"Va bosser puis reste enfermé"

Après Nice et la Côte d'Azur, et sans doute avant d'autres départements, les habitants de la région de Dunkerque seront donc confinés le week-end. Pour le gouvernement, la population n'est bonne qu'à aller travailler, quels qu'en soient les risques sanitaires.

Le « quoi qu'il en coûte » de Macron n'a pas concerné les moyens dans les hôpitaux. Le suivi et l'isolement sérieux des malades ou encore la campagne de vaccination n'ont pas été mises en place comme il aurait été possible. Quelles qu'elles soient, les mesures prises par l'État ne freinent pas la pandémie et se retournent plus encore contre les classes populaires. Par contre, pour les entreprises, en particulier les plus grosses, l'État a su trouver sans traîner des dizaines de milliards d'euros.

Israël : apartheid vaccinal

En vaccinant 5 millions de personnes sur 6,2 millions d'habitants en quelques semaines, l'État israélien a montré son efficacité dans le domaine sanitaire. Cherchant à tirer profit politiquement de ce succès, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou promet de fournir 100 000 doses excédentaires à divers pays qui soutiennent sa politique de colonisation.

Par contre, les Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza, territoires étranglés par Israël, n'auront pas ces vaccins. Cette discrimination, qui vise également les 250 000 Palestiniens venant travailler chaque jour en Israël, est aussi stupide que choquante. N'en déplaise à Nétanyahou, Palestiniens et Israéliens cohabitent sur le même espace sanitaire. Contrairement aux dirigeants israéliens, le virus se moque des nationalités ou des différences religieuses.

Combattre le chômage ou s'y adapter ?

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, s'oppose à l'attribution du RSA pour les jeunes travailleurs sans emplois. Elle défend l'extension de la « garantie jeune » qui est censée les aider à trouver un emploi. Avec ce dispositif, les patrons ont bénéficié de 7 milliards de primes pour l'embauche en contrat précaire ou en apprentissage d'un jeune. Cette « garantie jeune » n'est qu'un moyen supplémentaire d'arroser le patronat.

Si le RSA ou la « garantie jeune » peuvent soulager un peu le sort d'une partie des travailleurs, ils ne sont que des moyens de s'adapter au chômage de masse, pas de s'y attaquer. Avoir un vrai emploi est vital. Pour l'obtenir il faudra stopper les licenciements et imposer au patronat la répartition du travail entre tous avec un salaire digne de ce nom.

Qatar : du sang dans le béton

Il y a dix ans, le Qatar obtenait l'organisation de la Coupe du monde de football 2022. Depuis, 6500 travailleurs sont morts sur les chantiers qui la préparent. Venant d'Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh ou du Sri Lanka, ces travailleurs immigrés sont traités comme de la chair à béton. On leur impose des journées de travail à rallonge dans une température qui peut dépasser les 50°C. La sécurité sur les chantiers est négligée, le droit du travail n'existe pas et les salaires ne sont pas toujours versés.

Pour les bétonneurs dont Bouygues et Vinci, pour les équipementiers sportifs, les diffuseurs et de nombreux annonceurs, la Coupe du monde est une immense machine à cash. De l'argent qui a l'odeur du sang et de la sueur des travailleurs immigrés.

Texas en panne

Au Texas la semaine dernière, plusieurs millions d'habitants ont subi plusieurs jours de pannes d'électricité avec des conséquences terribles : une cinquantaine de morts à cause du froid, des canalisations qui explosent, un réseau d'eau potable en panne... Quant à ceux qui avaient de l'électricité, certains se retrouvent avec des factures à plusieurs milliers d'euros provoquées par les contrats à prix variables qui ont flambé suite à la pénurie.

La faute à une vague de froid exceptionnelle ? Pas seulement. Même si l’ampleur de cette vague de froid est inhabituelle, des technologies qui permettent de protéger les installations du froid existent, en particulier aux États-Unis, la première puissance industrielle. Mais les compagnies privées de l'énergie, qui se partagent le marché texan aux enchères, choisissent leurs profits plutôt que de renouveler et protéger les canalisations. Avec les conséquences dramatiques que l'on peut observer.

« L’État, c’est nous » (les capitalistes)

Grégory Emery, conseiller sécurité sanitaire de Véran, vient de quitter le ministère de la Santé en pleine pandémie Selon la presse, il s'apprêterait à devenir directeur des relations publiques du groupe privé d'Ehpad Korian. C'est une longue tradition que des hauts-fonctionnaires passent des ministères à des postes de direction des grands groupes. L'actuelle directrice générale de Korian est elle-même passée dans le ministère des Finances de Christine Lagarde, ainsi qu'à la direction de la SNCF.

Ce haut-fonctionnaire apportera à ses nouveaux patrons ses entrées au sommet de l'État et son carnet d'adresses. Pour les patrons, se servir de l'État et de son personnel pour mieux remplir leurs coffres, c'est le b a-ba.

Algérie : deux ans après le début du Hirak

Des dizaines de milliers d'Algériens ont manifesté lundi 22 février dans tout le pays. Deux ans après le début du Hirak, ils ont ainsi affirmé que les raisons de combattre le régime demeurent. Bouteflika a été remplacé par Tebboune, mais le "système" dénoncé en 2019 et ses privilégiés est toujours là. Des patrons privés, tel Issad Rebrab, continuent d'exploiter les travailleurs pour leur seul profit.

Si la libération de certains prisonniers politiques a été médiatisée, les arrestations de militants n'ont jamais cessé. Des centaines de manifestants ont d'ailleurs été arrêtés le matin même du 22 février. A cette répression s'ajoutent les ravages du chômage, fortement aggravé par la crise sanitaire, et la misère qu'il signifie pour les classes populaires algériennes.

Le succès des manifestations montre que la combativité n'a pas disparu et que le mécontentement populaire reste profond.

L’hôpital attaqué par la tête

La semaine passée, le système informatique de l'hôpital de Villefranche-sur-Saône (Rhône) a subi une attaque informatique. En visite sur place, le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré « je n'ai pas d'autre mot que celui d'écoeurement quand des pirates s'attaquent à un hôpital. » Ce type d'attaque est grave... Mais la pire attaque contre les services hospitaliers, et qui dure depuis des années, vient du sommet de l'État.

Le budget des hôpitaux ne cesse d'être raboté et pour l'année 2021, il présente une perte de 2 milliards d'euros. D'après le collectif inter-urgences, « ce budget ne permet même pas de financer la totalité des mesures annoncées par le Ségur de juillet 2020 ».

Alors oui, l'hôpital public est attaqué... mais le chef des pirates, c'est le ministre lui-même.