Des milliards valsent au-dessus de nos têtes

Le groupe Veolia, leader mondial dans la gestion de l’eau et des déchets, a mis plus de 3 milliards d’euros sur la table pour racheter au groupe Engie les actions de Suez, son principal concurrent. Jean-Pierre Clamadieu, patron d’Engie, a choisi de vendre malgré l'opposition de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et celle de Philippe Varin, PDG de Suez.

Engie résulte de la privatisation de Gaz de France, mais l’État actionnaire se plie aux intérêts des capitalistes. La prise de contrôle de Suez par Veolia se traduirait immanquablement par la suppression de milliers d’emplois prétendument « en doublon ». De son côté, Varin, ancien PDG de PSA et lui-même tueur d’emplois, ose se poser en défenseur de l'emploi.

Pour que les milliards qui s’accumulent dans les caisses de ces grands groupes servent à maintenir les emplois et à réaliser des investissements utiles, il faudra l'intervention des travailleurs.

Derrière l’urgence sanitaire, l’urgence sociale

Selon les associations caritatives, un million de personnes ont basculé dans la pauvreté depuis le début de l’épidémie de Covid-19. En huit mois, le nombre de personnes qui sont venues chercher de l'aide alimentaire a augmenté de 30 %. Derrière ces statistiques, il y a des étudiants des milieux populaires, des travailleurs précaires, des chômeurs sans indemnité, des autoentrepreneurs et des artisans qui s’ajoutent aux 9,3 millions de personnes vivant déjà au-dessous du seuil officiel de pauvreté, 1 063 euros par mois.

La crise sanitaire a accéléré brutalement la crise économique et donc la pauvreté. Pour y faire face, les associations se retrouvent sans moyens, avec des stocks qui fondent et des bénévoles épuisés. Mais cette urgence sociale ne rentre pas dans le « plan d'urgence » à 100 milliards du gouvernement.

Big Pharma : un chiffre d'affaires sous perfusion

Le projet de budget pour 2021 de la Sécurité sociale, prévoit un remboursement à hauteur de 24 milliards d'euros sur l'ensemble des médicaments. Une manne offerte aux trusts pharmaceutiques. Dans ce budget, une mesure prévoyait de taxer les chiffres d'affaires dépassant 850 millions d'euros sur de nouveaux médicaments contre le cancer. Cette surtaxe devait faire pression sur les trusts pharmaceutiques pour qu'ils baissent les prix des médicaments.

Mais les Merck, Roche, Astra Zeneka et autres Sanofi ont rappelé à l'ordre le gouvernement : pas touche aux profits ! Ils ont obtenu la suppression du plafond de 850 millions dans le projet de budget. Ils vont pouvoir continuer à soigner leur chiffre d'affaires aux dépens de la Sécu et des malades.

 

Complémentaires : hold-up en vue

Les dirigeants des caisses complémentaires, représentants patronaux, hauts-fonctionnaires et bureaucrates syndicaux, ont annoncé que les pensions de 13 millions de travailleurs retraités ne devraient pas être revalorisées en 2021. Pourtant, le coût de la vie augmente bien lui. Ils prennent prétexte d'un déficit attendu de 6 à 8 milliards d'euros suite à la crise sanitaire. Une somme à comparer aux 100 milliards du plan de relance.

Le système de retraite complémentaire est un système à points. Pour défendre sa réforme des retraites, Macron avait prétendu que ce type de système serait plus juste. On voit ce qu'il en est : pour lui la justice, c'est rogner le pouvoir d'achat des anciens pour arroser le grand patronat.

Un business à l’odeur de sang

Il y a quelques jours, l'armée française a lancé un nouvel appel à candidature pour gérer le fret terrestre destiné aux troupes françaises en Afrique de l'Ouest. Jusque-là, c'était le groupe Bolloré qui en assurait l'essentiel, dans des conditions opaques. Le président de Bolloré Logistics a lui-même avoué que « ce n'est pas très lisible pour quelqu'un qui n'est pas de l'intérieur ».

Ce qui est très lisible par contre, ce sont les conséquences du pillage de l'Afrique par les groupes comme Bolloré : une pauvreté grandissante, l'absence de tout développement et l'oppression par des régimes dictatoriaux corrompus, qui ne tiennent que grâce au soutien de l'armée française. Bolloré et les autres tirent même profit des troupes qui protègent leurs affaires. L'argent n'a pas d'odeur, dit-on. Si, celui-là en a une !

Hirsch, patron de l'AP-HP, aux soignants : "Sacrifiez-vous !"

Directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch demande aux soignants de renoncer à leurs congés. Il affirme avoir « l'absolue certitude que les heures supplémentaires seront payées », une promesse qui en suit d'autres, pas tenues. Les travailleurs hospitaliers devraient donc à nouveau se tuer à la tâche, sacrifier leur santé, leur vie familiale et privée.

Mais qu'a fait Hirsch et, au-dessus de lui, Macron ou Véran, depuis mars pour améliorer la situation ? Rien ! La montée du nombre d'hospitalisations dues au coronavirus met en évidence que les hôpitaux manquent dramatiquement de soignants et d'autres professionnels. Aucun plan n'a été engagé pour former des milliers d'infirmiers, d'aides-soignants, etc.

Appeler au sacrifice du personnel - qui n'a jamais fait défaut - c'est la seule et habituelle manière, pour le gouvernement et ses hauts fonctionnaires, d'affronter les difficultés. C'est vraiment se moquer du monde.

Étudiants : une génération sacrifiée

Dans les zones d'alerte maximale, en particulier la région parisienne, le gouvernement a imposé la limitation à 50 % des étudiants présents sur les campus. Les étudiants, déjà fragilisés par le confinement du printemps, devront se débrouiller pour étudier sans professeur.

Même quand il n'y a pas l'épidémie, ils sont entassés comme des sardines. L'absence de locaux et d'enseignants, qui dure depuis des années, est lourde de conséquences, aggravées avec le Covid. Mais dans son plan d'urgence à 100 milliards d'euros, rien de sérieux n'est prévu pour les universités. De quoi alimenter la révolte de la jeunesse étudiante !

Un scrutin nickel pour l’impérialisme français

Le gouvernement français est satisfait : 53,26 % des électeurs de Nouvelle-Calédonie ont voté contre l'indépendance.

Pour la France, l'archipel, qui possède d'immenses réserves de nickel, est un point d'appui à 16 000 km de Paris. Quant aux Kanaks, ils sont depuis 160 ans spoliés des meilleures terres, brimés et condamnés pour la plupart à la pauvreté.

Le temps des colonies, même sous un vernis électoral, n'est pas clos.