Darmanin, Roussel et les « forces de l’ordre »

Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a fait mine de s'émouvoir du « Tout le monde déteste la police » scandé lors d'un concert à la fête de l'Humanité. Et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, qui avait déjà participé en mai à la manifestation de soutien à la police, s'incline devant Darmanin en déclarant : « Je condamne fermement (ces propos anti-police). »

La méfiance envers les forces de l'ordre bourgeois est pourtant plus que fondée : la police, aux ordres de la hiérarchie, s’en prend aux travailleurs qui revendiquent, humilie des jeunes dans leur quartier, matraque et éborgne des gilets jaunes.

La fable d’un appareil policier au service de la population, seulement gangréné par quelques moutons noirs violents et racistes, ne sert qu’à occulter sa fonction de maintien d’un ordre social anti-ouvrier et injuste.

Fête de l'Humanité : succès populaire... et impasse politique

La fête de l'Humanité a encore rassemblé une foule de visiteurs du 11 au 13 septembre au parc de La Courneuve, malgré les contraintes sanitaires imposées par le gouvernement.

Les stands locaux et les débats sur la situation vécue dans les entreprises par des travailleurs précaires ou des soignants ont montré que le PCF, créé dans la foulée de la Révolution de 1917, reste un parti de militants, riche d’un milieu ouvrier combatif.

Mais si le PCF annonce présenter un candidat à la présidentielle, après s'être effacé en 2012 et 2017 derrière Mélenchon, il défend les mêmes utopies réformistes que ce dernier, celles de « jours heureux » pour les travailleurs sans besoin de mener la lutte de classe ni de renverser la bourgeoisie.

En véhiculant de telles illusions, ce parti engage ceux qui lui font confiance dans une impasse politique.

Naturalisation : et les autres ?

Selon le ministère de l'Intérieur, 12 000 travailleurs étrangers « en première ligne » pendant la crise du Covid (soignants, caissiers, agents de sécurité...) vont se voir faciliter l’acquisition de la nationalité française.

Ce serait la moindre des choses d’accorder la nationalité aux travailleurs qui le veulent et qui, comme tant d’autres, n’ont jamais cessé leur activité pendant les confinements, au péril de leur santé. Mais en France, ce sont au moins deux millions de travailleurs étrangers qui, tout en occupant les emplois les plus ingrats, restent privés du droit de vote, entre autres.

Les prolétaires n’ont pas de patrie. Celles et ceux qui travaillent ici doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que chacun.

Mars-Wrigley : non aux suppressions d’emplois !

Le groupe Mars-Wrigley, un des leaders mondiaux des barres chocolatées et de la nourriture pour chiens, annonce vouloir mettre à la porte 280 des 350 travailleurs de son usine de chewing-gum de Biesheim, près de Colmar.

Il est intolérable que ces travailleurs soient jetés à la rue, alors que le chômage est catastrophique, que Mars-Wrigley est un groupe florissant, et que les activités de ce groupe agroalimentaire ont rendu la famille Mars milliardaire.

Pour maintenir tous les emplois, il faut prendre sur les profits passés et présents accumulés par les propriétaires de l’entreprise au cours d’un siècle d’exploitation des travailleurs.

Gare aux gorilles !

Le procès Benalla s’ouvre. Ce garde du corps en chef de Macron, déguisé en policier, avait entre autres brutalisé plusieurs manifestants à Paris le 1er mai 2018.

Cet ex-chouchou de Macron, désormais tombé en disgrâce, risque une condamnation qu’il n’aura pas volée. Mais que lui reproche-t-on finalement ? D’avoir usurpé la panoplie des vrais policiers, seuls autorisés en toute légalité à matraquer et à éborgner ceux qui contestent les décisions du pouvoir !

Tests positifs à la rentabilité

Eurofins, leader mondial des bio-analyses, qui commercialise notamment des tests anti-Covid, entre dans le CAC 40 cette semaine. Selon les dirigeants du groupe, ses revenus directement liés au virus s’élèvent à 750 millions d’euros sur les six derniers mois. Son action s’est envolée de 83 % depuis le début de l’année.

La santé publique, pour ce genre de sociétés, c’est surtout une source de profit.

Cour des comptes : haro sur les malades

Dans la Fonction publique, en particulier dans les collectivités locales, les arrêts de travail pour maladie sont passés de dix à douze jours d'arrêt par agent et par an entre 2014 et 2019, dit un rapport de la Cour des comptes.

Cette augmentation des arrêts est due à la fois au vieillissement des salariés lié au recul de l'âge de la retraite et aux conditions de travail qui se dégradent avec le manque d'embauches.

Mais la Cour des comptes se moque bien des causes. Elle montre du doigt les travailleurs malades et préconise de leur taper dessus en contrôlant plus les absents et en leur enlevant des indemnités.

Congrès mondial de la nature : 137 recommandations, zéro contrainte

Dans le manifeste publié vendredi 11 septembre à Marseille, à l’issue du Congrès mondial de la nature, les belles paroles ne manquent pas, entre appel à « une réforme systémique urgente » et invitation à « partager équitablement les ressources de la planète »...

Or cette Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne conteste évidemment pas le pouvoir économique des capitalistes, qui ne tolèrent aucun frein à leur recherche du profit maximum.

Le congrès a donc accouché de 137 « recommandations » pour lutter contre la surpêche, la déforestation, la pollution et l’épuisement des ressources naturelles... qui ont toutes les chances de rester lettre morte, comme celles des COP passées et à venir, tant que les grands groupes capitalistes n’auront pas été expropriés et mis hors d’état de nuire.