Pauvre justice

Les prud'hommes sont les seuls tribunaux où un simple travailleur peut soumettre directement ses litiges face à son patron. Il est jugé par un représentant ouvrier et un représentant patronal. Les prud'hommes traitent plus de 200 000 litiges par an et donnent raison aux salariés dans les deux tiers des cas. Ce qui ne plaît ni au patronat, ni au gouvernement.

C'est pourquoi leurs moyens sont réduits, 62 tribunaux des prud'hommes ont été fermés en 2008.

Pour les salariés : une justice au rabais

Il faut une procédure qui dure quatre ans aux prud'hommes de Bobigny pour qu'un jugement soit prononcé. A Paris, les 832 conseillers prud'homaux n'ont pas Internet à leur disposition et doivent se débrouiller avec 10 exemplaires du Code du travail. Le nombre d'affaires à traiter est de plus en plus élevé mais il y a moins de juges affectés à ces tribunaux.

A part ça, comme Sarkozy l'a dit le 10 février sur TF1, « la justice prud'homale, ça fonctionne plutôt bien » !

Tunisie, Égypte : pour les pauvres, rien n’est réglé

Moubarak a été écarté du pouvoir et tout ce que la planète compte de défenseurs du capitalisme et de l'oppression s'exclame bruyamment que, ça y est, la « révolution » est terminée et que les manifestants doivent céder la place.

Mais en Égypte ce sont les généraux qui ont ouvertement pris le pouvoir en main et cela ne présage rien de bon pour les pauvres. En Tunisie, où le dictateur est tombé également, les problèmes quotidiens auxquels sont confrontées les classes populaires restent entiers.

Tant que les travailleurs ne contrôleront pas l'État, ce seront les capitalistes de tout poil qui exerceront le pouvoir, quelle que soit la façade, militaire ou civile, de ces régimes.

Grandes entreprises : pleure pas la bouche pleine

En 2010, L'Oréal a fait 19,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, + 5,6 % par rapport à 2009. Mais ses profits ont augmenté, eux, de 25 % pour atteindre 2,24 milliards.

Même schéma, à une plus grande échelle encore, pour Total dont le chiffre d'affaires progresse de 21 % à 159,2 milliards, alors que ses profits augmentent de 32 % pour s'élever à 10,3 milliards d'euros.

C'est sûrement ce que le Medef appelle une intolérable perte de compétitivité...

Le gouvernement des riches

Le ministre du Budget, François Baroin, a précisé ce que le gouvernement envisage en guise de « grande réforme de la fiscalité ». Il s'agirait de supprimer le bouclier fiscal et de relever le seuil d'entrée de l'impôt sur la fortune, qui passerait de 790 000 à 1,3 million d'euros.

Pour les riches, à quelques exceptions : au pire, rien ne changera ; au mieux ce sera un cadeau supplémentaire de l'Etat. Un cadeau que les autres contribuables, les travailleurs au premier chef, seront invités à compenser.

Les Italiennes contre Berlusconi

Des centaines de milliers de femmes ont manifesté hier, en Italie, contre le chef du gouvernement Berlusconi. Ce dernier dit « aimer » les femmes mais compte surtout sur sa fortune et son pouvoir pour s'acheter les faveurs tarifées de femmes jeunes, voire mineures.

Un chef d'Etat anti-ouvrier, réactionnaire, misogyne et véreux au pouvoir - les manifestantes ont bien raison : « basta ! »

Il est gonflé Bibendum !

Michelin fait la une de l'actualité économique pour avoir renoué avec des profits plantureux : 1,7 milliard d'euros pour l'année 2010.

Le géant du pneu se vante un peu moins de supprimer un millier d'emploi par an dans ses usines de Clermont-Ferrand. Pourtant, ce sont ces licenciements qui ont alimenté ses profits.

Une aumône

Les laboratoires Servier ont annoncé leur intention de faire un premier versement de 20 millions d'euros à un fonds d'indemnisation géré par l'Association France Diabète pour les victimes du Médiator . Vingt millions, c'est pour Servier qui a réalisé 4 milliards de chiffre d'affaires en 2009 une somme ridicule qui égratignera à peine ses bénéfices ! Et c'est bien peu pour ceux qui ont à faire face aux conséquences du médicament.

Servier essaye de se racheter une image à peu de frais. Exproprier sa fortune qui s'est faite entre autre par la vente d'un médicament tueur, ne serait que justice.