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	<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
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	<description>Bienvenue sur le portail de LUTTE OUVRI&#200;RE. Vous y trouverez des informations sur l'actualit&#233;, les activit&#233;s et le programme de notre organisation.</description>
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		<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
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		<title>La section espagnole du Secr&#233;tariat Unifi&#233; et la question nationale en Catalogne</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/article/la-section-espagnole-du</link>
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		<dc:date>1977-10-31T23:03:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 octobre dernier, Josep Tarradellas, pr&#233;sident de la G&#233;n&#233;ralit&#233; (gouvernement autonome) de Catalogne en exil, rentrait &#224; Barcelone apr&#232;s plus de trente-huit ans d'absence, reconnu es-qualit&#233; par Juan Carlos et par Suarez. Il avait succ&#233;d&#233;, &#224; la pr&#233;sidence de la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne en exil, &#224; Lluis Companys, apr&#232;s que celui-ci, livr&#233; &#224; Franco par le r&#233;gime de Vichy en 1940, ait &#233;t&#233; fusill&#233; dans les foss&#233;s de la citadelle de Montjuic. Le rapprochement des deux faits en dit plus long que n'importe quel discours sur le changement intervenu, depuis la mort de Franco, dans l'attitude du gouvernement de Madrid par rapport aux probl&#232;mes que pose l'existence de particularismes nationaux vivaces dans certaines r&#233;gions de l'Espagne, notamment au Pays Basque et en Catalogne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce changement de politique ne correspond pas seulement, de la part des successeurs de Franco, au d&#233;sir de d&#233;samorcer une situation explosive, comme celle qu'a connue pendant des ann&#233;es le Pays Basque, o&#249; la r&#233;pression polici&#232;re et l'&#233;tat de si&#232;ge quasi permanent ne sont jamais parvenus &#224; &#233;liminer les organisations nationalistes radicales, comme les diff&#233;rentes branches de l'ETA. Il vise aussi, en une p&#233;riode o&#249; l'Espagne est durement touch&#233;e par la crise &#233;conomique, conna&#238;t un ch&#244;mage important et une inflation galopante, &#224; centrer la vie politique du pays sur le probl&#232;me de l'autonomie des diverses r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques de l'&#201;tat espagnol, au d&#233;triment de celui de la baisse du niveau de vie de la population laborieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#224; cet &#233;gard significatif que le processus de mise en place d'une certaine autonomie r&#233;gionale soit beaucoup plus avanc&#233; en Catalogne, o&#249; les revendications autonomistes ne sont exprim&#233;es que de mani&#232;re mod&#233;r&#233;e, par la voie de p&#233;titions et de manifestations pacifiques, qu'au Pays Basque o&#249;, depuis des ann&#233;es, des groupes nationalistes radicaux m&#232;nent une v&#233;ritable lutte arm&#233;e pour l'ind&#233;pendance, avec le soutien - au moins jusqu'&#224; ces derniers mois - de larges couches de la population. Suarez tient en effet &#224; montrer que ce qu'il conc&#232;de, il ne le conc&#232;de pas sous la pression. Et il tient d'autant plus &#224; cela que loin de chercher une solution rapide et d&#233;finitive (&#224; supposer qu'elle existe) au probl&#232;me basque et catalan, il pr&#233;f&#232;re avancer des solutions b&#226;tardes et des compromis boiteux (comme ce fut le cas avec la reconnaissance de Tarradellas par-dessus la t&#234;te des grands partis politiques repr&#233;sentatifs en Catalogne) , de mani&#232;re &#224; faire tra&#238;ner les choses en longueur et &#224; amuser le plus longtemps possible le bon peuple (avec d'ailleurs la complicit&#233; de tous les partis soi-disant d'opposition) sur le probl&#232;me de l'autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, si la bourgeoisie espagnole ne peut absolument pas reconna&#238;tre l'ind&#233;pendance du Pays Basque (que revendiquent les secteurs les plus radicaux du mouvement nationaliste) ni celle de la Catalogne (que ne r&#233;clament que quelques groupes mao&#239;stes sans influence), elle peut parfaitement s'accommoder d'une formule accordant une large autonomie interne &#224; ces r&#233;gions (et m&#234;me &#224; d'autres). La forme constitutionnelle de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral est une solution qui a fait ses preuves, du point de vue de la bourgeoisie, dans suffisamment de pays (&#201;tats-Unis, Allemagne de l'Ouest, Suisse, Autriche, etc.) pour n'effrayer ni la bourgeoisie espagnole dans son ensemble, ni les bourgeoisies locales basque et catalane bien s&#251;r, qui n'ont aucune envie de se couper du d&#233;bouch&#233; que repr&#233;sente pour elles le reste de l'Espagne, mais qui appr&#233;cieraient le fait d'avoir leurs propres organes locaux de gouvernement. Et cette solution de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral est peut-&#234;tre celle vers laquelle l'Espagne &#233;voluera dans les mois et les ann&#233;es qui viennent. Mais m&#234;me s'il envisage &#224; terme une telle formule f&#233;d&#233;rale, le gouvernement espagnol n'a aucune raison de s'y pr&#233;cipiter, alors que le probl&#232;me de l'autonomie lui offre un d&#233;rivatif aussi efficace, par rapport aux revendications &#233;conomiques des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout en &#233;mettant des r&#233;serves sur la mani&#232;re dont Torradellas a &#233;t&#233; remis en place sans qu'ils soient consult&#233;s, et sans avoir de comptes &#224; rendre aux &#233;lus catalans d&#233;sign&#233;s en juin dernier, les partis ouvriers r&#233;formistes : le Parti Communiste d'Espagne (et sa filiale catalane, le Parti Socialiste Unifi&#233; de Catalogne) et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (et son alli&#233; local, le Parti Socialiste Catalan) n'ont cess&#233; de participer &#224; cette com&#233;die, en faisant de la n&#233;gociation avec le gouvernement autour du tapis vert, sur le probl&#232;me de l'autonomie, une de leurs activit&#233;s principales. En apparaissant bien plus comme des gens qui cherchent &#224; collaborer avec Suarez, plut&#244;t que comme ses adversaires politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela n'est gu&#232;re surprenant. Mais face &#224; cette politique des partis ouvriers r&#233;formistes, celle des groupes qui se pr&#233;tendent &#224; la gauche de ces partis n'a gu&#232;re &#233;t&#233; plus reluisante. Sans m&#234;me s'&#233;tendre longuement sur le cas des mao&#239;stes du Parti du Travail, qui se sont fait les plus fermes d&#233;fenseurs du politicien bourgeois Torradellas (qualifi&#233; par eux de &#171; notre pr&#233;sident &#187; ), pratiquement tous les groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me-gauche ont embo&#238;t&#233; le pas aux nationalistes catalans, y compris la section espagnole du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La LCR n'appelle certes pas Torradellas &#171; notre pr&#233;sident &#187;. Mais dans la mani&#232;re m&#234;me dont elle a annonc&#233;, dans un communiqu&#233; de presse, lors du retour de Torradellas &#224; Barcelone, qu'elle ne le reconna&#238;t pas comme pr&#233;sident de la G&#233;n&#233;ralit&#233;, parce qu'il n'a pas &#233;t&#233; &#233;lu par les d&#233;put&#233;s d'un parlement de Catalogne, appara&#238;t toute l'ambigu&#239;t&#233; de la politique de la LCR &#224; ce sujet. Car enfin, reconna&#238;trait-elle Torradellas, s'il avait &#233;t&#233; &#233;lu par les d&#233;put&#233;s d'un parlement catalan ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Ligue Communiste R&#233;volutionnaire se veut certes une organisation internationaliste. Mais en dehors de d&#233;clarations de principe, comme quoi il est n&#233;cessaire de travailler &#224; l'unit&#233; de tous les travailleurs d'Espagne, quelle que soit leur &#171; nationalit&#233; &#187;, rien ne distingue sa politique en Catalogne de celle des diff&#233;rents courants du mouvement nationaliste qui militent pour l'autonomie catalane... si ce n'est dans le vocabulaire utilis&#233;, puisque la LCR pr&#233;f&#232;re mettre en avant, &#224; la place de la revendication de l'autonomie (qui est celle de pratiquement tous les partis catalans, &#224; commencer par la branche locale du parti de Suarez) celle de &#171; l'autod&#233;termination &#187; du peuple catalan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Le droit &#224; l'autod&#233;termination national constitue un principe inviolable de notre programme &#187; &lt;/i&gt; pouvait-on lire par exemple dans le num&#233;ro sp&#233;cial de f&#233;vrier 1977, de l'organe de la LCR, &lt;i&gt; Combate&lt;/i&gt;, qui pr&#233;sentait les positions politiques de cette organisation. Et il est vrai que pour les marxistes, le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes constitue un droit d&#233;mocratique &#233;l&#233;mentaire qu'ils ne peuvent que soutenir. Mais la LCR ne se contente pas de soutenir ce droit, elle revendique de fait l'autonomie, et met m&#234;me en avant le processus constitutionnel qui d'apr&#232;s elle permettra de l'obtenir.&lt;i&gt; &#171; Pour que chacune des nationalit&#233;s &lt;/i&gt;[de l'&#201;tat espagnol]&lt;i&gt; l'exerce librement &lt;/i&gt;[le droit &#224; l'autod&#233;termination nationale]&lt;i&gt; nous proposons l'&#233;lection au suffrage universel, dans chacune d'elles, d'une Assembl&#233;e Nationale Souveraine &#187; &lt;/i&gt; (les majuscules sont de la LCR), pouvait-on lire plus loin dans le m&#234;me article, qui continuait en affirmant : &lt;i&gt; &#171; A partir de ces conditions, et tant que ne se modifiera pas l'actuelle situation, nous proposerons, au moment o&#249; l'autod&#233;termination se r&#233;alisera, que ces nationalit&#233;s optent pour une solution f&#233;d&#233;rale, pour une R&#233;publique f&#233;d&#233;rale, bas&#233;e sur la Libre Union avec les autres peuples, comme la meilleure solution pour les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la classe ouvri&#232;re et du peuple &#187; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la lecture de cette citation, les raisons pour lesquelles la LCR met en avant l'id&#233;e &#171; d'autod&#233;termination &#187; plut&#244;t que celle &#171; d'autonomie &#187; apparaissent clairement. Il s'agit d'une part de se d&#233;marquer d'une autonomie &#171; octroy&#233;e &#187; par le gouvernement de Madrid, n&#233;goci&#233;e avec Suarez et Juan Carlos (alors que les partis ouvriers r&#233;formistes s'accommodent de cette solution). Et d'autre part de mettre en avant un terme qui fasse un peu plus radical que celui &#171; d'autonomie &#187;, sans pour autant revendiquer une ind&#233;pendance qui n'a qu'un nombre infime de supporters, mais en laissant entendre qu'on serait pr&#234;t &#224; le faire &#171; si l'actuelle situation se modifiait &#187;. Il s'agit, autrement dit, de faire un peu de surench&#232;re par rapport aux partis ouvriers r&#233;formistes et au mouvement nationaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; la revendication de l'&#233;lection au suffrage universel, dans chaque nationalit&#233;, d'une &#171; Assembl&#233;e Nationale Souveraine &#187;, elle n'est que le d&#233;calque au niveau r&#233;gional du mot d'ordre &#171; d'assembl&#233;e constituante &#187; mis en avant par la LCR,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;fense de ce mot d'ordre, au niveau de l'ensemble de l'&#201;tat espagnol, et dans les conditions actuelles (o&#249; les masses ne sont pas pr&#234;tes &#224; se mobiliser pour le faire aboutir), loin de constituer une politique r&#233;volutionnaire, se situe int&#233;gralement sur le terrain du d&#233;mocratisme bourgeois. Appliqu&#233; &#224; chaque nationalit&#233;, il est porteur des m&#234;mes illusions parlementaristes, et s'inscrit en outre dans une politique par rapport &#224; la question nationale qui n'a rien &#224; voir avec celle des r&#233;volutionnaires socialistes. Car la politique de la LCR en ce domaine n'est pas fondamentalement diff&#233;rente de celle des diff&#233;rents courants nationalistes, et malgr&#233; la r&#233;f&#233;rence (trotskysme oblige !) aux &#171; int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la classe ouvri&#232;re et du peuple &#187;, elle ne part pas du point de vue des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat et de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si la synth&#232;se entre le suivisme par rapport aux partis ouvriers r&#233;formistes d'une part, et le suivisme par rapport au nationalisme catalan d'autre part, am&#232;ne la LCR &#224; revendiquer aujourd'hui &lt;i&gt; &#171; pour refl&#233;ter le vote ouvrier majoritaire en Catalogne &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; un gouvernement qui doit &#234;tre form&#233; par les partis ouvriers majoritaires &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; un Consell Executiu &lt;/i&gt;(en catalan dans le texte espagnol)&lt;i&gt; form&#233; par le PSOE, le PSC et le PSUC &#187; &lt;/i&gt; (suppl&#233;ment au num&#233;ro 10 de l'organe de la LCR en Catalogne, &lt;i&gt; Dema&lt;/i&gt;), ce qui caract&#233;rise le programme de la LCR, c'est de comprendre &#224; la fois une partie consacr&#233;e &#224; la d&#233;fense d'un certain nombre de revendications ouvri&#232;res et &#224; la lutte pour la r&#233;volution socialiste, et une partie consacr&#233;e &#224; la &#171; libre autod&#233;termination des nationalit&#233;s &#187;, sans que l'on nous explique jamais comment la seconde s'ins&#232;re dans la premi&#232;re, sans que la justesse de cette revendication &#171; d'autod&#233;termination &#187; (puisqu'il ne s'agit pas seulement de l'affirmation d'un principe) y soit r&#233;ellement li&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de classe des travailleurs d'Espagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;fense du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes ne signifie pas en effet que les r&#233;volutionnaires doivent mettre en avant la revendication d'ind&#233;pendance ou d'autonomie de toute nationalit&#233;, d&#232;s qu'il existe un sentiment d'identit&#233; nationale dans une fraction plus ou moins large de la population concern&#233;e, et cela ind&#233;pendamment de la lutte de classe du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les pays colonis&#233;s, o&#249; la r&#233;alit&#233; de l'oppression et de l'exploitation du prol&#233;tariat par la bourgeoisie locale est plus ou moins masqu&#233;e par l'oppression et l'exploitation coloniale, cette revendication d'ind&#233;pendance va de soi. Mais dans les pays capitalistes avanc&#233;s, les choses sont plus complexes. Et si aucun r&#233;volutionnaire ne saurait d&#233;nier au peuple catalan - pour revenir &#224; lui - le &#171; droit &#224; l'autod&#233;termination &#187;, cela ne signifie pas qu'il soit juste pour autant de faire de l'autonomie de la Catalogne l'axe principal d'activit&#233; d'une organisation se r&#233;clamant du marxisme r&#233;volutionnaire, aujourd'hui, en Catalogne. Encore faut-il bien voir en quoi la lutte pour l'autonomie peut &#233;lever le niveau de conscience des travailleurs (catalans et non-catalans), ou au contraire l'abaisser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais visiblement, c'est un probl&#232;me qui n'effleure pas la LCR. Non seulement elle ne se pr&#233;occupe jamais, dans sa presse et sa litt&#233;rature, de justifier sa politique de ce point de vue-l&#224;, mais elle n'&#233;prouve m&#234;me pas le besoin de se d&#233;marquer politiquement du nationalisme, au contraire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant un probl&#232;me fondamental. Et les r&#233;volutionnaires socialistes ne peuvent (lorsque cela est par ailleurs justifi&#233;) lutter pour l'autonomie ou l'ind&#233;pendance de telle ou telle nationalit&#233;, qu'en combattant impitoyablement en m&#234;me temps le nationalisme et les nationalistes. L'existence de revendications nationales l&#233;gitimes ne fait pas du nationalisme et des nationalistes autre chose que ce qu'ils sont : le nationalisme, l'id&#233;e que l'appartenance &#224; telle ou telle communaut&#233; nationale est plus importante que les appartenances de classe, est un poison pour la conscience des travailleurs ; et les nationalistes, ceux qui d&#233;fendent cette id&#233;e, sont - quelles que soient les &#233;tiquettes dont ils se parent par ailleurs, qu'ils se disent ou pas r&#233;volutionnaires ou socialistes - les d&#233;fenseurs d'une id&#233;ologie bourgeoise, et des adversaires politiques de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Catalogne ne fait pas exception &#224; cela, bien au contraire. Et le poison nationaliste y est d'autant plus dangereux qu'il risque de diviser une classe ouvri&#232;re qui est bien loin d'&#234;tre compos&#233;e exclusivement, ou m&#234;me majoritairement, de catalans. Un habitant sur trois, en Catalogne, est un &#171; immigr&#233; &#187;, originaire le plus souvent d'Andalousie ou d'Estramadure. La proportion est encore bien plus consid&#233;rable dans la classe ouvri&#232;re, et comme dans tous les pays o&#249; il existe une main d'oeuvre &#171; immigr&#233;e &#187;, c'est celle-ci qui constitue la fraction la plus exploit&#233;e de la classe ouvri&#232;re. Au niveau de la production, dans la plupart des grandes entreprises, les non-catalans sont majoritaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exaltation du particularisme catalan ne peut qu'opposer les travailleurs non catalans &#224; la population catalane (travailleurs catalans compris) : et il n'y manque pas. Mais on chercherait vainement dans la presse de la LCR l'&#233;cho d'une pr&#233;occupation n&#233;e de cette situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La LCR proclame certes qu'il est n&#233;cessaire pour la classe ouvri&#232;re de maintenir son &#171; ind&#233;pendance de classe &#187;. Mais cela ne l'emp&#234;che pas de camoufler sans arr&#234;t la fronti&#232;re entre politique bourgeoise et politique prol&#233;tarienne, en inventant la cat&#233;gorie des &#171; nationalistes r&#233;volutionnaires &#187; avec lesquels les r&#233;volutionnaires socialistes devraient travailler la main dans la main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que le Front pour l'Unit&#233; des Travailleurs, anim&#233; par la LCR lors des &#233;lections de juin 1977, affirmait dans son programme &#171; vouloir populariser une alternative &#224; la politique du grand capital et chercher l'accord du plus grand nombre des forces ouvri&#232;res et nationalistes r&#233;volutionnaires &#187;. Et le num&#233;ro sp&#233;cial de f&#233;vrier 1977 de &lt;i&gt; Combate&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; cit&#233; d&#233;clarait encore plus explicitement : &lt;i&gt; &#171; Pour lutter contre l'oppression nationale, pour resserrer l'alliance entre la classe ouvri&#232;re et le mouvement national (...) nous proposons aujourd'hui la formation d'organismes unitaires dans les nationalit&#233;s &#187; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est clair que pour la LCR, les nationalistes, pour peu qu'ils veuillent bien se donner un petit air radical, ne constituent pas des adversaires, mais des alli&#233;s potentiels. Et la LCR ne recule m&#234;me pas devant le fait de rev&#234;tir elle-m&#234;me les attributs de ce nationalisme. C'est ainsi que &lt;i&gt; Dema&lt;/i&gt;, organe de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire en catalan, qui se r&#233;clame explicitement de la Quatri&#232;me Internationale, arbore une faucille et un marteau sur fond de drapeau catalan. C'est ainsi que dans les meetings de la LCR en Catalogne, la tribune est g&#233;n&#233;ralement d&#233;cor&#233;e aux couleurs catalanes, et qu'on y chante Els Segadors, l'hymne national catalan, exaltant la &#171; Catalogne triomphante &#187;. Que voil&#224; de bien curieux internationalistes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Combate&lt;/i&gt; avait bonne mine, apr&#232;s cela, de reprocher &#224; Santiago Carillo de S'&#234;tre ralli&#233; au drapeau monarchiste, en proclamant qu'il fallait &#171; lever le drapeau prol&#233;tarien &#187; (&lt;i&gt; Combate&lt;/i&gt; du 22 avril 1977). Car le drapeau catalan (qui, ironie du sort, est aux m&#234;mes couleurs, sang et or, &#224; la disposition pr&#232;s, que le drapeau de la monarchie), m&#234;me s'il a &#233;t&#233; interdit pendant des ann&#233;es sous la dictature franquiste, n'est en rien un &#171; drapeau prol&#233;tarien &#187;, mais bel et bien un drapeau bourgeois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais certaines envol&#233;es lyriques de la LCR, sur ce terrain-l&#224;, ne sont pas loin de ressembler aux discours des dirigeants du Parti Communiste Fran&#231;ais se vantant d'avoir &#171; arrach&#233; &#187; le drapeau tricolore et la Marseillaise &#224; la bourgeoisie. C'est ainsi que dans son Programme de combat, la LCR &#233;crivait en d&#233;cembre 1975 que &lt;i&gt; &#171; l'Euzkadi &lt;/i&gt;[le Pays Basque]&lt;i&gt; est &lt;/i&gt;[la r&#233;gion]&lt;i&gt; o&#249; l'on peut le plus clairement dire que le prol&#233;tariat a d&#233;j&#224; arrach&#233; &#224; la bourgeoisie nationaliste le drapeau de la libert&#233; nationale, en introduisant la lutte pour l'&#233;mancipation nationale dans le torrent de la lutte pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne &#187; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette derni&#232;re image appara&#238;t d'ailleurs tout le raisonnement qui sous-tend les prises de position de la LCR sur la question nationale, m&#234;me s'il n'est que rarement d&#233;velopp&#233; de mani&#232;re explicite dans les textes de cette organisation : la LCR consid&#232;re que puisque la bourgeoisie, m&#234;me nationaliste, ne peut pas aller jusqu'au bout dans la lutte pour les libert&#233;s nationales, la mobilisation des masses sur le terrain des revendications nationales ne peut que les amener, &#224; un moment ou &#224; un autre, &#224; s'opposer &#224; la bourgeoisie. il y aurait une &#171; dynamique r&#233;volutionnaire &#187; assurant la transcroissance quasi automatique des luttes pour les libert&#233;s nationales en luttes pour la r&#233;volution socialiste... et il suffirait donc d'appara&#238;tre comme les nationalistes les plus cons&#233;quents pour se retrouver un jour &#224; la t&#234;te de la lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce type de raisonnement n'est d'ailleurs pas nouveau de la part du Secr&#233;tariat Unifi&#233;. C'est celui qui a servi &#224; justifier le suivisme de cette organisation par rapport aux diff&#233;rentes organisations nationalistes petites-bourgeoises, ayant dirig&#233; des luttes anti-colonialistes, auxquelles il a embo&#238;t&#233; le pas depuis vingt-cinq ans, du FLN alg&#233;rien au FNL vietnamien. La seule diff&#233;rence est que dans ces cas-l&#224;, il n'&#233;tait pas pr&#233;sent sur les lieux o&#249; se menait le combat, et soutenait des directions petites-bourgeoises de l'ext&#233;rieur, alors qu'aujourd'hui, en Espagne, c'est &#224; une organisation locale qu'il fait (ou qu'il laisse, mais cela revient au m&#234;me) mener une politique de capitulation devant le nationalisme petit-bourgeois (avec des cons&#233;quences qui ne sont certes qu'&#224; l'&#233;chelle de son influence limit&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais on aurait tort, cependant, d'&#233;piloguer trop longuement sur les raisonnements politiques qui sous-tendent la politique de la LCR par rapport &#224; la question nationale en Catalogne, ou ailleurs en Espagne. Car il ne s'agit que des justifications a posteriori d'une politique qui d&#233;coule seulement de la sensibilit&#233; de la section espagnole du Secr&#233;tariat Unifi&#233; (sensibilit&#233; qui est celle d'ailleurs du SU dans son entier et de la plus grande partie du mouvement trotskyste) aux courants qui agitent la petite bourgeoisie intellectuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que cette capitulation politique devant le nationalisme, &#224; un moment o&#249; il serait plus n&#233;cessaire que jamais de d&#233;fendre en Espagne une politique de classe, am&#232;ne la section espagnole du Secr&#233;tariat Unifi&#233;, loin de mettre les travailleurs en garde contre les pi&#232;ges que leur tend Suarez, &#224; les y pousser dans la mesure de son influence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>De la transcroissance des batailles &#233;lectorales en luttes sociales</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/article/de-la-transcroissance-des</link>
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		<dc:date>1977-10-31T23:02:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre de pr&#233;somptions permettent d'avancer l'hypoth&#232;se d'une victoire de la gauche lors des &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1978. Mais il ne s'agit l&#224; que d'une hypoth&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cette hypoth&#232;se que privil&#233;gie une partie de l'extr&#234;me-gauche, parce que c'est pour elle le moyen de justifier sa politique d'alignement derri&#232;re le PC et le PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le cas de l'OCI qui depuis des ann&#233;es affirme qu'il n'y a pas d'autre issue pour la satisfaction des revendications des travailleurs que la victoire du PS et du PC. Ainsi peut-on lire dans le num&#233;ro 825 d'&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res &lt;/i&gt;(9 novembre) : &lt;i&gt; &#171; ... Une majorit&#233; PS-PCF aux &#233;lections constituerait le plus formidable point d'appui pour les travailleurs.&lt;/i&gt; &lt;i&gt; Pour balayer Giscard !&lt;/i&gt; &lt;i&gt; Pour arracher les revendications&lt;/i&gt; &lt;i&gt; Pour que les travailleurs commencent &#224; prendre eux-m&#234;mes les mesures que la situation impose. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La logique d'une telle attitude conduit cette organisation &#224; adopter les positions les plus virulentes contre tous ceux qui, selon elle, contribuent &#224; pr&#233;parer la d&#233;faite &#233;lectorale de la gauche. Dans le m&#234;me num&#233;ro d'&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, on pouvait lire les propos rapport&#233;s avec complaisance, attribu&#233;s &#224; un travailleur : &lt;i&gt; &#171; Pour balayer Giscard, c'est facile. Il suffit que Marchais ferme sa gueule &#187;. &lt;/i&gt;Ce n'est qu'un exemple parmi des dizaines d'autres. Car le reste est &#224; l'avenant. D'ores et d&#233;j&#224;, l'OCI est partie en chasse contre les diviseurs de tout poil : Marchais, les &#233;cologistes... et demain l'extr&#234;me-gauche sans doute. Seul Mitterrand n'a pas son lot d'anath&#232;mes dans cette distribution. Et pour cause, puisque lui est unitaire, d'autant plus unitaire que cette unit&#233; se r&#233;alise autour de son nom.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'attitude de la LCR est certes beaucoup plus nuanc&#233;e - ce n'est gu&#232;re difficile. Mais la politique qu'elle d&#233;veloppe pr&#233;suppose, elle aussi, la victoire &#233;lectorale de l'Union de la gauche. Elle ne dit pas ouvertement qu'il faut subordonner toute discussion, toute critique au pr&#233;alable de l'unit&#233;, qui est une condition indispensable de la victoire &#233;lectorale de la gauche, elle-m&#234;me condition indispensable au d&#233;veloppement de la combativit&#233; ouvri&#232;re, mais sa politique est sous-tendue par un tel raisonnement. Que signifient les appels &#224; l'unit&#233; dans &lt;i&gt; Rouge ? &lt;/i&gt;Sinon l'affirmation implicite que la victoire &#233;lectorale de la gauche est n&#233;cessaire pour am&#233;liorer, sinon les conditions de vie des travailleurs, du moins leurs conditions de lutte. Et donc qu'il faut s'appuyer sur les illusions &#233;lectoralistes des travailleurs, du moins ne pas trop les combattre ouvertement, car ces illusions serviront de tremplin au d&#233;veloppement des luttes sociales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le raisonnement n'est pas nouveau. Il s'appuie sur un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues qui ont la vie longue. Une vie d'autant plus longue qu'elles servent depuis des d&#233;cennies &#224; justifier l'alignement opportuniste d'une partie de l'extr&#234;me-gauche sur la politique des organisations r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'OCI et la LCR puisent leurs arguments essentiellement dans l'exemple de 1936.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Puisque, disent-ils en substance, la victoire &#233;lectorale fut &#224; l'origine du formidable mouvement de gr&#232;ve que l'on conna&#238;t, les m&#234;mes causes produisant les m&#234;mes effets, une victoire du Programme Commun en 1978&lt;i&gt; &lt;/i&gt;permettrait &#224; son tour le d&#233;clenchement de mouvements sociaux, ou en tout cas en faciliterait l'apparition. Un tel raisonnement est contestable &#224; plusieurs titres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut constater tout d'abord qu'il part de pr&#233;misses qui sont discutables. Car si la victoire &#233;lectorale du Front Populaire en 1936&lt;i&gt; &lt;/i&gt;eut sans doute un effet acc&#233;l&#233;rateur dans le d&#233;veloppement des luttes gr&#233;vistes, ce n'est pas cette victoire qui a provoqu&#233; la radicalisation ouvri&#232;re. Il est dangereux de confondre l'objet et son reflet. Cette radicalisation &#233;tait bien ant&#233;rieure aux r&#233;sultats des scrutins du 26&lt;i&gt; &lt;/i&gt;avril et du 3&lt;i&gt; &lt;/i&gt;mai 1936.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Elle s'&#233;tait d&#233;j&#224; exprim&#233;e &#224; l'occasion des gr&#232;ves et des manifestations politiques de f&#233;vrier 1934&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;puis tout au cours des mois qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la victoire &#233;lectorale du Front Populaire, par des signes qui permettaient &#224; Trotsky de d&#233;clarer, d&#232;s 1935&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;qu'il existait en France, sinon une situation r&#233;volutionnaire, du moins une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire. Tout autant que la cause, le r&#233;sultat des &#233;lections de 1936&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#233;tait le reflet d'une radicalisation qui &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;celable par d'autres signes que le bulletin de vote. Que ce dernier ait corrobor&#233; ces indications, c'est une chose encore que le plus significatif dans l'interpr&#233;tation du r&#233;sultat du vote de mai 36&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;ce furent les glissements des voix qui se d&#233;portaient au sein de la gauche du parti radical au PS et du PS au PC, plus encore que la victoire globale des partis du Front Populaire. Mais ce serait faire preuve d'une bonne dose d'&#233;lectoralisme que de consid&#233;rer les r&#233;sultats &#233;lectoraux comme le moteur des luttes sociales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; 1936&lt;i&gt; &lt;/i&gt;appelle d'autres remarques. Car il ne faudrait tout de m&#234;me pas oublier que si la classe ouvri&#232;re fut sans doute stimul&#233;e par les r&#233;sultats du scrutin, sa volont&#233; de lutte fut jugul&#233;e, trahie par ceux-l&#224; m&#234;mes &#224; qui elle avait accord&#233; ses suffrages. Il ne faudrait pas escamoter cette autre cons&#233;quence des &#233;lections, aussi importante dans l'appr&#233;ciation de la situation de cette p&#233;riode. Il ne faudrait pas avoir une vision unilat&#233;rale des faits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exemple de 1936&lt;i&gt; &lt;/i&gt;n'est pas le seul cas de figure auquel on puisse faire r&#233;f&#233;rence. Pour ce qui concerne la France, la gauche obtint &#224; plusieurs reprises la majorit&#233; parlementaire. Cela ne s'est pas traduit pour autant par une recrudescence des luttes sociales. Par exemple de 1945 &#224; 1947, p&#233;riode o&#249; les partis de gauche &#233;taient majoritaires ou gouvernement, on aurait bien du mal &#224; discerner les traces d'un d&#233;bordement par la classe ouvri&#232;re des organisations qui se r&#233;clamaient d'elles et qui recueillaient ses suffrages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les analogies historiques, si elles ne remplacent pas les raisonnements, permettent toutefois de les illustrer. Encore faut-il comparer ce qui est comparable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car aujourd'hui, on ne discerne aucun des signes qui permettaient en 1936 de caract&#233;riser la situation comme &#233;tant pr&#233;-r&#233;volutionnaire. A moins bien entendu de tordre la r&#233;alit&#233; et de pr&#233;tendre que depuis des ann&#233;es la classe ouvri&#232;re chemine vers la prise du pouvoir, et que chaque gr&#232;ve est un pas de plus vers cet objectif. C'est ce que fait sans complexe l'OCI. Mais &#224; partir du moment o&#249; on a pu voir, comme le fit cette organisation, dans l'&#233;chec du r&#233;f&#233;rendum gaulliste de 1969 une victoire de la classe ouvri&#232;re, on peut tout dire, y compris que la victoire de Mitterrand ouvre la voie au pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule donn&#233;e sur laquelle on puisse aujourd'hui &#233;tablir un raisonnement n'est pas l'&#233;mergence des luttes sociales, mais plut&#244;t l'attentisme provoqu&#233; par les illusions &#233;lectoralistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que ces illusions vont, en cas de victoire de la gauche, pousser le PC et le PS &#224; aller plus loin ? Il faudrait tout d'abord appr&#233;cier la nature et l'ampleur de ces illusions. Les travailleurs croient-ils vraiment que les partis &#224; qui ils accordent majoritairement leurs suffrages vont au lendemain des &#233;lections s'engager r&#233;solument dans des mesures radicales qui permettraient de changer leur sort, croient-ils vraiment que le PC et le PS veulent r&#233;ellement changer la vie, ou plus simplement ont-ils pris la mesure des intentions de l'Union de la gauche et votent-ils comme on joue au tierc&#233; ou au loto ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Admettons l'hypoth&#232;se qu'en cas de victoire de la gauche, les travailleurs se mobilisent et veuillent pousser le PS et le PC &#224; aller plus loin qu'ils ne le voudraient. Tout ce que l'on sait de l'histoire des trente derni&#232;res ann&#233;es, c'est que c'est le contraire qui s'est produit. Mais il faut alors pr&#233;voir que le PS et le PC refuseront de se laisser entra&#238;ner, ne serait-ce que d'un pas infime, hors de la voie qu'ils ont choisie : celle de la gestion responsable de l'&#201;tat de la bourgeoisie. Car le PS est totalement imperm&#233;able &#224; la pression des travailleurs, quant au PC il y est de moins en moins sensible. Les gestes qu'il a faits ces derniers temps pour faire la d&#233;monstration de son souci de responsabilit&#233; en sont autant de preuves. Et si, cette fois encore, il entendait &#171; ne pas se laisser d&#233;border sur sa gauche &#187;, ce ne serait pas pour reprendre en charge les revendications ouvri&#232;res, mais pour prendre le contr&#244;le de la lutte des travailleurs, ce qui l'am&#232;nerait tout au plus &#224; d&#233;missionner d'un &#233;ventuel gouvernement de gauche, mais en aucun cas &#224; prendre en charge les revendications des travailleurs. Imaginer qu'il puisse en &#234;tre diff&#233;remment, ce serait faire preuve d'une bonne dose de na&#239;vet&#233;. Laisser croire que la pression des travailleurs peut imposer aux partis de l'Union de la gauche une politique &#171; plus ouvri&#232;re &#187;, ce n'est plus de la na&#239;vet&#233;, c'est participer &#224; la mystification &#233;lectoraliste. Ce n'est pas permettre aux travailleurs de faire l'exp&#233;rience de la politique des dirigeants en qui ils ont confiance, c'est contribuer &#224; les livrer un peu plus d&#233;sarm&#233;s face &#224; ceux qui s'appr&#234;tent &#224; les trahir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut admettre, comme une hypoth&#232;se, car ce n'est pas exclu, que la victoire &#233;lectorale soit &#224; l'origine d'une vague de gr&#232;ves. Mais une chose est d'envisager cette possibilit&#233;, et par cons&#233;quent de s'y pr&#233;parer politiquement et organisationnellement, autre chose est de baser toute sa politique sur cette hypoth&#232;se et sur elle seule, comme le fait l'OCI... mais aussi la LCR. De leur part, une telle attitude n'est en fin de compte pas surprenante. Car si on y regarde de plus pr&#232;s, on y retrouve une constante de la politique des sections officielles de la IVe Internationale telles qu'elles existent depuis la Seconde Guerre mondiale (m&#234;me si l'OCI n'en fait plus partie, elle en a conserv&#233; les formes de pens&#233;e et de raisonnement). Cette politique consiste non pas &#224; d&#233;terminer la t&#226;che des r&#233;volutionnaires en fonction d'une analyse et d'un programme clair, qui s'adresse aux travailleurs afin d'&#233;lever leur niveau de conscience, en leur montrant leurs adversaires, leurs faux-amis, et en d&#233;finissant les objectifs qu'il leur faudrait atteindre pour ne pas &#234;tre dup&#233;s. Elle consiste au contraire &#224; s'appuyer sur les illusions, les pr&#233;jug&#233;s politiques des travailleurs, en misant sur des pr&#233;tendus automatismes. De la pr&#233;tendue transcroissance des luttes nationales en lutte prol&#233;tarienne &#224; la transcroissance de la lutte &#233;lectorale en lutte gr&#233;viste, il y a une continuit&#233; dans la logique du raisonnement. Logique que nous retrouvons dans l'attitude actuelle de l'OCI et de la LCR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette attitude revient, pour ces organisations, &#224; d&#233;missionner de leurs responsabilit&#233;s politiques pour s'en remettre &#224; la dynamique des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais on peut s'interroger sur cette dynamique des &#233;v&#233;nements telle qu'ils la pr&#233;voient. Car on peut tout aussi bien envisager d'autres variantes &#224; l'av&#232;nement d'une majorit&#233; de gauche en mars 1978. On peut envisager tout d'abord que la classe ouvri&#232;re, victime de ses propres illusions, accepte la politique anti-ouvri&#232;re des partis de gauche. Tout simplement parce qu'elle n'aurait pas envie de se battre. Il ne serait pas exclu alors qu'elle accepte les sacrifices qu'on lui demande, et prenne pour argent comptant les arguments concernant la crise. Il n'est pas exclu que la classe ouvri&#232;re accepte d'&#234;tre dupe ou qu'elle accepte d'&#233;couter ceux qui lui demanderont d'&#234;tre raisonnable - c'est ce que fait pour le moment la classe ouvri&#232;re espagnole par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est pas exclu que, faute de perspective, la classe ouvri&#232;re refuse d'aller au-del&#224; d'un simple geste &#233;lectoral, par crainte d'un putsch d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se peut encore - et c'est une autre variante - que la classe ouvri&#232;re ne soit pas dupe des partis de gauche et qu'elle ne soit pas pr&#234;te pour autant &#224; engager la lutte. Son vote &#224; gauche n'aurait alors &#233;t&#233; qu'un geste de protestation contre la droite. Car on peut concevoir que les travailleurs soient sans illusions, et qu'ils ne soient pas d&#233;cid&#233;s pour autant &#224; se battre. Dans ce dernier cas, on peut m&#234;me voir les r&#233;volutionnaires recueillir un nombre de voix non n&#233;gligeable sans que cela signifie pour autant que les travailleurs soient pr&#234;ts &#224; s'engager dans la lutte. Car ce r&#233;sultat n'aurait alors que la valeur d'une protestation, mais pas d'un engagement &#224; la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut pas non plus exclure l'hypoth&#232;se d'une victoire &#233;lectorale de la droite. Cela signifierait-il que les chances d'une radicalisation auraient disparu ? Nullement, si la classe ouvri&#232;re ne sort pas d&#233;moralis&#233;e d'un tel &#233;chec &#233;lectoral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant &#224; une telle d&#233;moralisation que se pr&#233;parent tous ceux qui fondent leur strat&#233;gie politique sur la seule perspective d'une victoire &#233;lectorale de la gauche en m&#234;me temps qu'ils pr&#233;parent leur propre d&#233;moralisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, nous sommes pour une victoire &#233;lectorale de la gauche, mais pas parce que nous consid&#233;rons que c'est un pr&#233;alable indispensable &#224; l'&#233;mergence des luttes ouvri&#232;res, que c'est une &#233;tape obligatoire pour une mont&#233;e ouvri&#232;re. Nous ne consid&#233;rons pas qu'une victoire &#233;lectorale du PC et du PS constitue en soi une victoire de la classe ouvri&#232;re, pas plus qu'&#224; contrario, une d&#233;faite &#233;lectorale de ces m&#234;mes partis constituerait une d&#233;faite pour elle. Nous sommes pour une telle victoire pour deux raisons. D'abord parce qu'elle pourrait signifier un glissement &#224; gauche de l'&#233;lectorat, donc une indication sur l'&#233;tat d'esprit de la classe ouvri&#232;re. Deuxi&#232;mement parce qu'elle permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de faire l'exp&#233;rience de la gauche au pouvoir, exp&#233;rience qui l'aiderait &#224; faire tomber ses illusions. C'est dans cette mesure, et dans cette mesure seulement, que l'arriv&#233;e du PC et du PS au gouvernement peut constituer un facteur positif pour les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous ne fondons pas notre strat&#233;gie ni notre tactique sur la pr&#233;vision de l'une des variantes parmi celles que nous avons examin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle que soit la variante qui se pr&#233;sente au lendemain de mars 1978, notre politique consiste d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#224; pr&#233;parer les travailleurs &#224; l'affronter. Il n'est pas en notre pouvoir de faire tomber les illusions de la classe ouvri&#232;re vis-&#224;-vis de l'Union de la gauche. Mais notre r&#244;le n'est pas de les entretenir et de contribuer aussi &#224; la d&#233;moralisation qui r&#233;sulterait soit d'une d&#233;faite &#233;lectorale de la gauche, soit de la d&#233;ception des travailleurs face &#224; la trahison du PC et du PS. La t&#226;che des r&#233;volutionnaires consiste &#224; mettre en garde d&#232;s &#224; pr&#233;sent les travailleurs. A leur dire que si la droite reste au gouvernement, ils devront se battre, mais que si la gauche la remplace, ce seront les partis ouvriers qui alors fourniront des ministres bourgeois et que, face &#224; eux, il faudra qu'ils se battent tout autant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais nostalgique de la politique de la canonni&#232;re</title>
	
