La France qui gagne (du fric)

La France est championne d'Europe ! Pas en foot ou en rugby, mais, selon le cabinet Proxinvest, pour la rémunération des PDG. Ceux-là même qui viennent ensuite pleurer misère sur le coût des salariés ou la perte de compétitivité des entreprises françaises.

Ils regardent leurs comptes en banque et peuvent entonner en choeur le refrain : « Et un ! Et deux ! Et plein de zéros derrière !!! »

La France qui perd (des profs)

Une autre étude classe la France en dernière position des 34 pays les plus développés en ce qui concerne le taux d'encadrement des élèves dans l'éducation, essentiellement nationale, avec à peine plus de 6 enseignants pour 100 élèves en moyenne. Et avec le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, ce pourcentage continue de dégringoler.

Pour comprendre au profit de qui on saccage ainsi l'éducation de millions de jeunes, pas besoin d'avoir bac + 12.

928 000 € par an

En moyenne, les patrons du CAC 40 auront touché près d'un million d'euros chacun en 2010. Carlos Ghosn, PDG de Nissan et de Renault a encaissé, lui, 9 millions. Bref, ça va pour eux.

Le dur exercice des stock-options

Il ne faut pas oublier les petits à-côtés qui mettent du beurre dans les épinards. Xavier Huillard, le PDG de l'entreprise de construction Vinci, vient ainsi d'empocher 635 753 euros en vendant un gros paquet de stock-options.

Cela équivaut au salaire que perçoit un smicard pendant toute une vie. Et encore ne s'agit-il que du généreux pourboire laissé par les actionnaires à un PDG qui est à leur service.

Pauvre justice

Les prud'hommes sont les seuls tribunaux où un simple travailleur peut soumettre directement ses litiges face à son patron. Il est jugé par un représentant ouvrier et un représentant patronal. Les prud'hommes traitent plus de 200 000 litiges par an et donnent raison aux salariés dans les deux tiers des cas. Ce qui ne plaît ni au patronat, ni au gouvernement.

C'est pourquoi leurs moyens sont réduits, 62 tribunaux des prud'hommes ont été fermés en 2008.

Pour les salariés : une justice au rabais

Il faut une procédure qui dure quatre ans aux prud'hommes de Bobigny pour qu'un jugement soit prononcé. A Paris, les 832 conseillers prud'homaux n'ont pas Internet à leur disposition et doivent se débrouiller avec 10 exemplaires du Code du travail. Le nombre d'affaires à traiter est de plus en plus élevé mais il y a moins de juges affectés à ces tribunaux.

A part ça, comme Sarkozy l'a dit le 10 février sur TF1, « la justice prud'homale, ça fonctionne plutôt bien » !

Tunisie, Égypte : pour les pauvres, rien n’est réglé

Moubarak a été écarté du pouvoir et tout ce que la planète compte de défenseurs du capitalisme et de l'oppression s'exclame bruyamment que, ça y est, la « révolution » est terminée et que les manifestants doivent céder la place.

Mais en Égypte ce sont les généraux qui ont ouvertement pris le pouvoir en main et cela ne présage rien de bon pour les pauvres. En Tunisie, où le dictateur est tombé également, les problèmes quotidiens auxquels sont confrontées les classes populaires restent entiers.

Tant que les travailleurs ne contrôleront pas l'État, ce seront les capitalistes de tout poil qui exerceront le pouvoir, quelle que soit la façade, militaire ou civile, de ces régimes.

Grandes entreprises : pleure pas la bouche pleine

En 2010, L'Oréal a fait 19,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, + 5,6 % par rapport à 2009. Mais ses profits ont augmenté, eux, de 25 % pour atteindre 2,24 milliards.

Même schéma, à une plus grande échelle encore, pour Total dont le chiffre d'affaires progresse de 21 % à 159,2 milliards, alors que ses profits augmentent de 32 % pour s'élever à 10,3 milliards d'euros.

C'est sûrement ce que le Medef appelle une intolérable perte de compétitivité...