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	<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
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	<description>Bienvenue sur le portail de LUTTE OUVRI&#200;RE. Vous y trouverez des informations sur l'actualit&#233;, les activit&#233;s et le programme de notre organisation.</description>
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		<title>Portail de LUTTE OUVRI&#200;RE</title>
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		<title>En guise d'au revoir </title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le pr&#233;sent num&#233;ro, &#171; La Lutte de Classe &#187; va cesser de para&#238;tre pour un temps encore ind&#233;termin&#233; - mais deux ou trois mois au plus - afin de permettre aux militants qui l'animent de se consacrer enti&#232;rement pendant cette p&#233;riode au soutien de l'effort des camarades de &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187; pour r&#233;aliser et diffuser un p&#233;riodique imprim&#233; refl&#233;tant et concr&#233;tisant le travail qu'ils effectuent par l'interm&#233;diaire de leurs bulletins dans la quarantaine d'entreprises ou de secteurs o&#249; ceux-ci sont publi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est en effet vital, &#224; notre avis, que ces camarades r&#233;ussissent &#224; cr&#233;er et &#224; faire vivre un journal r&#233;volutionnaire aussi li&#233; aux usines et au prol&#233;tariat en g&#233;n&#233;ral que peut l'&#234;tre &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187;. La plupart des tendances r&#233;volutionnaires existant dans le pays n'ont jamais pu, ou jamais su, se lier r&#233;ellement &#224; la classe ouvri&#232;re ou m&#234;me, plus simplement, faire en sorte que leurs id&#233;es et leur propagande soient connues des travailleurs. Les bulletins d'entreprises &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187; ont combl&#233;, en partie bien s&#251;r, cette lacune. Dans toutes les entreprises o&#249; ils existent, les travailleurs, tous les travailleurs connaissent les VO et les estiment. Ces bulletins paraissant r&#233;guli&#232;rement leur permettent de v&#233;rifier les id&#233;es des r&#233;volutionnaires sur les probl&#232;mes concrets qu'ils connaissent bien, ceux qui se posent &#224; eux toute la journ&#233;e &#224; l'atelier ou au bureau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il fallait faire plus. Au niveau atteint par leur activit&#233; les camarades de VO ont ressenti la n&#233;cessit&#233; d'avoir un organe central leur permet tant de capitaliser leur exp&#233;rience, d'exprimer leurs opinions autrement qu'en quelques &#171; &#233;chos &#187; trop courts et, aussi, de s'adresser au del&#224; des entreprises o&#249; existent leurs bulletins &#224; tous les militants d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc pour contribuer de notre mieux &#224; la r&#233;ussite de cette exp&#233;rience que nous cessons momentan&#233;ment de para&#238;tre. Le hasard veut que ce num&#233;ro de &#171; La Lutte de Classe &#187; soit le 78e : notre num&#233;ro un &#233;tant dat&#233; du 14 novembre 1960 cela fait donc exactement trois ans que nous paraissons sans aucune interruption toutes les deux semaines soit 26 num&#233;ros par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore une fois, cette interruption sera br&#232;ve : &#171; La Lutte de Classe &#187; repara&#238;tra dans un trimestre au plus tard. Elle en profitera d'ailleurs pour changer non de visage, de pr&#233;sentation ou d'orientation, mais de contenu. Mais ceci est une autre histoire...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Charit&#233; bien ordonn&#233;e </title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans toute d&#233;mocratie bourgeoise, les seuls probl&#232;mes qui soient d&#233;mocratiquement discut&#233;s et r&#233;solus au sein du Parlement sont ceux concernant les affaires propres de la classe dirigeante. C'est pourquoi il est bien dommage que les comptes-rendus des d&#233;bats parlementaires auxquels seuls quelques rares journaux au tirage restreint consacrent une place notable, ne soient lus que par une infime minorit&#233; des &#233;lecteurs, car c'est la seule occasion o&#249; l'on puisse parfois juger les hommes politiques rien que sur leurs propres paroles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, si les d&#233;put&#233;s des partis de 1'opposition, qu'elle soit de droite ou de gauche, peuvent toujours tenir des propos destin&#233;s &#224; s&#233;duire leur client&#232;le &#233;lectorale, le gouvernement et ses repr&#233;sentants doivent, eux, rendre des comptes, justifier sans fards leur politique, non pas aux &#233;lecteurs qu'ils sont sens&#233;s repr&#233;senter, mais &#224; la bourgeoisie dont ils font profession de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts. Et c'est un client qu'il n'est pas question de duper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cela est vrai m&#234;me dans un Parlement aussi croupion que celui de notre Ve R&#233;publique. Ce fut particuli&#232;rement visible le 28 octobre, lors du d&#233;bat sur les cr&#233;dits du secr&#233;tariat d'&#201;tat aux affaires alg&#233;riennes. Alors que l'opposition de droite au sein de l'Assembl&#233;e Nationale entonnait le refrain de l'&#233;go&#239;sme sacr&#233;, au nom du pays qui ne pouvait supporter des charges aussi lourdes, au nom de la Bretagne sous-d&#233;velopp&#233;e et des routes non goudronn&#233;es (bien que les cr&#233;dits demand&#233;s ne repr&#233;sentent que l'&#233;quivalent de ce que co&#251;tait un mois et demi de cette guerre d'Alg&#233;rie dont ils ont &#233;t&#233; les supporters acharn&#233;s pendant huit ans), alors que l'opposition de gauche, oubliant la part de responsabilit&#233; qu'elle avait eue dans la r&#233;pression en Alg&#233;rie, faisait &#233;talage de beaux sentiments et de g&#233;n&#233;rosit&#233;, le gouvernement, lui, &#233;tait bien oblig&#233; de parler chiffres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#171; Le Monde &#187; du 30 octobre, &#171; seize mois apr&#232;s la proclamation de l'ind&#233;pendance... le sens, la nature et l'objet de la coop&#233;ration franco-alg&#233;rienne apparaissent profond&#233;ment modifi&#233;s &#187;. Faut-il donc croire que l'&#171; aide &#187; &#224; l'Alg&#233;rie fut un jour la cons&#233;quence de &#171; mobiles nobles &#187; et de &#171; raisons sentimentales &#187; ? Monsieur de Broglie, lui, est plus r&#233;aliste : &#171; La France, affirme-t-il, n'a cess&#233; d'orienter son aide en fonction de ses int&#233;r&#234;ts propres &#187;. Substituez au mot &#171; France &#187; sous lequel il se cache, le mot &#171; bourgeoisie &#187;, et vous aurez l'explication fondamentale de la politique de &#171; coop&#233;ration &#187;. Et le d&#233;bat devait apporter de nombreuses pr&#233;cisions &#224; ce sujet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Durant le premier semestre de 1963, d&#233;clarait M. Quena - UNR - l'Alg&#233;rie a &#233;t&#233; le quatri&#232;me client de la France. La balance commerciale entre elle et notre pays nous est favorable. Les transports entre les deux pays s'effectuent sous pavillon fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r le p&#233;trole : &#171; Nous nous procurons au Sahara, c'est-&#224;-dire dans la zone franc, 2 milliards de p&#233;trole &#187; disait le m&#234;me orateur, et le d&#233;put&#233; &#171; ind&#233;pendant &#187; Bettencourt, bien que critiquant en partie la politique du gouvernement reconnaissait : &#171; En revanche, nous comprenons le raisonnement du gouvernement, &#224; propos du p&#233;trole saharien, qui nous a permis, cette ann&#233;e, d'&#233;conomiser 280 millions de dollars &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le p&#233;trole n'est pas seul en cause. &#171; Nous n'accepterons pas, disait encore le m&#234;me de Broglie, que l'Alg&#233;rie se d&#233;robe &#224; ses engagements quant &#224; la commercialisation des produits des terres nationalis&#233;es, produits qui repr&#233;sentent 40 milliards d'anciens francs pour les vins, et 20 milliards pour les agrumes et les c&#233;r&#233;ales. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces quelques d&#233;clarations et chiffres suffiraient d&#233;j&#224; &#224; d&#233;truire le mythe d'une France grande, belle et g&#233;n&#233;reuse aidant par pure bont&#233; d'&#226;me la pauvre Alg&#233;rie &#224; se d&#233;velopper. Dans les rapports franco-alg&#233;riens, ce n'est pas l'Alg&#233;rie, mais la France, qui est la b&#233;n&#233;ficiaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il est encore plus int&#233;ressant de voir de quelles mani&#232;res sont utilis&#233;s les cr&#233;dits vot&#233;s. L' &#171; aide &#187; &#224; l'Alg&#233;rie se pr&#233;sente sous trois aspects diff&#233;rents. Il y a d'une part la coop&#233;ration technique culturelle indispensable pour que continue &#224; tourner sans &#224;-coups la machine &#233;conomique alg&#233;rienne, et pour que les b&#233;n&#233;fices continuent &#224; rentrer dans les portefeuilles les bourgeois fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;II y a d'autre part l'&#171; aide &#187; financi&#232;re proprement dite, laquelle se divise en deux parties distinctes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Sur le milliard inscrit au budget une part ira... &#224; l'aide li&#233;e, c'est-&#224;-dire li&#233;e au financement de projets approuv&#233;s par nous et dont l'ex&#233;cution est r&#233;serv&#233;e par priorit&#233; &#224; des entreprises fran&#231;aises &#187;, selon les paroles de Pompidou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a dans cette phrase deux choses remarquables. La premi&#232;re, c'est l'approbation donn&#233;e par le gouvernement fran&#231;ais &#224; ces projets, c'est-&#224;-dire, en fait, le droit de contr&#244;le. qu'il s'arroge sur les investissements de l'&#201;tat alg&#233;rien, sur l'orientation que celui-ci peut vouloir donner &#224; sa propre &#233;conomie. Il y a ensuite la priorit&#233; donn&#233;e &#224; des entreprises fran&#231;aises, ce qui revient &#224; subventionner les trusts fran&#231;ais par l'interm&#233;diaire du gouvernement alg&#233;rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si &#171; l'aide li&#233;e &#187; est un moyen de contr&#244;le de la politique &#233;conomique de l'Alg&#233;rie &#171; l'aide libre &#187;, elle, est un v&#233;ritable moyen de chantage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Quant &#224; l'aide dite libre, disait encore Pompidou, nous n'avons pas l'intention de la r&#233;duire par principe. Mais nous la verserons par tranches &#233;chelonn&#233;es, et chaque versement sera subordonn&#233; au respect des engagements ant&#233;rieurs de la R&#233;publique alg&#233;rienne. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, si l'Alg&#233;rie depuis seize mois a acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance politique, ces d&#233;bats montrent bien toute la relativit&#233;, la pr&#233;cocit&#233; d'une telle ind&#233;pendance. Seule, sans l'aide de capitaux ext&#233;rieurs l'Alg&#233;rie, dont toutes les richesses produites durant plus d'un si&#232;cle de colonisation ont &#233;t&#233; vol&#233;es, ne peut pas se d&#233;velopper, et &#171; l'aide &#187; financi&#232;re que lui apporte l'imp&#233;rialisme ne peut lui permettre de le faire que dans mesure o&#249; cela ne g&#234;ne pas celui-ci, o&#249; ce n'est pas une entrave &#224; ses profits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une aide r&#233;ellement d&#233;sint&#233;ress&#233;e, seul un &#201;tat ouvrier sera capable de l'accorder. C'est pourquoi, pour les pays sous-d&#233;velopp&#233;s comme dans les pays capitalistes avanc&#233;s, la seule voie de salut, le seul objectif juste et r&#233;aliste, c'est non pas la lutte contre un imp&#233;rialiste, mais la guerre totale contre l'Imp&#233;rialisme par la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Quand un valet chasse l'autre</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne fait de doute pour personne que Washington ne soit intervenu, directement ou indirectement, dans le coup d'&#201;tat militaire qui vient de mettre fin &#224; la dictature sanglante de Diem et Nhu au Sud-Vietnam. Car ces derniers ne maintenaient leur r&#233;gime de terreur que parce qu'ils avaient &#233;t&#233; mis en place et soutenus par le gouvernement am&#233;ricain. Le retrait de ce soutien entra&#238;nait leur chute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le changement de l'&#233;quipe gouvernementale mise en place par Washington au lendemain des accords de Gen&#232;ve s'av&#233;rait n&#233;cessaire depuis plusieurs ann&#233;es et il y a trois ans, le 11 novembre 1960, un coup d'&#201;tat tent&#233; par les militaires &#233;chouait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La raison d'&#234;tre du r&#233;gime des Ngo &#233;tait tout enti&#232;re dans la lutte contre le communisme. C'&#233;tait un r&#233;gime de guerre, celle men&#233;e contre la &#171; subversion &#187;. Cette n&#233;cessit&#233; &#233;tait apparue d&#232;s l'application des accords de Gen&#232;ve en 1954, qui coupait en deux le Vietnam, mettant ainsi un terme &#224; la &#171; guerre d'Indochine &#187; men&#233;e par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le r&#233;gime Diemiste commen&#231;ait alors par massacrer des milliers de combattants vietnamiens qui n'avaient pu fuir &#224; temps vers le Nord. Il put d'autant plus facilement installer son r&#233;gime de terreur qu'&#224; l'&#233;poque, le Parti Communiste Vietnamien menait une politique pacifiste de &#171; non-provocation &#187; vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme. Et il faut dire que le PCV. &#233;tait bien le seul &#224; prendre au s&#233;rieux - ou &#224; feindre de prendre au s&#233;rieux - la clause des accords de Gen&#232;ve qui pr&#233;voyait la r&#233;unification pacifique du Vietnam par voie d'&#233;lections en 1956 : la Pologne garantissait cette clause. Elle put s'y engager avec d'autant moins de risques que tous les signataires, tant les imp&#233;rialistes que les Chinois ou les Russes - et la Pologne elle-m&#234;me - s'empress&#232;rent d'un commun accord (?) d'oublier ce d&#233;tail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain put ainsi mettre en place le r&#233;gime Diem, ses troupes sp&#233;ciales de r&#233;pression, son organisation fasciste pour enr&#233;gimenter la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'&#233;poque, la seule opposition s&#233;rieuse que rencontra Diem fut celle des sectes religieuses, les Cao-Da&#239;, Hao-Hao, pouss&#233;es d'ailleurs par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui venait de se faire &#233;vincer politiquement du Viet-Nam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la mis&#232;re et le r&#233;gime policier devaient faire rena&#238;tre la &#171; subversion &#187;. Le caract&#232;re mensonger des promesses faites &#224; Gen&#232;ve ne permettait plus d'illusions, la gu&#233;rilla reprit dans les campagnes. Malgr&#233; la pr&#233;sence des forces am&#233;ricaines encadrant les troupes de Diem, d&#232;s 1960, une guerre qui ne disait pas son nom faisait rage dans le Sud-Vietnam. Le r&#233;gime Diem, vomi par la population, se montrait incapable d'assurer l'ordre autrement que par les prisons et le feu. Aussi pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, d&#232;s cette &#233;poque, se posait le probl&#232;me de changer l'&#233;quipe gouvernementale des Diem, &#171; br&#251;l&#233;e &#187; aupr&#232;s de leur peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Brusquement tir&#233;e de son indiff&#233;rence, la presse occidentale n'a pas manqu&#233; de souligner la relation &#233;vidente qui existait entre les manifestations de l'opposition bouddhiste et la chute de Diem. De l&#224; &#224; conclure que le suicide des bonzes &#233;tait pour beaucoup dans la d&#233;cision des Am&#233;ricains de retirer leur appui &#224; Diem, sous la pression de l'indignation internationale, il n'y avait qu'un pas. En fait, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain se soucie fort peu de l'opinion internationale ou de l'opinion du peuple am&#233;ricain lui-m&#234;me, quand ses int&#233;r&#234;ts sont en jeu, il n'h&#233;site pas &#224; soutenir des r&#233;gimes aussi sanglants et aussi compromis que ceux de Salazar ou de Franco, Le probl&#232;me n'est pas l&#224;. L'opposition des bonzes, seule opposition sinon permise du moins tol&#233;r&#233;e, &#224; ses d&#233;buts, par le r&#233;gime Diem, ne fut que le canal par lequel purent s'exprimer les sentiments anti-Diem de toute la population vietnamienne. Et c'est cette unanimit&#233;, ou plut&#244;t c'est la manifestation spectaculaire de cette haine g&#233;n&#233;rale, qui a &#233;t&#233; pour l'imp&#233;rialisme le signe irr&#233;futable de l'impossibilit&#233; o&#249; se trouvait d&#233;sormais le r&#233;gime Diem de continuer &#224; remplir le r&#244;le pour lequel il avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les valets de l'imp&#233;rialisme se refusaient &#224; c&#233;der la place, eux qui estimaient si bien remplir leur mission anti-communiste. L'acharnement avec lequel ils s'accroch&#232;rent au pouvoir - les interviews t&#233;l&#233;vis&#233;s de la famille Nhu nous l'ont assez montr&#233; - posait des probl&#232;mes. Dans leur r&#233;sistance &#224; c&#233;der la place &#224; une autre &#233;quipe dirigeante, Diem et Nhu pouvaient favoriser le Vietcong qui se serait ainsi trouv&#233; devant un adversaire affaibli par des difficult&#233;s internes. Tout aussi dangereuse pour l'imp&#233;rialisme pouvait &#234;tre l'intervention toujours possible des masses populaires. Afin d'&#233;carter ces risques mortels, le changement d'&#233;quipe devait s'effectuer rapidement, pratiquement sans combat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce que l'on a vu le 1er novembre. En quelques heures, le coup d'&#201;tat des militaires &#233;tait vainqueur. Dans l'&#233;viction du r&#233;gime Diem, la seule force qui pouvait avoir le soutien de Washington &#233;tait l'&#201;tat-Major de l'arm&#233;e vietnamienne. Dans Sa&#239;gon en f&#234;te, le 2 novembre, l'arm&#233;e occupait la ville ; toute r&#233;union de plus de six personnes &#233;tait interdite, un message du g&#233;n&#233;ral Ton That Dinh demandait &#224; la population de manifester dans le calme. Des soldats tirant en l'air, dispersaient un groupe d'&#233;tudiants venus manifester devant l'Assembl&#233;e Nationale. Des magasins et des installations de journaux favorables &#224; Diem &#233;taient pill&#233;s ou incendi&#233;s, mais l'ann&#233;e pr&#233;sente partout &#233;tait responsable de l'ordre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le changement d'&#233;quipe se fait donc, pour le moment, sans trouble grave. L'administration reste en place dans le pays Elle ne s'effondre pas. Le changement a &#233;t&#233; suffisamment rapide pour ne pas l'&#233;branler. L'arm&#233;e a momentan&#233;ment ouvert les portes des prisons et dans Sa&#239;gon en liesse, de nombreux d&#233;tenus du r&#233;gime, beaucoup d'&#233;tudiants et de bouddhistes ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s. La danse et le jazz, interdits par les &#171; lois morales &#187; de Mme Nhu, ont fait leur r&#233;apparition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L' &#171; ordre &#187; r&#232;gne au Vietnam, mais c'est l'ordre de l'imp&#233;rialisme. Et c'est pourquoi le nouveau gouvernement, pas plus que celui de Diem ne sera d&#233;mocratique. Comme lui bient&#244;t, il d&#233;cevra cruellement tous ceux qui esp&#232;rent une am&#233;lioration de leur sort. Comme lui, il devra &#171; regrouper &#187;, et massacrer afin de r&#233;duire toute forme d'opposition. Car il devra, comme lui, faire la guerre &#224; tout un peuple. Et comme pour lui enfin, ses jours sont d'ores et d&#233;j&#224; compt&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Le &#171; fractionnisme trotskiste &#187;, h&#233;ritier du bolchevisme</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;03&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1960-1963/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1960-1963&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a 40 ans, dans le Parti Bolchevik et l'Internationale Communiste, s'engageait une discussion qui ne devait se terminer que quatre ans plus tard, par l'exclusion de tous les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires. Pour la premi&#232;re fois, en cet automne 1923, la bureaucratie sovi&#233;tique manifestait ouvertement son existence politique. La campagne contre les r&#233;volutionnaires, contre le &#171; fractionnisme trotskyste &#187; commen&#231;ait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces &#233;v&#233;nements s'inscrivaient dans un cadre beaucoup plus large. Plus que les petites combines des hommes de l'appareil, il y avait le reflux de la vague r&#233;volutionnaire qui avait suivi la premi&#232;re guerre mondiale, reflux qui allait emporter &#224; son tour l'Internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, depuis l'&#233;chec de l'Arm&#233;e Rouge en Pologne, la r&#233;volution reculait sur tous les fronts, &#171; l'offensive r&#233;volutionnaire &#187; de mars 1921 en Allemagne ne pouvait enrayer ce mouvement. En octobre 1922, Mussolini formait le premier minist&#232;re fasciste. En septembre 1923, c'&#233;tait en Espagne le coup d'&#201;tat de Primo de Rivera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce recul ne devait pas &#233;pargner la Russie des soviets. D&#232;s 1921 la N.E.P. repr&#233;sentait toute une s&#233;rie de concessions faites aux &#233;l&#233;ments de la ville et de la campagne. La fin de la guerre civile trouva le pays &#233;puis&#233; &#224; un tel point, l'&#233;conomie si d&#233;labr&#233;e, qu'il fallut bien en passer par l&#224; et renoncer au communisme de guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti Bolchevik &#233;tait parfaitement conscient qu'il s'agissait d'un recul, il n'essaya pas de le cacher. Et, pour &#233;viter que la pression de la petite bourgeoisie qui allait immanquablement rena&#238;tre de la NEP ne se manifeste trop facilement dans le seul parti dirigeant, le Xe congr&#232;s supprima le droit de fractions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cette mesure se r&#233;v&#233;la la parfaitement inefficace, elle se retourna m&#234;me finalement contre les r&#233;volutionnaires, car ce ne fut pas &#224; la p&#233;riph&#233;rie du parti mais en son centre, dans son appareil, que se manifesta l'influence petite-bourgeoise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bureaucratisation de l'appareil d'&#201;tat sovi&#233;tique &#233;tait un mal d&#233;j&#224; ancien, mais qui ne pouvait aller qu'en s'accentuant avec la fatigue et l'apathie politique qui gagnaient les masses ouvri&#232;res. A partir de 1922, il s'av&#233;ra que le ph&#233;nom&#232;ne n'&#233;tait pas limit&#233; aux fonctionnaires de l'&#201;tat, mais gagnait &#233;galement l'appareil du parti. L&#233;nine, bien que malade, se pr&#233;parait pour le XIIe congr&#232;s &#224; livrer la lutte contre la bureaucratisation. Sa deuxi&#232;me rechute l'emp&#234;cha d'y participer, mais il fit parvenir sa &#171; Lettre au Congr&#232;s &#187; dans laquelle il demandait que Staline soit &#233;cart&#233; du secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral. Cette emprise grandissante des bureaux sur la vie du parti ne s'&#233;tait pas encore manifest&#233;e dans le domaine de la politique de l'Internationale. Elle &#233;tait surtout caract&#233;ris&#233;e par des moers nouvelles. A la libre et franche discussion faisaient place peu &#224; peu les pressions et le chantage de toutes sortes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224;, aussi, des diff&#233;rends apparaissaient dans le domaine de la politique &#233;conomique. D&#232;s la fin de 1922 Trotsky demandait un rythme d'industrialisation plus rapide de mani&#232;re &#224; pouvoir offrir des produits manufactur&#233;s aux paysans, &#224; &#233;tablir un &#233;quilibre entre les prix des produits industriels et agricoles. Trotsky utilisait l'image des ciseaux dont une branche repr&#233;sentait les prix agricoles et l'autre les prix industriels, les deux branches s'&#233;cartant de plus en plus. Il s'agissait donc de refermer les ciseaux, et c'&#233;tait une question de premi&#232;re importance, car si la chert&#233; des produits industriels l&#233;sait la paysannerie dans son ensemble, elle favorisait la diff&#233;renciation sociale &#224; la campagne, la naissance d'une classe de koulaks sur laquelle pouvait s'appuyer la bureaucratie. L'industrialisation au contraire, en abaissant les