	
	
	

		<link>http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/article/l-imperialisme-francais</link>
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				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que la &#171; politique de la canonni&#232;re &#187; soit devenue celle de l'escadrille a&#233;rienne, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais est le seul qui ose encore aujourd'hui intervenir militairement en Afrique. Les derniers &#233;v&#233;nements de Mauritanie viennent encore de le confirmer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s une campagne destin&#233;e &#224; &#233;mouvoir l'opinion publique sur le sort des otages fran&#231;ais prisonniers du Front Polisario, le gouvernement fran&#231;ais agite la menace d'une intervention militaire. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais est en effet concern&#233; par la Mauritanie : le trust de la sid&#233;rurgie, Usinor, y exploite les richesses mini&#232;res de Zou&#233;rate et est tout pr&#234;t &#224; soutenir le gouvernement mauritanien, qui le lui rend bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les autorit&#233;s fran&#231;aises ont &#233;voqu&#233; l'&#233;ventualit&#233; d'une op&#233;ration de commando de style Mogadiscio ou Entebbe pour lib&#233;rer les otages, ce fut pour dire qu'elles n'y auraient pas recours en &#233;voquant les difficult&#233;s que cela provoquerait avec l'Alg&#233;rie dont il faudrait violer le territoire. Mais les raisons donn&#233;es publiquement au renoncement &#224; une telle action ne servirent qu'&#224; justifier que d'autres mesures soient prises, c'est-&#224;-dire &#224; justifier une intervention militaire permanente de soutien &#224; l'&#201;tat mauritanien. Et la campagne faite autour du sort des otages a certainement ce but.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise vient de fournir &#224; Ould Daddah, chef de l'&#201;tat mauritanien, des instructeurs et une couverture a&#233;rienne, elle a mis en &#233;tat d'alerte la 11e division d'intervention, transport&#233; des renforts sur la base du Cap Vert pr&#232;s de Dakar au S&#233;n&#233;gal et envoy&#233; quelques &#171; sp&#233;cialistes &#187; aupr&#232;s de l'arm&#233;e mauritanienne. D'apr&#232;s la presse, la base d'Atar en Mauritanie serait en cours de remise en &#233;tat pour y accueillir les &#233;l&#233;ments de l'arm&#233;e fran&#231;aise. Mais ce n'est pas directement en Mauritanie pour le moment que les avions Transall ont transport&#233; les quelques centaines de parachutistes qui sont partis de Toulouse. Et si plusieurs casernes en France ont &#233;t&#233; consign&#233;es, le d&#233;part pour la Mauritanie ne s'est pas encore effectu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mati&#232;re d'exp&#233;dition militaire, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'en est pas &#224; son coup d'essai. Depuis la d&#233;colonisation du d&#233;but des ann&#233;es soixante, la France s'est distingu&#233;e &#224; de nombreuses reprises par ses interventions militaires en Afrique. Que ce soit pour sauvegarder des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques directs de trusts fran&#231;ais, ou que ce soit pour d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts politiques ou strat&#233;giques plus ou moins lointains. Du Gabon en 1964 en passant par le Tchad, Djibouti ou le Za&#239;re (l'avant-derni&#232;re aventure en date), &#224; la Mauritanie et au Sahara occidental aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour maintenir son ordre, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne se contente pas d'utiliser les divisions entre les ethnies qui coexistent dans des &#201;tats artificiellement d&#233;coup&#233;s au gr&#233; du partage des int&#233;r&#234;ts entre les grandes puissances. Il s'est aussi r&#233;serv&#233;, par l'interm&#233;diaire d'accords d'assistance militaire, la possibilit&#233; de venir faire directement le gendarme, c'est-&#224;-dire d'assurer par la force la stabilit&#233; des r&#233;gimes africains, et par cons&#233;quent des profits de grosses soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Za&#239;re en avril dernier, Mobutu n'a d&#251; la survie de son pouvoir que gr&#226;ce &#224; l'intervention de la France qui, par troupes marocaines interpos&#233;es transport&#233;es par les Transall de l'aviation fran&#231;aise, a consolid&#233; de justesse son r&#233;gime menac&#233; par un soul&#232;vement &#224; l'initiative des ex-gendarmes katangais. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'avait pas d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques directs &#224; d&#233;fendre - car les richesses mini&#232;res du Shaba sont surtout aux mains de soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines ou belges - mais c'&#233;tait pour les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de l'imp&#233;rialisme dans cette r&#233;gion que la France est all&#233;e au-devant des d&#233;sirs des USA en intervenant. Ces derniers ne tenaient pas, apr&#232;s s'&#234;tre fourvoy&#233;s en Angola, &#224; se compromettre &#224; nouveau au Za&#239;re. L'axe Paris-Rabat a parfaitement fait l'affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Djibouti, &#171; Territoire des Afars et des Issas &#187; jusqu'au r&#233;f&#233;rendum de mai 1977 sur l'ind&#233;pendance, ce sont des milliers de parachutistes et de l&#233;gionnaires qui ont stationn&#233; en permanence dans cette colonie, entour&#233;e de barbel&#233;s et transform&#233;e en gigantesque camp de concentration pour une population de 350 000 habitants. Et aujourd'hui encore, cette &#171; ind&#233;pendance &#187; choisie par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour emp&#234;cher Djibouti de rejoindre la Somalie, s'accompagne du maintien de troupes fran&#231;aises sur place comme garant du nouveau statut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Tchad, de 1968 &#224; 1972, c'est &#233;galement un corps exp&#233;ditionnaire de plusieurs milliers de soldats de la L&#233;gion &#201;trang&#232;re et de troupes de marine - parmi lesquels il y eut une centaine de morts - qui se livra &#224; une guerre contre les populations tchadiennes r&#233;volt&#233;es depuis 1965. Le dictateur Tombalbaye ne venant pas &#224; bout des r&#233;voltes que son r&#233;gime avait soulev&#233;es, c'est l'arm&#233;e fran&#231;aise qui s'en chargea par des d&#233;placements de population, des raids a&#233;riens et toute sorte d'exactions dont s'accompagnent g&#233;n&#233;ralement les exp&#233;ditions coloniales. Et si aujourd'hui la France ne fournit plus au successeur de Tombalbaye, le g&#233;n&#233;ral Malloum, une infanterie pour mater la r&#233;bellion qui subsiste au Tibesti dans le nord du pays, elle n'en continue pas moins &#224; lui fournir une couverture a&#233;rienne et les &#171; instructeurs &#187; n&#233;cessaires &#224; l'encadrement de l'arm&#233;e autochtone.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1967 &#224; 1970, tant que dura la guerre du Biafra contre le Nigeria, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais soutint la s&#233;cession biafraise parce qu'il lorgnait les richesses p&#233;troli&#232;res du Nigeria - pratiquement aux mains de la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre intervention encore, le 19 f&#233;vrier 1964, &#224; Libreville ; apr&#232;s quelques heures de combat livr&#233; par les parachutistes fran&#231;ais, le pr&#233;sident M'ba, tout d&#233;vou&#233; &#224; la France, &#233;tait r&#233;tabli &#224; la t&#234;te du Gabon apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par un soul&#232;vement militaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En intervenant contre les sahraouis, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais reste donc aujourd'hui bien dans la ligne de la politique qu'il n'a cess&#233; de mener en Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se distingue par son agressivit&#233;, &#224; d&#233;faut de se distinguer par sa taille. D&#233;fendant des int&#233;r&#234;ts pr&#233;caires, il tente de conserver les vestiges de son empire d&#233;chu par un recours &#224; l'intervention militaire. Sa marge de manceuvre est &#233;troite, tant face &#224; la r&#233;sistance &#224; la spoliation et &#224; l'exploitation des peuples encore sous sa domination, que face &#224; la concurrence de &#171; I'Oncle Sam &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais son combat est r&#233;actionnaire et il est de toute fa&#231;on condamn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas les politiciens qui gouvernent l'&#233;tat fran&#231;ais de massacrer des populations pour essayer de retarder la roue de l'histoire. si la gauche remplace la droite au gouvernement, elle m&#232;nera la m&#234;me politique avec les m&#234;mes m&#233;thodes. et les d&#233;clarations des trois partis de l'union de la gauche condamnant l'intervention fran&#231;aise en mauritanie ne doivent pas nous leurrer. pas plus en politique ext&#233;rieure qu'en politique int&#233;rieure, la gauche n'a jamais tenu ses promesses en venant au gouvernement. il suffit de se rappeler qu'en 1956, c'est le socialiste guy mollet, &#233;lu sur la base d'un programme de paix en alg&#233;rie et s'appuyant sur une majorit&#233; parlementaire de gauche, les communistes ayant fourni l'appui au front r&#233;publicain et lui ayant vot&#233; les &#171; pouvoirs sp&#233;ciaux &#187;, qui envoya le contingent et intensifia la guerre d'alg&#233;rie, et qui d&#233;cida l'intervention fran&#231;aise &#224; suez. il suffit de voir quelle fut la politique coloniale du &#171; gouvernement tripartite &#187; dans lequel charles tillon, ministre de l'air PCF, prit la responsabilit&#233; des bombardements du constantinois en alg&#233;rie en 1946, lors du soul&#232;vement des populations contre la puissance coloniale ; et ce fut le gouvernement sous lequel d&#233;buta la guerre d'indochine. et il suffit de constater qu'&#224; part la mise sur pied d'une &#171; commission blum-violette &#187;, qui ne d&#233;boucha sur pratiquement rien, la politique coloniale de la france resta la m&#234;me sous le front populaire de 1936 que sous les pires gouvernements qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gouvernements passent, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais reste ce qu'il est. Les travailleurs de ce pays ne manquent pas de moyens de contrecarrer les exp&#233;ditions militaires de leur imp&#233;rialisme, s'ils veulent bien ne pas sombrer dans l'illusion qu'ils changeront quelque chose avec leur seul bulletin de vote.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>L'extr&#234;me-gauche britannique face au d&#233;veloppement de l'extr&#234;me-droite</title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec l'approfondissement de la crise en Grande-Bretagne, le d&#233;veloppement d'une organisation de type fasciste, le Front National, a amen&#233; toute une partie de l'extr&#234;me-gauche britannique et en particulier la plus importante de ses organisations, le Socialist Workers Party (ex-International Socialists) &#224; se lancer dans une politique tendant syst&#233;matiquement &#224; s'opposer &#224; toute apparition publique du Front National. Les affrontements qui se sont produits ces derniers mois entre l'extr&#234;me-gauche et une partie des jeunes noirs ou asiatiques d'une part et la police prot&#233;geant le Front National d'autre part, ont constitu&#233; un fait important de la vie politique britannique. Partis et syndicats, le gouvernement travailliste lui-m&#234;me ont d&#251; prendre position par rapport au Front National. Et le dernier &#233;pisode en date de cette confrontation entre l'extr&#234;me-gauche et l'extr&#234;me-droite a abouti le 8 octobre dernier, dans un quartier, de Manchester o&#249; toute manifestation a &#233;t&#233; interdite pour cinq semaines, &#224; un d&#233;fil&#233; impressionnant de 3000 policiers prot&#233;geant Martin Webster, l'un des dirigeant du Front National qui avait d&#233;cid&#233; de d&#233;filer seul avec le drapeau britannique et une pancarte proclamant &#171; d&#233;fendons la libert&#233; d'expression contre la terreur rouge &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, le d&#233;veloppement du Front National pose des probl&#232;mes importants au mouvement ouvrier britannique.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Une extr&#234;me-droite fascisante&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le Front National, cr&#233;&#233; en 1967 &#224; partir du regroupement de diverses organisations d'extr&#234;me-droite, est en effet maintenant un parti non n&#233;gligeable sur le plan &#233;lectoral. En octobre 1974, il obtenait une moyenne de 3,1 % des voix dans les 90 circonscriptions o&#249; il pr&#233;sentait des candidats mais, depuis, ses scores &#233;lectoraux semblent progresser et, lors des &#233;lections municipales de 1976, alors m&#234;me qu'il venait de perdre le tiers de ses membres (il affirmait en avoir 20 000 environ mais gu&#232;re plus d'un millier apparaissaient dans ses manifestations), qui scissionnaient pour former le National Party, il r&#233;alisait dans certains endroits des scores importants : &#224; Leicester, il obtenait 18 % des voix et &#224; quelques voix pr&#232;s il emportait le si&#232;ge de conseiller municipal de l'un des quartiers de la ville. A Blackburn, deux candidats du National Party furent &#233;lus. A Depford, dans un quartier de Londres, les votes additionn&#233;s du National Party et du National Front atteignaient 44,5 % des suffrages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est sur des th&#232;mes racistes que le Front National a gagn&#233; son influence. Face &#224; la crise qui s&#233;vit en Grande-Bretagne, au ch&#244;mage qui s'accro&#238;t (1 600 000 ch&#244;meurs officiellement recens&#233;s), le Front National offre une solution simple : mettre les travailleurs immigr&#233;s &#224; la porte. Le gouvernement travailliste au pouvoir depuis 1974 a &#233;t&#233; bien incapable d'offrir des solutions aux travailleurs. Tout au contraire, il a men&#233;, et m&#232;ne une politique d'aust&#233;rit&#233; qui consiste &#224; s'attaquer au niveau de vie des travailleurs en limitant les augmentations de salaires &#224; des sommes d&#233;risoires compar&#233;es &#224; l'augmentation des prix, &#224; r&#233;duire les d&#233;penses de l'&#201;tat pour les services publics, &#224; op&#233;rer des coupes sombres dans le budget des h&#244;pitaux, des transports, de l'enseignement, de la construction de logements bon march&#233;. C'est cette politique elle-m&#234;me qui a permis &#224; la propagande du Front National de renforcer son emprise. Aucune perspective n'est offerte &#224; la population laborieuse pour se prot&#233;ger contre la crise. Le gouvernement travailliste est l&#224; pour la g&#233;rer au mieux des int&#233;r&#234;ts des patrons, et les organisations r&#233;volutionnaires ne semblent pas en mesure d'offrir une alternative cr&#233;dible &#224; la classe ouvri&#232;re. Dans ce contexte, le d&#233;veloppement des organisations d'extr&#234;me-droite n'est gu&#232;re surprenant. Le Front National a r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir des positions, non seulement dans la petite bourgeoisie, mais aussi dans certains secteurs de la classe ouvri&#232;re, chez les postiers, les cheminots, dans les h&#244;pitaux en particulier. Pour l'instant, l'essentiel de son influence se situe donc sur le plan &#233;lectoral o&#249; il r&#233;ussit &#224; d&#233;tourner une partie des &#233;lecteurs conservateurs mais surtout travaillistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne se contente pourtant pas d'&#234;tre une machine &#233;lectorale et ses militants multiplient les attaques contre les travailleurs immigr&#233;s, les militants de gauche ou d'extr&#234;me-gauche, les syndicalistes. En octobre, un militant du Socialist Workers Party (ex- International Socialists) qui vendait son journal dans la rue a &#233;t&#233; poignard&#233; de six coups de couteau par un membre du Front National. Le Front National a m&#234;me attaqu&#233; des r&#233;unions du Parti Travailliste. Des librairies d'extr&#234;me-gauche ont &#233;t&#233; incendi&#233;es ainsi que le local du SWP &#224; Londres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais en dehors des campagnes &#233;lectorales, son activit&#233; la plus spectaculaire et publicitaire est l'organisation de manifestations racistes contre les travailleurs immigr&#233;s. Cela a &#233;t&#233; cette ann&#233;e le cas de la manifestation organis&#233;e en avril &#224; Wood Green dans le nord de Londres et surtout celle du 13 ao&#251;t dernier, &#171; d&#233;lib&#233;r&#233;ment provocante &#187;, dans un quartier du sud-est de Londres o&#249; il y a un important pourcentage de travailleurs noirs, Lewisham, et dont le but &#233;tait de combattre &#171; la racaille noire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;L'hypocrisie des travaillistes&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les affrontements violents qui en ont r&#233;sult&#233; ont amen&#233; toute une s&#233;rie d'organisations syndicales, le Parti Travailliste, le Parti Communiste, &#224; mener compagne pour l'interdiction des manifestations du Front National.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que la manifestation que le Front National avait pr&#233;vue le 8 octobre dernier &#224; Manchester dans le quartier de Hyde, a &#233;t&#233; interdite - ainsi que toutes les autres manifestations dans ce quartier. Mise &#224; part la d&#233;monstration solitaire de Martin Webster, les quelques centaines de manifestants du Front National sont all&#233;s d&#233;filer, eux aussi encadr&#233;s de milliers de policiers, dans un autre quartier de Manchester que la police a tenu secret jusqu'au dernier moment pour &#233;viter les contre-manifestations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche et une bonne partie de l'extr&#234;me-gauche (en particulier le SWP) avaient cri&#233; victoire quand le ministre travailliste de l'Int&#233;rieur avait approuv&#233; l'interdiction de toute manifestation &#224; Hyde. Belle victoire en effet ! A Hyde, seuls les policiers ont pu faire une manifestation impressionnante et les fascistes ont pu jouer les h&#233;raults de la libert&#233; d'expression, alors que les anti-fascistes en &#233;taient r&#233;duits &#224; essayer vainement de deviner le lieu o&#249; les fascistes d&#233;fileraient pour tenter de les en emp&#234;cher. Non, d&#233;cid&#233;ment, les &#233;v&#233;nements du 8 octobre ne constituent pas une victoire pour le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les organisations syndicales, le Parti Travailliste lui-m&#234;me, dont les dirigeants sont au gouvernement, qui ont pris nettement position contre le Front National, se contentent de r&#233;clamer &#224; la police l'interdiction de ses manifestations. Mais le probI&#232;me n'est m&#234;me pas d'interdire les manifestations et de faire passer les fascistes, les plus implacables ennemis de toute libert&#233;, pour d'innocentes victimes et pour les d&#233;fenseurs de la libert&#233; d'expression. Mais par contre, il faudrait mobiliser la classe ouvri&#232;re et la population laborieuse tout enti&#232;re pour qu'elle montre sa d&#233;sapprobation et qu'elle s'organise pour emp&#234;cher les fascistes de tenir le haut du pav&#233;, pour les emp&#234;cher de nuire o&#249; qu'ils soient, pour s'opposer &#224; leurs agressions. Dans ces conditions, il est bien peu probable qu'il y aurait beaucoup de fascistes pour manifester. Le parti travailliste et les organisations syndicales auraient la force d'imposer cela. Mais, et c'est l&#224; que r&#233;side toute l'hypocrisie de leurs prises de positions, ils ne le veulent &#224; aucun prix car ils ont bien trop peur de mobiliser les travailleurs. Ils pr&#233;f&#232;rent s'adresser &#224; l'&#201;tat. Quant au gouvernement travailliste, il se comporte comme n'importe quel gouvernement bourgeois et envoie sa police prot&#233;ger les d&#233;fil&#233;s du Front National.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est bien pourquoi on ne peut compter ni sur le gouvernement travailliste, bien s&#251;r, ni sur le Labour Party, ni sur le Parti Communiste, ni sur les dirigeants syndicaux pour mener &#224; bien la lutte contre les fascistes, d'autant plus que leur incapacit&#233; &#224; offrir des perspectives &#224; la classe ouvri&#232;re est l'une des raisons du d&#233;veloppement du Front National.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;L'extr&#234;me-gauche face au front national&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; l'extr&#234;me-gauche et en particulier au Socialist Workers Party qui a d&#233;cid&#233; de s'opposer d&#233;sormais partout au Front National et qui est &#224; l'initiative des contremanifestations de ces mois derniers, il semble bien que son optique ne soit pas beaucoup plus juste dans la mesure justement o&#249; sa pr&#233;occupation essentielle n'est pas non plus de donner &#224; la population - ou du moins &#224; la partie d'entre elle qui est pr&#234;te &#224; riposter et &#224; se d&#233;fendre - les moyens d'organiser elle-m&#234;me une riposte &#224; la mesure de sa d&#233;termination. Le seul type d'action qui lui est propos&#233; toujours et partout, quel que soit localement le degr&#233; possible de la mobilisation est de se joindre &#224; la contre-manifestation de l'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que le 13 ao&#251;t dernier, le SWP appelait, comme il l'avait d&#233;j&#224; fait dans le pass&#233;, &#224; une contre-manifestation &#224; Lewisham pour emp&#234;cher les fascistes de d&#233;filer. La plupart des organisations d'extr&#234;me-gauche r&#233;pondaient &#224; l'appel ainsi que de nombreux jeunes noirs. Quelque 5 000 manifestants (si l'on fait une moyenne entre les chiffres avanc&#233;s par les diverses organisations participantes, chiffres qui varient entre 3 000 et 10 000) se sont oppos&#233;s &#224; 6 &#224; 700 fascistes et surtout aux 4 000 policiers &#224; pied et &#224; cheval mobilis&#233;s pour la circonstance. Les policiers ont fray&#233; un chemin au Front National dans des petites rues d&#233;tourn&#233;es et la manifestation du Front National a d&#251; se disloquer assez rapidement sans avoir pu atteindre son objectif. Ensuite les policiers ont continu&#233; &#224; charger violemment les contre-manifestants qu'ils ont r&#233;ussi &#224; disperser au bout d'une heure environ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, le SWP a appel&#233; le lundi 15 ao&#251;t &#224; une contre-manifestation &#224; Ladywood &#224; Birmingham pour emp&#234;cher le Front National qui se pr&#233;sentait &#224; une &#233;lection partielle dans ce quartier &#224; forte proportion de travailleurs asiatiques, de tenir un meeting &#233;lectoral. La contre-manifestation s'est termin&#233;e par une bataille rang&#233;e avec la police autour du commissariat pour la lib&#233;ration des manifestants qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette politique du SWP est-elle comprise et approuv&#233;e par une fraction de la classe ouvri&#232;re, au moins une partie des travailleurs de couleur, plus directement en butte aux exactions des fascistes ? Il nous est &#233;videmment difficile d'en juger ; il semble cependant manifeste que, ni &#224; Lewisham ni &#224; Birmingham, la population ouvri&#232;re n'&#233;tait partie prenante dans l'action engag&#233;e par le SWP. Et tout permet de douter que le SWP se soit m&#234;me s&#233;rieusement souci&#233; de proposer un type d'action correspondant au degr&#233; de conscience et de mobilisation des travailleurs du quartier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La participation des noirs de Lewisham a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; quelques centaines de jeunes car le SWP se targue d'avoir entra&#238;n&#233; dans la manifestation des jeunes noirs de tout Londres. A Ladywood, il semble que la proportion de jeunes du quartier a &#233;t&#233; plus importante. Mais en tout cas, non seulement la majorit&#233; des jeunes n'a pas r&#233;pondu &#224; l'appel, mais l'ensemble de la population plus &#226;g&#233;e s'est tenue &#224; l'&#233;cart. Cela tendrait &#224; accr&#233;diter l'opinion du &lt;i&gt; Morning Star, &lt;/i&gt;le quotidien du Parti Communiste, qui estime que &#171; la population noire est en g&#233;n&#233;ral effray&#233;e et dans une certaine mesure intimid&#233;e, bien que ce soit moins vrai pour les jeunes &#187;. Et il n'est pas dit qu'une partie d'entre elle ne d&#233;sapprouve pas, elle aussi, les affrontements par peur d'&#234;tre ensuite un peu plus sujette aux repr&#233;sailles et aux violences, non seulement des fascistes mais aussi des flics racistes. Le quartier de Lewisham par exemple a &#233;t&#233; l'objet ces derniers mois d'op&#233;rations de police particuli&#232;rement violentes. En mai dernier, la police a organis&#233; par exemple un ratissage &#224; l'aube, p&#233;n&#233;trant chez soixante familles, sortant les gens de leur lit et proc&#233;dant &#224; l'arrestation de vingt-et-un jeunes qui sont toujours depuis sous les verrous en attendant d'&#234;tre jug&#233;s, pour &#171; avoir conspir&#233; dans l'intention de voler &#187;. Humiliations, passages &#224; tabac, arrestations, sont le lot quotidien dans ces quartiers et les travailleurs noirs qui se retrouvent isol&#233;s face &#224; une police encore plus agressive apr&#232;s les affrontements, peuvent tr&#232;s bien avoir du mal &#224; discerner ce que les contre-manifestations leur apportent. Le Guardian (concurrent du Times) a interwiev&#233; un groupe de jeunes de Lewisham apr&#232;s les &#233;v&#233;nements : &#171; Nous&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sommes simplement des boucs &#233;missaires pour les ambitions des autres. Ni&lt;i&gt; &lt;/i&gt;le Front National, ni le Socialist Workers'Party ne se pr&#233;occupent vraiment des noirs ; ils nous utilisent simplement pour leurs buts particuliers &#187;. Si tels &#233;taient les sentiments de la grande majorit&#233; de la population &#233;migr&#233;e des quartiers o&#249; des affrontements ont eu lieu, il est certain que les manifestations des r&#233;volutionnaires n'auraient aucun c&#244;t&#233; positif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il est &#233;galement possible que la haine des fascistes et de la police, que le d&#233;sir de vengeance soient tels que, bien que n'ayant pas r&#233;pondu &#224; l'appel du SWP, les travailleurs &#233;migr&#233;s en g&#233;n&#233;ral et ceux de Lewisham ou de Ladywood en particulier soient heureux qu'une correction ait &#233;t&#233; inflig&#233;e aux fascistes. &lt;i&gt; Socialist Worker&lt;/i&gt;, l'hebdomadaire du SWP, dans son num&#233;ro 541, rapporte le t&#233;moignage d'un jama&#239;cain de Lewisharn qui affirme que tous les gens avec qui il a parl&#233; sont heureux que la contre-manifestation ait eu lieu. Mais cela ne justifie pas pour autant la tactique du SWP. Car enfin si la population elle-m&#234;me - ou du moins une partie importante d'entre elle - comprenait la n&#233;cessit&#233; de ne pas laisser parader les fascistes sans r&#233;agir, alors le devoir des r&#233;volutionnaires aurait &#233;t&#233; de proposer &#224; la population un moyen de riposter &#224; la mesure de ce qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire. C'est &#224; elle qu'il fallait donner les moyens d'exprimer son d&#233;go&#251;t et sa d&#233;sapprobation. C'est elle qu'il aurait fallu organiser m&#234;me si elle n'&#233;tait pas pr&#234;te &#224; affronter les flics en bataille rang&#233;e. Et elle ne l'&#233;tait pas, sinon elle aurait r&#233;pondu plus massivement &#224; l'appel des organisations d'extr&#234;me- gauche.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.4'&gt;&lt;/a&gt;Ne pas se substituer aux travailleurs&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires n'est pas de se substituer aux travailleurs. Car m&#234;me si la population est contente, qu'est-ce que le SWP lui a appris ? Qu'elle avait besoin de 2 000 gauchistes pour se d&#233;fendre ? En quoi se sent-elle plus forte maintenant qu'ils ne sont plus l&#224; et qu'elle reste seule face aux attaques de l'extr&#234;me-droite ou des flics ? Dans l'&#233;ditorial de son journal pour les travailleurs noirs, &lt;i&gt; Flame&lt;/i&gt;, du mois de septembre, le SWP reconna&#238;t que &#171; tout le monde est aux anges apr&#232;s avoir battu les nazis, cependant notre situation est toujours la m&#234;me. La police attaque toujours nos jeunes dans la rue. Nous&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ne pouvons toujours pas trouver de travail. Nos&lt;i&gt; &lt;/i&gt;vies sont toujours saccag&#233;es par le syst&#232;me. Aussi apr&#232;s avoir combattu les fascistes nous devons nous demander : que faire maintenant ? &#187; La r&#233;ponse du SWP c'est qu'il faut d&#233;truire le syst&#232;me et pour cela construire le parti, donc rejoindre le SWP. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cela n'offre aucune aide imm&#233;diate &#224; la population de Lewisham. Ce n'est pas une fa&#231;on s&#233;rieuse de poser les probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cet &#233;gard, la critique adress&#233;e au SWP par &lt;i&gt; Big Flame&lt;/i&gt;, le journal de la Revolutionary Socialist Organisation, une petite organisation mao&#239;sante, n'est pas inint&#233;ressante : &#171; le Socialist Workers Party a commis quelques fautes. Recherchant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment la publicit&#233;, ils sont tomb&#233;s dans tous les pi&#232;ges que la classe dominante leur a tendus, y compris celui de revendiquer d'avoir organis&#233; la violence antifascistes. Combien plus inqui&#233;tant pour le contr&#244;le de la classe dominante si la v&#233;rit&#233; avait &#233;t&#233; dite que ce furent les femmes, les jeunes noirs, les antifascistes et les syndicalistes qui ont &#233;cras&#233; les fascistes et non pas les directives d'un comit&#233; central d'un quelconque parti &#187;. Oui, sans doute, si la population avait pris les choses en main avec l'aide des r&#233;volutionnaires, cela aurait &#233;t&#233; autrement menacant pour l'ordre &#233;tabli, mais contrairement &#224; ce que semble penser &lt;i&gt; Big Flame&lt;/i&gt;, cela n'a manifestement pas &#233;t&#233; le cas, et c'est bien le probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le SWP reconna&#238;t certes les dangers de sa politique. il admet dans &lt;i&gt; International Socialisrn&lt;/i&gt; n&#176; 94 que &#171; il y a cependant un risque que nos mobilisations ne tendent vers ce qu'on ne peut qu'appeler du terrorisme. Les conditions pour une lutte physique victorieuse contre le fascisme n&#233;cessitent un certain degr&#233; d'organisation clandestine, mais il y a le risque que cela ne devienne une fin en soi. Du fait que nous sommes une organisation fermement disciplin&#233;e, il est techniquement plus facile de mobiliser nos propres membres sans engager aucune fraction plus large de la classe ouvri&#232;re &#187;. Le seul rem&#232;de que le SWP ait trouv&#233; &#224; ce probl&#232;me semble &#234;tre de claironner haut et fort qu'il va manifester, abandonnant ainsi le b&#233;n&#233;fice de la pr&#233;paration clandestine sans pour autant trouver grand monde &#224; rallier &#224; son panache rouge, si ce n'est d'autres organisations d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.5'&gt;&lt;/a&gt;Donner &#224; la population les moyens de riposter&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Si le SWP prenait s&#233;rieusement &#224; c&#339;ur la lutte contre les fascistes et les int&#233;r&#234;ts des travailleurs &#233;migr&#233;s de Lewisham, il se serait donn&#233; les moyens de leur donner les moyens de riposter au niveau o&#249; ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; le faire. Il aurait d'abord fallu bien s&#251;r savoir exactement quelle &#233;tait leur volont&#233; de riposte. Mais si le SWP jugeait vraiment qu'il &#233;tait important de riposter au Front National, il avait les moyens de mobiliser toute une partie de ses militants quinze jours ou trois semaines avant et d'envoyer 100, 200 ou 300 d'entre eux discuter maison par maison, famille par famille, dans les rues et sur les march&#233;s avec l'ensemble de la population, d'essayer de la mobiliser et de la r&#233;unir pour d&#233;cider avec elle ce qu'il &#233;tait possible de faire. La riposte pouvait prendre bien des formes en fonction du degr&#233; de sa combativit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, le degr&#233; de conscience de la population n'est pas homog&#232;ne. Et il ne s'agit pas de se couper des plus d&#233;termin&#233;s sous pr&#233;texte de s'aligner sur ceux qui le sont le moins. Mais il ne faut pas se contenter non plus de proposer des exutoires &#224; la toute petite minorit&#233; pr&#234;te &#224; en d&#233;coudre, quel que soit le rapport de force. Car finalement, aux jeunes de couleur qui ont particip&#233; aux affrontements avec la police, le SWP n'a rien appris. Ces jeunes n'ont pas besoin de l'extr&#234;me-gauche pour affronter les flics dans des combats in&#233;gaux, ils le font tout seuls. Et ce que les r&#233;volutionnaires ont &#224; leur apprendre, c'est &#224; s'organiser, avec les autres travailleurs, pour vaincre, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent. Le SWP aurait pu se donner les moyens de les aider &#224; organiser avec une fraction plus large de la population une r&#233;ception en bonne et due forme aux fascistes. Du quartier mort et aveugle avec des rues vides, des boutiques ferm&#233;es, les portes et volets clos, &#224; l'affrontement physique de toute la population s'interposant pour emp&#234;cher la manifestation, bien des interm&#233;diaires sont possibles. On peut ridiculiser les fascistes, on peut d&#233;verser du haut des fen&#234;tres le contenu des pots de chambre, l'eau de vaisselle, des bouteilles de lait comme cela s'est fait dans les ann&#233;es 30 ou... de l'huile bouillante si la col&#232;re de la population atteint ce degr&#233;. Les jeunes les plus d&#233;cid&#233;s peuvent servir de patrouille de surveillance et de protection au cas o&#249; les fascistes tenteraient des repr&#233;sailles contre la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien d'autres choses encore pourraient sans doute &#234;tre envisag&#233;es, &#224; condition d'avoir comme pr&#233;occupation premi&#232;re d'associer au maximum la population. Et le simple fait que celle-ci s'organise elle-m&#234;me pour manifester son hostilit&#233; ou m&#234;me pour ridiculiser les fascistes pourrait avoir un impact au moins autant d&#233;moralisant sur les troupes fascistes que les contre-manifestations organis&#233;es par l'extr&#234;megauche. Et la population s'en ressentirait autrement renforc&#233;e car cela serait sa victoire.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.6'&gt;&lt;/a&gt;Se faire comprendre de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;En outre, si le SWP avait abord&#233; ce probl&#232;me de la riposte n&#233;cessaire &#224; donner au Front National en se pr&#233;occupant d'abord de donner des moyens d'action &#224; la population elle-m&#234;me, des moyens d'action peut-&#234;tre moins spectaculaires mais plus efficaces du point de vue des r&#233;volutionnaires, cela aurait peut-&#234;tre aussi eu l'avantage de ne pas attirer le d&#233;ploiement de forces de police aussi importantes que pour une contre-manifestation en bonne et due forme claironn&#233;e aux quatre coins du pays. Et en cons&#233;quence, &#224; ne pas amener ceux qui leur faisaient confiance &#224; l'&#233;chec, sinon contre les fascistes, du moins contre la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le SWP est forc&#233; de reconna&#238;tre qu'&#224; Lewisham c'est d'abord la police qui a &#233;t&#233; victorieuse (cf &lt;i&gt; International Socialism&lt;/i&gt; n&#176; 101) : &#171; La police recherchait l'affrontement avec la gauche et la communaut&#233; noire &#187;, cela lui a permis &#171; de renforcer sa position dans la soci&#233;t&#233; &#187;. Les &#233;v&#233;nements de Manchester en sont une confirmation suppl&#233;mentaire. Et dans une certaine mesure, la violence des affrontements d'une minorit&#233; de gauchistes et de jeunes de couleur avec la police qui prot&#233;geait efficacement le Front National n'a pas forc&#233; la sympathie de la classe ouvri&#232;re blanche, au contraire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La presse s'est largement fait l'&#233;cho de ceux qui visent &#224; associer dans une m&#234;me r&#233;probation les extr&#233;mistes de droite et les extr&#233;mistes de gauche, &#171; les fascistes rouges &#187;, et cela a sans doute rencontr&#233; un certain &#233;cho parmi les travailleurs - tout au moins les travailleurs blancs. Socialist Worker, l'organe du SWP, en r&#233;ponse &#224; un lecteur qui pose la question : &#171; La violence est-elle utile en fin de compte ? Quand le sang a fini de couler nous restons avec les m&#234;mes probl&#232;mes &#187;, admet dans son n&#176; 543 que, &#171; apr&#232;s la campagne de presse massive qui a tent&#233; de d&#233;montrer que nous ne valons pas mieux que le Front National - une horde violente de fascistes rouges - il ne faut pas s'&#233;tonner si certains lecteurs sont pr&#233;occup&#233;s par le probl&#232;me de la violence &#187;. Si les lecteurs du SWP sont susceptibles d'&#234;tre troubl&#233;s, que dire alors de la grande masse des travailleurs qui ne lit pas Socialist Worker ! Et il est &#233;vident que le SWP n'a pas l'implantation n&#233;cessaire dans la classe ouvri&#232;re pour se d&#233;fendre contre les calomnies de la presse bourgeoise et expliquer comme il le fait aupr&#232;s de ses lecteurs la n&#233;cessit&#233; d'utiliser parfois la violence pour combattre la violence de cette soci&#233;t&#233;. Et il y a un gros danger que les contre-manifestations du SWP, si elles sont syst&#233;matiques comme il semble en manifester l'intention, contribuent plus &#224; le couper des travailleurs qu'&#224; lui permettre de gagner une implantation ouvri&#232;re plus s&#233;rieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti Communiste britannique a engag&#233; un d&#233;bat sur la tactique du SWP dans les colonnes du &lt;i&gt; Morning Star &lt;/i&gt;en soulignant un certain nombre de probl&#232;mes r&#233;els qui se r&#233;sument dans cette phrase : &#171; Le probl&#232;me n'est pas de savoir s'il doit y avoir ou pas affrontement avec les fascistes, mais si les actions entreprises aujourd'hui rapprochent le jour o&#249; ce seront les masses qui diront &#171; ils ne passeront pas &#187;. C'est bien l&#224; tout le probl&#232;me. Le fait que le Parti Communiste est bien mal plac&#233; pour critiquer l'extr&#234;me-gauche car il se garde bien, lui, de proposer des formes ad&#233;quates pour r&#233;sister aux attaques des fascistes si ce n'est de r&#233;clamer au gouvernement l'interdiction des manifestations fascistes, n'emp&#234;che pas que ces critiques abordent l'essentiel des probl&#232;mes. D'ailleurs la section britannique de la Quatri&#232;me Internationale, l'international Marxist Group, s'est donn&#233; la peine d'y r&#233;pondre dans &lt;i&gt; Socialist Challenge&lt;/i&gt; n&#176; 11 sous la plume de Tariq Ali. &#171; L'international Marxist Group n'est pas favorable &#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;des actions du style kamikaze qui substituent une ou deux organisations d'extr&#234;me-gauche &#224; la population locale ou &#224; des forces antifascistes plus nombreuses. S'il y avait eu seulement 1 000 ou 2 000 r&#233;volutionnaires tout seuls, nous n'aurions pas &#233;t&#233; d'accord pour d&#233;fier la manifestation des fascistes qui &#233;tait tr&#232;s fortement prot&#233;g&#233;e &#187;. Mais Tariq Ali d'affirmer : &#171; La communaut&#233; locale &#233;tait mobilis&#233;e et a jou&#233; un r&#244;le vital. Sans elle, un affrontement aurait &#233;t&#233; du pur aventurisme et se serait termin&#233; en d&#233;faite &#187;. Il est difficile de le croire vue la l&#233;g&#232;ret&#233; avec laquelle Tariq Ali appr&#233;cie le degr&#233; de mobilisation de la population locale, l&#233;g&#232;ret&#233; qui ne peut pas &#234;tre mieux illustr&#233;e que par cette r&#233;ponse au Parti Communiste qui reproche &#224; l'extr&#234;me-gauche de comparer la manifestation de Lewisham avec celle de Cable Street le 4 octobre 1936 o&#249; quelque 200 000 personnes emp&#234;ch&#232;rent les chemises noires de Mosley de d&#233;filer : il est &#171; tout &#224; fait juste de comparer Lewisham &#224; Cable street. Certes le nombre de gens n'a pas &#233;t&#233; aussi important, mais l'engagement de la communaut&#233; locale et la volont&#233; et le courage (de qui ?) de riposter &#233;taient les m&#234;mes &#187;. Manifestement Tariq Ali pr&#233;f&#232;re prendre ses d&#233;sirs pour des r&#233;alit&#233;s plut&#244;t que de regarder les probl&#232;mes en face. Et il semble bien qu'il ne soit pas le seul dans l'extr&#234;me-gauche &#224; adopter cette attitude si l'on en juge par l'absolue d&#233;mesure avec laquelle chacun a c&#233;l&#233;br&#233; l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le SWP pour sa part semble satisfait de pouvoir porter &#224; l'actif des affrontements que l'on ait beaucoup parl&#233; de lui. &#171; La presse s'est soudain int&#233;ress&#233;e au SWP apr&#232;s que nous ayons refus&#233; de laisser le Front National manifester dans un quartier noir &#187; tel est le premier argument qui lui vient sous la plume pour convaincre le lecteur qui se pose des probl&#232;mes sur l'efficacit&#233; de sa politique. Dans un autre num&#233;ro de &lt;i&gt; Socialist Worker&lt;/i&gt;, il insiste : &#171; Le SWP a re&#231;u une publicit&#233; &#233;norme gr&#226;ce &#224; notre combat contre les nazis &#187;. Il n'y a donc gu&#232;re de raison que le SWP reconsid&#232;re une politique qui sert si bien sa publicit&#233; - en m&#234;me temps que celle du Front National &#233;videmment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une facon irresponsable de poser le probl&#232;me, m&#234;me si elle est envelopp&#233;e dans des consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales sur la n&#233;cessit&#233; de lutter contre le fascisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires n'est pas de jouer &#224; la petite guerre avec les organisations fascistes et de se glorifier de la publicit&#233; que cela peut leur valoir, &#224; d&#233;faut de pouvoir se glorifier d'autre chose. Appeler cela la lutte anti-fasciste, c'est faux, c'est trompeur pour les travailleurs et pour soi-m&#234;me et c'est d&#233;risoire. D'autant plus d&#233;risoire que, dans cette petite guerre, le SWP a m&#234;me du mal &#224; sauvegarder sa propre libert&#233; d'expression. Ses propres manifestations ont &#233;t&#233; interdites en m&#234;me temps que celles du Front National. Il a d&#251; annuler son grand meeting de rentr&#233;e &#224; Londres car le Front National a menac&#233; de l'attaquer, entra&#238;nant par cette menace l'annulation de la location de la salle. Le SWP pense-t-il intimider suffisamment le Front National pour que celui-ci cesse seulement d'attaquer ses propres militants ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires dans le combat contre les organisations fascistes comme dans d'autres combats, c'est de renforcer la confiance de la classe ouvri&#232;re en elle-m&#234;me, renforcer son degr&#233; d'organisation, sa conscience. Ne sont l&#233;gitimes - hormis &#233;videmment l'autod&#233;fense organisationnelle - que les luttes qui vont dans ce sens-l&#224;, qui permettent aux travailleurs de remporter des victoires m&#234;me modestes mais collectives. Alors, quand on est capable de prendre l'initiative de telles luttes, o&#249; ne serait-ce qu'une fraction directement touch&#233;e de la classe ouvri&#232;re est partie prenante et le reste susceptible de comprendre et d'approuver, il faut les engager et tout faire pour les mener &#224; la victoire. Lorsqu'on n'en est pas capable, il vaut mieux s'abstenir. Sinon ce que l'on est fait est au mieux inutile et au pire nuisible, car au lieu d'engager les travailleurs dans ce type de combat, on les en d&#233;tourne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>La bourgeoisie fran&#231;aise et les travailleurs &#233;migr&#233;s</title>
	
	
	
	

