Les locataires ne s'en sortent pas

Le baromètre mensuel de Sofinco montre que de plus en plus de gens ont du mal à faire face à leurs dépenses de logement. C'est le cas pour les locataires, dont le loyer représente en moyenne 36,1 % des revenus. 43 % déclarent avoir de grosses difficultés, soit 3 % de plus que l'an dernier.

Dans les milieux populaires, il faut bien souvent payer un demi-salaire en loyer.

Raison de plus pour exiger 1 700 euros de salaire net et la construction de centaines de milliers de logements manquants, que l'État devrait prendre directement en charge.

Valls, Premier ministre de combat contre les travailleurs

Dans son intervention sur France 2, Valls a confirmé la coupe de 50 milliards dans les budgets publics : ce sera 18 milliards de moins sur le budget de l'État, 11 milliards de moins sur celui des collectivités et 21 de moins sur celui de la protection sociale. Une des mesures pour arriver à ses fins sera le maintien du gel des salaires des fonctionnaires jusqu'en 2017.

Le patronat applaudit à ces annonces, les politiciens de droite ont du mal à s'en démarquer, et pour cause : la note est pour les travailleurs. Et elle est salée ! Face à des décisions, les plus régressives qu'on ait vues depuis longtemps, qui s'ajoutent aux mesures déjà prises, une riposte d'ensemble de la classe ouvrière s'impose.

La force des travailleurs, c'est la grève

40 000 travailleurs des usines Yue Yuen de Dongguan, en Chine, sont en grève depuis plusieurs jours. Leur patron, un des premiers fabricants mondiaux de chaussures, sous-traitant des grandes marques Nike, Adidas et autres, les vole sur le montant des cotisations sociales qu'il est censé verser à l'assurance maladie ainsi qu'à un fonds pour le logement.

Devant la mobilisation, Yue Yuen a promis de régulariser le montant de ses cotisations, mais pas avant la fin 2015 ! Et le patron a le soutien de la police, qui a déjà arrêté ou molesté des dizaines de travailleurs.

La grève n'en continue pas moins de s'étendre. Les grévistes revendiquent aussi une augmentation des salaires de 30% et la reconnaissance d'un syndicat des travailleurs. Dans "l'atelier du monde", la lutte de classe se met à l'ordre du jour.

Rana Plaza : tous les coupables ne seront pas dans le box

Au Bangladesh, le propriétaire de l'immeuble Rana Plaza - qui, en s'effondrant en avril 2013, avait causé la mort de 1 135 ouvrières et ouvriers du textile - devrait prochainement être jugé pour meurtre.

Mais les premiers coupables, à savoir les donneurs d'ordres que sont les patrons des grandes marques occidentales de vêtements, ne seront pas dans le box des accusés. Et si les responsables locaux du drame risquent la peine de mort, les propriétaires de Walmart, Carrefour et autres H&M pourront continuer à dormir - et exploiter - tranquilles.

Budget logement : une ponction grandissante

Il y a cinq ans déjà, un quart des travailleurs consacraient la moitié (ou plus) de leur rémunération au budget logement, c'est-à-dire au loyer ou au remboursement d'un prêt immobilier, auquel s'ajoutent des charges diverses. Ils sont aujourd'hui un tiers.

Ni les prix de l'immobilier ni les loyers ne sont plafonnés, alors que les salaires, pour ceux qui ont encore un emploi, stagnent ou baissent. Et ce ne sont pas les annonces de Valls sur le gel (« difficile, âpre, mais indispensable », prétend-il) des allocations et des prestations sociales qui vont inverser la tendance !

Élection en Algérie : les intérêts des travailleurs ne sont pas représentés

L'élection du président algérien oppose des candidats dont les principaux sont tous des représentants de la clique de politiciens qui, à la tête de l'État, servent de paravent au pouvoir des généraux et des grands affairistes : Abdelaziz Bouteflika était déjà ministre en 1962, au moment où le pays accédait à l'indépendance. Il est président depuis quinze ans sans que la corruption et l'arbitraire diminuent. Son rival Ali Benflis a été son Premier ministre de 2000 à 2003.

Les classes populaires algériennes n'ont rien à attendre de bon de cette élection, qui ne changera rien au fait que les richesses du pays sont pillées par les privilégiés et par les grandes entreprises internationales.

PSA fait l’aumône à ses ouvriers

Les 2 400 salariés de l'usine de boîtes de vitesse de PSA de Trith-St-Léger, près de Valenciennes, ont appris que leur prime de participation et d'intéressement se montait au maximum à 18 euros, et certaines à seulement 40 centimes... Et cela alors que leurs salaires sont bloqués depuis deux ans.

PSA a pourtant trouvé des dizaines de millions pour la retraite-chapeau de ses dirigeants. Ou pour le salaire du nouveau PDG, Tavares, qui touche autant que l'ancien : 3 562 euros par jour (samedi et dimanche compris) au minimum, et jusqu'à 8 904 euros par jour avec la part variable. Sans compter la fortune des actionnaires comme la famille Peugeot.

Les ouvriers ont alors décidé de verser leur mini-prime aux Restos du cœur. Mais ce mépris et cette arrogance patronale sont source de révolte. Et pas qu'à Valenciennes.

Le millionnaire Gattaz trouve le smic encore trop élevé

Pierre Gattaz, le patron des patrons, se dit inquiet pour l'avenir des jeunes. Aussi propose-t-il - après Pascal Lamy, ex-directeur de l'OMC et membre du PS - pour favoriser leur insertion sur le marché du travail, d'instaurer un salaire « temporaire et transitoire »... inférieur au smic.

Laurence Parisot, qui l'avait précédé à la tête du Medef, parle à ce propos de « logique esclavagiste ». Même si ses propos relèvent sans doute de règlements de compte au sein du Medef, on ne peut que les approuver. Une fois n'est pas coutume.

Par le passé, les tentatives d'introduire le « smic jeunes » avaient mis des centaines de milliers de lycéens et d'étudiants dans la rue, contraignant Balladur puis Villepin à remballer leurs projets. La prochaine tentative méritera la même réponse.