prix du mat&#233;riel agricole, aurait &#233;galis&#233; les chances des diff&#233;rents paysans, elle aurait de plus permis de r&#233;former et de renforcer la classe ouvri&#232;re russe, qui avait pratiquement disparu en 1921 (il n'y avait plus que des ch&#244;meurs et des fabricants de &#171; perruque &#187; destin&#233;e &#224; &#234;tre vendue au march&#233; noir), et ne s'&#233;tait que partiellement reform&#233;e durant les deux premi&#232;res ann&#233;es de la NEP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, au d&#233;but de l'automne 1923, deux revendications importantes apparaissaient dans le parti, sur deux plans diff&#233;rents, mais en fait &#233;troitement li&#233;s : celle d'un retour &#224; la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, celle de l'industrialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais &#224; cette &#233;poque des faits nouveaux capt&#232;rent l'attention de tous, faisant passer la discussion qui s'&#233;bauchait au second plan. La crise allemande approchait de son d&#233;nouement. La victoire de la r&#233;volution en Allemagne aurait &#233;t&#233; la fin de l'isolement de l'URSS, le salut de la r&#233;volution sovi&#233;tique, l'aube de la r&#233;volution mondiale. Et le parti communiste allemand se pr&#233;parait &#224; c&#233;l&#233;brer le 6e anniversaire de la R&#233;volution russe de la plus digne mani&#232;re qui soit, en prenant le pouvoir &#224; son tour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation &#233;tait objectivement r&#233;volutionnaire. Cela est indiscutable. Mais entre la politique suivie par le K.P.D. et celle qu'avait men&#233;e le Parti bolchevik en 1917, il y avait un foss&#233; &#233;norme, et cette diff&#233;rence &#233;tait bien significative des nouvelles moers qui r&#233;gnaient dans l'IC En Russie, toute la politique des r&#233;volutionnaires consista &#224; d&#233;montrer aux masses la n&#233;cessit&#233; de la prise du pouvoir, &#224; leur faire appara&#238;tre l'insurrection comme leur insurrection. En Allemagne l'&#201;tat-Major communiste dressa ses plans ind&#233;pendamment du mouvement de masse. Si elle avait eu lieu, l'insurrection aurait co&#239;ncid&#233; avec la mont&#233;e r&#233;volutionnaire des masses ; elle n'en aurait pas &#233;t&#233; l'aboutissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au dernier moment l'insurrection fut d&#233;command&#233;e : on venait de se rendre compte que les plans &#233;taient faux, que les stocks d'armes &#233;taient insuffisants. Les bureaux s'&#233;taient tromp&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les masses n'avaient pas combattu, elles n'avaient pas &#233;t&#233; vaincues, nais le mouvement refluait. L'octobre allemand marqua un virage important, ce fut la derni&#232;re chance de la r&#233;volution russe, ce fut aussi le premier &#233;chec d'un mouvement r&#233;volutionnaire imputable &#224; la bureaucratie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque les nouvelles d'Allemagne arriv&#232;rent en Russie, elles lib&#233;r&#232;rent tous les griefs accumul&#233;s contre la direction du parti et de l'IC, manifestement responsable. Staline n'avait-il pas &#233;crit en ao&#251;t : &#171; Selon moi, on doit retenir les Allemands et non pas les stimuler &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quarante six bolcheviks &#233;minents, parmi lesquels Piatakov, Pr&#233;obrajensky, S&#233;r&#233;briakov, V.M. Smirnov, publi&#232;rent une d&#233;claration o&#249; ils disaient notamment : &#171; La pr&#233;sente situation est due au fait que le r&#233;gime d'une dictature fractionnelle qui se d&#233;veloppa apr&#232;s le Xe congr&#232;s, a surv&#233;cu &#224; son utilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant l'agitation croissante qui se d&#233;veloppa, le triumvirat, Staline, Zinoviev, Kamenev - qui dirigeait en fait le parti depuis la maladie de L&#233;nine - inquiet d&#233;cida de l&#226;cher du lest. Le 7 novembre, Zinoviev publia un article autorisant la discussion, et affirmant d'ailleurs que la d&#233;mocratie ouvri&#232;re existait dans le parti. Le 5 d&#233;cembre, le Comit&#233; Central adopta une r&#233;solution condamnant la bureaucratie, les privil&#232;ges sp&#233;ciaux, permettant la restauration du droit de critique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trotsky, malade depuis le d&#233;but novembre (c'est de son lit qu'il participa &#224; toute la discussion), signa la r&#233;solution du C.C., mais compl&#233;ta sa position en publiant quelques jours plus tard une lettre dans laquelle il pesait le probl&#232;me dans tout son ensemble et expliquait ses craintes sur le danger d'une d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;actions de la majorit&#233; du c.c. furent significatives de sa mauvaise foi. alors qu'il ne semblait pas y avoir de d&#233;saccord entre la r&#233;solution du c.c. et la lettre de trotsky, la pravda se d&#233;cha&#238;na contre ce dernier. de 1917 &#224; 1923 les discussions s'&#233;taient caract&#233;ris&#233;es par un certain c&#244;t&#233; conciliant en ce sens qu'il n'&#233;tait pas dans les m&#233;thodes du parti d'envenimer la discussion par le rappel des divergences pass&#233;es. l&#224; au contraire, la discussion ne porta pas tant sur les positions pr&#233;sentes de trotsky que sur le rappel de ses &#171; fautes pass&#233;es &#187; de 1903 &#224; 1923.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte contre l'opposition qui se formait sur la base de la revendication de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re et de l'industrialisation se confondit avec la lutte que menaient nombre de cadres sup&#233;rieurs du parti contre Trotsky. La position de ce dernier n'&#233;tait pas facile : nouveau venu dans le Parti bolchevik &#224; la veille de la R&#233;volution, il avait rapidement surclass&#233; et domin&#233; nombre de &#171; vieux &#187; bolcheviks. Commissaire &#224; la guerre, il avait souvent d&#251; au cours de son activit&#233; pi&#233;tiner bien des amours-propres. Pour beaucoup les ennemis de Trotsky &#233;taient anim&#233;s par des sentiments de rancune, et ils ne se rendaient pas toujours compte que la politique qu'ils menaient &#233;tait la n&#233;gation du bolchevisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La discussion fit rage dans le parti jusqu'&#224; la fin d&#233;cembre. Le Comit&#233; Central d&#233;cr&#233;ta alors que Trotsky malade avait besoin de se reposer, et il l'envoya en Crim&#233;e. C'est l&#224; que celui-ci apprit la mort de L&#233;nine, qui pour un temps arr&#234;ta la discussion. Celle-ci reprit en fin 1924, d'autant plus acharn&#233;e qu'apr&#232;s la mort de L&#233;sine, la bureaucratie, par la plume de Staline, osa enfin parler de &#171; socialisme dans un seul pays &#187;. L'opposition se renfor&#231;a alors, au moins temporairement, de tous ceux qui ne pouvaient renier leur formation internationaliste, m&#234;me s'ils avaient, tels Zinoviev et Kamenev, contribu&#233; &#224; mener la bureaucratie au pouvoir. Mais le vieux Parti bolchevik qui avait fait la r&#233;volution n'existait plus. Les militants de 1917 &#233;taient submerg&#233;s par le flot des nouveaux venus, par ceux qui &#233;taient venus au Parti pendant la guerre civile, la plupart d&#233;vou&#233;s et sinc&#232;res mais d&#233;pourvus de culture politique, par ceux bien plus nombreux qui adh&#233;r&#232;rent apr&#232;s 1921 avec parmi eux beaucoup d'arrivistes et de trafiquants en tous genres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas au pouvoir de l'opposition d'arr&#234;ter le reflux de la r&#233;volution mondiale ; elle ne pouvait prendre le pouvoir en URSS, mais ce n'est pas non plus ce qu'elle voulait. D&#233;fendant avec intransigeance les principes de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, de l'internationalisme prol&#233;tarien, l'opposition trotskiste maintenait haut le drapeau r&#233;volutionnaire. Analysant l'&#233;volution du monde moderne, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'URSS, elle renouvelait et enrichissait le programme marxiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression bourgeoise, la calomnie et les m&#233;thodes de gangst&#233;risme et d'assassinat du stalinisme, malgr&#233; l'extermination presque totale d'une g&#233;n&#233;ration de r&#233;volutionnaires, ce drapeau et ce programme sont rest&#233;s vivants, et pour les militants qui s'attachent aujourd'hui &#224; construire un parti ouvrier r&#233;volutionnaire, ils repr&#233;sentent un capital inappr&#233;ciable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'opposition de 1923 se voulait &#187; bolchevik-l&#233;niniste &#187;, elle se d&#233;fendait bien d'&#234;tre trotskiste, mais l'histoire, comme ses adversaires, lui a donn&#233; ce non, et avec le &#171; trotskisme &#187; qui naissait en 1923, c'est le bolchevisme lui-m&#234;me qui continuait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Unitaire pour cinq</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;02&lt;/p&gt;
			


			
			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La perspective d'&#233;lections pr&#233;sidentielles plus ou moins proches a amen&#233;, on le sait, un certain nombre d'hommes politiques de gauche (ou m&#234;me de moins gauche), &#224; envisager d'une fa&#231;on nouvelle leurs rapports avec le PCF puisqu'il est maintenant n&#233;cessaire de s'assurer son appui &#233;lectoral, il n'est plus question de le vouer aux seules g&#233;monies sovi&#233;tiques - momentan&#233;ment du moins. Ils ont cependant amorc&#233; la chose avec beaucoup de prudence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;I1 suffit pourtant qu'un Maurice Faure - qui affirme toujours qu'il repousse &#171; toute alliance en bonne et due forme avec le Parti Communiste &#187; - d&#233;clare, par ailleurs, qu'il admet la possibilit&#233; d'une entente en cas &#171; de p&#233;ril imminent pr&#233;sent sur la R&#233;publique &#187;, pour que notre Parti Communiste tel le corbeau de la fable ouvre un large bec (celui de Laurent Salini dans &#171; L'Humanit&#233; &#187; du 20.10.63) et laisse tomber son programme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que dans le vague espoir - tr&#232;s, tr&#232;s vague encore - d'&#234;tre enfin dans le coup, c'est-&#224;-dire dans les m&#234;mes comit&#233;s &#233;lectoraux que les partis socialistes, radicaux ou m&#234;me MRP, quand il ne caresse pas la chim&#232;re de faire partie du &#171; gouvernement r&#233;publicain &#187; qui doit remplacer de Gaulle apr&#232;s la d&#233;faite &#233;lectorale de celui-ci - &#171; car il s'agit &#233;videmment d'appliquer ensemble le programme que l'on aura dress&#233; ensemble et fait admettre ensemble par le pays &#187; ( &#171; L'Humanit&#233;-Dimanche &#187; du 20.10.63) - il ne peut &#234;tre question de s'accrocher &#224; des v&#233;tilles telles l'affirmation de ses propres id&#233;aux politiques (d'ailleurs, pour cela, il faudrait d'abord en avoir).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vraiment comique de voir le parti le plus important de l'opposition, celui qui fait voter bon an, mal an, 20 &#224; 25 % des &#233;lecteurs, celui dont tout le monde reconna&#238;t l'absolue n&#233;cessit&#233;, pour les autres, de s'assurer l'appui, et qui, de ce fait, devrait parler haut, net et fort, pour imposer ses vues ou la plus grande partie d'entre elles, n'avoir en fait qu'une seule pr&#233;occupation : d&#233;montrer aux autres formations de l'opposition qu'il est parfaitement d'accord avec elles, que rien ne l'en distingue et qu'il abandonne d'avance tout programme tant soit peu particulier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour s'en convaincre il suffit de lire l'&#233;ditorial de &#171; L'Humanit&#233;-Dimanche &#187; du 20.10.63, r&#233;sum&#233; de toute la propagande de la presse stalinienne sur le sujet. Un seul th&#232;me, une seule id&#233;e en constituent la mati&#232;re : entre les socialistes, les radicaux, les MRP m&#234;me et le PC, il n'est pratiquement pas de divergences politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une certaine gymnastique intellectuelle est-elle n&#233;cessaire pour cela ? Ce n'est pas pour rebuter les journalistes du PCF L'essentiel de l'apport stalinien &#224; la dialectique n'a-t-il pas consist&#233; &#224; d&#233;montrer qu'en politique le mouvement est tout (celui de droite &#224; gauche et de gauche &#224; droite en particulier) et le fond id&#233;ologique rien ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour bien convaincre ceux qu'il esp&#232;re ses futurs alli&#233;s, et aussi ses propres troupes de militants et sympathisants comment proc&#232;de le PC ? En se contentant d'abord de prendre pour argent comptant toutes les vagues d&#233;clarations d'intention de Pierre, Maurice ou Guy :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Voyons de plus pr&#232;s. Nous n'apercevons aucun d&#233;saccord sur le r&#233;tablissement et l'extension des libert&#233;s d&#233;mocratiques, aucun non plus sur la priorit&#233; &#224; donner &#224; l'&#233;ducation &#187;. Jusqu'o&#249; seront &#171; &#233;tendues &#187; ces libert&#233;s d&#233;mocratiques ? De quelle &#233;ducation s'agira-t-il ? Ce sont l&#224; des questions qui ne se posent pas. De m&#234;me que l'on ne doit pas demander non plus par quel moyen et comment cela peut &#234;tre fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au besoin il force l&#233;g&#232;rement les intentions inavou&#233;es des radicaux ou des socialistes : &#171; Aucune d&#233;mocratie un tant soit peu &#233;tendue n'est possible sans que le grand capital soit limit&#233; &#187; (nul besoin de l'abolir donc ?)