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		<dc:date>1977-09-30T23:03:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais vient de prendre une s&#233;rie de mesures contre les travailleurs &#233;migr&#233;s : arr&#234;t de l'immigration des familles des travailleurs d&#233;j&#224; en France, arr&#234;t de la r&#233;gularisation de la situation des travailleurs clandestins d&#233;j&#224; entr&#233;s, incitation plus large des &#233;migr&#233;s au d&#233;part par l'offre du &#171; million &#187; de centimes, non seulement aux ch&#244;meurs qui regagneraient leur pays, mais aussi aux titulaires d'un emploi, telles sont ces mesures pour l'essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles ont &#233;t&#233; ressenties avec inqui&#233;tude par la plupart des travailleurs &#233;migr&#233;s. Ils se voient au travers d'elles d&#233;sign&#233;s comme point de mire, &#224; l'heure de la crise et du ch&#244;mage qui ne cesse de cro&#238;tre en France. Les principales organisations syndicales, les journaux de gauche, ont pr&#233;sent&#233; ces mesures comme significatives de la volont&#233; de l'actuel gouvernement de chasser les &#233;migr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;cision gouvernementale, par-del&#224; son aspect &#233;conomique, a un aspect politique &#233;vident. Ce ne sont pas les patrons qui r&#233;clament que l'on chasse les &#233;migr&#233;s pour les remplacer par des travailleurs fran&#231;ais. Et le Secr&#233;taire d'&#201;tat, Stol&#233;ru, ne r&#233;pond pas &#224; leurs pr&#233;occupations directes en &#233;dictant ces mesures. Il sait parfaitement que ce ne sont pas les travailleurs &#233;migr&#233;s qui sont responsables du ch&#244;mage et que leur d&#233;part ne supprimerait pas la crise. Mais, en tant que repr&#233;sentant du gouvernement, il faut bien, surtout &#224; quelques mois des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, qu'il ait des solutions &#224; proposer face &#224; la d&#233;gradation de la situation &#233;conomique. Taper sur les travailleurs &#233;migr&#233;s, c'est une fa&#231;on de pr&#233;senter ceux-ci comme responsables du ch&#244;mage et de pr&#233;senter leur expulsion comme une solution &#224; port&#233;e de main au probl&#232;me du ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de la d&#233;magogie de bas &#233;tage. Le dirigeant du Rassemblement pour la R&#233;publique, Chirac, s'en fait d'ailleurs le porte-parole depuis un certain temps d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le but de cette d&#233;magogie raciste est sans doute essentiellement &#233;lectoral. Mais elle aurait des implications autrement plus graves si elle trouvait des oreilles complaisantes dans la classe ouvri&#232;re et si cette derni&#232;re acceptait que le gouvernement et la droite pr&#233;sentent les travailleurs &#233;migr&#233;s comme responsables d'une des cons&#233;quences les plus dramatiques de la crise, le ch&#244;mage, dressant de la sorte une partie de la classe ouvri&#232;re contre une autre. C'est, entre autres, la raison pour laquelle il est n&#233;cessaire de combattre toute tentative de d&#233;magogie dans ce sens, m&#234;me si, justement, elle reste seulement de la d&#233;magogie non suivie d'actes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mesures gouvernementales, pour mena&#231;antes qu'elles soient pour les conditions d'existence des travailleurs &#233;migr&#233;s, n'impliquent en effet pas pour autant que le gouvernement et le patronat aient l'intention et surtout la possibilit&#233; de chasser r&#233;ellement les &#233;migr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mesures stol&#233;ru se traduiront sans doute non seulement par un blocage complet de l'immigration - c'est le but officiellement recherch&#233; - mais m&#234;me par un accroissement du nombre des expulsions. ne serait-ce que parce que des fonctionnaires z&#233;l&#233;s, racistes de surcro&#238;t, se sentent encourag&#233;s &#224; aller au-del&#224; et &#224; forcer sur des mesures vexatoires (multiplicatioh des contr&#244;les des papiers par exemple), qui sont autant d'incitations au d&#233;part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais de l&#224; &#224; se passer de la majorit&#233; des travailleurs &#233;migr&#233;s, il y a une marge que, ind&#233;pendamment m&#234;me des luttes des travailleurs, le patronat et le gouvernement ne peuvent franchir actuellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;er&lt;/i&gt; juillet 1975 avant d'&#234;tre &#224; nouveau interdite aujourd'hui. En 1975, il n'y eut d'ailleurs, selon le Secr&#233;taire d'&#201;tat Dijoud, que 10 000 entr&#233;es contre une moyenne de 150 000 les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1972 il y avait d&#233;j&#224; eu une tentative de contr&#244;le plus strict de l'immigration par la circulaire Marcellin-Fontanet. Elle liait la possession du titre de s&#233;jour &#224; celle de la carte de travail, facilitait les expulsions arbitraires d'&#233;migr&#233;s. Par exemple, perdre son travail pouvait se traduire par le non-renouvellement de sa carte et par l'interdiction de s&#233;journer plus longtemps en France. A la suite de luttes de travailleurs &#233;migr&#233;s, cette circulaire fut suspendue l'&#233;t&#233; 1973 et abrog&#233;e le 13 janvier 1975. Si ces mesures ne furent que plus ou moins appliqu&#233;es, ou si elles furent temp&#233;r&#233;es par des ordres donn&#233;s d'en haut &#224; l'administration, c'est parce que le besoin &#233;conomique de main-d'oeuvre immigr&#233;e a continu&#233;, par-del&#224; les textes, &#224; se faire sentir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que les derni&#232;res mesures &#233;dict&#233;es, qui ne sont manifestement pas originales, vont cette fois se traduire par l'expulsion massive des &#233;migr&#233;s ? Pour r&#233;pondre &#224; la question, il est n&#233;cessaire de consid&#233;rer quel r&#244;le les travailleurs &#233;migr&#233;s jouent dans l'&#233;conomie fran&#231;aise, et de voir dans quelle mesure et &#224; quelles conditions ils pourraient &#234;tre remplac&#233;s par des travailleurs fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;er&lt;/i&gt; janvier 1977 de 4 200 000, sur lesquels on comptait 1 900 000 actifs. Ils repr&#233;sentent 11,3 % des salari&#233;s et 8 % de la population active. D'apr&#232;s des estimations datant de quelques ann&#233;es, ils se r&#233;partiraient &#224; 40 % dans le b&#226;timent et les travaux publics, 20 % dans la m&#233;tallurgie, 5 % dans les mines, 10 % dans l'agriculture et les for&#234;ts, et 14 % dans les divers. (Chiffres tir&#233;s de l'ouvrage&lt;i&gt; Les travailleurs &#233;migr&#233;s en France&lt;/i&gt; de Granotier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#232;s des trois quarts des travailleurs &#233;migr&#233;s sont des manoeuvres ou des OS Ce sont eux que l'on retrouve dans la sid&#233;rurgie, dans les fonderies, dans la chimie, sur les chantiers du b&#226;timent ou dans les mines, aux postes les plus dangereux et les plus insalubres ; dans certains secteurs de production, sur les cha&#238;nes de montage ou sur les chantiers, ils repr&#233;sentent pr&#232;s de la moiti&#233;, voire la majorit&#233;, des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que ce soit eux les premiers licenci&#233;s, lorsqu'il y a un choix, il n'y a pas une plus grande proportion de ch&#244;meurs parmi les travailleurs &#233;migr&#233;s que dans le reste de la population travailleuse. Au contraire, cette proportion est l&#233;g&#232;rement plus faible. Avec environ 100 000 ch&#244;meurs officiellement au 31 mars dernier, les ch&#244;meurs repr&#233;sentaient approximativement 5 % de la population &#233;migr&#233;e, alors que le taux de ch&#244;mage global &#233;tait voisin de 6 % &#224; ce m&#234;me moment. Ce n'est pas pour rien : les travailleurs &#233;migr&#233;s sont rarement en comp&#233;tition avec les travailleurs autochtones pour les places auxquelles on les contraint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant les vingt ans qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la crise, le nombre des immigr&#233;s en France n'a cess&#233; de cro&#238;tre. Qu'on en juge :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ann&#233;e Population totale Immigr&#233;s 1954 42 781 000 1 765 000 1962 46 459 000 2 169 000 1968 49 750 000 2 664 000 1975 52 658 000 4 128 000&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fs24 (Chiffres tir&#233;s de l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'expansion &#233;conomique de la France de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, marqu&#233;e par un fort d&#233;veloppement industriel, n'aurait pu se faire sans l'apport des travailleurs &#233;migr&#233;s. C'est en puisant dans le r&#233;servoir de main-d'oeuvre des pays sous-d&#233;velopp&#233;s que la France a pu assurer son &#233;volution. Elle y a eu recours plus que les autres pays europ&#233;ens, et depuis plus longtemps. D'une part &#224; cause des guerres coloniales des ann&#233;es 50 et du d&#233;but des ann&#233;es 60 qui mobilisaient une partie de sa jeunesse ; d'autre part parce que, par rapport aux principales &#233;conomies europ&#233;ennes, la France &#233;tait et reste un pays &#224; forte proportion de population paysanne : 12 % de la population encore aujourd'hui, contre 6 % en RFA et 4 % en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traditionnellement, le capitalisme, depuis le d&#233;but, se procure la main-d'oeuvre industrielle par la ruine des petits paysans qui sont contraints d'aller chercher du travail &#224; la ville. Or, en France, apr&#232;s la Commune, la grande peur de la bourgeoisie, a pouss&#233; celle-ci &#224; une politique de protection de la petite propri&#233;t&#233; paysanne gr&#226;ce au soutien de l'&#201;tat, pour se faire un alli&#233; politique face &#224; la classe ouvri&#232;re. Ce qui, par rapport &#224; d'autres grands pays industriels d'Europe, a retard&#233; l'accroissement du prol&#233;tariat industriel autochtone au d&#233;triment de la paysannerie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, la France est relativement moins peupl&#233;e que ses principaux voisins et rivaux. Comme elle a eu un taux de natalit&#233; inf&#233;rieur, surtout entre les deux guerres mondiales, le recours &#224; l'immigration s'est impos&#233; comme une n&#233;cessit&#233; pour les capitalistes. D'ailleurs, la France a eu, &#224; de nombreuses reprises, recours &#224; la naturalisation des &#233;trangers dans le seul but de pallier la faiblesse de son taux de natalit&#233;. Faire appel &#224; la main-d'oeuvre immigr&#233;e lui fut facilit&#233; par le fait qu'elle avait encore il y a peu un empire colonial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, c'est &#224; l'&#233;chelle internationale que le mouvement d'exode rural s'est fait. Ce sont les paysans marocains, alg&#233;riens, maliens, etc. qui ont &#233;t&#233; chass&#233;s de leur campagne par le capitalisme et contraints &#224; venir occuper les t&#226;ches les plus dangereuses et les plus dures de la production, progressivement d&#233;laiss&#233;es par les ouvriers fran&#231;ais depuis bient&#244;t une g&#233;n&#233;ration, du moins dans les grandes villes industrielles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les travailleurs &#233;migr&#233;s &#233;taient renvoy&#233;s dans leur pays, il faudrait pour les remplacer faire revenir les travailleurs fran&#231;ais des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re, et c'est l&#224; qu'est le probl&#232;me crucial pour les patrons. La question ne se pose d'ailleurs pas exactement de la m&#234;me fa&#231;on pour les patrons que pour le gouvernement. Pour les premiers, le ch&#244;mage actuel ne les g&#234;ne pas trop, au contraire m&#234;me, puisqu'il leur permet de faire pression sur les conditions de travail, de salaires, et qu'il est un frein puissant &#224; la lutte revendicative dans l'usine. Mais pour le gouvernement, le ch&#244;mage pose un probl&#232;me politique, ne serait-ce m&#234;me qu'&#233;lectoral, sans compter les possibilit&#233;s de d&#233;bordement dans la rue qu'il lui faut quand m&#234;me pr&#233;voir. Ce qui arrangerait le gouvernement n'arrangerait pas forc&#233;ment les patrons dans l'imm&#233;diat. Car ils ne pourraient se passer des travailleurs &#233;migr&#233;s que si les travailleurs fran&#231;ais venaient prendre leur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourrait objecter que l'Allemagne de l'Ouest ou la Suisse ayant renvoy&#233;, depuis 1974, plusieurs centaines de milliers de travailleurs &#233;migr&#233;s, on ne voit pas pourquoi cela ne serait pas possible en France. Remarquons d'abord qu'en tout &#233;tat de cause, l'industrie allemande continue &#224; employer plus de travailleurs &#233;migr&#233;s encore que l'industrie fran&#231;aise. Et si on y regarde d'un peu plus pr&#232;s, on peut voir certaines diff&#233;rences qui rendent la politique visant &#224; substituer des travailleurs originaires du pays aux travailleurs &#233;migr&#233;s plus difficile encore sans doute en France qu'en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Allemagne de l'ouest par exemple, le recours &#224; l'immigration est beaucoup plus r&#233;cent. si en 1973, avant le renvoi massif de travailleurs dans leur pays d'origine, les &#233;migr&#233;s repr&#233;sentaient 10,9 % de la population active, avec 2 345 000 - 3 600 000 avec leurs familles - ils n'&#233;taient que 329 000 en 1960, 770 000 en 1963, 1 314000 en 1966 et &#224; la suite d'une l&#233;g&#232;re r&#233;cession en 1967, ces chiffres r&#233;gress&#232;rent pour remonter dans le d&#233;but des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La RFA a d'ailleurs b&#233;n&#233;fici&#233; en mati&#232;re de main-d'oeuvre des 10 millions d'Allemands de l'Est r&#233;fugi&#233;s, qui afflu&#232;rent jusqu'en 1960, date de la construction du mur de Berlin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont ces &#171; &#233;migr&#233;s &#187; de m&#234;me langue et de m&#234;me culture qui, &#233;tant les derniers arriv&#233;s et les plus d&#233;munis, ont &#233;t&#233; contraints d'accepter les travaux les plus durs et les plus dangereux. Mais de ce fait, ces t&#226;ches apparaissent moins d&#233;valoris&#233;es que lorsqu'elles &#233;choient dans leur quasi totalit&#233; &#224; des communaut&#233;s nationales diff&#233;rentes, lorsque la diff&#233;rence des conditions recoupe des diff&#233;rences de langues, de coutumes ou de couleur de peau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a aussi, en RFA comme en France, des secteurs de l'industrie, comme les cha&#238;nes de montage de l'automobile, o&#249; la main-d'oeuvre &#233;migr&#233;e pr&#233;domine ; mais c'est relativement r&#233;cent, trop pour que cela soit d&#233;j&#224; devenu une tradition aussi solidement enracin&#233;e que cela peut l'&#234;tre en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Suisse, la situation est diff&#233;rente pour d'autres raisons. Il y a deux secteurs particuliers, l'h&#244;tellerie et l'horlogerie, qui absorbent une proportion importante de travailleurs &#233;migr&#233;s. Il y est plus facile de trouver des rempla&#231;ants autochtones que lorsqu'il s'agit des mines, des fonderies ou des cha&#238;nes d'automobiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fond du probl&#232;me, c'est que la condition de l'ouvrier &#224; la production semble aujourd'hui intol&#233;rable &#224; la plupart des travailleurs fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un obstacle de taille. Un autre est l'absence de &#171; mobilit&#233; &#187; de la main-d'oeuvre autochtone, m&#234;me de ceux qui sont en production. Les ouvriers de province qui se retrouvent au ch&#244;mage dans les r&#233;gions qui ne sont pas des grands centres industriels ne sont pas facilement d&#233;pla&#231;ables vers ces derniers, alors que c'est surtout l&#224; que sont les travailleurs &#233;migr&#233;s. Une autre forme de l'absence de &#171; mobilit&#233; &#187;, c'est le travail d&#233;limit&#233; strictement selon le sexe. Les femmes OS de l'industrie alimentaire, du textile ou de l'&#233;lectronique par exemple, ne peuvent se retrouver ni dans les mines, ni sur les chantiers, ni dans la sid&#233;rurgie, c'est-&#224;-dire l&#224; o&#249; sont la plupart des travailleurs &#233;migr&#233;s. Quant aux jeunes ch&#244;meurs, s'il arrive que certains se risquent &#224; venir s'embaucher en production, il n'est pas rare d'en voir certains s'enfuir presque aussit&#244;t qu'ils r&#233;alisent, &#171; sur le tas &#187;, &#224; quel sort ils seront vou&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour accepter les cadences et l'abrutissement des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives, pour mettre sa sant&#233; et sa vie en danger &#224; son poste de travail, il faut y &#234;tre condamn&#233;, il ne faut pas avoir la possibilit&#233; de faire un autre choix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La condition d'ouvrier de production est d&#233;consid&#233;r&#233;e au point que ceux qui gouvernent se sentent oblig&#233;s de faire de la publicit&#233; pour le travail manuel, comme on a pu le voir lors d'une r&#233;cente campagne gouvernementale. Et ce n'est pas sans raison. Le probl&#232;me n'est pas une question de salaire. Car un ouvrier aux fonderies, dans l'automobile, gagne pr&#232;s du double d'un employ&#233; de banque d&#233;butant. Mais quel est le jeune qui choisirait d'&#233;changer le porte-plume contre la louche de m&#233;tal ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et m&#234;me le jeune ch&#244;meur, tant qu'il peut, avec ou sans indemnit&#233;s, avec l'aide de sa famille, &#234;tre nourri et log&#233;, quelles raisons le pousseraient vers cet enfer ? Il est d'autant moins pr&#234;t &#224; accepter ce travail que m&#234;me ses parents dans bien des cas ont d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233; &#224; cette condition. Et quand ce n'est pas le cas, l'&#233;volution r&#233;cente, l'&#233;l&#233;vation du niveau culturel par la prolongation de la scolarit&#233;, ont pr&#233;par&#233; moralement &#224; l'espoir d'un autre avenir et d'une autre position sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant que les travailleurs fran&#231;ais resteront dans un tel &#233;tat d'esprit, tant qu'ils auront de tels r&#233;flexes, les patrons ne pourront pas les contraindre &#224; prendre la place des &#233;migr&#233;s. Ce qui fait accepter leur condition &#224; ces derniers, c'est qu'ils y sont contraints tant &#233;conomiquement que l&#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;conomiquement, car ils ont la plupart du temps leur travail comme unique ressource, non seulement pour eux-m&#234;mes, mais aussi pour leur famille, celle-ci &#233;tant prise g&#233;n&#233;ralement au sens large. Le choix qu'ils ont se limite entre la mis&#232;re (et parfois la famine) dans un pays sous-d&#233;velopp&#233;, ou la condition de &#171; soutier &#187; dans une &#171; &#233;conomie industriellement avanc&#233;e &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et comme si cette pression ne suffisait pas d&#233;j&#224;, viennent s'y ajouter des contraintes l&#233;gales : ne pas avoir de travail, c'est s'exposer &#224; l'expulsion, et c'est encore une raison suppl&#233;mentaire qui pousse le travailleur &#233;migr&#233; &#224; accepter ce dont les travailleurs fran&#231;ais ne veulent plus. C'est ce qui explique la plus grande &#171; mobilit&#233; &#187; de la main-d'oeuvre immigr&#233;e, mobilit&#233; &#224; laquelle se refusent les autochtones. M&#234;me les ouvriers de province qui sont &#224; la production, lorsque la seule usine du secteur ferme ou licencie, ont d'autres raisons de ne pas se d&#233;placer. Soit qu'une partie de leur famille ait gard&#233; une activit&#233; agricole, ou encore qu'ils poss&#232;dent une maison et un petit bout de jardin qui les aide &#224; vivoter, et qui sont autant de raisons de ne pas se d&#233;placer. Les seuls qui acceptent de se d&#233;placer en dehors des travailleurs &#233;migr&#233;s, ce sont ceux qui b&#233;n&#233;ficient d'une situation dans la hi&#233;rarchie capable de leur amener quelques privil&#232;ges, mais ce n'est pas pour se retrouver derri&#232;re un four ou &#224; manier le marteau-piqueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seule la contrainte peut dans ce syst&#232;me conduire les individus &#224; assumer les t&#226;ches de production qui sont pourtant celles les plus n&#233;cessaires. Depuis le d&#233;but, l'exploitation capitaliste s'est toujours accompagn&#233;e du travail forc&#233;, m&#234;me si cela s'est fait au nom de la &#171; libert&#233; du travail &#187;. Que ce soit en ruinant les petits paysans et en les condamnant par la mis&#232;re &#224; se prol&#233;tariser, que ce soit en enfermant les vagabonds dans les Workhouses, ou&lt;i&gt; &lt;/i&gt;aujourd'hui en exploitant les &#233;migr&#233;s dans les usines modernes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le gouvernement fran&#231;ais veut obliger les travailleurs fran&#231;ais &#224; remplacer les travailleurs &#233;migr&#233;s, il devra leur mener une v&#233;ritable guerre pour les amener &#224; une situation qui les y contraigne. Il lui faudra commencer par la suppression des indemnit&#233;s de ch&#244;mage, et par imposer une diminution consid&#233;rable du niveau de vie de la classe ouvri&#232;re tout enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette guerre-l&#224;, &#224; supposer que le gouvernement et les patrons se sentent oblig&#233;s de la mener, serait loin d'&#234;tre gagn&#233;e d'avance par eux. Alors, en attendant, ils peuvent bien se contenter de grandes campagnes publicitaires sur la &#171; revalorisation du travail manuel &#187;, sur &#171; d'enrichissement des t&#226;ches &#187;, ou sur l'am&#233;lioration des conditions de travail. Ils peuvent essayer de r&#233;gler le probl&#232;me avec des phrases. Mais si la crise s'approfondit, si le ch&#244;mage continue d'augmenter, ils ne s'en contenteront pas et c'est la voie du conflit qu'ils choisiront sans nul doute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour que la classe ouvri&#232;re n'en sorte pas vaincue, il lui faut prendre les devants. Et pour cela, il faut qu'elle sache pr&#233;server son unit&#233;. Il faut que les travailleurs fran&#231;ais se retrouvent avec les travailleurs &#233;migr&#233;s ensemble dans le m&#234;me combat, contre le m&#234;me ennemi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Une analyse &#171; capitaliste d'&#233;tat &#187; de la querelle PCF-PS</title>
	
	
	
	

