IVG : un droit à défendre dans la réalité

L'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution a été votée à l'Assemblée nationale. C'est un geste symbolique, qui reste à confirmer par les sénateurs. Mais cela ne compensera pas la fermeture de 130 centres d'IVG depuis quinze ans, ni celle de 45 établissements hospitaliers pratiquant l'IVG entre 2007 et 2017, selon les chiffres du Planning familial. Ce qui s'est poursuivi sous tous les gouvernements, y compris ceux de gauche.

L'égalité femme-homme, le droit au logement, au travail ou à la santé sont déjà inscrits dans la Constitution... tout en étant bafoués tous les jours, surtout quand on appartient au monde du travail. Seules comptent les mobilisations collectives pour les imposer dans la réalité.

Hôpitaux : vol au ras du sol

Trois cents hôpitaux publics portent plainte contre Tarkett, Gerflor et Forbo, les trois principaux fournisseurs de linoléum. Entre 1990 et 2013, ces sociétés se sont entendues pour vendre aux hôpitaux un lino plus cher et de moindre qualité. Une arnaque qui a coûté : l'hôpital de Crépy en Valois estime s'être fait voler 1,17 million d'euros, soit six ans d'investissement.

Depuis plus de vingt ans, les chantiers de rénovation ou de construction s'enchaînent dans les hôpitaux qui ont dû s'endetter par milliards. Dans le bâtiment, la banque, le matériel médical, de nombreux patrons ont profité de cette manne pour soigner leurs profits... aux dépens des malades et des travailleurs de la santé.

Europe : de l'eau dans le gaz

Une nouvelle fois, les ministres de l'Union européenne n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour fixer un prix plafond sur le marché du gaz. Les ministres français, espagnols et quelques autres, veulent un plafond assez bas pour limiter la facture de gaz de leurs capitalistes. De leur côté, les industriels allemands, très dépendants du gaz, sont prêts à payer et refusent un plafond pour ne pas faire fuir les fournisseurs.

À chaque crise, les intérêts contradictoires des capitalistes européens ressurgissent. Dans ce bras de fer, les intérêts des classes populaires ne sont pas pris en compte. Plafond ou pas, les factures flambent... Jusqu'à l'explosion de colère.

Guerre : pas d’unanimité derrière Poutine

Les vidéos d'épouses ou de mères russes dont les maris ou les fils ont été envoyés au front dans la guerre en Ukraine se multiplient sur les réseaux sociaux. Selon les autorités russes elles-mêmes, 80 000 des 300 000 mobilisés ont été envoyés dans les zones de combat. Témoignant pour son fils une mère dénonce : « Ils n'ont rien, ils sont seuls, leur commandant a fui. » La guerre en Ukraine est un carnage, pour les soldats russes comme pour les populations ukrainiennes.

Pour l'avenir des deux peuples, le salut ne viendra ni de l'Otan ni de l'armée ukrainienne de Zelensky ou d'une capitulation de Poutine mais des soulèvements des populations et des fraternisations des soldats contre leurs généraux, des deux côtés du front.

Mayotte : la matraque ne résout rien

Depuis des semaines, des bandes armées, souvent très jeunes, s'affrontent et rendent la vie impossible aux habitants des quartiers pauvres de Mayotte.

L'immigration clandestine venue des Comores voisines est pointée du doigt par nombre d'élus locaux et par l'extrême droite. Quant au gouvernement, sa seule réponse est sécuritaire, avec l'envoi de policiers du Raid et la chasse aux migrants, sans jamais s'attaquer au problème de fond : la misère qui touche une majorité de la population, dont 77 % vivent sous le seuil de pauvreté.

Le manque criant de services publics et le recours à la matraque illustrent le mépris de l'État pour la population de Mayotte, avec ou sans papier.

Chômage : une arme contre tous les travailleurs

Pour justifier sa réforme qui réduit la durée d'indemnisation du chômage, le gouvernement répète en boucle, en écho au patronat, qu'il n'est pas normal que des offres d'emploi restent vacantes. Pourtant, si des postes de conducteur de bus, d'aide-soignant, de vendeur ou de serveur restent non pourvus, c'est avant tout à cause de la pénibilité au travail et des salaires trop bas.

Cacher cela est un objectif de la campagne du gouvernement, qui stigmatise depuis des mois les chômeurs. Aucun travailleur conscient ne peut y croire, car les attaques contre les chômeurs visent à tirer vers le bas les salaires de tous.

Clémence pour les patrons, rigueur pour les chômeurs

Le dispositif de bonus-malus mis en place en 2021 pour les entreprises dans le cadre de la précédente réforme de l'assurance-chômage sous prétexte de lutter contre les contrats courts a connu des défaillances pour 6 000 entreprises. Certaines n'ont pas reçu tout l'argent public promis, d'autres beaucoup trop.

Aux petits soins pour les patrons, le gouvernement a corrigé sans délai : les premières toucheront un complément et les secondes n'auront pas à rembourser.

Mais pour les travailleurs au chômage, pas de clémence : à partir du 1er février 2023, ce sera une baisse de 25 % de la durée d'indemnisation pour tous !

Le profit tue au travail

Six cent quarante-cinq travailleurs du privé sont morts d'un accident de travail en 2021 selon les chiffres publiés par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). L'organisme recense 604 565 accidents du travail durant l'année dernière. Ces chiffres dramatiques sont réputés très sous-estimés.

Les ouvriers sont les premières victimes des accidents avec une surreprésentation des travailleurs de la sous-traitance. Pressions, cadences, précarité sont les trois causes mises en avant pour expliquer l'hécatombe. Elles se résument en une seule : l'exploitation capitaliste au 21e siècle.