrissaient encore des illusions sur les perspectives de changement qu'allait apporter une victoire de la gauche aux &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1981, quand Mitterrand a emport&#233; une victoire &#233;lectorale par surprise, au moment o&#249; plus grand monde ne l'attendait, l'enthousiasme n'a pas &#233;t&#233; bien grand. C'&#233;tait d&#233;j&#224; une p&#233;riode de ch&#244;mage. Le recul &#233;lectoral du PC, un sympt&#244;me de non radicalisation, &#233;tait un fait politique plus important que tout le reste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, deux mois avant le scrutin des l&#233;gislatives, si les partis de gauche regagnent quelques points dans les sondages (mais moins que les grands partis de droite !), m&#234;me s'il y a encore des illusions, il n'y a plus du tout la m&#234;me attente politique. Tout au plus les travailleurs craignent-ils que la victoire de la droite empire les choses. Ils n'esp&#232;rent plus que la victoire de la gauche, m&#234;me si elle &#233;tait possible, les am&#233;liore. La gauche n'a pas chang&#233; la situation actuelle en mieux. Avec la droite, ce sera la m&#234;me situation, en pire. Voil&#224; les limites des illusions &#233;lectorales actuelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette situation, le r&#244;le des socialistes et communistes r&#233;volutionnaires est de s'adresser aux travailleurs les plus conscients, en saisissant l'opportunit&#233; de la p&#233;riode &#233;lectorale quand un plus grand nombre de travailleurs se pr&#233;occupent plus ou moins des choix politiques des uns et des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous adresserons, dans cette campagne, principalement au prol&#233;tariat des entreprises, aussi bien de l'industrie que du tertiaire, aux secteurs les plus concentr&#233;s de la classe ouvri&#232;re, pour toucher ceux des travailleurs qui ont conscience que ce sont les r&#233;actions, les luttes de la classe ouvri&#232;re qui seules pourront changer quelque peu le sort des travailleurs. Nous nous adresserons &#224; ces travailleurs qui restent attach&#233;s aux id&#233;aux communistes et socialistes et aux traditions de la lutte de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces travailleurs-l&#224; sont minoritaires, peu nombreux, et surtout ont l'impression d'&#234;tre seuls. Mais nous leur parlerons au nom de l'avenir de la classe ouvri&#232;re, la seule force capable de transformer de fa&#231;on r&#233;volutionnaire cette soci&#233;t&#233;, en faisant en sorte qu'ils prennent confiance en eux et en leurs id&#233;es, m&#234;me s'ils sont minoritaires. Car dans les p&#233;riodes de recul, ce sont ces minoritaires-l&#224; qui posent les balises de l'avenir. Et ce sont eux qui constitueront l'avant-garde dans la p&#233;riode de remont&#233;e ouvri&#232;re. Ce sont les minorit&#233;s qui savent r&#233;sister &#224; contre-courant qui seules pourront changer le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons choisi de nous pr&#233;senter dans quelques dizaines de d&#233;partements, l&#224; o&#249; nous avons une pr&#233;sence militante, parce que c'est l&#224; que nous pouvons montrer &#224; ces travailleurs qu'ils ne sont pas isol&#233;s. Car dans les p&#233;riodes de reflux et de r&#233;action, ce sont ceux qui tiennent haut le drapeau du marxisme r&#233;volutionnaire contre les panac&#233;es bourgeoises des temps de crise et contre les reniements et les trahisons r&#233;formistes, qui peuvent permettre aux travailleurs qui n'ont pas perdu espoir de continuer &#224; militer, m&#234;mes'ils se savent minoritaires et &#224; contre-courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, les id&#233;es communistes sont toujours valables, ces id&#233;es que la bourgeoisie s'acharne &#224; combattre et le r&#233;formisme &#224; discr&#233;diter, parce que ce sont les seules qui menacent r&#233;ellement l'ordre &#233;tabli, les seules qu'ils craignent vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous, militants ouvriers, dirons-nous, vous dont la bourgeoisie et les bureaucraties conservatrices tentent de couvrir la voix, vous devez trouver les moyens de ne pas vous laisser r&#233;duire au silence et &#224; l'inaction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tournez le dos &#224; tous ces votes qu'on dit &#171; utiles &#187; mais impuissants &#224; faire pression sur qui que ce soit. Utilisez votre vote pour dire que vous voulez prendre la parole, et que vous la prendrez, que vous ne voulez pas en laisser le monopole &#224; tous ceux qui ont avili les id&#233;aux socialistes et communistes et trahissent les espoirs des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi il vous faut aussi tourner le dos aux illusions de mai 68 dont sont issus les diff&#233;rents courants qui se disaient peut-&#234;tre contestataires, mais qui le plus souvent ne se battaient pas pour la classe ouvri&#232;re. Car &#224; partir du moment o&#249; la classe ouvri&#232;re, avec la crise et la pression du ch&#244;mage, se trouve en situation plus difficile, et a besoin plus que jamais de trouver en son sein de l'&#233;nergie et du courage politique, des femmes et des hommes insensibles aux modes politiques mais fermement attach&#233;s aux id&#233;aux et aux principes prol&#233;tariens, c'est de ce c&#244;t&#233;-l&#224; qu'il y a le moins d'&#233;nergie militante &#224; rassembler, le plus d'&#233;miettement, le plus de reniements des valeurs prol&#233;tariennes, sous couvert de nouveaut&#233;s id&#233;ologiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus que jamais les militants ouvriers doivent se tourner vers leur propre classe, et trouver en son sein l'&#233;nergie militante indispensable, quand il faut serrer les coudes, et d&#233;fendre becs et ongles les principes contre tous ceux qui veulent d&#233;tourner le mouvement ouvrier de ses traditions combattantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ceux qui sont &#224; la recherche d'id&#233;ologies &#171; nouvelles &#187;, qui veulent jeter le vieux marxisme par-dessus bord pour y substituer des, recettes bourgeoises se trompent et trompent les travailleurs. Et il faut bien constater que parmi cette gauche issue de 68, la plupart des courants se situaient non pas &#224; la gauche du PC, mais &#224; la gauche du PS, justement bien moins li&#233; au prol&#233;tariat. Et dans ces mouvements-l&#224;, beaucoup reprochent au PC son communisme, pas son c&#244;t&#233; r&#233;actionnaire. Ce qui n'est pas notre cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi nous avons &#233;t&#233; au regret que la LCR ne prenne pas ses distances envers ces courants qui la rejetaient d'ailleurs, pour se joindre &#224; nous dans ce type de campagne, pour mener avec nous le combat politique n&#233;cessaire dans cette p&#233;riode de r&#233;action sociale et politique pour les principes du communisme prol&#233;tarien et du marxisme r&#233;volutionnaire et de ne pas avoir pr&#233;par&#233; ses militants lors de son congr&#232;s &#224; ce seul choix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car lorsque la classe ouvri&#232;re et ses militants connaissent un certain d&#233;sarroi politique, il est plus que jamais indispensable de leur dire o&#249; doivent se situer les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, avec les moyens dont nous disposons, nous nous adresserons aux travailleurs conscients, &#224; ceux qui justement veulent lutter contre le d&#233;sarroi dans les rangs ouvriers, qui ont une m&#233;moire politique, qui restent sceptiques &#224; l'&#233;gard de ceux qui retournent dans l'opposition avec un langage radical apr&#232;s avoir pendant trois ans particip&#233; au m&#234;me gouvernement que les socialistes, et en en partageant le discr&#233;dit. Nous nous adresserons &#224; ceux qui n'ont pas d'illusions &#233;lectorales ou qui n'en ont plus, et qui savent que la v&#233;ritable force des travailleurs est sur le terrain de la lutte de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a des travailleurs qui sont dupes de l'intoxication bourgeoise de gauche comme de droite de ces temps de crise, qui croient m&#234;me pour certains pouvoir s'en sortir sur le dos des travailleurs immigr&#233;s. Il y a des travailleurs politiquement et socialement flexibles. Et il y a ceux qui ne le sont pas. C'est &#224; ceux-ci que nous nous adresserons. A ceux qui veulent lutter r&#233;solument contre tout ce qui rend inutile le