Le Printemps en automne, les emplois tombent

La direction de l'enseigne Printemps vient d'annoncer la fermeture de 7 magasins en France. Environ 15 % des effectifs, 428 salariés, sont menacés. Sans compter les employés qui travaillent pour d'autres marques dans les allées de ces magasins. Les syndicats de l'entreprise dénoncent le prétexte de l'épidémie qui cache une opération de bascule de l'activité vers le digital, préparée depuis longtemps.

Le groupe Printemps, comme tant d'autres, a changé de mains ces dernières années. Le milliardaire Pinault l'avait vendu à une banque allemande et à un groupe italien qui l'ont ensuite revendu à un fonds qatari.

Chacun des requins capitalistes s'est successivement nourri du travail des milliers de salariés du Printemps et finalement en jette une partie à la rue. Révoltant !

De la misère en milieu étudiant

L'université d'Évry, en région parisienne, a organisé la distribution de colis alimentaires à ses étudiants. Elle l'avait déjà fait au printemps. En quelques minutes, 300 étudiants se sont inscrits pour en bénéficier, soulignant la progression de la pauvreté dans la jeunesse.

Avant même l'aggravation de la crise cette année, 20 % des étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté. À présent c'est pire, car ceux qui réglaient leur loyer et leur nourriture en travaillant pour payer leurs études, désormais ne trouvent plus ces petits boulots étudiants.

Cette société capitaliste donne une dure leçon à ces jeunes. Elle en fera, espérons-le, des révoltés et pourquoi pas des révolutionnaires.

Télétravail : les patrons font comme ça les arrange

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a diligenté une enquête sur le travail à distance. Avec le reconfinement, elle voudrait un télétravail le plus généralisé possible afin, dit-elle, que « la règle s'impose à tous ».

Certaines entreprises estiment le système profitable et l'appliquent, voire cherchent à l'imposer hors confinement. Mais d'autres qui pourraient y recourir le font très peu voulant ainsi sans doute exercer une pression directe sur leurs salariés.

Preuve que les patrons font ce qu'ils veulent... tant que les travailleurs n'exercent pas la force que leur donne leur nombre et leur place indispensable dans l'économie.

Grève « sanitaire » des enseignants

Malgré les conditions du confinement et la circulation réduite des informations concernant l'appel à la grève dans l'enseignement pour protester contre l'insuffisance des mesures de protection sanitaires dans les établissements scolaires, une minorité significative d'enseignants ont fait grève hier 10 novembre.

Le gouvernement dit lui-même que le virus circule « très activement », mais le protocole sanitaire reste insuffisant dans ces établissements. D'autant que les consignes prévues sont souvent inapplicables. Vu le manque de moyens, personne ne peut croire le gouvernement quand il prétend protéger les élèves.

Depuis longtemps les établissements scolaires sont souvent bondés et les encadrants pas assez nombreux. Avec l'épidémie cette politique devient criminelle.

Course au vaccin, course aux profits

Le groupe pharmaceutique Pfizer et le laboratoire BioNTech viennent d'annoncer qu'ils seront bientôt capables de produire un vaccin contre le Covid-19, assurant que celui qu'ils testent en ce moment serait efficace à 90 %.

Si un vaccin fiable, efficace sur une longue durée et sans effets secondaires majeurs était découvert prochainement, ce serait une nouvelle encourageante dans la lutte contre la pandémie.

Mais le « scoop » de Pfizer, lancé juste avant une éventuelle annonce du rival Moderna afin de doper les chiffres des précommandes par les gouvernements, nous rappelle que la course au vaccin, loin d'être menée en commun par les scientifiques et les laboratoires du monde entier, est aujourd'hui d'abord une course aux profits, dans laquelle chaque entreprise et chaque État défend ses intérêts propres.

Le vaccin de Pfizer est-il fiable ? Si oui, combien d'êtres humains auront les moyens d'y accéder ? Questions secondaires pour les actionnaires du groupe qui, du jour au lendemain, viennent de voir le cours de leurs actions bondir de 8 %...

Turquie : derrière le dictateur, c’est la bourgeoisie qui commande

Erdogan, le président, vient de limoger le gouverneur de la banque centrale turque et le ministre des Finances, son propre gendre.

C'est avouer que la situation économique est catastrophique en Turquie : l'inflation est supérieure à 10 % et la monnaie du pays a perdu un tiers de sa valeur cette année.

L'autoritarisme du régime et l'interventionnisme militaire tous azimuts donnent d'Erdogan l'image d'un président tout-puissant. Mais en retirant ses capitaux de Turquie, la grande bourgeoisie internationale contraint le dictateur à manger son chapeau et à réorienter sa politique économique : les taux d'intérêt de la banque centrale devraient augmenter et donc rapporter plus aux capitalistes qui prêteront à l'État turc.

Une fédération de parents épingle l’abandon des élèves

Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE (Fédération de parents d'élèves), dénonce « le non-investissement massif dans l'éducation pour prévoir cette situation, dont nous savions qu'elle allait arriver ».

Pour aider et encadrer les élèves qui ne seront pas en cours, il demande des embauches massives et la mise à disposition de locaux appartenant à l'État ou aux collectivités. C'est la voie de la raison, celle de l'évidence, mais pas celle que suit l'État.

Servir le grand patronat est contradictoire avec le maintien de services répondant aux besoins de la population.

Protéger les oiseaux ou protéger les profits.

Le tribunal administratif de Montreuil vient d'annuler l'autorisation des travaux de cette liaison directe entre l'aéroport de Roissy et la gare de l'Est à Paris, car il menace des espèces d'oiseaux protégées et ne constitue pas une « infrastructure indispensable ». Ce projet, agité depuis le début des années 2000, a été particulièrement réactivé dans la perspective des JO de 2024.

Il s'agit en fait d'un véritable « train des riches » comme le dénoncent ses opposants. Avec un billet coûtant 24 € pour 30 km, il devait permettre à des usagers de l'aéroport de s'y rendre en un temps record, sans côtoyer les habitants des banlieues traversées en Seine-Saint-Denis, pas concernés pour la plupart par ce train direct. Le chantier permet dès à présent d'alimenter les profits d'entreprises du BTP comme Spie Batignolles.

Il serait beaucoup plus utile que les lignes RER classiques soient multipliées, modernisées et mieux entretenues. Mais pour l'instant les travaux se poursuivent... Ceux du moins qui ne nuisent pas aux oiseaux, pour éviter que soient menacés les profits attendus par les gros du BTP