La grève qui s’étend et qui leur fait peur

Gouvernement et médias ont répété hier que les taux de grévistes à la SNCF, à la RATP, dans l'enseignement diminuaient hier par rapport à mardi. Mais ils comparent ce qui n'est pas comparable : un mot d'ordre de grève générale une journée, venant de l'ensemble des confédérations (mardi), et des mots d'ordre de grève reconductible de certains syndicats dans tel ou tel secteur depuis.

La réalité, c'est que la grève est populaire et qu'elle entraîne des travailleurs plus nombreux. Les manifestations de samedi 16 et de mardi 19 en apporteront une nouvelle démonstration.

Raffineries : tout ne va pas si bien, madame la marquise

Le gouvernement clame sur tous les tons qu'il n'y a pas de pénurie de carburants. Façon de dire que la grève des travailleurs des raffineries, en pointe dans le mouvement gréviste, n'a pas d'effet.

Pourtant n'importe quel automobiliste qui cherche à faire le plein, remarque les stations-service qui affichent « pas de gazole ». De plus, à la demande du patronat, l'État a envoyé vendredi matin la police reprendre le contrôle du dépôt pétrolier de Fos-sur-mer, près de Marseille. Et plus discrètement, les autorités ont autorisé les compagnies pétrolières à utiliser les stocks de réserve.

Les ouvriers, ceux des raffineries et les autres, existent. Leur travail quotidien permet à la société de fonctionner. Et quand leur mécontentement s'exprime par la grève, leur poids dans l'économie ne passe pas inaperçu. Quoi qu'en dise les menteurs qui gouvernent.

Lycéens mobilisés, lycéens matraqués

Dans plusieurs villes, les lycéens ont manifesté en masse hier. Ils ont été victimes de nombreuses violences policières. Ainsi, à Montreuil, un lycéen de 16 ans a pris un tir de flash-ball en pleine face.

Les ministres ont répété à l'envi que c'était dangereux pour les lycéens de manifester. Ils auraient dû préciser que le danger, c'étaient les forces de police, c'est-à-dire le gouvernement lui-même !

Le PS à l’école du gouvernement

Martine Aubry, invitée hier sur France 2, a répété qu'elle était d'accord avec Dominique Strauss-Kahn et que le PS était favorable à un allongement de la durée de cotisation. Autrement dit, s'il tient ses promesses, il rétablira l'âge légal à 60 ans, mais la grande majorité des travailleurs seront contraints de travailler plus longtemps pour échapper à une retraite de misère. Bref, le PS chasserait la réforme Sarkozy par la porte, et la ferait revenir par la fenêtre.

Aujourd'hui, mieux vaut compter sur la mobilisation dans les grèves et dans la rue plutôt que sur le retour du PS au pouvoir !

La police contre les manifestants

Tirs tendus de grenade lacrymogène à Caen blessant deux manifestants, journalistes matraqués à Paris, comparution immédiate et condamnation à 2 mois de prison ferme à St Nazaire... C'est le bilan policier des manifestations de mardi 12 octobre.

Il faut croire que le gouvernement n'est pas si tranquille que ça et qu'il ressent ça et là le besoin de réprimer.

Patron maître-chanteur

Le patron de la compagnie aérienne « low-cost » Ryanair ne digère pas que sa société soit mise en examen pour travail dissimulé. Il faut dire qu'elle emploie ses salariés marseillais comme s'ils résidaient et travaillaient en Irlande, en ignorant délibérément le droit du travail.

Mais loin de s'attaquer à cette délinquance patronale, Gaudin, le maire UMP de Marseille reproche aux syndicats d'avoir porté plainte. Et soutient ce maître-chanteur qui a décidé de fermer son escale marseillaise puisqu'on ne le laisse pas exploiter illégalement ces travailleurs. Quant à la ministre de l'économie, Christine Lagarde, elle est pour modifier la loi au nom de l'uniformisation (par le bas, bien sûr !) de la législation européenne.

Décidément il faut que le monde du travail contrôle ces grandes entreprises pour les empêcher de faire n'importe quoi, avec la bénédiction des gens qui nous gouvernent.

Licencieur et mauvais coucheur

La société Molex, qui a licencié 283 personnes en fermant son usine de Villemur-sur-Tarn (près de Toulouse) en 2008 ne veut plus payer le plan bien mal nommé de « sauvegarde de l'emploi ».

Non content d'avoir jeté des salariés à la rue, voilà que les patrons ne veulent même pas entendre parler des conséquences de leurs actes.

Les paroles de l'Internationale « Producteurs sauvons-nous nous-mêmes ! Décrétons le salut commun ! Pour que le voleur rende gorge » sont encore d'actualité.

La mobilisation s’étend

D'après les chiffres de la police elle-même - et il était difficile de nier l'évidence - les manifestations d'hier étaient plus fournies que toutes celles qui les ont précédées. Et on espère que les prochaines manifestations, samedi 16, entraîneront une partie de ceux, très majoritaires dans le pays, qui voient ce mouvement avec sympathie.

Des mobilisations toujours plus nombreuses, dont le gouvernement ne sait pas quand elles s'arrêteront : voilà la recette pour lui faire ravaler son arrogance... et son projet de loi.