d&#233;vouement quotidien des militants ouvriers &#224; leur classe, contre la politique tra&#238;tresse des syndicats et des partis. Et voil&#224; ce qu'en substance nous leur dirons : vous savez qu'il n'y a rien &#224; attendre des &#233;lections, qu'en 1981, il n'a servi &#224; rien de bien voter. Vous avez vu qu'une majorit&#233; de gauche &#224; l'Assembl&#233;e ne servait &#224; rien. Que des d&#233;put&#233;s communistes au gouvernement ne servaient &#224; rien. Mais vous avez pu voir aussi comment de simples coups de col&#232;re ouvri&#232;re, des gr&#232;ves spontan&#233;es, comme chez les cheminots ou les conducteurs du m&#233;tro parisien, pouvaient inspirer une crainte salutaire aux bourgeois comme au gouvernement. Mais l'organisation et la lutte consciente des travailleurs, c'est-&#224;-dire celles qui ne se contentent pas d'attendre les consignes &#224; contretemps des directions bureaucratiques, peuvent aussi leur inspirer les m&#234;mes craintes. Et pour commencer, l'expression de l'opinion des travailleurs les plus conscients peut aussi les faire r&#233;fl&#233;chir. Et il ne tient qu'&#224; vous de le faire. Les listes de Lutte Ouvri&#232;re vous en donnent la possibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez vu &#224; quel point les organisations ouvri&#232;res officielles ont jou&#233; le jeu des politiciens de gauche au gouvernement et se sont av&#233;r&#233;es impuissantes devant les attaques et les remises en cause du patronat. Car le syndicalisme des postes et des places &#233;touffe la flamme militante. Oui, il faut redonner vie au mouvement ouvrier, quitte &#224; mettre devant le fait accompli, quitte &#224; bousculer, quitte &#224; d&#233;boulonner les dirigeants qui d&#233;fendent leurs positions dans les appareils et les organismes gouvernementaux avant les int&#233;r&#234;ts des travailleurs du rang. Oui, les travailleurs conscients doivent partir &#224; la reconqu&#234;te de leur propre mouvement ouvrier, en organisant v&#233;ritablement les travailleurs qui croient en la lutte de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car &#224; quoi sert, en bas, l'abn&#233;gation des militants, leur d&#233;vouement quotidien, quand en haut les dirigeants des syndicats et des partis s'entendent avec les gouvernants de la bourgeoisie ? A quoi servent les efforts de syndicalisation, quand en bas il faut rendre compte des trahisons d'en haut ? A quoi sert l'&#233;nergie d&#233;pens&#233;e pour redonner confiance &#224; ses camarades de travail, pour les convaincre d'&#234;tre inflexibles, quand en haut les dirigeants sont flexibles, eux qui en cinq ans ont accept&#233; le blocage des salaires et les remises en cause successives de la l&#233;gislation et de la protection sociales ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleurs v&#233;ritablement communistes, v&#233;ritablement socialistes, il est grand temps de constituer la minorit&#233; ouvri&#232;re capable de r&#233;g&#233;n&#233;rer le mouvement ouvrier perclus de r&#233;formisme, de l&#233;galisme, d'&#233;lectoralisme et d'arrivisme gouvernemental. Cette minorit&#233;-l&#224; n'aura pas besoin de postes octroy&#233;s par la bourgeoisie en temps de vaches grasses pour d&#233;fendre la cause du prol&#233;tariat. C'est pourquoi elle la d&#233;fendra vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, une nouvelle minorit&#233; agissante doit ressurgir au sein de la classe ouvri&#232;re. Une minorit&#233; qui aura bien plus d'importance pour l'avenir du mouvement ouvrier que toutes les majorit&#233;s &#233;lectorales impuissantes, dont tout le monde se fiche &#224; commencer par ceux qu'elles &#233;lisent. Cardans l'action, ce sont les minorit&#233;s qui se transforment en majorit&#233;s et sont capables de vaincre, pour peu qu'elles montrent de l'assurance, de la r&#233;solution, de la t&#233;nacit&#233; et de la suite dans les id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est la crise et le ch&#244;mage. Les patrons et les bourgeois poussent leur avantage. La classe ouvri&#232;re est attaqu&#233;e, mise au ban de la soci&#233;t&#233;. On s'en prend &#224; ses acquis, &#224; ses traditions, &#224; ses principes, &#224; ses valeurs, &#224; ses id&#233;es. On veut qu'elle