... &#171; sans que les banques, la sid&#233;rurgie, le p&#233;trole, l'industrie atomique soient nationalis&#233;s. Le Parti Socialiste est du m&#234;me avis que nous &#187; (le s&#233;jour de Guy Mollet &#224; la Pr&#233;sidence du Conseil ne l'a-t-il pas amplement d&#233;montr&#233; ?)... &#187; le parti radical qui se veut &#171; l'infanterie de la R&#233;publique &#187; a toujours consid&#233;r&#233; les nationalisations avec faveur &#187;. (qui l'aurait cru ?Tous ces radicaux ne sont-ils donc que de grands timides, qui n'osent pas s'affirmer ?).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant il est quelquefois impossible de se contenter des vagues promesses ou de d&#233;couvrir des intentions bien cach&#233;es. Qu'&#224; cela ne tienne. Ne suffit-il pas alors de mettre de c&#244;t&#233; ce que l'on ne peut arriver &#224; concilier ? Ainsi, &#224; propos de la politique &#233;trang&#232;re, Laurent Salini consent &#224; reconna&#238;tre &#171; qu'il y a dans ce domaine mati&#232;re &#224; discuter &#187;. Il pourrait sembler en effet, m&#234;me &#224; un esprit peu au fait des choses de la politique, qu'entre &#171; le pr&#233;sident du Parti Radical qui r&#233;sume ainsi sa pens&#233;e : &#171; construction europ&#233;enne, fid&#233;lit&#233; &#224; l'Alliance Atlantique &#171; et &#171; les communistes qui soulignent la malfaisance du March&#233; Commun et, depuis toujours, d&#233;noncent les dangers du Pacte Atlantique &#187;, il y ait un obstacle insurmontable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que non, cependant, &#171; car nul ne demande aux partenaires de renoncer &#224; ses conceptions g&#233;n&#233;rales mais seulement de s'entendre sur ce qui est d'ores et d&#233;j&#224; commun &#187;... &#187; or toutes, les formations d&#233;mocratiques demandent l'adh&#233;sion au trait&#233; de Moscou ; toutes sont favorables au dialogue Est-Ouest &#187;... Pour cela donc &#171; il n'est pas indispensable de rayer d'un trait de plume les engagements souscrits par la France. &#187; Eh oui ! Que les militants du PCF se fassent une raison : contre la signature du trait&#233; de Moscou, on fermera les yeux sur les alliances militaires ou &#233;conomiques de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne pourra certes pas accuser le PCF de mettre les b&#226;tons dans les roues de la charrette de I'unit&#233;. D'avance - il l'affirme et le crie bien haut - il souscrit &#224; tout ce que voudra bien dire ou faire Mollet, Faure ou Pflimlin, sans voir en eux autre chose que des r&#233;publicains sinc&#232;res... presque des r&#233;volutionnaires, au fond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une platitude plus grande que celle des dirigeants du PCF est assez difficile &#224; imaginer. Le plus dr&#244;le (ou le plus triste peut-&#234;tre) c'est, bien s&#251;r, que nous pouvons &#234;tre certains qu'ils seront rejet&#233;s par leurs &#171; alli&#233;s provisoires &#187; d&#232;s qu'ils n'auront plus besoin d'eux. Ceci d'autant plus facilement que leur attitude servile montre qu'avec eux, il n'est pas besoin de prendre de gants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les repr&#233;sentants de la bourgeoisie aupr&#232;s des masses petites-bourgeoises ou prol&#233;tariennes, que sont les radicaux et les socialistes, n'ont, pas plus que la bourgeoisie en g&#233;n&#233;ral, de raisons de conserver avec eux une &#233;corce pseudo-r&#233;volutionnaire quand le jus r&#233;formiste est press&#233;. Mais la place des uns comme des autres n'est-elle pas depuis longtemps dans la poubelle de l'Histoire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Du sable aux yeux</title>
	
	
	
	

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				&lt;p&gt;01&lt;/p&gt;
			


			
			
				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1960-1963/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1960-1963&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les raisons politiques qui ont pouss&#233; la monarchie marocaine &#224; partir en guerre contre la R&#233;publique alg&#233;rienne, sont assez claires. Un sous-ministre de de Gaulle - M. de Broglie - a pu dire, pour sa part, qu'il s'agissait d'emp&#234;cher l'Alg&#233;rie de devenir pour la France (et pour l'Afrique) ce que Cuba est pour l'Am&#233;rique, La &#171; rectification &#187; des fronti&#232;res invoqu&#233;e par Rabat est donc un pr&#233;texte d'autant plus fallacieux que durant toute la guerre d'Alg&#233;rie, Hassan II s'est bien gard&#233; de lancer ses troupes &#224; l'assaut des territoires occup&#233;s alors par l'arm&#233;e fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi commence un article de l'Humanit&#233; du 21.10 intitul&#233; &#171; Les mobiles secrets de l'agression contre l'Alg&#233;rie &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment on a bien les amis que l'on m&#233;rite ! Si la mauvaise foi, l'impudeur et les proc&#233;d&#233;s consistant &#224; placer c&#244;te &#224; c&#244;te deux choses n'ayant rien &#224; voir entre elles afin de les amalgamer dans l'esprit du lecteur, n'&#233;tonnent pas de la part des r&#233;dacteurs staliniens, mais qu'ils prennent fait et cause pour Ben Bella et mettent &#224; son service leur science du mensonge, serait presque suffisant pour consid&#233;rer d'un oeil hostile l'attitude de Ben Bella dans le conflit qui l'oppose &#224; Hassan II.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est bien difficile de savoir qui est l'agresseur dans cette histoire sanglante. Il appara&#238;t cependant, d'apr&#232;s la presse, que ce sont des unit&#233;s marocaines qui auraient, au d&#233;but de l'affaire, tent&#233; d'occuper une partie des territoires contest&#233;s - le calcul des dirigeants marocains &#233;tant que puisque les territoires en question sont peu habit&#233;s et sans grand int&#233;r&#234;t &#233;conomique, cela ne peut provoquer de grande r&#233;action de la part des gouvernants alg&#233;riens. L'op&#233;ration pr&#233;sentait l'int&#233;r&#234;t de cr&#233;er une certaine tension avec l'Alg&#233;rie, tension qui aurait permis de d&#233;tourner l'attention des masses de la politique de l'opposition au sultan et, &#224; d&#233;faut, de faire pr&#234;cher celle-ci dans le d&#233;sert, de la museler purement et simplement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, que les troupes d'Hassan II, aient d&#233;clench&#233; l'affaire ou pas, il est certain qu' elle est venue &#224; point pour Ben Bella et son &#233;quipe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dissidence d'A&#239;t Ahmed en Kabylie repr&#233;sentait un danger s&#233;rieux pour Ben Bella, Bien s&#251;r, l'arm&#233;e &#171; loyaliste &#187; avait &#171; reconquis &#187; sans coup f&#233;rir la Kabylie, mais, comme l'&#233;crit un reporter du Figaro en parlant des repr&#233;sentants du pouvoir central, &#171; on exag&#232;re &#224; peine en disant qu'ils se trouvent dans la m&#234;me situation que les Fran&#231;ais face au FLN pendant la guerre d'Alg&#233;rie. L'ANP tient les villes principales... Les hommes de Mohand assur&#233;s de la complicit&#233; de la population sont partout, sur les cr&#234;tes, dans les villages, parfois &#224; quelques centaines de m&#232;tres de l'ANP &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les troupes maintenues en Kabylie n'avaient aucun espoir de &#171; vaincre &#187; et la dissidence pouvait s'&#233;tendre &#224; partir de l&#224; &#224; toute l'Alg&#233;rie, de la m&#234;me fa&#231;on, en laissant les grandes routes aux autorit&#233;s officielles et en empruntant les petits sentiers de l'affection populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le conflit avec le Maroc a permis &#224; Ben Bella de faire passer cette dissidence au second plan, d'accuser les compagnons d'A&#239;t Ahmed de complicit&#233; avec &#171; l'ennemi ext&#233;rieur &#187;, de susciter aussi des sentiments anti kabyles dans la population. Cet int&#233;r&#234;t vital pour le r&#233;gime Ben Belliste explique la violence de la r&#233;action alg&#233;rienne dans ce conflit de fronti&#232;re qui n'en m&#233;ritait pas tant. Les grandes d&#233;clarations sur la lutte du &#171; socialisme alg&#233;rien &#187; contre la &#171; monarchie marocaine &#187; ne font que masquer les imp&#233;ratifs de la politique int&#233;rieure (elles ont d'ailleurs un petit air &#171; ao&#251;t 1914 &#187; !). Les hommes qui meurent dans les sables, meurent pour que Ben Bella et Hassan II puissent, chacun de leur c&#244;t&#233;, emprisonner et faire mourir d'autres hommes. Mais des hommes ne sont pas les seuls &#224; mourir sur ces confins alg&#233;ro-marocains, il y meurt aussi la fraternit&#233; entre des peuples semblables, plus, identiques, r&#233;unis par l'&#233;conomie, la g&#233;ographie, l'histoire et la langue. Le Maghreb n'est qu'un. Hassan II et Ben Bella, pour maintenir leurs r&#233;gimes respectifs, continuent la politique de l'imp&#233;rialisme en contribuant &#224; la division de l'Afrique du Nord tant il est vrai que seule la r&#233;volution socialiste mondiale pourra enfin r&#233;unir les peuples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule &#171; justification &#187; que pourrait avoir Ben Bella serait la volont&#233; de transformer la soci&#233;t&#233; marocaine, de renverser Hassan II (bien que l'intervention militaire ne soit pas le moyen id&#233;al pour cela). Mais il est bien &#233;vident que si cela figure dans ses discours, cela n'est pas dans ses intentions. En aucune fa&#231;on ce conflit ne peut aller jusque l&#224;, tout le monde le sait &#171; de Dunkerque &#224; Tamanrasset &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le conflit, tant qu'il durera, restera un conflit de fronti&#232;re. L'ANP m&#232;nera peut-&#234;tre une offensive &#224; l'int&#233;rieur du territoire marocain mais ne vise ni Casablanca ni Marrakech Si ses forces le lui permettaient, la situation internationale ne le lui permettrait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l&#224; encore dans la question du r&#244;le jou&#233; par ce conflit dans la limitation et la r&#233;pression de la dissidence d'A&#239;t Ahmed, les valets de plume de l'Humanit&#233; se signalent. T&#233;moin ce passage de &#171; L'Humanit&#233; &#187; du 20.10, dans l'article de R. Lambotte ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La r&#233;bellion int&#233;rieure appuy&#233;e par Hassan II &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Dans les montagnes de Kabylie, A&#239;t Ahmed et Mohand ou el Hadj ont jet&#233; d&#233;finitivement le masque. Alors que beaucoup attendaient d'eux qu'un sursaut national les fasse renoncer &#224; leur folle aventure, ils sont en train de confirmer leur collusion totale avec Hassan II et la f&#233;odalit&#233; marocaine. Depuis que l'agression a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e aux fronti&#232;res, les chefs de la dissidence int&#233;rieure, retir&#233;s dans le maquis, ont accentu&#233; leurs actions de sabotage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreux patriotes ont &#233;t&#233; enlev&#233;s cette semaine, des embuscades sont tendues sur les routes, ce qui oblige le gouvernement &#224; maintenir sur place d'importantes forces arm&#233;es alors qu'elles font d&#233;faut &#224; l'ouest du pays o&#249; l'int&#233;grit&#233; du territoire est menac&#233;e de l'ext&#233;rieur &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... &#171; Il est de fait que le but &#233;vident de l'attaque de Hassan II &#233;tait de provoquer le chaos en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mis en difficult&#233; par son propre peuple qui attend depuis plus de sept ans que l'ind&#233;pendance se concr&#233;tise, le souverain contest&#233; a pens&#233; abattre d'autant plus facilement Ben Bella en soutenant de l'ext&#233;rieur une r&#233;bellion int&#233;rieure men&#233;e par Mohand ou el Hadj et A&#239;t Ahmed. