Le capitalisme d'aujourd'hui, fléau pire qu'une catastrophe naturelle

Le président de la Banque mondiale a récemment déclaré à propos de la hausse des prix alimentaires : « La cote d'alerte a été atteinte. » Selon cette institution, le renchérissement des prix du blé, du sucre, et du riz a fait tomber 44 millions de gens sous le seuil de l'extrême pauvreté, dans le monde, entre juin et décembre 2010.

Ces dizaines de millions de pauvres à travers le monde sont des victimes peu médiatisées des ravages de la crise du capitalisme.

Apple, derrière la haute technologie, une exploitation digne du 19ème siècle

En juin 2010, à la suite de suicides d'ouvriers chez Foxconn, le sous-traitant chinois du groupe américain Apple, le PDG d'Apple avait décrit ses usines chinoises comme des « usines plutôt sympas ». Un an plus tard, l'entreprise américaine s'est sentie obligée de lever une partie du voile sur les conditions de travail réelles chez Foxconn. Apple estime que l'emploi de conseillers psychologiques et l'installation de filets de sécurité autour des bâtiments ont « certainement sauvé des vies ».

La solution « high-tech » que vante la firme américaine « branchée » contre les suicides des travailleurs chinois poussés à bout : des filets de sécurité. Elle n'a pas pensé à alléger les cadences, ou à améliorer les conditions de travail. On ne penser pas à tout : aux profits, et au sort de ses ouvriers.

Les milliards de profits du CAC 40

Plus de 56 milliards d'euros de profits ont d'ores et déjà été annoncés par 26 des plus grands groupes industriels et financiers français. Pour comparaison, l'an dernier, les 40 entreprises du CAC 40 avaient publié 46 milliards d'euros de bénéfice au total. La crise économique, dont tous ces groupes sont responsables et qui a entraîné l'envolée du chômage, ne les empêche pas de faire des profits. Et ceux-ci risquent de flirter avec les records des années précédant la crise financière de 2008.

Et tout est lié. La bourgeoisie accroît plus que jamais sa richesse en dévastant la société.

« Bêtise » capitaliste, bon sens ouvrier

Augmenter les salaires « serait la dernière bêtise à faire » a déclaré Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne. Obsédé par l'inflation, il avoue se soumettre religieusement à celle due à l'augmentation des matières premières, c'est-à-dire celle due entre autre à la spéculation, mais il ne supporte pas l'idée d'une inflation due à l'augmentation des salaires. Pour cet économiste dévoué corps et âme à la bourgeoisie et à son système, toute l'économie doit se plier à la sacro-sainte loi du profit maximum.

Mais c'est justement cette organisation économique qui porte en elle les crises, le chômage et la misère. Non seulement, il faut augmenter les salaires, mais aussi partager le travail entre tous, et surtout imposer qu'on utilise les moyens de production dans l'intérêt général.

Pays arabes, les manifestations continuent de s'étendre

Les manifestations se sont poursuivies ces derniers jours dans un nombre croissant de pays du monde arabe et au-delà. En Libye, surtout dans l'est du pays, une région déshéritée, les manifestations ont été durement réprimées, faisant plusieurs dizaines de morts. Au Yemen, à Bahrein, à Djibouti, ont eu lieu des manifestations, ainsi qu'en Mauritanie, contre le manque d'eau et la hausse des prix.

Certains de ces régimes, comme le Maroc et l'Algérie, ont annoncé des mesures sociales afin de tenter de calmer la contestation, mais pour la population, on ne sait que trop ce que valent les promesses.

La contagion des révoltes alimente l'espoir et le courage des populations pauvres de ces pays, en même temps qu'elle inquiète les régimes au pouvoir.

Partout, il faut que les travailleurs entrent dans le combat en mettant en avant leurs propres revendications.

« Casse-toi pauvre Boillon »

Le tout nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, s'est rapidement taillé une réputation. À peine nommé, il a convoqué une conférence de presse mais n'a visiblement pas été satisfait des questions des journalistes tunisiens. Sur les vacances en Tunisie de la ministre des Affaires étrangères française Alliot-Marie, ou encore sur le soutien du gouvernement français à la dictature de Ben Ali, il a répondu aux journalistes : « N'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles. »

Conséquence : cinq jours après son arrivée, des manifestants l'interpellaient dans la rue avec des slogans du genre « Casse-toi pauvre Boillon ».

Ce diplomate symbolise l'arrogance du colonialisme français qui, même s'il ne domine plus politiquement la Tunisie, imprègne encore les jeunes loups de l'entourage de Sarkozy.

La Poste épinglée pour record de cumul de contrats précaires

La Poste vient d'être condamnée devant le tribunal des Prud'hommes pour avoir imposé 250 contrats en CDD à une salariée, sur 23 ans, entre 1975 et 1998. Cette employée a obtenu 56 000 euros de dommages et intérêts. La direction de La Poste affirme qu'une telle situation n 'existe plus.

Mais la réalité c'est que pour une condamnation, il y a toujours des milliers de postiers qui accumulent les contrats précaires.

« Pentagone » français, avant tout une bonne affaire pour les industriels

Le ministère de la Défense a finalement sélectionné le groupe Bouygues pour construire ce qu'il appelle modestement le « Pentagone français ». Le chantier est évalué à 600 millions d'euros.

Et pour Bouygues ce n'est qu'une mise en bouche, car le ministère versera une redevance annuelle de 100 à 150 millions d'euros pour la construction, les frais financiers et la maintenance, pendant 27 ans. Au bilan, un cadeau à 3,4 milliards d'euros.

De même, le groupe Thalès a été retenu pour l'informatique, Sodexho pour les services, et Dalkia pour l'énergie. On ne sait pas trop de quel danger d'invasion ce « Pentagone » est censé nous protéger, mais par contre, les intérêts des grands groupes industriels, eux, sont bien défendus.