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		<dc:date>1977-09-30T23:02:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les dissensions intervenues &#224; l'int&#233;rieur de l'Union de la gauche entre le PCF et le Parti Socialiste ont donn&#233; lieu, dans l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise, &#224; une certaine surprise d'abord, &#224; des explications politiques divergentes ensuite. L'int&#233;r&#234;t de ces explications est qu'elles sont, chacune &#224; leur fa&#231;on, bien r&#233;v&#233;latrices des insuffisances de l'analyse, par ces organisations d'extr&#234;me-gauche, de la nature de la politique men&#233;e par les partis de l'Union de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La raison affirm&#233;e de la rupture des n&#233;gociations entre le PC et le PS sur la r&#233;actualisation du Programme Commun est la divergence entre ces deux partis sur le nombre d'entreprises &#224; nationaliser, ou cas d'une arriv&#233;e de la gauche au gouvernement. En fait, il s'agit l&#224; d'un pr&#233;texte qui sert &#224; justifier, en particulier pour le PCF, une op&#233;ration de d&#233;magogie pr&#233;-&#233;lectorale, visant &#224; regrouper autour de lui les &#233;lecteurs qui pourraient &#234;tre tent&#233;s de se tourner vers le PS. Et il n'y a pas de divergence v&#233;ritable, entre les deux partis, sur la politique &#224; mener une fois au gouvernement. PC et PS se pr&#233;parent, aussi bien l'un que l'autre, &#224; se comporter en g&#233;rants loyaux du capitalisme. Le fait qu'une partie de la droite, pour des raisons qui lui sont propres, profite de la querelle PC-PS pour voir une divergence de fond entre un PS &#171; raisonnable &#187; et un PC qualifi&#233; de &#171; collectiviste &#187;, n'est nullement une raison pour prendre pour argent comptant les raisons que PC et PS donnent de leur querelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant ce que fait une large partie de l'extr&#234;me-gauche, en prenant tr&#232;s au s&#233;rieux les divergences affirm&#233;es des deux partis de la gauche, &#224; propos du nombre d'entreprises &#224; nationaliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour certains, en particulier les organisations mao&#239;stes, la querelle PC-PS est la confirmation que les deux partis proposent un &#171; projet de soci&#233;t&#233; diff&#233;rent &#187;, le PC cherchant &#224; transformer la soci&#233;t&#233; dans le sens du &#171; capitalisme d'&#201;tat &#187;, le PS visant, lui, &#224; la simple conservation du capitalisme sous la forme d'un &#171; capitalisme technocratique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela n'est jamais que la reprise, sous une autre forme, de l'analyse qui voit dans le PCF un parti &#171; collectiviste &#187;, et dans le PS un parti plus raisonnable.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;L'analyse &#171; capitaliste d'&#233;tat &#187; des mao&#239;stes&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;C'est l'aile mao&#239;ste qui, le plus clairement, prend pour argent comptant la querelle PC-PS sur les nationalisations, y voyant l'illustration de son analyse du PCF comme un parti &#171; capitaliste d'&#201;tat &#187;. C'est ainsi que pour le PCR (Parti Communiste R&#233;volutionnaire - Marxiste L&#233;niniste), la querelle PC-PS s&#233;pare fondamentalement &#171; les tenants du capitalisme d'&#201;tat et ceux de la gestion loyale du capitalisme actuel &#187;. C'est ainsi que son journal &lt;i&gt; Le Quotidien du Peuple&lt;/i&gt; affirme (N&#176; 507 du 15 septembre 1977) que &#171; le &lt;i&gt; PCF &lt;/i&gt;(compte) mettre &#224; l'occasion la main sur des pans entiers de l'administration pour y infiltrer ses hommes et en faire des points d'appui d&#233;cisifs pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'instauration du capitalisme d'&#201;tat &#187;. &lt;i&gt; Le Quotidien du Peuple&lt;/i&gt; r&#233;sume cette analyse en d&#233;clarant que la querelle PC-PS ne donne le choix aux travailleurs qu'entre &#171; le &#171; socialisme &#187; &#224; la Soares et le &#171; socialisme &#187; &#224; la Gierek &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une conception analogue que l'on retrouve dans les analyses de l'OCT (Organisation Communiste des Travailleurs), mouvement mao&#239;ste qui se veut &#171; non dogmatique &#187; ; pour l'OCT, &#171; [le PCF] veut quelques garanties afin que des r&#233;formes de structure importantes soient faites d&#232;s le d&#233;but de la l&#233;gislature et qu'ainsi le PS, coup&#233; des autres forces politiques bourgeoises, ne puisse chercher d'autres alliances sur sa droite ; c'est dans ce sens qu'il faut comprendre le d&#233;bat sur le nombre de nationalisations &#187; ( ... ) &#171; Pour cr&#233;er vite une situation irr&#233;versible qui rende difficile, voire&lt;i&gt; &lt;/i&gt;impossible, l'accord Giscard-Mitterrand, il (le PCF) veut lier le PS &#224; lui sur une politique de nationalisations la plus pr&#233;cise et la plus large possible. Nationalisations qui lui permettraient d'accro&#238;tre son influence politique, son poids et celui de la CGT dans les entreprises &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'OCT assimile d'ailleurs cette position du PCF &#224; une position plus proche des travailleurs. Dans le m&#234;me article (&lt;i&gt; l'&#201;tincelle&lt;/i&gt;, organe de l'OCT, n&#176; 31 du 29 septembre 1977), elle affirme en effet que &#171; le &lt;i&gt; PCF &lt;/i&gt;ne demande qu'&#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;faire une politique de collaboration de classes, mais il sait qu'il y a des limites &#224; ne pas franchir dans&lt;i&gt; &lt;/i&gt;les sacrifices qu'il peut demander aux travailleurs, &#224; moins de mener une politique suicidaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bases politiques de cette analyse de l'OCT sont analogues &#224; celles des mao&#239;stes du PCR (ML). C'est ainsi que les th&#232;ses du congr&#232;s de fondation de l'OCT proclament que le projet strat&#233;gique (du PCF) revient &#224; l'&#233;tablissement du capitalisme d'&#201;tat &#187;. Surtout, ces th&#232;ses tentent de pr&#233;ciser la base sociale du PCF, en affirmant que le projet politique du PCF exprime de fa&#231;on privil&#233;gi&#233;e les aspirations de l'aristocratie ouvri&#232;re et s'appuie principalement sur la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise traditionnelle. Les aspirations de l'aristocratie ouvri&#232;re sont li&#233;es &#224; l'extension des nationalisations, du r&#244;le des organismes o&#249; peut se d&#233;velopper la bureaucratie ouvri&#232;re (syndicats, CE), donc &#224; des modifications substantielles du cadre juridique bourgeois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'OCT exprime ainsi, avec plus de pr&#233;cision, une analyse d&#233;j&#224; inscrite dans celle du PCR (ML). Pour ces organisations, le PCF serait donc un parti qui d&#233;sire effectivement s'opposer &#224; la bourgeoisie, en &#171; mettant la main sur son administration &#187; pour le PCR (ML), en faisant &#171; des r&#233;formes de structure importantes &#187;, en cr&#233;ant &#171; une situation irr&#233;versible &#187;, en &#171; coupant le PS des autres forces politiques bourgeoises &#187;, selon l'OCT. Pour l'OCT, le PCF veut effectivement s'en prendre au &#171; cadre juridique bourgeois &#187; &lt;i&gt; , &lt;/i&gt;prendre &#224; la bourgeoisie son capital en le nationalisant et en le mettant entre les mains de la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur quelles forces sociales le PCF s'appuie-t-il dans ce projet politique ? C'est l&#224; encore l'OCT qui nous le pr&#233;cise sans &#233;quivoque : sur &#171; la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise traditionnelle &#187; qui semble assimil&#233;e, un peu plus loin, &#224; &#171; l'aristocratie ouvri&#232;re &#187;. Le PCF est donc pour l'OCT, sans &#233;quivoque, un parti d&#233;fendant, au moins jusqu'&#224; un certain point, les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, ou d'une partie de celle-ci, et pr&#234;t pour cela &#224; s'attaquer d'une fa&#231;on radicale &#224; la propri&#233;t&#233;, au &#171; cadre juridique &#187; bourgeois. Et, si l'on comprend bien, le reproche fait au PCF par l'OCT n'est pas tant de refuser de s'en prendre &#224; la bourgeoisie, que de ne vouloir le faire que pour le service de ses int&#233;r&#234;ts propres, ou de ceux d'une couche restreinte de la classe ouvri&#232;re, &#171; la bureaucratie ouvri&#232;re &#187;, avec pour objectif &#224; long terme non le socialisme, mais le &#171; capitalisme d'&#201;tat &#187;, dont les pays de l'Est semblent former, pour l'OCT comme pour le PCR (ML), le prototype.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut dire en effet que le PCF est li&#233;, dans une certaine mesure, &#224; une partie de ce que l'on nomme &#171; l'aristocratie ouvri&#232;re &#187;. On sait que L&#233;nine, dans son analyse de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la IIe Internationale, a li&#233; cette derni&#232;re &#224; l'&#233;mergence dans la classe ouvri&#232;re d'une &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;, couche relativement privil&#233;gi&#233;e par rapport aux autres travailleurs, et d&#233;sireuse de lier son sort &#224; la survie du syst&#232;me capitaliste. Les partis de la IIe Internationale, pour lui, exprimaient effectivement les aspirations de cette couche sociale. Il faut pr&#233;ciser qu'aujourd'hui, la d&#233;cadence du syst&#232;me capitaliste l'a rendu de moins en moins capable d'acheter une &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;. En fait, celle-ci se limite aujourd'hui de plus en plus &#224; la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; des syndicats et des Comit&#233;s d'Entreprise, par exemple. C'est &#224; cette &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; que sont li&#233;s le PCF, le PS et les organisations syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pas plus que les parti sociaux-d&#233;mocrates du d&#233;but du si&#232;cle, le PC ne cherche un tant soit peu &#224; s'en prendre au &#171; cadre juridique bourgeois &#187;. Ces partis sociaux-d&#233;mocrates se sont au contraire pour leur part transform&#233;s en d&#233;fenseurs acharn&#233;s de l'ordre et de la propri&#233;t&#233; bourgeoise, y compris parfois de fa&#231;on sanglante. Loin de s'opposer &#224; la bourgeoisie, ils cherchaient &#224; s'int&#233;grer au syst&#232;me en tentant de convaincre la bourgeoisie de leurs qualit&#233;s de gestionnaires de ce syst&#232;me. Quant &#224; la bourgeoisie, c'est elle qui, selon les circonstances, a accept&#233; d'avoir recours &#224; ces &#171; gestionnaires social-d&#233;mocrates &#187;, ou bien a refus&#233;. En somme, la seule modification que les sociaux-d&#233;mocrates, repr&#233;sentants de &#171; l'aristocratie ouvri&#232;re &#187;, demandaient au &#171; cadre juridique bourgeois &#187;, c'&#233;tait de bien vouloir leur faire, dans le syst&#232;me, une petite place de gestionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le PCF (ou le PS) veulent-ils effectivement &#171; d'importantes r&#233;formes de structure &#187; ? Ni plus ni moins que les partis de la IIe Internationale. Malgr&#233; le visage plus radical que son &#233;tiquette &#171; communiste &#187; et sa d&#233;magogie contribuent &#224; lui donner, le PCF ne cherche nullement &#224; s'opposer &#224; la bourgeoisie pour tenter de lui imposer des &#171; r&#233;formes de structure &#187; dont elle ne voudrait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, c'est bien en tant que candidat &#224; la gestion du capitalisme que le PCF, tout comme le PS, se pr&#233;sente. La querelle des nationalisations, de ce point de vue, ne d&#233;ment nullement ce point, mais le confirme. La politique de nationalisation, avec rachat, d'un certain nombre de secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie, est purement et simplement une des politiques du grand capital, et cela que le nombre de nationalisations pr&#233;vu soit 729 (version PCF) ou un peu plus de 200 (version PS) ! Il s'agit de mettre ces grands groupes sous le contr&#244;le - et les subsides - de l'&#201;tat, tout en subventionnant le grand capital priv&#233; par le rachat de ses actions. Cette politique apporte ainsi ou grand capital une &#171; relance &#187;, ainsi que les moyens de nouveaux investissements pay&#233;s par l'argent de l'&#201;tat, et donc de la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel est donc le poids, dans l'affaire, des int&#233;r&#234;ts de la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; ? Il est en fait tr&#232;s faible. Bien s&#251;r, cette &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; constitue pour les partis de l'Union de la gauche, une client&#232;le privil&#233;gi&#233;e. C'est pourquoi, dans un &#233;ventuel gouvernement de gauche, on verrait certes le PCF (et le PS) chercher &#224; obtenir pour elle un certain nombre d'avantages nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cela n'implique nullement, dans la recherche de ces avantages, que le PCF soit conduit &#224; affronter si peu que ce soit la bourgeoisie. Bien au contraire, c'est en liant son sort &#224; celui du grand capital que la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; esp&#232;re obtenir pour elle-m&#234;me quelques petits avantages, r&#233;sultant de son r&#244;le de gestionnaire. Et, pour obtenir cela, elle n'a pas d'autre choix, &#224; travers ses repr&#233;sentants politiques le PCF et le PS, que de chercher &#224; convaincre la grande bourgeoisie de l'int&#233;r&#234;t qu'a celle-ci &#224; se servir d'elle et des partis de gauche. C'est dire que l'aspect fondamental de la politique du PCF, tout comme du PS, est d'&#234;tre une politique pour le grand capital et, accessoirement seulement, une politique d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187;, dans la mesure o&#249; ceux-ci n'entrent pas en contradiction avec les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie elle-m&#234;me. En d'autres termes, le fait que le PCF soit le repr&#233;sentant politique privil&#233;gi&#233; d'une &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; ne le conduit nullement &#224; s'opposer &#224; la bourgeoisie, mais au contraire &#224; se proposer comme gestionnaire des int&#233;r&#234;ts de celle-ci. De la m&#234;me fa&#231;on, &#171; l'embourgeoisement &#187; des sommets de la classe ouvri&#232;re que L&#233;nine d&#233;non&#231;ait apr&#232;s 1914 ne conduisait nullement cette &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187; &#224; s'opposer &#224; la bourgeoisie, mais la conduisait au contraire &#224; rechercher avec elle le moyen d'assurer la survie du capitalisme. Et qu'on ne s'y trompe pas, ce choix social fondamental fait du PCF et du PS des partis pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre l'ordre et la propri&#233;t&#233; bourgeoise avec autant d'acharnement que les partis de la IIe Internationale, c'est-&#224;-dire y compris de fa&#231;on sanglante, et y compris bien s&#251;r, si les int&#233;r&#234;ts de la &#171; bureaucratie ouvri&#232;re &#187; n'y trouvent pas leur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute autre analyse revient &#224; estimer, m&#234;me si on ne le dit pas, qu'il existerait, entre la bourgeoisie et la classe ouvri&#232;re, une sorte de &#171; troisi&#232;me classe &#187;, dont le projet politique serait l'instauration du &#171; capitalisme d'&#201;tat &#187;, et dont le PCF en France serait l'expression politique. Pour les mao&#239;stes, cette classe est parfois nomm&#233;e, explicitement, &#171; Ies nouveaux bourgeois &#187;, ou &#171; la deuxi&#232;me bourgeoisie &#187;. L'OCT, quant &#224; elle, croit l&#233;gitimer son existence, du point de vue marxiste, en la nommant &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;. Mais la d&#233;marche est la m&#234;me : dans les deux cas, cette classe sociale serait capable d'imposer &#171; des modifications substantielles du cadre &lt;i&gt; juridique bourgeois &#187;, &lt;/i&gt;qui se traduiraient par une &#233;tatisation plus ou moins compl&#232;te de l'&#233;conomie, contre la volont&#233; de la bourgeoisie elle-m&#234;me. Dans les deux cas, cette analyse revient &#224; admettre qu'il existe une couche ou une classe sociale autre que la classe ouvri&#232;re, pr&#234;te &#224; s'opposer au capitalisme pour imposer &#224; la soci&#233;t&#233; des modifications de structure, des transformations sociales qui contredisent les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, m&#234;me si elles sont bien loin d'&#234;tre de v&#233;ritables transformations socialistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cons&#233;quences que tirent de ces analyses les organisations qui les formulent sont oppos&#233;es. Le PCR (ML) renvoie dos &#224; dos &#171; les deux bourgeoisies &#187; : la bourgeoisie au pouvoir, et celle qui, sous la forme du &#171; capitalisme d'&#201;tat &#187; propos&#233; par le PC, viserait &#224; la remplacer. L'OCT, elle, consid&#232;re, suite &#224; son analyse, que la d&#233;faite de la droite aux prochaines &#233;lections serait, de toute fa&#231;on, &#171; une d&#233;faite du quartier g&#233;n&#233;ral de la bourgeoisie &#187;, et que, &#224; ce titre, l'Union de la gauche a droit au soutien de l'extr&#234;me-gauche, au moins au second tour de ces &#233;lections. Mais les uns et les autres accordent &#224; la coalition PC-PS, et en particulier &#224; l'int&#233;rieur de celle-ci, au PCF, des intentions r&#233;elles de transformation sociale. La divergence n'est que dans l'adoption, face &#224; cette intention de transformation sociale, d'attitudes tactiques diff&#233;rentes : le PCR (ML) r&#233;cuse les &#171; deux bourgeoisies &#187;, tandis que l'OCT juge en quelque sorte que la victoire &#233;lectorale de la seconde cr&#233;erait une situation plus favorable aux masses populaires. Et cette divergence tactique ne retire rien &#224; la profonde communaut&#233; des deux d&#233;marches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce type d'analyse admet que, en dehors des deux classes sociales fondamentales d'aujourd'hui, la bourgeoisie et le prol&#233;tariat, d'autres groupes sociaux peuvent jouer un r&#244;le historique plus ou moins ind&#233;pendant, sans qu'ils se placent dans l'un de ces deux camps fondamentaux. Elle fournit ainsi un fond politique &#224; toutes les d&#233;marches opportunistes : de la d&#233;marche ultra-gauche qui renvoie dos &#224; dos &#171; les deux bourgeoisies &#187;, &#224; la d&#233;marche de ceux qui recherchent, dans le soutien &#224; des forces &#233;trang&#232;res au prol&#233;tariat, le moyen miracle de d&#233;bloquer une situation, recherchant en fait des substituts &#224; la lutte de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce cas, cette d&#233;marche conduit, de plus, &#224; se tromper dans l'analyse de la querelle PCF-PS, et &#224; voir des raisons fondamentales &#224; cette querelle, l&#224; o&#249; il n'y a qu'une grossi&#232;re com&#233;die &#233;lectorale.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;L'analyse de la ligue communiste r&#233;volutionnaire&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Mais ce type d'analyse n'est pas strictement r&#233;serv&#233; aux organisations mao&#239;stes. La Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, par exemple, n'adopte pas une telle analyse &#171; capitaliste d'&#201;tat &#187; des Partis Communistes, ni donc des raisons de la querelle PCF-PS. Elle qualifie globalement l'Union de la gauche comme un bloc de &#171; partis r&#233;formistes &#187;. Et pourtant cette d&#233;marche diff&#233;rente, recouvre une profonde parent&#233; avec celle des analyses &#171; capitalistes d'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le qualificatif de &#171; partis r&#233;formistes &#187;, de &#171; projet r&#233;formiste &#187;, utilis&#233; syst&#233;matiquement pour parler des partis de l'Union de la gauche, permet d'&#233;viter soigneusement de caract&#233;riser ces partis comme des partis qui proposent, &#224; la bourgeoisie, une alternative politique aux partis de droite, et se posent donc, avant tout, comme des candidats au r&#244;le de gestionnaires de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Au contraire, le qualificatif de &#171; r&#233;formistes &#187; permet d'accr&#233;diter l'id&#233;e que ces partis, une fois au gouvernement, se proposent effectivement de transformer la soci&#233;t&#233; bourgeoise, de la &#171; r&#233;former &#187;. Le seul reproche qui leur est fait est alors d'&#234;tre incons&#233;quents, en ne voulant pas utiliser les seuls moyens susceptibles de transformer effectivement la soci&#233;t&#233; bourgeoise : les moyens r&#233;volutionnaires. Leur objectif, en somme, serait juste, et seuls les moyens qu'ils proposent seraient critiquables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En refusant d'admettre que l'objectif du PS et du PC est purement et simplement de gouverner pour la bourgeoisie, et pour cela d'obtenir sa confiance, cette analyse permet de justifier une attitude de &#171; soutien critique &#187; &#224; l'Union de la gauche, se proposant d'appuyer les &#171; initiatives positives &#187; de celle-ci, en critiquant seulement les moyens employ&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit, l&#224; encore, d'une attitude opportuniste. Et sa parent&#233; profonde avec les analyses opportunistes des &#171; capitalistes d'&#201;tat &#187; est qu'elle attribue, &#224; des partis comme le PC une volont&#233; de transformation sociale qu'ils n'ont pas. Il s'agit, l&#224; encore, de la recherche de substituts &#224; la lutte de la classe ouvri&#232;re, et cette recherche d&#233;bouche sur le soutien, m&#234;me &#171; critique &#187;, &#224; des forces ennemies du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Explicitement ou implicitement, c'est la pr&#233;sence du PCF au sein de l'Union de la gauche qui est cens&#233; expliquer cette volont&#233; de transformation sociale attribu&#233;e &#224; la gauche au gouvernement. Il est vrai qu'il serait plus difficile de soutenir que le Labour Party anglais ou la social-d&#233;mocratie allemande auraient des objectifs de ce genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fond, la LCR analyse aussi le PCF comme un parti qui repr&#233;sente &#171; autre chose &#187;, et qui contre la bourgeoisie s'appuierait sur les travailleurs, pour mener une politique qui ne serait plus bourgeoise. C'est ce type de d&#233;marche pouss&#233; jusqu'au bout, qui am&#232;ne la Ligue &#224; affirmer que les PC des pays de l'Est, de Chine ou de Yougoslavie, ont effectivement proc&#233;d&#233; &#224; la constitution d' &#171; &#201;tats ouvriers &#187; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s ou d&#233;form&#233;s ind&#233;pendamment d'un mouvement r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. Alors que si le PC s'appuie en effet - au moins &#233;lectoralement - sur les travailleurs, c'est bien pour mener une politique totalement bourgeoise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi il est significatif que, dans le cadre de cette analyse, la LCR soit parfois amen&#233;e, en cherchant les raisons de la querelle PC-PS, entre autres explications, &#224; certaines explications qui ne sont nullement &#233;loign&#233;es des explications &#171; capitalistes d'&#201;tat &#187;. C'est ainsi que l'on peut lire, dans &lt;i&gt; Impr&#233;cor&lt;/i&gt; n&#176; 14 du 13 octobre 1977, sous la plume de Daniel Bensa&#239;d, dirigeant de la LCR :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Pour vaincre les r&#233;ticences &#224; l'int&#233;rieur de son propre appareil, Marchais devait se pr&#233;valoir de solides garanties : il faut que l'enjeu vaille le risque, Il ne faut pas que les ministres communistes puissent &#234;tre cong&#233;di&#233;s comme en 1947. Il faut que le parti conqui&#232;re des positions durables dans l'appareil d'&#201;tat. D'o&#249; la valeur de test de la pol&#233;mique sur les nationalisations. Ce qui est en jeu derri&#232;re le nombre de filiales nationalisables, c'est le probl&#232;me de la gestion. La CGT est majoritaire dans la plupart des entreprises concern&#233;es. Le PCF contr&#244;lerait ainsi la direction de nombre d'entreprises cl&#233;s (...) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que l'on voir surgir une telle explication est parfaitement logique ; &#224; partir du moment o&#249; l'on attribue aux partis &#171; r&#233;formistes &#187; des intentions de transformations sociales, pourquoi ne pas penser que le parti le plus &#224; gauche de la coalition, le PC, a en effet l'intention de transformer la soci&#233;t&#233; plus que le Parti Socialiste ? Et cette explication est tout &#224; fait r&#233;v&#233;latrice de la parent&#233; profonde de cette d&#233;marche avec celle des organisations &#171; capitalistes d'&#201;tat &#187;. Cette parent&#233; r&#233;side dans un opportunisme commun, dans une recherche de substituts &#224; la lutte de la classe ouvri&#232;re qui est commune &#224; ces organisations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Quand le PSU, l'OCI et la LCR militent pour que Parti socialiste et Parti communiste restent unis</title>
	
