Les licenciements continuent

Après Airbus et Air France, c'est Aéroport de Paris, ADP, qui annonce des suppressions de postes. Il compte se débarrasser de 600 travailleurs sur les 6 300 du groupe. Il prévoit aussi d'imposer un « accord de performance collective » pour celles et ceux qui resteront dans l'entreprise, assorti de reculs importants sur les rémunérations et les conditions de travail.

Le grand patronat en général et celui de l'aéronautique en particulier tranchent dans le vif pour maintenir leurs profits. Le refus et la mobilisation de l'ensemble du monde du travail s'imposent.

Été ou hiver, non aux expulsions !

Ce vendredi 10 juillet, la levée de l'état d'urgence sanitaire marque la fin de la trêve hivernale pour les expulsions locatives, trêve prolongée en raison de la crise du Covid. Selon le ministre du Logement, il n'y aura pas d'expulsion sans relogement. Mais que vaut une parole de ministre ? Et cela fait des années et des années que les promesses de relogement restent lettre morte. Car ce ne sont pas quelques milliers de places en hôtel ou en structures d'urgence qui résolvent durablement le problème.

Les difficultés pour se loger ne peuvent que s'aggraver avec les pertes de salaire dues au chômage partiel, sans parler de l'explosion du chômage et de la précarité. Un moratoire des loyers, la réquisition de tous les logements vides et leur réhabilitation immédiate, en attendant la construction à prix coûtant de tous les logements qui manquent, voilà ce que serait la politique d'un gouvernement au service de la population.

Retour du délai de carence

La fin de l'état d'urgence sanitaire signifie aussi le retour des journées de carence en cas d'arrêt maladie, un jour pour les fonctionnaires et trois jours pour les salariés du privé. Ce système impose aux travailleurs de se payer eux-mêmes une partie de leur arrêt maladie ou d'aller travailler malades, quitte à aggraver leur état ou à contaminer leurs collègues.

Ce système économique capitaliste est décidément en carence... d'humanité.

Ségur de la santé : pas bon pour la santé des hospitaliers !

Alors que les augmentations de salaire annoncées sont largement inférieures à la revendication des hospitaliers de 300 euros pour tous, le gouvernement veut faciliter le recours aux heures supplémentaires dans les hôpitaux.

Les soignants déjà épuisés travailleraient avec des semaines allongées, ce qui serait une manière de faire fonctionner des hôpitaux débordés avec des effectifs réduits.

Ces idées de patrons ne méritent qu'une réponse : le renforcement de la mobilisation pour des embauches, des horaires moins surchargés et toujours, des augmentations de salaire conformes à la revendication !

Macron-Pécresse : même politique

Pécresse, présidente de la région Île-de-France, refuse de payer la RATP et la Sncf d'Île-de-France, du fait des pertes importantes dans les transports publics dues à la crise sanitaire. Elle exige une aide de l'État beaucoup plus importante, parce que, dit-elle, les Franciliens ne doivent pas payer le Covid. Macron fait la sourde oreille, bien sûr.

De toute façon, francilienne ou pas, l'ensemble de la population est appelée à éponger les pertes dues au Covid... dans les transports en commun comme dans le reste des activités utiles à la population. Et c'est bien ça qui ne va pas du tout.

Ce n’est pas la crise pour tout le monde !

Comme tous les ans, le magazine Challenges publie le classement des 500 premières fortunes de France. Malgré la crise sanitaire du premier semestre 2020, la fortune des plus riches a augmenté de 3 % depuis juin 2019 pour atteindre 730 milliards d'euros de patrimoine.

Bernard Arnault, patron de LVMH, a même battu un record, car il est le premier Français à atteindre les 100 milliards d'euros ! Les patrons dont les fortunes ont le plus augmenté sont ceux du numérique et de la santé comme la famille Mérieux avec 8 milliards d'euros, soit une hausse de 54 %.

Crise ou pas, les plus riches ne cessent d'augmenter leurs fortunes. Y'a quand même quelque chose de pourri dans ce monde.

Quand on aime, on ne compte pas

Face à la déferlante de suppressions d'emplois, Bruno Le Maire a annoncé vouloir baisser les impôts dits de production, versés par les entreprises. Cela concernerait la contribution à la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), perçue par les régions, et la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui participe au financement de l'assurance vieillesse.

Réduire, voire supprimer toute participation des entreprises au financement des collectivités locales ou des services utiles à tous, c'est ce qu'ont fait tous les gouvernements depuis des décennies. Si cela avait fait baisser le chômage, cela se saurait !

Mais quand il s'agit de faire des cadeaux au patronat, tous les prétextes sont bons.

Travailler moins pour travailler tous…

Plusieurs manifestations ont eu lieu mercredi 8 juillet contre les plans de suppressions d'emplois des grandes entreprises : à l'aéroport de Blagnac à Toulouse pour Airbus, à Morlaix pour Hop, la filiale d'Air France, à Paris pour Nokia et Sanofi, etc.

Toutes ces entreprises qui se prétendent en difficulté ont accumulé de l'argent pendant des années grâce au travail de leurs salariés, de ceux de leurs sous-traitants, tout en profitant des aides de l'Etat.

Aujourd'hui, il n'y aucune raison d'accepter la moindre suppression de poste. S'il y a moins de travail, il faut le répartir entre tous ceux qui ont besoin d'un salaire pour vivre, en prenant sur les profits présents et passés.