La justice du côté des empoisonneurs

Dans l'enquête sur la contamination à l'amiante du campus universitaire parisien de Jussieu, la justice vient d'annuler la mise en examen de neuf personnes, dont celle de l'ancien directeur général de la Santé.

L'association des victimes de l'amiante, Andeva, dénonce cette décision, qui revient à faire porter le chapeau aux seuls responsables locaux. Cette décision de justice va dans le même sens que l'annulation par la cour d'appel de Paris, le 27 juin, de la mise en examen de plusieurs hauts fonctionnaires, dont les décisions ont permis aux patrons de continuer à utiliser l'amiante, et à exposer leurs salariés à ses risques mortels,

Pourtant tous ces responsables qui ont fermé les yeux et laissé mettre en danger la vie de centaines de milliers de travailleurs méritent de rendre des comptes ! Ils sont responsables, complices et coupables !

Mauvais spectacle télé…

Il y avait du cinéma au JT de TF1 mercredi soir : dans le rôle de la pauvre victime que la justice persécute, Sarkozy demandait, des trémolos dans la voix, à ce qu'on le traite en justiciable « comme les autres »...

On ne l'a pourtant pas vu encadré par des policiers, les menottes aux poignets. A-t-on entendu les journalistes dire de Sarkozy, comme de n'importe quel petit voyou récidiviste, qu'il est « bien connu des services de police », vu le nombre « d'affaires » dans lesquelles il est impliqué ? Quant aux humiliations dont se plaint l'ancien président, elles pourraient faire sourire bien des jeunes ayant eu à subir ne serait-ce qu'un contrôle de police...

Et puis la grande scène : « Les yeux dans les yeux, je suis innocent », pas de chance pour lui, elle nous a déjà été jouée. Et il n'y a pas longtemps, par Cahuzac, dans une autre série politico-judiciaire...

Bref, hier soir, mauvais polar à la télé...

Calais : la chasse aux réfugiés

Mercredi à Calais, les CRS sont intervenus dans un camp et plusieurs squats. 610 personnes, provenant pour la plupart de pays en guerre comme la Syrie ou l'Irak, ont été expulsées. D'après divers témoignages, l'intervention a été brutale. Et au moins trois militants d'associations d'aide aux migrants et aux réfugiés ont été arrêtés pour « outrage et rébellion ».

Le prétexte invoqué par le gouvernement était de répondre à la situation sanitaire déplorable de ces installations de fortune, où une épidémie de gale se répandait. En 2002, le gouvernement de droite avait fermé le centre d'accueil voisin de Sangatte, en prétendant que son existence attirait de trop nombreux candidats à l'immigration vers la Grande-Bretagne.

Douze ans plus tard, les réfugiés sont toujours aussi nombreux et condamnés à l'errance... Mais c'est, cette fois, un gouvernement « de gauche » qui envoie les CRS contre les réfugiés.

Le Medef en rêve, Valls le fait !

Valls vient d'annoncer un report partiel à 2016 de la mise en place du compte pénibilité, et sa volonté d'entamer une « simplification du Code du travail ». Le Medef est satisfait, c'est ce qu'il exigeait.

Pour donner le change, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a déclaré que le compte pénibilité s'appliquerait et serait même « amélioré ». La promesse n'engage à rien. Mais faire un peu de mousse à la veille de la « conférence sociale » pourra peut-être faire plaisir à certaines directions syndicales...

En tout cas, le Premier ministre ne manque pas une occasion de rappeler que plus servile que lui vis-à-vis du patronat, tu meurs !

Ils « frondent »… à plat-ventre

Le gouvernement vient de faire adopter par l'Assemblée son budget rectificatif de l'État et, donc, la mise en place du premier volet de son pacte de responsabilité. En avril, certains députés du PS s'étaient abstenus sur ce plan d'économies de 50 milliards qui s'en prend aux classes populaires pour offrir de nouveaux cadeaux au patronat. L'été venu, les mêmes députés, remisant leurs critiques, ont approuvé comme un seul homme le projet présenté par Valls.

Faire du cinéma pour finir par se coucher, c'était ça leur « fronde ». Ces députés du PS connaissent bien leur métier de politicien !

Pauvreté et inégalités en hausse

L'édition 2014 du rapport de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur « les revenus et les patrimoines des ménages » constate une augmentation régulière de la pauvreté depuis 2008. En 2011 - dernière année prise en compte, et cela ne s'est pas arrangé depuis ! - elle frappait 14,3 % de la population, tandis que les très hauts revenus continuaient, eux, de progresser. En 2011, 8 % des travailleurs et 38,9 % des chômeurs étaient considérés comme pauvres par les statisticiens de l'Insee.

Ces chiffres donnent un aperçu, certes partiel et datant de plus de deux ans, des conséquences de la guerre que mènent la bourgeoisie et les gouvernements à son service pour faire payer aux classes laborieuses la crise du système capitaliste.

Surenchère dans la xénophobie

Le maire UMP de Nice, Christan Estrosi, a pris un arrêté «interdisant l'utilisation ostentatoire de tous les drapeaux étrangers sur l'hypercentre» de la ville durant la Coupe du monde de football. Pour préserver « la tranquillité publique », a-t-il prétexté. Mais le chauvinisme bruyant de ceux qui agitent un drapeau tricolore ne le gêne pas... car ce sont les supporters de l'équipe d'Algérie qu'il visait.

Avant lui, sur le terrain de la xénophobie, Marine Le Pen avait saisi le même prétexte, celui des manifestations des seuls supporters de l'Algérie, pour entonner son couplet anti-immigrés, déclarant qu'il fallait leur « interdire la double nationalité ».

S'il y avait une coupe du monde de la bêtise raciste, ces deux-là auraient toute leur chance.

BNP Paribas : pour payer leur amende, ils trouvent de l’argent !

La justice américaine vient de condamner la BNP Paribas à une amende de près de 8,9 milliards de dollars (6,5 milliards d'euros) pour avoir violé l'embargo commercial décrété par les États-Unis contre le Soudan, l'Iran et Cuba. La BNP, qui a plaidé coupable, va payer cette somme. Elle est colossale, certes, mais ne met pas la banque en danger, ont déclaré ses dirigeants.

Rappelons que la direction de ce même établissement bancaire a procédé à des centaines de suppressions de postes ces dernières années, en prétextant qu'avec la crise, elle n'avait plus de quoi maintenir ces emplois...