	
	
	

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		<dc:date>1977-09-30T23:01:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'extr&#234;me-gauche &#224; la recherche de l'Union de la gauche &#187;, tel &#233;tait le titre d'un article r&#233;cent du &lt;i&gt; Monde&lt;/i&gt;, consacr&#233; aux prises de position et aux probl&#232;mes des groupes d'extr&#234;me-gauche fran&#231;ais apr&#232;s la rupture des n&#233;gociations sur la r&#233;actualisation du Programme Commun entre le Parti Communiste et le Parti Socialiste. Ainsi, le quotidien bourgeois qui soutient Mitterrand, soulignait-il ironiquement les contradictions de la plupart de ces groupes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils se voulaient tr&#232;s critiques vis-&#224;-vis de l'Union de la gauche, c'est-&#224;-dire de l'alliance entre le Parti Communiste et le Parti Socialiste, et du Programme Commun de gouvernement sign&#233; par ces deux partis en 1972. Ils ont pass&#233; des ann&#233;es &#224; mettre en garde les travailleurs contre cette Union de la gauche. Mais lorsque cette Union semble mal en point, que les deux grands partis de gauche semblent sur le point de rompre, toute leur politique revient alors, explicitement, ou implicitement, directement ou indirectement, &#224; militer pour... une alliance du PC et du PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela est vrai du PSU, mais aussi de l'Organisation Communiste Internationaliste et de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire qui sont des organisations trotskystes.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Le psu &#224; la recherche d'un mauvais compromis... et de quelques si&#232;ges&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Cela n'a certes rien d'&#233;tonnant de la part du PSU. Ce parti n'a jamais &#233;t&#233; autre chose qu'une fraction de la social-d&#233;mocratie fran&#231;aise. Elle s'&#233;tait &#233;cart&#233;e du PS (alors la SFIO) lorsque celui-ci, us&#233; par les responsabilit&#233;s qu'il avait prises dans les gouvernements de la Quatri&#232;me R&#233;publique, voyait fondre son influence et le nombre de ses &#233;lecteurs. Elle s'est &#224; nouveau rapproch&#233;e de lui quand il a commenc&#233; &#224; regagner, sous la conduite de Mitterrand, cette influence &#233;lectorale. Un bon nombre de ses leaders, dont Michel Rocard lui-m&#234;me, ont alors purement et simplement rejoint le PS. Et ce qui restait du PSU, en attendant sans doute de suivre l'exemple de Rocard, a tent&#233; depuis quelques ann&#233;es de trouver une petite place aux c&#244;t&#233;s de l'Union de la gauche et en alliance avec elle. La seule perspective du PSU aujourd'hui, au-del&#224; de ses critiques formelles de l'Union de la gauche et du Programme Commun et de son verbiage sur &#171; l'autogestion &#187; ou &#171; l'&#233;cologie &#187; (verbiage qui est aussi celui du PS d'ailleurs) c'est que l'Union de la gauche, en &#233;change de l'apport des quelques voix que peut glaner le PSU, lui r&#233;serve quelques si&#232;ges. C'est ainsi qu'aux derni&#232;res &#233;lections municipales les candidats du PSU s'&#233;taient gliss&#233;s sur les listes de l'Union de la gauche. PS et PC estimeront-ils que les forces &#233;lectorales du PSU valent de lui laisser quelques strapontins aux &#233;lections l&#233;gislatives ? Cela est une autre question et rien n'est moins s&#251;r. Mais c'est en tout cas l'espoir du PSU.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons en passant que ni la nature du PSU ni sa politique actuelle n'emp&#234;chent la LCR de l'inclure r&#233;guli&#232;rement dans les forces &#224; qui elle propose un front &#233;lectoral de l'extr&#234;me-gauche. Le PSU a ignor&#233; et m&#233;pris&#233; ses propositions lors des derni&#232;res &#233;lections municipales. Toute son orientation aujourd'hui est dirig&#233;e vers l'Union de la gauche. Qu'importe ? Pour la LCR le but est toujours une alliance &#233;lectorale avec ce petit bout, de plus en plus petit d'ailleurs, de la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Mousel, l'actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PSU, &#233;crivait, imm&#233;diatement apr&#232;s l'arr&#234;t des discussions entre le PC et le PS : &#171; A quoi sert de se plonger dans le d&#233;tail des mesures du Programme Commun ? Disons-le franchement : &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'un compromis entre une partie de la droite et une partie de la gauche qui se profile derri&#232;re le conflit actuel, nous pr&#233;f&#233;rons, sans h&#233;siter, un accord, peut-&#234;tre limit&#233; dans son objet au plus urgent, mais largement ouvert &#224; toutes les organisations populaires &#187;. Et la semaine suivante, dans &lt;i&gt; Tribune Socialiste&lt;/i&gt;, l'organe du PSU, Victor Leduc rench&#233;rissait : &#171; Nous pr&#233;f&#233;rons, en tout &#233;tat de cause, un mauvais compromis &#224; gauche &#224; un compromis entre une partie de la gauche et une partie de la droite &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi la position du PSU est bien claire. Quelles que soient ses mines effarouch&#233;es, ses r&#233;ticences et ses critiques, hier et aujourd'hui, il soutient l'Union de la gauche. Et cela inconditionnellement, c'est-&#224;-dire en se moquant parfaitement de savoir sur quelles bases et dans quel but le PC et le PS peuvent faire alliance. Il est vrai qu'au sein d'une large alliance, le PC et le PS peuvent, peut-&#234;tre, faire une petite place au PSU. Alors que s'ils s'opposent ouvertement, ils ne peuvent se permettre, ni l'un ni l'autre, de faire le moindre cadeau &#224; un partenaire trop faible. Et ceci explique sans doute la position du PSU.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;L'oci soutient mitterrand contre marchais&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, depuis la fin septembre, l'OCI a engag&#233; une grande campagne : son hebdomadaire &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; explique &#224; longueur de colonnes qu'il faut l'unit&#233; &#171; pour une majorit&#233; PS-PCF aux &#233;lections l&#233;gislatives &#187; ou &#171; pour en finir avec le gouvernement Giscard-Barre et la Cinqui&#232;me R&#233;publique &#187; (titre&lt;i&gt; &lt;/i&gt;d'&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; du 12 octobre 1977). Ses militants sont mobilis&#233;s pour faire signer des p&#233;titions qui demandent au PC et au PS de s'unir, ou encore envoyer des t&#233;l&#233;grammes aux directions du PC et du PS pour leur enjoindre de cesser leur dispute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; a rapport&#233; un certain nombre de discussions de ses militants avec des militants ou des sympathisants du PC. Par exemple ce dialogue entre un responsable de la section du PCF du 9e arrondissement de Paris et une d&#233;l&#233;gation de l'OCI venue exiger &#171; que se r&#233;alise imm&#233;diatement l'unit&#233; pour la satisfaction de toutes les revendications, pour en finir avec le gouvernement GiscardBarre, pour une majorit&#233; PCF-PS&lt;i&gt; &lt;/i&gt;aux &#233;lections l&#233;gislatives &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le responsable du &lt;i&gt; PCF : &lt;/i&gt; &#171; Nous&lt;i&gt; &lt;/i&gt;avons les m&#234;mes soucis, mais nous ne voulons pas d'un gouvernement de gauche qui fasse une politique de droite. Certes, il faut chasser Giscard, mais pour mettre en oeuvre le Programme Commun, pour assurer un vrai changement. On ne s'unit pas sur n'importe quelle politique. Nous ne voulons pas de pause comme en 1937 ou en 1947 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Un membre de la d&#233;l&#233;gation : Est-ce que la premi&#232;re condition n'est pas de chasser Giscard, donc de s'unir pour une majorit&#233; PCF-PS&lt;i&gt; &lt;/i&gt;aux &#233;lections ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce dialogue est r&#233;p&#233;t&#233; ainsi partout o&#249; il y a des militants de l'OCI. Les militants ou sympathisants du PCF abordent, pour une fois, le probl&#232;me de l'unit&#233; en posant et en se posant un certain nombre de questions : &#171; L'unit&#233;, mais pour quoi faire ? &#187;, &#171; Qu'est-ce que nous pr&#233;pare un gouvernement Mitterrand ? &#187;, etc... Certes ce n'est que parce que leur propre parti est lanc&#233; lui-m&#234;me dans une manoeuvre &#233;lectorale. Mais qu'importe ? C'est tout de m&#234;me mieux, &#224; un degr&#233; de conscience plus haut, que lorsque, aveugl&#233;s par le mythe de l'unit&#233;, ils veulent &#224; tout prix faire confiance &#224; des gens qui s'appr&#234;tent &#224; les trahir, eux et la classe ouvri&#232;re, qui les ont d&#233;j&#224; trahis d'ailleurs, comme le rappelait ce militant du PCF cit&#233; ci-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est le moment que choisit l'OCI pour venir pr&#234;cher... l'aveuglement justement. Oublions, dit-elle, la nature des politiciens socialistes, oublions qu'ils sont des hommes d'&#201;tat bourgeois, laissons de c&#244;t&#233; la question de savoir sur quelles bases se fait l'unit&#233;, oublions que par le pass&#233; elle a servi &#224; berner et tromper les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, l'OCI est lanc&#233;e dans une compagne pour cultiver les illusions des travailleurs. Illusions sur &#171; l'unit&#233; &#187; mais illusions aussi sur les &#233;lections et sur un futur gouvernement PC-PS. Car unit&#233; pour quoi faire d'apr&#232;s l'OCI ? Pour &#171; une majorit&#233; PS-PC &#224; l'Assembl&#233;e Nationale &#187;, pour &#171; un gouvernement PC-PS &#187;. Pourtant le gouvernement Mitterrand-Marchais, qui a des chances de se mettre en place dans quelques mois, sera un gouvernement bourgeois, se servant simplement de son &#233;tiquette &#171; d'ouvrier &#187;, c'est-&#224;-dire de la confiance que font les travailleurs dans le PCF ou le PS, que pour faire accepter &#224; ces travailleurs l'ordre bourgeois, la crise et l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'OCI veut ignorer cet aspect de la question sur lequel m&#234;me les militants du PCF se posent des questions aujourd'hui. Pour les r&#233;dacteurs d'&lt;i&gt; informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, une majorit&#233; PC-PS &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, un gouvernement PC-PS est le premier pas et aussi la porte ouverte &#224; la r&#233;volution : &#171; ... dans le mouvement qui s'engage, il y a, n&#233;cessairement, in&#233;vitablement, la crise r&#233;volutionnaire, l'irruption de millions d'hommes, de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;femmes, de jeunes sur la sc&#232;ne politique dont ils ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s depuis des ann&#233;es et des dizaines d'ann&#233;es. Et dont tout le monde voudrait les tenir &#233;cart&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voil&#224; pourquoi il (un haut fonctionnaire sovi&#233;tique, NDLR) s'&#233;crie &#224; l'adresse des dirigeants du &lt;i&gt; PCF : &lt;/i&gt; &#171; attention, casse-cou ! Vous allez &#234;tre d&#233;bord&#233;s ! Brisez&lt;i&gt; , &lt;/i&gt;cassez tout ce qui peut ressembler &#224; l'unit&#233; des rangs ouvriers 1 &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voil&#224; la ligne que Marchais applique &#187; (&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res &lt;/i&gt;du 12.10.77)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car l'autre cons&#233;quence de la politique de l'OCI c'est de concentrer tous ses feux sur le PCF. En effet, puisque ce qu'il faut c'est l'unit&#233; &#224; n'importe quel prix, sur n'importe quelles bases, le fautif est, bien s&#251;r, celui qui aujourd'hui fait mine de refuser justement cette unit&#233; sur n'importe quelles bases et qui pr&#233;tend discuter du contenu : c'est-&#224;-dire le PCF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y a plus un mot de critique contre le Parti Socialiste dans &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt;. Ah ! il est loin le temps o&#249; l'OCI d&#233;non&#231;ait l'OPA du &#171; politicien bourgeois Mitterrand &#187; sur le Parti Socialiste. Francois Mitterrand n'est plus que le chef d'un parti ouvrier &#224; qui l'on n'a rien &#224; reprocher puisqu'il est &#171; unitaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; consacre article sur article &#224; d&#233;noncer les turpitudes de Marchais. Celui-ci est pr&#233;sent&#233; comme un agent docile du Kremlin qui n'h&#233;site pas &#224; briser l'unit&#233; ouvri&#232;re pour emp&#234;cher que se forme une majorit&#233; PC-PS &#224; l'Assembl&#233;e Nationale et donc un gouvernement PC-PS. Car l'OCI n'h&#233;site pas &#224; reprendre une th&#232;se que tout le r&#233;cent pass&#233; et toute la r&#233;cente politique du PCF et de Marchais contredisent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ainsi l'OCI en vient m&#234;me &#224; attaquer le PCF parce que celui-ci, par la bouche de Marchais, a menac&#233; de ne pas se d&#233;sister au second tour des &#233;lections l&#233;gislatives pour le candidat socialiste qui serait arriv&#233; avant le candidat du PCF. Il s'agit bien s&#251;r, de la part du PCF, d'un simple petit chantage. L'accord &#233;lectoral lui est n&#233;cessaire autant qu'au PS. Mais ce chantage entre dans le cadre de la campagne actuelle du PCF contre le PS qui a pour but de regrouper les troupes et l'&#233;lectorat du PCF et de miner la confiance des travailleurs en Mitterrand pour les amener &#224; voter le plus nombreux possible pour le PCF. Pour cela il faut que le PCF apparaisse intransigeant et r&#233;ellement pr&#234;t &#224; rompre plut&#244;t qu'&#224; c&#233;der. Le fond de toute la querelle a d'ailleurs tr&#232;s bien &#233;t&#233; r&#233;sum&#233; par Marchais dans son r&#233;cent rapport au Comit&#233; Central du PCF : &#171; Le PCF&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ne peut consentir &#224; donner au Parti Socialiste, dans ces conditions, c'est-&#224;-dire en l'absence d'engagements clairs, pr&#233;cis, concrets de sa part, la possibilit&#233; d'utiliser le PCF&lt;i&gt; &lt;/i&gt;comme un marchepied pour aller ensuite au gouvernement seul ou avec d'autres, mais sans les communistes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela indigne tr&#232;s fort &lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt; : &#171; La position de Marchais, r&#233;affirm&#233;e avec insistance depuis plusieurs jours, est intol&#233;rable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est du front unique de classe le plus &#233;l&#233;mentaire qu'il s'agit, du vote classe contre classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas une voix pour les partis bourgeois. D&#233;sistement r&#233;ciproque syst&#233;matique et r&#233;ciproque au deuxi&#232;me tour entre les candidats du PCF&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et du PS, en faveur du mieux plac&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc o&#249; aboutit la politique de l'OCI : &#224; un soutien inconditionnel &#224; Mitterrand et aux politiciens du PS et &#224; l'&#233;lectoralisme le plus plat qui ram&#232;ne l'unit&#233; ouvri&#232;re &#224; un accord &#233;lectoral entre le PC et le PS. Mais cet accord &#233;lectoral, avec ou sans Programme Commun d'ailleurs, se renouvelle &#224; chaque &#233;lection. Il ne peut manquer de se r&#233;aliser &#224; nouveau en mars 78. L'OCI estimera-t-elle alors que le front unique ouvrier est r&#233;alis&#233; ? Il est vrai que pour sauver les apparences, elle peut toujours se souvenir alors de ce qu'elle oublie compl&#232;tement aujourd'hui apr&#232;s en avoir fait tellement de cas pendant des ann&#233;es : que cette alliance &#233;lectorale PC-PS englobe toujours les radicaux de gauche. Cela n'a aucune importance et ne change en rien la nature de l'alliance Mitterrand-Marchais. Mais ca donnera au moins &#224; l'OCI le pr&#233;texte pour prendre ses distances d'avec une solution politique sur laquelle elle aura contribu&#233;, &#224; son modeste niveau, &#224; accroi&#206;tre les illusions des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;La lcr n'a pas d'autre perspective qu'un gouvernement pc-ps&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les positions de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire sont certes assez diff&#233;rentes de celles de l'OCI. La LCR reste ouvertement critique vis-&#224;-vis du PC et du PS. Et pourtant finalement elle en revient, elle aussi, &#224; cultiver les illusions sur l'unit&#233; et sur un &#233;ventuel gouvernement PC-PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes la LCR a critiqu&#233; et continue &#224; critiquer le Programme Commun et ses diverses &#171; interpr&#233;tations &#187; aussi bien du PC que du PS : &#171; Ce Programme Commun, les organisations r&#233;volutionnaires ne l'ont jamais soutenu. Elles ont expliqu&#233;, tout particuli&#232;rement lors des derni&#232;res municipales, que ce programme, jamais soumis &#224; une large critique des travailleurs, que ce compromis de sommet entre des politiques dont aucune ne se propose de rompre avec l'&#233;conomie de profit et les institutions de l'&#201;tat bourgeois, ne pouvait pas r&#233;pondre aux revendications et aux exigences ont !capitalistes des travailleurs, ne pouvait pas &#234;tre la base d'une v&#233;ritable unit&#233; ouvri&#232;re &#187; (Appel de la LCR, l'OCI et le CCA &#171; pour une large confrontation des travailleurs et de leurs organisations &#187; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, la LCR d&#233;fend un autre programme plus radical, comme de nationaliser tous les grands secteurs &#233;conomiques par exemple (est-ce le programme qu'il convient aujourd'hui de d&#233;fendre ? C'est une question que nous ne discuterons pas dans le cadre de cet article).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, la LCR explique les v&#233;ritables raisons de la crise actuelle entre le PCF et le PS : &#171; En fait, le PS et le PCF&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ne se disputent pas pour d&#233;fendre au mieux les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Ils se disputent pour savoir lequel sera le plus fort, lequel aura la plus grosse part du g&#226;teau &#233;lectoral et gouvernemental &#187;, disait une d&#233;claration du bureau politique de la LCR du 26 septembre. Certes, la LCR d&#233;nonce les v&#233;ritables intentions de Mitterrand : &#171; En fait, F&lt;i&gt; . &lt;/i&gt;Mitterrand se pr&#233;pare &#224; g&#233;rer le capitalisme en crise comme Mario Scores ou Portugal et comme Callaghan en Angleterre &#187;, ajoute la m&#234;me d&#233;claration du bureau politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le num&#233;ro du quotidien &lt;i&gt; Rouge&lt;/i&gt; au lendemain de la rupture des n&#233;gociations entre le PC et le PS (n&#176; du 24-25 septembre 77) titrait, en tr&#232;s gros, &#171; Il faut l'unit&#233; &#187; ajoutant, en plus petit, &#171; pour en finir avec l'aust&#233;rit&#233;, pour chasser le gouvernement Giscard-Barre, pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;imposer des solutions ouvri&#232;res &#224; la crise &#187;. Un titre qui, en fait, est pratiquement le m&#234;me que ceux d'&lt;i&gt; Informations Ouvri&#232;res&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et le 26 septembre 77, le bureau politique de la LCR publiait une d&#233;claration portant en titre : &#171; Pour en finir avec l'aust&#233;rit&#233;, pour chasser le gouvernement Giscard-Barre, pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;imposer les solutions ouvri&#232;res &#224; la crise, il faut l'unit&#233; ouvri&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi la LCR va r&#233;p&#233;tant qu'il faut l'unit&#233; &#171; ouvri&#232;re &#187;. Or le lendemain de la rupture entre le PC et le PS, &#224; propos de la mani&#232;re dont ils vont se pr&#233;senter aux prochaines &#233;lections, dans une p&#233;riode o&#249; l'&#233;norme majorit&#233; des travailleurs est pr&#233;occup&#233;e par cette rupture et voudrait bien qu'intervienne une r&#233;conciliation, &#171; l'unit&#233; &#187; ne peut signifier que l'unit&#233; du PC et du PS en vue des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs ce que la LCR donne comme perspective aux travailleurs, elle aussi, c'est... un gouvernement PC-PS. &#171; Et nous appelons les travailleurs &#224; lutter pour un gouvernement de leurs partis majoritaires, c'est-&#224;-dire un gouvernement du PC et du PS. Pas un gouvernement gardant Giscard, pas un gouvernement soumis au chantage d'un Fabre, pas&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un gouvernement respectant l'&#233;conomie de march&#233;, pas un gouvernement cajolant la hi&#233;rarchie militaire, mais un gouvernement rompant effectivement avec la bourgeoisie et s'engageant &#224; satisfaire les revendications ouvri&#232;res, un gouvernement s'appuyant sur la mobilisation des travailleurs organis&#233;s unitairement &#224; la base et responsable devant eux &#187;. (&lt;i&gt; Rouge&lt;/i&gt; du 7 octobre 1977).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En pr&#233;sentant les choses ainsi, la LCR pense avoir trouv&#233; la r&#233;ponse &#224; la question que posait Alain Krivine dans &lt;i&gt; Rouge&lt;/i&gt; du 3 octobre : &#171; Les r&#233;volutionnaires, eux, qui ont toujours critiqu&#233; le Programme Commun se demandent comment pouvoir intervenir dans un d&#233;bat qui oppose les deux appareils du mouvement ouvrier &#187;. Elle pense avoir trouv&#233; une excellente tactique pour profiter de l'inqui&#233;tude des travailleurs devant la situation politique et la rupture des deux grands partis de gauche et intervenir dans le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cela qu'elle a d'ailleurs tent&#233; de concr&#233;tiser en proposant, en commun avec l'OCT et les CCA, au Parti Communiste et au Parti Socialiste, d'organiser partout des d&#233;bats pour que les travailleurs tranchent entre les diff&#233;rentes propositions de programmes qui leur sont soumis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cette proposition de d&#233;bats, outre le fait qu'elle n'a gu&#232;re de chance de se r&#233;aliser, aboutit en fait &#224; renforcer les illusions dans l'unit&#233; du PC et du PS et d'un gouvernement PC-PS. Car, aujourd'hui, elle n'a pas d'autre signification que de laisser entendre aux travailleurs qu'ils ont une chance de dicter leur programme &#233;lectoral au PS et au PC et sa conduite &#224; un futur gouvernement Marchais-Mitterrand, que celle-ci d&#233;pendrait d'engagements &#233;lectoraux et finalement que l'enjeu fondamental de la p&#233;riode pour la classe ouvri&#232;re c'est d'envoyer au Parlement une majorit&#233; PC-PS avec un bon programme pour avoir ensuite uh gouvernement PC-PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est bien l&#224; qu'on en revient fondamentalement. La propagande pour l'unit&#233;, m&#234;me lorsqu'on ajoute &#171; ouvri&#232;re &#187;, ne peut &#234;tre comprise aujourd'hui que comme l'unit&#233; du PC et du PS. Et d'ailleurs quand la LCR concr&#233;tise le but de cette unit&#233;, c'est bien d'un gouvernement du PC et du PS et de rien d'autre dont elle parle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; ses critiques &#224; l'encontre du PS, du PC et de l'Union de la gauche, la LCR aboutit &#224; dire aux travailleurs que leur seule possibilit&#233; pour changer quelque chose c'est de passer par un gouvernement Mitterrand-Marchais. Elle ajoute qu'il faudra &#234;tre vigilant et sans doute faire pression sur ce gouvernement. Mais Mitterrand et Marchais au pouvoir c'est quand m&#234;me cela que la LCR pr&#233;sente pour la seule solution. Et cela aboutit &#224; pousser les travailleurs, m&#234;me critiques, derri&#232;re le PC ou le PS. Et aussi dans la voie &#233;lectoraliste. Car aujourd'hui c'est tout de m&#234;me bien par un accord &#233;lectoral du PS et du PC aux prochaines &#233;lections qu'il y a la meilleure chance qu'un gouvernement PS-PC voie le jour.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.4'&gt;&lt;/a&gt;Dissiper ou cr&#233;er des illusions ?&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La t&#226;che des r&#233;volutionna ires aujourd'hui n'est pas de se faire les champions de l'unit&#233;. Demain, gr&#226;ce &#224; une alliance d'une sorte ou d'une autre, il y aura peut-&#234;tre un gouvernement PC-PS. Mais cet &#233;ventuel gouvernement Mitterrand-Marchais ne peut &#234;tre qu'un gouvernement bourgeois au service de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte, la t&#226;che primordiale des r&#233;volutionnaires est d'expliquer aux travailleurs ce qui les attend, d'aider &#224; dissiper leurs illusions dans ce gouvernement qui va se pr&#233;tendre leur repr&#233;sentant et qui gouvernera en faveur de leurs ennemis, de les pr&#233;parer politiquement et moralement &#224; affronter ce gouvernement, de leur montrer qu'au-del&#224; il y a d'autres perspectives pour la classe ouvri&#232;re, de faire comprendre que le sort des travailleurs ne repose pas sur un gouvernement Mitterrand-Marchais, sa bonne volont&#233; ou m&#234;me la possibilit&#233; d'influer sur lui, mais d'abord sur leurs capacit&#233;s de s'organiser ind&#233;pendamment de ce gouvernement et m&#234;me contre lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne pr&#233;pare pas cela aujourd'hui en inculquant qu'en dehors de l'unit&#233; il n'y a pas de salut, que la rupture de l'alliance &#233;lectorale entre le PC et le PS, ou leur &#233;chec &#233;lectoral aux prochaines &#233;lections serait la fin de tout e possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pr&#233;senter une propagande pour l'unit&#233; &#233;lectorale PS-PC comme une politique de Front Unique ouvrier, comme le font l'OCI et m&#234;me parfois la LCR, n'est rien d'autre qu'une aimable plaisanterie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'abord parce qu'une politique de front unique est une proposition d'alliance entre les r&#233;volutionnaires et les r&#233;formistes alors qu'ici il s'agit simplement de pousser &#224; l'unit&#233; deux organisations r&#233;formistes, depuis longtemps int&#233;gr&#233;es dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, unit&#233; qui ne peut se faire que sur le dos des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite parce qu'une politique de front unique consiste &#224; regrouper les forces de la classe ouvri&#232;re sur un but et un programme pr&#233;cis, m&#234;me s'ils sont limit&#233;s. Or ici l'unit&#233; c'est, au pire, pour l'OCI, une unit&#233; ind&#233;pendamment de tout programme et, au mieux, pour la LCR, une unit&#233; pour chercher quel programme pourrait permettre... l'unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat c'est que les tentatives opportunistes de ces organisations pour avoir l'oreille des travailleurs d&#233;&#231;us par les frictions entre le PC et le PS, n'aboutissent qu'&#224; renforcer les illusions de leurs propres sympathisants et militants dans les &#233;lections et dans les politiciens &#224; la Mitterrand et &#224; la Marchais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>La section antillaise du secr&#233;tariat unifi&#233; : un trotskysme de fa&#231;ade</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Groupe R&#233;volution Socialiste (GRS) est n&#233; du regroupement de militants issus du Parti Communiste Martiniquais et d'un mouvement de jeunes lyc&#233;ens proche d'eux. Le principal dirigeant du GRS, &#201;douard Del&#233;pine, a &#233;t&#233; le responsable des Jeunesses Communistes, et &#233;tait membre de la direction du PCM, avant d'&#234;tre exclu de ce parti &#224; la suite de ses prises de position en faveur de l'ind&#233;pendance de la Martinique (alors que le Parti Communiste Martiniquais se contente de revendiquer &#171; l'autonomie en union avec la France &#187; ). Plusieurs autres dirigeants ou militants des diff&#233;rentes sections du PCM furent exclus avec Del&#233;pine, ou choisirent de le rejoindre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, c'est sous le nom de Mouvement du 10 Janvier que le futur GRS exista. Il avait alors tourn&#233; l'essentiel de ses forces vers les lyc&#233;es et la milieu enseignant, et conservait des liens avec des militants du PCM.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier congr&#232;s du GRS, en tant que tel, se tint en 1973. Et c'est depuis cette date que son affiliation au Secr&#233;tariat Unifi&#233; est devenue officielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De son pass&#233;, le GRS a gard&#233; un cr&#233;dit r&#233;el aupr&#232;s d'une partie de l'&#233;lectorat du PCM. Lors de r&#233;centes &#233;lections cantonales et lors des derni&#232;res &#233;lections municipales, on a non seulement vu un candidat du GRS &#234;tre r&#233;&#233;lu maire d'une petite commune et &#233;lu conseiller g&#233;n&#233;ral du canton correspondant, mais dans d'autres communes ou cantons, les candidats du GRS ont obtenu des r&#233;sultats non n&#233;gligeables, atteignant jusqu'&#224; 15 % des suffrages exprim&#233;s. C'est que beaucoup de travailleurs de ces communes ont de l'estime pour ces ex-militants du PCM, dont certains avaient autrefois &#233;t&#233; candidats du Parti Communiste dans les m&#234;mes endroits. D'ailleurs, bien souvent, les candidats pr&#233;sent&#233;s par le GRS sont apparus, en l'absence du PCM, comme les repr&#233;sentants de la gauche face &#224; la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme on le voit, le GRS est une tendance qui doit beaucoup au PCM. Et cela n a rien d'&#233;tonnant, car pendant des ann&#233;es, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, le Parti Communiste Martiniquais a &#233;t&#233; le parti dominant dans la vie politique de l'&#238;le. Deux d&#233;put&#233;s sur trois &#233;taient communistes, et la capitale de la Martinique, Fort de France (le tiers de la population), &#233;tait g&#233;r&#233;e par une municipalit&#233; du PCM.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier coup port&#233; &#224; la toute puissance du PCM fut, en 1956, la scission qui donna naissance au Parti Progressiste d'Aim&#233; C&#233;saire. Par la suite, avec la mont&#233;e du sentiment national martiniquais, les forces rassembl&#233;es des diff&#233;rentes tendances nationalistes plus ou moins organis&#233;es exerc&#232;rent sur le PCM des pressions de plus en plus fortes. Le PCM atteignit le sommet de ses difficult&#233;s avec le d&#233;veloppement de la r&#233;volution cubaine et la prise du pouvoir par Castro &#224; Cuba. Dans ses rangs se discutait la n&#233;cessit&#233; de prendre des positions plus radicales. Pendant plusieurs ann&#233;es, le PCM fut ballot&#233; et perdit beaucoup en influence, en particulier dans le milieu intellectuel et dans la jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s des ann&#233;es de difficult&#233;s, le PCM est rest&#233; la principale organisation ouvri&#232;re en Martinique, parce que jamais ceux qui s'opposaient &#224; lui ne le firent sur le terrain de la classe ouvri&#232;re. Le sort de toutes les tendances nationalistes qui voulurent d&#233;border le PCM a &#233;t&#233; de dispara&#238;tre dans la confusion et les &#233;clatements st&#233;riles. Et si le PPM fond&#233; par C&#233;saire tient toujours et attire autour de lui tout un mouvement de jeunes intellectuels &#171; culturellement &#187; nationaliste, celui-ci doit sa p&#233;rennit&#233; &#224; la personnalit&#233; de C&#233;saire, po&#232;te-&#233;crivain mondialement connu et tr&#232;s respect&#233; dans les pays du Tiers-Monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le GRS, lui, a officiellement abandonn&#233; le terrain du nationalisme pour se revendiquer du trotskysme. mais cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se fixer pour mod&#232;le cuba, la chine ou le vietnam, bien plus que la r&#233;volution d'octobre. &#171; l'exemple prestigieux des combattants vietnamiens est l&#224;, aujourd'hui, qui nous montre la voie ; exemple h&#233;ro&#239;que, au moment o&#249; se conjuguent la crise de l'imp&#233;rialisme et la crise du stalinisme &#187;, &#233;crit-il par exemple. et voulant d&#233;montrer que m&#234;me minoritaire le prol&#233;tariat peut diriger la lutte d'&#233;mancipation nationale et prendre le pouvoir, le grs met un signe d'&#233;galit&#233; entre la r&#233;volution russe d'octobre 17 et les r&#233;volutions chinoise, cubaine et la guerre du vietnam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, tout en affirmant que l'&#201;tat qu'il veut construire est un &#201;tat ouvrier qui &#171; ... s'appuie sur l'institution d&#233;cisive des conseils ouvriers et paysans, forme d'organisation autonome des masses et source fondamentale de pouvoir en r&#233;gime prol&#233;tarien &#187;, le GRS n'en cite pas moins la Chine et Cuba (o&#249; le prol&#233;tariat est et a toujours &#233;t&#233; totalement exclu du pouvoir) comme des types &#171; d'&#201;tat prol&#233;tarien &#187;, bien qu'en leur reconnaissant (trotskysme oblige !) &#171; de s&#233;rieuses d&#233;formations bureaucratiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme on le voit, l'adh&#233;sion formelle du GRS au trotskysme ne l'am&#232;ne pas &#224; mener une politique diff&#233;rente de celle de tous les courants petits-bourgeois nationalistes qui se reconnaissent dans le marxisme ou dans le castrisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les entreprises, le GRS ne m&#232;ne d'ailleurs pas non plus une politique visant &#224; construire dans la classe ouvri&#232;re une organisation prol&#233;tarienne s'opposant au PCM et au PPM, et il se contente d'exercer, l&#224; o&#249; il le peut, une pression sur les repr&#233;sentants de ces partis au sein des organisations syndicales. Dans la plupart des entreprises o&#249; le GRS est pr&#233;sent, ses militants se contentent d'exercer des responsabilit&#233;s syndicales sans combattre r&#233;ellement les bureaucrates syndicaux. Dans une s&#233;rie d'articles intitul&#233;e &#171; Pour un syndicat de type nouveau &#187;, parue en juin-juillet dans R&#233;volution Socialiste (l'organe du GRS), on trouvait un catalogue de conseils g&#233;n&#233;raux sur ce qu'il faudrait faire pour que la vie syndicale se transforme, mais il n'est dit nulle part que les r&#233;volutionnaires doivent combattre l'influence des bureaucrates syndicaux, non seulement pour que les luttes quotidiennes des travailleurs soient plus efficaces, mais aussi et surtout parce qu'il est politiquement n&#233;cessaire de soustraire la classe ouvri&#232;re &#224; leur influence, parce qu'il faut combattre la politique stalinienne et toute vari&#233;t&#233; de nationalisme pr&#233;sent dans la classe ouvri&#232;re pour y faire triompher les id&#233;es socialistes r&#233;volutionnaires. Pour le GRS, il faut &#171; se battre pied &#224; pied pour remplacer les revendications erron&#233;es par celles qui font avancer et la lutte et l'unit&#233; et la conscience des gr&#233;vistes &#187;... mais il ne dit pas contre qui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis quatre ans, le GRS doit d&#233;tenir le record des &#171; comit&#233;s de soutien &#187; mis sur pied autour de gr&#232;ves o&#249; le plus souvent il ne jouait aucun r&#244;le. Et quand il a la possibilit&#233; de jouer un r&#244;le effectif, comme dans la gr&#232;ve de l'EDF en mai 1976, ou dans celle du Commerce en Guadeloupe r&#233;cemment, ses militants s'alignent simplement sur les responsables syndicaux qui apparaissent comme les plus d&#233;mocratiques, et ne font rien pour mettre sur pied des comit&#233;s de gr&#232;ve... quand ils ne soutiennent pas la direction syndicale dans son effort pour garder le contr&#244;le de la situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme on le voit, sur le plan des options politiques fondamentales, comme sur celui de la pratique quotidienne, l'adh&#233;sion du grs au secr&#233;tariat unifi&#233; n'a pas amen&#233; la transformation d'une organisation opportuniste et nationaliste en une organisation prol&#233;tarienne. mais pouvait-il en &#234;tre autrement, alors pr&#233;cis&#233;ment que les &#171; vieilles &#187; sections du secr&#233;tariat unifi&#233; vont chercher de la m&#234;me fa&#231;on leur inspiration du c&#244;t&#233; du nationalisme petit-bourgeois ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>La politique de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en Afrique</title>
	
