Encore raté !

Pour enrayer la révolte qui grandit dans le pays, le gouvernement a précipité, lundi 11, le vote par le Sénat du relèvement à 62 et 67 ans. Patatras, les manifestations du 12 ont été plus fournies que toutes les précédentes !

On espère maintenant que sénateurs vont s'empresser de voter le reste de la réforme, afin qu'on soit encore plus nombreux samedi pour dire : « Ce que le Parlement fait, la rue peut le défaire » !

Cachez ces jeunes que je ne saurais voir

Hier, les ministres s'étaient passés le mot : « il est irresponsable que les lycéens manifestent », ont-ils répété comme des perroquets. Il y a quelques semaines, ils expliquaient pourtant que cette réforme était faite pour les jeunes, pour que les générations futures n'aient pas à payer les déficits d'aujourd'hui. Mais des dizaines de milliers de lycéens voient très bien la vie que réserve la société actuelle, « les jeunes dans la galère et les vieux dans la misère » ! Et ils ont dit avec leurs pieds ce qu'ils pensaient des leçons de morale du gouvernement.

Les mineurs chiliens sauvés

On ne peut qu'être ému à la vue des mineurs chiliens de San José remontés à la surface, l'un après l'autre, après 70 jours sous terre.

Mais ce que cette opération ultra-médiatisée dissimule est révoltant. Dans les mines chiliennes, aux conditions de sécurité pour la plupart lamentables, une trentaine de mineurs meurent chaque année. Le pays ne compte que 16 inspecteurs pour 4 000 mines. Quant à la dangereuse mine de San José, elle avait pu rouvrir malgré un accident mortel en 2007. Parce que la soif de profit des sociétés minières et la complaisance des autorités l'emportent sur le respect élémentaire de la vie humaine.

Un pays où les riches se sentent bien

Selon une récente étude de la banque Crédit suisse, la France arrive troisième au classement mondial du nombre de millionnaires, derrière les Etats-Unis et le Japon, mais loin devant tous les autres pays européens. La ritournelle des riches qui fuient le pays en raison d'une pression fiscale trop forte n'est bien qu'une fable destinée à justifier tous les mauvais coups contre la population.

Alors, pour trouver de quoi renflouer le budget de l'Etat, les caisses de retraites et de Sécurité sociale, pas besoin d'aller chercher bien loin. Le magot qu'ils nous ont extorqué est sous notre nez.

Le monde aux mains d’une poignée de puissants

La même étude rappelle que 0,5 % de la population de la planète, soit un individu sur 200, possèdent plus du tiers des richesses mondiales. Inversement, les 45 % les plus pauvres n'en possèdent que 4 %.

Et on ose nous raconter que le capitalisme est le meilleur des systèmes possibles...

Patron licencieur, patron menteur

Le trust Nestlé vient d'être condamné à verser de 15 à 55 000 € à des travailleurs qu'il avait licenciés en 2006 dans une usine de chocolat et de café à Marseille.

Pour noyer son chien, on dit qu'il a la rage. Eh bien, Nestlé avait licencié en prétendant que le marché l'y obligeait. C'était un mensonge, dont les grandes entreprises qui licencient sont coutumières. Le tribunal l'a reconnu : le chocolat se portait bien, et le marché du café était même en croissance.

Il faut interdire les licenciements collectifs, à commencer par les entreprises qui font des profits.

Au bonheur de la Société générale

La Société générale a gagné le procès l'opposant à son ancien trader Jérôme Kerviel, condamné à rembourser les 4,9 milliards de pertes qu'il aurait causées. Mais la banque avait caché que 1,7 milliard lui avaient déjà été remboursés par... l'État. Ce petit cadeau s'est fait sous la forme d'un « rabais fiscal » au titre de « pertes exceptionnelles ».

Les salariés licenciés ou les artisans en faillite repasseront pour un tel dédommagement, versé à une banque qui a fait 2,1 milliards d'euros de profits au cours du seul 1er semestre 2010.

L'État est la béquille des grandes entreprises, on le savait. Il leur sert aussi d'assurance gratuite, on en a une nouvelle démonstration.

Jolis pourboires pour les serviteurs du capital

Il existe au moins un type d'emploi public contractuel pour lequel les salaires sont confortables. C'est celui des collaborateurs de ministre.

En moyenne les trois collaborateurs les mieux payés de chaque ministre gagnent 11 235 € par mois. Et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, ceux qui entourent Baroin, le ministre du Budget, sont à 15 117 € euros par mois.

De quoi les motiver pour exiger que les travailleurs se sacrifient pour engraisser toujours plus leurs maîtres, les milliardaires.