Remaniement du gouvernement : petit jeu de chaises musicales…

Sarkozy a annoncé ce week-end un remaniement ministériel justifié, selon lui, par la nécessité d'affronter de grands « changements historiques », en faisant référence aux révoltes dans le monde arabe.

Plus prosaïquement, c'était l'occasion de débarquer deux ministres, Alliot-Marie et Hortefeux, trop plombés dans les sondages. Et les changements annoncés n'ont, eux, rien d'« historiques » : Juppé au ministère des Affaires étrangères, un bras droit de Sarkozy, Guéant, à l'Intérieur et Longuet à la Défense. Les mêmes hommes se « recyclent » d'un ministère à un autre...

À part les plans de carrière des uns et des autres, on ne voit vraiment pas ce qui change dans ce gouvernement, encore moins dans l'orientation politique. Mais qui se fait encore des illusions ?

Tunisie : la contestation politique continue

Le Premier ministre tunisien du gouvernement de transition en place depuis la chute du dictateur Ben Ali, Mohammed Ghannouchi, a annoncé dimanche sa démission. Ces derniers jours, des manifestations avaient lieu dans tout le pays pour exiger son départ. Celle de Tunis, vendredi dernier, estimée à près de 100 000 personnes, a été la plus grande manifestation ayant eu lieu depuis les émeutes du pain de 1984 !

Les manifestants refusaient à juste titre de faire confiance à un homme qui avait été pendant onze ans le fidèle Premier ministre de Ben Ali. Il vient d'être remplacé par un ancien ministre des Affaires étrangères du temps de Bourguiba.

Autant dire que la population tunisienne a encore toutes les raisons de rester mobilisée.

La comédie de la levée de l’état d’urgence en Algérie

Pour tenter de limiter les conséquences que pourrait avoir en Algérie la révolte des pays arabes voisins, le président Bouteflika a annoncé, jeudi 25 février, la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1992. Mais en réalité, rien n'a changé sur le fond. La capitale reste toujours interdite de manifestation, comme en témoigne le déploiement de forces de l'ordre qui a empêché les opposants de manifester à Alger samedi dernier.

Si la contestation prend de l'ampleur, c'est la rue algérienne elle-même qui imposera pour de bon la fin de l'état d'urgence.

Deuxième plan « maladies rares » : 180 millions sur quatre ans

La secrétaire d'État à la Santé, Nora Berra, vient de rendre publiques les grandes lignes du deuxième plan « maladies rares ». Elle semble se réjouir des efforts consentis par les pouvoirs publics : 180 millions d'euros... sur quatre ans ! Que représente cette somme, non seulement pour développer la recherche mais aussi pour prendre en charge les malades victimes de ces maladies dites « rares » qui touchent près de 3 millions de personnes en France ?

Et surtout, elle ne représente presque rien à côté des milliards de bénéfices réalisés par les grands groupes pharmaceutiques... Il est vrai que ceux-ci ne s'intéressent pas à ces maladies qui ne sont pas jugées suffisamment rentables ! Et ce n'est pas le gouvernement qui va les mettre à contribution.

Prétendue baisse du chômage, vraiment pas de quoi claironner !

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait tenu à annoncer mercredi sur TF1, en « avant-première », une baisse du chômage. Les chiffres n'étant pas encore publiés, on ne pouvait que le croire sur parole.

Depuis, les statistiques officielles sont tombées. Si la première catégorie de chômeurs, ceux qui ne travaillent pas du tout dans le mois, baisse de 19 300 personnes, le nombre total de demandeurs d'emplois reste, lui, à un niveau très élevé : plus de 4 millions de personnes et même plus de 4,3 millions en comptant les départements dits d'outre-mer.

Le chômage ne baisse pas et il est toujours aussi difficile de trouver du travail. Les contrats proposés sont surtout des emplois précaires, comme le montrent d'ailleurs ces chiffres.

Pour s'attaquer à ce fléau, il faudra imposer des mesures qui fassent payer les capitalistes : partager le travail entre tous sans baisse de salaires.

L’Irlande, dévastée par les banquiers-spéculateurs

À l'occasion des élections législatives en Irlande, la presse française rapporte à quel point le chômage et la pauvreté ont pris de l'ampleur dans ce petit pays, qu'on nous présentait, il y a encore quelques années, comme une réussite du capitalisme.

Selon les chiffres officiels, le chômage est entre 13 et 14 % et même à 30 % chez les jeunes. Les organismes caritatifs ont vu leur affluence exploser. Le représentant d'une de ces associations, interviewé par une chaîne de télévision française, a déclaré que le nombre de repas qu'ils distribuaient était passé de 400 l'an dernier, en moyenne, à plus de 1 000 en ce moment. Alors, beaucoup d'Irlandais cherchent à trouver du travail ailleurs. En un an, 65 000 Irlandais ont cherché à émigrer.

Ce n'est pas un cyclone qui est passé sur l'Irlande, c'est la crise de l'économie capitaliste.

Ces milliards qui nous appartiennent

Les unes après les autres, les grandes entreprises françaises annoncent leurs bénéfices pour l'année 2010. Résultats : plus de 80 milliards d'euros de profits, près du double de l'année précédente. L'an dernier, sur les 46 milliards d'euros de profits, ces entreprises avaient distribué 39 milliards à leurs actionnaires. Les grands groupes se sont refait une santé de profits en « contractant les coûts », comme ils disent, c'est-à-dire en supprimant des emplois et en augmentant l'intensité du travail pour ceux qui gardent leur emploi.

Aux patrons qui pleurent misère, la bouche et le compte en banque bien pleins, réclamons des embauches et des augmentations de salaires. C'est d'autant plus notre dû que c'est notre travail qui a créé ces milliards.

Le roi d'Arabie essaie de calmer par avance la révolte

Le roi d'Arabie saoudite vient d'annoncer une série de mesures sociales : l'intégration au salaire d'une prime de 15% pour un million de salariés de la Fonction publique, l'augmentation de 7,8 milliards d'euros d'un fonds d'aide au logement et il a gracié un certain nombre de condamnés pour «délits financiers».

Il aurait aussi annoncé des mesures d'aide pour les chômeurs et les étudiants saoudiens à l'étranger.

Ces mesures semblent au moins autant viser à contenter les soutiens du régime qu'être destinées aux classes les plus pauvres. Mais c'est la colère de ces dernières et la crainte d'une propagation de la contestation qui a motivé le pouvoir à lâcher du lest.