	
	
	

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		<dc:date>1977-08-31T23:02:00Z</dc:date>
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				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'un bout &#224; l'autre du continent, l'Afrique est en crise, ouverte ou latente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas seulement de la situation explosive entretenue par la s&#233;gr&#233;gation raciale en Afrique du Sud ou en Rhod&#233;sie, deux pays o&#249; une minorit&#233; de Blancs s'accroche &#224; une forme de domination particuli&#232;rement odieuse que l'imp&#233;rialisme avait jug&#233; utile d'abandonner ailleurs. C'est l'ensemble de l'Afrique qui offre l'image d'une juxtaposition de dictatures &#224; l'&#233;quilibre instable, dress&#233;es souvent les unes contre les autres, travaill&#233;es de l'int&#233;rieur par des forces d'opposition multiples, parfois arm&#233;es ; et le tout servant d'ar&#232;ne &#224; la rivalit&#233; entre grandes puissances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Za&#239;re de Mobutu &#233;tait manifestement incapable de faire face &#224; la r&#233;volte qui gagnait l'ex-Katanga, lorsqu'il re&#231;ut l'aide du Maroc soutenu par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. De l'autre c&#244;t&#233; du continent, l'&#201;tat &#233;thiopien &#233;tait menac&#233; de d&#233;sagr&#233;gation par la guerre d'ind&#233;pendance de l'&#201;rythr&#233;e, la r&#233;volte ouverte de plusieurs minorit&#233;s ethniques avant qu'il s'engage avec la Somalie (bien que la Somalie pr&#233;tende n'avoir engag&#233; aucune force r&#233;guli&#232;re aux c&#244;t&#233;s du FLSO, le &#171; Front de Lib&#233;ration de la Somalie Occidentale &#187; ) dans une guerre qui d&#232;s les premiers jours d'affrontement en Ogaden fit plusieurs milliers de morts, o&#249; des femmes, des enfants et des vieillards furent massacr&#233;s, o&#249; en quelques jours furent d&#233;truits des dizaines d'avions et de blind&#233;s. Au Tchad, au Cameroun, au Soudan, des gu&#233;rillas permanentes s'opposent de longue date au pouvoir central. Cet &#233;t&#233;, les affrontements arm&#233;s se sont succ&#233;d&#233; au Sahara, au Nord du Kenya, au Tibesti, sans oublier une v&#233;ritable guerre dans le d&#233;sert entre l'&#201;gypte et la Libye. L'Angola d'Agostino Neto est aux prises avec les gu&#233;rillas sur la majeure partie du territoire, dirig&#233;es par les mouvements nationalistes rivaux. La plupart des &#201;tats africains sont en &#233;tat de guerre froide, larv&#233;e ou franchement ouverte avec leurs voisins : l'&#201;gypte avec la Libye, la Libye avec le Tchad, l'Angola avec le Za&#239;re, la Somalie avec l'&#201;thiopie et le Kenya, l'&#201;thiopie avec le Soudan, l'Ouganda avec le Kenya, etc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les raisons particuli&#232;res de ce que la presse appelle, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la &#171; d&#233;stabilisation &#187; de l'Afrique, sont multiples. Elles constituent chaque fois un m&#233;lange diff&#233;rent de rivalit&#233;s politiques, de haines nationales ou tribales, d'oppositions d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, voire d'ambitions personnelles. Mais derri&#232;re cette multiplicit&#233; de raisons particuli&#232;res, il y a une raison g&#233;n&#233;rale. L'ind&#233;pendance politique que les puissances coloniales avaient commenc&#233; &#224; accorder &#224; leurs anciennes colonies apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, ne mettait pas fin &#224; la d&#233;pendance &#233;conomique de ces pays. Les pays imp&#233;rialistes n'ont accept&#233; de changer la forme de leur domination que pour mieux perp&#233;tuer le fond : continuer &#224; tirer des profits et des mati&#232;res premi&#232;res des ex-colonies, les exploiter sans merci, directement ou par r&#233;gimes &#171; ind&#233;pendants &#187; interpos&#233;s dont la caract&#233;ristique est d'&#234;tre ind&#233;pendants avant tout de leurs propres peuples. Les pays imp&#233;rialistes europ&#233;ens n'ont accord&#233; le plus tard possible que les seules concessions qui leur permettent de poursuivre plus longtemps et avec le maximum d'efficacit&#233; leur fructueux pillage, tout en l&#233;guant aux &#201;tats ind&#233;pendants des fronti&#232;res compl&#232;tement artificielles s&#233;parant en multiples tron&#231;ons des populations unies par des liens ethniques, culturels, &#233;conomiques et religieux, tels les Somalies, pour ne prendre que l'exemple le plus actuel, r&#233;partis entre la Somalie actuelle, Djibouti, l'Est de l'&#201;thiopie, l'Ogaden et le Kenya septentrional.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les peuples africains &#171; ind&#233;pendants &#187; n'ont sans doute jamais connu un tel d&#233;nuement. L'Afrique d'aujourd'hui est un immense r&#233;servoir de mis&#232;re et de r&#233;volte qui constitue un potentiel explosif &#233;norme. Et cela ne peut que s'aggraver pendant cette p&#233;riode de crise &#233;conomique mondiale que les pays sous-d&#233;velopp&#233;s sont les premiers &#224; payer et plus ch&#232;rement que quiconque. C'est cette situation qui est la cause fondamentale de l'instabilit&#233; profonde de l'Afrique qui couvait depuis pr&#232;s de vingt ans et qui prend depuis quelques ann&#233;es un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral. Et finalement, c'est avant tout la volont&#233; des masses opprim&#233;es de se lib&#233;rer, m&#234;me si ces aspirations sont canalis&#233;es dans des conflits aux objectifs nationalistes, qui bouleverse les &#233;quilibres politiques soigneusement &#233;chafaud&#233;s par l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;quilibre politique de l'Afrique post-coloniale n'a jamais &#233;t&#233; qu'un ch&#226;teau de cartes, La lutte de lib&#233;ration nationale des peuples du Mozambique et d'Angola en aboutissant &#224; l'effondrement du dernier empire colonial d'Afrique, a engag&#233; de fa&#231;on irr&#233;versible cette d&#233;stabilisation. Celle-ci risque d'&#234;tre d&#233;sormais une donn&#233;e permanente transformant l'Afrique en un vaste champ de bataille o&#249; non seulement se m&#232;nent les luttes de lib&#233;ration aux cons&#233;quences incalculables contre les derni&#232;res formes de domination coloniale comme en Afrique du Sud, mais o&#249; s'affrontent aussi les diff&#233;rents appareils d'&#201;tats nationalistes ind&#233;pendants qu'ils prennent ou pas appui sur les aspirations nationales de diff&#233;rentes minorit&#233;s opprim&#233;es. Ces conflits sont en outre amplifi&#233;s et ont tendance &#224; prendre des dimensions internationales par la seule existence de la rivalit&#233; militaire entre les deux Grands, l'URSS et les &#201;tats-Unis, qui arment directement ou par &#201;tats interpos&#233;s tel ou tel camp. Mais les rapports de forces r&#233;els ne se d&#233;cident que sur le terrain ; aussi les chances de l'emporter (ou de s'effondrer) de tel ou tel &#201;tat bellig&#233;rant (ou de tel mouvement nationaliste) am&#232;nent-elles les deux grandes puissances (et les &#201;tats-Unis en premier lieu) &#224; de fr&#233;quentes r&#233;visions d'alliances comme viennent de le montrer les spectaculaires renversements d'alliances de ces derniers mois et derni&#232;res semaines dans la corne de l'Afrique.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Les choix de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le contexte international de la politique am&#233;ricaine en Afrique est celui de la d&#233;tente. La grande le&#231;on est toujours celle du Vietnam o&#249; l'engagement direct des &#201;tats-Unis a &#233;t&#233; finalement d&#233;sastreux, avant tout sur le plan politique. En Afrique, les &#201;tats-Unis ne sont pas pr&#234;ts &#224; r&#233;&#233;diter la m&#234;me erreur et &#224; s'enliser dans un conflit local. On a pu le v&#233;rifier il y a un an et demi vis-&#224;-vis de la guerre d'Angola o&#249; le gouvernement am&#233;ricain finit par l&#226;cher le FNLA, laissa Neto prendre le pouvoir et entreprit m&#234;me de faire pression sur l'Afrique du Sud pour qu'elle d&#233;gage les troupes qu'elles avait envoy&#233;es au Sud de l'Angola aux c&#244;t&#233;s de Sawimbi. Les &#201;tats-Unis choisirent alors de refuser l'escalade et de d&#233;sinternationaliser un conflit qui l'&#233;tait d&#233;j&#224; trop.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui les &#201;tats-Unis veulent se pr&#233;server le maximum de possibilit&#233;s en Afrique en ne se bouchant aucune voie qui viserait &#224; maintenir leur influence politique en composant avec des r&#233;gimes nationalistes, quels qu'ils soient, pourvu qu'ils aient une assise sociale relativement stable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A vrai dire, cette politique n'est pas nouvelle. A chaque fois que le gouvernement des USA l'a estim&#233; n&#233;cessaire, il s'est d&#233;marqu&#233; des formes surann&#233;es de domination coloniale en s'offrant le luxe &#224; diff&#233;rentes reprises apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale d'intervenir comme puissance &#171; anti-coloniale &#187;, pour la bonne raison que les formes de domination coloniale pr&#233;servent d'autres privil&#232;ges que ceux de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Aujourd'hui, la r&#233;volte des Noirs d'Afrique australe a commenc&#233; et les USA ne sont pas pr&#234;ts &#224; s'enliser aupr&#232;s de r&#233;gimes qui ne sont pas les plus aptes d&#233;sormais &#224; assurer la stabilit&#233; politique en Afrique, ni m&#234;me les meilleurs garants des profits imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique de Carter en Afrique consiste &#224; se r&#233;server, dans les diff&#233;rents points chauds, toutes les cartes possibles : laissant tomber les r&#233;gimes au bord de l'effondrement, cherchant de nouveaux interlocuteurs valables quand c'est possible, fussent-ils des nationalistes en butte aux actuels tenants des r&#233;gimes les plus ha&#239;s mais les plus fid&#232;les &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, et surtout en &#233;vitant de s'enliser aupr&#232;s de partenaires fid&#232;les mais impuissants.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;Au za&#239;re, l'art de laisser les impuissances de second rang se salir les mains&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;L'attitude du gouvernement am&#233;ricain lors des affrontements dans le Shaba au printemps dernier au Za&#239;re fut assez significatif : bien s&#251;r, les &#201;tats-Unis avaient int&#233;r&#234;t au maintien du statu quo au Za&#239;re. Mais le gouvernement US consid&#233;rait que si Mobutu &#171; n'arrive pas &#224; stopper deux mille Katangais, nous n'avons pas &#224; lui envoyer des fusiliers marins pour l'y aider &#187; comme le d&#233;clarait son repr&#233;sentant Andrew Young qui ajoutait avec un certain flegme : &#171; Nous ne devons pas c&#233;der &#224; la parano&#239;a parce qu'il y a quelques communistes, m&#234;me quelques milliers de communistes &#187; au Za&#239;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le r&#233;gime d&#233;liquescent et discr&#233;dit&#233; de Mobutu n'est pas forc&#233;ment le plus apte aujourd'hui &#224; pr&#233;server la stabilit&#233; des profits des compagnies mini&#232;res du Shaba. Et le d&#233;partement de la d&#233;fense am&#233;ricain pouvait juger raisonnablement qu'il n'&#233;tait pas tr&#232;s rentable de gaspiller de l'argent &#224; entretenir une arm&#233;e qui a b&#233;n&#233;fici&#233; depuis des ann&#233;es de 50 %. de toute l'aide militaire des USA &#224; l'Afrique (ayant pris le relais de l'&#201;thiopie dans le r&#244;le de premi&#232;re puissance militaire pro-occidentale en Afrique) et qui se r&#233;v&#233;lait incapable de tenir t&#234;te &#224; quelques milliers de gu&#233;rilleros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'imm&#233;diat il s'agissait bien s&#251;r de pr&#233;server la stabilit&#233; du Za&#239;re. C'est pourquoi le gouvernement am&#233;ricain a tacitement b&#233;ni l'intervention fran&#231;aise et marocaine, en se r&#233;servant de ne pas lui donner l'absolution au cas o&#249; elle tournerait au d&#233;sastre. Et puisque les USA disposaient en la personne de Giscard d'Estaing d'un gendarme b&#233;n&#233;vole et empress&#233;, pourquoi s'en priver ? Comme l'&#233;crivait un journaliste am&#233;ricain dans Newsweek du 25 avril dernier, &#171; si le Maroc et la France &#233;chouent, Carter devra prendre la d&#233;cision de savoir s'il peut continuer &#224; s'en remettre aux Marocains et &#224; Giscard comme fers de lance de lOccident en Afrique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;Un kissinger noir am&#233;ricain en afrique pour une diplomatie tous azimuts : andrew young&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La politique actuelle des &#201;tats-Unis en Afrique est symbolis&#233;e par son ambassadeur permanent &#224; l'ONU et son diplomate vedette en Afrique, Andrew Young. C'est &#224; ce Noir am&#233;ricain, ancien compagnon de Martin Luther King que Carter doit le ralliement de toute une partie de l'&#233;lectorat Noir am&#233;ricain. On le surnomme &#171; l''&#233;claireur &#187; de la politique am&#233;ricaine en Afrique, celui &#224; qui on ne donne pas exactement carte blanche, mais &#224; qui on laisse dire ce qu'il veut. Il se d&#233;clare grand admirateur d'Agostino Neto, m&#234;me si les &#201;tats-Unis ont encore pos&#233; leur veto &#224; la reconnaissance de la r&#233;publique populaire de l'Angola &#224; l'ONU. Comble du paradoxe, c'est lui qu'on envoya en juin dernier comme l'un des porte-parole de la Maison Blanche pour n&#233;gocier &#224; Pr&#233;toria le r&#233;glement de l'affaire rhod&#233;sienne. Vorster dut recevoir ce Noir am&#233;ricain avec le statut de &#171; blanc honoraire &#187; pour lui &#233;viter de tomber sous le coup des lois d'apartheid ! C'est en quelque sorte le repr&#233;sentant de la &#171; real-politik &#187; am&#233;ricaine, qui d&#233;clare calmement &#171; qu'aucun gouvernement ne restera tr&#232;s longtemps communiste dans ces r&#233;gions d'Afrique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux leaders nationalistes Noirs, Andrew Young pr&#234;che la politique de &#171; non violence &#187;, les vertus de la n&#233;gociation et la confiance dans les bonnes intentions am&#233;ricaines ; aux industriels blancs d'Afrique australe il explique patiemment que &#171; les plus riches deviendront plus riches si les moins pauvres le sont un peu moins &#187;, tout en leur conseillant de favoriser la formation d'une petite bourgeoisie noire avec qui il sera avantageux de s'entendre. Le 23 mai dernier, Carter d&#233;clarait dans une universit&#233; am&#233;ricaine : &#171; Il n'y a aucun doute dans mon esprit que bient&#244;t, Andy Young deviendra un h&#233;ros du Tiers Monde &#187;, ou plus exactement le monsieur bons offices aupr&#232;s des leaders nationalistes africains pr&#234;ts &#224; une collaboration raisonnable avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est lui qui est charg&#233; de convaincre les leaders nationalistes Noirs de Rhod&#233;sie, N'Komo et Mugabe, d'accepter le plan de r&#232;glement anglo-am&#233;ricain d'un futur gouvernement rhod&#233;sien &#224; majorit&#233; noire, mais c'est lui aussi qu'on charge, lors de la &#171; conf&#233;rence mondiale de l'action contre l'apartheid &#187; &#224; Lagos, en ao&#251;t dernier, de refuser les sanctions &#233;conomiques et politiques obligatoires contre l'Afrique du Sud, au moment o&#249; le gouvernement raciste d'Afrique du Sud fait adopter un projet de r&#233;vision constitutionnelle pr&#233;vue pour le d&#233;but 1978 qui consolide plus que jamais la politique d'apartheid...&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.4'&gt;&lt;/a&gt;L'occasion pour l'urss d'offrir ses services mais une marge de manoeuvre &#233;troite&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Si l'Afrique n'est pas &#171; d&#233;stabilis&#233;e &#187; de fa&#231;on circonstancielle, par le seul hasard du jeu des coups d'&#201;tats r&#233;ussis ou rat&#233;s, par les maladresses ou les ambitions de dirigeants, par les rancunes tribales, elle ne l'est pas non plus, malgr&#233; ce qu'en pr&#233;tend la droite, par l'intervention diplomatique de l'URSS dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La ligne de partage des &#201;tats africains qui b&#233;n&#233;ficient de l'aide militaire et financi&#232;re de l'URSS et des USA est effectivement tr&#232;s mouvante. Mais il ne faut pas prendre les faits pour la cause. Et les journalistes de droite ont beau s'alarmer d'un &#171; nouveau Yalta &#187; en Afrique, il ne s'agit justement pas de cela. Le temps du partage du monde en zones d'influences militaires rigides est r&#233;volu pr&#233;cis&#233;ment parce que les &#201;tats-Unis ont abandonn&#233; leur vieille politique de containment. Dans le contexte de la politique de &#171; d&#233;tente &#187; les rapports de forces des deux puissances dans les diff&#233;rents points chauds du globe et en Afrique en particulier sont susceptibles d'&#234;tre remis constamment en cause ; aucune position n'est acquise, en particulier en ce qui concerne l'URSS. Et cette derni&#232;re en est r&#233;duite en r&#233;alit&#233; &#224; tenter de se forger des alli&#233;s (et dans l'affaire l'URSS est surtout alli&#233;e pour deux en fournissant armes et devises sans aucune garantie de fid&#233;lit&#233; politique et militaire en retour) aupr&#232;s de tout &#201;tat africain qui perd ou fait mine de d&#233;daigner un tant soit peu les bonnes gr&#226;ces de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'instabilit&#233; de l'&#233;quilibre politique en Afrique qui lui en donne la possibilit&#233;. Mais la marge de man&#339;uvre de la diplomatie russe est &#233;troite et surtout d&#233;pendante d'une part des choix politiques de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, d'autre part du jeu de balance entre les deux Grands des &#201;tats africains eux-m&#234;mes. Et dans l'affaire c'est plut&#244;t l'URSS qui propose et les &#201;tats africains qui disposent. Et ces derniers d&#233;terminent leurs choix du moment en fonction de l'attitude des &#201;tats-Unis &#224; leur &#233;gard. L'URSS est donc r&#233;duite &#224; offrir ses services partout o&#249; il y a une br&#232;che possible. La nouveaut&#233; relative de la situation en Afrique est que ces br&#232;ches existent de plus en plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les choix de Moscou font royalement fi des appartenances &#171; id&#233;ologiques &#187; affich&#233;s ou pas des diff&#233;rents &#201;tats. Il suffit que les &#201;tats-Unis prennent d'une fa&#231;on ou d'une autre des distances par rapport &#224; un &#201;tat africain pour que la diplomatie sovi&#233;tique s'empresse de faire des offres de services... et d'armement &#224; l'int&#233;ress&#233; d&#233;laiss&#233;. C'est ainsi qu'en mars dernier, l'Agence Tass volait au secours du Mar&#233;chal Amin Dada qualifi&#233; de &#171; progressiste &#187; au moment o&#249; Carter s'en d&#233;marquait au nom du &#171; respect des droits de l'homme &#187;. De la m&#234;me fa&#231;on, au moment m&#234;me o&#249; les &#201;tats-Unis l&#226;chaient ouvertement l'&#201;thiopie, bloquaient les livraisons d'armes et que Mengistu faisait massacrer un millier d'&#233;tudiants, les repr&#233;sentants &#233;thiopiens &#233;taient re&#231;us en h&#233;ros en Bulgarie et en URSS.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.5'&gt;&lt;/a&gt;La politique des &#233;tats africains : au plus offrant&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, c'est l'existence de la rivalit&#233; entre les deux Grands qui permet aux diff&#233;rents &#201;tats africains une certaine marge de man&#339;uvre et leur donne la possibilit&#233; de s'approvisionner en armes et en subsides chez un partenaire quand l'autre les l&#226;che. Mais les &#201;tats align&#233;s sur l'Union Sovi&#233;tique n'ont jamais h&#233;sit&#233; &#224; renverser leur alliance quand les &#201;tats-Unis s'y montr&#232;rent pr&#234;ts, comme ce fut le cas de l'&#201;gypte de Sadate ou du Soudan de Nemeiry. L'exp&#233;rience &#233;gyptienne d'ailleurs a incit&#233; la diplomatie am&#233;ricaine &#224; consid&#233;rer qu'elle pouvait laisser filer la ligne sans trop de danger en ce qui concerne certains pays. Tout ne peut-il pas se passer, en effet, comme si en fin de parcours les &#201;tats-Unis allaient r&#233;cup&#233;rer les &#201;tats africains que l'URSS aurait approvisionn&#233;s en armes et tout &#224; fait accessoirement en &#171; id&#233;ologie &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les chefs d'&#201;tats africains les plus exp&#233;riment&#233;s ont toujours su diversifier leurs sources d'approvisionnement en armes, cela fait d'ailleurs partie de leur jeu entre les deux Grands. La politique d'Ha&#239;l&#233; S&#233;lassi&#233; &#224; cet &#233;gard fut assez nuanc&#233;e et bien que le N&#233;gus repr&#233;sent&#226;t le fer de lance de l'Occident en Afrique, il sut toujours pr&#233;server une diplomatie tous azimuts. Il prit toujours soin de se d&#233;marquer de &#171; l'imp&#233;rialisme &#187;, affirma officiellement des positions favorables aux luttes d'&#233;mancipation en Alg&#233;rie, en Rhod&#233;sie, en Afrique du Sud et au Vietnam. En juin 1959, Ha&#239;l&#233; S&#233;lassi&#233; &#233;tait re&#231;u en grande pompe &#224; Moscou o&#249; il retourna de la m&#234;me fa&#231;on en 1967 et en 1970 et reconnut la Chine populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si cette attitude de l'&#201;thiopie fut assez d&#233;monstrative de la marge que peuvent avoir les r&#233;gimes africains entre les deux Grands, l'attitude des &#171; R&#233;publiques d&#233;mocratiques populaires &#187; en Afrique, alli&#233;es officielles de l'URSS, ne l'est pas moins. Quant aux mouvements de lib&#233;ration nationaux, la plupart ont toujours exprim&#233; leurs r&#233;serves vis-&#224;-vis de l'alli&#233; sovi&#233;tique. C'est le cas aujourd'hui, pour ne donner qu'un exemple, des chefs nationalistes noirs de Rhod&#233;sie. Joshya N'Komo, l'un des dirigeants de la gu&#233;rilla noire rhod&#233;sienne sur les fronti&#232;res du Botswana d&#233;clarait en mars 77 (cit&#233; par le Monde du 20-21 mars 77) que son mouvement de lib&#233;ration &#171; n'a jamais &#233;t&#233; inspir&#233; ou influenc&#233; par les &#201;tats communistes &#187;, et d'ajouter pour bien donner la mesure de son pro-sovi&#233;tisme r&#233;cent : &#171; Si les pays occidentaux nous croient inspir&#233;s par certains &#201;tats dont nous pourrions devenir les marionnettes, qu'ils nous mettent &#224; l'&#233;preuve en nous apportant une aide massive, et ils verront que nous ne la refuserons pas &#187;. De la m&#234;me fa&#231;on, Samora Machel au Mozambique prend soin de diversifier des sources d'approvisionnement d'armes (comme d'ailleurs Neto en Angola) et de faire des d&#233;clarations o&#249; il se d&#233;marque de l'URSS, au point qu'un diplomate occidental confiait &#224; un journaliste du Nouvel Observateur : &#171; il faut &#234;tre aveugle et born&#233; pour assimiler le Mozambique &#224; un satellite sovi&#233;tique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, les chefs nationalistes les plus radicaux, ceux que l'on dit marxistes et qui ont men&#233; la guerilla et la guerre de lib&#233;ration nationale contre le colonialisme portugais, sont pr&#234;ts &#224; se tourner vers les &#201;tats-Unis, pour peu que ceux-ci veuillent bien miser sur eux. Et le gouvernement am&#233;ricain a l'air bien d&#233;cid&#233; &#224; en tenir compte.