Macron testé positif à la démagogie nationaliste

En visite à l'une des rares usines du pays capable de produire masques chirurgicaux et FFP2, Macron a dit y voir un exemple à suivre. Il faut « rétablir notre souveraineté française et européenne » et « parvenir en fin d'année à une indépendance pleine et entière », a-t-il déclaré.

Ce couplet nationaliste n'est pas inhabituel chez lui, ni chez nombre de dirigeants politiques rivalisant dans les discours protectionnistes voire chauvins. Macron espère sans doute rattraper sa dégringolade dans les sondages, majoritaires à reprocher au gouvernement son impréparation.

Le comble du ridicule, c'est que l'entreprise choisie par Macron pour jouer du pipeau nationaliste, Kolmi-Hopen, appartient en fait à ... un groupe canadien, Medicom, qui produit sur trois continents et vend dans le monde entier !

Son cocorico est quelque peu enroué.

Prestations sociales et familiales : loin du compte

En ce 1er avril, le RSA augmente de 0,9 %, soit 5 € par mois pour une personne seule. Mais d'autres prestations sociales augmentent encore moins, car elles ont été désindexées de l'inflation officielle : les prestations familiales et l'allocation adulte handicapé (AAH) n'augmenteront que de 0,3 %, soit 2,7 € par mois !

Face à l'urgence de l'épidémie, l'État a su trouver des dizaines de milliards d'euros... en faisant marcher, à l'avenir, la planche à billets. Cela va entrainer un appauvrissement programmé de la population laborieuse. Devant cette crise annoncée, il faut prendre l'argent là où il est: dans les coffres des milliardaires.

FedEx Roissy, la mise en danger XXL des travailleurs

Les entreprises d'intérim présentes sur le site de Roissy ont annoncé qu'elles n'y enverraient plus d'intérimaires après le décès par le covid-19 de l'un d'entre eux et le dépôt d'un droit de retrait pour « danger grave et imminent » par les syndicats. Mais le transporteur de paquets FedEx continue, lui, son activité, malgré l'inquiétude des salariés et l'avis de l'Inspection du travail.

Ce géant mondial de la logistique et du transport aérien emploie près de 3 000 personnes sur sa plateforme, dont beaucoup habitent l'Oise et ont donc côtoyé des personnes contaminées Mais la direction persiste à faire venir ces travailleurs. Ils doivent, qui plus est, badger par reconnaissance digitale en faisant la queue, groupés à des centaines, puis mettent leur doigt sur la même machine.

Cette situation n'est pas unique, ni en France ni ailleurs. Quand on dit que les capitalistes ont un coffre-fort à la place du coeur et de la cervelle... !

Catastrophe humanitaire au Yémen

Cela va faire cinq ans que l'Arabie Saoudite a commencé son intervention militaire au Yémen. Pendant ces cinq années, les destructions des infrastructures ont ramené le pays des décennies en arrière, notamment sur le plan de la santé.

Le pays connaît actuellement non seulement la famine, mais une épidémie de choléra qui est sans doute la pire que le monde ait connue depuis 1945. Si le coronavirus devait s'étendre au Yémen, inutile de dire que le désastre humanitaire franchirait un cap supplémentaire.

Dans la catastrophe en cours, les grandes puissances sont les premières responsables : les États-Unis, soutien indéfectible de la dictature saoudienne, mais aussi la France et le Royaume-Uni, qui tous continuent à vendre armes et soutien technique aux massacreurs.

Et après cela nos gouvernants viendront nous dire qu'ils font le maximum pour enrayer la pandémie...

Brésil : Bolsonaro, un dévouement sans borne à la bourgeoisie

Au Brésil, bien que de nombreux Etats aient finalement mis en place le confinement, le président Bolsonaro continue à se déplacer sans retenue et à enchaîner les déclarations provocantes. « On va tous mourir un jour », a-t-il lancé, pour inciter un maximum de Brésiliens à continuer à aller travailler, malgré l'épidémie.

Comme Macron en France, mais avec encore moins de discrétion, Bolsonaro démontre à chaque étape de la crise sa servitude aux intérêts du grand patronat, dont le soutien a été si utile à son accession au pouvoir.

Sa désinvolture affichée vise accessoirement à satisfaire les grands patrons des sectes évangélistes, qui craignent de voir leurs temples se vider si le confinement était trop strict et qui espèrent attirer de nouveaux clients à la faveur de cette crise et de la panique qu'elle engendre.

Amazon : des travailleurs disent non

À New York, plusieurs dizaines de travailleurs d'un entrepôt Amazon ont débrayé lundi 30 mars pour dénoncer leurs conditions de travail sans protection face au coronavirus. Comme en France, Amazon considère que son activité, autrement dit ses profits, est plus importante que la vie des salariés.

Face à un tel cynisme, la mobilisation des travailleurs est la seule voie qui leur permette de sauver leur peau.

États-Unis : interdiction des licenciements !

En réaction au confinement, qui n'est pourtant pas général à tous les États, le patronat américain a licencié sans retenue. La semaine dernière plus de 3 millions de travailleurs ont été contraints de s'inscrire au chômage : quinze fois plus que précédemment !

Dans ce pays, les entreprises peuvent licencier très facilement. Elles ne s'en privent pas dès qu'elles craignent une baisse de rentabilité.

Pour les capitalistes, les travailleurs ne sont qu'une variable d'ajustement dans leur course effrénée aux profits.

Allemagne : moins de morts ? Surtout plus de lits

Le nombre de morts du coronavirus est très inférieur en Allemagne, alors que le pays a été touché peu après l'Italie et la France par l'épidémie. Pourquoi ?

L'Allemagne disposait en 2017 de 601,5 lits en soins intensifs pour 100 000 habitants, quand la France en comptait 309. Quant à la capacité de dépistage, elle était de 12 000 tests par jour, contre 2 500 en France.

Alors pas de miracle. Beaucoup de médecins de ce pays disposent d'un meilleur équipement, car l'Allemagne n'était pas allée aussi loin que la France dans la baisse des moyens hospitaliers. Cela n'empêche pas Macron, Philippe et quelques autres de pousser des cocoricos aussi ridicules qu'indécents.