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire ces lignes, il est &#233;vident que les gens du PCF cherchent &#224; montrer &#224; Ben Bella comment et combien un Parti communiste alg&#233;rien pourrait lui &#234;tre utile, S'il ne comprend pas, il est niais ! Et il a tort, car si malhonn&#234;te qu'il soit, il a l&#224; des gens qui sont pass&#233;s ma&#238;tres dans l'art de l'ignominie et qui en ont une longue exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Les contre-coups de prague </title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au printemps dernier, un d&#233;gel tardif mais brutal aurait gagn&#233; la Tch&#233;coslovaquie... Cela commen&#231;a par le limogeage de quelques bureaucrates notoires, en place depuis dix ans. Au mois d'ao&#251;t, malgr&#233; les pr&#233;c&#233;dentes d&#233;clarations de Novotny, la cour supr&#234;me r&#233;habilitait Slansky, le principal accus&#233; des proc&#232;s de Prague. Aujourd'hui William Siroky, Pr&#233;sident du Conseil, se voit destitu&#233; tandis que, pour consacrer les nouveaux rapports des pays communistes avec le Vatican, Iossif Baran, ex-archev&#234;que de Prague, est lib&#233;r&#233; apr&#232;s quatorze ans de d&#233;tention. Enfin, toujours &#224; l'avant garde du progr&#232;s litt&#233;raire, Aragon vient d'admettre Kafka dans le &#171; Panth&#233;on marxiste &#187;. Il n'en faut pas plus pour que la presse occidentale, enfourchant le cheval de bataille de la d&#233;stalinisation, parle de d&#233;tente et compte les jours de Novotny lui-m&#234;me. Bien s&#251;r, certains points demeurent obscurs, voire g&#234;nants, puisqu'enfin c'est un stalinien patent&#233; qui destitue ou r&#233;habilite d'autres staliniens, au nom de la &#171; d&#233;stalinisation &#187;. La contradiction est vite balay&#233;e au profit d'une croyance b&#233;ate dans la d&#233;bureaucratisation r&#233;elle du r&#233;gime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agit-il avec quelques ann&#233;es de retard d'un alignement sur Moscou ? Et la &#171; d&#233;stalinisation &#187; tch&#233;coslovaque est-elle plus r&#233;elle que la d&#233;stalinisation russe ? Si cela &#233;tait, comment expliquer la r&#233;habilitation de Slansky qui f&#251;t, jusqu'&#224; son ex&#233;cution, un des plus fid&#232;les et des plus cons&#233;quents serviteurs du Kremlin ? En fait, ici comme l&#224;, la d&#233;stalinisation est un pr&#233;texte qui sert de paravent aux p&#233;rip&#233;ties d'une lutte r&#233;elle qui se situe sur un tout autre terrain. Nul doute que tous les bouleversements qui interviendront en Tch&#233;coslovaquie dans un sens ou dans l'autre se feront sous l'alibi officiel de la d&#233;stalinisation, mais on ne doit pas chercher dans le contenant un indice du contenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des changements s'op&#232;rent en Tch&#233;coslovaquie, dans l'appareil et l'intelligentsia du parti. Ces changements sont l'indice d'une lutte parfois ouverte, le plus souvent souterraine, toujours existante, que se livrent les forces centrifugeuse nationaliste, d'une part, et les forces &#171; moscoutaires &#187;, de l'autre. Cette situation n'est pas sp&#233;ciale &#224; la Tch&#233;coslovaquie, elle est commune &#224; tous les pays du glacis ; mais l'histoire de la Tch&#233;coslovaquie en est une illustration particuli&#232;rement &#233;loquente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le p&#233;ch&#233; originel de la Tch&#233;coslovaquie remonte au 5 mai 1945, jour o&#249; les Tch&#232;ques prirent les armes contre l'occupation allemande et &#171; lib&#233;r&#232;rent &#187; Prague, quatre jours avant l'arriv&#233;e de l'arm&#233;e rouge. Certes, les staliniens tch&#233;coslovaques surent se laver de cette faute d'orgueil en c&#233;l&#233;brant, chaque ann&#233;e, l'anniversaire de la lib&#233;ration de Prague le neuf mai, c'est-&#224;-dire le jour de l'arriv&#233;e des troupes sovi&#233;tiques. Mais &#224; chaque vell&#233;it&#233; d'&#233;mancipation, les leaders tch&#233;coslovaques surent mettre en lumi&#232;re cette insurrection. L'autre p&#233;ch&#233; de la Tch&#233;coslovaquie B celui qu'elle devait payer le plus cher B fut d'avoir &#233;t&#233; en 1945 le pays le plus industrialis&#233;s du glacis, poss&#233;dant d&#233;j&#224; un niveau de d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel qui l'&#233;levait au rang de nation capitaliste, avec sa bourgeoisie importante bien &#233;quip&#233;e en cadres nationaux, capitaines d'industrie, sp&#233;cialistes, etc..., et une classe ouvri&#232;re forte par le nombre, la qualification et le degr&#233; de conscience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, au lendemain de la guerre, la fin de l'occupation nazie avait soulev&#233; dans le prol&#233;tariat de Tch&#233;coslovaquie, une vague d'aspirations r&#233;volutionnaires confuses mais toujours dangereuses aux yeux des bureaucrates du Kremlin. Afin d'&#233;viter tout d&#233;bordement, la classe ouvri&#232;re fut encha&#238;n&#233;e &#224; ce qui restait de bourgeoisie nationale, d&#233;bilit&#233;e, compromise par la politique de collaboration avec l'ennemi, et tremblante devant les masses. Ce fut la politique d'Union Sacr&#233;e, celle de la &#171; R&#233;volution Nationale et D&#233;mocratique &#187; pr&#233;conis&#233;e alors dans tous les pays du glacis et parall&#232;le &#224; celle que Thorez pouvait mener en France &#224; la m&#234;me &#233;poque. Klement Gottwald c&#233;l&#233;brait la voie tch&#233;coslovaque vers le socialisme... ( &#171; Un nouveau type de d&#233;mocratie est n&#233;, nous l'appelons la d&#233;mocratie populaire. La vie pratique a ainsi confirm&#233; les pr&#233;visions th&#233;oriques des classiques du marxisme, selon lesquelles il existe encore une autre voie vers le socialisme que celle qui passe par la dictature du prol&#233;tariat et par le r&#233;gime sovi&#233;tique. C'est sur cette autre voie que se sont engag&#233;es la Yougoslavie, la Bulgarie, la Pologne et aussi la Tch&#233;coslovaquie. &#187; ) Dans cette voie, d&#233;clarait-il encore, &#171; nous marchons tous ensemble. Aujourd'hui, elle (la classe ouvri&#232;re) r&#232;gne en commun avec la masse des paysans, avec les classes moyennes urbaines, avec l'intelligentsia laborieuse et avec une partie de la bourgeoisie tch&#232;que et slovaque &#187;. Une partie seulement car il avait bien fallu proc&#233;der aux &#233;purations in&#233;vitables des &#171; tra&#238;tres &#187; et &#171; collaborateurs &#187; servant de boucs &#233;missaires aux autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que les staliniens pr&#233;paraient ainsi la prise de pouvoir pacifique par une fusion compl&#232;te et progressive de l'appareil d'&#201;tat et de l'appareil du parti, la bourgeoisie partageait avec soulagement un pouvoir malade, qu'elle esp&#233;rant bien pouvoir redresser en faisant endosser au PC Tch&#233;coslovaque toutes les mesures impopulaires et anti-ouvri&#232;res que n&#233;cessitait la remise en route de l'&#233;conomie nationale. Ainsi, pour n'avoir pas bris&#233; la machine d'&#201;tat bourgeoise, les staliniens allaient devenir prisonniers de leur propre politique. Les tendances nationalistes se manifest&#232;rent d&#232;s le d&#233;but dans la bureaucratie. Klement Gottwald allait devenir le porte-parole de ces tendances aupr&#232;s de l'appareil du parti. Cela alla si loin qu'en juillet 1947, le Conseil des ministres tch&#233;coslovaque adopta &#224; l'unanimit&#233; t&#233; un texte tendant &#224; faire repr&#233;senter la Tch&#233;coslovaquie &#224; la Conf&#233;rence de Paris sur la mise en ex&#233;cution du plan Marshall. Ce fut la premi&#232;re grande crise qui devait opposer par la suite de nombreuses fois les forces nationalistes et les forces &#171; moscoutaires &#187;. Ce fut aussi ce qui sonna le glas, en Tch&#233;coslovaquie comme dans tous les pays du glacis, de &#171; l'&#232;re d&#233;mocratique et nationale &#187;. Partout la bureaucratie du Kremlin reprit en main, directement, le contr&#244;le de l'administration et de l'&#233;conomie nationales. En Tch&#233;coslovaquie, cette reprise eut un caract&#232;re particuli&#232;rement spectaculaire. Dans une mise en sc&#232;ne fort bien r&#233;gl&#233;e (en pr&#233;sence de l'Arm&#233;e Rouge, le PCT arma les ouvriers le matin pour les d&#233;sarmer le soir), ce fut le renversement &#171; arm&#233; &#187; de la bourgeoisie, le c&#233;l&#232;bre Coup de Prague. Quand le prol&#233;tariat &#233;tait r&#233;volutionnaire, le PCT l'embourba dans une politique de collaboration avec la bourgeoisie, quand il fut devenu inoffensif, il put l'utiliser sans risque contre son alli&#233; de la veille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;sormais, le carcan de la domination bureaucratique stalinienne &#233;tait en place. Instaur&#233; en 1949, le Comecon fixait la nouvelle politique &#233;conomique des pays situ&#233;s derri&#232;re le &#171; rideau de fer &#187;. Le pillage de la Tch&#233;coslovaquie commen&#231;ait. Il devait durer des ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; sociale ne se laisse gu&#232;re contenir dans les plans &#233;labor&#233;s par la bureaucratie du Kremlin. Malgr&#233; la mise en place de commissions de contr&#244;le, le renforcement de la police secr&#232;te, la lourde poigne du stalinisme, les antagonismes sociaux devaient se manifester avec plus d'acuit&#233; encore &#224; travers le r&#233;gime de parti unique, et dans les sph&#232;res dirigeantes du Parti. Les staliniens tch&#233;coslovaques &#233;taient d&#233;chir&#233;s par une lutte sourde de &#171; clans &#187; antagonistes, repr&#233;sentant les uns les &#171; hommes d'&#201;tat &#187;, les &#171; gouvernementaux &#187;, les autres l'appareil du parti, soigneusement contr&#244;l&#233; par Moscou : lutte sourde mais farouche pour la conqu&#234;te des minist&#232;res, le contr&#244;le de la police, la direction de l'&#233;conomie, etc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les revirements brusques, aux allures de coups d'&#201;tat, &#233;taient dus aux contradictions inextricables dans lesquelles se d&#233;battaient les bureaucrates tch&#233;coslovaques. Ne tirant leur puissance que de Moscou, leur importance r&#233;elle aux yeux du Kremlin r&#233;sidait pourtant dans leur aptitude &#224; gouverner la soci&#233;t&#233; tch&#233;coslovaque en donnant satisfaction aux exorbitantes commandes sovi&#233;tiques. Or, cela supposait, ni plus, ni moins, de violenter l'&#233;conomie nationale tch&#233;coslovaque. Pour concilier l'inconciliable, satisfaire aux ma&#238;tres du Kremlin sans pour autant d&#233;truire ses maigres bases sociales en Tch&#233;coslovaquie, la bureaucratie tch&#233;coslovaque ne pouvait que louvoyer entre deux extr&#234;mes. Les uns ne voyaient de solution que dans la domestication totale de l'&#233;conomie pas des proc&#233;d&#233;s bureaucratiques et policiers doubl&#233;s de stakhanovisme militant. Les autres d&#233;siraient laisser leurs chances aux capitaines d'industrie, aux sp&#233;cialistes int&#233;ress&#233;s. Chacune de ces politiques entra&#238;nait de nouvelles catastrophes dont les plus insupportables pour Moscou &#233;taient l'encouragement des tendances centrifuges, particuli&#232;rement puissantes dans la bureaucratie d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est bien difficile de dire si Slansky fut arr&#234;t&#233; et condamn&#233; par l'administration de Gottwald parce qu'il &#233;tait un chef de file de la tendance &#171; moscoutaire &#187;, ou bien si, au contraire, en se fiant aux chefs d'accusation de son proc&#232;s il &#233;tait &#171; un agent de la bourgeoisie au soin du P.C de Tch&#233;coslovaquie &#187;. Pour cela, il faudrait &#234;tre r&#233;ellement fix&#233; sur la personnalit&#233; de Gottwald et c'est bien difficile car celui-ci int&#233;grait dans sa personne l'&#233;quilibre des deux forces adverses. D'ailleurs, Slansky fut destitu&#233; en septembre 1951 et jug&#233; en d&#233;cembre 1952 et on a pu dire que son proc&#232;s &#233;tait aussi celui de Gottwald. (Au banc des accus&#233;s, figuraient, aux c&#244;t&#233;s de l'ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti, des ministres et &#233;conomistes prot&#233;g&#233;s de Gottwald, tels Ludvik Frejka et Vladimir Clementis). Tout est possible dans les coulisses d'une bureaucratie staliniste. Gottwald pouvait &#234;tre vis&#233; et la machine mont&#233;e contre lui a pu broyer Slansky, car si Moscou faisait pression sur les tendances nationalistes de Gottwald, celui-ci ne pouvait pas &#234;tre remplac&#233; facilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, ami ou adversaire de Gottwald, Slansky apparut &#224; son proc&#232;s comme le repr&#233;sentant de la nation tch&#233;coslovaque ex&#233;cut&#233; par les Russes et c'est en tant que tel qu'on le r&#233;habilite aujourd'hui. Sa destitution, son proc&#232;s, son ex&#233;cution eurent lieu pour les pays du glacis et la bureaucratie elle-m&#234;me, aux pires ann&#233;es de la dictature de Staline.