Retraites : ce que l’État impose, les travailleurs peuvent le renverser

Le 14 avril, le Conseil constitutionnel a donné son feu vert aux 64 ans. Dans de nombreuses villes, des travailleurs et des jeunes s’étaient donnés rendez-vous en fin d’après-midi pour réagir ensemble à ce verdict sans surprise, et des protestations se sont exprimées toute la soirée. Pressé de tourner la page, Macron a promulgué cette injustice sans attendre, entre 2 et 3 heures du matin.

L’État, avec tous ses outils gouvernementaux, parlementaires, constitutionnels et policiers, voudrait considérer les classes populaires comme quantité négligeable. Mais cette réalité de plus en plus visible, loin d’enterrer la colère, l’alimente.

Augmentation du Smic : loin du compte

Le Smic va augmenter de 2 % au 1er mai, a annoncé la Première ministre. Cette hausse est très loin de compenser celle des prix, en particulier dans l’alimentation. Si le gouvernement est obligé par la loi de revaloriser un peu le Smic, rien ne s’impose quant aux autres salaires ni dans le public ni au patronat dans le privé. De plus en plus de travailleurs se retrouvent au salaire minimum. Et même légèrement augmenté, il est insuffisant pour vivre décemment.

Les grandes entreprises font des profits faramineux : c’est là, et sur les fortunes accumulées par la grande bourgeoisie, qu’il faut prendre pour mettre fin à l’appauvrissement des travailleurs, en indexant les salaires sur la hausse réelle des prix.

Grande-Bretagne : les infirmières poursuivent le combat

Appelées par la direction de leur syndicat à approuver un accord relevant leurs salaires de 5 % au lieu des 19 % revendiqués depuis des mois, les infirmières britanniques ont majoritairement refusé cette proposition honteuse. À partir de fin avril, elles vont donc retrouver le chemin de la grève.

Ces derniers jours en Grande-Bretagne, de nombreux travailleurs – fonctionnaires du service des passeports, agents de sécurité de l’aéroport de Heathrow, internes en médecine – ont fait grève plusieurs jours de suite sur la même question.

Malgré les manœuvres des bureaucraties syndicales et leur émiettement méthodique des luttes, les travailleurs britanniques ne lâchent pas l’affaire !

Norvège : grèves pour les salaires

À partir du lundi 17 avril, suite à l’échec des négociations sur les salaires avec le patronat norvégien, deux syndicats appellent des dizaines de milliers de travailleurs de la construction, du transport, de l’industrie et de l’hôtellerie à la grève.

Dans tous les pays, face à la cherté de la vie, l’arme des travailleurs pour imposer l’augmentation des salaires, c’est la grève !

Ni sages, ni médiateurs : la force collective des travailleurs

Sans surprise, le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel de la loi imposée par Macron. Il a également rejeté la demande de référendum d'initiative populaire. Il n'y avait rien à espérer de ces « sages », tous défenseurs d'un ordre social injuste. Il n'y a rien à regretter. Et leur décision ne doit pas mettre un terme à la contestation.

La seule voie, pour les travailleurs, pour défendre leurs intérêts et empêcher la mise en oeuvre des lois qui dégradent leurs conditions d'existence, c'est d'utiliser le poids social que leur confère leur place de producteurs. Les travailleurs font tout fonctionner, ils sont indispensables. Cela leur donne la légitimité pour exiger leur dû et la force pour riposter.

Assurer les profits avant tout

En 2022 plus d'un million de personnes ont vu leur assurance résiliée. Dans les compagnies d'assurance, des services mettent en surveillance les clients jugés trop peu rentables, sans les en informer. Si l'on a eu plusieurs accidents, que l'on en soit responsable ou pas, l'assureur peut décider que cela lui coûte trop cher et ne rapporte pas assez. La résiliation du contrat peut tomber du jour au lendemain.

Les compagnies d'assurance assurent avant tout... les dividendes versés à leurs actionnaires.

Stellantis : le domestique des gros actionnaires bien récompensé

L'assemblée générale des actionnaires de Stellantis a validé les 23,5 millions d'euros que le PDG Tavares touche pour l'année 2022. Cela équivaut à 64 328 euros par jour. Les travailleurs du groupe automobile, dont beaucoup gagnent moins de 2 000 euros par mois, apprécieront.

Tavares est très bien récompensé parce que les gros actionnaires du groupe se sont partagé une bonne partie des 16,8 milliards d'euros de bénéfices en 2022. Ces sommes extravagantes sont du carburant pour convaincre qu'il faut imposer des augmentations de salaires et les indexer sur la flambée des prix.

Inflation : méthode Coué pour le ministre, coup de fusil pour les travailleurs

« L'inflation va baisser en 2023 » avait déclaré Bruno Le Maire en février dernier. Deux organismes internationaux viennent de le démentir : « L'inflation ne va pas refluer en 2023 » prévient l'OCDE ; « L'inflation va persister » dit le FMI. Après la flambée des prix de l'énergie, puis ceux de l'alimentaire, ils annoncent ceux des produits manufacturés.

L'OCDE constate en même temps que « la progression des salaires a été bien plus faible que l'inflation ». Même eux le disent ; il est urgent d'indexer les salaires sur la hausse des prix !