Lagardère : des profits malhonnêtement acquis de toute façon !

Le groupe Lagardère et un certain nombre de ses dirigeants de l'époque ont été mis en examen pour délit d'initiés pour une affaire qui remonte à 2006. Ils sont soupçonnés d'avoir vendu un paquet d'actions d'EADS avant que les difficultés d'Airbus, filiale d'EADS, ne soient rendues publiques et fassent chuter leur cours à la bourse, empochant ainsi une plus-value de plus de 400 millions d'euros.

Délit d'initiés ? Peut-être. Mais surtout des millions d'euros récupérés finalement sur le dos des travailleurs d'Airbus et de tous ceux qui travaillent chez ses sous-traitants aux quatre coins du monde en leur imposant une augmentation de la charge de travail, en bloquant les salaires, en supprimant 10 000 emplois dans le cadre du plan Power 8 ! Et ce sont les travailleurs qui auront à présenter la note aux actionnaires pour ce détournement massif de ces spécialistes de la haute voltige financière et du vol des salariés.

CRS : le mouvement s’étend

Le mouvement de grogne des CRS contre les suppressions de plusieurs compagnies fait tache d'huile : Marseille, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Bergerac, Perpignan... Comme ces « défenseurs de l'ordre public » n'ont pas le droit de grève, cela prend la forme d'arrêts maladie pris collectivement... ou de grèves de la faim !

Pour continuer d'alimenter les profits des actionnaires et des banquiers, le gouvernement cherche à faire des économies, y compris aux dépens de ceux qui lui servent à réprimer.

Pour les CRS qui ne veulent pas eux aussi payer la crise, une solution : faire la grève de la répression et passer du côté de ceux qui refusent , comme eux, la politique d'austérité du gouvernement !

Chiche ?

Au tour du Yémen !

Ce sont 16 000 personnes qui ont manifesté hier à Sanaa, la capitale du Yémen, pour réclamer la fin du gouvernement de Ali Abdoullah Saleh, au pouvoir depuis plus de trente ans. On ne peut qu'espérer que ce soit le début d'un soulèvement des gens du peuple.

De proche en proche, les caciques de la région, soutenus depuis des années par les grandes puissances qui y voient un facteur décisif pour maintenir l'ordre, leur ordre, pourraient être renversés les uns après les autres.

Et tôt ou tard, les peuples de là-bas comme d'ici devront se donner les moyens de se débarrasser en même temps des vrais responsables - les donneurs d'ordre, les capitalistes, ceux qui tirent les ficelles de ces sinistres fantoches.

Les travailleurs tunisiens font encore reculer le pouvoir

Les manifestations et les grèves continuent en Tunisie. La population a obtenu hier, enfin, une partie du remaniement ministériel qu'elle exige : la plupart des anciens ministres de Ben Ali ont quitté le pouvoir.

Reste le premier d'entre eux, Ghannouchi, qui s'accroche. Mais la population en colère sera certainement plus tenace que lui, et surtout infiniment plus forte.

Toujours en retard d’une époque

Le Conseil constitutionnel vient de rendre un avis déclarant « conforme à la Constitution » l'interdiction du mariage homosexuel.

Cette Constitution, imprégné de relents de la morale cléricale, autorise et glorifie la propriété privée. Elle donne l'entière liberté à un patron de fermer une usine aussi facilement qu'on jette un kleenex, quitte à réduire à la misère des milliers de familles. Mais elle interdit à deux personnes du même sexe d'être légalement mariées lorsqu'elles le souhaitent.

La liberté dont se réclament ceux qui se réfèrent à la Constitution est vraiment très... conditionnelle.

Sur la peau des autres

Les socialistes au pouvoir en Espagne, après avoir multipliés les cadeaux aux plus riches, cherchent comme tous les autres gouvernements à rembourser la dette. Et pour cela les attaques se multiplient contre les travailleurs. La dernière en date est la réforme décidée des retraites : âge de départ repoussé de 65 à 67 ans, durée de cotisation passant de 35 à 37 annuités, calcul des pensions sur 25 ans au lieu de 15.

On ne sait pas si cela « va rassurer les marchés » comme le veut la formule mensongère officielle, mais cela ne fera qu'appauvrir encore un peu plus les anciens et augmenter le chômage déjà cataclysmique des plus jeunes.

Grande-Bretagne : employés municipaux licenciés

La ville de Liverpool a annoncé la suppression de 1500 emplois municipaux pour les deux prochaines années, ce qui représente un emploi sur six. Cela se traduira par la disparition de services d'aide aux personnes âgées ou handicapées, de bibliothèques et de centres de loisirs. Au début janvier , la ville de Manchester avait annoncé également la suppression de 2 000 emplois, là encore pour cause de réduction du budget alloué par l'État. Les syndicats britanniques annoncent que le nombre d'emplois menacés de suppression par les municipalités est de plus de 145 000 dans le pays, et pourrait être de 500 000 d'ici cinq ans.

Le gouvernement britannique fait payer la crise à la population, en réduisant gravement les services publics, ce qui réduit la possibilité pour les jeunes comme pour les plus âgés de trouver un travail dans ces régions déjà durement touchées par le chômage.

La colère est contagieuse

Malgré les interdictions du gouvernement égyptien et la répression exercée par les forces de répression, les manifestations contre le régime de Moubarak se sont poursuivies mercredi au Caire et à Suez. 1 000 personnes auraient été arrêtées. Il y a des appels à manifester contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage. Il faut noter que les manifestations comptent de très nombreux jeunes.

Avec plus de 80 millions d'habitants, l'Égypte est le pays le plus peuplé de ce qu'en langage journalistique on appelle le monde arabe. Plus de 40 % de sa population vit au-dessous d'un seuil de pauvreté de 2 dollars par jour...

Les appels à la prudence adressés au régime par les gouvernement américain et français, et leurs appels bien tardif à « plus de démocratie » ne suffiront dans doute pas à calmer la colère de la population. Comme le scandaient les manifestants : « Moubarak, ton avion t'attends ! » Si ce souhait se réalise, ce sera un premier pas, qu'il faut applaudir . Mais les travailleurs égyptiens doivent se préparer à affronter les problèmes que posera cette « vacance du pouvoir ».