Laboratoires de biologie : grève pour les salaires

Les employées d'une vingtaine de laboratoires de biologie médicale du réseau Biofusion, en Occitanie, sont en grève depuis le 15 septembre. Ils se sont rassemblés à 70 à Montauban. Une semaine auparavant, 50 salariés d'un autre laboratoire avaient organisé un rassemblement similaire au Mans.

Ces techniciennes de laboratoire se plaignent de n'avoir droit qu'à une prime ridicule de 250 euros, alors que l'augmentation du nombre de tests Covid a considérablement accru leur rythme de travail depuis des mois. Elles refusent et se mobilisent contre l'insuffisance de leurs salaires, qui tournent autour de 1 400 euros par mois après des années d'ancienneté.

Biofusion fait partie d'Inovie, qui possède 340 laboratoires d'analyse avec 4 500 salariés et était valorisé à 1 milliard d'euros l'an dernier. Il y a donc largement de quoi satisfaire les revendications.

Le patron de Biofusion a commencé à céder en parlant d'une prime autour de 1 000 euros brut, mais les grévistes continuent pour les salaires. Bravo !

Bridgestone : interdiction des licenciements !

Suite à l'annonce par le fabricant de pneumatiques Bridgestone de son intention de fermer son usine de Béthune, en mettant plus de 850 salariés sur le carreau, le gouvernement a fait connaître son « désaccord total » avec cette décision.

Il reproche à Bridgestone la brutalité de l'annonce, faisant fi, dit-il, du soi-disant « dialogue social ». Le gouvernement reproche, en quelque sorte, à Bridgestone de ne pas avoir suffisamment et sérieusement étudié les opportunités de bénéficier des fonds publics offertes par son plan de relance... Manière de dire qu'il pourrait les aider plus encore, comme si c'était une solution pour les salariés. Manière aussi, pour Macron, Xavier Bertrand et autres politiciens, de laisser croire qu'ils agissent pour défendre les emplois !

Les travailleurs menacés ne peuvent pas compter sur ce gouvernement pour imposer à Bridgestone quoi que ce soit. Il n'y a que leur détermination collective à vendre chèrement leur peau qui pourra entraver ce projet scélérat de Bridgestone.

Argentine : les incendies et ceux qui en profitent

Dans le nord et le centre de l'Argentine, des centaines de milliers d'hectares de forêts et de zones humides ont été ravagés ces dernières semaines, comme tous les hivers australs, par des incendies criminels.

Si la police parvient parfois à arrêter les petits exécutants, il est de notoriété publique que ces destructions à répétition sont le plus souvent voulues par de grands patrons de l'agro-alimentaire ou du BTP à la recherche de terres vierges pour y planter ou y construire.

Choquée par ces pratiques, intoxiquée par les fumées, la population de Rosario est descendue à plusieurs reprises dans la rue pour dénoncer les commanditaires réels des incendies et les hommes politiques qui les laissent les mains libres.

Rentrée universitaire : qui est irresponsable ?

Alors que tous n'ont pas encore ouvert, plus d'une dizaine d'établissements d'enseignement supérieur ont déjà dû refermer leurs portes suite à l'apparition de cas multiples de Covid-19.

La ministre de l'Enseignement supérieur montre du doigt les soirées étudiantes et appelle à la responsabilité individuelle. Mais pour préparer la rentrée, elle s'est bornée à envoyer une circulaire demandant au personnel des universités d'appliquer la distanciation physique... dans la mesure du possible, précise-t-elle.

Si les étudiants sont entassés dans les salles de cours, c'est parce qu'il manque des locaux et du personnel depuis des années.

Alors, en termes d'irresponsabilité, le gouvernement a une bonne longueur d'avance sur les étudiants !

Ces liens entre l’État et la bourgeoisie

Le mois prochain Édouard Philippe, encore il y a peu Premier ministre de Macron, siègera au conseil d'administration d'Atos tout en occupant le fauteuil de maire du Havre.

Atos est un géant des services digitaux aux entreprises, qui brasse 12 milliards d'euros par an et emploie plus de 100 000 salariés. Philippe suit les traces de Thierry Breton, qui avait été son PDG avant d'être désigné commissaire européen, chargé notamment du numérique.

Ces hommes jurent avoir l'intérêt général à coeur lorsqu'ils occupent des fonctions de décision au sein de l'État. En fait, ils y défendent les intérêts généraux ou particuliers, c'est selon, des bourgeois.

Volkswagen s’attaque aux travailleurs du poids lourd

Le fabricant de bus et poids lourds MAN, filiale de Volkswagen, annonce vouloir supprimer 9 500 emplois - un quart de ses effectifs - et fermer trois de ses usines en Allemagne et en Autriche. La contraction du marché du poids lourd, accrue encore par la crise sanitaire, lui sert de prétexte.

La même raison a été mise en avant cet été par la direction de Scania - une autre filiale Volkswagen de poids lourds - qui supprimerait 5 000 postes.

Il n'y a aucune raison que les travailleurs acceptent d'être sacrifiés à chaque fluctuation économique pour que soient préservés les dividendes des actionnaires. Au premier semestre l'an dernier, Volkswagen affichait 9 milliards d'euros de bénéfices, et ce n'est que pour en faire encore davantage qu'il met des travailleurs à la rue.

Jour de carence : haro sur les travailleurs

La ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, a refusé de suspendre à nouveau le jour de carence comme le demandaient à la fois les syndicats de salariés et l'association des DRH des grandes collectivités. Pour cette dernière, des salariés peuvent « ne pas se signaler lorsqu'ils sont atteints avec des symptômes bénins ou s'ils sont asymptomatiques, ou lorsqu'ils sont cas contact. Ils continuent alors de venir au travail au risque de mettre en danger leurs collègues ».

Les jours de carence, abolis pendant l'état d'urgence sanitaire, ont été rétablis au 10 juillet. Dans le privé comme dans le public ce rétablissement est une mesure contre les travailleurs et une ineptie sanitaire, particulièrement en période de pandémie.

Alinéa : un millier d’emplois supprimés

Le tribunal de commerce de Marseille a autorisé, le 14 septembre, la richissime famille Mulliez à récupérer sa filiale d'ameublement Alinéa, qu'elle avait mise en faillite au printemps. Mais avec près d'un millier de salariés jetés par-dessus bord, sur les 1 800 que comptait l'entreprise... et 70 millions d'euros de dette, qui seront effacés au détriment des fournisseurs.

C'est que les Mulliez ont mis à profit une disposition prise par le gouvernement, prétendument pour sauver l'économie, en mai dernier et pour la durée de l'année 2020, autorisant un patron à reprendre sa propre entreprise après un dépôt de bilan.

Quant à la « défense de l'emploi », cela sert comme d'habitude de prétexte pour permettre au patronat... d'en supprimer.