Algérie : la répression se durcit

Un militant du hirak, le mouvement de protestation contre le système, vient d'être condamné à dix ans de prison !

Ce militant kabyle a été condamné pour « atteinte à l'unité nationale », « incitation à l'athéisme » et « offense à l'islam ». Depuis le début du mouvement, le régime essaye de diviser les protestataires entre Kabyles et Arabes, entre musulmans et non-religieux.

L'appareil judiciaire s'est appuyé sur un vieil exemplaire du Coran trouvé chez l'accusé, jauni et avec une page déchirée, pour l'accuser de s'en prendre au livre « sacré ». L'accusation laborieusement fabriquée, pour ne pas dire ubuesque, et la très lourde peine visent à rétablir un climat de peur, mais cette injustice peut au contraire encourager la révolte contre le régime. C'est ce qu'il faut espérer.

Gifrer : aux petits soins pour ses actionnaires

Gifrer a annoncé ce week-end la suppression de 125 emplois sur les 215 de son usine à Décines, en banlieue lyonnaise.

En pleine crise sanitaire, cette entreprise est qualifiée par l'Agence régionale de santé (ARS) « de première nécessité » car elle assure la production massive de gels hydroalcooliques. Mais elle va être mise à l'arrêt sur décision de ses propriétaires.

C'est que la « première nécessité », pour eux, c'est le profit. Ces dernières décennies, il n'y a pas eu le moindre investissement dans cette usine, que ses propriétaires qualifient aujourd'hui d'obsolète. Ils veulent revendre une partie des terrains, après avoir menti aux salariés en annonçant... un « plan de développement du site ».

Une illustration, parmi mille autres, de la cupidité et de l'irresponsabilité de ces capitalistes.

Indonésie : manifestations contre une loi anti-ouvrière

Prenant prétexte de la crise économique et prétendant lutter contre le chômage, le président indonésien Joko Widodo a fait voter par son parlement une loi sur l'investissement.

Il s'agit d'accélérer la venue de capitaux étrangers en supprimant des règles sur l'environnement. Mais surtout, de permettre aux entreprises de licencier plus facilement. Les indemnités de licenciement seront en effet réduites de 32 à 19 semaines. Le salaire minimum sera fixé par les gouverneurs régionaux, et non plus nationalement. Les congés diminueront... et l'impôt sur les bénéfices des entreprises baissera de 22 à 20 %.

Mais depuis ce vote, des manifestations importantes d'ouvriers et d'étudiants se multiplient partout dans cet immense archipel. Les autorités ont emprisonné un millier de manifestants le 8 octobre, mais elles continuent à affronter la colère de la rue.

Tennis : et le gagnant est... Amazon !

L'an prochain, les amateurs de tennis devront passer par la plateforme Amazon Prime pour regarder à la télé les matchs du tournoi de Roland Garros se déroulant en soirée. Il faudra donc enrichir un peu plus encore Jeff Bezos, patron d'Amazon, homme le plus riche du monde, pour s'offrir ce petit plaisir.

Ces matchs étaient jusqu'à présent diffusés sur des chaînes publiques, offrant une vitrine publicitaire de choix à des entreprises, notamment pour BNP-Paribas.

Dans cette société où tout s'achète et tout se vend, les spectacles sportifs obéissent à des règles variées. Mais, à la fin des compétitions, c'est toujours le capital qui remporte la coupe !

Tests PCR : la poule aux œufs d'or

Chaque semaine, la Sécurité sociale dépense 70 millions d'euros pour le financement des tests PCR. Ils sont facturés 74 euros à la Sécurité sociale, contre 40 euros en Allemagne, alors qu' ils ne reviennent qu'à moins de 30 euros. Les principaux fabricants, Roche, BioMérieux, Abbott... vendent à tour des bras des machines à 100 000 euros pour analyser ces tests. Leur position de monopole et la nécessité vitale de faire des tests en grandes quantités a entraîné une flambée de près de 70% de leur chiffre d'affaires. Les laboratoires d'analyses biologiques, de plus en plus concentrés, comme Cerba ou Synlab qui emploient des milliers de techniciens, amortissent leurs machines en quelques semaines.

Si la stratégie de tests des autorités sanitaires est chaotique et insuffisante pour la population, elle est ultra efficace pour les laboratoires.

Pas de vaccin contre la rapacité capitaliste

Prenant des postures de philanthrope, la firme anglo-suédoise AstraZeneca avait annoncé vendre son futur vaccin à un prix bas. Or ce vaccin est testé par l'université d'Oxford, et une grande partie de la recherche a été financée par de l'argent public, entre autres par les énormes sommes avancées par les Etats pour pré-commander des millions de doses de vaccin.

Si, au Brésil, un accord a été signé pour vendre la dose entre 3 et 4 dollars, il ne vaut que jusqu'au 1er juillet 2021. Et le journal britannique Financial Times publie des documents qui précisent qu'il ne sera prolongé que si "Astra-Zeneca, agissant de bonne foi, considère que la pandémie de SARS-Cov 2 n'est pas terminée".

Autrement dit, après avoir fait financer la mise au point de ce vaccin par la collectivité, AstraZenica pourra augmenter à sa guise son prix... et ainsi soigner ses superprofits.

Ruissellement de bas en haut ?

France stratégie, organisme rattachée au cabinet du Premier ministre, publie un bilan des réformes fiscales décidées sous Macron. Le constat est sans appel : Macron est bien le président des très, très riches. En 2017, ils ont amassé des gains en hausse de 10 % ; en 2018, la hausse a atteint 27 %. Mais le rapport pointe que, s'ils ont été dorlotés sur le plan fiscal, le gonflement de ces fortunes vient d'abord de l'augmentation des dividendes : en 2018, 23,2 milliards d'euros ont été distribués contre 14,3 milliards en 2017.

C'est sur le travail, c'est-à-dire sur l'exploitation de la classe ouvrière, que la bourgeoisie accumule ses richesses. Les cadeaux fiscaux viennent en surplus. Mais les deux cumulés aboutissent à une cascade de pognon qui est aspiré vers le haut.

Pour faciliter l'accès à l'IVG, il faut des moyens

A l'initiative de députées dissidentes de LERM, l'Assemblée Nationale a voté ce 8 octobre l'allongement du délai légal pour avorter de 12 à 14 semaines. Mais cet allongement est loin d'être acquis puisque Macron et Castex, ouvertement réticents, ont saisi le comité national d'éthique.

Les députées à l'origine du texte dénoncent les nombreux obstacles à l'IVG qui conduisent chaque année 3000 femmes, ayant dépassé le délai, à se faire avorter à l'étranger. En 10 ans, 130 centres d'IVG ont fermé. De moins en moins d'hôpitaux et de gynécologues pratiquent l'IVG qui n'est pas remboursée intégralement dans tous les départements. Les pressions sur les femmes qui souhaitent avorter persistent, comme ce « délai de réflexion » parfois imposé.

Pour faciliter le libre choix des femmes il faut commencer par mettre les moyens.