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que toutes les autocritiques du proc&#232;s Slansky dussent se terminer par des louanges du pr&#233;sident de la R&#233;publique, la corde qui devait pendre Slansky semblait d&#233;j&#224; pass&#233;e au cou de Klement Gottwald. La mort de Staline devait contrarier B ou acc&#233;l&#233;rer B les rouages de la machine. Revenu de l'enterrement du Petit P&#232;re des peuples, Gottwald s'alitait et mourait trois jours apr&#232;s dans des circonstances qui demeurent assez suspectes. La Tch&#233;coslovaquie avait perdu son pr&#233;sident, une direction collective, &#224; l'image de celle de Moscou, allait &#234;tre mise en place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette direction, pi&#232;tre compromis entre les clans et tendances qui d&#233;chiraient la bureaucratie B appareil d'&#201;tat, appareil du Parti, appareil des syndicats B devait se signaler par un niveau incroyablement bas et une servilit&#233; sans &#233;gale &#224; l'&#233;gard de Moscou. Les hommes install&#233;s au pouvoir en f&#233;vrier 1955, les William Siroky, Karol Bacilek, Bruno Koehler B ceux-l&#224; m&#234;me que Novotny sacrifie aujourd'hui B Antonin Novotny lui-m&#234;me, avaient &#233;t&#233;, pour la plupart, des partisans convaincus de Gottwald. Mais le souvenir des &#233;purations qui venaient de d&#233;cimer les sph&#232;res dirigeantes du parti &#233;tait encore tout proche. La saign&#233;e avait &#233;t&#233; efficace. Aussi, ce furent eux qui, paradoxalement, lutt&#232;rent avec le plus d'acharnement contre les d&#233;viations nationalistes. Le m&#234;me Barak, qui devait prendre en Roumanie la t&#234;te du mouvement de d&#233;stalinisation, en demandant la r&#233;vision des proc&#232;s B dangereuse tactique qui le conduisit en prison B fut un de ceux qui, au Xe Congr&#232;s du PCT en juin 1954, pronon&#231;a, en tant que ministre de l'Int&#233;rieur, un des discours les plus sanguinaires sur la n&#233;cessaire &#233;puration du parti en proie &#224; des &#171; d&#233;viations intol&#233;rables &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est que la mort de Staline devait introduire une longue p&#233;riode de flottement dans la vie des d&#233;mocraties populaires. La crise de succession ouverte en URSS mobilisait tous les efforts de la bureaucratie stalinienne. Son contr&#244;le sur les &#171; satellites &#187; s'en trouvait rel&#226;ch&#233;, mais en m&#234;me temps l'alignement sur Moscou devenait un exercice encore plus p&#233;rilleux qu'auparavant. Mais la nouvelle &#233;quipe dirigeante tch&#233;coslovaque n' avait pas la choix. Ayant peur de Moscou, ayant plus peur encore du prol&#233;tariat de son propre pays, timor&#233;e, isol&#233;e, coup&#233;e des masses, elle n'avait d'autre appui que Moscou. Elle joua la carte &#224; fond. Ce fut pour des ann&#233;es le triomphe, sans contestation possible, de la politique &#171; moscoutaire &#187;. La crise de 1956 passa sur la Tch&#233;coslovaquie sans l'&#233;branler, et les timides revendications de lib&#233;ralisation demeur&#232;rent l'apanage des intellectuels et &#233;tudiants. On publie seulement aujourd'hui les lettres &#233;crites en 1955 par l'intelligentsia tch&#233;coslovaque. La r&#233;pression sauvage de l'insurrection hongroise fut pour les dirigeants tch&#233;coslovaques la meilleure r&#233;ponse, la source o&#249; ils puis&#232;rent leur courage et leur force. Depuis 1956, la Tch&#233;coslovaquie n'a gu&#232;re fait parler d'elle. Plus accroch&#233;s &#224; leur poste qu'&#224; leur clan, les dirigeants assagis ont tenu au sein du Comecon la place que les Sovi&#233;tiques leur avaient assign&#233;e. Au prix de quels sacrifices ? De quelle r&#233;pression ? L'histoire nous le dira peut-&#234;tre plus tard. Il est vraisemblable aussi que le poids des commandes russes s'est all&#233;g&#233; et que l'&#233;conomie tch&#233;coslovaque, qui dut payer presque seule le prix de &#171; l'industrialisation &#187; des pays de l'Est, aux d&#233;pens de ses propres structures industrielles, se voit aujourd'hui quelque peu d&#233;charg&#233;e de ce fardeau des ann&#233;es dures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, si les forces nationalistes rel&#232;vent la t&#234;te, si &#224; l'&#233;gal de la Roumanie et de la Bulgarie, la Tch&#233;coslovaquie demande une r&#233;vision de sa situation &#224; l'int&#233;rieur du Comecon, c'est moins parce que l'emprise de la bureaucratie sur l'&#233;conomie nationale se serait rel&#226;ch&#233;e, que parce que la querelle sino-sovi&#233;tique, en &#233;branlant le monolithisme du camp socialiste, donne &#224; chaque pays du glacis l'occasion de monnayer sa fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#233;gard de Moscou. Ce n'est pas par hasard que la Chine s'est faite le champion de la d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur du camp socialiste, sa propre situation l'a faite l'interpr&#232;te de tous. Paradoxalement, c'est au moment o&#249; elle ratifie le Trait&#233; de Moscou, en expulsant les membres de l'&#233;quipe Chine Nouvelle install&#233;s &#224; Prague, en s'&#233;levant avec indignation contre les diviseurs du monde communiste, que la Tch&#233;coslovaquie fait quelques pas vers une timide &#233;mancipation de la tutelle de Moscou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;stalinisation nouvelle s'inscrit dans ce contexte. C'est moins de fid&#233;lit&#233; &#224; Staline que sont accus&#233;s les &#171; sacrifi&#233;s &#187; de la nouvelle politique, que de s'&#234;tre faits de 1955 &#224; nos jours les champions de l'ob&#233;dience absolue &#224; Moscou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Tch&#233;coslovaquie a beau lib&#233;rer ses archev&#234;ques, elle reste elle-m&#234;me prisonni&#232;re. Et c'est bien l&#224; l'image de l'impasse dans laquelle se trouvent engag&#233;s les partis staliniens des D&#233;mocraties Populaires. Tout encouragement des tendances nationalistes risque d'attirer une s&#233;v&#232;re sinon sanglante riposte de Moscou, tout renforcement de la direction bureaucratique, pro-URSS, de la soci&#233;t&#233;, entra&#238;ne dans le pays des contradictions insurmontables. La ligne politique est faite de zig-zag brusques entre ces deux extr&#234;mes. Et ces deux extr&#234;mes se partagent le pouvoir parfois au travers d'&#233;quipes diff&#233;rentes, parfois au travers d'une seule &#233;quipe, voir Novotny et C&#176;, parfois au travers d'un seul homme B c'est le cas pour Gomulka. Mais en aucun cas, la bureaucratie ne saurait &#233;chapper &#224; cette contradiction inscrite dans les faits sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Il y a quatorze ans, la Chine</title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1er octobre 1949, se r&#233;unissait la premi&#232;re session du Conseil du Gouvernement Populaire Central de Chine, et si la guerre civile n'&#233;tait pas encore termin&#233;e, la d&#233;faite des &#171; nationalistes &#187; ne faisait plus aucun doute. Deux semaines plus tard, le Kuomintang &#233;tait chass&#233; de la derni&#232;re grande ville encore entre ses mains, de Canton d'o&#249; vingt-trois ans auparavant les deux adversaires d'aujourd'hui, alors alli&#233;s, &#233;taient partis &#224; la conqu&#234;te de la Chine, de Canton dont &#171; la commune &#187;, baroud d'honneur de l'Internationale stalinienne, avait si sauvagement &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;e en d&#233;cembre 1927.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le Parti Communiste qui rentrait dans Canton n'&#233;tait pas celui qui s'&#233;tait battu vingt deux ans plus t&#244;t. Apr&#232;s le revirement de Chang Ka&#239; Chek, le massacre des militants communistes et syndicalistes de Changa&#239;, le parti communiste, traqu&#233; dans les centres urbains, n'avait r&#233;ussi &#224; survivre r&#233;ellement qu'&#224; la campagne, et sa base sociale, de prol&#233;tarienne, &#233;tait devenue presque exclusivement paysanne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ces vingt deux ann&#233;es, en peut dire que la guerre civile, tant&#244;t violente, tant&#244;t larv&#233;e, ne s'arr&#234;ta jamais. Pourtant, en 1937, au d&#233;but de la guerre contre le Japon, on put croire que l'union sacr&#233;e allait r&#233;concilier les deux adversaires. Mais il n'en fut rien, et la rupture ne fut pas due aux dirigeants du PCC. dont le programme se pla&#231;ait uniquement sur le plan de la d&#233;mocratie bourgeoise et qui &#233;taient pr&#234;ts, de plus, &#224; l'immoler sur l'autel de l'unit&#233; nationale, mais elle vint du Kuomintang qui s'inqui&#233;ta rapidement de voir le PCC. grandir en force et en influence au cours de la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi, si les deux adversaires continu&#232;rent le combat contre le Japon, farouchement du c&#244;t&#233; &#171; communiste &#187;, beaucoup plus mod&#233;r&#233;ment du c&#244;t&#233; &#171; nationaliste &#187;, la ligne de s&#233;paration entre les zones qu'ils contr&#244;laient, devint &#224; son tour un v&#233;ritable front.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre en Europe en 1939, l'internationalisation du conflit dans le Pacifique apr&#232;s Pearl Harbour, allaient profond&#233;ment modifier les positions de l'imp&#233;rialisme en Chine. Avant la guerre, les int&#233;r&#234;ts des pays de l'Ouest europ&#233;en y &#233;taient tr&#232;s fortement repr&#233;sent&#233;s. A partir de 1940, la France &#233;tait compl&#232;tement hors de course, l'Angleterre avait d&#233;j&#224; trop de mal &#224; garder l'Inde dans son orbite pour s'int&#233;resser encore &#224; la Chine. Les deux seuls imp&#233;rialistes en pr&#233;sence furent alors le Japon et les USA Pour ces derniers, le probl&#232;me avait deux aspects, celui de leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques dans le pays et celui de la lutte militaire contre l'Empire nippon. La s&#233;rie de d&#233;faites qu'essuy&#232;rent les Am&#233;ricains en 1941-1942 fit du second point le plus important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, les USA ne l&#233;sin&#232;rent pas sur l'aide militaire &#224; la Chine, c'est-&#224;-dire &#224; son gouvernement officiel Kuomintang, seul gouvernement que reconnaissait &#233;galement l'URSS. De 1941 &#224; 1945, ils &#233;quip&#232;rent enti&#232;rement 57 divisions nationalistes (alors que l'aide &#224; la France par exemple : se limita &#224; 10 divisions). Les troupes communistes, elles, comme les gu&#233;rillas, ne b&#233;n&#233;ficiaient d'aucune aide, ni am&#233;ricaine, ni m&#234;me sovi&#233;tique, et elles devaient se contenter des armes prises &#224; l'ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et malgr&#233; cela, jusqu'&#224; la capitulation du Japon devant les USA, en 1945, les territoires contr&#244;l&#233;s par les &#171; nationalistes &#187; ne devaient cesser de se r&#233;tr&#233;cir, alors que les &#171; r&#233;gions lib&#233;r&#233;es &#187;, tenues par les troupes de Mao, s'&#233;taient peu &#224; peu