Prisons privées : loin de la « justice »

Le gouverneur démocrate de Californie a promulgué une loi votée par le Parlement local qui abolit les prisons privées. La loi sera peut-être contestée par les capitalistes du secteur car ils font des profits sur le dos des détenus. Cela se traduit par des conditions aggravées pour les prisonniers et des contrats garantissant un remplissage de ces prisons aux investisseurs, qui poussent à l'incarcération de masse !

Les prisons privées sont nombreuses aux États-Unis, où leur chiffre d'affaire a augmenté de 500 % en vingt ans, ainsi que dans d'autres pays anglo-saxons. En France il n'y en a pas, mais 74 établissements pénitentiaires fonctionnent avec des partenaires privés pour la construction, la nourriture, voire l'accueil des familles.

La prison aussi garantit des profits au secteur privé.

Pas d’argent pour la protection de l’enfance

Adrien Taquet, le secrétaire d'État à la protection de l'enfance, vient de présenter un « plan » que l'ensemble des professionnels et des associations travaillant dans l'aide sociale à l'enfance (ASE) ne jugent pas à la hauteur.

Dans le pays, 170 000 enfants sont placés en institution ou en famille d'accueil, dans des conditions pas toujours satisfaisantes, car bien des départements cherchent d'abord à réduire les coûts. L'accueil des enfants handicapés et le devenir des enfants protégés une fois majeurs font notamment partie des points noirs.

Comme le gouvernement en a l'habitude, il a fait mine de consulter les uns et les autres pendant six mois, pour aboutir à une trentaine de mesurettes et peu de moyens financiers : une rallonge de seulement 80 millions d'euros, sur un budget annuel de 8 milliards, déjà très insuffisants. Des mesures « extrêmement faibles » juge Lyes Louffok, ancien enfant placé et membre du Conseil national de la protection de l'enfance.

Conforama : les travailleurs se défendent

La direction de Conforama avait déjà annoncé cet été la fermeture de 32 magasins et le licenciement de 1 900 salariés, au nom de de prétendues difficultés financières. Selon le groupe capitaliste international qui détient la marque, ces mesures seraient nécessaires à cause « de l'évolution de ses activités en France ». En clair, pour faire de l'argent, il faut jeter de nombreux travailleurs à la rue.

À présent, la direction ajoute l'indécence à cette injustice en ne proposant des indemnités supra-légales de licenciement que de 1 000 à 2 500 € aux salariés licenciés.

Dès l'annonce du montant dérisoire de ces primes, une grève a touché certains magasins. Les travailleurs ne se laisseront pas brader, sans oublier que leur travail a permis, en 2011, au milliardaire Pinault d'obtenir 1,2 milliard d'euros de la vente de cette entreprise.

Pour les pompiers, il y a le feu

Des milliers de pompiers professionnels de tout le pays ont manifesté hier à Paris. Ils n'en peuvent plus des salaires insuffisants, de la surcharge de missions due au manque d'effectifs et n'acceptent pas les attaques prévues contre leurs retraites.

De nombreux pompiers reçoivent à peine le Smic, si on ne compte pas les primes liées à leurs contraintes particulières. Leurs salaires sont gelés.

Ils subissent à la fois les mêmes attaques que l'ensemble des salariés... et c'est bien tous ensemble, salariés du public ou du privé, que nous pourrons lutter efficacement.

Tunisie : nouveau président, vieille politique

Le vainqueur de l'élection présidentielle en Tunisie, Kaïs Saïed, est un universitaire conservateur qui a profité du rejet des candidats du système. Même si au cours de sa campagne, il a évoqué une vague « révolution institutionnelle », il justifie entre autres choses la peine de mort et l'inégalité entre frères et soeurs dans le cadre de l'héritage.

Autant dire que les classes populaires n'ont rien à attendre d'un tel président. Elles se sont d'ailleurs largement abstenues dans cette élection. Frappées par le chômage, la pauvreté, la corruption, elles ne pourront compter que sur leurs luttes et leur mobilisation consciente pour défendre leurs intérêts.

Le gouvernement contre les chômeurs

Cet été, le gouvernement avait promis que sa réforme de l'assurance chômage serait indolore. Tous les jours, il répète que le chômage recule. Ça, c'est pour la galerie.

Car son projet de budget pour 2020 prévoit une hausse de 10 % des sommes allouées à l'Allocation spécifique de solidarité, donc une hausse du nombre de chômeurs en fin de droit, survivant avec 502,20 € par mois au maximum.

De son côté, l'Unedic prévoit qu'avec la réforme de Pénicaud-Macron, la moitié des nouveaux chômeurs inscrits à Pôle emploi l'an prochain perdra des droits.

Le gouvernement ne s'attaque pas au chômage, il s'en prend aux chômeurs.

Massacres, hypocrisie et intérêts impérialistes

Pendant qu'en Syrie l'armée turque massacre les Kurdes avec l'aval des États-Unis, Macron et Merkel jouent les indignés. Ils déclarent suspendre leurs ventes d'armes à la Turquie... mais pas les commandes déjà passées. Celles-ci continueront à être livrées et les Kurdes d'être massacrés.

Depuis un siècle, le peuple kurde est l'otage de la politique des grandes puissances, qui ne lui font des promesses que lorsque cela peut servir les intérêts de leurs groupes industriels, pétroliers et financiers... pour les oublier aussitôt après.

Équateur : la rue contraint le gouvernement à reculer

En Équateur, face à une mobilisation populaire dont l'ampleur menaçait de le faire tomber, le président Moreno et son gouvernement ont finalement reculé, renonçant à supprimer la subvention au prix du carburant.

Sur injonction du FMI, la suspension brutale de cette subvention avait doublé le prix de l'essence et poussé l'ensemble des prix à la hausse. La population équatorienne, en particulier sa fraction la plus pauvre à savoir les Indiens d'Amazonie, s'est mobilisée contre cela.

Une première victoire, même si le gouvernement ne renoncera pas à faire passer des mesures d'austérité contre la population. Dans le bras de fer en cours, les exploités ne pourront pas se permettre de baisser la garde.