Du réchauffé qui sent le rassis

Incapable de faire reculer le chômage, Hollande a organisé une grande conférence pour l'emploi avec ministres, préfets et journalistes pour montrer la mobilisation du gouvernement.

Mais il a toujours la même soupe insipide à nous faire avaler : les primes pour l'embauche d'un jeune seront étendues à l'embauche d'un senior ; et surtout les patrons pourront embaucher un chômeur quel que soit son âge comme simple apprenti, payé en grande partie par Pôle emploi.

Les patrons profiteront de l'aubaine s'ils ont besoin d'embaucher mais ne créeront pas un seul emploi supplémentaire. Comme d'habitude.

Parasitisme sur le dos des chômeurs

Sous Sarkozy, le suivi de chômeurs avait été en partie sous-traité à des sociétés privées comme C3 Consultant, leader dans le domaine. C3 Consultant est aujourd'hui en faillite. Ses 600 employés vont se retrouver eux-mêmes à Pôle Emploi et 125 000 chômeurs seront, du coup, livrés à eux-mêmes. Le patron de la société est quant à lui poursuivi pour avoir facturé à l'État de fausses sorties du chômage.

Pôle Emploi ne permet pas à beaucoup de chômeurs de retrouver un emploi mais sert de vache à lait pour une multitude de consultants, de sociétés de formation, sans compter ces véritables escrocs qui se sont insérés dans le fromage. C'est ce qu'on appelle le « traitement social du chômage »... Social pour qui ?

Une comédie à trois sous

Pour achever le troisième acte d'une comédie bien réglée avec les députés PS qui traînaient les pieds pour voter son plan de 50 milliards de cadeaux au patronat, Valls a versé une cuillerée de miel dans son tonneau de goudron. Les pensions inférieures à 1 200 euros seront revalorisées en octobre 2014. Cela ne coûtera pas grand-chose, quelque 300 millions, et n'améliorera que très faiblement les fins de mois des 6,5 millions de retraités qui doivent s'en sortir avec ces petites pensions.

Mais cela a suffi à faire rentrer dans le rang la plupart des élus du PS, qui chipotaient mais ne voient aucun problème à extorquer 50 milliards à la population pour en faire cadeau aux capitalistes. Quel mauvais film ...d'autant plus insipide que l'on nous ressert le même feuilleton depuis trois semaines !

La vérité si je mens

Pour convaincre tous les députés PS de voter les 50 milliards d'économies sur le dos de la population, Valls, droit dans ses bottes, affirme que les cadeaux faits aux entreprises doivent servir à l'investissement et à l'emploi, mais pas aux dividendes versés aux actionnaires. Ben voyons !

Ces actionnaires doivent rigoler. Ils savent bien que ce sont eux, et eux seuls, qui décident de la destination des cadeaux obtenus.

Cambodge : Les travailleurs du textile toujours en lutte

20 000 travailleurs des usines textiles sous-traitantes pour les grandes marques comme Gap, Nike ou H&M, sont en grève au Cambodge. Ils réclament le versement d'une prime de 50 dollars, promise par leurs patrons pour qu'ils ne se joignent pas la grève générale de janvier ; une prime qu'ils attendent toujours !

Les patrons ont beau manier la carotte et le bâton, leur rapacité rallume sans cesse la lutte de classe. Depuis des mois, au Cambodge, mais aussi au Bangladesh ou en Chine, des centaines de milliers d'ouvriers du textile, souvent très jeunes, entrent en lutte et apprennent à s'organiser. Et ils retrouvent naturellement les traditions du mouvement ouvrier puisqu'une grande manifestation des travailleurs du textile est programmée à Phnom Penh le 1er mai. Vivent leurs luttes !

Serbie : des attaques violentes contre les classes populaires

En Serbie, la majorité parlementaire et le gouvernement viennent de changer mais la politique annoncée par le nouveau Premier ministre, Vuçic, reste la même potion amère que partout : des coupes à la hache dans les rangs des fonctionnaires, des entreprises publiques bradées sur le modèle de la Grèce, la suppression dans le code du travail de tout ce qui peut gêner le patronat, et le report à 63 ans de la retraite pour les femmes.

Vuçic, ultranationaliste reconverti en politicien « conservateur mais pro-européen », réclame « du travail, de l'ordre et de la discipline ». Son gouvernement comprend le Premier ministre sortant et une brochette de socialistes. Comme ailleurs, les hommes politiques au service de la bourgeoisie savent s'unir pour faire la guerre au monde du travail.

Vivent les luttes du prolétariat chinois !

Quelque 30 000 ouvriers - majoritairement des ouvrières - viennent de faire 15 jours de grève dans les usines de chaussures de sport Yue Yuen, à Dongguan en Chine, qui sous-traitent pour les grandes marques. Ils protestaient contre les salaires trop bas, souvent impayés, et contre le non-paiement des cotisations sociales.

Craignant que la grève ne fasse tache d'huile dans cette région qui concentre des milliers d'usines, les autorités ont alterné répression policière et pression sur la direction de l'usine pour qu'elle paye les arriérés de cotisations.

Cette grève, comme toutes celles qui se déroulent actuellement en Chine, montre la force sociale que représentent les travailleurs quand ils s'organisent. C'est un sacré espoir pour l'avenir !

Montebourg, larbin mal récompensé

Bouygues ayant décidé de retirer ses billes d'Alstom, le PDG de ce groupe a organisé, discrètement, la vente de la branche « énergie » à General Electric. Dernier informé, Montebourg, ministre de l'Économie d'un État qui sert pourtant de vache à lait au groupe Alstom depuis des décennies, s'y oppose verbalement au nom du « patriotisme économique ». Il y a trois semaines, Montebourg avait déjà mouillé sa chemise pour aider... le même Bouygues à tenter de racheter SFR face à Numéricable.

Pendant que le ministre s'agite, les patrons font leurs affaires dans la coulisse sans s'occuper de ce que disent leurs valets du gouvernement. La « sauvegarde des emplois» est le cadet de leurs soucis. Tout comme d'ailleurs pour Montebourg qui, une fois de plus, se préoccupe surtout de la mise en scène de son personnage.