accrues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la fin de la &#171; longue marche &#187;, en 1935, les arm&#233;es &#171; communistes &#187; comptaient moins de 30 000 hommes. En 1945, le PCC. contr&#244;lait une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re de 910 000 soldats, doubl&#233;e par deux millions de miliciens. C'est que, si les troupes communistes n'avaient pas de ressources ext&#233;rieures, elles faisaient corps avec la population. Non seulement, l'administration communiste avait all&#233;g&#233; la fiscalit&#233;, diminu&#233; les taux de fermages, mais c'&#233;tait bien la premi&#232;re fois que le paysan chinois voyait une arm&#233;e qui ne vivait pas de rapines et de pillages, mais qui au contraire, entre deux combats, se livrait aux travaux des champs et subvenait ainsi en grande partie &#224; ses propres besoins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la zone nationaliste le r&#233;gime n'&#233;tait pas seulement d&#233;test&#233; de la paysannerie, &#233;cras&#233;e sous les imp&#244;ts et les r&#233;quisitions, mais m&#234;me de larges couches de la bourgeoisie trouvaient la dictature de Chang Ka&#239; Chek &#233;touffante et, fait bien plus grave aux yeux des bourgeois, souffraient de voir le parasitisme et la rapacit&#233; de la bureaucratie Kuomintang mettre en cause leurs propres b&#233;n&#233;fices. La corruption r&#233;gnait en ma&#238;tre &#224; tous les niveaux. Armes am&#233;ricaines, m&#233;dicaments, tout &#233;tait bon aux yeux des g&#233;n&#233;raux nationalistes &#224; vendre au march&#233; noir, quand ce n'&#233;tait pas aux Japonais. Par-dessus le front un v&#233;ritable march&#233; s'&#233;tait install&#233;, ravitaillant les Nippons en mati&#232;res premi&#232;res, les Chinois en produits de luxe. Cette corruption ne cessera pas pendant la guerre civile, et l'anticommunisme virulent des g&#233;n&#233;raux Kuomintang ne les emp&#234;chera pas de &#171; faire de l'argent &#187; en vendant leurs propres armes &#224; leurs adversaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque le Japon capitula, les deux arm&#233;es se trouveront face &#224; face, et Chang Ka&#239; Chek commen&#231;a ses pr&#233;paratifs pour &#233;liminer son adversaire. Pourtant le PCC &#233;tait toujours dispos&#233; &#224; traiter. Sa seule revendication v&#233;ritable, c'&#233;tait un gouvernement de coalition, mais cela la dictature de Chang ne pouvait le supporter. Apr&#232;s toute une p&#233;riode o&#249; altern&#232;rent tr&#234;ves et combats, l'&#232;re des batailles d&#233;cisives s'ouvrit en janvier 1947. Les premiers mois de la guerre virent quelques succ&#232;s initiaux des &#171; nationalistes &#187;, mais tr&#232;s vite, la situation se retourna. Malgr&#233; l'aide am&#233;ricaine, les arm&#233;es Kuomintang, compos&#233;es en grande partie de paysans enr&#244;l&#233;s plus ou moins de force, combattant &#224; contre-coeur, d&#233;moralis&#233;es, dot&#233;es d'un commandement aussi m&#233;diocre sur le plan militaire qu'il &#233;tait habile en &#171; affaires &#187;, vomis de la population, allaient reculer sur tous les fronts devant les arm&#233;es communistes, port&#233;es par les millions de paysans qui voulaient la terre, accueillis sinon en lib&#233;rateur, du moins avec bienveillance par de larges couches de la bourgeoisie qui pensaient que rien ne pouvait &#234;tre pire que le r&#233;gime de Chang et de ses s&#233;ides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut un effondrement. En deux ans, les arm&#233;es Kuomintang furent rejet&#233;es &#224; la mer, ou plus exactement elles se dissolv&#232;rent. Les masses &#233;normes de soldats passant de l'autre c&#244;t&#233; du front, des arm&#233;es enti&#232;res capitulant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, jusqu'au dernier instant, ce ne fut pas une victoire compl&#232;te, mais un compromis, la formation d'un gouvernement de coalition, que rechercha la direction &#171; communiste &#187;, et ce fut seulement l'intransigeance des &#171; nationalistes &#187; qui rendit cette solution impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Am&#233;ricains non plus ne semblaient pas hostiles &#224; un compromis, mais dans la mesure o&#249; celui-ci ne se r&#233;alisa pas, ils soutinrent jusqu'au bout le gouvernement Chang Ka&#239; Chek.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs l'aide am&#233;ricaine fut uniquement mat&#233;rielle, et on a vu que les moeurs du commandement nationaliste la rendaient absolument vaine. L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, le seul qui avait encore une certaine implantation en Chine, n'intervint pas directement. Il avait encore bien d'autres probl&#232;mes &#224; r&#233;gler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi apr&#232;s la victoire des arm&#233;es communistes, l'imp&#233;rialisme avait disparu du continent chinois, et cela bien plus &#224; cause de la politique des USA qui entreprirent d'isoler le nouveau gouvernement, qu'&#224; cause de la volont&#233; de ce dernier. Ce r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement la cons&#233;quence de la lutte du peuple chinois, c'&#233;tait aussi un contre-coup de la deuxi&#232;me guerre mondiale. En se d&#233;vorant entre elles, les puissances imp&#233;rialistes, avaient fini par s'&#233;liminer mutuellement de Chine, comme elles avaient d&#251; rel&#226;cher leur &#233;treinte sur la plupart des pays qu'elles tenaient sous leur coupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La vieille Chine &#233;tait morte, et bien morte. Mais le Parti Communiste Chinois n'&#233;tait pas un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. La r&#233;volution mondiale &#233;tait en fait le dernier de ses soucis. Le probl&#232;me qu'il se posa, une fois au pouvoir, ne fut pas celui de l'extension de la r&#233;volution, mais celui de faire &#233;chapper l'&#233;conomie nationale de la Chine &#224; l'exploitation de l'imp&#233;rialisme mondial afin de permettre &#224; la bourgeoisie de survivre. Ce n'&#233;tait ni la tradition de Marx, ni celle de L&#233;nine, c'&#233;tait en fait la continuation du r&#234;ve de Sun Yat Sen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les conditions de vie des masses avaient consid&#233;rablement chang&#233;. Elles avaient gagn&#233; la terre, le nouveau gouvernement avait supprim&#233; la corruption et le gaspillage &#233;hont&#233; qui r&#233;gnait sous Chang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les conditions de vie des masses avaient consid&#233;rablement chang&#233;. Elles avaient gagn&#233; la terre, le nouveau gouvernement avait supprim&#233; la corruption et le gaspillage &#233;hont&#233; qui r&#233;gnait sous Chang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En octobre 1949 un quart de l'humanit&#233;, &#233;chappait &#224; l'emprise de l'imp&#233;rialisme. Pourtant le nouveau r&#233;gime ne consacrait pas la lib&#233;ration d&#233;finitive de ces 600 millions d'hommes. Sous le signe de la &#171; d&#233;mocratie nouvelle &#187;, il les attelait &#224; une t&#226;che de construction &#233;conomique dont allaient surtout profiter les couches dirigeantes, la bourgeoisie nationale. mais quoi qu'il en soit, cette date marque tout de m&#234;me la plus grande d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme depuis octobre 1917, et dans les usines et les chantiers de la Chine nouvelle, cro&#238;t et m&#251;rit un nouveau prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Congr&#232;s d&#233;mocratique et camps de concentration </title>
	
	
	
	

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				 -&lt;a href="http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1960-1963/" rel="directory"&gt;S&#233;rie 1960-1963&lt;/a&gt;
			

			
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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du jeudi 25 au samedi 28 septembre ont eu lieu &#224; Evian le Congr&#232;s du Rassemblement D&#233;mocratique et celui du Parti Radical. Certains auraient pu attendre d'un rassemblement de gens dont la raison d'&#234;tre affirm&#233;e est la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, la d&#233;finition de cet id&#233;al d&#233;mocratique. Participation de la masse du peuple au pouvoir, &#224; tout le moins contr&#244;le de celui-ci par celle l&#224;, contr&#244;le des &#233;lus par les &#233;lecteurs, mode d'&#233;lection &#224; la proportionnelle ou bien encore pouvoir r&#233;el &#224; ces &#233;lus du peuple : rien de tout cela, n'a pourtant &#233;t&#233; au centre des d&#233;bats d'Evian.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il est vrai qu'il y a actuellement n&#233;cessit&#233; de &#171; r&#233;inventer la d&#233;mocratie &#187;. C'est du moins ce qu'a affirm&#233; l'un des rapporteurs du Congr&#232;s, le d&#233;put&#233; du Jura Jacques Duhamel. Ce que serait cette r&#233;invention, deux formules du m&#234;me d&#233;put&#233; tentent de nous l'expliciter : &#171; Pouvoir personnalis&#233; ne signifie pas pouvoir personnel. Nous vivons le temps de l'&#233;quipe &#187; ou encore &#171; Une d&#233;mocratie personnalis&#233;e c'est un homme, Mais autour de cet homme une &#233;quipe &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On e&#251;t aim&#233; bien s&#251;r que J. Duhamel explique davantage en quoi le pouvoir personnalis&#233; &#233;tait diff&#233;rent du pouvoir personnel. Peut-&#234;tre comme monarchie diff&#232;re de royaut&#233;. Car la seule pr&#233;occupation essentielle qui transpara&#238;t dans les r&#233;solutions finales des deux congr&#232;s est celle relative &#224; la future &#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est l&#224; la le&#231;on essentielle de ces journ&#233;es d'Evian. Radicaux et autres centre-gauche sont d&#233;cid&#233;s &#224; livrer bataille dans le syst&#232;me politique &#233;tabli par le gaullisme et suivant les r&#232;gles de ce syst&#232;me. Ils s'y adaptent, ne pr&#233;tendent pas le changer mais au mieux en prendre la t&#234;te. Si un pr&#233;sident de la R&#233;publique radical sortait des urnes lors des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, il n'y aurait certainement aucune modification majeure au syst&#232;me politique fran&#231;ais. Seule menace &#224; consid&#233;rer : nous n'aurions plus affaire &#224; un pouvoir personnel mais &#224; un pouvoir personnalis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; &#171; vivre le temps de l'&#233;quipe &#187;, c'est effectivement une n&#233;cessit&#233; &#233;lectorale pour l'opposition. La r&#233;solution finale du Congr&#232;s du Rassemblement D&#233;mocratique l'explicite bien : &#171; Pour restaurer la d&#233;mocratie il (le Congr&#232;s) propose aux autres formations d&#233;mocratiques de se rencontrer aux fins suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1&#176;) Examen en commun des programmes d'action qu'ils ont eux aussi &#233;tablis, en vue d'arr&#234;ter une charte de la d&#233;mocratie moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2&#176;) Constitution d'une &#233;quipe susceptible de la mettre en oeuvre pour une formation coh&#233;rente de l'opinion et avec une vocation majoritaire de gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3&#176;) Proposition, par cette &#233;quipe, &#224; une convention d&#233;mocrate, d'un candidat commun &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fameuse &#233;quipe d&#233;couverte par J. Duhamel c'est tout simplement la r&#233;union des &#233;tats-majors des diff&#233;rentes formations politiques de l'opposition en vue de d&#233;signer un candidat unique et aussi - sans doute - de constituer un shadow-cabinet dans lequel ces &#233;tats-majors se partageraient d'&#233;ventuelles places de ministres. Les masses n'ont pas plus de place dans ce syst&#232;me que dans celui de de Gaulle puisque les cadres en seraient exactement les m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur bien d'autres points d'ailleurs, la politique de nos d&#233;mocrates n'est pas aussi &#171; radicalement &#187; diff&#233;rente de la politique gaulliste qu'ils veulent bien le dire. Ainsi ils m&#232;nent grand bruit et vitup&#232;rent contre la force de frappe &#224; la fois ruineuse et dangereuse pour le pays. Cependant le m&#234;me Duhamel affirme par ailleurs : &#171; Notre pays ne peut non plus abandonner un effort d'armement atonique. &#187; La diff&#233;rence alors ? Ce sera que cet effort sera fait dans le cadre &#171; d'une communaut&#233; &#224; sept regroupant les six pays europ&#233;ens d&#233;j&#224; associ&#233;s et la Grande-Bretagne d&#233;j&#224; nucl&#233;aire... la d&#233;cision d'emploi &#233;tant &#233;galitaire, les t&#226;ches de fabrication d&#233;l&#233;gu&#233;es &#224; la France et &#224; la Grande-Bretagne &#187;. En quoi ce sera moins ruineux et dangereux pour le pays ? Encore une fois Duhamel a oubli&#233; une explication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait les seules v&#233;ritables modifications qu'ils envisagent se situent au niveau de la politique vis-&#224;-vis de la Communaut&#233; Europ&#233;enne et du rapprochement Est-Ouest. (Les d&#233;clarations de Duhamel cit&#233;es ci-dessus montrent d'ailleurs clairement que pour les hommes politiques bourgeois la ratification du trait&#233; de Moscou ne signifie nullement l'arr&#234;t de la course aux armements).