Lutte contre la fraude fiscale…à doses homéopathiques

Le gouvernement ne se tient plus de joie. En 2019, le fisc a recouvré 9 milliards d'euros grâce à des contrôles renforcés. Ce serait la preuve indéniable de sa détermination et de son efficacité, alors que les chiffres de recouvrement étaient en baisse continue depuis plusieurs années. En réalité, ils n'ont même pas retrouvé le niveau de 2015, année où 9,6 milliards d'euros avaient été récupérés.

Que quelques entreprises soient rattrapées par la justice permet de passer sous silence l'ampleur réelle de la fraude. Plus les entreprises sont grosses, plus elles ont de moyens de financer des montages juridiques pour échapper à une taxation légale qui n'est pourtant pas bien contraignante.

La bourgeoisie aura toujours son école

​Au plus fort de la crise des gilets jaunes, Macron avait promis que la société allait changer. On allait voir ce qu'on allait voir. Et dans la foulée, il avait annoncé la fin de l'ENA (Ecole nationale d’administration), qui prépare les très hauts fonctionnaires au service de l'État bourgeois, dont il est lui-même issu. L'ENA sera donc remplacée par l'EAP, l'École d'Administration Publique. Hormis ce changement de nom, il y aurait dans les quartiers populaires des classes préparatoires à cette école, baptisées « égalité des chances ». Rappelons que de telles classes existent déjà aujourd'hui…
​En fait, la bourgeoisie pourra continuer à recruter ses hauts serviteurs pour gérer ses affaires, et cela toujours en grande partie parmi les siens.

Capitalisme empoisonneur

Une enquête de plusieurs ONG révèle que les cinq principales multinationales de l’agrochimie, réalisent plus du tiers de leur chiffre d’affaire mondial avec la vente de pesticides considérés comme les plus dangereux pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé.
Certains de ces produits, pas tous, sont interdits dans l’Union Européenne ou aux Etats-Unis. Cela ne dérange aucunement ces groupes agro-chimiques qui réalisent 60 % de leurs ventes dans les pays pauvres où les réglementations sont quasi inexistantes.

Les dirigeants de ces groupes font de grands discours sur la sauvegarde nécessaire de la planète. En réalité, ils sont prêts à empoisonner l’humanité entière pour augmenter leurs profits. Et ils ont, de fait, les mains libres pour le faire.

Les tarifs des mutuelles s’envolent

C’était promis juré : la mise en place du 100 % santé au 1er janvier pour les lunettes et certains soins dentaires ne devait pas avoir de conséquences sur le montant des cotisations des mutuelles. Mais UFC-Que choisir vient de constater une hausse de 5 % en moyenne, et certaines s’envolent à 12, 15 et 35 % !

Il reste que, chaque année, disposer d’une mutuelle coûte de plus en plus cher, ce qui rend l’accès aux soins difficile, voire impossible.

Ce que le gouvernement promet d’une main, il le reprend de l’autre : c’est sa façon de ne pas faire de cadeaux.

Alstom-Bombardier : un Monopoly grandeur nature

Le groupe Alstom a annoncé le rachat de la division ferroviaire du canadien Bombardier, pour 5,8 milliards d'euros. Ce rachat permettrait de créer un géant mondial, qui pourrait concurrencer la société chinoise CRRC, n°1 du secteur. Les patrons, les gouvernements français et canadien se frottent donc les mains à la perspective de nouveaux profits.

Les travailleurs des deux groupes, eux, n'ont aucune raison de se réjouir : les bénéfices n'iront pas grossir les salaires, et des licenciements pourraient avoir lieu, comme à chaque rachat de ce type. Ensemble, ils pourront utiliser leur nombre pour faire respecter leurs intérêts et ne pas faire les frais de cette partie de Monopoly.

Dividendes : de nouveaux sommets

2019 a été une excellente année pour les actionnaires du monde entier : les plus grosses entreprises leur ont versé quelque 1 430 milliards de dollars, soit une hausse de 3,5 %. Pour l'Europe, c'est la France qui est sur la plus haute marche du podium, avec 63,9 milliards de dollars distribués – toujours pour la seule année 2019 – en hausse de 1,3 %.

Cette accumulation d'argent vient d’une exploitation accrue de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, des salaires bloqués, des licenciements, du chômage... C'est à des millions de travailleurs que les capitalistes extorquent leur montagne d'or, pendant qu’on nous serine que les caisses de retraite, de chômage et de maladie sont vides.

Mais avec leur magot et leur arrogance, ils accumulent aussi la colère et les raisons de se révolter.

HSBC : non aux suppressions de postes

HSBC, le géant bancaire mondial basé à Londres, a annoncé un plan d’économies de 4,5 milliards de dollars d’ici à 2022, avec la menace que 35 000 postes soient supprimés sur les 235 000 que compte le groupe. La raison évoquée : la chute des bénéfices de 50 % en 2019. HSBC a tout de même engrangé près de 6 milliards de dollars l’année dernière, mais visiblement c’est très insuffisant pour les actionnaires.

Les profits devraient permettre de maintenir les emplois. Mais pour cela, les travailleurs devront contester le pouvoir des capitalistes.

Interdiction des licenciements !

La directrice du groupe Renault vient d’annoncer que Renault compte faire un plan d’économies de 2 milliards d’euros et qu’il est prêt pour cela à fermer des usines en France ou à l’étranger.  Elle prétexte un déficit pour l’année 2019 de 141 millions d’euros alors que Renault croule sous les profits depuis dix ans. Ainsi il a déclaré 5,1 milliards d’euros de bénéfices nets en 2017 et 3,3 milliards en 2018 ! Si la direction voulait faire des économies, il lui suffirait de prendre sur ces bénéfices accumulés dont les travailleurs de Renault n’ont pas vu la couleur. Au contraire.