Ils préfèrent Jaurès mort

Il y a cent ans, à la veille du déclenchement de la Première Guerre mondiale, le dirigeant socialiste Jean Jaurès était assassiné par un militant nationaliste. Le meurtre faisait les affaires du gouvernement et de son armée, qui craignaient l'opposition du mouvement ouvrier à la boucherie qui s'annonçait.

Cette semaine, toute honte bue, les politiciens héritiers des va-t-en-guerre de l'époque, de gauche comme de droite, se sont bousculés pour lui rendre hommage et en revendiquer l'héritage.

Le tribun Jaurès, qui affirmait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » et qui sut rompre avec son milieu bourgeois pour rejoindre le camp des opprimés, aurait remis tous ces vautours à leur place.

PSA : pour la famille Peugeot, tout baigne

Après des années à pleurer la bouche pleine, à supprimer les emplois par milliers et à réclamer des subventions publiques, la famille Peugeot ose enfin afficher le sourire. Le groupe annonce un bénéfice en hausse pour le premier semestre 2014, pour le plus grand bonheur des actionnaires dont les actions se sont envolées à la Bourse.

Cet enrichissement s'est fait par une exploitation accrue des ouvriers et par le licenciement de milliers d'entre eux. Tavarès, le nouveau PDG, ne cache d'ailleurs même pas que d'autres attaques sont à venir, lorsqu'il déclare que les deux tiers du « redressement » restent à réaliser.

Chez Peugeot comme ailleurs, la fortune des actionnaires se bâtit avec la vie des travailleurs. Et dans cette guerre de classe sans pitié, ça sera eux ou nous !

Emploi : la précarité s'aggrave

Non seulement l'hémorragie du chômage s'aggrave mois après mois, mais ceux qui gardent un emploi sont de plus en plus précaires. Au premier semestre 2014, 85 % des embauches se sont faites en CDD, alors que la proportion n'était « que » de 70 % avant la crise de 2008.

Pire, les contrats très courts - de moins d'un mois - sont de plus en plus fréquents : ils représentaient 25 % des CDD au début des années 2000, mais en représentent près de 40 % aujourd'hui.

Ces chiffres en disent long sur la précarité à laquelle est condamnée une fraction toujours plus large du monde du travail, en particulier la plus jeune.

Mauvaise passe pour les marques de luxe en Chine

Contrecoup de la campagne anti-corruption menée en Chine, des marques de luxe comme LVMH et Gucci subissent des revers sur le marché chinois. Les parvenus chinois hésitent à se pavaner avec ce qu'on qualifiait pudiquement de « cadeaux d'entreprise » : montres de marque, grands crus, sacs en cuir de luxe. Les dessous-de-table doivent désormais prendre des formes plus discrètes.

Le recul des marques de luxe donne une toute petite idée de cette corruption : les ventes de vins et spiritueux de LVMH ont chuté de 15 %, celles du cognac Rémy Martin de 19%, les montres haut de gamme de 11%.

Mais pas d'inquiétude pour LVMH et Cie : le nombre des très riches - et des parvenus- ne cesse d'augmenter dans le monde.

La croissance verte, les patrons adorent !

Dans le cadre de sa loi de « programmation de la transition énergétique pour la croissance verte » (rien de moins !), Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, prévoit dix milliards d'aides publiques sur trois ans. Elle veut ainsi encourager la rénovation thermique des bâtiments et envisage de relancer la prime à la casse pour la mise au rebut d'un vieux diesel contre l'achat d'un véhicule « propre ».

Avoir des logements mieux isolés et des véhicules moins polluants, personne n'est contre. Mais ce n'est pas à la portée de toutes les bourses.

Par contre, ceux qui profiteront à coup sûr de ces fonds publics, payés par toute la population, seront les industriels du bâtiment et de l'automobile. Pour les patrons, c'est un cadeau Royal !

Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être un peuple libre

En Israël, les patrons du tourisme se plaignent que l'opération militaire contre les Palestiniens se produise en pleine saison touristique et éloigne la clientèle. Quel cynisme ! Mais cette sale guerre a bien d'autres conséquences économiques pour la population israélienne.

Avec la crise économique, un Israélien sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté, le double d'il y a dix ans. La poursuite de l'intervention militaire à Gaza conduirait le gouvernement à tailler dans le vif des budgets sociaux, c'est-à-dire à aggraver encore la pauvreté.

L'État israélien massacre le peuple palestinien et s'en prend à sa propre population pour financer la guerre.

La population argentine menacée par les vautours

Pour éviter une nouvelle faillite, l'Argentine avait « négocié » un plan de rééchelonnement de sa dette auprès de ses créanciers. Comme tous les ménages surendettés, elle devait payer un peu moins chaque mois mais pendant une durée bien plus longue.

Certains créanciers, des fonds dits « vautours », ont refusé tout aménagement. Avec le soutien d'un juge fédéral américain, ils exigent d'être remboursés en temps et en heure. L'Argentine se retrouve aujourd'hui en défaut de paiement, peut-être en route vers la faillite avec des conséquences sociales dramatiques.

Avec ou sans restructuration, la dette des États engraisse les banques en saignant les peuples. La seule façon de sortir de l'impasse serait d'exproprier sans indemnité ni rachat tous les vautours de la finance.

Un droit d’asile avec beaucoup d’arrières pensées

Face aux menaces qui pèsent sur les communautés chrétiennes d'Irak, le gouvernement français vient d'annoncer un assouplissement des conditions du droit d'asile. C'est bien le minimum. Le chaos et la guerre qui ravagent l'ensemble du Proche-Orient sont le résultat, immédiat ou plus lointain, de la politique des grandes puissances.

Mais pourquoi seulement les chrétiens alors que tant d'autres minorités sont directement menacées pour des raisons religieuses, ethniques ou politiques ? Pourquoi les députés, issus surtout de l'UMP comme Valérie Pécresse ou Thierry Mariani, qui ont réclamé cet assouplissement, restent-ils de marbre devant les multiples obstacles empêchant les réfugiés syriens, kurdes, libyens d'obtenir un droit d'asile en France ?

Pour de sordides arrières pensées électoralistes et carriéristes, ils utilisent le poison du communautarisme.