Expulsion de 231 étrangers : démagogie anti-immigrés

Le gouvernement n’est pas en reste dans l’exploitation politique de l’assassinat de Samuel Paty. Le ministère de l’Intérieur s’apprête à expulser 231 étrangers en situation irrégulière, qui n’ont aucun rapport avec le meurtre de l’enseignant.

Mais cela permet au gouvernement de concurrencer l’extrême droite sur son terrain raciste.

La population immigrée va en faire les frais directement. Mais, par ricochet, tous les travailleurs et les exploités subiront les effets d’une politique toujours plus réactionnaire et plus anti-ouvrière.

Bridgestone : un plan contre les travailleurs

Un cabinet mandaté par le ministère du Travail a accouché d’un plan pour « sauver », dit-il, les emplois à Bridgestone, à Béthune.

Si les profits de Bridgestone seraient sauvés par ce plan, ce n’est pas le cas des travailleurs puisqu’il ne maintiendrait qu’environ 400 emplois sur 800,- sans parler des emplois induits- en en laissant donc la moitié pointer au chômage. Quant à ceux qui resteraient, on leur demanderait une augmentation de productivité de 25 % à 45 %, soit des salaires diminués et des cadences encore plus difficiles à tenir.

Le monde politique applaudit des deux mains, se contentant d’ajouter que le gouvernement pourrait abonder pour financer les 100 millions d’investissements nécessaires.

Ce petit monde n’est jamais en retard quand il s’agit d’aider à augmenter les profits des capitalistes avec la peau des travailleurs !

DIF : Défaut d’In-Formation

De nombreux salariés n’ont pas encore fait leur transfert de droit à la formation entre l’ancien système, le DIF (droit individuel à la formation), et le nouveau, le CPF (compte personnel de formation). Le gouvernement ne cherche pas à informer les ayant-droits, d’autant qu’il pourrait récupérer une somme pouvant aller jusqu’à 12,5 milliards. À l’heure où il cherche de tous les côtés comment récupérer quelques milliards, l’opportunité est séduisante pour lui.

Le bras de fer continue sur le Brexit

Cela fait des mois que les négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne se poursuivent sans qu’aucun accord ne se dessine. L’économie anglaise est intégrée dans celle de l’Europe : 100 000 camions circulent chaque jour entre l’Europe et la Grande Bretagne, la grande majorité des voitures achetées en Grande-Bretagne sont importées...

Le patronat anglais s’impatiente et demande à sa classe politique de trouver une solution. En fait, les plus puissants ont déjà mis en place des parades mais de nombreuses petites entreprises ont des difficultés qu’elles n’ont pas les moyens de résoudre.

Quant aux consommateurs et aux travailleurs, avec ou sans deal, ils paieront la note au prix fort.

Amazon school

Jeff Bezos, patron d’Amazon et homme le plus riche de la planète, vient d’ouvrir sa première école à Des Moines, aux États-Unis, et ambitionne de créer tout un réseau de maternelles gratuites qu’il financerait. Mais on peut se demander pourquoi ce généreux pédagogue n’utilise pas cet argent pour aider le système scolaire déjà existant.

Il invoque une pédagogie « appuyée sur une grande liberté de l’enfant et des enseignements individualisés », expliquant que la Bezos Academy utilisera les principes qui ont guidé Amazon… Quand on connait les conditions d’exploitation des travailleurs dans les sites Amazon, tout est dit.

La grande arnaque

L'ONG Oxfam dénonce le fait que les pays développés n'ont donné qu'un tiers des sommes promises aux pays sous-développés pour faire face au réchauffement climatique. Et encore 80% de ces aides sont des prêts.

De toute façon cette aide, même au compte-gouttes est un moyen pour les grandes puissances de servir leurs propres capitalistes en fournissant à ces pays pauvres de l'argent qui sera utilisé à payer les  marchandises produites dans les entreprises des pays industrialisés. Sans parler de la corruption du personnel politique que cela permet.

Après l’ignoble, le nauséabond

L’attentat révoltant commis contre Samuel Paty, cet enseignant décapité pour avoir voulu enseigner la liberté de penser et de réfléchir à ses élèves, n’a pas manqué d’enclencher une avalanche de réactions nauséabondes et imbéciles.

La droite et l’extrême droite en ont profité pour relancer une croisade anti musulmans et xénophobe, comme Retailleau, porte-parole des Républicains, qui déclare que ce qu’il faut, ce sont « des armes et non des larmes (…) des armes pour expulser immédiatement (…) »

Cette surenchère démagogique dans laquelle le gouvernement n’est pas en reste, pour faire un amalgame entre les intégristes fanatiques et les musulmans, ne vise qu’à nous diviser, pauvres et exploités, plus encore dans cette période où la crise de l’économie fait exploser le nombre de chômeurs et où les attaques des patrons s’accentuent. Refusons de tomber dans ce piège gossier.

À gauche comme à droite, cibler les réfugiés

Jean-Luc Mélenchon, qui se revendique d’une unité nationale aux relents nationalistes, demande au gouvernement de reprendre tous les dossiers des Tchétchènes réfugiés ayant eu des liens avec la mouvance intégriste, comme si cela pouvait freiner la montée de ce courant réactionnaire. Que cherche-t-il en emboîtant le pas à la droite, en faisant de ces réfugiés des coupables a priori ?

Le renforcement des différents courants intégristes religieux ou d'extrême droite dans le monde est alimenté et encouragé par la violence de la société capitaliste, par les multiples conflits armés qui se poursuivent depuis des années partout, par les dirigeants politiques qui s'appuient sur le nationalisme ou la religion pour asseoir leur pouvoir.

Mélenchon se voit déjà dans la peau de ces dirigeants. Il prépare les esprits à ce qu’il ferait au pouvoir : la même politique qu’eux.