Mort d’Adama Traoré : les gendarmes largement en cause

Une nouvelle expertise médicale confirme que la mort d’Adama Traoré lors d’une interpellation par des gendarmes en juillet 2016 n’aurait certes pas été causée directement par le placage ventral des gendarmes, mais que celui-ci y a contribué. Un euphémisme pour signifier la responsabilité des gendarmes dans ce meurtre (un de plus) d’un jeune Noir par les forces de l’ordre.

Depuis la mort d’Adama, les enquêteurs et la justice couvrent les faits et gestes des gendarmes, même contre l’évidence de leurs brutalités. Des milliers de jeunes avaient manifesté et crié leur colère, l’été dernier, contre cette brutalité et contre le racisme policier, une colère légitime !

Maroc : l’exploitation tue

Au moins 28 travailleurs seraient décédés suite à l’inondation d’un atelier textile clandestin installé dans une zone résidentielle de Tanger. D’après une organisation patronale marocaine, plus de la moitié de la production de textiles et cuirs provient d’unités qualifiées pudiquement d’informelles, ne répondant pas aux normes légales de sécurité.

Cette industrie fonctionne sous le nez de l’État marocain, qui ne trouve rien à redire aux conditions d’exploitation des travailleurs du secteur, qui ont cette fois coûté la vie de plusieurs d’entre eux.

Paradis fiscal : la tournée des grands ducs au cœur de l’UE

Après une première enquête menée il y a sept ans, de nouvelles données viennent d’être publiées par plusieurs médias sur le duché du Luxembourg. Malgré les engagements à plus de transparence, et l’adoption de quelques mesures destinées surtout à donner le change, rien n’a changé. Et ce ne sont des révélations que pour le grand public : la grande bourgeoisie, des vedettes, des sportifs de haut-niveau, mais aussi les mafieux, barons des trafics en tous genres et de la drogue, en connaissent de longue date toutes les ficelles. Ainsi, plus de 6 500 milliards d’euros seraient placés au Luxemburg dans des sociétés offshores. Pour le grand capital et les riches, la planète est un grand paradis fiscal ; pour les exploités, elle devient de plus en plus un enfer. Jusqu’à ce qu’ils brisent leurs chaînes !

Véolia/Suez : les requins assoiffés de profits

Le combat de Véolia pour absorber son concurrent Suez, et devenir ainsi le numéro un mondial du secteur de l’eau et des déchets, n’en finit plus. Des milliards ont été dépensés, la justice et les relais politiques utilisés. Les médias et des responsables politiques ou syndicaux se positionnent pour l’un ou l’autre de ces géants. Comme s'il fallait choisir ! En pleine pandémie, la lutte entre grands trusts et gros actionnaires pour étendre leur emprise et gonfler encore davantage leurs profits est féroce. Leur parasitisme est sans limite.

Italie : union politique au service de la bourgeoisie

En Italie, Mario Draghi s’apprête à gouverner avec des partis couvrant quasiment tout le spectre politique, de la gauche à l’extrême droite. Que les tractations aillent ou non jusqu’au bout, elles montrent que ces gens-là, tout en prétendant s'opposer les uns aux autres, trouvent des convergences, modifient leurs priorités en fonction de l’opportunité d’avoir des postes de ministres.

En fait tous sont d’accord pour gérer les affaires de la bourgeoisie. Ils s'entendront facilement, en particulier sur les mesures anti-ouvrières et antipopulaires.

La Redoute : l’exploitation en ligne

Explosion des achats en ligne oblige, La Redoute a vu en 2020 son activité croître de 20%, ce qui permet à sa direction de pavaner dans les médias. Passée des mains du milliardaire Pinault dans celles de la famille Moulins-Houzé, 23e fortune de France, propriétaire notamment des Galeries Lafayette, l’entreprise est loin d’être une success story pour ses travailleurs. Plus de mille d'entre eux ont été licenciés ces dernières années et la direction impose des cadences de plus en plus infernales et une discipline féroce. Mais les travailleurs n’ont pas dit leur dernier mot. Ils ont montré par le passé qu’ils savaient réagir en « 24h chrono ».

Inde : le 6 février, jour de colère contre le gouvernement

La journée du 6 février, en Inde, a été un succès pour le mouvement paysan. Les manifestants ont bloqué des milliers de routes et autoroutes pour exiger l’abolition des lois agricoles qui ruinent les paysans pauvres, et la libération des manifestants arrêtés, notamment Nodeep Kaur, militante ouvrière qui dénonce les violences contre les ouvriers au travail.

Car ces manifestations ont réuni aussi des ouvriers, des employés de crèches, des employés de banque, des cheminots. Elles témoignent du rejet grandissant, dans la population pauvre, de la politique du Premier ministre Modi, chef de file des nationalistes hindouistes.

Exploitation sans borne

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, fanfaronne sur l’augmentation du nombre de contrats d’apprentissage, qui a atteint 495 000 en 2020. Comment s’étonner de ce  « succès » puisque, de juillet à février, les patrons prenant un apprenti mineur ont reçu de l’État 5000 euros, et 8000 euros pour un majeur?

Quant aux apprentis en question, ils touchent 27% du smic pour les plus jeunes, 78% du smic au mieux à 25 ans, et pour les plus de 26 ans... le smic. Et rien ne leur garantit d’être embauchés à l’issue.

Borne parle de « record historique »; mais s’il y a record, c’est celui de l’augmentation de l’exploitation et du détournement de l’argent public pour abreuver les patrons.