Ce qu’ils appellent « les marchés », ce sont les spéculateurs

Titre d'une dépêche AFP : « L'Italie adopte un nouveau plan d'austérité pour rassurer les marchés ». Traduction : le gouvernement italien va faire les poches de la population en gelant les salaires et les embauches des fonctionnaires et en rognant encore un peu plus les dépenses de santé, pour trouver 47 milliards d'euros qui serviront à rembourser aux banquiers, italiens ou étrangers, les prêts, intérêts, intérêts sur les intérêts, et tutti quanti.

Plus les marchés sont « rassurés », plus la population a de raisons de s'inquiéter.

PSA : comment pleurer la bouche pleine

Au moment où PSA se frotte les mains et annonce que le groupe battra « largement » en 2011 son record historique de ventes de voitures de 2010, l'usine d'Aulnay est menacée de fermeture. Le patron de PSA, Philippe Varin, ne s'est pas gêné pour expliquer jeudi dans la presse qu'il y avait un « grave problème de compétitivité » en France, entonnant le refrain habituel sur les « charges salariales » qui écraseraient les patrons.

Venant d'une entreprise qui fait un milliard de bénéfices par an, cela sonne comme une provocation.

Une Cour qui ne casse pas des briques

A la grande satisfaction du patronat, la Cour de cassation a finalement reconnu comme "légal" le forfait-jour imposé aux cadres. Les patrons n'auront donc toujours pas à leur payer d'heures supplémentaires et pourront continuer de demander à ces salariés de faire jusqu'à 70 heures par semaine.

Il paraît que la Cour de cassation, dans sa grande bonté, s'est surtout inquiétée du temps de repos de ces salariés, pour leur bonne santé : il faudra juste, comme par le passé, que l'employeur n'impose pas plus de 13 h de travail par jour et respecte 35 h de repos consécutives le week-end... Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites.

La curée

L'État dépensera 40 milliards en 2010, 45 milliards en 2011, 50 milliards en 2012. Dix pour cent d'augmentation chaque année, c'est une hausse impressionnante, mais ce n'est ni en faveur des salaires des fonctionnaires, ni pour améliorer le budget de la Sécurité sociale, ni celui de l'Éducation nationale. Tous ces postes sont soumis à la "rigueur" !

Cette dépense en hausse constante, c'est la charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts payés chaque année aux banques, qui creusent un peu plus chaque année le déficit que l'on fait payer aux classes populaires.

Forte contestation en Grèce

Grève générale, manifestations rassemblant des dizaines de milliers de travailleurs, affrontements violents entre les manifestants et les forces de l'ordre, ont accompagné en Grèce la discussion et le vote au Parlement du plan de rigueur. Les députés socialistes en sont à devoir être entourés de cinq gardes du corps quand ils sortent dans la rue.

Les dirigeants grecs continuent à expliquer que s'ils acceptent que la population soit écrasée sous des mesures d'austérité, c'est pour son bien. En plus d'être des carpettes devant les banquiers, ils prennent les gens pour des imbéciles.

Chacun son camp

Les commentaires qui font suite à l'adoption du plan d'austérité en Grèce, grâce au vote quasi unanime des députés socialistes, sont révélateurs : tout ce que la planète compte de politiciens a poussé « un soupir de soulagement ».

Des gens qui sont tellement « soulagés » de voir un État adopter des mesures qui vont laminer le niveau de vie des travailleurs, cela en dit long sur le camp dans lequel ils se trouvent.

De quoi voir venir

S'il y en a au moins un qui n'est pas touché par la crise, c'est Carlos Ghosn, le PDG de Nissan-Renault : il a touché l'an dernier 9,6 millions d'euros en cumulant le salaire versé par Nissan et celui versé par Renault, soit 10% d'augmentation par rapport à l'année précédente.

Ce qui représente environ un smic de l'heure, 24 h par jour, 365 jours par an.

Chronique d'une destruction annoncée

Le gouvernement poursuit son œuvre de destruction de l'Éducation nationale. Après les suppressions de postes par milliers et la disparition des structures d'aide aux élèves en difficulté, il veut remettre en cause le collège unique et la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans.

Pousser des élèves à aller en apprentissage avant 16 ans c'est les pousser, pour beaucoup, à la rue. Les patrons eux-mêmes disent ne pas vouloir d'apprentis aussi jeunes, aussi peu qualifiés, sans le permis de conduire, etc.

Les attaques contre le collège unique (c'est-à-dire la même scolarité pour tous les jeunes quel que soit leur milieu social) a pour objectif de faire des économies sur les services qui aident les enfants des classes populaires, à mieux s'en sortir.