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.6'&gt;&lt;/a&gt;Les renversements d'alliances successifs dans la corne de l'afrique&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 1977, on voyait se dessiner un premier renversement d'alliances spectaculaire dans cette r&#233;gion de l'Afrique : la Somalie li&#233;e &#224; l'URSS par un trait&#233; d'amiti&#233; depuis 1974 qui lui permit de forger une des arm&#233;es les mieux entra&#238;n&#233;es d'Afrique de quelque 30 000 hommes, soutenus par plusieurs dizaines de MIG et de bombardiers Iliouchine, r&#233;pondait de plus en plus favorablement aux avances de l'Arabie Saoudite, pendant que l'&#201;thiopie, cet ancien bastion occidental en Afrique passait dans le camp de l'URSS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'on appela au printemps 77 &#171; l'implantation de l'URSS &#187; dans la corne de l'Afrique ne t&#233;moignait pas exactement d'une politique offensive de l'URSS, mais d'un choix pr&#233;alable des &#201;tats-Unis, qui venaient de l&#226;cher depuis peu l'&#201;thiopie, en pleine crise sociale et politique, pour le Soudan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, d&#232;s 1974, les &#201;tats-Unis mod&#233;r&#232;rent leur aide militaire &#224; l'&#201;thiopie, en partie peut-&#234;tre pour la raison que la base militaire am&#233;ricaine de Kagnew en &#201;thiopie, pr&#233;sentait beaucoup moins d'int&#233;r&#234;t pour la strat&#233;gie militaire am&#233;ricaine depuis le d&#233;veloppement des satellites espions (cette base est en cours d'&#233;vacuation depuis 1974), mais surtout parce que le gouvernement am&#233;ricain consid&#233;rait sans doute que le r&#233;gime &#233;thiopien &#233;tait beaucoup trop fragile et instable pour qu'on mise s&#233;rieusement dessus et qu'on y d&#233;pense des milliards de dollars en armement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cet abandon de l'&#201;thiopie par les &#201;tats-Unis qui incita automatiquement l'URSS &#224; lui faire des avances, et &#224; consid&#233;rer que l'alliance avec ce pays de 28 millions d'habitants avait peut-&#234;tre plus d'avantages qu'avec la Somalie qui en compte au moins cinq fois moins et qui, surtout, semblait de plus en plus sensible aux offres sonnantes et tr&#233;buchantes de l'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain par Soudan et Arabie Saoudite interpos&#233;s entamait une cour assidue aux dirigeants somaliens : l'Arabie Saoudite se d&#233;clarait pr&#234;te &#224; consentir au pr&#233;sident somalien, Syad Barre, une importante aide financi&#232;re, pour peu qu'il rel&#226;che ses liens privil&#233;gi&#233;s avec Moscou. En juillet dernier, la Somalie r&#233;ussissait &#224; obtenir au terme d'un voyage dans le Golfe persique le soutien financier des &#201;tats p&#233;troliers et l'ouverture des march&#233;s d'armes occidentaux. L'URSS officialisait alors ce renversement d'alliances &#224; la veille de l'engagement militaire de la Somalie en Ogaden, en retirant ses experts de Somalie. Fin juillet, les &#201;tats-Unis, la France et la Grande-Bretagne assuraient qu'ils &#233;taient dispos&#233;s &#224; fournir des armes &#224; la Somalie. Il s'ensuivit au mois d'ao&#251;t une guerre d&#233;clar&#233;e et tr&#232;s meurtri&#232;re en Ogaden o&#249;, comme en Angola il y a deux ans, les deux grandes puissances auraient &#233;t&#233; en situation de s'affronter par peuples interpos&#233;s au moyen d'armements lourds. Crainte de la cr&#233;ation d'un nouveau foyer de tension international, de la possibilit&#233; d'un enlisement militaire ? Refus d'une escalade militaire &#224; terme in&#233;vitable ? Constatation que l'&#201;thiopie avec ses quelque 30 millions d'habitants pouvait malgr&#233; tout soutenir au nord en &#201;rythr&#233;e, comme au sud-est en Ogaden, une guerre d'usure ? Crainte du succ&#232;s du projet somalien de r&#233;unification du peuple somali en une seule nation aux d&#233;pens du Kenya et de l'&#201;thiopie ? Toujours est-il que d&#233;but septembre, le gouvernement am&#233;ricain proc&#233;dait &#224; une brutale volte-face et provoquait l'amorce d'un nouveau renversement d'alliances. Washington, Paris et Londres annon&#231;aient qu'ils ne renforceraient pas le dispositif militaire de Mogadiscio &#171; tant que durerait la guerre somalo-&#233;thiopienne en Ogoden &#187;. Dans le m&#234;me temps le r&#233;gime de Mengistu Ha&#239;l&#233; Mariam en &#201;thiopie renouait avec le gouvernement am&#233;ricain et se serait d&#233;clar&#233; pr&#234;t &#171; &#224; rentrer au bercail occidental &#187; apr&#232;s avoir chass&#233; de son gouvernement l'aile qui se disait modiste et se posait en id&#233;ologue de la &#171; r&#233;volution &#233;thiopienne &#187;, lib&#233;r&#233; des prisons ,les &#171; r&#233;actionnaires &#187; et arm&#233; des propri&#233;taires fonciers amharas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste que la guerre d'Ogaden continue, que le peuple somoli qui m&#232;ne une lutte de lib&#233;ration depuis pr&#232;s de 80 ans, y met sans doute tous ses espoirs, pendant que les deux grandes puissances jouent un leu hypocrite et sanglant en essayant de r&#233;ajuster au mieux de leurs int&#233;r&#234;ts leur influence respective dans cette r&#233;gion de l'Afrique, tout en voulant y maintenir le statu-quo, entretenant ainsi une guerre d'usure terriblement meurtri&#232;re tout en veillant &#224; ce qu'aucun des deux camps ne gagne.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.7'&gt;&lt;/a&gt;En afrique australe : d&#233;samorcer une situation explosive et m&#233;nager toutes les possibilit&#233;s&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le bastion occidental que repr&#233;sentait l'Afrique du Sud et qui semblait ne devoir jamais &#234;tre &#233;branl&#233;, est menac&#233; de l'int&#233;rieur. Les masses opprim&#233;es n'acceptent plus l'oppression nationale sous sa forme la plus ignoble, l'apartheid. Sur le principe, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sait que pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts fondamentaux, c'est-&#224;-dire l'exploitation des travailleurs des pays africains et le pillage de leurs richesses mini&#232;res, il pourrait aussi bien s'appuyer sur des dirigeants nationalistes africains que sur les Vorster ou les Ion Smith. Mais il ne s'agit justement pas de principes. Tout le probl&#232;me en Afrique australe r&#233;side dans la fa&#231;on dont on pourrait passer des gouvernements racistes minoritaires actuels &#224; des gouvernements &#224; majorit&#233; noire. Pour la majorit&#233; noire opprim&#233;e il est &#233;vident que la voie la plus &#233;conomique, la moins co&#251;teuse et la seule r&#233;aliste, ne peut &#234;tre que la voie de la lutte r&#233;volutionnaire contre le r&#233;gime d'apartheid. Pour la diplomatie am&#233;ricaine le probl&#232;me est bien &#233;videmment inverse. &#202;tre capable en g&#233;n&#233;ral de miser sur des r&#233;gimes nationalistes noirs en Afrique est une chose. &#202;tre press&#233; d'en finir avec l'oppression odieuse des r&#233;gimes d'apartheid qui ont pour base sociale la population blanche, en est une autre. En Afrique australe, les r&#233;gimes racistes disposent d'une base de masse de petits Blancs de 270 000 personnes en Rhod&#233;sie, de 4 millions de personnes en Afrique du Sud, et il faut composer avec eux. Car si le gouvernement am&#233;ricain est pr&#234;t &#224; traiter avec des dirigeants nationalistes noirs, il n'est par contre pas pr&#234;t &#224; favoriser une d&#233;faite des Blancs avec toutes les cons&#233;quences politiques et &#233;conomiques que cela entra&#238;ne. C'est pourquoi toute la politique am&#233;ricaine dans cette r&#233;gion se pr&#233;sente comme un m&#233;lange savant de marchandages hypocrites avec les r&#233;gimes racistes de Smith et Vorster et d'assurances verbales aux nationalistes noirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le principal marchandage consiste &#224; distinguer tr&#232;s nettement le r&#232;glement du probl&#232;me rhod&#233;sien de celui de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un an le plan Kissinger pour l'Afrique australe visait en effet &#224; donner un sursis &#224; la &#171; forteresse du monde libre &#187; qu'est cens&#233; symboliser le gouvernement de Vorster en Afrique du Sud en lui am&#233;nageant la neutralit&#233; des pays environnants. Et pour assurer ce sursis au r&#233;gime d'apartheid de Vorster, les &#201;tats-Unis sont pr&#234;ts &#224; sacrifier les minorit&#233;s blanches de Rhod&#233;sie et de Namibie aux nationalistes noirs. En &#233;change, le gouvernement d'Afrique du Sud devrait faire pression dans ce sens sur le r&#233;gime de Ion Smith de Rhod&#233;sie. Mais si les &#201;tats-Unis ont choisi de miser sur la fin du r&#233;gime blanc de Rhod&#233;sie, ils n'ont pas choisi de le laisser liquider &#171; n'importe comment &#187;. Quitte &#224; ce que le gouvernement de Smith tombe, autant qu'il tombe &#224; droite qu'&#224; gauche, c'est-&#224;-dire aux mains de nationalistes noirs mod&#233;r&#233;s plut&#244;t qu'aux mains de nationalistes plus radicaux appuy&#233;s sur une lutte de gu&#233;rilla. Un &#201;tat noir stable en Rhod&#233;sie, ayant de bonnes relations avec les puissances occidentales, serait en quelque sorte l'&#201;tat tampon garant de la stabilit&#233; dans cette r&#233;gion du monde. Cela signifierait la neutralisation de la r&#233;volte noire en Rhod&#233;sie et en Namibie dont l'exemple peut &#234;tre si contagieux pour l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, la division et les rivalit&#233;s entre les diff&#233;rents mouvements nationalistes noirs du Zimbabwe (d&#233;nomination des nationalistes noirs pour la Rhod&#233;sie) ont emp&#234;ch&#233; de trouver un interlocuteur unique avec qui n&#233;gocier. Et le gouvernement am&#233;ricain, qui a tir&#233; les le&#231;ons de l'Angola, ne misera pas sur un mouvement nationaliste contre un autre au risque que ce soit l'autre qui en d&#233;finitive se r&#233;v&#232;le le plus fort sur le terrain. A l'heure actuelle, m&#234;me si Joshua N'Komo (le leader des gu&#233;rillas aux fronti&#232;res du Bostwana et de Zambie connu pour sa mod&#233;ration, m&#234;me s'il affiche r&#233;cemment ses sympathies pro-sovi&#233;tiques), et Robert Mugabe (le leader des gu&#233;rillas aux fronti&#232;res du Mozambique), se sont unis dans un &#171; front patriotique &#187;, leurs rivalit&#233;s demeurent, et chacun reste candidat au leadership d'un futur gouvernement nationaliste noir. C'est en partie la raison pour laquelle le gouvernement am&#233;ricain cherche une autre solution de rechange possible en misant sur l'&#233;v&#234;que tr&#232;s mod&#233;r&#233; Abel Muzorewa qui lui ne dispose d'aucune force arm&#233;e, n'a pas men&#233; la lutte de gu&#233;rilla, mais b&#233;n&#233;ficie par contre d'une popularit&#233; ind&#233;niable parmi les Noirs de Rhod&#233;sie, et qui serait peut-&#234;tre susceptible de remporter la victoire &#233;lectorale lors d'&#233;lections organis&#233;es sous le patronage anglo-am&#233;ricain selon le principe &#171; d'un homme, une voix &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;er&lt;/i&gt; septembre dernier (c'est le septi&#232;me plan de r&#232;glement en un an) semble ouvrir la voie &#224; une telle solution &#171; de la troisi&#232;me force &#187;, tout en m&#233;nageant les int&#233;r&#234;ts de 270 000 Blancs. Bien s&#251;r, ce plan peut avorter comme les pr&#233;c&#233;dents, et Smith continuer la politique suicidaire de la minorit&#233; blanche. Mais le plan anglo-am&#233;ricain a m&#233;nag&#233; d'importantes garanties &#224; la minorit&#233; blanche dont la principale, outre un important soutien financier, est de ne pas pr&#233;voir le d&#233;mant&#232;lement de toutes les forces arm&#233;es rhod&#233;siennes actuelles, en assurant le maintien de certaines unit&#233;s, notamment la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait nouveau est que le Front Patriotique (de N'Komo et Mugabe) semble pr&#234;t &#224; l&#226;cher du lest, puisqu'il n'avance plus comme condition pr&#233;alable au r&#232;glement le d&#233;mant&#232;lement total de l'arm&#233;e rhod&#233;sienne et que pour la premi&#232;re fois l'un de leurs porte-parole a d&#233;clar&#233; que &#171; les propositions anglo-am&#233;ricaines peuvent servir de base &#224; la n&#233;gociation &#187;. La pression des &#201;tats africains &#171; de premi&#232;re ligne &#187; qui soutiennent mat&#233;riellement les forces de gu&#233;rilla (Zambie, Tanzanie, Bostwana, Angola, Mozambique) soumis eux-m&#234;mes aux pressions diplomatiques des puissances occidentales, ont peut-&#234;tre incit&#233; les nationalistes &#224; mod&#233;rer leurs exigences. Les auteurs de ce dernier plan de r&#232;glement, le ministre britannique David Owen et Andrew Young pour les &#201;tats-Unis, y pr&#233;voient d'une part l'organisation par un commissaire nomm&#233; par Londres d'&#233;lections dont ils esp&#232;rent que les vainqueurs seront les personnalit&#233;s noires tr&#232;s mod&#233;r&#233;es qui n'ont pas particip&#233; &#224; la lutte de gu&#233;rilla, l'&#233;v&#234;que Muzorewa ou le r&#233;v&#233;rend Sithole, et d'autre part la formation sous le patronage anglo-am&#233;ricain d'une future arm&#233;e zimbabwe &#224; partir de l'arm&#233;e rhod&#233;sienne actuelle, qui serait &#224; m&#234;me d'assurer la loyaut&#233; des militaires envers un &#233;ventuel gouvernement mod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais m&#234;me si les leaders nationalistes des forces arm&#233;es des gu&#233;rillas, &#224; la suite de Smith, ne repoussaient pas enti&#232;rement un tel plan, la politique am&#233;ricaine, qui vise &#224; m&#233;nager les possibilit&#233;s les plus avantageuses pour elle et les plus mod&#233;r&#233;es, revient &#224; tenter de r&#233;soudre la quadrature du cercle. Car on voit mal les leaders nationalistes d&#233;mobiliser volontairement dans l'avenir leurs forces de gu&#233;rillas au profit d'une troisi&#232;me force ; et ce n'est pas gratuitement que le gouvernement am&#233;ricain lui-m&#234;me craint en Rhod&#233;sie, au lendemain de la formation d'un gouvernement ind&#233;pendant &#224; majorit&#233; noire, une situation &#224; l'angolaise inaugurant une longue guerre entre nationalistes rivaux. Mais apr&#232;s tout, le craint-il vraiment ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, le &#171; r&#232;glement &#187; du probl&#232;me rhod&#233;sien risque de durer ; et ce ne sera pas forc&#233;ment pour d&#233;plaire &#224; la diplomatie am&#233;ricaine qui tient avant toute chose &#224; m&#233;nager aux quelque 270 000 Blancs rhod&#233;siens une solution honorable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vis-&#224;-vis de l'Afrique du Sud de Vorster, le gouvernement am&#233;ricain est encore moins press&#233; s'il est possible. De la m&#234;me fa&#231;on que c'est la r&#233;volte des jeunes de Soweto qui amena les &#201;tats-Unis &#224; r&#233;viser leur attitude &#224; l'&#233;gard de l'Afrique du Sud, de la m&#234;me fa&#231;on aujourd'hui ce sera la lutte de lib&#233;ration des Noirs sud-africains qui d&#233;terminera les d&#233;lais de la fin du r&#233;gime d'apartheid. Les &#201;tats-Unis pour leur part se contenteront de &#171; n&#233;gocier &#187; avec des nationalistes noirs mod&#233;r&#233;s comme Buthelezi, sans renoncer pour autant &#224; garder des liens militaires et &#233;conomiques (qu'ils ont toujours entretenus) avec le r&#233;gime de Vorster, et tout en veillant &#224; ne pas se compromettre publiquement avec un r&#233;gime condamn&#233; par tous les &#201;tats du Tiers-Monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste que la voie sinueuse de la politique ext&#233;rieure am&#233;ricaine pour en finir le plus lentement possible avec les r&#233;gimes aux formes de domination coloniale surann&#233;es, sera la plus douloureuse pour les masses opprim&#233;es africaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la situation objective en Afrique du Sud est quotidiennement explosive. La situation est devenue irr&#233;versible et il n'est pas facile de la d&#233;samorcer. In&#233;vitablement, l'&#233;veil des Noirs d'Afrique du Sud entra&#238;nera dans la lutte des couches de plus en plus larges de la population. Seulement, dans quelle direction ira cette lutte ? Si ce sont des nationalistes comme cela a &#233;t&#233; le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent qui impriment leurs objectifs aux combats des masses africaines, il se passera ce qui se fait partout aujourd'hui en Afrique. M&#234;me sur le plan de la question nationale, en r&#233;solvant peut-&#234;tre un probl&#232;me, ils en cr&#233;eront dix autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a certes une politique pour l'Afrique : elle vise &#224; enrayer toute explosion r&#233;volutionnaire, &#224; maintenir les int&#233;r&#234;ts fondamentaux de l'imp&#233;rialisme en misant, quand il le juge possible, sur les dirigeants nationalistes. Par contre, le nationalisme n'est pas une politique pour les masses africaines opprim&#233;es, mois bien plut&#244;t, en donnant des limites &#233;troites &#224; leur r&#233;volte, le meilleur moyen de dilapider leur potentiel r&#233;volutionnaire en futures guerres fratricides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un autre choix, et tout particuli&#232;rement en Afrique du Sud o&#249; la classe ouvri&#232;re noire est num&#233;riquement tr&#232;s nombreuse et sur qui repose tout le potentiel &#233;conomique du pays. Le choix d'une politique prol&#233;tarienne autonome, ind&#233;pendante de toutes les ambitions des leaders nationalistes. Mais ce choix ne peut pas s'inscrire dans la r&#233;alit&#233; spontan&#233;ment. La lutte nationaliste ne s'est jamais transform&#233;e d'elle-m&#234;me, inconsciemment, en lutte prol&#233;tarienne. Et ce choix ne pourra devenir une r&#233;alit&#233; politique nouvelle qu'&#224; partir du moment o&#249; il sera repr&#233;sent&#233; par des hommes distincts des leaders nationalistes et conscients de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Chine apr&#232;s le &#171; grand bond &#187; de Mao, le &#171; grand essor &#187; de Hua ?</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1972-1977-bilingue/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1972-1977 (bilingue)&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le onzi&#232;me congr&#232;s du Parti Communiste Chinois, tenu le mois dernier &#224; P&#233;kin, a surtout confirm&#233; la premi&#232;re place prise dans le parti et l'&#233;tat par Hua Kuo-feng. Par la m&#234;me occasion il a aussi confirm&#233; qu'il n'y a pas grand changement dans le r&#233;gime politique de la Chine populaire, depuis la mort de Mao, ni dans le r&#233;gime du parti. Le congr&#232;s n'a &#233;t&#233; r&#233;uni que pour ent&#233;riner officiellement la nouvelle situation &#224; la t&#234;te du parti et de l'&#201;tat qui s'est d&#233;gag&#233;e depuis le 9 septembre 1976, la place de leader, au moins provisoire, de celui qui est d&#233;sormais le &#171; pr&#233;sident Hua &#187;, le retour au premier plan de Teng Hsiao-ping.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme les pr&#233;c&#233;dents, ce congr&#232;s n'&#233;tait pas mis sur pied pour permettre au parti de trancher entre diff&#233;rentes politiques ou diff&#233;rents postulants &#224; la direction, mais pour avaliser le r&#233;sultat de la lutte qui s'&#233;tait produite dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente au sein de la direction. Entre le dixi&#232;me et le onzi&#232;me congr&#232;s, quatre ans se sont &#233;coul&#233;s. Durant ces quatre ans un homme comme Teng est revenu au premier plan, a repris une place au Bureau Politique, est devenu m&#234;me vice-pr&#233;sident du parti, a une nouvelle fois &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions, puis est revenu &#224; nouveau au premier plan. Cela suffit pour comprendre que l'essentiel de la vie politique chinoise ne se passe certainement pas dans les congr&#232;s du parti. D'ailleurs entre le septi&#232;me, en 1945, et le huiti&#232;me, en 1956, ne s'&#233;tait-il pas &#233;coul&#233; onze uns ? Et m&#234;me treize ans entre le huiti&#232;me en 1956 et le neuvi&#232;me en 1969 ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis la mort de Mao il n'y a pas de changement notable non plus dans la politique &#233;trang&#232;re chinoise. Ainsi la r&#233;cente visite du Secr&#233;taire d'&#233;tat am&#233;ricain Cyrus Vance &#224; P&#233;kin &#224; la fin m&#234;me du onzi&#232;me congr&#232;s montre que la Chine populaire et les USA continuent &#224; chercher la voie pour nouer des relations plus compl&#232;tes, voire sceller une alliance, malgr&#233; les difficult&#233;s et les obstacles, dont en particulier l'existence de l'&#201;tat s&#233;par&#233; de Formose sous la coupe des successeurs de Chiang Kai-shek. De m&#234;me le onzi&#232;me congr&#232;s a confirm&#233; l'hostilit&#233; de la Chine et de l'URSS, cette derni&#232;re &#233;tant toujours qualifi&#233;e de &#171; social-imp&#233;rialisme &#187; &#171; encore plus dangereux &#187; que les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a pourtant, semble-t-il, un changement sous la direction de la nouvelle &#233;quipe de Hua-Teng : dans le domaine de la politique &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est d'ailleurs encore avec prudence - est-il besoin de le dire - que cette affirmation peut &#234;tre avanc&#233;e. Comme pour tout ce qui touche la Chine populaire le manque d'informations, la fragilit&#233; de celles qui nous parviennent, le caract&#232;re sybillin et ambigu de toutes les d&#233;clarations officielles, qui ne tient certainement pas qu'au fait des difficult&#233;s de la traduction, tout cela fait qu'une analyse de la politique chinoise comporte le plus souvent plus de points d'interrogation que de r&#233;ponses pr&#233;cises aux questions qui peuvent se poser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant en fonction de ce que l'on sait de la personnalit&#233; et de la politique des nouveaux dirigeants, qui ne sont justement pas si nouveaux que cela et ont occup&#233;, pour certains comme Teng, longtemps des postes importants, m&#234;me si c'est avec des vicissitudes diverses ; en fonction d'un certain nombre de faits et de d&#233;clarations rapport&#233;es par divers observateurs ; en fonction m&#234;me des d&#233;clarations officielles du dernier congr&#232;s, qui se r&#233;sument pour l'instant &#224; un long communiqu&#233; officiel r&#233;sumant les interventions des grands leaders ; il semble bien qu'une nouvelle politique dans le domaine de l'industrialisation soit propos&#233;e. Elle se caract&#233;riserait par trois choses essentielles : la volont&#233; de doter la Chine d'une industrie moderne rapidement, l'appel pour cela &#224; la technologie &#233;trang&#232;re, la volont&#233; de doter l'arm&#233;e chinoise d'un armement moderne, ce qui &#224; la fois va de pair avec la cr&#233;ation d'une Industrie moderne et exige cette industrie pour ce faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si c'est bien l&#224; la politique de la Chine dans la p&#233;riode qui vient, il s'agit bien alors d'une rupture avec la pratique des quinze ou vingt derni&#232;res ann&#233;es, celle remontant &#224; l'ann&#233;e 1960 au moins.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.1'&gt;&lt;/a&gt;Les deux obstacles : pauvret&#233; et blocus imp&#233;rialiste&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas, bien s&#251;r, que la modernisation du pays et en particulier son industrialisation n'aient pas &#233;t&#233; jusqu'ici le but du Parti mao&#239;ste. Pour les nationalistes, simplement par&#233;s de l'&#233;tiquette de communistes que sont les mao&#239;stes, modernisation et industrialisation de la Chine ont toujours &#233;t&#233; m&#234;me au contraire un but essentiel, fondamental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a industrialisation et industrialisation. En d'autres termes une politique, ici, se d&#233;finit par le rythme &#224; laquelle cette industrialisation se fait. Et celui-l&#224;, bien s&#251;r, d&#233;pend des possibilit&#233;s et des moyens dont on dispose pour industrialiser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s son av&#232;nement, en 1949, le gouvernement mao&#239;ste a eu deux &#233;normes obstacles devant ses projets d'industrialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord la pauvret&#233; du pays dont 80 % de la population &#233;tait paysanne (une large majorit&#233; doit l'&#234;tre encore malgr&#233; de grands changements en ce domaine depuis pr&#232;s de trente ans). Pour industrialiser il n'y avait pas moyen de faire autrement que de prendre dans la quasi seule source de richesse du pays : la production agricole. C'est en puisant dans celle-ci que l'on pouvait acqu&#233;rir les capitaux et les machines n&#233;cessaires pour b&#226;tir une industrie. Ainsi par exemple, d&#232;s le d&#233;but, les exportations - de toute mani&#232;re tr&#232;s faibles - &#233;taient form&#233;es &#224; 75 % de produits agricoles (aujourd'hui, o&#249; elles sont toujours tr&#232;s faibles, 60 % seraient toujours constitu&#233;es par les produits alimentaires et textiles).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or dans un pays o&#249; la famine &#233;tait un &#233;tat quasi permanent, il y avait un choix entre permettre enfin &#224; la population de manger, ne serait-ce que juste &#224; sa faim, et pr&#233;lever quand m&#234;me une part de la production agricole, pour exporter et industrialiser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En proc&#233;dant au d&#233;but &#224; un large partage des terres entre les paysans, apr&#232;s avoir supprim&#233; les propri&#233;taires fonciers, le r&#233;gime avait permis &#224; la population paysanne de vaincre la famine. Par l&#224; d'ailleurs, il s'attachait profond&#233;ment cette population paysanne, c'est-&#224;-dire l'essentiel du peuple chinois. Cette r&#233;forme agraire &#233;tait d'ailleurs in&#233;vitable, non seulement parce qu'elle &#233;tait voulue et d&#233;sir&#233;e par la paysannerie, mais parce qu'elle &#233;tait, de toute mani&#232;re, le premier pas n&#233;cessaire pour commencer toute modernisation du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne signifie pas que le gouvernement mao&#239;ste renon&#231;ait &#224; tenter l'industrialisation du pays. Ainsi la collectivisation commenc&#233;e en 1953 et acc&#233;l&#233;r&#233;e en 1955, avait pour but en accroissant la production agricole de permettre un accroissement de la part de cette production qui pourrait &#234;tre affect&#233;e au d&#233;veloppement industriel. En cr&#233;ant des coop&#233;ratives le gouvernement chinois voulait am&#233;liorer les rendements en am&#233;liorant l'organisation du travail paysan, &#224; d&#233;faut de l'am&#233;liorer en fournissant mat&#233;riel agricole et engrais que de toute mani&#232;re le pays n'avait pas. D'autre part, l'organisation d'unit&#233;s de production collective, permettant un contr&#244;le plus ais&#233; de la production paysanne, devait permettre &#224; l'&#201;tat d'en tirer plus facilement la part la plus importante possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A ce premier obstacle constitu&#233; par l'extr&#234;me pauvret&#233; du pays s'en ajouta d&#232;s le d&#233;but un second. Pour industrialiser rapidement, il &#233;tait absolument n&#233;cessaire d'importer la technologie moderne, les machines, les techniques, les usines modernes telles que les pays industriels les produisent. Il fallait donc des &#233;changes avec les pays industriels. Or non seulement ces &#233;changes &#233;taient s&#233;rieusement entrav&#233;s par la pauvret&#233; de la Chine et ses difficult&#233;s &#224; exporter, mais de plus il y eut d&#232;s le d&#233;but le blocus imp&#233;rialiste. Les USA, rompant toutes relations avec la Chine de Mao, non seulement refus&#232;rent toute aide et tout commerce avec elle, mais de plus impos&#232;rent quasiment &#224; tous les grands pays industriels capitalistes - ceux qui avaient ce dont la Chine avait besoin - le refus de commercer avec la Chine et le refus de lui fournir technologie et machines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne restait plus d&#232;s lors &#224; la Chine qu'&#224; tobler sur l'URSS pour lui fournir cette technologie bien qu'elle ait elle-m&#234;me un retard technologique important et bien des difficult&#233;s &#224; proc&#233;der &#224; sa propre industrialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas d'ailleurs que les mao&#239;stes n'aient eu aucune r&#233;ticence. Ils avaient pu voir pendant vingt ans comment Staline &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier all&#233;grement les int&#233;r&#234;ts du Parti Communiste chinois aux int&#233;r&#234;ts de l'&#201;tat russe. Mao lui-m&#234;me, plus tard, alors m&#234;me qu'il d&#233;fendait la m&#233;moire de Staline contre Khrouchtchev puis Brejnev, confiera ses griefs et ses ranc&#339;urs contre l'URSS de Staline. Celui-ci n'avait-il pas &#224; plusieurs reprises d&#233;lib&#233;r&#233;ment mis&#233; sur la carte Chiang Kai-shek contre le Parti Communiste chinois ? Et notamment encore en 1945 &#224; la sortie de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale quand il avait - ignorant le PCC qui dominait pourtant une partie de la Chine du Nord - trait&#233; avec le seul Chiang, remis &#224; celui-ci la Mandchourie enlev&#233;e aux Japonais, et reconnu le gouvernement du Kuomintang comme le seul gouvernement l&#233;gitime de toute la Chine. Mais le blocus imp&#233;rialiste ne laissa pas le choix &#224; la Chine et la poussa dans l'alliance russe pendant dix ans.