Un procès qu’il n’a pas volé

Après deux ans d'enquête qui ont confirmé ce qui était clair dès le début de l'affaire en 2017, la justice a annoncé que le couple Fillon passerait devant un tribunal correctionnel pour détournements de fonds publics et abus de biens sociaux : entre 1981 et 2013, Penelope Fillon aurait accumulé plus d'un million d'euros de revenus pour des emplois fictifs, alors qu'elle passait des jours paisibles dans son manoir de la Sarthe.

5 ans, Fillon, premier ministre de Sarkozy, avait mené une véritable guerre aux travailleurs, assortie de leçons de morale sur le « travailler plus pour gagner plus ». Pendant sa campagne des présidentielles, il prêchait l'austérité...mais pour les classes populaires.

A sa petite échelle et avec les fonds publics, Fillon n'a fait qu'appliquer la morale de la société capitaliste : le travail pour les classes populaires, le profit pour la bourgeoisie.

L’Iran étranglé par l’impérialisme

L'Iran est actuellement touché par des inondations catastrophiques : 25 des 30 provinces du pays sont concernées, et plus de 500 000 personnes ont dû fuir leur domicile. C'est dans ce contexte que les Etats-Unis ont annoncé un durcissement de l'embargo sur le pétrole iranien. Même l'aide financière proposée par la Croix-Rouge Internationale est bloquée par les interdictions américaines, avec le soutien tacite des autres pays impérialistes dont la France.

Pour déstabiliser le régime, en espérant remettre la main sur ce pays qui leur échappe depuis 40 ans, les Etats-Unis font le choix d'aggraver la misère dans laquelle vit la population iranienne. Assoiffé de profits et de puissance, l'impérialisme est sans pitié.

Immobilier : de la flambée spéculative à l’éclatement de la bulle ?

Dans les grandes métropoles des pays riches, les prix dans l'immobilier ont augmenté ces deux dernières décennies de façon spectaculaire. Ainsi, depuis la crise de 2008, le prix du mètre carré a été multiplié par 2 à Berlin, par 3 à Vancouver, et il frôle les 10 000 euros à Paris.

Dans cette période de crise, comme les investissements dans la production ne rapportent pas assez aux yeux des détenteurs de capitaux, l'argent s'engouffre donc dans la spéculation immobilière.

Cela rend l'achat d'un logement inaccessible aux foyers populaires. Et cela produit une « bulle immobilière » dont l'éclatement est gros d'une nouvelle récession de l'économie mondiale.

Mais qu'importe aux milliardaires embarqués dans cette course folle. « Après moi, le déluge », même si ce déluge risque de les emporter avec le reste de l'humanité.

Egypte : l’ami de la France conforte sa dictature

En Egypte, le maréchal Al Sissi vient de faire ratifier par un vote à l'échelle nationale des mesures lui permettant de prolonger son mandat jusqu'en 2024 et de se représenter à ces élections, donc de rester potentiellement au pouvoir jusqu'en 2030.

Al Sissi a obtenu près de 90 % des voix, ce qui est loin de signifier un soutien populaire au dictateur en place. Outre les fraudes habituelles, la pression à « bien voter » a été énorme, des cartons et des sacs de nourriture ont été distribués - et même avec ça, la participation n'a été que de 40 %. Bref, une sinistre parodie de démocratie, qui peine à cacher la nature répressive du régime.

Mais on n'entendra pas le « grand démocrate » Macron ni la « communauté internationale » dénoncer cette farce. Car Al Sissi demeure un bon client pour les marchands d'armes, et un allié précieux pour l'impérialisme dans cette région du monde.

Des petit-déj à la place des salaires ?

Le ministre de l'éducation nationale a annoncé le déblocage de 6 millions d'euros pour fournir des petits-déjeuners à certains enfants des écoles des quartiers populaires à partir de septembre 2019. Certes, pour ceux dont la famille envoie leurs enfants à l'école le ventre creux, c'est toujours ça. Mais ce n'est pas grand-chose. Et on ose appeler cela une « mesure de réduction des inégalités », alors qu'une fois de plus, l'Etat compense, très partiellement, par des aides minimales, le développement de la pauvreté lié au chômage et au blocage des salaires dont il est en grande partie responsable. Une mesure pas si désintéressée qu'on pourrait croire puisqu'elle est annoncée à la veille d'élections.

La vraie mesure de réduction des inégalités, ce serait d'imposer que chacun dispose d'un revenu décent, et cela commence, pour les travailleurs, par avoir un salaire qui permette de faire vivre sa famille. Mais cela, il ne faut pas l'attendre d'un gouvernement tout dévoué au grand patronat.

Sri Lanka : une poudrière créée par le colonialisme

Au Sri Lanka, des attentats-suicides commis le 21 avril ont fait plus de 300 morts et 500 blessés. Ciblant des églises chrétiennes et des hôtels pour touristes, ces attaques n’ont pas été revendiquées mais ressemblent à celles déjà menées ailleurs par des groupes islamistes.

Le gouvernement a arrêté une quarantaine de suspects dans sa « traque aux terroristes ». Mais les hommes au pouvoir sont les mêmes qui, des années 1970 à 2009, ont utilisé le terrorisme d’Etat contre la minorité tamoule, enfermant et massacrant les civils par milliers. Rien de bon ne viendra de l’état d’urgence décrété par ces pompiers pyromanes.

Dix ans après la fin d’une guerre civile, si les émules locaux de Daech arrivent à recruter des kamikazes, c’est que la société de ce pays, comme d’autres, reste gangrenée par les divisions inter-ethniques et inter-religieuses – ces divisions attisées voire suscitées pendant des décennies par le colonialisme britannique.

États-Unis : grève dans les supermarchés

A l’appel de leur syndicat, qui négociait un nouveau contrat de trois ans avec la direction de la chaîne de supermarchés Stop&Shop, 31 000 employés ont fait grève pendant 10 jours dans l’Etat américain de la Nouvelle-Angleterre.

Ils ne voulaient pas que les dimanches et jours fériés soient payés comme des jours ordinaires de travail, ni que leurs cotisations pour l’assurance-maladie augmentent. Bref, ils refusaient que leur paye baisse alors que la maison-mère de Stop&Shop avait réalisé 2 milliards de dollars de bénéfices l’an dernier.

Cette grève, la plus importante dans une entreprise privée depuis des années, s’est conclue par une victoire. La croissance de l’économie américaine, tant vantée par Trump, n’est que celle des profits de la bourgeoisie sur le dos des travailleurs. Mais cette grève montre qu’ils ne laissent pas faire !

Acte XXIII : les gilets jaunes ne se laissent pas intimider

Plus de 20 000 contrôles préventifs, 227 interpellations : le gouvernement continue à espérer faire taire les gilets jaunes à coup de matraque, de grenades et de condamnations judiciaires.

Ainsi, un journaliste indépendant, Gaspard Glanz, après 48 heures de garde à vue pour un doigt d’honneur à destination d’un policier qui venait de le bousculer, s’est vu interdire de se trouver à Paris le 1er mai et tous les samedis jusqu’à son procès en octobre prochain.

Malgré ces mesures d’intimidation répétées, et parfois ridicules, la colère est toujours là et les gilets jaunes étaient encore plusieurs dizaines de milliers dans les rues samedi dernier.