Le patronat se lèche les babines

L'État a annoncé qu'il prendra en charge dix jours de congés payés par salarié au mois de janvier dans les secteurs de l'hôtellerie-restauration, de l'événementiel ou des salles de sport. Cela concernera les établissements qui auront cumulé 140 jours de fermeture sur l'année 2020 ou ceux qui ont subi une baisse importante de leur chiffre d'affaires. Le représentant du patronat du secteur de l'hôtellerie-restauration s'est réjoui de ce « coup de pouce ».

Sous couvert d'aider les petits établissements, ce qui est nécessaire, les grandes chaînes du secteur, comme Accor ou le groupe Louvre Hôtels, vont en profiter au maximum. Comme à chaque fois en pareilles circonstances.

Téléthon : la générosité pour pallier les défaillances de la société

Comme chaque année depuis 1987, les donateurs sont sollicités ce week-end par l'Association française contre les myopathies dans le cadre du Téléthon. Faute de financement suffisant par l'État, les associations et les chercheurs n'ont d'autre choix que de faire appel à la générosité publique. Les milliards de l'État arrosent les grands patrons, y compris les groupes pharmaceutiques riches à milliards, pas l'intérêt général.

L'épidémie de Covid a démontré que capitalisme et santé publique ne font pas bon ménage. Le Téléthon le rappelle aussi chaque année.

Les vautours autour du Liban

La conférence d'aide pour le Liban, qui vient de se tenir mercredi 2 décembre, porte bien mal son nom. Organisée par la France et les Nations Unies, elle s'est refusée à apporter les moyens dont la population manque cruellement. Les dirigeants des pays riches, Macron en tête, accusent la classe politique libanaise et la somment de réformer leur système. Si celle-ci est irresponsable et corrompue, c'est sur elle que les grandes puissances, et la France tout particulièrement, s'appuient depuis des décennies pour maintenir leur influence, pour ne pas dire leur tutelle.

La crise dans laquelle le Liban est plongé ne date pas de l'explosion dans le port de Beyrouth. Elle résulte du pillage des caisses publiques et d'un endettement abyssal dont la bourgeoisie libanaise et les banques occidentales ont profité.

Alors quand Macron et compagnie font la morale aux dirigeants libanais, c'est comme si la mafia se posait en donneuse de leçon de morale.

Génocide au Rwanda : historiens au garde-à-vous

En avril 2019, Macron avait créé une commission qui devait examiner les archives concernant le rôle de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda, où plus de 800 000 personnes avaient été massacrées par les milices du régime soutenu par la France. De multiples témoignages, y compris de militaires français, montrent que l'armée française a largement été complice de ce génocide.

Mais Le Canard enchaîné a révélé que cette commission a été constituée sous le contrôle de Franck Paris, le "monsieur Afrique" de Macron, ancien de la DGSE et ancien membre du cabinet de Le Drian. Il avait imposé une historienne payée par l'armée (démissionnaire depuis) tout en refusant deux autres spécialistes accusés d'être "ouvertement hostiles à l'armée".

Pour cacher son rôle, les gradés choisissent des « historiens » au garde-à-vous.

Pas de pause dans la démagogie

Après les images de violences policières et les succès des manifestations contre la loi de sécurité globale, Macron et son gouvernement sont dans l'embarras. Mais leur démagogie réactionnaire n'a pas baissé d'un ton.

Ainsi Darmanin vient d'annoncer que 76 mosquées allaient être contrôlées et certaines fermées parce que soupçonnées de « séparatisme ». Que des militants de l'islamisme politique cherchent à imposer leurs visées ultra-réactionnaires aux populations, parfois par la terreur, qu'elles soient musulmanes ou pas, cela ne fait pas de doute. Mais ni les lois contre le « séparatisme » ni les mesures administratives ne les arrêteront.

Macron et Darmanin se fichent de la vie dans les quartiers, que leur politique dégrade sans cesse. Ils veulent surtout racoler des voix aux dépens de leurs concurrents électoraux. Et pour cela ils usent d'une démagogie toujours plus puante.

Enfumage

Une ONG belge a montré récemment que les voitures hybrides émettent bien plus de CO2 que ce que les constructeurs le prétendent... De trois à douze fois plus. Ce sont les différents modèles de voitures hybrides, SUV notamment, dont les ventes ont le plus augmenté ces derniers mois, et dont l'achat est subventionné par les gouvernements, qui polluent abondamment. En France, par exemple, elles sont subventionnées globalement à hauteur de 40 millions d'euros en 2020... sous prétexte de protection de la planète.

Il faudrait que les gouvernements trouvent un autre prétexte que l'écologie pour continuer à arroser les constructeurs automobiles. En tout cas, pour qu'on les croie.

VGE : l'hommage des bourgeois à l'un des leurs

Après Chirac l'an dernier, c'est au tour de Valéry Giscard d'Estaing, président de la République de 1974 à 1981, de tirer sa révérence. Une pluie d'éloges et de tous bords se déverse sur cet homme de droite aux allures d'aristocrate. Ils lui attribuent la légalisation de l'avortement, le droit de vote à dix-huit ans, une modernité audacieuse. Dans la réalité, ce sont la contestation de la jeunesse, les manifestations pour les droits des femmes et les grèves ouvrières qui prolongeaient Mai-68 qui ont fait plier les plus conservateurs des politiciens.

Pour le reste, le règne de Giscard est celui d'un serviteur de la bourgeoisie : il mena une politique économique pour faire payer aux travailleurs la crise qui démarrait ; il nomma ministre l'ex vichyste Maurice Papon ; sur le plan extérieur il poursuivit la Françafrique avec des interventions au Tchad ou en Centrafrique. Il eut des scandales que taisent aujourd'hui pudiquement ses laudateurs, celui des avions renifleurs ou celui des diamants de Bokassa.

C'est bien un serviteur de la bourgeoisie qui disparaît. 

Covid-19 : les parlementaires découvrent l’eau tiède

La commission d'enquête parlementaire covid-19 a fait des découvertes « incroyables ». Elle nous réapprend que les stocks de masques ont été totalement négligés depuis des années, que les équipes de traçage sont dépourvues de moyens, et que l'établissement gérant les urgences est réduit à une simple « variable d'ajustement budgétaire ». Elle constate aussi que le déconfinement n'a pas été sérieusement préparé. Ces députés appartiennent tous à des partis, PS et LR en tête, ayant été au pouvoir durant ces années d'impréparation qu'ils dénoncent maintenant.

La crise sanitaire démontre la faillite de l'État. Pour s'en sortir, il ne faudra pas compter sur ces politiciens mais sur le personnel hospitalier et tous les travailleurs qui ont assuré le fonctionnement de la société depuis le début de la pandémie.