Edouard Philippe a le soutien qu’il mérite : celui du Medef

Le discours du premier ministre mercredi midi n'a pas fait que des mécontents. Ses belles paroles lui ont valu le soutien... du Medef, qui applaudit des deux mains à un projet sur les retraites qui fera travailler tous les salariés plus longtemps et baissera le montant de leurs retraites.

C'est un soutien logique et mérité.

Dans la bataille en cours, il y a bien deux camps : celui des exploiteurs et celui des exploités. Et le camp des travailleurs tient en ce moment la dragée haute à celui des profiteurs! Tous en grève et en manifestation aujourd'hui !

Le gouvernement réussit à mettre tous les syndicats contre lui

À peine le discours d'Edouard Philippe achevé, le secrétaire de la CFDT a annoncé : « La ligne rouge a été franchie ». Son syndicat, mais aussi la CFTC, la CGC et l'UNSA s'opposent à l'âge pivot de 64 ans, et surtout à la manière dont le gouvernement tente de leur imposer. « Nous étions prêts à en discuter aussi, à condition d'avoir la main », déclare le président de la CFTC.

Même des organisations qui se caractérisent par leur complaisance à l'égard de la politique de Macron ont choisi d'appeler à la mobilisation le 17 décembre. Jusqu'à quand tiendront-ils cette position ?

Mais cela permettra au monde de travail de profiter de cette initiative pour que ce geste offre un nouvel élan à la lutte engagée.

1000 € pour vivre, un progrès ?

Philippe a osé présenter le minimum de 1000 euros par mois pour tous les retraités comme une grande avancée sociale. S'il y a aujourd'hui des pensions de retraite inférieures à ce montant, c'est scandaleux. Mais qui peut vivre décemment avec les 1 000 euros mensuels promis ?

Les caisses des grandes entreprises et les comptes en banque des capitalistes sont pleines à milliards. Il y a de quoi assurer à tous, et tout de suite, un revenu décent.

L’unité selon Philippe

Depuis des mois, le gouvernement nous rabâche que sa réforme est destinée à rétablir l'égalité entre les salariés. Mais pour tenter de saborder le mouvement, cela ne lui pose aucun problème d'opposer les générations entre elles : entre les jeunes nés après 2004, les travailleurs d'avant ou d'après 1975, et les retraités actuels... Preuve, s'il en était besoin, que ses discours sur l'égalité ne sont que du vent.

Algérie : un vote piège !

Des manifestations ont eu lieu tous les jours de la semaine un peu partout en Algérie contre l'élection que le pouvoir veut imposer. Si, à l'élection présidentielle qui a lieu aujourd'hui 12 décembre, cinq candidats se présentent, ils sont tous liés au système que les manifestants rejettent depuis 10 mois. Et hier encore des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes, dont Alger, continuant souvent dans la nuit, malgré les gaz lacrymogènes et les matraques des policiers.

Les manifestations ont repris ce matin devant des bureaux de vote.

En même temps, deux anciens premiers ministres particulièrement détestés ont été condamnés à quinze et douze ans de prison pour corruption. Le pouvoir espère que ces condamnations et que l'élection d'un nouveau président, issu de la bande de Bouteflika et compagnie désarment l'opposition populaire. Cela n'en prend pas le chemin !

Mais les manifestants auront besoin d'une force, d'un camp social pour éviter ce piège. Les travailleurs, s'ils en prennent l'initiative, peuvent, eux seuls, offrir une alternative véritable.

Le luxe sème la misère

Safilo, fabricant lunetier italien qui emploie 3000 salariés, vient d'annoncer un plan de 700 suppressions d'emplois. A le croire, il s'agit de « sauvegarder la compétitivité de l'entreprise en faveur des employés qui resteront en place ».

Le prétexte en est la perte récente d'un contrat de sous-traitance pour la marque Dior (groupe LVMH de Bernard Arnault).

L'industrie du luxe se porte comme un charme, Arnault et son rival dans le luxe Pinault accroissent chaque jour leur colossale fortune qui se chiffre en milliards. Et ce sont des centaines de travailleurs qui vont en faire les frais en se retrouvant à la rue. Se défendre contre de tels prédateurs n'est pas du luxe !

Afghanistan : le sale bilan de 18 ans de guerre impérialiste

150 000 morts et 1 000 milliards de dollars : tel est le bilan humain et financier de 18 années d'occupation de l'Afghanistan par les troupes américaines et leurs alliés selon une enquête du Washington Post.

Commencée en réaction aux attentats du 11 septembre 2001, sous le prétexte de combattre le terrorisme, cette guerre effroyablement meurtrière et coûteuse a, au contraire, renforcé les Talibans au lieu de les affaiblir.

Mais elle n'a pas été un gâchis pour tout le monde : le Washington Post rappelle qu'elle a constitué une bonne affaire pour quantité de groupes de l'armement, de la sécurité, de la construction...

La fortune du capitaliste se bâtit aussi sur un monceau de cadavres.

Après le 10 décembre, poursuivre la mobilisation !

Les manifestations d'hier, mardi 10 décembre, ont rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à l'échelle du pays. Les médias répètent à l'envi qu'elles étaient moins massives que jeudi 5 décembre, omettant de rappeler que la journée du 5 a été préparée pendant des semaines, alors que celle du 10 a été organisée en quelques jours.

En réalité, le mouvement se poursuit et le mécontentement s'exprime toujours aussi fort. A la RATP, à la SNCF, dans l'enseignement, les grévistes tiennent, s'organisent, et beaucoup prévoient de répondre aux annonces gouvernementales d'aujourd'hui par un nouveau temps fort demain.

Le gouvernement sait que sa réforme est rejetée par les travailleurs. Montrons-lui que nous ne nous la laisserons pas passer en poursuivant et en élargissant le mouvement, dans tous les secteurs.