soit solidaire pour tout le monde. On accuse les cheminots, les conducteurs du m&#233;tro, d'&#233;go&#239;sme parce qu'ils ont eu le courage de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts de classe. Alors oui, c'est &#224; la minorit&#233; consciente de cr&#233;er ses noyaux, dans l'ombre s'il le faut ; de tisser ses r&#233;seaux ; de mettre sur pied ses propres groupes de pression qui opposeront l'opinion ouvri&#232;re &#224; l'intoxication bourgeoise, et en lesquels le gros des travailleurs reconna&#238;tront leur avant-garde quand ils se mettront en lutte. Il faut souder cette avant-garde. Il faut rassembler cette minorit&#233; d&#233;cid&#233;e capable de redonner toute sa force au mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode d'essor &#233;conomique, on pouvait croire, &#224; condition de ne pas regarder trop loin, &#224; condition d'oublier les guerres coloniales et l'exploitation du tiers-monde, que le capitalisme &#233;tait supportable et pouvait avoir un visage humain. Mais avec la crise, on voit ce qu'il en est. La l&#233;gislation sociale, les protections sociales s'av&#232;rent des coquilles vides. On voit bien que le capitalisme ne peut ni se r&#233;former ni s'amender. Qu'il n'y a pas d'autre choix que de rompre avec le syst&#232;me, et qu'il n'y a pas &#171; d'alternative &#187;, pas une autre fa&#231;on, une meilleure fa&#231;on de marcher avec le syst&#232;me et de s'en accommoder. Il n'y a pas le choix. Ce sera le socialisme ou la barbarie. C'est pourquoi il faut que la classe ouvri&#232;re se redonne les moyens d'&#234;tre candidate &#224; la gestion de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224;, en substance, comment nous nous adresserons aux travailleurs avec qui nous chercherons &#224; entrer en contact dans cette campagne. Nous pouvons leur redonner confiance en eux-m&#234;mes. Nous pouvons leur redonner confiance en ce que nous sommes. Car ceux-l&#224; peuvent voir que c'est la situation qui nous donne raison. Ceux-l&#224; peuvent tirer des bilans politiques. Et nous pouvons faire en sorte que ce bilan n'ait pas qu'une conclusion n&#233;gative, mais d&#233;bouche sur des perspectives militantes. Bien s&#251;r, ces travailleurs-l&#224; ont vu la g&#233;n&#233;ration issue des espoirs de 1968 dispara&#238;tre ou s'int&#233;grer. Mais ils voient aussi qu'au sein de la classe ouvri&#232;re il existe des r&#233;volutionnaires qui ne sont pas d&#233;moralis&#233;s, qui continuent de militer et qui sont aussi pr&#233;sents dans les luttes que le Parti Communiste, tout en &#233;tant les seuls, eux, &#224; maintenir le drapeau du communisme r&#233;volutionnaire et &#224; avoir dit la v&#233;rit&#233; en 1981 comme en 1986.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc ce que Lutte Ouvri&#232;re dira et fera dans ces &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seule notre pr&#233;sence physique, effective, a une chance de rendre notre propagande cr&#233;dible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, cette campagne propagandiste ne sera sans doute entendue que des travailleurs les plus conscients, et plus particuli&#232;rement de ceux avec qui nous r&#233;ussirons &#224; rester en contact. Son efficacit&#233; ne se comptabilisera pas en voix ! Elle n'aura sans doute m&#234;me pas de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins visibles de l'ext&#233;rieur. Car nous ne sommes pas en mesure de modifier les conditions objectives qui d&#233;termineront les conditions d'une nouvelle remont&#233;e ouvri&#232;re. Mais ces efforts dont nous ne r&#233;colterons pas les fruits imm&#233;diatement, poseront des jalons qui ,pourront s'av&#233;rer d&#233;terminants parla suite, quand les travailleurs que nous pourrons toucher et qui auront adopt&#233; nos id&#233;es et engag&#233; une activit&#233; militante avec nous, les appliqueront eux-m&#234;mes &#224; une situation sociale et politique profond&#233;ment modifi&#233;es. Et nous pouvons &#234;tre s&#251;rs qu'alors il sera possible de changer les rapports de forces au sein du mouvement ouvrier en faveur des id&#233;es des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
		</content:encoded>
		
		
		

		

		

	</item>



</channel>

</rss>