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.2'&gt;&lt;/a&gt;Le &#171; grand bond en avant &#187; et la catastrophe&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Pendant dix ans donc, de 1950 &#224; 1960, les dirigeants chinois vont tenter de forcer l'industrialisation de la Chine en misant sur l'alliance russe d'une part, en essayant de faire donner un maximum de surplus &#224; l'agriculture d'autre part. Ces deux politiques vont aboutir &#224; des catastrophes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord dans leur d&#233;sir de faire rendre &#224; l'agriculture le maximum, les mao&#239;stes vont pousser de plus en plus la collectivisation des compagnes. A la fin des ann&#233;es 50, ce fut l'exp&#233;rience des communes populaires. Les fermes collectives ou coop&#233;ratives &#233;taient regroup&#233;es dans des unit&#233;s beaucoup plus grandes, les lopins individuels supprim&#233;s. Il s'agissait de pousser encore le travail et le contr&#244;le afin de d&#233;gager une part encore plus importante de la production agricole qui permettrait &#171; Ie grand bond en avant &#187; dans l'industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la Chine n'avait toujours pas les moyens techniques de faire une agriculture moderne qui aurait &#233;t&#233; une condition n&#233;cessaire bien que probablement pas suffisante - il aurait fallu aussi qu'une partie au moins des paysans soit convaincue de la n&#233;cessit&#233; de tenter l'exp&#233;rience - pour la r&#233;ussite d'une telle op&#233;ration. Les r&#233;ticences et la mauvaise volont&#233; des paysans chinois, puis par l&#224;-dessus des circonstances climatiques particuli&#232;rement d&#233;favorables, auxquelles cette agriculture arri&#233;r&#233;e &#233;tait bien incapable de faire face amen&#232;rent, au lieu du bond en avant, une r&#233;gression de la production, puis de grandes famines dans plusieurs r&#233;gions de la Chine, un fl&#233;au dont elle croyait s'&#234;tre d&#233;barrass&#233;e depuis dix uns.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par l&#224;-dessus, la tension avec l'URSS, accus&#233;e par les Chinois de sacrifier les int&#233;r&#234;ts de la Chine &#224; sa politique internationale de d&#233;tente et de rapprochement avec les USA, aboutit &#224; la rupture. En juillet 1960 les techniciens et ing&#233;nieurs sovi&#233;tiques &#233;taient rappel&#233;s, les pr&#234;ts russes stopp&#233;s, 343 contrats et 257 projets de coop&#233;ration scientifique et technique &#233;taient suspendus, et 250 entreprises industrielles, pour la plupart encore en construction, ou en tout cas ne fonctionnant qu'avec l'aide des techniciens sovi&#233;tiques, &#233;taient laiss&#233;es en plan. C'&#233;taient &#233;videmment parmi les plus modernes de la Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;apparition des famines, r&#233;gression de la production agricole, d&#233;sorganisation de la production industrielle, le r&#233;sultat du grand bond en avant &#233;tait tout le contraire des buts fix&#233;s. L'exp&#233;rience fut abandonn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les compagnes, bien que les communes existent toujours officiellement, on revint en arri&#232;re en grande partie, ramenant l'unit&#233; de production &#224; des proportions bien moindres, redonnant leurs lopins individuels aux paysans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'industrie on abandonna les ambitions d&#233;mesur&#233;es. Des projets, certains d&#233;j&#224; en construction, furent r&#233;duits ou abandonn&#233;s, des usines ferm&#233;es, des travailleurs et des techniciens renvoy&#233;s dans les campagnes.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.3'&gt;&lt;/a&gt;Faible industrialisation et d&#233;centralisation de l'&#233;tat&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui suivent, l'industrialisation va continuer, bien s&#251;r. Il ne fut jamais question de l'abandonner. Ce serait impensable. Mais d'une part les grands projets industriels, les constructions de complexes modernes, se rar&#233;fi&#232;rent. L'effort ne porta plus que sur certains secteurs, choisis sans doute soigneusement par le pouvoir central, &#224; la mesure des efforts que la Chine pouvait consentir, et de la technologie qui lui &#233;tait accessible, soit parce qu'elle la poss&#233;dait d&#233;j&#224;, soit parce qu'elle trouvait tout de m&#234;me un biais, entre le blocus russe et le blocus am&#233;ricain, de l'acqu&#233;rir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et s'il y eut bien industrialisation ce fut surtout cr&#233;ation d'une petite industrie de transformation faite pour fournir des produits de consommation ou m&#234;me l'outillage et l'&#233;quipement n&#233;cessaires &#224; une agriculture chinoise qui restait particuli&#232;rement retardataire. Celle-ci se cr&#233;a &#224; l'&#233;chelon de la r&#233;gion ou m&#234;me de Io commune et servit essentiellement un march&#233; &#233;troit. En somme une industrie qu'on pourrait qualifier d'encore artisanale, et qui doit ressembler pur bien des c&#244;t&#233;s &#224; celle du capitalisme naissant des pays occidentaux des dix-huiti&#232;me ou dix-neuvi&#232;me si&#232;cles. L'exemple le plus frappant, et aussi le plus malheureux, en fut celui des &#171; petits hauts fourneaux &#187; des communes populaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ces conditions d'ailleurs la planification chinoise (sur le fonctionnement de laquelle, comme tout le reste en Chine, nos informations sont bien maigres) doit &#234;tre largement th&#233;orique pour une grande partie non seulement de l'agriculture mais m&#234;me de l'industrie. Et probablement se borne-t-elle &#224; quelques grands secteurs industriels de pointe sur lesquels l'attention du pouvoir central est particuli&#232;rement concentr&#233;e. Quelle planification serait r&#233;ellement possible dans une &#233;conomie dont on nous dit que les transports ferroviaires ou routiers sont tellement peu d&#233;velopp&#233;s que 17 % des communes (ces organismes qui devaient pr&#233;figurer le communisme) ne sont pas touch&#233;es par le r&#233;seau routier dans lequel on comprend pourtant les &#171; petits chemins &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'explique la &#171; r&#233;volution culturelle &#187;. Celle-ci, au-del&#224; des querelles spectaculaires des factions dans l'&#233;quipe dirigeante, fut d'abord une mobilisation d'une fraction de la petite bourgeoisie, principalement les &#233;tudiants, pour imposer &#224; la population urbaine l'acceptation de l'aust&#233;rit&#233;. Dans la mesure, en effet, o&#249; la production sinon stagnait du moins n'augmentait que tr&#232;s lentement (d'apr&#232;s l'&#233;conomiste am&#233;ricain Robert Michael Field la production industrielle aurait augment&#233; de 22 % par un entre 1949 et 1960, et de 6 % entre 1960 et 1974), il fallait que cette population urbaine, et d'abord la classe ouvri&#232;re, accepte l'aust&#233;rit&#233; sans perspective proche d'am&#233;lioration. La r&#233;volution culturelle, par contre, a tr&#232;s peu touch&#233; les compagnes. Les paysans qui avaient vu leur sort consid&#233;rablement am&#233;lior&#233; simplement parce qu'ils pouvaient manger &#224; leur faim ne demandaient qu'une chose : que l'on n'exerce plus sur eux les &#233;normes pressions faites en 1958-60 pour les amener &#224; produire plus tout en livrant une plus grande partie de leur r&#233;colte &#224; l'&#201;tat. Cette pression avait tr&#232;s nettement diminu&#233;, sinon cess&#233; compl&#232;tement. Cela suffisait pour garantir au r&#233;gime l'attachement de cette couche de la population. Il n'&#233;tait pas besoin de la pression des gardes rouges pour calmer les revendications des compagnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'explique aussi par exemple que l'&#233;tat-major mao&#239;ste de la r&#233;volution culturelle ait pu montrer un grand m&#233;pris pour la formation des futurs cadres chinois ou point de fermer des mois et m&#234;me des ann&#233;es les universit&#233;s et les &#233;coles. Pour une industrie en majeure partie digne du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle il n'&#233;tait pas besoin d'un tr&#232;s grand bagage technique. Cela ne pr&#233;parait gu&#232;re l'avenir et aujourd'hui l'&#233;quipe dirigeante doit rem&#233;dier &#224; la chose, mais c'est une autre affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'explique enfin une des &#233;tranges caract&#233;ristiques du r&#233;gime politique chinois, qui est la d&#233;centralisation, chose qui peut para&#238;tre bien curieuse dans un &#201;tat incontestablement dictatorial. Il semble en effet souvent que chaque r&#233;gion, chaque province, vit de sa vie propre. Alors que les querelles de factions semblent d&#233;j&#224; r&#233;gl&#233;es d&#233;finitivement &#224; P&#233;kin, ici ou l&#224; des bagarres continuent entre factions rivales dans les provinces, sans que le pouvoir central semble intervenir. Tout se passe souvent comme si celui-ci attendait patiemment que le meilleur gagne pour se contenter ensuite de lui demander de faire all&#233;geance. Et comme toutes les factions r&#232;glent toujours leurs comptes au nom du mao&#239;sme, ce n'est pas difficile. Tout se passe au fond, &#224; ce niveau, et toutes proportions gard&#233;es, comme sous les empereurs qui exigeaient lu plus grande soumission formelle de leurs gouverneurs et mandarins provinciaux, mais au-del&#224; les laissaient en fait ma&#238;tres dans leur secteur.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.4'&gt;&lt;/a&gt;Vers un nouvel essor industriel... la surexploitation des paysans, et la dictature renforc&#233;e ?&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Encore une fois il est impossible d'affirmer que la nouvelle &#233;quipe ait r&#233;ellement l'intention d'imposer une nouvelle orientation &#224; l'&#233;conomie et une acc&#233;l&#233;ration de l'industrialisation. Le pass&#233; des dirigeants, et surtout de Teng, incite seulement &#224; le penser. Il fut entre 73 et 75, sous la conduite de Chou En-lai un de ceux qui tent&#232;rent une premi&#232;re, bien qu'encore timide, exp&#233;rience de ce genre. Dans cette p&#233;riode les achats d'usines cl&#233; en mains, et d'ailleurs corr&#233;lativement l'endettement ext&#233;rieur de la Chine, s'&#233;lev&#232;rent &#224; des sommets, qui bien que modestes par rapport aux chiffres du commerce ext&#233;rieur des grands pays industriels, n'avaient jamais &#233;t&#233; atteints auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les proclamations du dernier congr&#232;s vont dans ce sens. Parmi &#171; les huit principales t&#226;ches de combat que notre parti doit accomplir &#224; l'heure actuelle et pendant une p&#233;riode donn&#233;e &#224; venir &#187; on rel&#232;ve &#171; faire la r&#233;volution et promouvoir la production pour Imprimer un grand essor &#224; l'&#233;conomie nationale &#187;. Mois apr&#232;s la p&#233;riode du &#171; grand bond &#187;, va-t-on voir celle du &#171; grand essor &#187; ? On rel&#232;ve aussi &#171; proc&#233;der &#224; une planification d'ensemble et prendre les dispositions globales afin de mettre en jeu tous les facteurs positifs dans l'&#233;dification du socialisme &#187;. Diverses d&#233;clarations d'actuels responsables aux journalistes occidentaux, vont dans le m&#234;me sens. Et puis, et ce n'est certes pas la moindre des raisons, la reprise des relations entre la Chine et les USA, et la fin du blocus impos&#233; par ceux-ci non seulement &#224; leurs propres industriels mais aux autres puissances capitalistes, ont ouvert une nouvelle porte &#224; la Chine. Il d&#233;pend d'elle bien s&#251;r de l'emprunter ou pas. Mais un obstacle de taille a &#233;t&#233; lev&#233;. A peine Nixon avait-il quitt&#233; P&#233;kin lors de son m&#233;morable voyage que les industriels japonais, par exemple, se pr&#233;cipitaient &#224; leur tour en Chine puisqu'ils &#233;taient enfin libres de d&#233;velopper leur commerce avec elle. Ils furent d'ailleurs suivis par bien d'autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si c'est bien l&#224; la politique de Hua, s'il entend r&#233;ellement donner &#224; l'industrialisation un rythme acc&#233;l&#233;r&#233; dans les prochaines ann&#233;es, nous pouvons alors pr&#233;voir les probl&#232;mes qui se poseront in&#233;luctablement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier sera de trouver un surplus &#224; exporter dans la production chinoise. Car pour importer - et notamment des usines modernes cl&#233; en mains qui co&#251;tent fort cher - il faut des devises. Et pour avoir des devises il faut vendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La presse occidentale ces derniers temps a beaucoup discut&#233; du fait que la Chine refusait ou presque les pr&#234;ts &#224; long terme. Jusqu'ici, en effet, la Chine populaire refusait de s'endetter. Mais m&#234;me si elle changeait de politique &#224; l'avenir sur ce point, cela ne changerait rien &#224; moyenne ou longue &#233;ch&#233;ance. Les pr&#234;ts pourraient lui permettre de commencer l'industrialisation plus vite sans imm&#233;diatement avoir &#224; rembourser et donc &#224; trouver des exportations &#233;quivalentes en valeur aux achats. Mais cela n'emp&#234;cherait pas d'avoir dans les ann&#233;es &#224; venir &#224; rembourser les pr&#234;ts en question. En quelque sorte cela ne ferait que reporter le probl&#232;me dans le temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or qu'est-ce que la Chine peut exporter ? Du p&#233;trole ont dit certains, parlant de fabuleuses r&#233;serves qu'aurait la Chine. Mais pour l'instant les exportations de p&#233;trole ne repr&#233;senteraient que 10 % du total des exportations de la Chine. Pour agrandir l'exploitation du pr&#233;cieux min&#233;ral, la Chine a d'abord besoin d'importer des &#233;quipements. Et Li Hsieu-nen, num&#233;ro trois du r&#233;gime, a laiss&#233; entendre r&#233;cemment qu'il ne fallait pas se faire trop d'illusions sur ce moyen dans les prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait la situation n'a pas fondamentalement chang&#233;. La Chine a d'abord et avant tout des produits agricoles. Et du coup le m&#234;me probl&#232;me est repos&#233;. Si la Chine veut se construire une industrie moderne, elle doit exporter des produits agricoles. Et pour d&#233;gager ce surplus agricole - qu'il s'agisse de prendre une partie de ce qui est d&#233;j&#224; produit ou de remplacer des produits actuels consomm&#233;s par la population par d'autres cultures qui pourraient servir &#224; l'exportation - il faut imposer un surplus de travail &#224; la paysannerie et prendre davantage de ce qu'elle produit, c'est-&#224;-dire en clair &#224; nouveau surexploiter les paysans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne veut pas dire, bien s&#251;r, que cette pression ne s'exercerait pas aussi sur la population des villes et notamment la classe ouvri&#232;re. Dans la mesure o&#249; les produits alimentaires se feraient moins abondants, elle en subirait aussi les cons&#233;quences. Soit parce que les produits rench&#233;riraient, soit parce que le rationnement se ferait plus s&#233;v&#232;re. A l'heure actuelle il existe toujours des tickets pour se procurer les denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; comme les c&#233;r&#233;ales, bl&#233; ou riz par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est avant tout la paysannerie qui devrait incontestablement subir le gros du choc. Exactement comme ce fut le cas, par exemple, dans l'URSS stalinienne des ann&#233;es trente. Et ce choc serait d'autant plus dur pour la Chine qu'aujourd'hui, et depuis des ann&#233;es, c'est elle qui doit importer certains produits alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; comme le bl&#233; par exemple. On imagine les privations qu'il faudrait faire subir &#224; la population s'il fallait inverser la tendance : arr&#234;ter ces importations pour proc&#233;der au contraire &#224; des exportations. S'ajoute en plus le fait qu'avec la crise &#233;conomique mondiale, ces exportations seraient plus difficiles, qu'il faudrait proc&#233;der &#224; des dumpings, que le poids sur l'&#233;conomie chinoise serait accru d'autant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et s'il est une chose qui peut faire h&#233;siter aujourd'hui Hua et Teng, c'est probablement celle-ci. La perspective d'avoir &#224; s'attaquer &#224; la paysannerie, de se couper de cette classe qui dans son ensemble depuis trente ans semble avoir maintenu sa fid&#233;lit&#233; et sa loyaut&#233; &#224; un r&#233;gime qui a incontestablement chang&#233; sa vie, la perspective de risquer &#224; nouveau la catastrophe qui fut fr&#244;l&#233;e &#224; l'&#233;poque du grand bond en avant et des communes populaires. Ce fut la seule p&#233;riode de ces trente derni&#232;res ann&#233;es o&#249; la paysannerie non seulement manifesta par son attitude passive qu'elle n'&#233;tait plus d'accord, mais o&#249; on signala des r&#233;voltes, assez importantes semble-t-il, dans certaines r&#233;gions rurales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si la bureaucratie stalinienne de l'&#201;tat ouvrier sovi&#233;tique s'appuya dans une certaine mesure sur la classe ouvri&#232;re contre la paysannerie, lors de la collectivisation forc&#233;e des ann&#233;es 29-30, il est probable que les nationalistes au pouvoir en Chine h&#233;siteraient davantage &#224; prendre cette voie. Ils ont su mobiliser les masses paysannes. Ils ont su mobiliser la petite bourgeoisie &#233;tudiante au moment de la r&#233;volution culturelle. Ils n'ont jamais mobilis&#233; la classe ouvri&#232;re, m&#234;me &#224; la mani&#232;re bureaucratique et militaire des staliniens russes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre cons&#233;quence politique d'une tentative d'industrialisation acc&#233;l&#233;r&#233;e serait aussi sans aucun doute une plus grande centralisation politique, l'accroissement du contr&#244;le dictatorial du pouvoir central sur l'ensemble du pays. Il est impensable en effet de mobiliser toutes les ressources &#233;conomiques, d'exercer la pression sur des centaines de millions de paysans, d'implanter l'industrie, sans une planification r&#233;elle, m&#234;me bureaucratique, sans ce contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est sans doute significatif que parmi les &#171; huit grandes t&#226;ches &#187; fix&#233;es au pays par Hua, lors du r&#233;cent congr&#232;s, cinq d'entre elles concernent le renforcement du pouvoir ou sa centralisation. Car outre &#171; proc&#233;der &#224; la planification &#187; d&#233;j&#224; cit&#233;e, il faut aussi &#171; mener &#224; bien la consolidation du parti et la rectification du style de travail et renforcer l'&#233;dification du parti &#187;, &#171; mener &#224; bien la consolidation et l'&#233;dification des &#233;quipes dirigeantes du parti aux diff&#233;rents &#233;chelons &#187;, &#171; renforcer l'appareil d'&#201;tat du peuple &#187;, &#171; d&#233;velopper la d&#233;mocratie et raffermir le centralisme d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc quelle serait la ran&#231;on de l'industrialisation &#224; la Hua pour la Chine : exploitation et pression accrue pour les masses populaires et d'abord paysannes, accentuation de la dictature de l'&#201;tat sur tout le pays. Que cela soit la source de nouvelles oppositions et contradictions entre l'&#201;tat et les masses paysannes ou ouvri&#232;res, et m&#234;me dans le personnel politique et dans l'appareil d'&#201;tat n'est pas douteux. Comment ces contradictions et oppositions pourront-elles se manifester ou &#233;clater, seule l'histoire nous le dira.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, que presque trente ans apr&#232;s la r&#233;volution modiste, certainement la r&#233;volution nationaliste bourgeoise la plus radicale de ce si&#232;cle, le dilemme soit toujours le m&#234;me, prouve bien l'impasse que constitue la voie nationaliste bourgeoise pour les masses populaires des pays sous-d&#233;velopp&#233;s. Certes une r&#233;volution nationaliste peut donner au pays dignit&#233; et ind&#233;pendance. Les mao&#239;stes ont donn&#233; cela &#224; la Chine. Et ce n'est sans doute pas rien. Mais industrialiser le pays, en faire un pays moderne - et ceci m&#234;me avec des limites d'ailleurs, car il n'est pas question malgr&#233; les pr&#233;tentions, que la Chine rattrape les &#201;tats-Unis dans les prochaines ann&#233;es, ni m&#234;me dans quelques dizaines d'ann&#233;es - ne peut se faire qu'en faisant peser sur la masse de la population une dictature f&#233;roce politiquement et une surexploitation &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name='0.5'&gt;&lt;/a&gt;L'autre voie&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Il n'y a qu'une autre voie : c'est celle de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Face au probl&#232;me du sous-d&#233;veloppement et de l'arri&#233;ration d'une partie du monde, il y aurait en effet une solution. C' est de mettre au service du monde entier, et donc des pays sous-d&#233;velopp&#233;s comme des autres, les ressources industrielles qui existent d&#233;j&#224; dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les industries, que la Chine comme tant d'autres pays sous-d&#233;velopp&#233;s voudraient tant poss&#233;der, existent. Elles sont essentiellement localis&#233;es dans les pays imp&#233;rialistes. Et m&#234;me quand elles se trouvent dans le reste du monde, elles sont le plus souvent la propri&#233;t&#233; des imp&#233;rialistes, mais elles ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &#224; partir de l'exploitation de la classe ouvri&#232;re mondiale et du pillage du monde entier, &#224; commencer par les pays qui sont actuellement sous-d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'industrie am&#233;ricaine, europ&#233;enne et japonaise r&#233;unie aurait les moyens de fournir, tr&#232;s rapidement, &#224; l'ensemble du monde, les produits industriels essentiels dont la population aurait besoin pour vivre, se nourrir, travailler. Quasi imm&#233;diaternent le monde entier pourrait sortir de la mis&#232;re tout au moins, en attendant certainement assez vite de vivre bien. Et cela sans surexploitation aucune ni de la paysannerie des pays sous-d&#233;velopp&#233;s, ni de la classe ouvri&#232;re nulle part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour cela il faudrait que ce potentiel industriel soit mis au service de la population. Il faudrait qu'il serve &#224; fabriquer des objets ou des &#233;quipements utiles, et non les &#233;normes stocks d'armements comme &#224; l'heure actuelle. Il faudrait que cette &#233;conomie industrielle soit planifi&#233;e pour que ces ressources soient utilis&#233;es &#224; plein et sans l'&#233;norme gaspillage qui se multiplie encore actuellement avec la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudrait donc que les travailleurs exproprient l'imp&#233;rialisme, prennent le pouvoir et g&#232;rent ce potentiel industriel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cette &#233;vidence, que dans cette voie seulement r&#233;side la solution aux probl&#232;mes de la plan&#232;te, qui fonde l'internationalisme prol&#233;tarien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette r&#233;volution l&#224; sera le fait, nous n'en doutons pas, de la classe ouvri&#232;re chinoise, en tant que partie int&#233;grante de la classe ouvri&#232;re internationale. Ce ne pouvait pas &#234;tre celui de Mao, vrai nationaliste mais faux communiste. Ce ne peut &#234;tre davantage celui de Hua ou de Teng.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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