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce cadre g&#233;n&#233;ral le r&#244;le de tous ces pseudo-d&#233;mocrates ou hommes de gauche se r&#233;duit donc &#224; rechercher des th&#232;mes capables de regrouper la plus large opposition possible en vue de la campagne pr&#233;sidentielle. Leurs d&#233;clarations les plus dures contre le gaulliste ne r&#233;pondent pas &#224; d'autres buts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi la d&#233;nonciation par Monnerville des camps de concentration qui existeraient actuellement dans le pays a fait couler beaucoup d'encre. A la demande d'un s&#233;nateur UNR il l'a r&#233;p&#233;t&#233;e devant le S&#233;nat en l'adoucissant d'ailleurs, semble-t-il, puisqu'il a mis au pass&#233; ce que tous les observateurs du Congr&#232;s d'Evian pr&#233;tendent l'avoir entendu dire au pr&#233;sent ; &#171; Les Fran&#231;ais se croient libres mais ils ne savent pas combien d'hommes ont &#233;t&#233; enferm&#233;s dans les camps de concentration. Ils ne savent pas que parmi ces hommes il y a beaucoup de jeunes qui ont pu commettre des erreurs &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Pr&#233;sident radical du S&#233;nat s'&#233;l&#232;ve un peu tard contre les camps de concentration, c'est-&#224;-dire suivant sa d&#233;finition g&#233;niale &#171; les endroits o&#249; le pouvoir met les gens qui s'opposent &#224; sa politique, o&#249; il les concentre &#187;. Durant la guerre d'Alg&#233;rie, le pouvoir (celui de de Gaulle, mais aussi, avant celui-ci, celui des amis politiques de Monnerville) &#171; concentra &#187; effectivement dans les prisons des milliers de militants FLN ou dans les camps de regroupement des centaines de milliers d'Alg&#233;riens. La voix de Monnerville ne s'&#233;leva pas alors avec la force qu'il y met aujourd'hui. Cela eut &#233;t&#233; pourtant bien plus &#224; propos. Plus dangereux aussi, sans doute, non seulement pour le pouvoir gaulliste mais aussi pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais lui-m&#234;me. Et Monnnerville conna&#238;t les choses auxquelles il ne faut pas toucher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui le probl&#232;me n'a plus - et de loin - la m&#234;me acuit&#233;. Monnerville en parle d'autant plus fort. Et il en parle suffisamment vaguement pour rallier les oppositions les plus diverses. Ceux que le pouvoir concentre et dont Monnerville se fait maintenant le d&#233;fenseur sont-ils les partisans de l'OAS ou bien les quelques Fran&#231;ais emprisonn&#233;s pour avoir aid&#233; le FLN ? Le th&#232;me entrevu de l'amnistie peut rallier aussi bien l'extr&#234;me-droite que la gauche (dans la mesure, bien s&#251;r, o&#249; la gauche se pr&#233;occupe de ceux qui croupissent en prison pour avoir aid&#233; la lutte des Alg&#233;riens, mais de quoi n'est-elle pas capable de s'occuper en p&#233;riode &#233;lectorale !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le calcul de Monnerville para&#238;t donc &#234;tre le suivant : l'extr&#234;me-droite est trop faible pour songer &#224; pr&#233;senter un candidat &#224; la pr&#233;sidence contre de Gaulle. Aussi n'est-il peut-&#234;tre pas exclu que, par opposition au gaulliste, elle aille jusqu'&#224; faire voter pour le candidat unique de l'opposition s'il porte une &#233;tiquette de gauche - surtout si elle peut en esp&#233;rer une amnistie g&#233;n&#233;rale pour tous les opposants emprisonn&#233;s par de Gaulle - qu'ils soient de droite ou de gauche (ils sont pour l'instant beaucoup plus nombreux &#224; droite). Que ce ne soit pas l&#224; un calcul absurde d'ailleurs &#171; les vifs applaudissements &#224; l'extr&#234;me-gauche, sur de nombreux bancs &#224; gauche, et sur divers bancs au centre, &#224; droite et &#224; l'extr&#234;me-droite &#187; (Le Monde du 5.10.63), qui ont suivi la r&#233;ponse de Monnerville au S&#233;nat, l'ont montr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Congr&#232;s d'Evian, de m&#234;me que les propos du Pr&#233;sident du S&#233;nat, nous tracent les perspectives des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles. Une campagne &#233;lectorale o&#249; tout sera bon pour rallier n'importe qui. Au bout du compte peut-&#234;tre des hommes diff&#233;rents mais s&#251;rement la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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		<title>Qui a du fer, a du pain ! </title>
	
	
	
	

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			&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que Ben Bella semblait avoir d&#233;finitivement triomph&#233; de ses adversaires en faisant pl&#233;bisciter et sa Constitution et lui-m&#234;me, son autorit&#233; se trouve aujourd'hui contest&#233;e, non par les bulletins de vote, mais par les armes. La minorit&#233; d'opposants noy&#233;e dans les urnes (une majorit&#233; d'abstentions en Kabylie cependant) a, en saisissant les armes, transform&#233; radicalement la situation politique de Alg&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est difficile de dire quelle est la nature v&#233;ritable de cette dissidence, et il est encore bien plus difficile de dire quelle sera son influence, victorieuse ou d&#233;faite, sur l'avenir de l'Alg&#233;rie. Quand une &#233;preuve de forces s'engage, c'est en g&#233;n&#233;ral que le r&#233;sultat final n'est pas &#233;vident. Quand un conflit met en jeu des populations enti&#232;res, son d&#233;roulement, sa logique propre, peuvent amener les hommes qui en sont &#224; la t&#234;te au-del&#224; de leurs buts primitifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re, un tel affrontement s'&#233;tait produit qui vit la victoire finale de Ben Bella, parce que les diff&#233;rents hommes qui s'opposaient se sont gard&#233;s de faire appel &#224; l'initiative et &#224; la sanction des masses sous pr&#233;texte d'&#233;viter la &#171; guerre civile &#187;. Il a mis en pr&#233;sence les corps organis&#233;s, arm&#233;es et Front, en une partie d'&#233;chec ou, plut&#244;t, de poker o&#249; les vaincus se sont inclin&#233;s &#171; sans voir &#187; pour ne pas recourir &#224; l'&#233;preuve de forces, justement, &#224; la guerre civile, &#224; la sanction des armes c'est-&#224;-dire du peuple. C'est en s'appuyant sur l'arm&#233;e des fronti&#232;res, organis&#233;e &#224; l'occidentale, contre les wilayas de djounouds et de maquisards que Ben Bella a d&#233;sarm&#233; les combattants, assis son pouvoir, et alors re&#231;u la caution des classes poss&#233;dantes alg&#233;riennes et de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, un peu plus d'un an apr&#232;s l'ind&#233;pendance, les masses sont d&#233;&#231;ues, &#171; moralement abandonn&#233;es et d&#233;mobilis&#233;es politiquement &#187;, comme le disait Boudiaf imm&#233;diatement avant son arrestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que la dissidence d'A&#239;t Ahmed s'appuie ou va chercher &#224; s'appuyer, sur ces masses d&#233;&#231;ues et abandonn&#233;es ou, au contraire, ne repr&#233;sente-t-elle qu'une tentative d'opposer un gouvernement autoritaire &#224; un autre en s'appuyant sur les &#171; m&#233;contents &#187; dans l'arm&#233;e et l'appareil d'&#201;tat ? L'avenir nous le dira. Il semble qu'il ne faille pas attacher une grande importance au fait que la base de d&#233;part soit le particularisme kabyle, dans la mesure o&#249; c'est une base de d&#233;part. Cela peut seulement jouer contre l'extension de la dissidence. De toutes fa&#231;ons, ses buts restent vagues. Ce Front des Forces Socialistes d&#233;nonce le r&#233;gime actuel et les maux qu'il engendre, mais n'a pas de programme d&#233;fini. Le r&#244;le qu'elle jouera d&#233;pendra de la nature des appuis qu'elle recherchera : appareils, ou ouvriers et felhas en armes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Boudiaf, le m&#234;me jour que ce qui pr&#233;c&#232;de, avait cherch&#233; &#224; dissuader ses amis politiques qui, probablement, le pressaient d'entrer en lice contre Ben Bella, de s'engager dans une lutte ouverte contre le pouvoir car, disait-il, &#171; on peut tr&#232;s bien imaginer une crise r&#233;p&#233;tant, mais en sens inverse, celle qui a oppos&#233; le groupe de Tlemcen &#224; l'ancien GPRA ; on verrait se reconstituer autour d'une &#233;quipe rivale de l'&#233;quipe actuelle une coalition qui comprendrait d'abord une partie des opposants actuels, puis une quantit&#233; d'attentistes, puis enfin, un grand nombre de transfuges &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre cette voie qu'a choisie A&#239;t Ahmed. On peut discuter dans ce cas ses chances de r&#233;ussite, mais l'&#233;preuve de forces les v&#233;rifiera bien mieux, s'il est vrai que le militaire Boumedienne a l'intention, lorsqu'il assurera l'int&#233;rim de Ben Bella, en voyage &#224; New-York, de faire parler les armes et taire les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si, au contraire, A&#239;t Ahmed et ses compagnons ont l'intention de faire appel &#224; l'initiative des masses, l'intention de dire aux ouvriers et aux paysans alg&#233;riens, &#171; Le socialisme, faites-le vous-m&#234;mes et l'&#201;tat, soyez-le, en prenant les armes et en les gardant &#187;, l'intention de transformer, ne serait-ce que suivant le programme du PRS, les r&#233;gions insoumises et d'y remplacer l'arm&#233;e du peuple par le peuple en armes, alors l&#224;, oui, on peut affirmer que Ben Bella n'a pas besoin de prendre un aller-retour et que Boumedienne retournera aux fronti&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; politique est cependant moins simple que cela, et sur les m&#234;mes lignes de forces, bien des possibilit&#233;s sont ouvertes. Ben Bella, comme premi&#232;re r&#233;action, a nationalis&#233; toutes les terres des colons fran&#231;ais, comme un digne chef qui ne marche en t&#234;te que parce qu'on le pousse aux fesses. Il aurait dit en commen&#231;ant sa campagne d'explications, car pour lui, s'appuyer sur le peuple, c'est lui faire des discours : &#171; S'il le faut, nous mobiliserons cent mille Alg&#233;riens dans les comit&#233;s de vigilance &#187;. S'il le faut ... Que ne le fallait-il plus t&#244;t ! Mais il se peut justement que, press&#233; par la dissidence, Ben Bella (ou, si lui est trop compromis, un autre et pourquoi pas Boumedienne) le fasse. Sans vouloir diminuer la valeur et l'effort des hommes du PRS, leur programme ne sort pas des aspirations et des vell&#233;it&#233;s politiques de la petite bourgeoisie nationaliste et peut &#234;tre repris par n'importe lequel des hommes politiques alg&#233;riens en pr&#233;sence. Une r&#233;volution populaire dans un pays o&#249; la petite bourgeoisie est majoritaire n'est pas socialiste pour autant, et s'il peut para&#238;tre qu'&#224; tout prendre il vaut mieux cela qu'un r&#233;gime impopulaire et r&#233;actionnaire , ce n'est que le socialisme qui lib&#233;rera l'homme, en Alg&#233;rie comme ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti de la R&#233;volution Socialiste pourrait avec un programme juste jouer un r&#244;le consid&#233;rable dans cette situation. Il lui faudrait pour cela s'appuyer plus explicitement sur le prol&#233;tariat, il lui faudrait &#234;tre plus socialiste qu'il n'est. Mais l&#224; o&#249; tout est &#224; faire, tous les espoirs sont permis, car le PRS sera ce que ses militants le feront.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
			
			
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