Chômage des seniors : encore une aubaine pour le patronat

Le ministre du Travail prétend s'attaquer au chômage des seniors. Pour cela, il propose d'augmenter la prime offerte aux entreprises qui embauchent un jeune sans licencier un senior.

Le truc, archi-usé, des cadeaux offerts au patronat sans contrepartie, n'a jamais fait baisser le chômage, ni celui des seniors qui touche plus de 774 000 travailleurs de plus de 50 ans, ni le chômage en général.

Mais quand on aime, on ne compte pas : le gouvernement continuera à vider les caisses publiques pour tenter de séduire les patrons.

Au service de Bouygues

Finalement, le gouvernement soutient l'offre de rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric. Derrière le patriotisme économique affiché par Montebourg et Hollande, c'est surtout un beau cadeau fait à Bouygues.

D'abord, parce que Bouygues avait du mal à revendre ses actions Alstom. Ensuite, parce que l'État se montre tout disposé à les lui racheter au prix fort. En effet, Bouygues refuse de les vendre « au prix du marché » et exige au moins deux milliards d'euros.

Bien sûr, Montebourg fait mine de contester ses prétentions. Mais il a d'ores et déjà annoncé que les caisses de l'État disposent de l'argent nécessaire. Bouygues n'a donc pas à s'inquiéter : le gouvernement montre les dents, mais il finira par lui lécher la main.

Tarifs EDF, dégel automnal

Le gel des tarifs EDF promis la semaine dernière par Ségolène Royal n'aura pas duré. Valls a fait savoir que la hausse de 5 %, initialement prévue pour le 1er août, aura lieu... en automne. Les actions EDF ayant baissé de 6 % suite à l'annonce de Royal, le Premier ministre s'est empressé de rassurer les actionnaires : les abonnés continueront de leur servir de vaches à lait.

Écotaxe ou péage de transit, ça reste un impôt injuste

Le gouvernement annonce qu'il va remplacer l'écotaxe, ajournée après les manifestations de l'automne dernier, par un « péage de transit ». Celui-ci visera les seuls poids lourds de plus de 3,5 tonnes et ne concernera plus que 4 000 kilomètres de routes au lieu de 15 000.

En revanche, le contrat qui liait l'État à la société privée Ecomouv', et qui lui garantissait un minimum de 250 millions par an au titre de la perception de l'écotaxe, court toujours.

Sous sa nouvelle dénomination, le système mis en place ne change guère. Et au final, le coût du péage sera toujours répercuté sur les clients et les consommateurs.

La morale des parrains de la finance

Accusée d'avoir réalisé des opérations financières en dollars avec l'Iran ou le Soudan, malgré l'embargo américain sur ces pays, la BNP-Paribas devra payer une amende équivalant à 6,5 milliards d'euros aux autorités américaines. En outre, elle risque de ne pas avoir le droit de spéculer en direct aux États-Unis pendant quelques mois.

Dans le monde de la finance, les requins ne se font pas de cadeaux. Et personne ne va plaindre les actionnaires de la BNP : cette amende représente moins de deux ans des bénéfices de la banque et moins de 3 % de ses réserves de liquidités.

Une broutille au regard de tout ce que coûte à l'humanité la mise en coupe réglée de la planète par la BNP et ses pareils, les géants mondiaux de la finance.

Les chiffres sont têtus

C'est au nom de la lutte contre le chômage que le gouvernement justifie les cadeaux qu'il fait au patronat. Il prétend ainsi que son Pacte de responsabilité de 50 milliards d'économies budgétaires pourrait permettre de créer 190 000 emplois.

Les représentants du patronat, eux, ne s'engagent à rien, sauf à encaisser l'argent.

Quant à la rapporteuse du Budget à l'Assemblée, la députée PS Valérie Rabault, elle vient de déclarer que ces 50 milliards de coupes dans le budget de l'État « pourraient entraîner la suppression de 250 000 emplois d'ici 2017 ».

Sapin, le ministre du Budget, prétend qu'il s'agit là de « calculs extrêmement théoriques». Reste qu'en pratique, le gouvernement arrose le patronat tout en supprimant des emplois.

La seule langue que comprend Valls

Valls a déclaré ce matin qu'il n'avait pas compris la grève de la SNCF.

Quand les protestations viennent du camp des travailleurs, Valls et les siens ont toujours eu la comprenette bien plus difficile que quand elles viennent des patrons, petits, moyens et surtout grands. Il faudra crier bien plus fort, bien plus massivement, tous ensemble pour qu'ils entendent. C'est le seul langage qui peut les faire sinon réfléchir, du moins reculer : c'est celui du rapport de force.

Intermittents et précaires ne sont pas dupes

Valls s'essaie à de nouvelles manœuvres pour tenter de faire retomber la mobilisation des intermittents. L'État compenserait l'effet du différé d'indemnisation jusqu'à la fin de l'année, mais avaliserait l'ensemble du dispositif qui dégrade tout le régime d'indemnisation, celui des intermittents mais aussi celui des précaires, des cadres et des seniors.

Ce ne sont que des gestes et le compte est loin d'y être. Mais ces gestes prouvent que, face à la mobilisation des intermittents et des précaires, le gouvernement n'est pas sûr de lui. Les intermittents qui luttent sans s'en laisser conter tiennent le bon bout !